Catégorie : Finance

  • Samsung abandonne ses projets de création d’une usine au Nigeria

    Samsung abandonne ses projets de création d’une usine au Nigeria

    Samsung a abandonné l’idée d’établir une usine de fabrication au Nigéria parce que sa part de marché dans le pays n’est pas assez grande. Le PDG Afrique de l’entreprise, Sung Yoon, a indiqué que la fabrication d’un téléphone portable nécessite 400 composants et qu’aucun n’est disponible au Nigeria. À ce jour, Samsung reste la première société d’électronique grand public au Nigeria.

    Toutefois sa part du marché est inférieure à celle de l’Afrique du Sud. La part de marché des smartphones de Samsung en Afrique du Sud est de 80%, mais plus faible au Nigeria.  D’autres raisons justifient également l’abandon de l’établissement de Samsung au Nigéria. Entre autres, des problèmes de construction d’infrastructure, le retour sur investissement (ROI) et le marché gris.

    Selon Sung Yoon, la construction d’une usine de production dépend du ROI et de l’efficacité de l’économie. À ce jour, Samsung dépense près de 16 milliards de dollars dans la recherche et le développement (R & D). La marque vend plus de 700 téléphones mobiles chaque minute et plus de 41 000 toutes les heures à l’échelle mondiale. Au Nigéria, Sung Yoon a rappelé que la vision africaine de Samsung est d’être la marque la plus admirée, à travers un partenariat et une croissance rentable.

     Implantation future

    Le responsable Afrique de la marque explique que Samsung a des usines de fabrication au Vietnam, en Chine, en Afrique du Sud et en Corée. « Avoir une autre entreprise de fabrication au Nigéria est une chose de l’avenir », ajoute-t-il. Avec sa population de 180 millions habitants reste donc une puissance sur laquelle Samsung pourrait baser son implantation sur le continent. Le PDG a appelé les distributeurs et revendeurs Samsung à toujours informer la société de ses campagnes de vente, afin de lui permettre de façonner ses produits en conséquence et d’améliorer la visibilité des services pour les consommateurs.

  • Après l’or, le diamant et le pétrole, le Ghana va exploiter le lithium

    Après l’or, le diamant et le pétrole, le Ghana va exploiter le lithium

    La Commission en charge des minerais au Ghana a annoncé mi-janvier la découverte de lithium en quantités commerciales dans la Volta, dans l’ouest du pays et dans la région Ashanti. Bien qu’il soit encore impossible de faire des projections, car il est encore tôt de commencer les activités d’exploration globales dans les domaines identifiés, il est clair qu’il existe un potentiel énorme pour le pays et sa population de bénéficier de l’extraction du minerai.

    Le lithium appelé « pétrole blanc » ou « l’or du 21e siècle » est utilisé pour les téléphones électriques, les ordinateurs, les voitures électriques – tout appareil batterie rechargeable – ainsi que des médicaments tels que les médicaments de stabilisation de l’humeur. Il est l’un des 10 minéraux les plus chers de la planète et son prix a triplé pour atteindre un record de 12 000 $ la tonne l’année dernière pendant que la demande était forte.

    Atout

    Le constructeur automobile américain, Telsa, qui s’est donné pour objectif de produire près de 500 000 voitures électroniques d’ici 2020 pourrait avoir besoin de plus de lithium que celui déjà en cours de production. De quoi réjouir le gouvernement ghanéen. Le responsable exécutif de la Commission en charge des minerais, Kwaku Addai Antwi Boasiako, explique que les activités minières commenceront bientôt dans le pays.

    « Mais nous voulons attirer des investissements dans la région de la Volta, qui est l’endroit où nous avons le lithium et tous ces minéraux rares. Ce sont les minéraux de l’avenir », renseigne le patron de la Commission en charge des minerais. Le lithium, énergie verte et énergie renouvelable, va permettre au Ghana d’élargir sa base de production minérale. La présence de ce minerai est un atout pour le pays. Son exploitation nécessite tout de même des dépenses.

    Gestion des minéraux

    Certains observateurs ont déjà de leur côté exprimé leur inquiétude. Ils estiment que l’excitation autour de la découverte de lithium rappelle la jubilation autour de la découverte du pétrole et de gaz dans le pays en 2007, et à moins de bien le gérer, la découverte de lithium pourrait conduire à la déception de la population qui espère bénéficier de cette richesse.

    Dans un objectif de bonne gestion, la Commission en charge des minerais envisage publier la carte minérale du pays afin que les cosignataires demandent une exploitation. Ils prendront également la demande de licence en ligne pour prévenir la corruption. Kwaku Addai Antwi Boasiako indique que 14 nouvelles stations satellites sont en train d’être mises en place pour surveiller les sites de découverte et dissuader les mineurs illégaux.

  • Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

    Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

    La septième édition de Où investir en Afrique de Rand Merchant Bank (RMB) a mis en évidence les pays qui ont compris la nécessité de s’adapter au ralentissement prolongé des prix des matières premières et à la faiblesse de la croissance de la production. Le rapport révèle les différents pôles où investir en Afrique en 2018.

    Le thème de « Où investir en Afrique 2018 » est «Money Talks» et cette édition «suit l’argent» sur le continent africain pour évaluer les aspects cruciaux pour la performance économique de chaque pays. Le rapport se concentre sur les principales sources de revenus en dollars en Afrique, permettant de mesurer les principaux générateurs de revenus et d’identifier les opportunités d’investissement.

    Dans ce numéro, l’Indice d’attractivité des investissements du RMB, qui équilibre l’activité économique et la relative facilité des affaires, illustre comment les niveaux d’activité économique modérés ont atténué plusieurs scores sur l’indice par rapport à l’année dernière.

    Top 10

    Les grandes omissions du top 10 cette année sont le Nigeria et l’Algérie, qui sont passés des rangs 6 et 10 aux 13 et 15 respectivement. En revanche, l’Éthiopie et le Rwanda ont respectivement gagné trois et quatre places.

    En effet, le changement le plus notable est la chute de l’Afrique du Sud, tombée de la première place pour la première fois depuis la création du rapport pour céder sa place à l’Égypte qui est maintenant la destination des investissements les  plus attrayants de l’Afrique. L’Égypte a progressé grâce à son score supérieur d’activité économique et les taux de croissance lents en Afrique du Sud, qui se sont nettement détériorés au cours des sept dernières années. L’État arc-en-ciel est également confronté à des préoccupations croissantes sur les questions de solidité institutionnelle et de gouvernance, bien que ses marchés des devises, des actions et des capitaux restent encore en bonne position.

    Le Maroc a conservé sa troisième position pour la troisième année consécutive après avoir bénéficié d’un environnement opérationnel grandement amélioré depuis le Printemps arabe qui a débuté en 2010.

    Surprenante, l’Éthiopie, pays marqué par l’instabilité sociopolitique, a déplacé le Ghana à la quatrième place, avec une croissance économique rapide, ayant dépassé le Kenya comme la plus grande économie en Afrique de l’Est. La chute du Ghana à la cinquième position était principalement due aux perceptions de l’aggravation de la corruption et de la faiblesse de la liberté économique.

    Quant au Kenya, il se maintient dans le top 10 au sixième rang. Les investisseurs sont toujours attirés par la structure économique diversifiée du pays, ses politiques favorables au marché et la croissance soutenue de ses dépenses de consommation. Une série de réformes favorables aux entreprises visant à éradiquer la corruption et une croissance économique soutenue ont permis à la Tanzanie de grimper de deux places au septième rang. En ce qui concerne le Rwanda, le pays est rentré dans le top 10 après avoir passé deux ans à la périphérie, boostée par l’une des économies les plus réformées au monde, les taux de croissance réels élevés et sa tentative continuelle de diversifier son économie.

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    Au numéro neuf, la Tunisie a fait de grands progrès dans la promotion de la transition politique, tandis que l’amélioration du climat des affaires a été réalisée par des réformes structurelles, une sécurité accrue et la stabilité sociale. La Côte d’Ivoire a trébuché de deux places pour prendre la dixième place. Bien que sa notation de l’environnement des affaires est encore relativement faible, son gouvernement a fait des progrès importants en invitant  des investisseurs dans le pays. Ce qui        a conduit à une forte augmentation des investissements étrangers directs au cours des années entraînant l’une des économies à la croissance la plus rapide en Afrique.

    Focus

    Pour la première fois, le Nigeria ne figure pas dans le top 10, son attrait d’investissement à court terme ayant été érodé par des conditions de récession. L’Ouganda se rapproche progressivement du top 10, bien que l’activité du marché devrait rester modérée après une année 2016 tumultueuse marquée par l’incertitude liée aux élections, une sécheresse débilitante et des taux d’emprunt commerciaux élevés. Bien que le Botswana, Maurice et la Namibie soient largement considérés comme des économies de premier ordre, ils ne figurent pas parmi les dix premiers en raison principalement de la taille relativement petite de leurs marchés, la taille du marché étant un facteur clé dans la méthodologie du rapport.

  • Crypto-monnaies: le Bitcoin en plein essor au Nigéria

    Crypto-monnaies: le Bitcoin en plein essor au Nigéria

    En juillet 2016, Manasseh Egedegbe, un gestionnaire d’investissement basé à Abuja, a été pris au piège de la crise du dollar au Nigeria et a eu quelques difficultés à effectuer un paiement international. À l’époque, alors que les réserves de change et les revenus du Nigeria diminuaient dans un contexte de récession économique, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a mis en place un contrôle des changes pour restreindre l’accès aux dollars.

    Pour Manasseh Egedegbe et beaucoup d’autres Nigérians, cela posait un problème. Dans son désespoir, il se tourna vers la vague de cryptomonnaie du moment: Bitcoin. Le gestionnaire a confié au site Quartz avoir utilisé le Bitcoin pour faire une seule transaction et s’être ensuite accroché. Depuis plus d’un an, pour des raisons allant de la nécessité d’effectuer des paiements internationaux, l’adoption du Bitcoin au Nigeria a connu un pic.

    Cette année 2017, le commerce Bitcoin pair-à-pair au Nigeria a augmenté de près de 1 500%, surpassé seulement par la Chine. Les données de LocalBitcoin, un échange de Bitcoins populaire disponible dans environ 200 pays, montrent que le volume d’échanges hebdomadaires de Bitcoins au Nigeria a dépassé 1 milliard de nairas (2 millions de dollars) en août. Ces chiffres ont poussé beaucoup de Nigérians à s’intéresser au Bitcoin. La situation au Nigeria n’est pas très différente de celle du Zimbabwe, dont l’économie instable et l’épuisement des marchés des changes ont vu les habitants se tourner vers le Bitcoin comme stockage de valeur cette année. Il faut dire qu’à un moment donné, le Zimbabwe avait les prix les plus élevés du Bitcoin au monde.

    Nouveaux marchés

    Une nouvelle génération d’échanges de Bitcoins locaux s’avère essentielle pour l’adoption locale croissante. Timi Ajiboye a cofondé Bitkoin Africa en octobre après avoir éprouvé quelques difficultés à acheter la cryptomonnaie sur les marchés étrangers. L’incapacité de payer avec un compte ou une carte bancaire nigériane a conduit Timi Ajiboye à lancer Bitkoin Africa pour faciliter le commerce local. Pour sa part, Tim Akinbo, cofondateur de Tanjalo en octobre, affirme que les applications locales potentielles des cryptomonnaies et la technologie habilitante ont été la motivation pour commencer l’échange.

    Il y a aussi d’autres anciennes structures comme NairaEX, un échange de Bitcoin fondé en novembre 2015. Malgré une adoption grandissante, le scepticisme l’emporte largement sur l’enthousiasme, mais Timi Ajiboye affirme que les échanges locaux peuvent aider à mieux faire comprendre les cryptomonnaies. Un sceptique initial lui-même, le cofondateur de Bitcoin cite sa nouvelle conviction dans les cryptomonnaies, après avoir acquis une meilleure compréhension de leur potentiel, comme l’espoir d’un changement d’état d’esprit plus large.

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    Tout comme la façon dont les entreprises fintech locales créent des produits et des services pour combler les lacunes du système financier local, la technologie de la cryptomonnaie présente un certain potentiel en Afrique étant donné le manque d’infrastructures financières avancées, explique de son côté Tim Akinbo. À cet égard, ces échanges servent de rouages ​​vitaux dans l’évolution de l’infrastructure qui permettra aux cryptomonnaies d’atteindre une partie de son potentiel en Afrique.

    Quel que soit ce potentiel, la première étape consiste à «permettre aux gens d’acheter et de posséder les devises», précise Timi Ajiboye. Deux mois après leur création, les deux bourses sont en train d’encaisser des transactions. Le volume des échanges de Bitkoin Africa augmente rapidement. Près de la moitié de son volume commercial total depuis sa création a eu lieu au cours des dix premiers jours de décembre. Pendant ce temps, Tanjalo a fait près de 1 million de dollars en volume commercial avec « très peu de marketing », selon Tim Akinbo.

    Origine russe

    Les origines de l’intérêt général pour le Bitcoin sur de nombreux marchés africains ont été attribuées à Mavrodi Mundial Moneybox (MMM), un programme de ponzi russe de deux décennies. À son apogée, MMM comptait plus de deux millions d’utilisateurs au Nigéria malgré plusieurs avertissements des autorités. Il a également été opérationnel au Ghana, au Zimbabwe, au Kenya et en Afrique du Sud au cours des 18 derniers mois. Le scénario du programme était simple: les utilisateurs pouvaient «investir» de l’argent en s’engageant auprès d’autres utilisateurs du système, puis recevaient des rendements plus 30% d’intérêt en 30 jours.

     

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    Mais son long terme au Nigeria s’est arrêté quand, en décembre 2016, il a suspendu ses opérations (la CBN estime que les utilisateurs de MMM ont perdu 50 millions de dollars quand le système s’est effondré). Mais au début de l’année, quand MMM a cherché à relancer, elle a essayé de contourner les règles des régulateurs en permettant aux utilisateurs de payer et de recevoir des promesses en utilisant bitcoin – une stratégie qu’elle a également déployée dans d’autres parties de l’Afrique. Beaucoup de participants au programme, qui cherchaient à gagner de l’argent rapidement, se sont rapidement raccrochés. Au fil du temps, les Nigérians plus aisés et bourgeois ont renouvelé leur intérêt.

    Selon Manasseh Egedegbe, ils «comprennent probablement mieux la technologie que l’homme moyen de la rue». Mais même s’il ne s’agit pas d’un système de ponzi russe, les prix de Bitcoin pourraient encore voir les gens se faire brûler les doigts. La hausse fulgurante des prix, qui a franchi les seuils de 1 000 $ en quelques heures en décembre, l’a considérée comme la bulle la plus évidente et a également fait des comparaisons avec la bulle Internet au tournant du millénaireK. Tim Akinbo, plus optimiste quant à l’avenir de Bitcoin, affirme que son potentiel de facilitation du commerce transfrontalier pourrait éventuellement justifier la hausse des prix. « Quand vous regardez seul ce potentiel, je dirais que c’est sous-évalué ». En ce qui concerne une bulle potentielle, le responsable de Tanjalo considère cette phase plus comme un moment où tout le monde essaie d’entrer dans l’action. « Tout comme n’importe quelle nouvelle technologie, la spéculation est la façon dont cela va trouver sa place », justifie-t-il.

    Disparition par règlement ?

    Une grande partie de l’engouement Bitcoin se résume à de grandes prédictions sur son potentiel futur. En Afrique, les possibilités débattues vont de l’assouplissement des paiements, en particulier pour les services internationaux, à l’augmentation des envois de fonds – une aubaine pour de nombreuses économies locales. Mais le plus fondamental d’entre eux, selon Tim Akinbo, est la possibilité d’avoir un système « où tout le monde est autorisé à participer » sans discrimination de localisation géographique ou d’origine.

    Pour Timi Ajiboye, qui envisage d’étendre Bitkoin Africa à d’autres pays africains à partir de l’année prochaine, faciliter les échanges à travers l’Afrique est une réelle possibilité. « Il est plus facile d’envoyer de l’argent depuis l’Amérique vers le Nigeria que d’envoyer de l’argent du Nigeria à la Gambie, mais la technologie peut régler ces choses », dit-il. Que la bulle Bitcoin éclate ou non, son potentiel localement pourrait être atténué par la réglementation. Alors qu’il est difficile pour les autorités de réglementer les cryptocurrences sur lesquelles ils ont peu de contrôle, il est possible de réguler les entreprises qui fournissent des services en utilisant les devises.

    Jusqu’à présent, la Banque centrale du Nigeria (CBN), comme la plupart des banques faîtières à travers le monde, a émis des avertissements sur le risque de cryptomonnaie. L’une des premières est apparue dans une circulaire de janvier dans laquelle elle citait les dangers du «blanchiment d’argent et du financement du terrorisme». Cependant, plus récemment, la position de la banque faîtière semble s’être adoucie: en octobre, elle aurait mis en place des départements chargés d’élaborer un rapport sur les propositions de politique pour les cryptomonnaies.

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    Alors que CBN réfléchit à ses politiques sur les cryptomonnaies, Tim Akinbo soutient qu’il «reste flexible» en continuant à revoir et ajuster ses politiques en fonction des tendances mondiales. L’alternative est d’adopter et de maintenir une politique qui pourrait devenir archaïque dans un monde en évolution rapide. Un événement qui pourrait déclencher une vague de réglementation inquiétante et une forte baisse des prix (ou l’éclatement de la bulle bitcoin). Si tel est le cas, Osarumen Osamuyi, un développeur basé à Lagos, espère que la banque faîtière n’adoptera pas de « régulation draconienne ». Une action aussi radicale « finira par nuire à l’innovation », a-t-il expliqué au site d’information Quartz.

  • Afrique: 500 000 dollars pour les startups ‘non conventionnelles’

    Afrique: 500 000 dollars pour les startups ‘non conventionnelles’

    Cela devrait être une bonne nouvelle pour toutes les initiatives privées sur le continent. Le Fonds Savannah envisage en effet investir dans des startups « non conventionnelles et qui enfreignent les règles ».

    Il s’agit d’accompagner des entrepreneurs africains porteurs de projets et capables de faire des efforts pour développer des secteurs particuliers. La société de capital-risque basée à Nairobi investit jusqu’à 500 000 dollars dans des start-ups en démarrage à forte croissance en Afrique subsaharienne. Le portefeuille du Fonds Savannah comprend 15 sociétés de diverses industries, y compris le commerce électronique, le divertissement et les services financiers. Dans sa démarche d’aider des startups, le fonds identifie chez les entrepreneurs des traits ou des qualités nécessaires. Pour Mbwana Alliy, directeur associé de la société de capital-risque, le but est déceler auprès de ces jeunes entrepreneurs l’envie de repousser les limites et d’atteindre leurs objectifs.

    Il faut dire qu’en plus de s’inquiéter de la construction effective de leur entreprise, les smart-upeurs africains doivent aussi faire face aux problèmes de réseau, aux problèmes d’Internet et à la bureaucratie gouvernementale. Ce qui leur rend souvent la tâche difficile. « Vous devez aller au-delà de l’appel du devoir pour que votre démarrage fonctionne. Vous devez avoir une énergie et une passion incroyables », conseille malgré tout Mbwana Alliy, ajoutant que c’est la preuve que généralement l’entrepreneur souffre.

    Si en Afrique, des entrepreneurs qui ont déjà réussi sont traités comme des stars du rock, le directeur associé du Fonds Savannah explique que son entreprise ne s’intéresse pas aux startups pour participer à un phénomène de mode. Le Fonds Savannah recherche des entrepreneurs ayant un réel intérêt pour leurs projets. Il est difficile de démarrer une nouvelle entreprise, et pour persévérer dans les moments difficiles, les entrepreneurs doivent avoir une passion intrinsèque pour leur industrie.

    Investissement réfléchi

    La société de capital-risque a déjà fait ses preuves. Le Fonds Savannah a récemment investi dans BabyGroup, détaillant de produits pour bébés en ligne basé en Afrique du Sud. Mbwana Alliy justifie que les raisons pour lesquelles le Fonds Savannah a investi dans BabyGroup portent sur « la pensée non conventionnelle des responsables de la société ». Pour bénéficier de cet investissement, James Townsend-Rose, le responsable de BabyGroup n’a pas convaincu Mbwana Alliy avec l’argument habituel qui est d’être côté en bourse ou d’être acheté par une autre compagnie. « Il veut devenir un acteur reconnu sur le marché — Baby City, une grande entreprise de vente au détail de briques et de mortier en Afrique du Sud », ajoute Mbwana Alliy.

    La société de capital-risque est surtout disposée à investir dans des startups où les entrepreneurs ont suffisamment d’expérience dans le domaine dans lequel ils opèrent. Une startup de soins de santé bénéficierait d’avoir quelqu’un avec une expérience médicale dans son équipe, conseille Mbwana Alliy. Ce dernier indique d’ailleurs que le Fonds Savannah mise aussi sur les entrepreneurs qui connaissent le fonctionnement de l’environnement d’entreprise et qui sont en mesure de réformer leurs industries.

  • 80 millions d’euros pour booster les PME en Afrique

    80 millions d’euros pour booster les PME en Afrique

    Ce jeudi 7 décembre, avec le lancement de son nouveau fonds d’investissement baptisé IPAE 2, le groupe Investisseurs & Partenaires (I & P) veut passer à une vitesse supérieure en Afrique. Très présent sur le continent, le groupe annonce vouloir financer le développement d’une nouvelle génération de PME.

    Créé il y a 15 ans par le Français Patrice Hoppenot et spécialisé dans l’investissement « d’impact » social et environnemental, le groupe Investisseurs & Partenaires (I & P), est très présent en Afrique subsaharienne, où il a déjà investi dans près de 80 entreprises dans une dizaine de pays. Avec ces nouveaux fonds, le groupe croit s’impliquer encore plus dans le développement des PME sur le continent.

    Doté de 50,3 millions d’euros avec l’ambition d’atteindre 80 millions d’euros à terme, ces fonds seront dédiés aux « et opérant en Afrique » selon les termes de Jean-Michel Severino, le président du groupe I & P, lors de la conférence de presse de lancement du nouveau fonds. Ainsi, 30 à 40 entreprises implantées dans une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne seront financées par ces fonds au cours des cinq prochaines années, avec des montants allant de 300 000 à 3 millions d’euros par entreprises.

    Ces fonds de l’IPAE2 seront répartis en, 45 % pour les investisseurs publics (Proparco, la Banque européenne d’investissement…), 38 % d’investisseurs privés et financiers parmi lesquelles le groupe d’assurance français Axa et 17 % d’investisseurs individuels et fondations, des bureaux de gestion patrimoniale…

    Convaincu que le développement en Afrique passe par l’entrepreneuriat local, I & P a choisi d’y consacrer son aide et son savoir-faire, notamment en financement, en assistance technique et conseils en finance et en management.
    « En se positionnant comme solution de fonds propres pour les PME, I & P contribue pleinement à l’essor de l’écosystème entrepreneurial africain pour répondre aux défis d’une croissance inclusive et durable ainsi qu’à celui de l’emploi en Afrique », explique Jean-Michel Severino, celui qui a été directeur de l’Agence française de développement (AFD).

    En effet, si I & P s’attachent à investir dans des domaines à forts impacts sociaux et environnementaux, la profitabilité n’est pas oubliée avec une rentabilité nette qui tourne autour de 8 à 9 %. Et même si une conjoncture économique moins favorable en Afrique se fait observer ces derniers temps, cette rentabilité devrait être maintenue.

    Le groupe mise sur l’agrobusiness et les services

    Le champ d’intervention du groupe est plutôt vaste. « Nous sommes ouverts à tous les secteurs, mais à l’image des économies africaines, l’agrobusiness et les services étaient surreprésentés lors de notre premier fonds dédié aux PME, et le secteur manufacturier un peu moins présent », précise Jean-Michel Severino, en faisant allusion au premier chapitre de leur financement, le IPAE 1 lancé en 2012, qui a investi 54 millions d’euros dans 29 sociétés.

    « Cette fois-ci, je ne serai pas étonné de voir un peu plus d’entreprises technologiques et un peu moins de microfinance urbaine », ajoute le président d’I & P. Et de continuer en disant que « pour IPAE 1, les entreprises que nous avons soutenues en sont à des niveaux divers de maturité et nos activités ne sont pas encore clôturées, mais il semble que nous soyons en ligne avec ces objectifs ».

    Depuis le premier programme de financement en 2002, 5 000 emplois ont été créés. Mais pas que. Au moins 10 000 personnes ont obtenu un accès durable à l’eau et à l’électricité alors que 80 % des entreprises soutenues ont offert une couverture santé à leurs salariés et 90 % d’entre elles répondent à des besoins locaux. Aussi, un bilan carbone et un plan d’action environnemental ont été exécutés pour chaque entreprise financée.

    « On est très fiers d’arriver à attirer autant d’investissements privés », se réjouit Jean-Michel Severino, précisant que si l’objectif « est bien sûr que chaque entreprise financée soit le plus rentable possible », l’ambition d’I & P est que les investisseurs atteignent une rentabilité nette de 8 % minimum au moment de leur désengagement.
    Selon toujours les responsables du groupe, IPAE 2 aura pour mission de « prolonger, accélérer et développer une nouvelle génération d’entrepreneurs africains », de même qu’à « consolider les acquis économiques et à approfondir ses impacts environnementaux et sociaux ».

  • Coton: l’Afrique de l’Ouest exporte 95 % de sa production [Gand Angle]

    Coton: l’Afrique de l’Ouest exporte 95 % de sa production [Gand Angle]

    Malgré les hausses régulières de la production cotonnière, l’Afrique de l’Ouest n’arrive pas encore à combler le déficit de transformation au plan local.

    La production du coton augmente dans la sous-région ouest-africaine. Le secteur du coton et du textile concentre d’ailleurs près de 10 millions de producteurs et plus d’un million de salariés. Les pays producteurs rencontrent des difficultés, mais continuent de produire du coton bio. C’est le cas du Burkina Faso et du Mali qui sont les deux premiers producteurs de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont enregistré ces deux dernières années une hausse de leur production.

    Cela n’a pas toujours été le cas dans pays. Comme au Bénin où l’on a constaté de faibles rendements. Au cours de la même période, le Sénégal a quant à lui fait face à des problèmes d’accès aux semences, à de faibles précipitations. Les taux de rendement augmentent en Afrique de l’ouest, selon un expert de TextileExchange.

    Durant la campagne 2016/2017, les productions de la sous-région ont encore augmenté avec « une amélioration du rendement de chaque pays », ajoute l’expert. Avec de bonnes précipitations, les deux premiers producteurs ont enregistré des hausses respectives de 25 % et 26 % sur leur production. Mais il se pose un problème de transformation.

    Le Mali par exemple ne transforme que « 2 % de sa production, », admet Mohamed Aly Ag Ibrahim, ministre de l’Industrie. À cela s’ajoutent l’insuffisance d’usines et un déficit énergétique. Le constat est amer. En réalité, l’Afrique de l’Ouest ne compte désormais qu’une dizaine d’unités de transformation. En moins de vingt ans, plus de trente usines ont été fermées.

    Des pertes économiques

    Une étude réalisée par la BOAD avait indiqué que plus de 90 % du volume de production du coton est exporté pour transformation. Pourtant, selon plusieurs spécialistes du secteur, les pays de la région se développeraient s’ils parviennent à transformer au moins 20 % de leur production. Autant dire que l’Afrique de l’Ouest perd beaucoup. Sa faible transformation porte sur le filage, première étape de transformation du coton.

    « Nous ne maîtrisons pas encore le tissage, le tricot ou la confection », déplore un producteur burkinabé. Les États tentent en vain de corriger cette insuffisance. Il y a deux ans, les autorités sénégalaises ont dû rouvrir à Thiès l’usine NSFT-FTT. « Cela nous a coûté plus de 400 millions de FCFA. C’est grâce à une garantie du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) », explique une source du ministère de l’Agriculture.

    D’autres pays comme le Mali ont rouvert leurs usines, mais ont fini par les refermer faute de moyens. Un plan d’action régional de développement des entreprises de la filière coton-textile a d’ailleurs été pensé par les acteurs. Ce plan porte sur la transformation et la commercialisation des produits issus du coton. Le but est de permettre aux populations de la sous-région de bénéficier des retombées de la culture du coton.

    Les États membres de l’UEMOA ont même adopté un programme ambitieux qui devrait faciliter la transformation de 25 % de la production de coton de la sous-région. Le programme n’a pas fonctionné comme cela se doit. Sa mise en œuvre a été handicapée par des contraintes institutionnelles et financières. Le Burkina Faso a aussi adopté un document de planification stratégique pour soutenir les producteurs. Un appui a été aussi apporté à la libéralisation de la filière avec surtout la création d’un fonds de lissage et d’un fonds intrant.

    Augmenter la transformation locale

    Pour révolutionner le secteur, les États comptent développer des entreprises industrielles. Ces dernières vont s’occuper de la transformation et développer également des services de commercialisation compétitifs. La réorganisation de la production de l’or blanc passe aussi par le renforcement de la coopération entre les États. Les pays peuvent ainsi bénéficier des « complémentaires industries-artisanat et des économies d’échelle ».

    Il s’agit pour les pays de la sous-région d’avoir accès aux tissus écrus, au coton-fibre, aux fils de coton et d’autres produits textiles. Pour transformer localement de la fibre de coton, les pays producteurs comptent opérer des réformes dans le secteur sans impacter le revenu des producteurs. Cela va de la réduction du déficit de compétitivité à une décote sur le prix de cession du coton aux filatures de la zone UEMOA. « La transformation locale est plus que nécessaire. Les États doivent se donner les moyens », souligne un membre de l’Organisation professionnelle des industries cotonnières et textiles (Opict).

    Les pays de la région misent aussi la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. « Il nous faut former les producteurs, mais également créer des centres de formation aux métiers du textile », concède le directeur d’une filature ivoirienne. Les pays producteurs comptent opérer ces réformes qui doivent développer le secteur et créer de milliers d’emplois. L’Organisation professionnelle des industries cotonnières et textiles prévoit en effet la création de 50 000 postes directs et 500 000 emplois indirects au sein de l’UEMOA.

     

  • Banque en Afrique: les grandes tendances de l’année 2017

    Banque en Afrique: les grandes tendances de l’année 2017

    L’Afrique est devenue en quelques années, la terre des grandes affaires, et dans la mêlée les banques s’y sont invitées. Le domaine de la bancarisation en Afrique présente pour autant un double visage.

    Mieux vaut établir le contraste en même temps : on a beau chercher dans les classements des plus grandes banques de la planète, l’évidence s’impose : aucun établissement africain ne fait partie du Top 100 mondial. Pas même les poids lourds sud-africains que sont Standard Bank, Barclays Africa et FirstRand.

    Cependant, en termes de profitabilité, les banques africaines s’en sortent la tête haute. En Afrique, selon le magazine Forbes, des ratios-bénéfices sur fonds propres supérieurs à 20 % ne sont pas rares. Des marges à faire saliver tous les dirigeants de banque d’Amérique du Nord et d’Europe. Les établissements financiers parvenant à dégager 10 % de retour sur capital restent l’exception plus que la norme.

    Si l’Afrique n’a pas de très grandes banques, les quelques-unes qui s’appliquent ont retour sur investissement.

    Pile et Face

    En dépit d’une détérioration très marquée de l’économie de ses fers de lance (Nigéria, l’Afrique du Sud, Maroc) le secteur bancaire africain tient bon contre vents et marées. La valeur totale des 100 premières banques en Afrique, selon l’actuel classement de The Banker, a atteint 93,1 milliards de dollars, contre 99,4 milliards $ l’an dernier ; un chiffre déjà en baisse par rapport à celui de 2014.

    Une tendance qui résulte essentiellement des dévaluations dans de nombreux pays africains. De nombreuses banques africaines ont souffert de la fluctuation des devises au cours des 18 derniers mois. Bien que leurs revenus et réserves aient augmenté dans leur monnaie nationale, leurs résultats se sont détériorés une fois exprimés en dollars.

    Un cas qui s’illustre également par le fait qu’il a fallu 177 millions $ de fonds propres à l’algérienne Arabe Banking Corporation pour se positionner au 100e rang l’an dernier, tandis qu’une autre banque Algérienne, la Housing Bank for Trade & Finance, s’est hissée cette année à la même position avec seulement 159 millions $.

    Suprématie sud-africaine et marocaine

    En effet, selon ce classement de The Banker, Standard Bank, avec 14,8 milliards $, s’offre la place de la première banque d’Afrique. Sa division sud-africaine à elle seule enregistre des fonds propres supérieurs à 5 milliards $, plus que toute autre banque d’Afrique. La part du résultat de Standard Bank généré ailleurs en Afrique continue de croître d’année en année : à 29 % au 1er semestre 2015, elle représente début 2017, 31 % de son résultat total.

    La société a prévenu des répercussions de l’incertitude économique : « Les pays d’Afrique subsaha­rienne qui dépendent de leurs exportations de pétrole et de matières premières continuent d’accuser les effets de la chute des prix provoquée par l’offre excédentaire et le déclin de la demande chinoise. Le rythme des réformes structu­relles, nécessaires pour promouvoir la diversification et la croissance économique, est lent. En outre, la sécheresse prolongée et étendue due au réchauffement climatique a porté préjudice à beaucoup de pays. »

    Toutefois, Standard Bank ne s’est pas montrée si pessimiste quant à la situation en Afrique du Sud, même si les difficultés du secteur minier et agricole associées au faible coût des matières premières et à la sécheresse persis­tante ont encore nui à l’économie en général cette année.

    FirstRand se maintient au deuxième rang du classement. Cette banque, avec des fonds propres de 4,9 milliards $, a annoncé qu’elle avait alloué 7,5 milliards de rands (537 millions $) à l’acquisi­tion de banques d’affaires et commerciales au Nigeria et au Kenya. FirstRand compte également étendre ses activités d’assurance pour les particuliers, notamment par le biais de FirstRand Life et sa participation dans MotoVantage.

    L’an dernier, la banque marocaine Attijariwafa avait enfin mis fin à la suprématie des quatre géants sud-afri­cains en tête du classement en s’octroyant la troisième place. Elle conserve ce rang cette année et est suivie d’une autre banque marocaine, Banque Centrale Populaire, reléguant Nedbank et Absa aux cinquième et sixième rangs.

    Cette banque marocaine qui appartient en partie à la famille royale marocaine a enregistré au 1er semestre 2016, une augmentation de 7,9 % de son résultat, qui se chiffre à 2,49 milliards de dirhams (260 millions $), soit un peu plus que les prévisions.

    Attijariwafa bank attribue cette augmentation à son expansion sur d’autres marchés africains et à la diminution des coûts associés aux prêts irrécouvrables accordés à des particuliers. Elle possède aujourd’hui 3 376 agences dans 23 pays, y compris au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au Sénégal et en Tunisie, et vient de racheter la filiale de Barclays Bank en Égypte, un marché en pleine expansion.

    En ce qui concerne Absa, filiale de Barclays Africa, son avenir demeure incertain. La société mère Barclays Plc a vendu une partie de sa participation dans Barclays Africa début mai, afin d’obtenir des liquidités et rembourser ses dettes ; elle détient à présent 50,1 % de la société. Une autre vente ferait d’elle un actionnaire minoritaire.

    Toutefois, Absa et Barclays ont depuis révélé qu’elles avaient engagé des discussions pour éventuellement créer ensemble une banque d’investissement.

    En outre, compte tenu de la taille de l’industrie des services financiers en Afrique du Sud, il paraît surprenant de voir que seules six banques de ce pays figurent parmi les 100 meilleures.

    Malgré les difficultés économiques qu’il connaît, le Nigeria compte six banques parmi les 20 premières places, plus que tout autre pays. Avec la notable exception de la panafricaine Ecobank International, dont le siège social se trouve au Togo, le Nigeria est le seul pays hors de l’Afrique du Sud et des pays d’Afrique du Nord à figurer dans le Top 20.

    Tendances géographiques

    La répartition géographique des 100 premières banques d’Afrique a évolué depuis l’an dernier. L’Afrique australe, avec 24 établissements, compte trois banques de moins au classement. L’Afrique de l’Ouest et centrale perdent de leurs côtés trois entrées.

    Néanmoins on remarque, la progression de l’Afrique de l’Est. La région a longtemps été sous-représentée par rapport à la taille de sa population, mais, depuis 2013, deux nouvelles banques entrent au classement chaque année. Dans ce nouveau classement, 16 banques y figurent. La valeur totale des banques d’Afrique de l’Est est passée de 4,1 milliards $ à 4,7 milliards $ cette année. C’est le Kenya qui domine dans cette région.

    Doté d’un secteur des services financiers sophistiqué, il compte aujourd’hui dix banques dans le Top 100. Seuls le Nigeria et l’Égypte font mieux. De fait, la montée de l’Afrique de l’Est isole encore davantage l’Afrique centrale. Et la région ne compte qu’une seule banque dans le classement, la Gabonaise BGFI Bank.

    L’Afrique du Nord et l’Afrique australe sont les mieux représentées dans le tableau. L’Afrique australe dominait l’an dernier avec un total de fonds propres de 38,7 milliards $ dans notre Top 100, contre 36,4 milliards $ pour l’Afrique du Nord. Bien que l’Afrique du Nord affiche aujourd’hui un total de seulement 33,3 milliards $, elle est toujours au coude-à-coude avec l’Afrique australe, à 36,2 milliards $.

    L’Afrique de l’Ouest, quant à elle, s’est bien maintenue. Ses fonds propres, à 18,8 milliards $ cette année, n’ont perdu que 600 millions $ depuis l’an dernier. Dans cette partie de l’Afrique, une banque fait figure de proue : Ecobank.

  • Isabel dos Santos: incursion dans l’empire de la femme la plus puissante d’Afrique

    Isabel dos Santos: incursion dans l’empire de la femme la plus puissante d’Afrique

    Quand le père, l’ex-président marxiste Eduardo dos Santos s’était finalement convaincu de quitter le pouvoir en août dernier, après 38 années passées à la tête de l’Angola, c’est la direction de la Sonangol, la compagnie nationale de pétrole, fleuron de l’économie angolaise que celui-ci a pris le soin de laisser à sa fille, Isabel Dos Santos.

    Qu’il le veuille ou non, Joao Lourenço, le successeur d’Edouardo dos Santos devrait gouverner, du moins pour ses premières heures, dans l’imposante ombre du clan dos Santos, y compris celle qui a en main la grande partie de l’économie du pays : la femme la plus riche et la puissante d’Afrique (selon Forbes) : la « princesse Isabel ».

    Isabel dos Santos a été nommée le 2 juin dernier à la tête du conseil d’administration de la Sonangol. En plus d’une fortune estimée, selon le magazine Forbes, à 3,3 milliards de dollars, celle que les Angolais surnomment la « Princesse » se retrouve aux commandes d’une société qui présentait un chiffre d’affaires de 40 milliards de dollars en 2013.

    Pour sa première conférence de presse, la fille du président, âgée de 43 ans, s’est efforcée de rassurer. « Nous sommes très attachés à la transparence et déterminés à améliorer les bénéfices », a déclaré la nouvelle présidente qui souhaite recentrer la firme exclusivement sur les hydrocarbures. Sauf que les Angolais voient les choses autrement.

    Empereur Eduardo & princesse Isabel dos Santos

    On peut aujourd’hui soutenir qu’Isabel a construit sa propre fortune, toujours est-il que les bénédictions du père ont été importantes. Quand son père est arrivé au pouvoir, Isabel avait 6 ans. Désormais, elle n’est pas que la fille d’un président richissime.

    Mariée au riche collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo avec qui elle a eu trois enfants, elle a la réputation d’être une « business woman » tenace et exigeante, sous des airs discrets.


    Je vendais des œufs de poule quand j’avais 6 ans


    Née à Bakou (en Azerbaïdjan soviétique) d’une mère championne d’échecs, celle qui dit avoir une « vie normale » à Luanda a grandi à Londres, où elle a étudié l’ingénierie mécanique au King’s Collège. Dans l’une des rares interviews qu’elle a accordé, elle raconte au Financial Times en 2013, avoir toujours eu le sens des affaires.

    « Je vendais des œufs de poule quand j’avais 6 ans », confie celle qui voudrait que son histoire soit perçue comme une success-story. C’est en rachetant, à 24 ans, un restaurant de Luanda que la « Princesse » ambitieuse a commencé sa carrière dans les affaires. Elle entame son ascension en 1997, à seulement 24 ans, en créant avec sa mère une société de commercialisation de diamants. La femme d’affaires est depuis à la tête d’un véritable empire.

    Mais c’est en 1999 qu’elle a pris son envol en remportant un appel d’offres lui a permettant de contrôler Unitel, le premier opérateur de téléphonie mobile du pays.

    Très riche, Isabel dos Santos a été classée huitième fortune d’Afrique, selon le magazine Forbes. Son patrimoine, estimé à 3,3 milliards de dollars, serait majoritairement placé au Portugal, ancienne puissance coloniale de l’Angola. Pour en arriver là, la fille du président a investi partout. D’abord dans les télécommunications, avec Unitel, la principale compagnie de téléphonie mobile de l’Angola, et NOS, un opérateur de téléphonie portugais, qu’elle détient à 50%. Puis dans les banques angolaises et portugaises (25 % de la BIC Angola, 42,5% de la BIC Portugal…). La princesse a maintenant jeté son dévolu sur les grandes compagnies d’énergie, en achetant 33,3% du capital de Galp, société pétrolière portugaise.

    Millionnaire par son père ?

    En Angola, les premiers gisements de pétrole sont découverts en 1910. Mais jusqu’à l’indépendance, en 1975, le pays ne produit que 50 000 barils par jour. À cette époque, l’Angola se contentait d’être une puissance agricole, 4e producteur mondial de café et entièrement autosuffisant sur le plan alimentaire.

    Entre l’accession à l’indépendance et l’arrivée au pouvoir de José Eduardo Dos Santos, ingénieur du pétrole et successeur désigné D’Agostino Neto, la production pétrolière double pour atteindre 100 000 barils par jour. En 1980, le produit intérieur brut angolais était de 3,6 milliards de $ avec une contribution significative du secteur pétrolier. Le changement de cap est définitivement acté. L’avenir du pays s’écrira à l’encre du pétrole.


    Ils sont nombreux, dans l’opposition angolaise, à dénoncer l’utilisation du pouvoir présidentiel pour arranger les affaires d’Isabel dos Santos.


    Dans cet environnement où, en effet l’Angola dépend finalement à 70% du pétrole, confier les rênes de la société de gestion des hydrocarbures à la fille du président n’a rien d’anodin, aux yeux de bon nombre d’Angolais.

    Ils sont nombreux, dans l’opposition angolaise, à dénoncer l’utilisation du pouvoir présidentiel pour arranger les affaires d’Isabel dos Santos. Le journaliste angolais Rafael Marques affirme dans son livre Diamants de sang : corruption et torture en Angola, que les entreprises, dont « Isabel, la fille à papa » s’est emparées, comme tais ou Unitel, sont gangrenées par la corruption et le favoritisme.

    « La fortune d’Isabel vient des décrets présidentiels de son père qui est un dictateur corrompu jusqu’à la moelle, assène Rafael Marques. Sans la corruption organisée par son père, elle ne posséderait rien… Elle est à craindre, car elle tient à sa disposition l’appareil répressif de l’État, ainsi que le pouvoir institutionnel qui permet d’éliminer ou de punir ceux qui s’opposent à ses démarches. »


    En Angola il n’y a que deux femmes qui sont de grandes entrepreneuses : l’une est la fille du président, l’autre est son épouse


    Pour Didier Péclard, politologue, spécialiste de l’Angola, Isabel dos Santos aurait aussi profité du pouvoir de son père pour faire fructifier Unitel : « Le prix des licences de télécom est très élevé pour les autres opérateurs en Angola. Avec Unitel, Isabel dos Santos a été dans une situation privilégiée. Unitel a pu profiter d’un accès privilégié aux licences de télécom et, de fait, a pu couvrir tout le pays. Elle a probablement bénéficié d’un traitement de faveur. » Toujours pour celui-ci, en Angola, on ne devient pas un entrepreneur important sans avoir de bons relais politiques. « D’ailleurs, il n’y a que deux femmes qui sont de grandes entrepreneuses : l’une est la fille du président, l’autre est son épouse. »

    Cependant, le nouvel homme fort de l’Angola promet d’enrayer les inégalités et de redresser l’économie, même si les embûches sont bien connues par tout le monde. Il devra se libérer du carcan dos Santos : Isabel à la Sonangol et son frère au fonds souverain. Mission difficile.

  • Des Africains envisagent le rachat d’une Banque en Angleterre

    Des Africains envisagent le rachat d’une Banque en Angleterre

    FirstRand la banque sud-africaine a annoncé vouloir obtenir l’acquisition de Challenger Aldermore Group avec une offre indicative de 1,3 milliard de dollars.

    L’annonce du rachat d’Aldermore intervient dans un contexte où les actions de la banque britannique ont subi une forte hausse début novembre. Pour obtenir l’acquisition de Challenger Aldermore Group, la banque sud-africaine évalue les conditions de mise en place d’une institution de dépôt durable à long terme pour financer sa stratégie de croissance et de diversification des revenus de ses activités au Royaume-Uni.


    Challenger Aldermore Group dispose d’un modèle d’exploitation unique


    Pour les responsables de la FirstRand, il s’agit d’un moyen propice pour la banque d’atteindre son objectif qui est de mettre en place une franchise de dépôt durable. Selon eux, Challenger Aldermore Group dispose d’un modèle d’exploitation unique avec un positionnement sur le marché et sa capacité à attirer des dépôts.

    Financer l’automobile et l’assurance

    Aldermore a indiqué avoir reçu la proposition indicative de FirstRand. Pusieurs expert estime qu’un rachat de la banque britannique constituerait une bonne opération pour FirstRand. Cette dernière a en effet connu une évolution dans le secteur technologique et pourrait se maintenir sur le marché britannique. Selon des analystes, FirstRand a besoin de conquérir d’autres marchés pour combler « l’insuffisance d’opportunités en Afrique du Sud ».

    Pour l’heure, des discussions continuent entre les deux entreprises. FirstRand devrait faire une proposition définitive à Aldermore avant le 10 novembre. Les actionnaires pourront après approuver l’opération. Si le rachat est réalisé, la banque sud-africaine va pouvoir déployer ses capitaux sur le marché britannique à l’heure où la croissance économique peine à augmenter en AfriqAldermoreue du sud.


    Créé en 2009 Aldermore compte près de 230 000 clients.


    FirstRand pourrait surtout élargir la gamme de services offerts pour inclure le financement automobile et l’assurance. Créé en 2009 Aldermore compte près de 230 000 clients. Avec le soutien de FirstRand, Aldermore espère remplir sa mission qui est d’apporter plus de concurrence sur le marché banquier, selon Phillip Monks, directeur général d’Aldermore.