Catégorie : Société

  • Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    L’exploitation du phosphate se fait dans plusieurs localités du pays. Mais les conditions de travail restent à améliorer. Reportage à Kpomé-Akadjamé, localités du sud-est Togo, qui abrite un site d’extraction.
    A une quarantaine de kilomètres au Nord-est de Lomé la capitale, se situe Kpomé, une zone de production de phosphate.

    « Il y a quelques années, une partie de ma famille a déménagé d’ici parce qu’on devait extraire du phosphate sur le sol. Ils étaient obligés de quitter », confie Agbéko, jeune conducteur de taxi moto de la localité. Cette situation, plusieurs familles l’ont vécue. Mais il faut dire qu’une fois déplacée, ces familles sont réinstallées sur d’autres sols. « C’est à Kpomé Tansi qu’ils habitent maintenant avec d’autres familles. On leur à construit une maison, un marché ».

    Mais à Dagbati, Apéyémé et Zéglé, la situation n’a pas été la même. Les populations ont dans certaines de ces localités refusé de quitter leur sol avant de céder. Ceux qui ont voulu résister disent « avoir reçu des menaces ». Ces populations déplacées n’ont pas toujours aussi été mises dans de bonnes conditions. « Elles ont été logées. On leur a fait des promesses qu’on peine toujours à réaliser », selon Agbeko.A Kpomé- Akadjamé, près du site d’extraction de Kpogamé, monsieur Attisso, 73 ans, qui a longtemps travaillé sur le site d’extraction minier confie :


    « Une fois que la décision de l’exploitation de votre sol est prise, l’entreprise vient avec ses géomètres pour les mesures nécessaires. On nous paie en fonction de la superficie de nos sols ».


    Le vieillard qui souffre aujourd’hui de problèmes d’audition avoue recevoir chaque trois mois une somme en contrepartie de son « sol récupéré ». Mais pour lui, de sérieux problèmes persistent.

    Des besoins prioritaires

    A Kpomé Akadjamé, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo contribue t-elle au développement de la communauté locale ? « Nous demandons depuis à avoir une pompe d’eau mais ce n’est toujours pas le cas. L’électricité aussi, nous avons souffert avant de l’avoir », déclare monsieur Attisso. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer cette situation d’autant plus que leurs besoins sont élémentaires. Un moyen d’approvisionnement en eau de bonne qualité et des WC bien construits. A ce jour, les habitants n’ont à leur disposition qu’un puits pour leur besoin en eau. La localité est électrifiée depuis quelques années avec un CEG et un dispensaire.

    Mis à part ces besoins urgents que sentent les habitants d’Akadjamé, ces derniers pensent surtout à leur progéniture. Mme Atama, revendeuse, s’interroge sur ce qui restera comme héritage aux futures générations. « On nous déplace de nos sols quand on veut, qu’aurons-nous à laisser à nos enfants ?». A Akadjamé, l’on a surtout l’impression de dilapider tout un héritage quand on « loue son sol pour l’extraction du phosphate ». Le fait est que ces sols pour la plupart, ne sont pas restaurés après l’extraction du minerai. Résultat, de grands trous béants restent présents sur les sites. Des collines de sables et même des déchets peuvent être perçus près des lieux d’extraction. « C’est incompréhensible. Sur le site de Hahotoé, ils ont l’habitude de remblayer les trous. Ici ils ont commencé par le faire. Mais entre temps, ils ont cessé », confirme Henri, ouvrier habitant à Akadjamé.

    Difficiles conditions de travail

    Pour le déplacement de ses ouvriers, la SNPT a mis à leur disposition ses pick-up et aussi des bus loués. Des moyens de transport qui « ne sont pas toujours en bon état », selon les ouvriers. Tout près du site d’extraction, des bruits assourdissants de machines se font ressentir. « C’est comme ça tous les jours. Cela dérange beaucoup. Mais nous ne pouvons rien », confie Monsieur Mensah, délégué des ouvriers. Avant de relever un autre problème sur le lieu de travail : la poussière.

    « C’est parce qu’il a plu cette semaine qu’elle a un peu diminué. La poussière rend parfois la vision floue sur le site. Il arrive même qu’à une dizaine de mètres, tu ne vois pas ton prochain. La poussière agit beaucoup sur notre santé. Avant, je ne portais pas des verres. Ce n’est plus le cas maintenant puisque ma vue à depuis un bon bout de temps, quelques problèmes ». Ce dernier poursuit : « par exemple, il y a risque qu’un engin vous renverse quand la vision sur le site n’est pas au top ou que des accidents de travail soient fréquents. Nous travaillons beaucoup. Nous méritons de meilleures conditions.»

    Les conditions de sécurité sur le site ne seraient-ils pas bien réunies ? Pour le délégué des ouvriers, « un effort reste à faire ». « L’entreprise a quand même fait un pas positif en nous assurant à 80%», laisse-t-il entendre.

    Une lutte organisée ?

    Au nombre de 1581, les ouvriers de Kpogamé déplorent le manque de tenue de travail, de chaussures de sécurité. « Nos textes le disent. Après chaque 18 mois, notre employeur devrait nous doter de tous ces matériels », affirme Fréderic, ouvrier compteur-pelle depuis plus de dix ans. Pour ce quadragénaire, les conditions de travail sont « difficiles ». « Les conditions que nous vivons nous tuent peu à peu. Quand je suis au travail, je me sens inquiet. C’est quand je suis au repos ou en congé chez moi à la maison que je me sens à l’aise ». Les ouvriers ont, en effet, chaque semaine un jour de repos et dans l’année, un mois de congé. Frédéric évoque même certains de ses amis ouvriers qui ont abandonné. « Ils ont raccroché. Certains, parce qu’ils ne pouvaient plus. D’autres, parce qu’ils avaient trouvé mieux ailleurs. »

    En 2003, quand Henri a commencé par travailler comme ouvrier occasionnel sur le site minier, il recevait 15000 francs CFA comme salaire à chaque fin de mois. Actuellement, il touche moins de 200000 francs CFA. Un salaire qu’il estime infime, comparé au travail qu’il fournit tous les jours. Des ouvriers qui pensent la même chose que lui sont légion. Pour eux, leurs responsables de syndicat « ne défendent pas bien leurs droits auprès des autorités». Un avis que ne partage pas le délégué Mensah qui affirme faire avec ses autres collègues le maximum d’effort qu’il faut.

    En octobre dernier, le syndicat des travailleurs a observé une grève de 48 heures pour différentes revendications. Il estime ne plus avoir confiance en la direction générale de la SNPT.

  • BForum: les Togolais réinventent le e-learning

    BForum: les Togolais réinventent le e-learning

    Disponible sur la toile depuis 2015, le site web BForum (Big Forum) est développé et coordonné par des Togolais qui se donnent pour mission de répondre à plusieurs préoccupations des populations.

    L’équipe en charge de ce site web est composée de DJOMATIN Boris, BAITE Thierry et de BOULEY Kossigan. Ces derniers sont partis du constat selon lequel il existe au sein de la population et au niveau de chaque couche, un manque d’information, d’orientation et de partage sur de multiples sujets. Face à leur constant, les trois entrepreneurs ont ainsi réalisé leur projet de mettre en place un site web qui servira de mettra à la disposition de la population des solutions aux différents problèmes. Le site web BForum contribue à l’éradication de ces différents problèmes. Il est réservé à tous ceux qui ont envie de « découvrir, de comprendre et d’échanger ».

    Le site web a pour but premier de former toutes personnes désireuses d’apprendre davantage. Il constitue ainsi un moyen d’éducation. Il sert aussi de canal pour former des désireux en développement personnel. BForum participe à la création d’une communauté de personnes qui vont s’aider et se soutenir en partageant les uns avec les autres leur connaissance et expérience. Une communauté dans laquelle « toutes les personnes membres se complètent pour permettre l’évolution des uns et des autres et ainsi faire évoluer le monde ».

    Disponible sur la toile depuis bientôt deux ans, www.bforum.net constitue déjà une grande plateforme de communication. Ses développeurs et coordonnateurs comptent améliorer ses offres au fil du temps.

     

     

     

     

  • Pourquoi consommer Adémè ou la corète potagère?

    Pourquoi consommer Adémè ou la corète potagère?

    La consommation de l’Adémè n’est pas qu’en Afrique de l’Ouest. Connu ailleurs sous le nom de la corète potagère, ce légume a des vertus médicinales que bon nombre de consommateurs ignorent.

    Les feuilles de la corète potagère (nom scientifique : Corchorus olitorius) riches en chlorophylle sont séchées et moulues et sont utilisées comme épices ; elles sont utilisées en cuisine dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

    Connue également sous le nom de la mauve des Juifs et Corchorus, la corète potagère a des feuilles riches en eau. Elles renferment des protéines (5.1 %), des lipides (0.3 %), des glucides (14.6 %), des mucilages, des sels minéraux (sodium, calcium, potassium, magnésium, fer…) et des vitamines A, B1, B2, B3, C…

    Très bon stimulant de l’estomac et des intestins, la consommation d’Ademè bien cuite permet de fortifier également. Ademè est émolliente, elle stimule l’estomac et les intestins. Il protège les muqueuses contre les substances irritantes et agressives. Il possède des propriétés toniques, laxatives et purgatives grâce sa forte teneur en vitamine C et de ses polysaccharides mucilagineux.

    La corète potagère est également utile pour l’immunité de l’organisme et à la rate. Selon des recherches scientifiques, elle peut soigner les tumeurs, traiter les troubles cardiaques, ou encore la dysurie qui entraine une difficulté à uriner et des douleurs insupportables.

    Si certaines recherches révèlent que la corète ne convient pas aux personnes prédisposées aux affections rénales, des résultats en ce qui concerne la lutte contre l’anémie sont une raison de la consommer. Adémè préserve les cellules du cerveau et a un effet positif sur les problèmes de stérilité.

    Bon à savoir : Au Moyen-Orient, la Mloukhia, nom qu’Adémè porte dans cette zone, était autrefois un mets réservé aux rois.

  • Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    L’homme a une silhouette et des rides qui renseignent aisément sur sa génération. Il a 80 ans. Pourtant il a une réputation qui tend vers le miraculeux : le stoppeur du désert.

    À 184 km de Ouagadougou, une forêt du nom de « Gouga » d’une vingtaine d’hectares s’est faite célèbre par sa végétation dans une zone frappée d’aridité.

    Plus tôt, depuis les années 1970, le Nord du Burkina Faso s’était confronté à une désertisation sans précédente. Dans cette région, les longues sécheresses des années 1970 ont provoqué un désastre écologique sans précédent. Brousse ravagée, animaux décimés, pluies raréfiées. Les résultats étaient inquiétants et selon l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), en juin 2011, la région est l’une des trois zones du pays où la dégradation des sols était la plus forte, avec un indice de 3,1 sur 5, et le rythme de dégradation des terres y est élevé… Avant qu’un certain Yacouba Sawadogo ne s’invite dans la zone.

    Un messie burkinabé

    « À la fin des années 1960, des prédicateurs ont annoncé que nous ferions face à une sécheresse sans pareille dans notre localité. Face à ce malheur annoncé, j’ai décidé de laisser tomber mon commerce de pièces détachées afin de me mettre à l’agriculture. Afin de comprendre comment la nature se régénère, j’ai mis deux ans à sillonner les terres de mon village, souvent à pied, parfois à cheval » dit-il.

    Le contraste entre sa première vie de commerçant de pièces détachées et cette dernière de héros salvateur d’un territoire hostile à toute vie végétale fait de lui un héros. Yacouba n’est diplômé d’aucune grande école. Il est illettré. « Dès le début, j’étais convaincu que les terrains désertiques deviendraient un jour une forêt. Mais les villageois me traitaient de fou ! », se souvient-il.

    Le cultivateur a utilisé une technique naturelle : la régénération naturelle assistée (RNA). Cette pratique d’agroforesterie vise à protéger les plantules qui poussent naturellement sur un champ, en y appliquant divers paquets technologiques de conservation des eaux et des sols.

    Le Zaï

    Le Zaï consiste à creuser de petits trous de quelques centimètres, dans lesquels on met de la fumure organique avant les semis. Ces petits carrés permettent aussi de retenir l’eau, mais aussi à construire des cordons pierreux, un sytème qui nécessite d’attacher des cailloux à l’aide d’un grillage afin d’empêcher le ruissellement de l’eau. Cette technique permet de ralentir l’érosion des sols et de garder l’humidité pendant les périodes de sécheresse : : voilà comment Yacouba y est arrivé.

    Après une quarantaine d’années de travail de récupération et d’ensemencement de graines d’arbre et d’herbe, Yacouba Sawadogo a créé une véritable forêt au milieu d’une brousse éparse. « C’est un travail passionnant », explique le cultivateur. Si aujourd’hui, il déclare modestement ne pas être l’inventeur de la RNA, il a fortement contribué à sa mise en valeur.

    Yacouba Sawadogo travaille ainsi tout au long de l’année, en saison pluvieuse comme en saison sèche. La forêt créée par « l’homme qui arrête le désert » constitue, par ailleurs, un véritable patrimoine écologique, utile sur le plan de la médecine traditionnelle. Elle permet aussi de pratiquer l’agriculture… tout en gardant les arbres.

  • L’Afrique et l’économie verte en question

    L’Afrique et l’économie verte en question

    La quête insatiable et effrénée du « développement » des grandes puissances a conduit à une dégradation de l’environnement et à des conséquences pas des moindres. L’économie verte, sans pour autant être à même d’apporter des réponses à l’ensemble des défis auxquels nos sociétés sont confrontées, se veut une démarche permettant d’améliorer les modes de production et de consommation dans une perspective de développement durable. L’Afrique trouve-t-elle une logique avec l’économie verte ?

    La pollution, l’émission des gaz à effet de serre ou toutes autres conséquences liées à l’industrialisation des pays ne pointe pas d’emblée l’Afrique. Il est une évidence, le monde est désormais confronté à son modèle de développement qui est l’industrialisation. Lequel modèle s’est principalement basé sur la recherche d’une croissance économique à tout prix, une énergie fossile peu chère et disponible et qui a eu pour conséquences l’augmentation exponentielle des émissions de gaz à effet de serre, une dégradation rapide et parfois irréversible de l’environnement, une accentuation des disparités sociales, du sous-emploi, des migrations de populations, etc.

    L’économie verte veut conjuguer à la fois croissance, développement sociétal et protection des ressources naturelles. Dans cette perspective, elle a été définie comme une nouvelle approche permettant de revisiter les modèles économiques traditionnels de croissance. Alors que sa définition a suscité des débats, l’économie verte s’impose de plus en plus clairement comme une solution pertinente, sinon la seule afin de mobiliser le secteur privé dans l’atteinte des objectifs du Développement Durable. Si l’Afrique est à la croisée des défis et des potentiels d’actions, il est alors pertinent de s’interroger sur la conjoncture que représente l’économie verte pour cette terre : la reprise économique ; la réduction de la pauvreté ; et la réduction des émissions de carbone et de la dégradation des écosystèmes.

    L’économie verte en question

    La notion de l’économie verte est l’un des nombreux concepts étroitement liés à la mise en œuvre du développement durable qui visent à renforcer la convergence entre trois piliers : économique, social et environnemental. Par ailleurs,  le capital naturel reste pour le continent africain, une ressource vitale qu’il convient de préserver. Que ce soit pour des questions de sécurité alimentaire ou de création de richesse. Ceci étant, force est de constater qu’elles sont soumises à de très fortes pressions et dégradations que ce soit pour alimenter le marché international ou pour répondre aux besoins d’une population en rapide et forte augmentation qui aspire légitimement à des conditions de vie sans cesse meilleures : accès à l’énergie, à l’eau, à la nourriture, à la santé, etc.

    Cependant, malgré l’urgence de la situation, il y a actuellement trop peu de connaissances sur les politiques les plus efficaces à mettre en œuvre pour soutenir l’émergence d’une économie verte en Afrique. Pour autant, de plus en plus d’initiatives, de programmes et de projets sont mis en œuvre sur cette question afin d’accompagner l’ensemble des acteurs publics et privés et les différentes composantes de la société civile à identifier et mettre en place les réponses les plus appropriées pour soutenir l’émergence d’une économie verte en Afrique.  

    De la réalité d’une économie verte en Afrique

    L’économie verte apparaît comme un des principaux trésors pour le développement des pays Africains et participerait sans aucun doute à la stabilité de la zone au service de la construction d’un espace de paix et de prospérité. En effet, le continent africain se retrouve au cœur des défis que l’on se trouve en milieu rural ou urbain.

    Selon une quinzaine d’entretiens réalisés par Kempf en 2014 auprès d’entrepreneurs actifs dans les domaines de la transformation agro-alimentaire, de la gestion des déchets, de l’eau et de la santé au Congo Brazzaville, il ressort que les entreprises « vertes » cherchent à mettre en avant des circuits courts de commercialisation (CCC) et des modes de production plus intégrés.

    Si on considère les activités menées par les « entrepreneurs verts », il en ressort qu’il existe de réelles opportunités à saisir dans l’émergence de l’économie verte en Afrique, en particulier dans l’agriculture biologique.  En réalité, l’Afrique dispose d’énormes atouts dans la production des produits d’agriculture biologique compte tenu de la qualité de ses terres agricoles et de leur disponibilité. De plus, le continent dispose encore d’énormes superficies de terres agricoles non encore exploitées. En 2010, seulement 40% des terres agricoles en Afrique sont cultivées.

    En Ethiopie l’agriculture biologique a permis d’améliorer les rendements agricoles dans une région souffrant de sécheresse et de la désertification.  En ce qui concerne gestion des déchets, un rapport de la Banque Mondiale montre que l’Afrique ne représentait que 5% de la production mondiale de déchets. Plus de la moitié (57%) de sa production est constituée de déchets organiques, donc valorisables sans trop de difficultés. De ce fait, croire en une économie verte en Afrique est possible. Loin des actions contre-nature qui menacent l’Homme, l’Afrique peut (re)lancer son processus de développement en le fondant sur l’économie verte.

  • Togo: des logements sociaux pour contenir l’explosion démographique

    Togo: des logements sociaux pour contenir l’explosion démographique

    Façon à une population galopante, l’Etat togolais s’est engagé à promouvoir l’habitat social. Un projet de construction de logements a été ainsi initié à Lomé la capitale.

    Les réalités sociales et la croissance rapide de la population exigent plus de logements sociaux. Au Togo, les acteurs du domaine se penchent sur la question depuis près de dix ans. L’objectif étant de mettre à la disponibilité des populations, quel que soit son rang social, un logement décent. L’Etat togolais a longtemps tergiversé avant de lancer en 2015 un projet de construction dénommé « cité Mokpokpo » après des études et des enquêtes foncières.

    Il s’agit de construire, avec la participation de l’UEMOA, 1000 logements sociaux destinés aux fonctionnaires à Adidogomé, banlieue de la capitale togolaise. Pour mener à bien le projet, les travaux de construction des logements sur les 12 hectares retenus ont été confiés à la Société ivoirienne de promotion immobilière et la société marocaine Abri 2000. La fin des travaux est prévue pour 2018.

    Etendre le projet

    Dans le cadre de la construction de la cité Mokpokpo, le gouvernement togolais prévoit aussi construire dans la banlieue retenue une école avec des espaces verts aménagés. Les logements sont estimés entre 7 à 17 millions Francs CFA. Les fonctionnaires désireux de s’offrir ces logements peuvent le faire à travers des crédits immobiliers échelonnés sur une quinzaine d’années. Plusieurs banques se sont engagées à aider les fonctionnaires grâce à des plans de financement adaptés. Plusieurs Togolais critiquent le fait que le projet soit uniquement destiné à une partie de la population. Mais l’Etat togolais envisage comme réponse lancer des programmes de construction de logements à l’endroit d’autres couches.

  • Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    L’Afrique, surtout sub-saharienne est confrontée à des défis énormes de gestion de ses déchets, tant les politiques de gestion de ces déchets sont défaillantes et les populations restent souvent en marge de cette tâche. Coliba, une startup ivoirienne se propose de pallier ce problème en recyclant les déchets plastiques.

    En Côte d’Ivoire, l’entreprise COLIBA tente de revaloriser les déchets plastiques à l’aide d’un support web et mobile. A travers une plateforme numérique, les utilisateurs-clients ont accès à leur compte mobile et peuvent facilement programmer des collectes d’ordures. Ces ordures converties en points, deviennent alors des bonus. En complément, les usagers reçoivent des conseils sur l’environnement. L’entreprise effectue alors le tri des déchets et offre aux utilisateurs la possibilité d’en tirer profit (argent, matériels de tri d’ordures, kits scolaires). L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet ville durable initié par le gouvernement ivoirien.

    En effet, Coliba part d’un constat simple : « nous avons effectué un voyage en Afrique de l’Ouest dans 7 pays et ce pour un concours organisé par Ampion (Association allemande). Ce concours recommandait donc de présenter des projets dans le domaine du développement durable. Notre constat était simple, comment réduire les déchets plastiques qu’on voyait un peu partout avec une innovation technologique ? C’est de là qu’est venu le projet COLIBA. Après, on s’est bien rendu compte que ce défi était assez important dans la mesure où en Côte d’Ivoire, on produit 5 millions de tonnes de déchets/an » a déclaré le co-fondateur Yaya Koné.

    Vaste marché

    Le marché du recyclage des déchets plastiques en Côte d’Ivoire est estimé à plus de 120 milliards de FCFA soit plus de 180 millions d’euros, selon l’Agence nationale de la salubrité urbaine (ANASUR). L’entreprise prévoit de capturer 300 tonnes de déchets plastiques/mois. Soit 15% des déchets plastiques dans la ville d’Abidjan. L’objectif est d’implanter la solution partout dans le pays.

    Avec plus d’une tonne de déchets collectés chaque mois et environ mille clients, cette startup travaille exclusivement avec des femmes dans son centre de tri. Un choix justifié par le fait que ce sont des personnes vulnérables, plus exposées à la pauvreté et moins aux systèmes de production et financiers.

    Avec une capture de 300 tonnes de déchets par mois sur 10 communes de la ville d’Abidjan, les 3 ans à venir verront une marge de croissance de plus 20 % de l’activité.

     

  • Togo: le lent progrès vers la couverture sanitaire universelle

    Togo: le lent progrès vers la couverture sanitaire universelle

    Conformément à la constitution togolaise et aux engagements du protocole d’accord du dialogue social, le Togo s’est nourri d’ambition d’octroyer à toute la population, un minimum de protection sociale. Il en sort l’Institut National de l’Assurance Maladie (INAM). Même si la couche la plus fragile de la population n’est pas encore atteinte, il y a lieu de reconnaitre l’efficacité de premiers engagements de ce service.

    « On a l’habitude de dire des mots très importants, des mots très durs pour dire les choses très simples, l’INAM se situe dans le cadre général de la protection sociale » avait, en substance, signifié le ministre togolais de travail, de l’emploi et de la sécurité sociale John Agloh. L’institut national de l’assurance maladie, lancé officiellement le 05 septembre 2011, s’est effectivement donné la mission sociale d’aider la population sur le plan sanitaire, en lui garantissant une assurance maladie. L’INAM a pour mission d’assurer la couverture des risques liés à la maladie, aux accidents et maladies non professionnels et à la maternité des agents publics et de leurs ayants droit.

    INAM met en œuvre, en appui au ministère chargé de la santé, les actions de prévention, d’éducation et d’information de nature à améliorer l’état de santé des populations assurées. Ainsi, depuis son lancement officiel, l’institut prend en charge en effet environ 300.000 bénéficiaires avec un réseau de 1.080 prestataires conventionnés, repartis sur l’ensemble du territoire national.

    L’INAM en question

    En effet, en érigeant en mission son vœu de préserver, autant les revenus des ménages que l’équilibre financier, INAM prend en charge 80% des dépenses sanitaires. On comprendra alors que grâce a INAM, le taux de mortalité a baissé par rapport aux années précédentes. Après 2011 où ce taux s’élevait encore de 11,28%, ce plan s’est présenté en palliatif et a pu rabaisser le taux à 10,24% selon les récents rapports de Perspective Monde.

    Néanmoins, si la population attendait cette structure depuis au moins 10 ans, sa venue n’aura pas tout régler. La portée de sa prestation reste en deçà de 20% de la population. Ce qui reste à faire et qu’on attend vivement de cette institution, c’est bien de la voir couvrir toute la population, toutes les couches rurales, comme confié par un enseignant dans le domaine privé, ne pouvant pas bénéficier de ce service. Aussi, l’assurance INAM ne concerne t-il pas les « cas compliqués » comme le déclare le Dr IHOU David, ancien ministre de la santé et de la population-promoteur de l’Assurance Maladie Généralisée (AMG). Cela semble d’autant vrai, si on devra rappeler que l’assurance maladie du Togo ne couvre pas les soins d’évacuation à l’étranger. Dr IBOU se demandait « à quoi sert qu’un fonctionnaire ne puisse pas bénéficier d’une cure chirurgicale de rétrécissement mitral ? ».

     

    Doter des structures sanitaires, d’un maillage conséquent

    Autre casse-tête est de penser au nombre de prestataires de soins. Il fallait donc, selon le ministre, « penser à adjoindre au système INAM, une politique qui puisse permettre de doter des structures sanitaires, d’un maillage conséquent du territoire par les médecins de toutes disciplines et d’assurer le transport des malades par un système performant d’ambulance fonctionnelles »

    En effet, le cas Togo n’est certainement pas le modèle. D’autres pays de la sous région ouest-africaine font mieux. Démarré seulement en 2012, le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) du Bénin a le mérite de trouver une autre manière d’assurer la population. Ce que l’INAM togolais doit envier au RAMU, c’est bien le fait que ce dernier soit déjà destiné à couvrir toute la population béninoise moyennant le paiement d’une prime individuelle variant selon les revenus. La structure est financée d’une part par ces cotisations, et d’autres parts, par l’Etat et ses collectivités locales. Au Benin, les assurés peuvent bénéficier entre 80% et 100%. 100% par exemple, si l’assuré se rend dans un centre de santé d’arrondissement ou dans un hôpital agrégé par le ministère béninois de la santé.

    Autre exemple, l’assurance maladie du Sénégal. C’était une promesse de campagne du président actuel Macky Sall. Ce programme peut se réjouir d’offrir un service gratuit déjà au moins de 5 ans, moyennant une participation que la population elle-même qualifie de « modique ». Ce programme n’est en outre pas un label du Sénégal puisqu’il a été déjà opté par plus d’une dizaine de pays d’Afrique.

    Autant s’instruire du modèle Ghana aussi qui en offre plus ample comme couverture de leur assurance, et surement plus simple dans sa réalisation.

     

  • Whatsapp, Viber: vers la fin programmée des appels vocaux ?

    Whatsapp, Viber: vers la fin programmée des appels vocaux ?

    03 décembre 1992, Grande Bretagne. L’ingénieur britannique Neil Papworth envoie pour la première fois, un SMS – Short Message Service – souhaitant un « Merry Christmas » à un collègue. Un mode de communication qui entrera dans les habitudes par la suite…  mais pas plus de 20 ans.

    Avant la prolifération des téléphones intelligents, les messages tout d’abord puis les appels téléphoniques étaient rois. Une tradition s’érige d’ailleurs en fin d’année, et voit cette période enregistrer un taux très gonflant de communication via les SMS et les appels vocaux. Ce mode a impacté beaucoup le quotidien des populations, avant bien évidemment l’apparition de ces téléphones intelligents. Android, IOs, Windows Phone, qui ont la magique capacité de supporter des applications de messagerie instantanée. Lesquelles applications ne cessent de s’améliorer à qui mieux mieux pour le besoin et le confort des mobilnautes. Le déclin des appels vocaux serait principalement lié à la popularité de ces téléphones qui ont permis de communiquer autrement et à un coût relativement réduit.

    Les téléphones servent désormais à autre chose

    La jeunesse à trouver une autre fonction aux téléphones plus que de ne servir qu’à faire des appels et envoyer des SMS : c’est de naviguer. C’est néanmoins le propre des Smartphones de plus en plus outillés pour servir cette cause. Outre la recherche, les utilisateurs passent majoritairement du temps à resauter (17 min), envoyer des courriels (12 min) en moyenne en une heure. Les études montrent à cet effet que cette baisse d’appels vocaux et de SMS est plus remarquable auprès de la tranche d’âge située entre 16 et 34 ans et selon Opinion Research Corporation, seulement 31% des moins de 30 ans répondent à un texto à moins d’une heure, pour moins d’une minute pour répondre à un message sur les applications modernes de messagerie.

    Entre 2008 et 2010 déjà aux Etats-Unis, le temps que des jeunes consacraient aux appels vocaux est passé de 1200 minutes à 900 et le temps moyen accordé à une conversation est passé de 2,38 minutes en 1993 juste à l’apparition des SMS à 1,81 minute en 2008. C’est à partir de 2013 que tout a basculé. Ce qui justifie la disparition programmée sur 2017 des cabines téléphoniques, s’expliquant par le fait que les appels effectués depuis ces services ont drastiquement chuté de 90% entre 2000 et 2014. L’arrivée des Smartphones puis des forfaits incluant les messages, appels et vidéos illimités ont accéléré ce mouvement.

    Le problème : les services « Over The Top » ?

    La cause de cette disparition programmée ? De nouveaux services, qui tirent parti de la connexion internet des Smartphones, pour contourner le réseau téléphonique, appelés services « Over the top » (OTT). WhatsApp, Viber, Telegram, Imo, Skype, qui réclament tous un très grand nombre d’utilisateurs et dont l’avantage est la gratuité du service à juste condition de disposer d’une connexion internet pour bénéficier des atouts comme l’instantanéité des messages, la discussion en mode synchrone en groupe, ou encore, la possibilité d’envoyer des fichiers multimédia et émoticônes de même que de faire des appels vidéos.

    De la survie des appels classiques ?

    Les appels n’ont pas vocation à disparaître ? Difficile de le prédire, si on sait du moins, qu’ils restent un moyen (presque) infaillible dans les zones où la data reste inaccessible. Moins utilisé, mais valeur plus sûre où que l’on se situe, les appels vocaux trouvent en tout cas leur salut dans l’universalité. Autrefois, la haute qualité de connexion que les appels vocaux et vidéos qui se font via ces nouvelles applications exigeaient a donné le pouvoir à aux appels classiques, avant que les pays ne se lancent dans la course pour s’offrir une bonne connexion, gage plus que jamais de développement.

    Connectez-vous à WhatsApp et vous constaterez que plus de la moitié de vos contacts est aussi inscrite

    En Afrique, sur environ 600 millions d’abonnés à un opérateur téléphonique, seulement 193 millions, soit environ 30% disposent d’une connexion sur les quelques 250 millions utilisateurs d’un Smartphone. Des statistiques qui vont bientôt tourner en défaveur de l’appel vocal, tant les projets de résolution de problèmes de connexions annoncés par les géants de la technologie comme Facebook et Google permettront de résoudre beaucoup de problèmes. Les opérateurs de téléphonies, premiers à être victime de ce changement brusque, n’ont tout de même pas tout à perdre. La concurrence est déplacée. Connectez-vous à WhatsApp et vous constaterez que plus de la moitié de vos contacts est aussi inscrite !

     

  • EcoJogging: du sport pour sauver l’environnement au Togo

    EcoJogging: du sport pour sauver l’environnement au Togo

    Association légalement enregistrée depuis le 1er août 2017, EcoJogging est un mouvement mondial éco citoyen qui consiste à courir tout en ramassant les déchets, en priorité les plastiques et à les recycler. Le Togolais Felix Tagba est le promoteur de ce mouvement.

    Le concept est nouveau dans un pays qui a ratifié lui aussi l’Accord de Paris et soucieux de la préservation de l’environnement. Entretenir sa santé et préserver l’environnement en faisant du jogging.

    En effet, les sacs en plastique durent entre 500 et 1000 ans dans la nature. Selon certains chercheurs, depuis 1950, l’homme a fabriqué 8,3 milliards de tonnes de plastiques et seuls 9 % ont été recyclés, 12 % ont été incinérés et 79 % accumulés dans des décharges ou dans la nature. Ces plastiques sont à l’origine de plusieurs maux dont souffre la planète, les changements climatiques par exemple.

    C’est pour rétablir le tir qu’un jeune Togolais lance le mouvement Ecojogging. « Un 2 janvier 2017, j’étais parti courir à 4 h du matin comme à mon habitude sur un terrain. Et arrivé sur le terrain, je remarque qu’il y avait beaucoup de déchets, les plastiques surtout qui trainaient. Ça m’a choqué et je me suis dit qu’il faut agir pour stopper ce phénomène. » Témoigne le concepteur. C’est à la suite de ce constat que celui-ci invitera toute la population pour le premier écojogging à la plage de Lomé le 28 janvier 2017. Pour ce premier essai, 10 kg de sachets ont été ramassés et recyclés.

    Depuis, ce sport inscrit dans un esprit fort écologique fait son chemin. Tout récemment, le ministre de l’Environnement du Togo s’est invité dans cette course pour le ramassage des ordures. L’ambition est de faire l’Ecojogging sur toute l’étendue du territoire togolais et dans le monde entier pour sauver la planète.

    Recyclage

    Les joggers ramassent en moyenne 10 kg de déchets plastiques à chaque course. Les plastiques recueillies sont ensuite recyclées et utilisées dans la fabrication des sacs, porte-monnaie et d’autres outils. « Actuellement nous avons notre propre laboratoire qui fabriquera des choses à base de ces déchets collectés pendant Ecojogging » a confié le concepteur.

    Ensuite, les populations sont sensibilisées sur les dangers des déchets non biodégradables. Ces populations contribuent à la fois à leur propre bien-être à travers le jogging et participent à la protection de l’environnement.

    Depuis un moment, EcoJogging se fait au Togo, au Ghana et en France. « Ça se fera dans beaucoup d’autres pays s’il plaît à Dieu. Nous recevons les demandes de beaucoup de citoyens qui nous sollicitent pour faire de l’Ecojogging dans leurs pays », confie Félix Tagba. Pour celui-ci, la prochaine étape est ambitieuse : faire le tour du monde d’Ecojogging.