Catégorie : Maghreb

  • Forfaits Internet: l’Afrique bat les records [Tendances]

    Forfaits Internet: l’Afrique bat les records [Tendances]

    Plus cher qu’en Asie, aux États-Unis ou en Europe, le prix de l’Internet en Afrique est l’un des plus élevés du monde. Il bat tous les records quand, on essaie de le rapporter au niveau de vie des populations. En Afrique, s’il est vrai que le taux de pénétration de l’internet a décuplé depuis les années 2006, la connexion haute débit reste parmi les plus onéreux au monde. Dans certaines localités du continent, le constat et le contraste sont frappants. Les forfaits mensuels aux connexions dites « haut débit » coûtent plus cher que le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).

    Au Nigeria, par exemple, le coût moyen des forfaits haut débit mensuels de 80 $ est presque le double du salaire minimum national de 50 $ (18 000 nairas), selon les données du tableau des prix compilés par Cable.co.uk. Sur les 36 pays africains analysés, seuls sept pays disposaient de forfaits haut débit mensuels moins chers que 50 dollars. Il s’agit de l’Égypte (12.33 $), la Tunisie (19.69 $), La Réunion (30.37 $), l’Algérie (32.23 $), le Maroc (39,57 $) et La Mayotte (46.08 $).

    Ce tableau des prix a été compilé et analysé par Cable.co.uk en utilisant le coût de plus de 3 000 forfaits haut débit individuels dans le monde, sur une période de huit semaines entre le mois d’août et d’octobre.

    Tendances

    Les pays côtiers bénéficient beaucoup d’une bonne connexion et les données y coûtent moins. Pour preuve, tous les dix premiers pays africains qui ont des hauts débits les moins chers en Afrique sont des pays côtiers. Une explication à cela est que la proximité des stations d’atterrissage par câble reste un obstacle à l’accès à Internet dans la plupart des pays sans littoral. Ainsi, les prix d’accès à Internet connaissent une hausse due aux frais non négligeables d’infrastructures supplémentaires encourus par le fournisseur. Toutefois, même dans les pays côtiers, les zones rurales éloignées de la côte sont souvent confrontées à un problème similaire. Mais le tout ne se limite pas là.

    Comme les coûts, la vitesse d’Internet reste autre un problème inquiétant. Une grande partie du continent connaît encore des vitesses inférieures à la norme minimale mondiale. Alors que la recherche pour la grille de prix se concentre sur le haut débit fixe, les connexions Internet mobiles s’avèrent beaucoup plus populaires en Afrique, en grande partie grâce à l’adoption croissante des smartphones. En réalité, les prix de l’Internet mobile sont en baisse dans certains pays et il n’est pas rare de voir les jeunes exploiter des plans d’internet mobile bon marché en utilisant leurs smartphones comme terminal pour se connecter via des ordinateurs, par des systèmes de partage de connexion.

    Mais pour les grandes organisations, comme les écoles, les entreprises et les organismes gouvernementaux, qui nécessitent plusieurs utilisateurs en ligne instantanément, les plans d’Internet mobile ne peuvent pas servir aussi bien. Ainsi, malgré l’explosion des téléphones intelligents et de l’Internet mobile, dans certains cas, l’Internet à large bande est toujours important pour servir de moyen plus efficace et rentable de se connecter.

  • Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Le Chef d’Etat français, Emmanuel Macron, en tournée africaine, a prononcé un discours devant des étudiants burkinabés ce mardi. De la situation libyenne à aux questions sur l’éducation des jeunes filles, Macron n’a pas oublié l’un des piliers considérés comme fondamental pour le développement de l’Afrique : l’entrepreneuriat.

    C’est face à quelque 800 étudiants burkinabés issus de différentes universités que Emmanuel Macron a prononcé son premier discours à l’endroit des Africains. Pour une allocution de plus de 1 h 40 min, les sujets abordés ont été divers. Si le discours du président français a évidemment été axé sur la jeunesse africaine, principalement celle Burkinabé qu’il a saluée pour ses luttes pour la démocratie, en faisant cas de la révolution de 2014, Emmanuel Macron a aussi parlé de l’entrepreneuriat.

    « Le changement, le renouveau générationnel sur un continent dont 70 % a moins de 30 ans. C’est n’est pas une option, c’est une loi mathématique » a déclamé le jeune Président français.

    « Je serai au côté de ceux qui font le choix de la responsabilité et pas celui du déni » a laissé entendre le président français, et d’ajouter ensuite « partout où j’aurais de tels partenaires, je travaillerai avec eux sans calcul. La France ne se privera pas d’un lien avec la jeunesse. »

    450 millions d’emplois

    En effet, Emmanuel Macron a annoncé, pour dit-il faciliter l’innovation en Afrique, la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour aider le continent à créer 450 millions d’emplois d’ici 2025.

    « Ce fonds que nous allons créer permettra de faire même plus qu’un milliard d’euros, multiplier par dix cet objectif pour avoir une enveloppe qui permettra de financer des projets, des entrepreneurs africains dans les domaines du numérique, de l’agriculture » a principalement exprimé celui qui a eu par après des échanges directs avec les étudiants.

    Mais le Chef d’Etat français qui croit que la croissance du monde se jouera en Afrique ne s’est pas arrêté sur ce volet. Il a également fait d’autres annonces bien accueillies par l’auditoire. Pour le président Macron, la France n’investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement. « Elle n’investira plus pour que des grands groupes participent à des opérations de corruption organisée ». Selon celui, les investissements qui seront désormais faits en Afrique devraient directement bénéficier à la jeunesse.

    Macron a aussi informé d’une saison des cultures africaines en France en 2020 pour, dit-il, aider au parachèvement d’une histoire d’Afrique écrite par les Africains.

    Aussi, a-t-il dit, en vue des Jeux olympiques de 2024 qui se tiendront à Paris, un plan d’envergure européenne sera en mis en œuvre pour permettre « aux sportifs africains de venir s’installer en France et avoir les meilleures installations ». Avant d’ajouter, « j’aimerais que les sportifs africains disposent aussi d’installations durables.

    Toutefois, Macron a aussi émis le vœu de voir les Africains diplômés en France de revenir pour relever les défis du continent. Le président a aussi annoncé des investissements dans le domaine de l’éducation en Afrique, tout comme des bourses d’études qu’il a promises, avec un accent particulier sur les jeunes filles. Une annonce longuement applaudie par les étudiants.

  • Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rêver toute Afrique

    Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rêver toute Afrique

    Face aux coûts élevés des données mobiles, le projet Isizwe met à la disposition des municipalités sud-africaines un réseau de Wi-Fi gratuit.

    En Afrique, le taux de pénétration élevé du mobile se conjugue avec l’élévation des coûts des données dans la plupart des pays. Une situation qui empêche une bonne partie de la population de naviguer convenablement. En réalité la Banque mondiale estime que pour chaque pénétration de 10 % de l’accès à Internet, le PIB d’un pays augmente de 1,28 %.

    Dans certains pays, la téléphonie mobile n’est d’ailleurs pas accessible à une bonne partie de la population. En Afrique du Sud par exemple, l’achat des données mobiles n’est pas toujours chose aisée. Les données sont disponibles à des prix qui vont de 10 centimes à 2 rands. A l’heure où le pays subit encore des transformations numériques avec des services proposés par différentes startups, les populations de certaines régions se voient incapables de payer des données.

    Dans la plupart des cas, certaines régions restent en marge des services disponibles grâce à la connexion mobile. Le projet Isizwe initié par Alan Knott-Craig Jr, ancien PDG de Mxit, veut emmener les États à « considérer le Wi-Fi comme un service de base ». « L’accès à Internet devrait être un service essentiel, comme l’eau ou l’électricité. Et tout comme l’eau et l’électricité, il devrait être accessible à tous, peu importe les circonstances, » sont convaincus les porteurs du projet.

    Il s’agira de mettre à la disposition du continent de l’Internet sous la forme d’un Wi-Fi gratuit. Pour les responsables du projet, c’est un moyen alternatif de connecter les populations à Internet. « Isizwe permet de combler la fracture numérique et donne accès à internet, mais aussi accès à l’information, à l’empowerment, au reste du monde », explique Duduzile Mkhwanazi PDG de Isizwe.

    Un réseau gratuit et rapide

    « Notre rôle est de travailler avec l’État et de l’aider à déployer le Wi-Fi et offrir un accès à internet. Nous aidons notre pays », rappelle Duduzile Mkhwanazi. Isizwe vient combler les efforts du gouvernement sud-africain dans les télécommunications. Le projet est réalisé depuis 2013 dans la ville de Tshwane qui compte plus de 3 millions d’habitants. Plus de 1000 zones WiFi publiques ont été mises en place. Les écoles, les bibliothèques et les parcs ont été couverts par le réseau. Plus de 25 % de la population navigue désormais grâce à une connexion internet gratuite.

    En plus de permettre aux utilisateurs 500 Mo par jour sur Tshwane Free WiFi, Project Isizwe a développé un portail de contenu. Tobetsa est conçu pour donner aux utilisateurs l’accès à du contenu curé non plafonné. Ce contenu est axé sur l’éducation, le développement des compétences et l’emploi, et donne aux communautés locales le pouvoir d’accéder à l’information, à l’éducation et aux emplois en ligne, leur permettant de participer à l’économie comme jamais auparavant.

    Le coût du déploiement de la première phase de Isizwe à Tshwane a été payé par la municipalité. La phase 2 porte sur l’installation, l’exploitation et la maintenance de plus de 200 points d’accès (d’une capacité de 5 000 utilisateurs chacun) pendant trois ans. La municipalité va payer près de 53 millions de rands aux responsables du projet.

    L’avantage du projet et son déploiement réussi à Tshwane ont forcé l’admiration d’autres municipalités qui envisagent offrir les réseaux de Wi-Fi gratuit à leurs populations. Pour l’heure le projet n’est réalisé qu’en Afrique du Sud. D’autres pays anglophones de l’Afrique australe devraient tout de même en bénéficier. Viendra ensuite le tour d’autres municipalités africaines sur le continent.

     

  • Où sont passés Eto’o, Drogba, Kanouté, Essien et les autres ?

    Où sont passés Eto’o, Drogba, Kanouté, Essien et les autres ?

    Ils font partie des meilleurs de leur génération et ont marqué de leur empreinte l’histoire du football africain.

    Avec de carrières brillantes, ces talents africains n’évoluent plus dans les cinq majeurs européens et sont moins présents dans l’actualité sportive. D’autres parmi eux ont raccroché les crampons et se donnent à d’autres activités. Afrotribune vous donne des nouvelles de ces anciens internationaux du continent.

     Frederic Omar Kanouté

    Image result for frederic kanouté

    Depuis qu’il s’est retiré, l’ancien joueur de FC Séville envisage une reconversion en tant qu’entraîneur. En 2015, l’équipe jeune de FC Séville lui a été confiée. Il a d’ailleurs bouclé sa formation de Licence A. Le Ballon d’or africain 2007 est pressenti comme futur sélectionneur des Aigles du Mali. Selon les informations il devrait succéder à Alain Giresse qui a démissionné en février dernier.

    El Hadji Diouf

    Image result for El Hadji Diouf

    Il y a quinze ans, El Hadji Diouf illuminait de tout son talent la participation du Sénégal à la coupe du monde 2002. L’ancien joueur des Reds a depuis quitté les terrains. Celui qui a été deux fois ballon d’or africain et finaliste de la CAN 2002 profite de sa retraite à Dakar. Selon les informations, El Hadji Diouf est conseiller sportif du président Macky Sall et ambassadeur de bonne volonté du gouvernement sénégalais.

    Didier Drogba

    Image result for Didier DrogbaA 39 ans, celui qui a l’un des palmarès les plus attrayants joue désormais en deuxième division américaine. Didier Drogba, troisième meilleur buteur mondial de la décennie entre 2001-2010 (83 buts) est actuellement en contrat avec le club Phoenix dont il est copropriétaire. L’ancien joueur de Chelsea a indiqué il y a quelques semaines mettre un terme à sa carrière l’année prochaine. Drogba envisage se consacrer à ses multiples projets, notamment l’acquisition d’une franchise en MLS, la ligue américaine de football à l’horizon 2020. L’ancien joueur marseillais devrait également lancer sa marque de chaussure dénommée « JAD ». En novembre, Didier Drogba a fait partie des joueurs africains qui ont condamné « l’esclavage en Libye ».

    Samuel Eto’o

    Related image

    Quadruple ballon d’or africain, l’attaquant camerounais est le meilleur buteur de l’histoire de la coupe d’Afrique des nations. Samuel Eto’o qui a déjà évolué dans de nombreux grands clubs européens, notamment au FC Barcelone n’a pas encore arrêté sa carrière malgré son âge avancé (36 ans). L’ancien barcelonais évolue désormais en Turquie avec le club d’Antalyaspor. Souvent intéressé par les questions qui touchent au développement du continent, Samuel Eto’o s’était également indigné contre la vente de migrants africains en Libye.

    Michael Essien

    Image result for Michael Essien

    L’ancien Black star continue de jouer loin de l’Europe où il a évolué dans des grands clubs comme Chelsea, le Real Madrid ou le Milan AC. A 34 ans, Michaël Essien, celui qui a été élu dans le onze type de la CAN 2008 évolue désormais au Persib Bandung, un club de première division indonésienne.

    Mido

    Image result for Mido

    C’est sans doute l’un des meilleurs talents de sa génération. Malgré son énorme potentiel, Mido n’a jamais réussi à confirmer durant sa carrière tout le bien qu’on pensait de lui. Sulfureux, l’Égyptien a évolué dans plusieurs clubs européens où il n’a pas fait fortes impressions. Désormais en retraite, l’ancien joueur de Marseille et de Tottenham intervient en tant que consultant sur certaines chaînes de son pays. Mido est surtout entraîneur du club Wadi Degla.

    Seydou Keita

    Related image

    Ancien capitaine emblématique des Aigles du Mali, Seydou Keita est le joueur le plus titré de l’histoire du football malien. Mais depuis quelques années, le milieu de terrain n’est plus visible sur les terrains européens. L’ancien joueur du FC Barcelone évolue désormais à El Jaish SC au Qatar et se dirige progressivement vers la fin de sa carrière.

    Mohamed Aboutrika

    Image result for Mohamed Aboutrika

    Mohamed Aboutrika est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du football africain. L’Égyptien a dans sa carrière, remporté Coupes d’Afrique des nations (CAN) d’affilée. Il a également gagné cinq Ligues des champions et quatre super coupes d’Afrique. L’attaquant a également été sacré sept fois champion de son pays avec le Al Ahly. Celui qui a pris sa retraite internationale depuis 2013 reviendra-t-il en sélection ? La qualification de l’Égypte à la prochaine coupe du monde a fait naître dans le public sportif l’envie de « revoir Aboutrika reporter le maillot national ».

     

     

  • Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Bolloré, le groupe français dirigé par Vincent Bolloré entend poursuivre sa conquête du continent africain. Le groupe veut créer au moins 50 salles de spectacles sur le continent, déployer la fibre optique et poursuivre son implantation dans le vaste marché de la TNT. Grâce à ses diverses activités en Afrique, le groupe français affiche un chiffre d’affaires en hausse de 5 % au troisième trimestre 2017.

    A périmètre et taux de change constants, le chiffre d’affaires du groupe Bolloré (transport, logistique, médias, stockage d’électricité) progresse de 4,9 %, selon un communiqué diffusé jeudi soir. Cette évolution, le Groupe français la justifie par les résultats satisfaisants enregistrés dans divers domaines d’activités dans lesquels il intervient. Il s’agit principalement de la croissance de 10 % de l’activité transport et logistique qui bénéficie de la hausse des taux de fret et des volumes, et des bonnes performances des terminaux portuaires notamment en Afrique. A cela s’ajoute la progression de 10 % de l’activité logistique pétrolière consécutive à l’augmentation des prix des produits pétroliers, ainsi que la progression des activités communication (+2 %) et la hausse du stockage d’électricité et solutions (+2 %)

    En Afrique où le groupe français n’est plus à présenter, Bolloré affiche une santé de fer. Son PDG, Vincent Bolloré veut surfer sur la vague numérique qui inonde le continent africain. Depuis plusieurs mois, Vivendi et Canal+ multiplient les projets à destination d’une classe moyenne grandissante et de plus en plus connectée en Afrique, où la révolution numérique est constamment prometteuse. Cette forme du groupe français semble imputable à l’intégration de Vivendi dans ses comptes, et la stabilisation de l’activité de Canal+, qui était en recul l’an dernier.

    Dans cette « réforme » du groupe qui vise à conquérir le territoire africain de plus en plus démographiquement grand, la télévision payante. Depuis 2016, la chaîne cryptée propose des offres disponibles sur la télévision numérique terrestre (TNT) dans certains pays comme la République démocratique du Congo (Kinshasa et Lubumbashi) et au Congo Brazzaville (Pointe-Noire). Et en 2017, Canal+ vise la Côte d’Ivoire. « La TNT nous permet d’aller chercher des clients moins fortunés avec des tarifs d’abonnement de 4.000 francs CFA (environ 6 euros) pour 30 chaînes, précise David Mignot, le Directeur général de Canal+ Afrique. C’est une technologie de transition en attendant l’essor de l’ADSL, la fibre optique, la 4G et la 5G ». Et Canal+ compte bien accélérer cette transition.

    3 millions d’abonnés

    Autre projet impulsé depuis la reprise en main de Vincent Bolloré : la construction de 50 à 100 salles de cinéma et de spectacles en Afrique subsaharienne dans les prochaines années. La première a ouvert ses portes en juin 2016 à Yaoundé (Cameroun), s’en est suivies d’autres dans certaines capitales comme la salle de Lomé inaugurée octobre 2017. Accra (Ghana) et surtout Lagos (Nigeria), la plus grande ville du continent avec ses 22 millions d’habitants, sont dans la mire. Ce projet baptisé Canal Olympia est dédié à la projection de films, mais aussi à l’organisation de concerts d’artistes africains et étrangers, ainsi qu’à l’accueil de stand-up d’humoristes. « Chaque salle doit permettre de détecter des talents locaux, de les faire connaître et valoriser ainsi la culture africaine » selon David Mignot.

    Canal+, qui a aussi lancé en octobre 2014 la chaîne de divertissement 100 % africaine, A+, a fait depuis 2011 du continent un axe majeur de son développement à l’international. La branche du groupe en charge de l’Afrique est ainsi passée en six ans de 300 à environ 1.500 salariés. En 2011, le média avait 400.000 abonnés en Afrique, précise David Mignot. Aujourd’hui il ne compte pas moins de 2,5 millions d’abonnés actifs.

    Un succès qui s’explique notamment par la multiplication des offres proposées par Canal+. La chaîne a par exemple signé des accords de diffusion avec Walt Disney et la Fédération ivoirienne de football. Depuis, Canal+ dispose presque saine en Afrique. Des émissions dédiées au continent, à l’instar de The Voice, l’Afrique a un incroyable talent font les choux gras du groupe de médias.

    En position d’attaque

    Lorsque Vincent Bolloré reprend en main la chaîne en 2015, il demande à ses équipes de favoriser les synergies entre Vivendi et Canal+. L’un de ces rapprochements vise à construire un réseau de fibres optiques en Afrique subsaharienne. L’idée est de déployer la fibre en aérien, le long des poteaux électriques.

    Une technique jugée moins coûteuse que le creusement de tranchées pour enfouir la fibre dans le sol. L’industriel breton s’appuie notamment sur le succès de GVT, l’ex-filiale de Vivendi revendue à prix d’or au groupe espagnol Telefonica (7,5 milliards d’euros) en 2015 et connu pour avoir bâti un réseau haut débit de qualité au Brésil.

    L’empire Bolloré en Afrique

    Vincent Bolloré a développé son empire comme personne d’autre. Françafrique, influence politique, propagande, censure, tout y passe. En Afrique et en France, l’influence du milliardaire est connue. Bolloré Africa Logistics est incontournable sur le continent. Il est présent dans une quarantaine de pays africains.

    Il contrôle la manutention, seul ou en partenariat avec d’autres sociétés, de 14 ports en Afrique ainsi que 23 ports secs. Parfois, Bolloré Africa Logistics contrôle également le réseau ferroviaire et routier. Dans certaines régions d’Afrique, on peut même parler d’omniprésence de Bolloré qui jouit par exemple d’un quasi-monopole sur les ports du golfe de Guinée.

    En 2016, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption avaient soupçonné le groupe Bolloré d’avoir utilisé Havas, son bras publicitaire, pour obtenir des concessions. Deux ports avaient été pointés du doigt : Conakry et Lomé. En Guinée, Havas s’est occupée en 2010 de la campagne électorale d’Alpha Condé. En 2011, le président fraîchement élu débarquait Getma, la compagnie qui gérait le port depuis 2008 pour confier la concession à Bolloré.

    Même scénario au Togo. En 2010, le groupe Bolloré obtient la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour 35 ans. La même année, Faure Gnassingbé, conseillé par Havas, était réélu.

    Bolloré est présent en Afrique dans les activités logistiques depuis les années 1980. Mais c’est dans les années 1990, quand la Banque mondiale et le FMI incitent les pays africains à privatiser les concessions portuaires, qu’il se taille la part du lion.

    Entre-temps, le groupe Bolloré a diversifié ses activités sur le continent. Outre le rail, Bolloré assure aussi la logistique pour des groupes pétroliers comme Total en Angola. Le groupe possède également des plantations d’hévéa et de palmiers à huile, à travers sa filiale Socfin présente au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Libéria ou encore en RDC.

    Le secret de la réussite du groupe, selon Olivier de Noray, directeur des ports et terminaux chez Bolloré Africa Logistics : une stratégie entièrement centrée sur l’Afrique.

     

     

     

     

  • Énergie éolienne: point sur les grands chantiers chinois en Afrique

    Énergie éolienne: point sur les grands chantiers chinois en Afrique

    En Afrique où les pays essaient de jouer leur partition face aux défis du changement climatique, les entreprises chinoises ont une position privilégiée en ce qui concerne les contrats en matière d’énergies.

    Autrefois considérées comme un luxe, la Chine a rendu abordable dans le monde les énergies éoliennes. Sur le continent africain, le pays investi une grande fortune pour fructifier cette technologie.

    En Afrique, les problèmes liés à l’électricité sont devenus des casse-têtes ces dernières années. Selon le PNUE, Programme des Nations unies pour l’environnement, l’Afrique est l’un des marchés les plus prometteurs pour les énergies renouvelables au cours des 10 à 20 prochaines années.

    Raisons évoquées : ses ressources potentielles abondantes en termes d’ensoleillement, d’énergie géothermique, de vent, etc. En 2015 par exemple, l’Afrique de l’Est était la zone de toutes les convoitises. Le Kenya avait attiré des investissements de 316 millions de dollars, l’Ouganda de 134 millions de dollars et l’Éthiopie n’avait pas moins de 100 millions de dollars.

    Sur le continent, nombre d’experts pensent que les pays doivent développer des politiques fortes permettant d’adopter l’énergie solaire. Un fait qui n’échappe pas à la Chine qui compte étendre son hégémonie sur le continent africain.

    En effet, depuis 2014, année où les capitaux engagés dans les énergies vertes ont augmenté de 16 % après deux années de baisse, la Chine s’est perchée en position du pionnier, en dépassant principalement les États-Unis. Poursuivant ses objectifs visant à se libérer d’une dépendance du charbon, l’empire du Milieu a consacré 89,5 milliards de dollars l’an dernier aux énergies vertes, enregistrant ainsi une hausse spectaculaire de 32 % sur un an. Et l’Afrique en a également bénéficié.

    Aujourd’hui, cinq des six plus grandes entreprises de fabrication de modules solaires à travers le monde sont chinoises. Ces entreprises ont de manière significative commencé par s’intéresser à l’Afrique, surtout sub-subsaharienne en 2012 via l’Afrique du Sud où JinkoSolar a investi dans une usine photovoltaïque d’une capacité annuelle de 120 MW.

    Depuis, les projets de ce genre sont légion dans ce pays ; en 2016, notamment en Afrique du Sud avec la centrale solaire de 150 MW réalisée par GCL-Poly, ou encore le projet de centrale solaire au Northern Cape remporté par JA Solar, ou celui annoncé au Sénégal en novembre dernier pour CGN, la Chine se prépare activement à renforcer sa présence dans le domaine de l’énergie en Afrique en particulier.

    En effet, ce 17 novembre encore, le projet d’énergie éolienne Longyuan Mulilo De Aar, centrale éolienne d’Afrique à investissements chinois ayant bénéficié d’un financement total de 2,5 milliards de Yuans (377 millions de dollars) a été mis en service. Construit par Longyuan South Africa, une entreprise dépendant de China Guodian Cooperation (CGC), ce projet en cours d’exécution prévoit construire une centrale en deux phases dans la région de Northern Cape, en Afrique du Sud.

    Cette nouvelle centrale aura une capacité installée totale de 244,5 MW. Selon Zhang Guohou, vice-président exécutif de la CGC, le projet permettra, tout en économisant 215 800 tonnes de charbon standard et en réduisant la quantité de dioxyde de carbone de 619 900 tonnes, de générer chaque année 644 millions de kWh d’énergie verte pour l’Afrique du Sud. Il devrait répondre à la demande d’électricité de 85 000 ménages de la région.

    L’Afrique, une terre fertile à la Chine

    S’il est vrai que le continent est absent des 5 premières destinations des investissements chinois à l’étranger dans le domaine des énergies renouvelables entre 2002 et 2015, l’Afrique devient de plus en plus présente à partir des années 2010 ; une période qui a coïncidé avec la multiplication des plans nationaux d’énergie renouvelable dans nombre de pays. Selon le dernier rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 13 milliards de dollars de contrats ont été réalisés en Afrique l’année dernière et les entreprises chinoises construisent actuellement 30 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne, soit plus de deux cents projets entre 2010 et 2020.

    Les deux tiers de ces investissements sont dirigés vers le sud et l’est de l’Afrique, contre 26 % pour l’Afrique de l’Ouest et seulement 8 % pour l’Afrique centrale. Pour résumer, David Bénazéraf, responsable du programme Chine à l’IEA et auteur dudit rapport a déclaré qu’un mégawatt sur deux est chinois. « Si on met à part les investissements réalisés en Afrique du Sud, c’est même 46 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne qui sont construites par des entreprises chinoises avec une large place faite aux barrages », a-t-il ajouté.

    En effet, avec près de 90 milliards de dollars consacrés aux énergies renouvelables chaque année depuis 2014, la Chine domine le classement des plus gros investisseurs dans les filières renouvelables, et dirige une large part de ses fonds vers les pays africains. La majorité des projets en cours sont prévus pour alimenter le réseau électrique national. La Chine joue donc également un rôle important dans l’électrification des pays africains. Selon les statistiques, près de 635 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Avec ces projets réalisés par la Chine, ce sont 120 millions de personnes qui auront accès à l’énergie, selon les chiffres avancés par les responsables chinois.

    Aussi, depuis que le pays le plus peuplé au monde a débarqué en Afrique, près de 60 % de ses projets chinois sont financés par l’Exim bank of China. La banque chinoise apporte des prêts bonifiés et confessionnels et propose des offres intégrées avantageuses pour des pays en manque cruel de liquidités. Conséquence, les groupes publics chinois sont plus attrayants et remportent de nombreux contrats sur le continent.

    Cependant, la Chine n’est pas la seule puissance à investir en Afrique. D’autres pays comme la France, l’Italie ou la Suisse sont également présents, mais peinent à concurrencer la puissance asiatique, en raison de la taille des financements des entreprises chinoises dans des infrastructures hydrauliques généralement très onéreuses.

     

  • Hervé Renard, cet apprenti qui a volé les amulettes de Claude Le Roy

    Hervé Renard, cet apprenti qui a volé les amulettes de Claude Le Roy

    Quand en ce samedi 11 novembre 2017, Hervé Renard qualifiait le Maroc pour la coupe du monde Russie 2018, il réalisait un exploit que bon nombre d’autres sélectionneurs n’ont pas pu faire en Afrique.

    « Personnellement j’aimerais affronter la France. J’aimerais être dans le groupe de la France ». C’est en ces mots que Hervé Renard s’enflait, quand il a réussi ce que beaucoup appellent par une grande victoire en battant les Éléphants de la Côte d’Ivoire chez elle par 2 buts à 0. Le lendemain, Claude Le Roy a dû se fier à son chapelet pour une mission qu’on voit au Togo, comme suicidaire : battre les Dodos de l’Ile Maurice, 158e du classement mondial de la FIFA. S’il est vrai que le match était sans enjeu, à plus forte raison avec une formation au demeurant docile, Claude, Le Roy avait un défi, et nombre de Togolais l’attendaient à ce tournant.

    Hervé Renard, le nouveau sorcier

    Depuis que Hervé Renard s’est séparé de son mentor, celui semble chiper à son père spirituel, celui qui était toujours considéré comme le « sorcier blanc », ses meilleurs gris-gris.

    Dans la presse marocaine au lendemain de la qualification du Maroc, les mots pour affubler le renard du football africain ne sont pas rares. « Génie », « sorcier », « l’imbattable », « magicien »… Dans le royaume chérifien, il est adulé. Et si nul ne sait les mots que le roi Mohammed lui a glissés au téléphone à quelques minutes après le coup de sifflet final du match contre la Côte d’Ivoire, on sait au Maroc, combien le roi tient à cette participation du Maroc à la coupe du monde, et pourquoi il compte sur Hervé Renard.

    Mais il faut se le rappeler : Hervé Renard mettant tout un pays africain en liesse est une situation qui revient à intervalles réguliers. Depuis qu’il s’est senti prêt à poursuivre son chemin en quittant Claude Le Roy, chaque aventure de cet entraîneur à la tête d’une équipe de ce continent semble être jalonnée de succès. Hervé Renard en Zambie : la sélection nationale gagne la CAN en 2012 pour la première fois de son histoire. Hervé Renard en Côte d’Ivoire : l’une des meilleures générations des Éléphants, jusque-là en disette, remporte enfin ce même titre continental en 2015 avec lui sur le banc. Deux exploits le conduisant à être le seul coach à avoir brandi le trophée avec deux nations différentes. Hervé Renard a bâti en l’Afrique, un vrai empire et y installe une suprématie sans concurrence. L’homme tisse au fil des temps les cordes qui le mènent vers son propre succès. Tout ce qu’il touche devient de l’or.

    Après un passage non réussi en Ligue 1 français en tentant sa chance avec Lille, les défaites cumulées au bout d’une dizaine de journées de la saison 2015-2016 lui a valu un licenciement. On pouvait alors penser que le cercle vertueux Hervé Renard allait se rompre, que l’intéressé retomberait un peu de son piédestal pour rejoindre la grande famille des entraîneurs oubliés après une entame de carrière tonitruante. Il a plutôt préféré sortir un troisième album — Hervé Renard au Maroc — dans lequel les Lions de l’Atlas se qualifient pour la Coupe du monde, une première depuis 1998, en s’extirpant d’un groupe composé du Mali et de la Côte d’Ivoire.

    Pendant ce temps, rongé par l’âge et confronté à un cas particulier comme celui du Togo, Claude le Roy continu, l’air parfois indifférent, d’essuyer des critiques et des remontrances des Togolais. Lui prophète ou sorcier ailleurs, comptabilise un bilan médiocre depuis sa venue au Togo sur invitation personnelle du président togolais en avril 2016.

    Au point où le Mouvement Martin Luther King commence par réclamer sa tête, au regard du salaire spécial qu’on lui fait, forte d’une bagatelle de 25 millions de FCFA, meilleure offre dont on peut rêver en tant que sélectionneur du Togo. Toutefois, il faut aussi souligner qu’à la tête de la sélection togolaise, Le Roy n’a pas encore échoué. La mission qui lui avait été confiée quand il arrivait au Togo est de faire participer le pays à la CAN 2019. Sur ce terrain, l’homme a devant lui des occasions pour se racheter.

    Mais comparé à Renard, le Roy, recordman de participation à la Coupe d’Afrique des nations (9 participations au total), c’est seulement une fois champion d’Afrique en 1988, avec le Cameroun après trois décennies passées à fureter le continent. Le Sénégal, la République Démocratique du Congo, le Ghana et le Congo Brazzaville ont tous profité de l’âge de 68 ans du sorcier blanc. Renard, c’est en 2008 qu’il s’est séparé de son mentor. Lorsque Le Roy entraînait 2008 les Black Stars du Ghana et était médaillé de bronze en Afrique, son assistant Renard était encore inconnu.

    Secret de parrain

    Le Roy peut envier à Renard ce qu’il n’a jamais pu réussir sur le continent africain.

    Dans le magazine So Foot, Claude Le Roy, l’homme qui a lancé Renard dans le métier en le prenant comme adjoint au début des années 2000 disait : « Lorsque j’ai emmené Hervé avec moi à Shanghai en 2001, alors que je recherchais un staff, je lui ai dit que l’une des conditions à la réussite du job d’entraîneur en Asie ou en Afrique n’avait rien à voir avec le foot de chez nous. Si vous n’êtes pas au fait de la culture locale, de la géopolitique, de l’histoire ou que vous ne maîtrisez pas leur langue, ça ne le fera pas. Il ne suffit pas d’être bon sur le terrain. Si vous allez au Congo et que vous ne connaissez rien de Patrice Lumumba ou de la sécession du Katanga, si vous allez au Cameroun et êtes étrangers à l’UPC ou aux pluies acides de l’armée française durant la quête de l’indépendance, si vous allez à Shanghai et n’êtes pas au fait des relations sino-japonaises, vous n’y arriverez pas. » Le conseil semble être écouté.

    Âgée aujourd’hui de 49 ans, la méthode Hervé Renard semble marcher quasiment à chaque fois sur le sol africain, mais ne présente rien de surnaturel. Il use des recettes communes, presque standards : jeu défensif, construction d’un esprit commando pour juguler la pression, et beaucoup de pragmatisme. Hervé Renard n’a rien de dogmatique. Ses idées tactiques ne révolutionneront pas le football. Il n’a pas à réinventer le foot, et il le sait.

    Mais l’Afrique paraît privilégier les pragmatiques, ceux qui font passer les contextes avant leurs idées. Pour vaincre la Côte d’Ivoire samedi soir sur son propre terrain à Abidjan, il a fallu prendre la dimension du côté traquenard de ce match. Il ne s’agissait pas d’une partie d’échecs cérébrale contre son homologue Marc Wilmots. Il a fallu mobiliser ses troupes pour un combat où chaque duel sur le terrain se devait d’être gagné par les joueurs marocains pour assurer le triomphe final. Avec les Lions de l’Atlas, Hervé Renard a des limites tactiques. Le Maroc n’est pas aussi garni que la Côte d’Ivoire qu’il a eu à coacher juste quelque année en arrière. Avec le Maroc, Renard a eu l’intelligence de miser sur la motivation de ses hommes. Si son équipe n’a encaissé aucun but lors de ces éliminatoires, ce n’est pas un hasard : l’abnégation défensive, au détriment de la technique, est l’une des clefs de voûte de la méthode Renard.

    Ce pragmatisme, c’est ce qui achève de convaincre que Hervé Renard a beau faire des miracles en Afrique, la coupe du monde reste un défi hors de portée des gris-gris. Renard n’attend pas aujourd’hui remporter une coupe du monde pour prouver son hégémonie, même si l’homme est constamment attiré par des défis à la limite fous. C’est clair, le Maroc à la coupe du monde, ce sera une mission suicide.

    Du reste, Renard est conscient qu’il a dépourvu son mentor de son auréole de sorcier en seulement moins d’une décennie. Mais il ne tarit pas d’éloges envers celui-ci : « Il m’a tellement donné dans ma vie. Pas seulement sur le football, mais aussi sur la façon d’évoluer en tant qu’homme », a déclaré Renard quand il se préparait à défier pour la première fois son maître en phase de groupe à la CAN 2017. Le Roy a été aussi tout à fait élogieux à propos de l’homme qu’il a encadré et qui est devenu l’autocar le plus recherché en Afrique, son filleul. « Herve sait diriger un groupe et aime ses joueurs », a-t-il déclaré, sans humeur. Pour ce match-là, Renard s’était sans surprise imposé. Le Maroc a battu le Togo 3-1. Une ultime preuve qui avait déjà achevé de convaincre que Renard a volé les amulettes du Roy. Cela va de soi.

  • L’Afrique veut se défaire du joug de l’importation du riz

    L’Afrique veut se défaire du joug de l’importation du riz

    L’Afrique continue d’importer du riz malgré la forte production sur le continent. Une situation qui oblige les États à améliorer la promotion des riz locaux.

    L’Afrique se positionne à ce jour comme un grand producteur du riz. Sur les 600 millions de tonnes de riz décortiqué durant l’année, la FAO a indiqué que la part de l’Afrique est importante. En Afrique de l’Ouest, les pays producteurs ont vu leurs récoltes augmentées de 6 %. Il faut dire que les plus importants producteurs du riz en Afrique se situent en Afrique de l’Ouest. Près de 11 millions de tonnes de riz y sont produites ; ce qui représente la moitié de la production du continent.

    L’augmentation de la production est la conséquence d’une politique de développement du secteur rizicole mise en place par la plupart des États. Elle permet au pays « d’éviter une dépendance à l’égard du marché international », soutient un ingénieur agronome, enseignant chercheur ivoirien. Ce dernier explique que les Etats créent de plus en plus les conditions nécessaires pour une économie agricole. « Il y a un marché prêt à consommer du local. Les Etats ne doutent plus », justifie-t-il. Les pays producteurs ont surtout augmenté leur investissement. Au Togo où la production a atteint près de 800 000 tonnes, des soutiens sont apportés aux producteurs locaux. C’est également le cas en Côte d’Ivoire et au Sénégal où les autorités subventionnent les semences et offrent des engrais et des machines aux producteurs.

    Des conditions favorables

    Mais au Nigéria les producteurs bénéficient d’un appui plus conséquent. Le pays a presque augmenté de 10 % sa production en 2016. Plus de trois millions de tonnes de riz ont été décortiqués cette année dans ce pays où les surfaces de production ont augmenté. D’autres pays comme la Guinée et le Ghana connaissent la même situation. Leur production est estimée à près de deux millions de tonnes. Pourtant, les décisions politiques et les réformes économiques ne semblent pas être les seuls avantages du secteur. Selon un fonctionnaire de la FAO, l’Afrique de l’Ouest bénéficie également depuis quelques années de bonnes conditions climatiques. « Les insuffisances techniques sont parfois compensées par une bonne pluviométrie », rappelle l’expert onusien.

    Les producteurs sont confrontés aux difficultés des marchés nationaux. « Le riz local est souvent délaissé au profit de l’extérieur », regrette un commerçant sénégalais. Cette situation entraîne la baisse de production dans les régions de quelques pays. Les États se voient ainsi obliger d’importer des millions de tonnes de riz. L’importation du riz par l’Afrique est considérable. La FAO a déjà annoncé que cela devrait encore être le cas en 2018. Le Nigéria devrait aussi rester deuxième importateur mondial de riz malgré son important volume de production. Toutefois, certains pays commencent par envisager une diminution de l’importation des grains blancs. Le Sénégal a commencé par demander aux entreprises qui importateurs de payer aussi un volume du riz local.

    Promouvoir le riz local

    C’est désormais sur une valorisation de la production locale que les pays misent. Les riz locaux sont de qualité et il est important que chaque État renforce leur promotion auprès de la population. Après, c’est à l’aspect prix que les décideurs politiques comptent s’attaquer. « C’est le nœud du problème, soulève-t-on au ministère togolais de l’Agriculture. Comment convaincre les populations d’acheter du local même si c’est plus cher que ce qui vient de l’Asie ». Un agent de l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) affirme qu’il est nécessaire de faire comprendre aux populations qu’elles peuvent faire confiance à ce qui est produit au plan local.

  • L’Afrique et ses chances pour remporter le mondial 2018

    L’Afrique et ses chances pour remporter le mondial 2018

    Dans quelques mois le continent africain sera représenté par cinq équipes à la coupe du monde. Avec des parcours différents durant les éliminatoires, les cinq qualifiés ont tous terminé premier de leur poule respective. Parmi elles, seul le Nigéria était présent à la dernière coupe du monde au Brésil. Le Sénégal, l’autre représentant de l’Afrique de l’Ouest, est de nouveau au mondial après son parcours exceptionnel en 2002. Les trois autres pays viennent du Maghreb. Le Maroc, l’Égypte et la Tunisie ne seront tout de même pas à leur première participation.

    Le Nigeria reconstruit

    Les Super Eagles se sont reconstruits. Champions d’Afrique en 2013 avec le regretté Stephan Keshi, les Nigérians ont traversé de longs mois de léthargie avec des absences aux deux dernières éditions de la CAN. Mais ils ont disputé les éliminatoires de la coupe du monde avec beaucoup de maîtrise. C’est une équipe réorganisée avec des joueurs plein de talents couvés par l’expérimenté capitaine Mikel Obi. A la coupe du monde, le sélectionneur Gernot Rohr pourra compter sur d’autres joueurs comme Victor Moses de Chelsea ou le Gunner Iwobi. Présent en 2014 au Brésil, le Nigéria avait été éliminé en huitième de finale par la France.

    Le Sénégal attendu

    C’est une équipe talentueuse. Dynamique avec beaucoup d’individualités, l’équipe sénégalaise est pressentie depuis deux ans comme l’un des effectifs qui doivent jouer les premiers rôles sur le continent. Éliminé de façon inattendue à la dernière CAN, le Sénégal a moyennement négocié ses matches des éliminatoires de la coupe du monde. Le match rejoué contre l’Afrique du Sud a néanmoins permis à Aliou Cissé et son groupe d’assurer leur qualification. Reste maintenant à savoir si Sadio Mané et ses coéquipiers feront mieux que la génération 2002.

    Le solide Maroc

    Les poulains de Hervé Renard ont réussi un parcours impressionnant. C’est la meilleure défense des éliminatoires. Le Maroc n’a encaissé aucun but en six matches. Plus que tout, c’est un collectif qui sait faire déjouer ses adversaires. L’équipe est surtout composée de joueurs talentueux à l’instar de Youssef Belhanda, Sofiane Bouffal ou encore Hakim Ziyech. Vingt ans après leur dernière participation, les lions de l’Atlas retrouvent à nouveau la coupe du monde. En Russie, les coéquipiers de Medhi Benatia tenteront de faire mieux que la génération Naybet, Hadji, Bassir qui avait manqué de peu pour sortir de leur poule en 1998.

    La Tunisie combative

    Les Aigles de Carthage ont mis fin au rêve des Léopards de la RDC avec lesquels ils étaient dans le même groupe. La Tunisie est même à ce jour une des équipes les plus solides du continent. Le match renversant qu’elle a réalisé à Kinshasa alors qu’elle était menée 2-0 l’a prouvé. La combativité de la Tunisie emmenée par des joueurs remuants comme Msakni constitue un atout. Et peut-être que les Aigles feront en Russie un meilleur parcours que celui de leur dernière participation en 2006.

    L’Égypte organisée

    L’Égypte a souvent enchaîné de bonnes performances sur le continent en remportant plusieurs CAN mais a toujours manqué les occasions d’être à la messe mondiale du football. Logée durant les éliminatoires dans une poule avec le Ghana, l’Ouganda et le Congo, elle a su tirer son épingle du jeu, voyageant bien et négociant avec maîtrise ses rencontres à domicile. Le septuple champion d’Afrique a cette fois-ci obtenu son ticket pour Russie 2018. En 1990, lorsqu’ils participaient à leur deuxième coupe du monde, les Pharaons avaient tenu en échec les Pays-Bas, champion d’Europe 1988, réussissent aussi un nul contre l’Eire mais se sont fait battre 1-0 par l’Angleterre. Dans quelques mois l’Égypte va tenter de faire bonne figure en Russie. Et elle peut compter sur Mohamed Sallah un de ses meilleurs éléments. Le joueur de Liverpool a d’ailleurs fini meilleur buteur des éliminatoires.

     

  • Afrique: voici les villes où prospèrent mieux les multimillionnaires

    Afrique: voici les villes où prospèrent mieux les multimillionnaires

    L’Afrique s’est montrée ces dernières années ouverte aux grands projets économiques, et favorable à l’épanouissement du secteur privé. Cet état de fait a conduit à l’émergence d’un grand nombre de millionnaires dans les principales métropoles africaines.

    Selon le magazine Forbes qui a établi ce classement, l’environnement favorable aux affaires a été très bénéfique au secteur privé. Certes, les réussites ne sauraient se résumer à des facteurs externes. Toutefois, dans la grande majorité des cas, ces millionnaires apparaissent d’abord comme les bénéficiaires d’un cadre propice à la création d’entreprises et à l’investissement : un écosystème pour startups solide, un vaste marché de consommateurs, la présence de multinationales, la stabilité politique ou la capacité des tribunaux à trancher rapidement des litiges commerciaux, relève le magazine.

    Parmi ces espaces favorables aux grands patrimoines africains, huit villes du continent se détachent par le nombre de High Net Worth Individuals (HNWI) qu’elles abritent. Pour rappel, dans le jargon financier, les HNWI correspondent aux personnes disposant d’actifs équivalant à au moins 1 million de dollars US, sans compter leur résidence principale et les biens de consommation. Florilège.

    Nairobi

    En l’an 2016, d’après l’African Wealth Report (AWR), on dénombrait 5,771 HNWI dans la capitale kényane. Depuis un moment, Nairobi est devenue la capitale de rêve des grands investisseurs. Doté d’infrastructures de classe mondiale pour le tourisme d’affaires, Nairobi attire les talents de tous horizons et sert de quartier général aux grands noms du web et de l’informatique tels que Microsoft, IBM ou Google pour leurs opérations en Afrique de l’Est. La ville s’affirme du reste comme un hub numérique bouillonnant, au point que l’écosystème technologique kenyan est surnommé la « Silicon Savannah ».

    Casablanca

    La capitale du Maroc, une ville au sein de laquelle une grande partie des près de 5000 millionnaires en dollars du royaume chérifien seraient concentrés. La proximité géographique de la métropole avec l’Europe constitue sans conteste un atout, qui permet aux entrepreneurs de conquérir d’autres marchés de consommation. Première fortune du pays, l’homme d’affaires Othman Benjelloun (Fortune : $1.9 milliard selon Forbes US) y a pour sa part implanter le siège social de BMCE Bank of Africa.

    Le Bloomberg Innovation Index 2017 place quant à lui le Maroc dans le top 50 des économies les plus innovantes au monde et le Global Entrepreneurship and Development Institute (GEDI) considère que le pays offre un bon savoir-faire en matière de TIC. En tant que centre financier, Casablanca a détrôné la ville de Johannesburg, devenant 1ère du classement en Afrique en termes d’attractivité selon le Global Financial Centers Index, l’indice de référence du secteur.

    Lagos

    La capitale économique de la première puissance mondiale, fort de ses 12,5 millions d’habitants, compterait selon l’AWR 8024 millionnaires. Une ville où les grandes enseignes internationales se ruent pour conquérir les classes moyennes, malgré les problèmes d’insécurité qui perdurent dans de nombreuses zones. Les secteurs porteurs y sont nombreux, parmi lesquels le transport, l’agroalimentaire, le textile, la téléphonie mobile et le BTP. Figure tutélaire du monde des affaires local, Aliko Dangote (fortune : $12.4 milliards selon Forbes US) a de son côté su profiter de cet immense marché intérieur pour bâtir son empire industriel, axé autour du ciment et faire avancer ses autres intérêts.

    Johannesburg

    L’African Wealth Report en 2015 a recensé 25.535 HNWI à Johannesburg, la plus forte concentration de millionnaires pour une ville africaine. On y trouve parmi eux Patrice Motsepe ($1.1 billion) et sa sœur ainée Bridgette Radebe qui ont investi, chacun de leur côté, dans l’or et le platinum. La « Cité de l’Or » demeure le poumon économique de l’Afrique du sud, un pays où il est facile d’obtenir un crédit bancaire pour lancer son activité.

    Gaborone

    Gaborone est la capitale du Botswana, un pays salué dans le monde entier comme une démocratie au fonctionnement exemplaire. D’après l’étude « New World Wealth Report », l’on y dénombrerait 1200 millionnaires, parmi lesquels Kagiso Mmusi, fondateur de Pula Holdings, un véhicule d’investissements constitué de participations dans les TIC, la publicité, l’énergie et la grande distribution. Avec un système financier développé, Gaborone offre l’un des environnements les plus favorables aux affaires du continent (3e), selon le dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale. Ajouté à cela le fait que le délai concernant le règlement des litiges né d’une activité commerciale est relativement court par rapport à la moyenne dans les autres métropoles du continent. D’une manière générale, le Global Peace Indexconsidère que le Botswana figure parmi les pays les plus pacifiques du monde, un critère qui peut influe à coup sûr les super riches dans leur décision d’investir au Botswana.

    Le Caire

    Naguib Sawiris, actionnaire principal de l’opérateur de téléphonie Orascom Telecom Holding, dont la fortune est estimée à 3,8 milliards de dollars selon Forbes US fait partie des 13,426 HWNI recensés au Caire selon l’AWR. En Égypte, Internet a un poids grandissant dans l’économie. Le taux de pénétration d’Internet en Égypte avoisine les 40 %, selon le site « Internet World Stats » et il est fort à parier que le commerce électronique et la téléphonie mobile constitueront des opportunités d’investissement prometteuses, particulièrement dans la capitale égyptienne, qui représente le deuxième marché de consommateurs le plus important sur le continent africain après celui de Lagos (environ 10 millions d’habitants).

    Cape Town

    Raymond Ackerman (fortune : 545 millions de dollars selon Forbes US), fondateur de Pick N Pay Group, une chaine de supermarché fait partie des 9,846 millionnaires se trouvant à Cape Town (Source : AWR). Selon une enquête du cabinet Ernst & Young datée de 2014, le marché des médias et le tourisme seraient des secteurs particulièrement porteurs. La « Cité-Mère » se distingue également par un écosystème entrepreneurial performant, la ville représentant notamment un hub pour le high-tech sud-africain. D’où la création de Silicon Cape, une association qui est censée contribuer à l’amélioration du climat des affaires, et susceptible de faire émerger des start-ups à fort potentiel de croissance.

    Accra

    Accra est la capitale d’un pays qui figure parmi les nations les plus stables sur le plan politique, un critère pris en compte par les aspirants entrepreneurs et les investisseurs potentiels. En 2015, Accra comptait 2303 millionnaires selon le cabinet New World Wealth. Kwabena Duffuor, propriétaire de Star Assurance Company Limited, le groupe de médias « EIB Network Ghana » et uniBank Ghana y a installé le siège principal de ses affaires. L’édition 2014 de Doing Business indiquait par exemple que le « Ghana présente le meilleur environnement des affaires en Afrique de l’Ouest » et le « Global Entrepreneurship and Development Institute » a récemment placé le pays dans le top 5 des meilleurs écosystèmes entrepreneuriaux en Afrique subsaharienne.