Catégorie : Finance

  •  Monnaie unique dans la CEDEAO: la volonté faiblit, l’espoir se dissipe

     Monnaie unique dans la CEDEAO: la volonté faiblit, l’espoir se dissipe

    Annoncée de manière prophétique sur l’an 2020, les populations de la zone de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devront encore espérer un peu avant de voir la monnaie unique. L’objectif 2020 vient d’être annoncé improbable.

    L’an 2000 : les pays d’Afrique de l’Ouest expriment leur volonté d’accélérer le processus d’intégration monétaire entamé au début des années 1980, qui s’est concrétisée par un projet prévoyant la création en deux phases d’une monnaie unique en Afrique de l’Ouest. Ce plan présageait, dans sa première phase, le lancement en janvier 2015 d’une monnaie unique, l’Eco, par les pays membres de la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (ZMAO). Dans un deuxième temps, la ZMAO devait fusionner avec l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) pour créer, en 2020, une monnaie unique dans l’ensemble des quinze pays membres de la CEDEAO.

    Après trois premiers reports, en 2003, 2005 et 2009, les responsables ouest-africains ont finalement renoncé, en juillet 2014, à lancer l’Eco en janvier 2015, invoquant le niveau insuffisant de préparation et de convergence économique entre les États membres de la ZMAO. À cette occasion, ils ont également décidé de changer de stratégie en abandonnant l’étape intermédiaire de 2015 avec la monnaie unique de la ZMAO, et en reprogrammant la création d’une monnaie unique pour l’ensemble de la CEDEAO pour 2020.

    Selon l’agenda fixé, le lancement de la monnaie unique devait commencer par les pays qui disposent de leurs propres monnaies (Gambie, Ghana, Guinée, Nigeria et Sierra Leone) auxquels devront se greffer les 8 pays membres de l’UEMOA qui font partie de la zone franc qui ont en commun le CFA.

    Cependant, le non-respect de l’échéance 2015 pour le lancement de la monnaie unique dans la ZMAO et les trois reports successifs n’avaient déjà pas manqué d’alimenter les débats. La faute à une conjoncture économique compliquée pour plusieurs pays de la zone, notamment le Nigeria, le Ghana et même la Côte d’Ivoire.

    En effet, cette dernière date butoir de 2020 avait soulevé beaucoup d’espoirs du côté des populations. Ces dernières années, c’était même devenu une fierté pour nombre d’Africains qui voyaient dans la future monnaie unique une monnaie beaucoup plus stable et plus crédible que les monnaies actuellement en vigueur. L’objectif d’une monnaie africaine commune est depuis longtemps l’un des piliers de l’unité africaine, un symbole du dynamisme qui, l’espèrent ses partisans, devra faire émerger des efforts d’intégration du continent. Aujourd’hui, cette nouvelle du report tombe au plus mauvais moment, alors que le continent est en plein débat sur l’avenir du franc CFA.

    Difficultés

    La CEDEAO est la principale organisation intergouvernementale de la région, créée en 1975 à la suite de la signature du traité de Lagos. Depuis sa création, son objectif est de promouvoir la coopération et l’intégration avec pour but de créer une union économique et monétaire ouest-africaine.

    Dernière étape-clé : le 1er janvier 2015, neuf pays de la Cedeao ont adopté un « tarif extérieur commun », c’est-à-dire des droits de douane unifiés. Toutefois, sur la question de la création de la monnaie unique, nombre de difficultés subsistent : notamment, la valse-hésitation du leader Nigeria.

    Le président nigérian a manifesté son avis de voir la monnaie de la Cedeao sortir certes, mais au bout d’un processus exempté de toute précipitation (faisant allusion à l’échéance 2020). Selon plusieurs experts, la création d’une telle monnaie nécessite le poids d’une puissance économique. Un Nigeria devra être à cette nouvelle monnaie, ce qu’a été l’Allemagne à la création de l’euro.   Le PIB du Nigeria représente à lui seul les deux tiers du PIB de toute la région Cédéao.

    Cependant, si la Cedeao, et plus particulièrement l’UEMOA, sont d’importants marchés pour ce pays, absorbant près de 2 milliards $ de ses exportations, ce volume des échanges n’est pas loin de la relation économique avec l’Afrique du Sud toute seul (1,9 milliard $) et très faible en comparaison aux exportations globales du Nigéria en 2016 (35,8 milliards $). L’économie nigériane n’est pas concentrée dans la zone Cedeao.

    Par ailleurs, la Côte d’Ivoire, deuxième leader de l’espace exporte plus dans la CEDEAO (2,8 milliards $ en 2016) qui est son principal marché africain, mais avec des exportations totales qui, à la fin 2016, ont représenté seulement 11,3 milliards $. L’économie ivoirienne reste assez modeste, comparée à celle du Nigéria, pour porter la communauté.

    Peut-être un espoir pourrait venir du Maroc. Le royaume chérifien est fortement ancré dans les économies, notamment de l’UEMOA, et pourrait en tandem avec la Côte d’Ivoire, constituer le binôme moteur, compensant les hésitations du Nigéria. Le Maroc a d’ailleurs manifesté son envie d’opter pour la monnaie de la Cedeao, au cas où l’opération devenait effective.

    Toutefois, les récents chiffres de l’excédent commercial du Maroc sur les pays de la Cedeao montrent bien que son intérêt est d’abord économique, alors que l’Eco est avant tout un projet politique.

    Scepticisme

    Pour le président de la commission, M. Marcel de Souza : « l’analyse des critères de convergence et de stabilité montre que le pari de créer une monnaie unique en 2020 ne pourra pas être tenu, surtout dans la précipitation. »

    En cause, il a évoqué l’entrée du Nigeria en récession avec un taux d’inflation, en fin décembre, de 18 %, le cas du Ghana également avec un taux moyen de 15 %. « Deux grandes économies de l’Afrique de l’Ouest face auxquelles les 8 pays de l’UEMOA réuni et même en bonne santé économique ne représentent, en termes de PIB, qu’un peu au-dessus de 10 % ».


    On ne peut plus aller à la monnaie unique en 2020


    A en croire ce dernier, la feuille de route visant à aboutir à cette monnaie n’a pas été mise en œuvre vigoureusement. Sur les quatre objectifs fixés, les résultats ne sont pas au rendez-vous. De 2012 à 2016, aucun pays n’a pu respecter de manière continue les critères de premier ordre du programme de convergence macro-économique.

    L’harmonisation des politiques monétaires entre les huit monnaies de la Cedeao, qui devait précéder la monnaie unique, n’a pas été effective. Et l’institut monétaire, prélude à une Banque centrale commune, n’a pas vu le jour.

    Pour conclure, comme le Président nigérien, que « face à cette situation, on ne peut plus aller à la monnaie unique en 2020 ».

    Monnaie unique : une nécessité

    Sur les 15 pays membres de la Cedeao, 8 ont en commun le franc CFA, arrimé à l’euro, rassemblé au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), et chacun des sept autres a sa propre monnaie : l’escudo pour le Cap-Vert, le dalasi pour la Gambie, le cédi pour le Ghana, le franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Liberia, le naira pour le Nigeria et le leone pour la Sierra Leone. Des monnaies qui ne sont pas convertibles entre elles.

    « Les avantages d’une monnaie unique, c’est d’abord la stabilité financière de la sous-région, la mise en commun de nos réserves, cela augmente notre force, et les avantages actuels de l’UEMOA » estime Hassoumi Massaoudou, ministre nigérien des Finances.

    Dans l’environnement monétaire international actuel, caractérisé notamment par l’absence de règles de bonne conduite monétaire unanimement acceptées, les pays d’Afrique de l’Ouest – comme la plupart des autres pays en développement – ne sont pas à l’abri des secousses monétaires résultant des politiques mises en œuvre dans le reste du monde.

    « Dans une telle situation, seule la monnaie unique peut offrir aux pays d’Afrique de l’Ouest l’opportunité de faire face collectivement, et donc plus efficacement, à ces bouleversements, et permettre notamment à chaque pays de disposer d’une monnaie unique, dont la valeur par rapport aux autres monnaies du monde pourrait mieux soutenir ses objectifs de croissance économique et de création d’emplois » a estimé la Banque africaine pour le Développement qui espère que la monnaie de la Cedeao pour donner un exemple aux autres communautés africaines.

    Le président nigérien Mahamadou Issoufou a cependant suggéré la mise en « circulation à partir de 2020 » d’une monnaie unique au sein des pays de la Cedeao « qui sont techniquement prêts », suivant le modèle européen avec l’euro. « L’adhésion » des autres États pourrait se faire au fur et à mesure », a-t-il dit, redoutant que les remises en question répétitives des dates de l’avènement de cette monnaie unique puissent finir par installer un scepticisme dans l’esprit des populations ouest-africaines. Avant qu’il ne soit trop tard.

     

  • Le méga-complexe gazier Djibouto-Éthiopien a du financement

    Le méga-complexe gazier Djibouto-Éthiopien a du financement

    En Djibouti, l’Etat vient de signer un protocole d’entente commercial portant sur le méga projet gazier djibouto-éthiopien de Damerjog avec le groupe chinois Poly-GCL.

    Les autorités djiboutiennes ont signé cette semaine avec le géant chinois Poly-GCL, un protocole d’entente commercial permettant aux deux partenaires de tirer profit de grand projet.

    Selon Yonis Ali Guedi, ministre djiboutien de l’Énergie, chargé des ressources naturelles et qui a paraphé les documents avec le vice-président de Poly-GCL, Li Wei, un grand pas vient d’être franchi dans le cadre du projet gazier. Ce financement est un grand pas vers la réalisation de ce projet. D’après les sources gouvernementales, les autorités djiboutiennes et le groupe chinois devront se retrouver dans six mois pour finaliser les contrats juridiques.

    En effet, le protocole fixe les termes clés du partenariat entre la République de Djibouti et Poly-GCL et servira de base pour la rédaction des contrats des concessions afférentes.

    « Le nouveau pipeline et ses installations associées font partie du plan du gouvernement visant à développer l’infrastructure à travers tout le pays et conduira à créer des liens économiques plus étroits avec l’Éthiopie », avait déclaré en mars 2016 Ali Mahmoud Yacoub, quand il était ministre de l’Énergie, lors de la cérémonie de pose de la première pierre du projet. Et d’ajouter que « ce projet renforce la position de Djibouti en tant que centre économique commercial et régional et augmentera la capacité de ses ports. Il est également une excellente occasion de renforcer la politique d’intégration régionale. En effet, à la fois Djibouti et l’Éthiopie cherchent à étendre cette politique au secteur de l’énergie ».

    D’un coût prévisionnel de 4 milliards de dollars, devra être prêt trois ans après le démarrage des travaux.

    En quoi consiste le projet?

    Le projet prévoit un pipeline de gaz naturel, une usine de liquéfaction et un terminal d’exportation qui seront localisés à Damerjog dans la région d’Arta, 30 km au sud-est de la capitale Djibouti.

    Le futur gazoduc, long d’environ 700 km, transportera jusqu’à 12 milliards de mètres cubes de gaz naturel chaque année depuis l’Éthiopie vers Djibouti. Quant à l’usine de liquéfaction, elle aura la capacité de produire jusqu’à 10 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (GNL) après la finalisation des phases d’extension du projet.

    A en croire le ministère djiboutien de l’Énergie, si le chantier aboutit, il permettra non seulement au voisin éthiopien d’exporter du gaz vers la Chine et bien d’autres pays, mais aussi de soutenir le développement socio-économique dans le pays.

    Pour rappel, le Djibouti a une position géographique impressionnante. Le pays est au carrefour de l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, reliant l’Europe, l’Extrême-Orient, la Corne de l’Afrique et le Golfe.

     

     

  • Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    L’exploitation du phosphate se fait dans plusieurs localités du pays. Mais les conditions de travail restent à améliorer. Reportage à Kpomé-Akadjamé, localités du sud-est Togo, qui abrite un site d’extraction.
    A une quarantaine de kilomètres au Nord-est de Lomé la capitale, se situe Kpomé, une zone de production de phosphate.

    « Il y a quelques années, une partie de ma famille a déménagé d’ici parce qu’on devait extraire du phosphate sur le sol. Ils étaient obligés de quitter », confie Agbéko, jeune conducteur de taxi moto de la localité. Cette situation, plusieurs familles l’ont vécue. Mais il faut dire qu’une fois déplacée, ces familles sont réinstallées sur d’autres sols. « C’est à Kpomé Tansi qu’ils habitent maintenant avec d’autres familles. On leur à construit une maison, un marché ».

    Mais à Dagbati, Apéyémé et Zéglé, la situation n’a pas été la même. Les populations ont dans certaines de ces localités refusé de quitter leur sol avant de céder. Ceux qui ont voulu résister disent « avoir reçu des menaces ». Ces populations déplacées n’ont pas toujours aussi été mises dans de bonnes conditions. « Elles ont été logées. On leur a fait des promesses qu’on peine toujours à réaliser », selon Agbeko.A Kpomé- Akadjamé, près du site d’extraction de Kpogamé, monsieur Attisso, 73 ans, qui a longtemps travaillé sur le site d’extraction minier confie :


    « Une fois que la décision de l’exploitation de votre sol est prise, l’entreprise vient avec ses géomètres pour les mesures nécessaires. On nous paie en fonction de la superficie de nos sols ».


    Le vieillard qui souffre aujourd’hui de problèmes d’audition avoue recevoir chaque trois mois une somme en contrepartie de son « sol récupéré ». Mais pour lui, de sérieux problèmes persistent.

    Des besoins prioritaires

    A Kpomé Akadjamé, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo contribue t-elle au développement de la communauté locale ? « Nous demandons depuis à avoir une pompe d’eau mais ce n’est toujours pas le cas. L’électricité aussi, nous avons souffert avant de l’avoir », déclare monsieur Attisso. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer cette situation d’autant plus que leurs besoins sont élémentaires. Un moyen d’approvisionnement en eau de bonne qualité et des WC bien construits. A ce jour, les habitants n’ont à leur disposition qu’un puits pour leur besoin en eau. La localité est électrifiée depuis quelques années avec un CEG et un dispensaire.

    Mis à part ces besoins urgents que sentent les habitants d’Akadjamé, ces derniers pensent surtout à leur progéniture. Mme Atama, revendeuse, s’interroge sur ce qui restera comme héritage aux futures générations. « On nous déplace de nos sols quand on veut, qu’aurons-nous à laisser à nos enfants ?». A Akadjamé, l’on a surtout l’impression de dilapider tout un héritage quand on « loue son sol pour l’extraction du phosphate ». Le fait est que ces sols pour la plupart, ne sont pas restaurés après l’extraction du minerai. Résultat, de grands trous béants restent présents sur les sites. Des collines de sables et même des déchets peuvent être perçus près des lieux d’extraction. « C’est incompréhensible. Sur le site de Hahotoé, ils ont l’habitude de remblayer les trous. Ici ils ont commencé par le faire. Mais entre temps, ils ont cessé », confirme Henri, ouvrier habitant à Akadjamé.

    Difficiles conditions de travail

    Pour le déplacement de ses ouvriers, la SNPT a mis à leur disposition ses pick-up et aussi des bus loués. Des moyens de transport qui « ne sont pas toujours en bon état », selon les ouvriers. Tout près du site d’extraction, des bruits assourdissants de machines se font ressentir. « C’est comme ça tous les jours. Cela dérange beaucoup. Mais nous ne pouvons rien », confie Monsieur Mensah, délégué des ouvriers. Avant de relever un autre problème sur le lieu de travail : la poussière.

    « C’est parce qu’il a plu cette semaine qu’elle a un peu diminué. La poussière rend parfois la vision floue sur le site. Il arrive même qu’à une dizaine de mètres, tu ne vois pas ton prochain. La poussière agit beaucoup sur notre santé. Avant, je ne portais pas des verres. Ce n’est plus le cas maintenant puisque ma vue à depuis un bon bout de temps, quelques problèmes ». Ce dernier poursuit : « par exemple, il y a risque qu’un engin vous renverse quand la vision sur le site n’est pas au top ou que des accidents de travail soient fréquents. Nous travaillons beaucoup. Nous méritons de meilleures conditions.»

    Les conditions de sécurité sur le site ne seraient-ils pas bien réunies ? Pour le délégué des ouvriers, « un effort reste à faire ». « L’entreprise a quand même fait un pas positif en nous assurant à 80%», laisse-t-il entendre.

    Une lutte organisée ?

    Au nombre de 1581, les ouvriers de Kpogamé déplorent le manque de tenue de travail, de chaussures de sécurité. « Nos textes le disent. Après chaque 18 mois, notre employeur devrait nous doter de tous ces matériels », affirme Fréderic, ouvrier compteur-pelle depuis plus de dix ans. Pour ce quadragénaire, les conditions de travail sont « difficiles ». « Les conditions que nous vivons nous tuent peu à peu. Quand je suis au travail, je me sens inquiet. C’est quand je suis au repos ou en congé chez moi à la maison que je me sens à l’aise ». Les ouvriers ont, en effet, chaque semaine un jour de repos et dans l’année, un mois de congé. Frédéric évoque même certains de ses amis ouvriers qui ont abandonné. « Ils ont raccroché. Certains, parce qu’ils ne pouvaient plus. D’autres, parce qu’ils avaient trouvé mieux ailleurs. »

    En 2003, quand Henri a commencé par travailler comme ouvrier occasionnel sur le site minier, il recevait 15000 francs CFA comme salaire à chaque fin de mois. Actuellement, il touche moins de 200000 francs CFA. Un salaire qu’il estime infime, comparé au travail qu’il fournit tous les jours. Des ouvriers qui pensent la même chose que lui sont légion. Pour eux, leurs responsables de syndicat « ne défendent pas bien leurs droits auprès des autorités». Un avis que ne partage pas le délégué Mensah qui affirme faire avec ses autres collègues le maximum d’effort qu’il faut.

    En octobre dernier, le syndicat des travailleurs a observé une grève de 48 heures pour différentes revendications. Il estime ne plus avoir confiance en la direction générale de la SNPT.

  • L’hôtelier AccorHotels veut renforcer l’écosystème mobile en Afrique

    L’hôtelier AccorHotels veut renforcer l’écosystème mobile en Afrique

    AccorHotels, le leader mondial dans le domaine du voyage et du lifestyle, leader de l’hôtellerie, s’est désormais lancé dans le renforcement de l’écosystème mobile à l’échelle continentale.

    D’après de récentes études, 46 % de la population africaine (plus d’un demi-milliard de personnes) a souscrit à des services téléphoniques à fin 2015. Le nombre d’abonnés uniques devrait atteindre 725 millions d’ici 2020.

    Fort de ce constat, l’hôtelier AccorHotels veut redéfinir l’expérience client à travers le lancement d’un nouveau service digital dans ses hôtels en Afrique. Le groupe annonce un partenariat avec handy, une solution technologique conçue sur mesure pour l’industrie du voyage.

    Ce partenariat est destiné non seulement à offrir une expérience connectée agréable pour les clients, mais aussi à soutenir la force grandissante de l’écosystème mobile en Afrique. Il veut également répondre aux besoins des voyageurs africains et l’ambition du groupe est d’étendre ce service à l’ensemble de leur portfolio en Afrique d’ici 2018.

    « Les valeurs d’AccorHotels, au cours de ces 50 dernières années, n’ont cessé de refléter l’esprit entrepreneurial et l’amélioration de l’expérience client. Fondé sur ce principe, notre partenariat avec handy revêt une immense importance dans la personnalisation de notre relation clients et s’inscrit dans notre stratégie digitale actuelle qui repense et transforme l’expérience de nos clients, à chaque moment de leur séjour » a déclaré Olivier Granet, Directeur général et Directeur des Opérations Moyen-Orient et Afrique.

    Selon Terence Kwok, fondateur et CEO de Tink Labs, « Handy, sera déployé à l’échelle de l’ensemble du continent d’ici juin 2018, connectera les clients d’AccorHotels en Afrique pour qu’ils puissent profiter du continent en tant que destination voyage de premier choix, découvrir les trésors locaux et partager leurs expériences sans se soucier des problèmes de connectivité et d’information. »

    Les clients auront à leur disposition un smartphone, et ce, gratuitement, leur permettant d’appeler famille et amis grâce aux appels nationaux et internationaux, et de profiter d’Internet en illimité, même en dehors de l’hôtel. D’autres caractéristiques d’handy incluent un contenu spécifique avec une navigation facilitée, des promotions exclusives proposées par les hôtels et des services de concierge à la demande.

    Une stratégie digitale globale

    Depuis 2014, AccorHotels revendique une stratégie digitale ambitieuse. Cette stratégie, fondée sur un plan à 5 ans, vise à améliorer l’expérience digitale de ses clients, partenaires et collaborateurs constamment connectés et exposés à la réservation en ligne et aux sites comparateurs de prix. Le plan digital d’AccorHotels offre les outils nécessaires pour faire du Groupe un véritable compagnon de voyage, du processus de sélection d’un hôtel avant le voyage, jusqu’à l’après-voyage.

    Lancé dans le domaine digital depuis, AccorHotels offre des expériences uniques dans plus de 4 000 hôtels, ressorts et résidences, mais aussi plus de 2 500 résidences privées d’exception dans le monde entier. Fort de sa double expertise d’investisseur et opérateur, à travers ses divisions HotelInvest et HotelServices, AccorHotels est présent dans 95 pays.

  • Afrique du Sud: le milliardaire Patrice Motsepe se lance dans les banques digitales

    Afrique du Sud: le milliardaire Patrice Motsepe se lance dans les banques digitales

    Avec une fortune estimée à 1,81 milliard de dollars, Patrice Motsepe, le milliardaire sud-africain veut désormais investir dans la banque digitale en Afrique du Sud.

    Après avoir récemment réussi l’introduction en bourse de sa société financière, le milliardaire sud-africain, 16ème au classement 2017 des 25 Africains les plus riches selon magazine Forbes, se lance désormais dans la banque digitale, un nouveau champ d’action pour l’homme d’affaires. Patrice Motsepe vient d’investir à travers sa société financière African Rainbow Capital (ARC) dans la création d’une banque digitale à Johannesburg baptisée TimeDigital.

    Cette société d’investissement cofondée par la première fortune noire en Afrique du Sud a offert 10 % des parts de la fintech TimeDigital avec une option d’extension de son portefeuille de 5 %. Cette opération a permis à l’établissement d’obtenir une licence délivrée par la South african reserve bank, la banque centrale sud-africaine depuis 1999, selon un communiqué de la nouvelle structure transmis à la presse.

    Cette banque digitale propose un package de services complets aux consommateurs de la classe moyenne ainsi qu’aux petites et micro entreprises. Selon le communiqué, elle devrait être opérationnelle à partir du deuxième trimestre 2018. Si TimeDigital n’aura pas de filiale physique, un partenariat décennal avec le géant sud-africain de la distribution, Pick n Pay (PnP), est néanmoins déjà acté pour avoir des points de présence.

    « Promouvoir la technologie servant à fournir un accès aux services financiers est l’une des façons dont nous prévoyons élargir et approfondir l’inclusion financière en Afrique du Sud et dans d’autres marchés », a déclaré le président de l’ARC, Patrice Motsepe.

    « Notre investissement représente un jalon important de nos projets visant à bâtir un puissant groupe de services financiers panafricains », Patrice Motsepe, président de l’ARC.

    Les fondateurs entendent en faire un véritable centre financier avec, entre autres, des formations pour l’éducation financière des jeunes et des femmes entrepreneures à travers tout le pays. L’objectif est de préparer une de ses cibles qui n’est autre que la population active non ou peu bancarisée. Dans son agenda, TimeDigital prévoit le lancement de son premier produit bancaire d’ici mi-2018. Pour l’instant, le montant exact de son investissement n’a pas été révélé. Pour Motsepe, cela représente un pas de plus dans la mise en œuvre de ses ambitions pour le secteur financier africain.

  • Assurance : un terrain fertile en Afrique

    Assurance : un terrain fertile en Afrique

    La plupart des pays africains connaissent un dynamisme économique. Une situation qui permet au marché de l’assurance de se développer sur le continent malgré quelques difficultés.

    En dix ans sur le continent plusieurs pays ont vu leur croissance économique augmentée chaque année. Certains pays de la sous-région ouest-africaine se sont ainsi placés derrière d’autres pays asiatique en terme de croissance économique marquée par différents politiques de développement. Le secteur de l’assurance connaît également un essor. Sur un continent où un Africain dépense en moyenne moins de 70 dollars  par an pour s’assurer, contre 1 000 dollars en Afrique du Sud et plus de 2700 dollars en Europe de l’Ouest.

    Les conditions de vie difficile ne permettent pas toujours aux populations de s’assurer. Pour un expert du domaine, les populations sont par exemple plus préoccupées de trouver un emploi. L’assurance est toujours considérée comme « un truc de riches ». Dans ces conditions, difficile que le secteur des assurances connaisse une croissance rapide. Mais avec l’émergence d’une classe moyenne africaine de plus en plus grandissante, le secteur se développe.

    Présence de régulateurs

    L’émergence des classes moyennes et le développement de nouveaux modes de distribution permettent au secteur de l’assurance de mieux s’implanter dans certains pays en Afrique de l’ouest. Plus encore on assiste dans les pays à des interventions des régulateurs qui permettent de mieux contrôler le secteur. Selon le directeur d’une société ivoirienne d’assurance, le régulateur ne se soucie plus seulement de la solvabilité de la compagnie d’assurance, mais il édicte également des règles de bonne gouvernance.

    Des groupes régionaux d’assurance sont créés et tentent d’occuper un marché encore vaste. Parmi eux, Saham Assurance, Sunu Assurance ou NSIA Assurance. Mais il existe désormais un atout qui permet d’accélerer l’essor du secteur. Il s’agit de la stabilisation politique progressive avec des alternances sans heurts, et aussi le renforcement des dispositions réglementaires sur l’ensemble des marchés africains de l’assurance. A ce jour, des pays comme l’Egypte, la Tunisie, le Maroc, le Kenya ou l’Ethiopie connaissent une assez forte pénétration de l’assurance. En Afrique de l’ouest on peut citer la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal.

  • La BRVM comme baromètre économique de l’UEMOA dès 2020

    La BRVM comme baromètre économique de l’UEMOA dès 2020

    Depuis près de vingt ans, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières occupe une place importante dans les politiques économiques des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
    La création de l’UEMOA en 1998 a été prévue depuis 1973 lors du Traité instituant l’UEMOA. Depuis, l’institution régionale finance les huit pays de l’Union. Membre de l’African Stock Exchanges Association (ASEA), la Bourse compte plus de 70 titres cotés, avec une quarantaine de sociétés et de lignes obligataires. A ce jour, la contribution des marchés de capitaux et leur rôle dans le financement de la croissance de l’Afrique n’est plus à démontrer.
    La BRVM est devenue un instrument majeur de financement de développement pour l’ensemble des pays de l’UEMOA. Depuis sa création, la Bourse a déjà mobilisé plus de 4000 milliards de ressources sous forme d’emprunts obligataires et d’émissions d’actions. Les performances de la BRVM lui ont permis de participer au redressement économique et à la stabilité sociale dans la plupart des pays de l’UEMOA. Ces derniers ont en effet émis sur le marché financier régional, des emprunts obligataires pour financer leurs projets de développement.
    Relever les défis
    Malgré son apport à la croissance économique dans l’UEMOA la BRVM fait encore face à des défis. Il s’agit par exemple du défi de la liquidité et de l’attractivité, l’admission de nouvelles sociétés à sa cote, et mieux promouvoir la culture boursière au sein des pays de l’Union. Pour relever les défis, la BRVM envisage jusqu’en 2020 se positionner comme un véritable baromètre des économies des pays de l’UEMOA.
    La Bourse compte ouvrir un troisième compartiment dédié aux PME et aux entreprises à fort potentiel de croissance, moteurs de la croissance dans les économies. Pour Edoh Kossi AMENOUNVE, directeur général de la BRVM, d’autres actions majeures seront posées. Entre autres, l’admission à la cote de la BRVM de nouvelles sociétés issues des secteurs de la finance, de la distribution, des télécommunications et de l’industrie à travers les privatisations ou la sortie des Fonds de Private Equity. A ces actions s’ajouteront l’intensification de la promotion du marché à travers des sensibilisations et des communications axées sur l’accélération de la diffusion de la culture boursière au sein de l’Union.
  • Tchad: Afreximbank débloque 500 millions USD

    Tchad: Afreximbank débloque 500 millions USD

    Dans le cadre de renforcer ses projets de développement nationaux le Tchad bénéficiera de la part de l’African Export-Import Bank (Afreximbank) d’un appui financier estimé à 500 millions de dollars.

    Le Tchad, au moment où le pays traverse de difficultés financières compte tenu de la chute du prix du baril, va recevoir de la part de l’African Export-Import Bank (Afreximbank), un soutien financier. Cette aide financière de 500 millions de dollars devrait être collectée par l’institution bancaire auprès de différentes sources. Cet appui financier au Tchad fait suite à la récente adhésion du pays à l’Afreximbank, ont indiqué les responsables de la banque. Avec cet appui financier, le Tchad compte relancer ses différents projets de développement. Concrètement, les fonds seront investis par le gouvernement dans plusieurs secteurs.

    Financer les secteurs de développement

    Pour répondre aux exigences du Plan de développement national, les autorités tchadiennes envisagent développer les secteurs du tourisme et de la logistique. Les secteurs de l’agroalimentaire, de l’énergie et de l’industrie devront également bénéficier de cet investissement. Reçu en audience fin septembre à N’djamena par le président Idriss Deby, Dr Benedict Oramah, président de l’Afreximbank, a expliqué qu’un programme sera mis en œuvre pour soutenir la croissance économique au Tchad. Ce programme va surtout permettre au pays de ne pas trop subir les « impacts négatifs des récents chocs économiques ». Afreximbank envisage également soutenir les banques locales, ceci pour « renforcer la finance commerciale ».

    Depuis plus de vingt ans, l’African Export-Import Bank soutient l’activité économique des pays du continent. Basée au Caire, l’institution bancaire s’est aussi donnée pour mission de promouvoir les échanges financiers entre les Etats africains.