Catégorie : Maghreb

  • En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    Croire que le Vaudou en Afrique a perdu ses lettres de noblesse à cause du modernisme, de l’éducation, de la colonisation ou des croyances exotiques est un constat erroné. Et aucun acteur ni politique ni religieux ou d’autre ne peut se permettre d’oublier son influence, ni par hypocrisie, ou par négligence.

    Pourtant, les églises ne cessent de pousser dans les coins de rue à Lomé, à Cotonou ou un peu partout dans la sous-région ouest-africaine. Il est vrai qu’il y a en Afrique, de Dakar à Lubumbashi, de Lomé à Bangui en passant par Cotonou, des forces surnaturelles, détentrices du pouvoir « du mal ». Dans la « basse population », le catholicisme et les autres religions monothéistes ont du mal à exorciser, même avec la plus grande rigueur, l’Afrique du vaudou et de ses religions polythéistes « mal-aimés ». Au Togo précisément, ce n’est pas exagéré : les églises dites de « réveil » ont beau être les endroits les mieux abrités par la population de toute catégorie, nul n’ose jouer avec la face cachée de la raison.


    L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ».


    Au Bénin, lorsqu’on parle de religion, les statistiques indiquent 27 % de chrétiens, 22 % de musulmans et 37 % d’animistes. Mais demandez qui n’a jamais consulté le Vaudou, pour un problème de stérilité, de vol, d’un sort qu’on veut retourner à l’envoyeur ou d’un décès dont on révoque une origine naturelle, et vous vous rendrez compte que les statistiques seront beaucoup plus importantes en faveur de la religion traditionnelle. La question principale n’est plus de savoir si le Vaudou est un mythe ou une réalité, la réponse est évidente. La curiosité c’est de se demander comment cela fonctionne, ou comment cette pratique surmonte l’usure des temps ?

    Toutefois, assimilé à tort ou à raison à la sorcellerie, la présence du Vaudou est souvent redoutée. C’est pourquoi les hiboux « prédateurs » de chairs humaines, les cobras vengeurs, les tortues à doubles carapaces ou les lézards polymorphes à doubles queues sont toujours craints. L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ». Dans ce domaine où les professions de foi sont très rares, il est très difficile de prouver à une tierce personne — en théorie du moins — l’efficacité du mode opératoire, ce ne sont pas que les civils qui s’en emparent.

    Le Vaudou salvateur

    1er septembre 2011. À Iroko, forêt sacrée de Kpassè en lisière de la cité côtière béninoise de Ouidah, jadis funeste fief de la traite négrière au Bénin, une foule pouvait se voir. Surtout, un Blanc dont la main gauche effleure le tronc de l’arbre vénéré. Mais qui est-il ? Le maire de Nantes et futur chef du gouvernement, le très cartésien Jean-Marc Ayrault. Et quelle requête le patron des députés du Parti socialiste, porté en février 2016 à la tête du Quai d’Orsay, soumet-il à la réincarnation végétale d’un monarque mythique du XIVe siècle ? « Que François Hollande détrône Nicolas Sarkozy au printemps suivant. » Mais, il précisera plus tard, « je n’ai formulé aucun vœu pour moi-même ».


    Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou.»


    En effet, le Bénin a vu défiler, en cachette comme au grand jour, des cohortes d’élus, candidats et ministres, exotiques ou non. Car nul politicien de l’ex-Dahomey n’oserait mépriser les forces de l’esprit, même si le politiquement correct demande le contraire. L’ancien premier ministre béninois, candidat à l’élection Lionel Zinsou ne l’ignore pas. Ce Béninois a beau passer sa première vie loin du Bénin natal, il devra s’habituer à ne pas serrer la main à tout le monde, à s’asseoir dans n’importe quelle chaise ou à boire avec n’importe quel verre. Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou. C’est pour cela que quand nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents ont été emmenés en esclavage, leurs esprits retournent chez nous ici. »

    Vu de mauvais œil

    Le vaudou, à l’origine, n’a rien à voir avec la sorcellerie ou la magie noire. Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Adja-Tado au sud, c’est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur (Mawou) au-dessous duquel se trouvent d’autres dieux inférieurs. Entre autres, Sakpata : dieu de la variole ; Ogoun : dieu du fer ; Mamie Wata : déesse de l’eau, etc. Eux, ils servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout-puissant. « C’est à partir de Ouidah que le vaudou s’est retrouvé partout dans le monde entier. Il faut le reconnaitre, c’est quelque chose qu’il ne faut pas nier. Le vaudou c’est quoi ? C’est la nature, les quatre éléments de la nature, les respecter et connaître et respecter leurs principes. » Explique, initié au culte vaudou.


    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse.


    Au Bénin, sous le régime révolutionnaire qui a duré 17 ans, le vaudou a été traité de tous les noms : « pratique rétrograde », « fétichisme » voire, « obscurantisme ». Cela n’a pas pour autant empêché les dépositaires du culte vaudou de continuer à pratiquer leur religion comme si de rien n’était. Un chef religieux du nord du pays, défiant les marxistes-léninistes de l’époque, est allé jusqu’à dire, non sans humour, que « depuis que le monde existe, on n’a jamais vu les bouses de vache se transformer en vache ». Comme pour leur dire que la révolution ne pouvait pas empêcher les gens de pratiquer leur religion.

    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse. Et c’est le président Nicéphore Soglo, chrétien bon teint qui, en son temps, concéda ce droit aux adeptes des religions traditionnelles.


    Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible


    Depuis, le vaudou est une religion au même titre que l’islam et le christianisme. Mieux, elle connaît un engouement et une expansion certains. « Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible », confie un religieux.

    Désormais, chaque année, le 10 janvier, des milliers d’initiés vaudou célèbrent au Bénin les quatre divinités de la nature. Venues d’Afrique, des Antilles, d’Europe ou des États-Unis, c’est sur la plage de la Porte du non-retour à Ouidah que les adeptes du culte se recueillent. Le vaudou est certes un culte ancestral, mais il n’a pas toujours eu bonne réputation, malgré environ ses 50 millions de membres à travers le monde.

    Emmanuel Vitus 

     

  • Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Pour penser l’Afrique il est nécessaire de changer de discours et de redonner à ce continent la place qu’il mérite. Le fait est que jusqu’à présent elle est considérée à tort comme un continent pauvre. C’est ainsi que l’on assiste régulièrement à des déclarations qui tendent à présenter l’Afrique comme dénuée de richesses. Pour appuyer ses propos erronés, des images et des publications sont brandies. Chaque année, il arrive même que des campagnes de charité, des appels au don soient lancés pour « aider l’Afrique ». Toutes ces actions renforcent les clichés, les suppositions sur l’Afrique. Mais il existe une autre histoire africaine, la vraie, qui mérite d’être contée.

    L’Afrique est riche. Bien sûr sa richesse est volée, mais elle reste un continent riche. C’est une évidence. Savez-vous par exemple que des études montrent que l’Afrique subsaharienne est un créancier pour le reste du monde à hauteur de plus de 41 milliards de dollars ? Si tel est le cas, savez-vous aussi que des rapports expliquent que plus de 200 milliards de dollars quittent le continent chaque année ? Parmi ces fonds qui quittent l’Afrique, on peut évoquer des multinationales étrangères spécialistes de l’optimisation fiscale qui font tout pour ne pas payer suffisamment d’impôts dans les pays. L’année écoulée, cette perte était estimée à plus de 60 milliards de dollars.

    L’Afrique victime

    Des milliards sont également « perdus » dans les secteurs de la pêche, du commerce et de la faune. Toutefois, des discours font croire que l’Afrique reçoit des aides financières suffisantes, qui l’aideraient à se « développer ». Cette conception n’est pas vraie. Rien que les flux financiers illicites représentent environ 6,1 % du produit intérieur brut (PIB) du continent, soit trois fois l’aide que reçoivent les États africains.

    C’est donc clair que l’Afrique constitue une sorte de niche dont d’autres profitent. Le continent se voit aussi contraint de subir les conséquences du changement climatique dont sont responsables en grande partie les grands pays industriels. Bien sûr, le dérèglement climatique cause des dommages pour les sociétés africaines, et les pays sont incapables d’utiliser les combustibles fossiles pour se développer comme d’autres pays européens. Pour être claire, la crise climatique a été causée par des pays occidentaux dits « grands », mais l’Afrique subit durement ses conséquences.

    Nécessité d’un réveil

    Les richesses du continent ne profitent donc pas aux Africains. Même s’il y a des reproches à faire aux dirigeants africains, il faut dire que des actions extérieures n’aident pas aussi l’Afrique. Tout est fait que les situations déplorables perdurent en Afrique. Parlons des prêts que des organismes internationaux et des pays occidentaux font aux pays africains. Ces prêts se révèlent souvent être des pièges dans la mesure où ils se transforment en des dettes difficiles à rembourser. De nombreux Africains sont donc dépouillés de leurs richesses ; cela permet à une infime minorité d’Africains de s’enrichir et de faciliter la fuite des capitaux.

    Il faut que cela change. Pour y arriver, il appartient à la nouvelle génération de décideurs africains de prendre conscience des maux dont souffre l’Afrique. Ces leaders africains ne doivent plus laisser l’économie dans les mains du règne de la privatisation. Il serait également utile que les marchés africains ne soient plus livrés à des concurrences déloyales. Les investissements étrangers ne doivent pas aussi se faire au détriment des pays africains. Il faut que l’installation des entreprises occidentales se fasse dans les règles afin que cela rapporte aux populations. Ce n’est que comme ça que l’Afrique se développera comme il faut. Ce continent est tellement riche. Il faut le faire rayonner !

  • Direxiona: apprendre à conduire en Egypte sans être harcelée, c’est possible !!!

    Direxiona: apprendre à conduire en Egypte sans être harcelée, c’est possible !!!

    En 2017, un rapport de la fondation Thomson Reuters classait Caire, la capitale égyptienne à la tête des villes les plus dangereuses au monde pour les femmes.  Bien avant ce rapport, plusieurs organisations de la société civile dénonçaient régulièrement les actes de violences sexuelles exercés sur les femmes en Egypte.  Les Egyptiennes se sentent ainsi de moins en moins en sécurité dans les transports publics  ou dans  des voitures seules avec des personnes de sexe opposé.  La journaliste économique Nayrouz Talaat a lancé en 2016 Direxiona,  une plateforme web qui met en contact, les monitrices et les femmes qui souhaitent apprendre la conduite. Les premiers résultats sont encourageants.

    Pour éviter d’être victimes de harcèlement ou de toutes autres formes de violences sexuelles, plusieurs femmes préfèrent se déplacer en compagnie d’un proche ou d’un membre de la famille. Les femmes se retrouvent ainsi dans une situation de dépendance permanente.

    Avec Direxiona elles peuvent se retrouver seules dans la cabine d’une voiture sans risque de se faire violer. Et elles sont nombreuses à saisir l’opportunité. La plateforme a permis à 150  femmes d’apprendre à conduire. Direxiona enregistre plus de 10 000 séances de conduite et compte dépasser le cap des 50 000 avant la fin de l’année 2019.

    Toutefois, Direxiona ne prône pas la ségrégation sexuelle. Selon Nayrouz Talaat, l’objectif principal de la plateforme est de mettre en contacts les personnes qui désirent apprendre la conduite avec des moniteurs sûrs. «Je pense que rien ne peut être fait sans la coopération des deux sexes», explique-t-elle.

    Direxiona fait partie des 5 projets lauréats de la troisième édition de l’AFD Digital Challenge. Initié par l’Agence France Developpement, la compétition vise à soutenir et encourager les solutions imaginées en faveur des femmes en Afrique. « En utilisant le numérique comme levier de développement, ces initiatives répondent au besoin d’inclusion des femmes dans la société et dans l’économie, ainsi qu’aux enjeux de réduction des inégalités de genre » peut-on lire sur le site de l’AFD.

  • FilKhedma, la startup qui fournit des services à domicile au Caire

    FilKhedma, la startup qui fournit des services à domicile au Caire

    En quatre ans, cette startup égyptienne s’est positionnée comme la plus connue sur le marché de services à domicile. FilKhedma est en effet une plateforme en ligne qui offre des services de maintenance et d’amélioration résidentiels tels que la plomberie, la menuiserie, l’électricité, la climatisation, la peinture et les appareils électroménagers.

    Depuis son lancement en 2014, FilKhedma dessert essentiellement la capitale Caire. La plateforme compte de nombreux utilisateurs avec une augmentation régulière des visites. Elle dispose d’une vingtaine techniciens et partenaires fournissant ces services à leurs clients avec un taux de commande renouvelé supérieur à 75%. Pour étendre ses services, FilKhedma a reçu dernièrement un appui financier d’Algebra Ventures et de Glint. FilKhedma veut surtout attirer recruter de nouvelles compétences et développer sa stratégie marketing pour élargir sa clientèle. La startup envisage également créer des applications pour les fournisseurs de services et les clients, ainsi qu’une technologie robuste pour le marché et les tableaux de bord des opérations.

    Selon Omar Ramadan, fondateur de FilKhedma, le partenariat avec Algebra Ventures et Glint s’inscrit dans l’objectif de mieux répondre aux attentes des populations. Il ajoute que tout doit être fait pour permettre aux habitants de résoudre les difficultés quotidiennes grâce aux services à domicile. « Notre équipe grandissante travaille maintenant dur pour réorganiser notre technologie et offrir une expérience client transparente dans ce qui a toujours été un processus désordonné en Égypte », précise l’entrepreneur.

    Tarek Assaad, responsable de Algebra Ventures estime que la technologie a amélioré de façon efficace les services à domicile en Égypte. Il considère aussi que FilKhedma est une startup qui peut créer de la valeur dans le secteur. «Nous sommes enthousiasmés par cet investissement qui permettrait de répondre aux besoins des ménages et des entreprises, de réinventer la culture du service et de créer plus d’emplois et de revenus supplémentaires pour les fournisseurs de services», déclare de son côté Irini Raafat, un des responsables de Glint.

     

     

  • Égypte: deux jeunes entrepreneurs veulent concurrencer PowerPoint

    Égypte: deux jeunes entrepreneurs veulent concurrencer PowerPoint

    À moins de vingt ans, Moody Boles et Amr Naguib veulent supplanter PowerPoint. Ces jeunes entrepreneurs égyptiens ont lancé une plateforme en ligne qui fournit des solutions numériques permettant aux professionnels de présenter leurs portefeuilles de manière professionnelle, captivante et sophistiquée, sans avoir besoin de savoir coder ou concevoir. Ils expliquent qu’ils ont constaté que chaque jour des personnes passent plus de 140 millions d’heures sur PowerPoint pour créer leurs présentations.

    C’est alors qu’ils ont décidé de créer en 2016 Imaginators. Ils sont partis d’un projet sur lequel il travaillait dans le cadre d’une activité parascolaire pour lancer une plateforme qui compte aujourd’hui des utilisateurs dans plusieurs pays. Depuis deux ans, Moody Boles et Amr Naguib gèrent bien leurs études avec leurs activités d’entrepreneurs. Ils expliquent donner la priorité à leurs études et à leurs activités en fonction du temps. «Si quelqu’un a un examen à venir par exemple, l’autre prendrait une partie de sa charge de travail », affirme Moody Boles.

    3000 utilisateurs dans 90 pays

    Les deux passionnés de technologie indiquent avoir rencontré des difficultés dans le développement de leur startup. Entre autres, l’amélioration de différentes fonctionnalités sur la plateforme et la concurrence sur le marché numérique où existent de grandes sociétés. Mais Moody Boles et Amr Naguib résistent. Ils travaillent régulièrement pour surmonter les défis. «  Nous avons décidé d’intégrer de nombreux outils permettant à nos utilisateurs de créer leurs présentations plus facilement et plus rapidement, avec de nouvelles fonctionnalités. Nous voulions donner à nos utilisateurs quelque chose qui n’est pas disponible sur d’autres plateformes », affirment-ils.

    Dans cette dynamique, les jeunes entrepreneurs ont déjà modifié et ajusté plusieurs fois la conception de leurs produits pour atteindre le modèle qui offre le maximum d’avantages aux utilisateurs. À tel point que Imaginators compte plus de 3000 utilisateurs de 90 pays. La plateforme a permis la création de plus de 2000 présentations. Les utilisateurs peuvent bénéficier d’un modèle d’affaires freemium qui leur permet d’avoir accès à des présentations, des animations et interactions intéressantes. Mais Amr Naguib précise qu’une souscription à un abonnement mensuel permet aux utilisateurs de débloquer d’autres bonnes fonctionnalités de la plateforme.

  • Culture et Art: voici les 5 artistes qu’il faut désormais surveiller en Afrique

    Culture et Art: voici les 5 artistes qu’il faut désormais surveiller en Afrique

    Leurs arts s’étendent des films et installations sonores aux photographies et œuvres numériques. Certains s’intéressent à l’exploitation des histoires complexes tandis que d’autres imaginent de nouveaux avenirs pour le continent africain et le monde entier. Dans ce cliché de famille pour le moins bigarré, voici 5 artistes qu’il faut désormais surveiller.

    Heba Y. Amin

    Heba Y. Amin est née en 1980, au Caire, en Égypte. Elle est basée à Berlin, en Allemagne. En 2014, Heba Y. Amin a fait un voyage dans lequel elle a tracé une route commerciale séculaire du Nigeria à l’Europe. Dans le processus, elle s’est heurtée aux structures de pouvoir – le voyage a nécessité 12 visas de voyage différents – et s’est engagée dans ce qu’elle a appelé «l’intimité bureaucratique», ou l’acte forcé de donner des informations personnelles aux autorités. Ses voyages sont devenus la base de «La Terre est un ellipsoïde imparfait», un ensemble de photographies, de sculptures et de vidéos de 2016 qui médite sur la manière dont les personnes et les images sont transférées en Afrique et au Moyen-Orient.

    Parmi ses autres œuvres, il y a un intérêt particulier pour la façon dont les technologies de surveillance – numériques et autres – affectent le mouvement.

    Frances Bodomo

    Née en 1988 à Accra, au Ghana; Frances Bodomo est basée à New York, aux États-Unis.

    Dans Afronauts, un court métrage qu’il a produit en 2014, une adolescente zambienne albinos, se prépare à un voyage sur la lune à la fin des années 1960. La fille n’a jamais pu monter dans l’espace, mais le paysage aride semble étranger à la cinématographie noire et blanche du film. Comme dans beaucoup d’autres œuvres, la notion de voyage peut être une métaphore de la migration, et Bodomo connaît le transit: elle est née au Ghana, a grandi en Norvège et à Hong Kong, et est actuellement basée à New York.

    Les films naviguent dans ce flou. Après avoir fait ses débuts au Sundance Film Festival en 2014, Afronauts a tracé un parcours inhabituel dans le monde de l’art, notamment dans une exposition de cinéma immersif au Whitney Museum de New York. Bodomo travaille actuellement au financement d’une version du long métrage.

    Mahi Binebine

    Né à Marrakech, au Maroc en 1959, Mahi Binebine, connu dans son pays natal et au-delà en tant que romancier, produit régulièrement des tableaux et des dessins dans lesquels des personnages nus minces sont empilés les uns sur les autres, créant une cacophonie de membres et de visages vierges. Les œuvres sont minimes, avec des personnages qui semblent n’avoir ni genre ni émotion. Ce sont des visions étranges et séduisantes qui semblent concerner le confinement et le dépouillement de l’identité, bien que Binebine insiste sur le fait qu’elles sont simplement des «excuses pour raconter des histoires sur les humains».

    Lebohang Kganye    

    Lebohang Kganye, 28 ans, est une Sud-Africaine basée à Johannesburg, Afrique du Sud. Elle s’est embarquée dans ‘’Ke Lefa Laka’’ (My Inheritance), un projet photo en plusieurs parties, quand sa mère est morte. Dans une partie de la série, l’artiste a superposé sa propre image sur celle de sa mère, créant ce qui semble être des spectres du passé qui hantent le présent.

    Kganye a attribué « Ke Lefa Laka » en partie aux conséquences de l’apartheid et aussi comment les images peuvent être manipulées pour raconter de nouvelles histoires. D’autres de ses photographies et films ont combiné des histoires personnelles avec des événements politiques en Afrique du Sud. Son travail le plus récent implique des animations dans lesquelles des versions découpées de vieilles photos se déplacent.

    Mimi Cherono Ng’ok

    Mimi Cherono Ng’ok est une artiste née en 1983 à Nairobi où elle est toujours basée. Des jaunes dorés, des bleus laiteux et des rouges vifs apparaissent dans les photographies de Mimi Cherono Ng’ok, qui prennent souvent la forme de paysages et de portraits mystérieux et rêveurs. Ses images sont personnelles. « Les photographies sont comme écrire des lettres, journaliser », a-t-elle dit, alors que ses somptueuses compositions semblent avoir été soigneusement planifiées. « La plupart de ma préparation implique de longues promenades, m’acclimater à l’environnement, s’asseoir et regarder les espaces où je suis » explique l’artiste photographe.

  • ElBalto: la startup égyptienne d’e-santé lance un service de consultation mobile

    ElBalto: la startup égyptienne d’e-santé lance un service de consultation mobile

    La startup égyptienne ElBalto a lancé une application mobile qui offre aux utilisateurs des consultations vidéo en ligne via un réseau de médecins agréés par les clients.

    Les consultations vidéo offertes sur ElBalto seront initialement disponibles dans les spécialisations de psychiatrie, pédiatrie, nutrition et gynécologie, tandis que la startup offrira également des visites à domicile dans des domaines comme l’orthopédie et la cardiologie.

    « Actuellement, l’Égypte souffre d’un déséquilibre important dans la distribution de personnels de santé, avec des médecins concentrés dans les grandes villes et les milieux urbains », a confié le cofondateur et PDG de la startup, Mahmoud Abdalla.

    Ce dernier a été personnellement inspiré pour la création de cette solution quand il est devenu père et qu’il devrait aller toutes les deux semaines pour un rendez-vous chez le médecin avec la famille afin d’obtenir des réponses à des questions fondamentales ou pour suivre un traitement. Une tâche qui n’était pas facile pour un couple qui travaille déjà. Aujourd’hui, avec ce produit, il compte à la fois aider les patients qui sont éloignés des centres hospitaliers, et par là, dématérialiser une partie du service.

    La solution d’ElBalto prendra un pourcentage sur les honoraires de chaque consultation menée à travers sa plateforme.

    La boite a un plan d’expansion. « Pour les consultations vidéo en ligne, nous commençons avec l’Égypte en général. En ce qui concerne les visites à domicile, un service qui suivra le lancement, nous commencerons par des zones sélectionnées, notamment New Cairo, Zayed City et October City, basée sur des études de marché », a déclaré le PDG, qui ambitionne par ailleurs d’internationaliser sa solution.

     

  • Mondial 2018 : que peut-on espérer des équipes africaines?

    Mondial 2018 : que peut-on espérer des équipes africaines?

    Chacun des compétiteurs de la Coupe du Monde de l’Afrique rêve de devenir le quatrième représentant du continent à atteindre les quarts de finale, ou même franchir ce cap. Sans forcément attendre des sélections africaines le retour avec le trophée, quels peuvent les réels défis ?

    Égypte: meilleurs buteurs de l’Afrique en Russie

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    Les Pharaons peuvent sembler bien placés pour sortir du Groupe A et atteindre les 16 derniers. Considérant qu’ils rencontreront probablement l’Espagne ou le Portugal au tour suivant, les quarts de finale pourraient être au-delà d’eux.

    Toutefois, la formation d’Hector Cuper peut ambitionner de terminer le tournoi en tant que meilleur buteur d’Afrique en Russie. Logée dans le même groupe que la Russie et l’Arabie Saoudite, deux équipes ayant des unités défensives vieillissantes, l’attaque égyptienne peut maximiser les chances de ces côtés.

    Nigeria: Marcher sur l’Argentine

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    Une place en quart de finale n’est pas impossible pour Nigeria, bien que vous soupçonniez qu’ils auraient besoin de dépasser leur groupe pour éviter la France dans les 16 derniers.

    Ce que l’équipe de Gernot Rohr doit certainement viser est une victoire du premier tour contre le vieil ennemi argentin. Les deux équipes se sont remarquablement rencontrées à quatre reprises lors de la Coupe du monde, en 1994, en 2002, en 2010 et en 2014, les Aigles étant à court d’occasions. Mais leur moral aura été stimulé par le triomphe de 4-2 sur les Albicelestes de Krasnodar en novembre.

    Les Super Eagles n’auront peut-être jamais une meilleure chance de stopper leur série de défaites face à l’Argentine, et si les choses se passent comme prévu, ils devront se reprendre pour remporter les trois points de leur confrontation finale à Saint-Pétersbourg.

    Tunisie: Renouer avec la victoire après 1978

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    La Tunisie ne s’est pas retrouvée dans un groupe qui lui facilitera une qualification pour les 8e de finale. Puisqu’avec l’Angleterre et la Belgique en tête, les Aigles de Carthage sont comptés parmi les outsiders.

    Plus réalisables, cependant, ils devraient viser à obtenir une première victoire en Coupe du monde depuis leur première participation à la compétition, en 1978.

    Sénégal: concurrencer la Golden Generation de 2002

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    Les Lions de Teranga peuvent avoir quelques problèmes internes à résoudre avant le grand coup d’envoi, mais ils sont sans doute les mieux placés des cinq de l’Afrique pour atteindre les quarts de finale. Ils ont une unité résolue avec des options avec Sadio Mane, une touche de classe en tête de file.

    Cela signifierait pour les hommes d’Aliou Cissé, bien sûr, imiter la Golden Generation de la Coupe du Monde de 2002, qui a stupéfié le public pour atteindre les quarts de finale et devenir la première nation africaine à être à cette étape de la compétition deux fois.

    Maroc: Prendre un cuir chevelu majeur

    Image result for morocco team football russiaIls vont tenter leurs chances, mais de manière réaliste, les équipes européennes telles que le Portugal et l’Espagne, même au bord de l’implosion vont leur compliquer la tâche.

    Néanmoins, cette équipe marocaine remarquable par sa rigueur défensive et un sens de la tactique peut surprendre en étouffant l’un ou l’autre des poids lourds européens. Ce sera sûrement l’objectif de Renard dans le tournoi, pour sécuriser le résultat de la compétition et, peut-être, devenir les tueurs de géants de cette année.

    S’ils font cela, alors ils peuvent se garantir une place improbable dans les huitièmes de finale …

  • Football: quelle chance pour le Maroc d’organiser la Coupe du monde 2026?

    Football: quelle chance pour le Maroc d’organiser la Coupe du monde 2026?

    Le Maroc a fait un important pas dans sa candidature pour l’organisation de la coupe du monde 2026. Lorsque les 207 fédérations de football voteront pour l’hôte de cette compétition mondiale le 13 juin prochain, ce pays nord-africain sera sur le bulletin de vote.

    La candidature du Maroc afin de devenir la deuxième nation africaine après l’Afrique du Sud à accueillir la Coupe du monde a été validée après un processus d’inspection par la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial.

    Le Maroc a été noté 2,7 sur 5, alors que la note de passage pour le processus d’inspection est de 2. L’inspection a pris en compte trois domaines clés, tels que les stades, hébergement et transport. Même si son concurrent, le groupe des États-Unis, le Canada et le Mexique a obtenu une moyenne de 4, le Maroc compte sur un investissement de 16 milliards de dollars pour renforcer ses infrastructures et être à la hauteur de cet évènement particulier. En effet, la Coupe du monde 2026 sera la première à présenter 48 équipes -16 équipes de plus qu’à l’heure actuelle.

    Balance des forces

    Avec la sélection des hôtes de la Coupe du Monde soumis à une élection parmi les nations membres de la FIFA, la politique importera tout autant que le mérite. Le Maroc mise sur un décalage horaire favorable pour faire appel aux pays européens et africains, deux des plus grands blocs électoraux de la FIFA. Les deux blocs ont 111 nations membres — plus que les 104 votes requis pour une majorité simple.

    Toutefois, il faut rappeler que la candidature du bloc nord-américain est potentiellement beaucoup plus lucrative pour la FIFA : les recettes devraient atteindre 14,3 milliards de dollars, soit presque le double des prévisions de 7,2 milliards de dollars du Maroc. Leur candidature peut également compter sur le soutien du président américain Donald Trump. Pour ne surprendre personne et contrairement aux règles de conduite de la FIFA, ce dernier a menacé de retirer le soutien des États-Unis aux pays qui « font du lobbying » contre la candidature nord-américaine.

    Il y a cependant une lueur d’espoir pour le Maroc : les deux derniers votes pour un pays hôte de la Coupe du Monde ont été remportés par la Russie et le Qatar, bien qu’ils soient considérés comme les options les plus risquées de la FIFA.

  • Nigeria: le maillot des Super Eagles pour la coupe du monde connait  une rupture de stock

    Nigeria: le maillot des Super Eagles pour la coupe du monde connait une rupture de stock

    À peine quelques heures après sa sortie officielle, le maillot de la Coupe du Monde du Nigeria connait déjà une rupture de stock.

    L’équipement de football nigérian, élu meilleur maillot de la Coupe du Monde dans un récent sondage de Sky Sports, a été salué au Nigeria et dans les cercles de football internationaux après sa première révélation en février dernier. Tout ce battage médiatique s’est traduit par une folle demande, car, quelques heures après avoir été publié par Nike, le kit s’est épuisé. Un message sur le site Web du fabricant de kits américain indique que le produit était  » uniquement disponible en quantité limitée.

    Acheter le mailot dans les magasins physiques de Nike ne s’avère pas plus facile. À Londres, de longues files d’attente sont apparues devant le magasin Oxford Street de Nike.

    Sous-estimé

    La fédération nigériane de football (NFF) a prétendu que Nike avait reçu trois millions de précommandes. Mais l’industrie du sport a jeté un doute sur ces chiffres, étant donné que le club le plus suivi au monde arrive rarement en tête de ce nombre. De plus, il n’y avait pas d’options de précommande évidentes pour le maillot sur les sites de Nike ou de la fédération du Nigeria.

    Au Nigeria, le marketing et la stratégie de Nike ont été remis en question, car, en dépit de la popularité massive du kit, celle-ci n’est sortie que quinze jours avant le coup d’envoi de la Coupe du monde. La libération tardive a été une aubaine pour les commerçants locaux qui ont vendu de fausses versions du maillot depuis mars.

    En effet, la semaine dernière, lors d’un match amical avant la Coupe du Monde, des centaines de supporters dans le stade arboraient le maillot, même si ce n’était pas officiellement. Le prix du kit a également été remis en question aussi. À 90 $, il est hors de portée des millions de fans fous du football nigérian. Mais, disponibles à 17 $, les versions falsifiées s’avèrent être une alternative populaire.

    Pour rappel, une récente campagne publicitaire de ce kit avait exposé les célébrités nigérianes comme Wizkid, Tiwa Savage, Alex Iwobi…