Catégorie : Zimbabwe

  • Simbarashe Mhuriro [32 ans], le nouveau visage de l’énergie solaire au Zimbabwe

    Simbarashe Mhuriro [32 ans], le nouveau visage de l’énergie solaire au Zimbabwe

    Cet entrepreneur zimbabwéen est l’un des acteurs les plus impliqués dans le secteur des énergies renouvelables. Simbarashe Mhuriro dirige Oxygen Private Energy Limited une société zimbabwéenne de développement des énergies renouvelables axée sur les projets solaires photovoltaïques, qu’il a fondée.

    Simbarashe Mhuriro, 32 ans, explique sa passion pour la production d’énergie et de développement d’énergie renouvelable. C’est dans cette optique que son entreprise s’est spécialisée dans centrales électriques à l’échelle industrielle et les projets d’échelle commerciale. Classé parmi les entrepreneurs les plus prometteurs du continent, Simbarashe Mhuriro fait aussi partie des jeunes les plus influents de sa génération.

    L’entrepreneur compte développer une analyse de rentabilisation bancale pour le développement d’un projet de toit solaire photovoltaïque hors réseau de 20 MW. Le projet est réalisé en collaboration avec Old Mutual Property Group, société zimbabwéenne spécialisée dans l’immobilier. Il est estimé à 28 millions de dollars. Dans ce cadre Oxygen Private Energy Limited a reçu environ un million de dollars de la Banque africaine de développement.

    Simbarashe Mhuriro explique qu’à terme le projet atteindra une production nette d’électricité de 32 GWh par an. Il fournira une alimentation compétitive et fiable à des centaines de petites et moyennes entreprises à travers le pays. Le jeune entrepreneur confie que Oxygen Private Energy Limited va être acquis par un investisseur institutionnel. Cela va permettre à l’entreprise de passer de la production d’électricité au financement et à la gestion d’actifs pour des projets d’énergie renouvelable. Il nourrit le rêve d’inscrire dans quelques années sa société à la Bourse du Zimbabwe.

     

     

     

  • Maxwell Chikumbutso, le zimbabwéen qui viole les lois de la physique

    Maxwell Chikumbutso, le zimbabwéen qui viole les lois de la physique

    Maxwell Chikumbutso, c’est le prototype de l’inventeur africain qui a abandonné l’école à l’âge de 14 ans et continue à utiliser ses capacités intellectuelles pour trouver une solution aux problèmes énergétiques qui restent un obstacle au véritable processus d’industrialisation de l’Afrique.

    C’est à l’âge de 14 ans que Maxwell Chikumbutso a commencé par s’intéresser à la science et à la technologie, en devenant autodidacte. Son voyage a débuté en 1997 quand il a commencé à expérimenter différentes technologies à Kuwadzana, une banlieue zimbabwéenne.

    Inventions

    En 1999, Maxwell Chikumbutso construit son premier projet à succès qui était un émetteur de radiodiffusion. Il a commencé à le promouvoir, bien qu’illégalement. Le projet a échoué, en raison du manque de financement.

    Deux ans plus tard, sous le mentorat de Rose Mazula, alors présidente de la Broadcasting Association of Zimbabwe, il a développé ce qu’il appelle le facilitateur de navigation numérique qui aide dans l’atterrissage des aéronefs à partir de variables telle que la taille de l’avion, sa vitesse et son poids, etc. Il l’a fait découvrir au Centre de formation technique d’Air Zimbabwe où il a été évalué et félicité par des ingénieurs aéronautiques. Maxwell avait dit que son initiative était le premier ajout à la technologie des avions zimbabwéens depuis 1980, même si en ce moment, il n’avait jamais été dans un avion. Cependant, en raison du manque de soutien financier, le projet a tout simplement échoué.

    Quelques années plus tard, Maxwell Chikumbutso a rencontré un avocat, Bruce Mujeyi, qui lui a présenté l’idée de brevets qui était alors un sujet peu familier. Bruce a adhéré à la vision de Maxwell, s’est porté volontaire pour enregistrer un brevet gratuitement et a commencé à financer des projets.

    En 2003, Maxwell a commencé à avoir des idées sur la création d’un générateur autoalimenté. Par l’entremise de Bruce, Maxwell s’est mis en rapport avec d’éminents professeurs du Zimbabwe qui lui ont dit qu’il était impossible de créer une telle machine. Cependant, il a poursuivi son idée de le financer avec le peu d’argent qu’il a obtenu en tant que chauffeur de camion de transport. En 2009, le premier prototype du générateur Greener a commencé à produire 1200 Watts.

    La même année, Maxwell a été invité par le gouvernement du Lesotho à faire une présentation de son projet. On lui a offert un contrat de 1,2 million de dollars, mais il a refusé après avoir rencontré Zach Wazara, ancien PDG d’Econet et fondateur de Brodacom. Les deux hommes ont formé un partenariat et il est devenu influent dans la construction de l’entreprise de télécoms ratée Brodacom. Chez Brodacom, il a inventé ce qu’il dit être la première technologie WiFi Meshing au Zimbabwe avec des stations de basses auto-organisatrices parmi d’autres projets.

    Dans le cadre du partenariat, le deuxième prototype de puissance plus écologique a été développé et a généré 50 kilowatts. En 2007, l’inventeur n’a pas réussi à trouver un avocat qui était en mesure de déposer un brevet pour la puissance verte parce qu’elle violait les lois naturelles de la physique.

    Maxwell est également l’inventeur d’un hélicoptère biplace à même d’utiliser 6 différents carburants, sans changer de moteur.

    Après plusieurs échecs de partenariats et de financement, Chikumbutso, déçu, a déménagé aux États-Unis en 2017 où il a établi le siège social de son entreprise en Californie. Là, il espère avoir plus de soutiens financiers afin de poursuivre ses recherches. Mais il ne perd pas son objectif d’inventer pour aider l’Afrique. « J’aime l’Afrique et je suis tellement fier d’être né et grandi en Afrique. Je vais sûrement revenir au Zimbabwe où tout a commencé », a-t-il confirmé.

  • Zimbabwe: bilan des 100 jours de l’après-Mugabe [Grand Angle]

    Zimbabwe: bilan des 100 jours de l’après-Mugabe [Grand Angle]

    Porté par un peuple lassé d’un patriarche  nonagénaire qui a du mal à rester éveiller pendant une conférence de plus de 2 heures, et soutenu par Amai Auxilia Mnangagwa, une Première Dame bien informée et énergique, c’est avec un air serein que l’actuel chef d’État zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, s’est livré volontairement à un exercice assez rare sur le continent africain, et pourtant démocratique : le bilan de ses 100 premiers jours.

    Rêver néanmoins d’une émergence du Zimbabwe en 100 jours est utopique, mais s’attendre à des signaux progressistes et des amorces de changements n’est pas de trop. Sur ce coup, Emmerson Mnangagwa semble séduire et se dit confiant, même si sa population ne se montre pas encore rassurée de la nouvelle gouvernance. Il a d’ailleurs, dans un mini vidéo publié sur sa page Facebook, plaidé pour un « réalisme » dans son bilan.

    En effet, beaucoup s’attendaient à le pourfendre à l’aune des fébrilités de gouvernance de son prédécesseur et mentor Roger Mugabé. Mais aussi impressionnant (mais prévisible) que cela puisse paraitre, l’homme s’en sort avec un résultat au demeurant passable, avec une perspective positive pour cet État.

    Dans son auto-évaluation, le président affirme que les 100 premiers jours avaient été une « période d’action » dans la réalisation des objectifs fixés.

    Emmerson et l’après-Mugabe

    À la chute de Mugabe, qui coïncidé avec une fin d’année, le Zimbabwe a adopté un budget audacieux qui a permis, selon certains observateurs, de réduire la loi sur l’indigénisation pour ouvrir l’économie à l’investissement.

    Si à moins de 3 mois de l’adoption de ce budget, il est risqué de le juger, l’actuel gouvernement reste optimiste. Le chef de l’État voit déjà lui, des signes positifs pour redresser une économie si s’effondrait lentement cette dernière décennie sous le regard impavide de Mugabe.

    Mais ce n’est pas la seule entreprise sur laquelle compte le gouvernement zimbabwéen pour redresser son économie. En décembre dernier, Mnangagwa avait accordé une amnistie de trois mois à tous ceux qui sont accusés de corruption pour renvoyer les fonds détournés. Selon les chiffres communiqués par le nouveau président, au moins 250 millions de dollars sur 1,3 milliard de fonds externalisés ont été rapatriés depuis le début de cette mesure.

    Contrairement à Mugabe, Mnangagwa ne s’est pas donné de garde-fou dans sa diplomatie. Le président zimbabwéen s’est engagé avec toute puissante capable d’aider son pays à travers le monde, ce qui constitue un énorme changement par rapport à la politique d’exclusion de Mugabe, qui consiste à faire dos aux puissances européennes et de dépendre de la Chine sans moindre réciprocité du géant économique asiatique.

    Jusqu’ici, le pays a obtenu des engagements d’investissement de 3 milliards de dollars de la part de certaines des plus grandes entreprises du monde.

    Sur le plan sanitaire, le gouvernement zimbabwéen a ordonné à tous les établissements de santé publique d’éliminer les frais de traitement pour les groupes vulnérables, y compris les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes âgées de plus de 65 ans.

    Branle-bas

    Mnangagwa, cependant, a reconnu les frustrations de nombreux Zimbabwéens à la lenteur des progrès au cours de la période. Ces frustrations proviennent principalement de l’incapacité du gouvernement à faire face au manque de liquidités au cours des 100 premiers jours, réduisant ainsi les espoirs que les citoyens du pays avaient dans la nouvelle administration quand elle a été instaurée.

    Et ce, même si le gouvernement avait également facilité une plus grande utilisation de l’argent mobile pour lutter contre la crise de la trésorerie et réduire les droits d’accise sur l’essence. Une initiative qui a entraîné la réduction des prix du carburant.

    Sans négliger le ton revanchard, le leader du MDC-T et le principal adversaire probable de Mnangagwa à l’élection présidentielle, Nelson Chamisa, a déclaré que les 100 jours du président ont été marqués par une sous-performance et un échec à répondre aux attentes de la population.

    Selon celui-ci, la nouvelle administration n’a pas réussi à articuler les repères des 100 premiers jours. « Il y a eu une énorme déception dans la conduite de l’administration parce que dans le domaine économique, en particulier sur les files d’attente de trésoreries, les problèmes sont toujours là, les pénuries de liquidités sont encore abondantes. Les réformes économiques qui ont été indiquées ne se sont pas déroulées dans leur intégralité, en particulier dans le contexte d’ouverture du Zimbabwe » ajoute celui-ci.

    Mnangagwa est également tancé d’avoir négligé de traiter des questions à portée de main telle que l’alignement des lois et le passage du radiodiffuseur d’État du porte-parole du Zanu PF à celui qui représente les opinions d’autres acteurs tels que les partis d’opposition et la société civile.

    Le combat de Mnangagwa contre la corruption a été largement considéré comme partisan, car il ne vise que ceux qui faisaient partie de la faction qui avait fusionné autour de l’ancienne première dame, Grace Mugabe, connue sous le nom de G40.

    En attendant l’élection présidentielle de septembre prochain comme promis, Mnangagwa a encore une mission : séduire une population désillusionnée de toute notion de condescendance et de lèse-majesté.

     

  • Joshua Carl Ncube, cet humoriste qui hantait le sommeil de Mugabé, et réciproquement

    Joshua Carl Ncube, cet humoriste qui hantait le sommeil de Mugabé, et réciproquement

    Alors qu’il n’avait que 1 an quand Robert Mugabe arrivait au pouvoir en 1980, Joshua Carl Ncube, qui se veut le « plus grand humoriste du monde », a utilisé l’humour comme un outil pour se moquer du gouvernement depuis plusieurs années.

    L’année dernière, lorsque les ministres ont donné à Mugabe un fauteuil roulant pour se déplacer facilement dans son bureau, Ncube l’a comparé à celui utilisé par Charles Xavier dans le film X-Men des super-héros fictifs de Marvel. Et il n’était pas à son premier essai.

    Ncube, pour qui « le rire une arme puissante », avait également croisé l’ancienne première dame Grasse Mugabé au personnage d’Olivia Pope, avide de pouvoir, dans la série politique Scandal. Il s’est moqué du transporteur national Air Zimbabwe, affirmant qu’il ne pouvait pas être attaqué par des terroristes parce qu’il n’avait même pas de programme régulier.

    À travers ses routines de stand-up et son spectacle de fin de soirée, Ncube a passé plusieurs années à déplorer l’état de la nation, outre les capacités physiques et mentales du plus ancien homme d’État du monde.

    Mugabé, la muse idéale

    L’année dernière, à Victoria Falls, Ncube se préparait à se rendre au Malawi afin d’ouvrir un spectacle pour le comédien britannique Daliso Chaponda. Mais alors que les militaires plaçaient Mugabe en résidence surveillée et que les Zimbabwéens défilaient dans les townships zimbabwéens, Ncube observait une sorte de sa « date de péremption » approcher.

    En effet, l’homme dont il utilisait les actions comme muse pour construire sa carrière était sur le point d’être destitué. Et malgré la nature historique du moment, c’était un coup à la carrière naissante de Ncube.

    « Je n’ai littéralement pas fait de blagues pour ce spectacle que j’allais faire », a confié Ncube. Et d’ajouter, « j’ai réalisé que toute ma carrière de comédie était presque morte parce que toutes mes blagues étaient basées sur ma peur de Robert Mugabe [et] maintenant il n’était pas là. » De fait, la carrière de Ncube était basée sur la longévité de la présidence de l’ancien président zimbabwéen.

    « J’aurais aimé l’explorer pendant encore trois ans, mais je ressens pour mon peuple plus que ce que je ressens pour ma comédie », a-t-il dit.

    « Ncube doit mourir »

    En 2016, cet humoriste a battu un record en réalisant 31 prestations en une semaine. Et comme il est devenu un personnage permanent dans les cercles comiques zimbabwéens, africains et mondiaux, la peur de la portée de Mugabe a toujours persisté. Le comédien a déclaré avoir reçu des menaces de mort voilées ou non, non seulement de la part des agents du gouvernement, mais aussi des hommes d’affaires et des membres du clergé.

    En août 2017, quelques mois avant l’éviction de Mugabe, il a raconté ces peurs en parlant à TED Global à Arusha, en Tanzanie. « Mon sens de l’humour n’a rien à voir avec mon bonheur », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, « c’est en fait un symptôme que j’ai peur. »

    En effet, Ncube s’est inscrit avec succès dans le « laughtivisme » ou l’utilisation du rire comme outil d’activisme, une option en vent de poupe sur le continent africain. C’est ainsi que dans la Tunisie postrévolutionnaire, l’image d’un manifestant sans baguette a inspiré la création du personnage comique Captain Khobza (khobz faisant référence au pain en arabe) pour satiriser la domination économique de la classe dirigeante.

    En Égypte, Bassem Youssef, généralement appelé le Jon Stewart d’Égypte, a produit des sketchs en se moquant de l’ancien président Mohamed Morsi et des Frères musulmans. Au Kenya, le spectacle de marionnettes XYZ continue de mettre en lumière l’élite politique corrompue. Et en Libye, des comédiens comme Milood Amroni pendant des années ont fait des blagues bien conçues sur Mouammar Kadhafi.

    Après Mugabé, l’amnistie

    Désormais, Ncube a l’intention d’aborder d’autres sujets dans son stand-up, et de les centrer autour de questions comme le tribalisme, la sexualité, la corruption, les préjugés sexistes, la maltraitance des enfants et la conservation. Mais il veut également rencontrer les autorités, y compris Mnangagwa lui-même, et discuter de la place de la comédie dans une période de changement.

    « Nous devons coexister. Nous avons un rôle à jouer dans la vie de chacun » a-t-il dit, ajoutant que lui tout comme d’autres initiatives comme la sienne, « représentent une idée, une idée de la liberté ; liberté d’expression. »

    En fait, pour vraiment attirer l’influence et inspirer une nouvelle génération, Ncube note qu’il faudra un redressement complet de l’entreprise. Cela inclura l’établissement de clubs de comédie à travers les villes du Zimbabwe dans le but d’aider à développer le circuit de la comédie, augmenter l’appétit pour la consommation de comédie, et attirer les talents régionaux, continentaux et mondiaux.

    L’amélioration de cet écosystème aidera également Ncube à aider plus de gens à réussir dans l’industrie compétitive. Un résultat qui fera la fierté du Zimbabwe, promet-il.

  • Comment WhatsApp a redessiné le trafic internet au Zimbabwe

    Comment WhatsApp a redessiné le trafic internet au Zimbabwe

    WhatsApp est devenu depuis quelques années l’application la plus populaire dans certains États du continent. C’est le cas en Zimbabwe où près de 44 % de l’utilisation de l’internet mobile dans le pays est consacré à l’application de messagerie. Comparé à Facebook qui représente 1 % de l’utilisation de l’internet mobile. L’application est de plus en plus utilisée. Au point où plus de la moitié des données internet vont lui être consacrées. Selon l’autorité de régulation des postes et télécommunications du Zimbabwe (Potraz), les offres promotionnelles Whatsapp commercialisées par les opérateurs mobiles du pays font augmenter l’utilisation des plateformes.

    WhatsApp a changé la façon dont les Zimbabwéens communiquent et partagent des informations à travers des groupes et des listes de diffusion traitant de tout, de la politique et du gouvernement au football et à la musique. Mais les sociétés de télécommunications au Zimbabwe comme ailleurs en Afrique ne sont pas toujours aussi enthousiastes à l’égard de l’importance grandissante de WhatsApp, car elles ne reçoivent aucun revenu direct du service et cela « cannibalise » les revenus existants des SMS et de la voix.

    Ralentissement

    Il y a deux ans, les compagnies de téléphonie mobile du pays ont perdu de considérables revenus de voix au cours du premier trimestre, selon le Potraz. Les revenus de la téléphonie mobile ont représenté 53 % du chiffre d’affaires total au deuxième trimestre, contre 58 % au trimestre précédent. Les revenus de données mobiles sont restés stables autour de 21 %. Cependant, le chiffre d’affaires total des firmes mobiles pour la période était en hausse de 3,2 % à 185,6 millions de dollars. Bien que WhatsApp soit la plate-forme de messagerie texte la plus utilisée, il est également préféré pour sa fonction d’appel vocal, en particulier pour les appels internationaux.

    Les firmes mobiles zimbabwéennes ont déjà fait pression sur le gouvernement pour qu’il réglemente les meilleurs services du pays. Les taux de croissance des revenus mobiles ont ralenti en Afrique subsaharienne depuis 2013 et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la décennie, malgré une base d’abonnés toujours en croissance rapide. Sur le continent, de plus en plus d’abonnés ont montré une préférence pour discuter et passer des appels vocaux via ces plateformes comme WhatsApp, Skype et FB Messenger. Cela a conduit à une « cannibalisation croissante des revenus traditionnels de la voix et de la messagerie », selon l’organisation mondiale du commerce, la GSMA.

     

  • Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    En collaboration avec l’UNESCO, l’entreprise britannique Computer Aid International a mis en place à Chipinge au Zimbabwe un laboratoire informatique alimenté à l’énergie solaire. L’initiative qui s’est révélée être une grande réussite a déjà permis d’apprendre à des élèves d’écoles rurales l’utilisation d’un ordinateur. Au total 150 étudiants ont été premièrement formés après le lancement du laboratoire il y a moins d’un an.

    Pour Qelani Jiho , professeur d’informatique, « l’effectif a doublé ». « Nous attendons à ce qu’il continue d’augmenter », prévoit-elle. Plusieurs observateurs expliquent que ce laboratoire informatique permet de combler le fossé entre les élèves d’établissements ruraux et urbains. Autre avantage, ce laboratoire informatique peut être utilisé quotidiennement. Il s’agit en effet d’un système fonctionnant à l’énergie solaire. Le laboratoire ne souffre donc pas de problème de coupure de courant.

    Transformation

    L’installation de ce laboratoire participe aussi à la formation d’autres enseignants. Plus encore, l’école arrive désormais à imprimer ses propres documents d’examen. « C’est idéal pour une école rurale parce que nos membres du personnel et les étudiants font maintenant partie de la société technologique mondiale », se réjouit un membre de la direction.

    Les responsables du Réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (RéSEAU), estiment de leur côté qu’il est temps pour le Zimbabwe d’installer des laboratoires solaires similaires dans tout le pays. « Il est vital que les communautés marginalisées adoptent les TIC », ajoute-t-il. L’UNESCO avait déjà invité l’État zimbabwéen à adopter des sources d’énergies renouvelables pour « transformer des vies dans les zones rurales » en matière d’éducation.

  • Zimbabawe: une application mobile pour lutter contre les violations des droits de l’homme

    Zimbabawe: une application mobile pour lutter contre les violations des droits de l’homme

    L’International Bar Association (IBA) a lancé au Zimbabwe une application mobile qui capture des images vérifiables. L’application va contribuer à la poursuite des personnes coupables de violations de droits de l’homme.

    L’application lancée par l’IBA est dénommée « eyeWitness to Atrocities ». Elle utilise LexisNexis Legal & amp, la technologie professionnelle pour stocker en toute sécurité les preuves recevables. Depuis son lancement, « eyeWitness to Atrocities » a été saluée comme un nouvel outil pour documenter et signaler les atrocités des droits de l’homme d’une manière sûre et vérifiable afin que l’information puisse être utilisée comme preuve devant un tribunal. Sur le continent, les médias sociaux font de plus en plus partie du quotidien des populations. C’est ainsi que de nombreuses images mises en ligne ont fait prendre conscience des atrocités commises dans le monde entier. Mais ces images n’ont pas l’attribution ou l’information nécessaire pour être utilisées comme preuve devant un tribunal.

    Grâce à cette nouvelle technologie, des Zimbabwéens disposant d’un téléphone intelligent compatible avec Android – y compris les défenseurs des droits humains, les journalistes et les enquêteurs – téléchargent l’application eyeWitness to Atrocities dans le but de traduire en justice les auteurs d’atrocités telles que génocide, crimes contre l’humanité, torture et guerre crimes.

    Activistes habiles

    Selon Mark Ellis, directeur exécutif de l’IBA, l’application « eyeWitness to Atrocities » est un outil de transformation dans la lutte pour les droits de l’homme, apportant une solution aux défis de preuve entourant les séquences de téléphone mobile. Jusqu’à présent, il a été extrêmement difficile de vérifier l’authenticité de ces images et de protéger la sécurité des personnes suffisamment courageuses pour les enregistrer. En tant que défenseur des sans voix, l’International Bar Association se consacre à habiliter les activistes sur le terrain qui sont témoins de ces atrocités avec la capacité de traduire les criminels en justice.

    La conception de l’application est basée sur des recherches approfondies sur les règles de preuves qui peuvent être montrées devant les tribunaux internationaux, régionaux et nationaux. « eyeWitness to Atrocities » comprend plusieurs fonctionnalités pour garantir l’authenticité, faciliter la vérification et protéger la confidentialité en permettant à l’utilisateur de décider s’il veut ou non être anonyme.

    Le vice-président directeur et avocat général de LexisNexis Legal & amp, Ian McDougall, estime de son côté que le fait de « mettre l’information et la technologie entre les mains des citoyens du monde entier a un rôle important à jouer pour faire progresser la primauté du droit ». LexisNexis Legal & amp fournit à l’IBA une technologie pour assurer la protection des preuves et la confidentialité des activistes sur le terrain.

    Fonctionnement  

    Lorsqu’un activiste ou tout utilisateur enregistre une atrocité, l’application recueille automatiquement et incorpore dans le fichier vidéo les coordonnées GPS, la date et l’heure, les données du capteur de l’appareil et les objets environnants tels que les réseaux Bluetooth et Wi-Fi. L’utilisateur a également la possibilité d’ajouter des informations d’identification supplémentaires sur l’image.

    Ces métadonnées fourniront des informations intégrales pour vérifier et contextualiser les images. Les images et les données d’accompagnement sont cryptées et stockées de manière sécurisée dans l’application. L’application intègre également un enregistrement de chaîne de contrôle pour vérifier que la vidéo n’a pas été modifiée ou manipulée numériquement.

    L’activiste envoie après toutes ces informations depuis son application vers une base de données gérée par l’organisation eyeWitness. Une fois la vidéo transmise, elle est stockée dans un référentiel sécurisé qui fonctionne comme un casier de preuves virtuel protégeant les images originales cryptées pour les enquêtes et procédures judiciaires futures.

    Les séquences soumises ne sont accessibles que par un groupe d’experts juridiques de eyeWitness qui analyse les images et identifie les autorités compétentes, y compris les tribunaux internationaux, régionaux ou nationaux, pour poursuivre les cas pertinents. L’IBA a annoncé sa décision de mettre l’application à la disposition d’autres organisations de défense des droits de l’homme. « eyeWitness to Atrocities » peut par exemple être utilisé dans les zones de conflit dans le monde.

  • Mugabe a versé les larmes avant de signer sa lettre [Reuters]

    Mugabe a versé les larmes avant de signer sa lettre [Reuters]

    Lorsque Robert Mugabe signait sa démission le 21 novembre après quelques jours de détentions et de pressions de la part de l’armée, le geste n’a pas été sans émotion. Selon un prêtre à Hararé proche du président Mugabe, le vieil homme de 93 ans aurait même versé quelques larmes.

    Robert Mugabe a connu une fin tout sauf dramatique. Les 37 années passées à la tête de l’État zimbabwéen lui sera désormais nostalgique. Le père Fidelis Mukonori, un prêtre jésuite et ami proche de Mugabe a témoigné des derniers moments et la signature de la démission par l’ancien président Mugabe.

     LIRE AUSSI: Grace Mugabe: la reine du shopping qui a voulu gouverner

    Selon ce prêtre qui s’est confié à un journal local, le président Robert Mugabe s’était en un premier temps déclaré « soulagé » lorsqu’il a accepté de quitter son poste de président du Zimbabwe sous la pression de l’armée et de son parti, le Zanu PF. Ensuite, Robert Mugabe aurait pleuré et déploré la trahison par des lieutenants proches de lui. « Les gens sont des caméléons », aurait affirmé celui à qui sont attribuées les citations les plus grotesques sur la toile. Sa lettre de démission signée a été lue mardi, alors que le parlement a entendu une motion pour le destituer.

    « Quand il a terminé sa signature, son visage a simplement brillé, pas de larmes à moins qu’il y ait des anges pleurant quelque part », a ironisé Mukonori. « Pour moi, c’était un signe qu’il acceptait que “ah c’est fait”, il est soulagé, pas qu’il soit lésé, mais soulagé, » a-t-il ajouté.

    Selon toujours ce prêtre jésuite, Mugabe a réalisé que la fin était proche quand il avait vu environ 60 000 Zimbabwéens protester et exiger qu’il démissionne. Le président de 93 ans a finalement accepté la défaite seulement après avoir été limogé par son parti ZANU-PF et confronté à « ‘l’ignominie »’ de la destitutio

     LIRE AUSSI:  Wikileaks révèle comment les USA ont évincé Robert Mugabe

    Des sources ont déclaré que Mugabe était provocant quand il a rencontré les hauts gradés de l’armée le 16 novembre, ce qui était le début d’un affrontement de cinq jours. Selon Mukonori, Mugabe aurait voulu une transition graduelle et sans heurt du pouvoir à Mnangagwa, qu’il avait limogé, un plan finalement contrecarré par le fait que Mnangagwa ne soit pas revenu immédiatement d’exil en Afrique du Sud.

    Zimbabwe nouveau

    Lors de sa cérémonie de prestation de serment, Mnangagwa a déclaré qu’il appréciait la démocratie, la tolérance et la primauté du droit et qu’il s’attaquerait à la corruption. Il a également exhorté les citoyens à ne pas entreprendre de « vengeance ». Toutefois, le nouveau gouvernement est déjà prêt à traduire en justice certains des proches de Mugabe et de sa femme. L’ancien ministre des Finances, Ignatius Chombo, a déjà affronté des magistrats samedi pour des accusations de corruption. Il n’a pas plaidé coupable.

    En effet, la chute de Mugabe après 37 années au pouvoir a été stimulée par une bataille pour lui succéder qui a opposé son ancien bras droit Emmerson Mnangagwa, qui l’avait soutenu pendant 52 ans, et l’épouse de Mugabe, Grace, qui a 52 ans.

  • Wikileaks révèle comment les USA ont évincé Robert Mugabe

    Wikileaks révèle comment les USA ont évincé Robert Mugabe

    Après 37 ans de pouvoir, Robert Mugabé a démissionné, non sans pressions extérieures selon les révélations de Wikileaks. Le pays est repris en main par un de ses anciens fidèles. Une situation qui inquiète certains Zimbabwéens.

    Jusqu’à présent, la chute de Robert Mugabé est expliquée par plusieurs observateurs comme la conséquence des ambitions démesurées de sa femme Grâce. A cela s’ajoute, la destitution du vice-président Emmerson Mnangagwa qui a provoqué l’intervention de l’armée. Mais la démission de Mugabé pourrait être liée à une cause lointaine. Un plan fomenté pour pousser dehors le nonagénaire président zimbabwéen selon Wikileaks. Des informations font état d’hommes d’affaires zimbabwéens réfugiés en Afrique du Sud qui seraient liés d’amitiés depuis 2010 avec des chancelleries occidentales pour évincer Robert Mugabé.

    Parmi ces puissances étrangères, on peut retenir les États-Unis d’Amérique et même des personnalités des Nations-Unies. Des documents confidentiels le témoignent. Ils indiquent que dès 2007, les autorités américaines avaient approuvé le plan des hommes d’affaires zimbabwéens de forcer Mugabé à quitter ses fonctions pour rendre le pouvoir à son premier ministre. Expliquant qu’à Harare il y a avait déjà des volontés de voir Mugabé quitter le pouvoir.

    À l’ambassade des États-Unis en Afrique du Sud le déroulement de ce plan se trouvait dans un document nommé « plan de partage du pouvoir ». « Les quatre hommes d’affaires ont reconnu qu’il y a une opportunité pour apporter le changement positif au Zimbabwe, concerné par la situation économique détériorée du pays et l’avancée de l’âge de Mugabe et sa santé déclinante », souligne le plan.

    L’idée a été aussi approuvée par le Mouvement démocratique pour le Changement (MDC) parti politique de l’opposition qui estimait d’ailleurs qu’une action massive pouvait forcer le président à démissionner. La suite on la connait. Le Zimbabwe connaîtra en 2008 à sa tête une difficile cohabitation marquée par la nomination de Morgan Tsvangirai, leader du MDC, au poste de Premier ministre, après de violentes élections.

    Les hommes d’affaires et les puissances occidentales expliquaient qu’il fallait obtenir progressivement le départ de Robert Mugabé pour donner plus de pouvoir à une autre personne qui doit faire renaître l’économie du pays. Le secrétaire général de l’ONU d’alors le Sud-Coréen Ban Ki-Moon et l’ancien Premier ministre malaisien Mahathir avaient été recommandés comme médiateurs.

    Même si ce n’est qu’en 2017 que Mugabé est déchu, il semble que plusieurs événements ont été provoqués et que le plan ait fonctionné. D’autant plus que sept ans après, le scénario s’est déroulé comme annoncée : un coup d’Etat sans effusion de sang. Malgré l’euphorie constatée, l’après Mugabé reste une équation difficile à résoudre. « Nous ne sommes pas convaincus d’un profond changement. Le même système continue », justifie un habitant de Harare.

    Et après ?

    Le désormais homme fort du Zimbabwe est l’ancien vice-président démis de ses fonctions par Robert Mugabé. Emmerson Mnangagwa qui n’était pas apprécié par le clan de la femme du président succède à fondateur de ma Zanu-PF. Mais que pourra réaliser cet ancien compagnon de Mugabé ? En réalité, le nouveau président zimbabwéen est un ancien combattant de la lutte pour la libération du pays. Surnommé « le crocodile », il a déjà été plusieurs fois ministres et était souvent considéré comme le successeur légitime de Robert Mugabé.

    Pendant que l’on évoque une période transition qui devrait conduire le pays à l’organisation d’élections présidentielles, des questions sont soulevées sur le réel apport du crocodile. « C’était un intime de Mugabé. Il a pendant longtemps incarné le système de répression du pouvoir », commente un spécialiste du pays. Autant dire que ce n’est pas « un démocrate », ajoute-t-il. En 2008, plusieurs militants de l’opposition avaient subi la foudre de celui qui a déjà dirigé les services de renseignement du pays et occupé le portefeuille en charge de la Défense.

    Au MDC, même si le départ de Mugabé reste une bonne nouvelle, un responsable du parti confie que « le changement doit continuer ». « Monsieur Mnangagwa n’est pas différent de son prédécesseur. Nous comptons lutter pour être au pouvoir », rassure-t-il. Certaines analyses font aussi état de la possibilité de voir le nouveau président « entrer dans la danse du changement ». Pour le prouver, il devra composer avec l’opposition pour la rassurer de ses bonnes intentions. « Pourquoi ne pas former un gouvernement d’union nationale pour conduire la période de transition ? », s’interroge un ancien diplomate européen.

    De retour au pays après quelques jours d’exil en Afrique du Sud, Emmerson Mnangagwa a appelé ses compatriotes à œuvrer ensemble pour une nouvelle ère de démocratie au Zimbabwe. Cela devrait permettre au pays, de mieux faire face à son déclin économique. « Lutter contre le chômage, résoudre la question de la monnaie, réorganiser les secteurs économiques. Tout est à refaire », prévient un chercheur sud-africain. Mais le Zimbabwe peut compter sur certains pays qui l’ont déjà assuré de leur soutien. Comme le cas de la Grande-Bretagne qui compte travailler avec le pays dans son nouveau départ.

  • Grace Mugabe: la reine du shopping qui a voulu gouverner

    Grace Mugabe: la reine du shopping qui a voulu gouverner

    Les ambitions démesurées de la première dame zimbabwéenne, Grace Mugabe, ont précipité la fin du règne de son mari qui dure depuis 37 ans.

    A plus de cinquante ans, Grace Mugabe côtoie le plus haut sommet de l’État depuis plus de trente ans. En effet, c’est en jeune divorcée qu’elle découvre le palais présidentiel comme employée. Elle n’a que vingt ans. Secrétaire du chef de l’État elle finit par devenir sa maîtresse. Suite au décès en 1992 de la femme de Robert Mugabé, le président décide de prendre pour épouse celle qui était toujours considérée comme sa secrétaire. Lorsqu’ils se marient en 1996, le statut de Grace Mugabe change. Dans l’entourage de son mari, quelques proches remarquent les ambitions démesurées de celle qui est née en Afrique du Sud.

    Plus de vingt ans après, Grace Mugabe s’est imposée. D’abord par sa richesse incroyable. À elle seule, la première dame dispose d’une bonne fortune avec des entreprises et une douzaine de fermes dans le pays. Elle a également un train de vie hors norme. Passionnée de mode, la femme du président s’offre régulièrement des emplettes à plus de 100 000 dollars dans des boutiques de luxes. Dans un pays où le taux de pauvreté reste très élevé, Grace Mugabe peut aussi s’offrir une Rolls Royce. C’est ainsi qu’elle s’est construite malgré lui une mauvaise réputation. Si elle n’essuie pas les critiques de la presse, ce sont parfois des militants du parti présidentiel qui l’accusent. On lui a reproché d’avoir gagné plusieurs millions de dollars grâce à la vente illégale de diamants, extraits de la mine de Marange, dans l’est du Zimbabwe. L’affaire révélée par Wikileaks avait secoué le pays. D’autant plus que d’autres cadres zimbabwéens étaient également mis en cause.

    Mauvaise réputation

    Les écarts de comportements de Grace Mugabe ont souvent été décriés. Comme en 2009 où elle a agressé un photoreporter à Hong Kong. Ce sera aussi le cas en 2014 à Singapour. Mais c’est surtout son agression en août dernier sur une jeune femme dans un hôtel de Johannesburg qui a défrayé la chronique. Il a manqué de peu que cet incident provoque une crise diplomatique entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. La justice sud-africaine exigeant l’arrestation de la première dame avant que cette dernière ne bénéficie d’une immunité diplomatique pour s’échapper de Johannesburg.

    Très écoutée par son mari, elle a provoqué la disgrâce de certains hommes du premier cercle du chef de l’État et fait même emprisonné de jeunes militants du parti au pouvoir hostile à la politique de Robert Mugabe. Ses ambitions ont aussi vite grandi ces dernières années. Grace Mugabe s’est fait élire présidente de la Zanu-PF et s’est entourée de fidèles dans son camp surnommé le G40. Depuis, elle a multiplié les meetings, vanté les mérites de son mari, et recherché aussi une popularité pour finalement déclarer son intention de succéder à Robert Mugabe. Avec d’autres femmes de la Zanu-PF, elle initie une campagne visant à amender la constitution en permettant qu’une femme puisse être nommée vice-présidente du pays. Dans l’idée de convaincre la population de ses aptitudes intellectuelles, Grâce Mugabé reçoit le diplôme de docteur à lui délivré par l’université de Harare. Ses travaux de thèse ont porté sur les bouleversements sociaux et leur impact sur la structure familiale, révèle une source de l’université.

    Femme pressée

    Les ambitions présidentielles de Grace Mugabe l’a emmené à tisser un réseau formé de fidèles. Au sein de la Zanu-PF, ses fidèles la décrivaient comme « la maman » ou encore « la future présidente ». Ce qui n’a jamais été du goût de ses détracteurs qui la trouvent « méprisante et prétentieuse ». Et la scission qu’elle a provoquée dans le parti présidentiel a irrité plus d’un. Contre lui s’est positionné le camp du vice-président déchu Emmerson Mnangagwa, longtemps considéré comme le successeur « légitime » de Robert Mugabe. Finalement déchu suite aux pressions de Grâce Mugabé sur son mari, Emmerson Mnangagwa très influent a provoqué la chute de son « compagnon de lutte ».

    Quelques jours avant la prise de pouvoir des militaires, un haut gradé s’est indigné du comportement hautain de Grace Mugabe. C’est « une assoiffée de pouvoir », considère-t-on dans le camp des vétérans. « Elle n’est pas née au Zimbabwe. Elle n’a même pas lutté pour la libération du pays », remarque un membre de la Zanu-PF. Introuvable depuis le placement en résidence surveillée de son mari, Grace Mugabe aurait quitté le pays pour l’exil, abandonnant tout rêve présidentiel. Triste fin !