Catégorie : Santé

  • Au Ghana, la télémédecine pour révolutionner la politique sanitaire

    Au Ghana, la télémédecine pour révolutionner la politique sanitaire

    Au Ghana, la Fondation Novartis et le Ghana Health Service ont annoncé la réussite de l’intégration et de l’extension d’un programme de télémédecine, avec une couverture nationale prévue pour 2019.

    Le Ghana a amorcé un processus de développement il y a une décennie qui impressionne en Afrique. Pour couronner cette croissance fulgurante, le pays mène à intérieur une politique de concurrence palpable en matière de technologies à l’endroit les grandes puissances comme l’Afrique du Sud. Notamment, en télémédecine.

    Dans cette logique, le Ghana a entrepris un certain nombre de démarches dans le domaine. En effet, dans ce pays le service de télémédecine a débuté comme modèle pilote dans le district d’Amansie Ouest de la région d’Ashanti en 2011, couvrant 30 communautés d’environ 35 000 personnes. Sur ce, la Fondation Novartis travaille avec divers partenaires locaux et internationaux, dont le ministère ghanéen de la Santé.

    En clair, ce programme utilise la technologie mobile pour connecter les agents de santé communautaires avec des professionnels de la santé spécialisés via des centres de téléconsultation ouverts 24 heures sur 24. Les médecins, les infirmières et les sages-femmes des centres de téléconsultation encadrent les agents de santé communautaires et conseillent sur le traitement de leurs patients, en particulier dans les soins d’urgence. Une politique qui renforce la capacité de soins de santé et responsabilise les agents de santé communautaires, tout en améliorant la qualité des soins. Selon les premiers responsables, cette mesure est conçue pour également éviter les renvois inutiles, en réduisant les temps de transport et les coûts pour les patients.

    De fait, en 2016, plus de la moitié des téléconsultations ont pu être résolues directement par téléphone, dont 31% ont évité les renvois.

    Sur les pas de la télémédecine

    Basé sur le succès du modèle de télémédecine, le Service de santé du Ghana a maintenant choisi pour la mise en œuvre à travers le pays dans le cadre de sa stratégie nationale de santé en ligne pour utiliser les TIC pour améliorer la prestation des soins de santé.

    En collaboration avec la Fondation Novartis sur une feuille de route pour la mise à l’échelle, le Service de santé du Ghana et le ministère de la Santé ont maintenant mis en place au total six centres de téléconsultation à travers le pays. La couverture nationale complète des services de télémédecine devrait être possible à l’échéance 2019.

    Pour le directeur général du Ghana Health Service, le Dr Anthony Nsiah,  il s’agit d’assurer à tous les Ghanéens des soins de santé abordables et de qualité d’ici 2020. La télémédecine n’est donc plus, à ses yeux, que la prochaine étape vers la couverture sanitaire universelle au Ghana.

    L’intégration des services de télémédecine dans la politique nationale ghanéenne de santé marque en réalité un changement radical pour les partenariats multisectoriels qui permettent d’étendre les programmes percutants. C’est d’ailleurs ce que pense le Dr Ann Aerts, responsable de la Fondation Novartis. Selon lui, travailler avec les décideurs politiques pour intégrer des initiatives comme la télémédecine dans les systèmes de santé est l’objectif ultime pour le pays. Parce qu’en réalité, de telles initiatives peuvent continuer à transformer les soins de santé pour les années à venir.

  • Malawi: BiliSpec, un appareil peu couteux pour lutter contre la jaunisse

    Malawi: BiliSpec, un appareil peu couteux pour lutter contre la jaunisse

    Affectant environ 60 % des nouveau-nés, la jaunisse peut causer des dommages au cerveau ou même la mort si elle n’est pas traitée. En Afrique subsaharienne où les médecins n’ont souvent pas accès à un équipement de diagnostic adapté, parce que trop coûteux, les bébés ont 100 fois plus de risques de mourir de la maladie que dans les pays développés.

    Causée par une accumulation de bilirubines dans la circulation sanguine, la jaunisse est idéalement diagnostiquée par des analyses de laboratoire d’échantillons de sang, en utilisant des machines telles que des centrifugeuses ou des spectromètres. Dans les pays sous-développés, par manque de laboratoires bien équipés, les médecins jugent plutôt si le nouveau-né est atteint de la maladie simplement en évaluant la couleur de sa peau et le blanc de ses yeux. Des indicateurs sans doute non fiables.

    Désormais, une étude clinique d’un détecteur de jaunisse à bas prix inspire l’espoir qu’un nombre significatif des 1,16 million de bébés qui meurent dans leurs premiers mois en Afrique peut être sauvé.

    En effet, en général la jaunisse peut toucher « jusqu’à 60 % des bébés nés à terme ». Puisque les nouveau-nés n’ont souvent pas de foies complètement développés, leur corps est incapable de traiter l’excès de bilirubine, une substance créée par la dégradation des globules rouges. Une accumulation de la substance dans la circulation sanguine du nouveau-né entraîne une pigmentation jaune de la peau.

    Dans les cas où la jaunisse est détectée, le traitement peut inclure une photothérapie, une transfusion sanguine ou une alimentation fréquente (ceci encourage une excrétion fréquente qui aide également à éliminer la bilirubine du corps). Mais si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des lésions cérébrales et la mort.

    Fonctionnement de BiliSpec

    Si en Afrique, dans de nombreux hôpitaux du continent, les agents de santé ne diagnostiquent généralement la jaunisse qu’en évaluant la pigmentation de la peau d’un nouveau-né, il faut retenir qu’un diagnostic plus précis implique l’utilisation d’un équipement médical de pointe qui se révèle trop cher pour la plupart des centres hospitaliers.

    BiliSpec, le détecteur portatif alimenté par pile, inventé par une équipe, d’étudiants de Rice University, au Texas, permet de diagnostiquer la maladie en « quantifiant les niveaux sériques de bilirubine à partir d’une petite goutte de sang ». Pour de nombreux hôpitaux du continent, les tests BiliSpec coûtent beaucoup moins cher qu’un dollar et peuvent être effectués en deux minutes, ce qui rend le diagnostic d’ictère pour les nouveau-nés beaucoup plus efficace.

    L’étude clinique a été basée sur des tests effectués sur 68 patients dans l’hôpital central Queen Elizabeth à Blantyre au Malawi entre février et mars de cette année. Il a montré que BiliSpec a « une précision comparable aux tests de laboratoire plus coûteux trouvés dans les milieux à ressources élevées, comme dans les pays développés », affirme Pelham Keahey, coauteur de l’étude. Celui ajoute que la prochaine étape est « une plus grande étude de suivi de deux ans »

    Cette étude va maintenant être étendue à cinq hôpitaux au Malawi alors que l’équipe poursuit son objectif de réduire de moitié le nombre de décès de nouveau-nés dans les hôpitaux africains sur une échéance de 10 ans. L’équipe a déjà recueilli 750 000 dollars en financement pour développer « un appareil prêt pour le commerce ».

    BiliSpec est l’un des aspects de NEST360 °, un projet international visant à introduire des technologies vitales pour les nouveau-nés dans les hôpitaux africains.

  • Afrique: que retenir, 50 ans après la première greffe cardiaque?

    Afrique: que retenir, 50 ans après la première greffe cardiaque?

    En 1967, précisément dans la nuit du 2 au 3 décembre, alors qu’on s’y attendait pour le moins, le Sud-Africain Christiaan Barnard réussit à l’hôpital Groote Schuur un exploit d’envergure mondiale : la transplantation cardiaque. Depuis, les recherches scientifiques aboutissant à des résultats autant impressionnants ne sont que rares sur le continent.

    Cette nuit-là, c’était Louis Washkansky, 53 ans, qui avait reçu le cœur d’une jeune femme de 25 ans, Denise Darvall. Celle-ci était en état de mort cérébrale suite à un accident. « Le samedi [d’avant l’opération, NDLR], j’étais un chirurgien anonyme dans mon pays, lundi, j’étais mondialement connu » racontait-il à qui veut l’entendre.

    Mais selon certains, Christiaan Barnard décédé en 2001 n’a fait rien d’extraordinaire. Il aurait volé la vedette à l’Américain Norman Shumway. Mais n’empêche, sur le continent qui compte encore peu de scientifiques de renom, Christiaan Barnard reste une figure loin d’être oubliée.

    En Afrique, la recherche scientifique encore loin

    Les pays développés donnent souvent l’exemple. Les recherches scientifiques constituent un facteur clé dans le développement d’un pays.

    En Afrique, même si en général, les capacités scientifiques et technologiques et innovatrices connaissent une amélioration, les efforts fournis pour dynamiser le domaine restent insuffisants. C’est en substance ce que rapporte l’African Capacity Report 2017, publié par The African Capacity Building Foundation, une organisation continentale fondée par les gouvernements africains et les partenaires de développement. Ce document qui classe en Afrique les pays selon un indice appelé African Capacity mesuré en rapport à une évaluation de divers éléments tels que l’environnement politique, la mise en œuvre des politiques encourageant l’innovation et la recherche scientifique…, seul le Maroc reste sans le maitre incontesté de l’Afrique, avec un score de 71,6. Suivent ensuite la Tanzanie 68,8, le Rwanda de 68,2 ; l’ile Maurice et le Cap-Vert ayant complété le podium des 5 majeurs à féliciter en Afrique.

    Cependant, les grandes universités se trouvent essentiellement en Afrique du Sud, au Nigeria, au Sénégal ou au Ghana et quelques pays commencent à mettre l’accent sur la recherche comme le Cameroun ou la Côte d’Ivoire. Toutefois, le constat général est frappant : les investissements dans le domaine sont faibles.

    En Afrique de l’Est et Centrale, le Kenya est parmi les pays africains avec les dépenses les plus élevées culminantes 0,79 % du produit intérieur brut (PIB) en 2010 en matière de recherches scientifiques. Si ce pourcentage reste considérablement faible, en le Kenya se présente tout de même comme un poids en la matière dans la région. Dans le pays, une évolution de 2 % du PIB devrait être effective avec la création du Fonds national pour la recherche. Les scores fluctuent entre 0,01 % au Lesotho et 1,06 % au Malawi.

    En Afrique du Sud, une diminution a été constatée ces dernières années. Selon les rapports des dépenses relativement au PIB, les chiffres se situent entre 0,89 % en 2008 et 0,73 % en 2012.

    Dans le Maghreb, les dépenses sont généralement plus élevées qu’en Afrique subsaharienne. Si elle n’a pas encore atteint le seuil de 1 %, la moyenne de ces dépenses est de 0,76 %. Néanmoins, ce n’est pas parce que cette partie du continent dépense plus qu’elle fait mieux en terme de résultats. Comme dans le reste du continent, le manque de capacités en ressources humaines et matérielles porte un coup aux ambitions.

    Réformer en profondeur

    En effet, en janvier 2007, les dirigeants, réunis à Addis-Abeba (Éthiopie), ont proclamé 2017 années de la science et de la technologie en Afrique et se sont mis d’accord sur une série d’initiatives. Lors de ce sommet de l’Union africaine (UA), les chefs d’État ont (de nouveau) demandé à tous les pays de l’UA de consacrer, au moins 1 % de leur produit intérieur brut à la recherche et au développement à l’échéance 2020. Ils se sont aussi engagés à ranimer les universités africaines, et à soutenir l’étude de la science et de la technologie chez les jeunes.

    Ils se sont également mis d’accord sur la création d’une organisation africaine de la propriété intellectuelle dans le dessein de protéger les innovations locales et le lancement d’une stratégie planifiée sur 20 ans. Toutefois, sur le papier, la plupart des pays du continent disposent d’un programme gouvernemental pour la recherche et le développement, un climat politique favorable à l’innovation et aux recherches scientifiques. Mais les résultats tangibles font encore défaut.

    Les implants : la prouesse ghanéenne

    Au Ghana, les recherches scientifiques vont bon train. Ce pays est l’un des rares en Afrique qui finance les activités scientifiques. En septembre dernier, à Accra, cinq médecins conduits par le sexologue Dr Samuel Amanamah, ont opéré le premier implant de pénis à Kumasi (Région d’Ashanti), dans le Sud du pays. L’opération à succès portait sur un homme de 55 ans, qui, souffrant de dysfonctionnement érectile aigu, avait perdu tout espoir d’avoir des relations sexuelles.

    En effet, au Ghana comme dans d’autres pays africains, ces genres de réussites s’opèrent… Mais sans portée mondiale.

     

     

     

  • Sida: vers la fin de l’épidémie en Afrique de l’Ouest

    Sida: vers la fin de l’épidémie en Afrique de l’Ouest

    Près d’un million de morts sont enregistrés chaque année pour cause de VIH/Sida. En Afrique de l’Ouest, les États s’organisent pour prévenir l’épidémie et prendre en charge les séropositifs.

    Près de deux millions de personnes ont été infectées dans le monde en 2016 par le virus du Sida. L’Afrique reste le continent le plus touché. Mais certains États du continent poursuivent leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés par l’ONUSIDA.

    Dans trois ans l’organisation onusienne voudrait que 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, que 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH et dépistées reçoivent un traitement, et que 90 % des malades sous traitement présentent une charge virale indétectable. La plus grande réussite du continent reste pour le moment l’Afrique du Sud. Avec ses 17 millions de personnes vivants avec le VIH, le pays a annoncé que près de 86 % d’entre elles connaissent leur statut sérologique. A cela s’ajoute la mise sous traitement antirétroviral de plus de 4 millions de séropositifs.

    Dans la sous-région ouest-africaine, les évolutions sont aussi constatées. En dix ans, le nombre de décès a diminué et des dispositions sont prises pour faire « connaître la maladie et la prévenir ». La difficulté reste la stigmatisation dont sont victimes les personnes séropositives. Le Ghana a par exemple décidé de criminaliser toute forme de discrimination à l’encontre des malades. En juillet dernier, le pays a d’ailleurs voté près de 200 000 dollars US destinés à la lutte contre la maladie. Agyeman-Manu, ministre de la Santé, a expliqué la volonté du Ghana de soutenir l’ONUSIDA dans l’éradication du Sida d’ici à 2030.

    Réduction des infections

    Au Togo, une politique nationale de lutte contre le Sida a été développée. Le pays a élaboré et mis en œuvre trois plans stratégiques nationaux de lutte contre le Sida sous la coordination du Conseil national de lutte contre le Sida et qui lui ont permis d’obtenir des résultats significatifs dans lutte contre le VIH. Un nouveau plan devrait permettre au Togo d’améliorer ces résultats.

    Dans un pays où la prévalence de l’infection par le VIH est de 2,5 % dans la population générale âgée de 15 à 49 ans, les autorités envisagent amplifier la réduction de nouvelle infection et accélérer la prise en charge globale des Personnes  vivant avec le  VIH (PVVIH). Le nombre de PVVIH est de 110.000 dans le pays dont près de 81 % se retrouvent dans les régions Maritime (37,5 %), Lomé Commune (22,8 %) et des Plateaux (20,2 %). Le nouveau plan est estimé à près de 89 milliards FCFA et va contribuer à la prévention et à la réduction de nouvelle infection en 2020, selon Vincent Pitché, président du programme national de lutte contre le Sida.

    Au Bénin, outre les sensibilisations, Patrice Talon a décidé de s’impliquer personnellement dans la lutte contre le Sida. Le chef de l’État a réorganisé le Conseil national de lutte contre le Sida installé en mars dernier. Le pays ne compte pas un grand nombre de séropositifs. Les responsables du Cnls veulent donc mettre en œuvre une nouvelle politique pour « maîtriser des données sur le plan sanitaire ». En Côte d’Ivoire près de 150 000 personnes vivent avec le virus. La transmission du virus mère-enfant a baissé en cinq ans et est de 1,4 % avec près de 8000 enfants infectés qui suivent un traitement antiviral. Les autorités ont maintenu leurs efforts. En deux ans, la Côte d’Ivoire a considérablement augmenté son budget consacré à la lutte contre le sida.

    Il est passé de 4 à 21 milliards de FCFA. Jusqu’en 2020, le pays va mettre en œuvre un plan stratégique estimé à 556 milliards de FCFA. Il faut dire que la Côte d’Ivoire s’est donné les moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. Le pays compte à ce jour plus de 100 laboratoires consacrés à la lutte contre le VIH/Sida. Mais également 1743 centres de dépistage sur toute l’étendue du territoire et près de 100 centres de distributions des antiviraux (ARV). Pour Raymonde Goudou, ministre de la Santé, tout est mis en place pour lutter contre la maladie et une prise en charge des personnes déjà infectées. Selon un expert de l’ONUSIDA, l’Afrique de l’Ouest réalise des efforts malgré quelques insuffisances. « La sensibilisation doit être renforcée avec l’adoption de plans stratégiques bien définis », conseille-t-il.

     

  • Zanzibar: des drones pour localiser les foyers de moustiques

    Zanzibar: des drones pour localiser les foyers de moustiques

    Zanzibar est un archipel tanzanien au large des côtes de l’Afrique de l’Est souvent menacé par le paludisme. À l’échelle mondiale, la maladie infecte plus de 200 millions de personnes chaque année et est responsable de la mort d’environ 500 000 personnes chaque année. Pour combattre ce fléau, des scientifiques utilisent des drones pour localiser les forts foyers de moustiques.

    Au Zanzibar, les agences de voyages n’hésitent en tout cas pas de prévenir les touristes. Sur cet archipel de deux îles situé en Tanzanie, dans l’océan Indien, à une quarantaine de kilomètres au large de la Tanzanie continentale, les moustiques ne pardonnent pas. Au Zanzibar comme en Afrique, le paludisme reste la première cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans.

    De par son climat et ses nombreuses zones d’eau stagnante, le Zanzibar présente les conditions favorables à la reproduction des moustiques. En effet, dès les années 1920, des études ont état d’un taux de prévalence de 68 % parmi la population zanzibarite et surtout de 14 % parmi les enfants de 1 à 6 ans. Les programmes d’éradication de la malaria à base d’insecticides lancés par l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1958 n’auront pas réglé le problème, de même que de nombreuses d’autres tentatives, mais le taux de prévalence ne faiblit pas.

    Paludisme, la difficile lutte

    Les objectifs du Millénaire pour le développement ont suscité un certain nombre de campagnes à grande échelle en Afrique subsaharienne pour lutter contre le paludisme. Des millions de moustiquaires ont été distribuées. L’insecticide a été fourni pour pulvériser dans les maisons des collectivités. L’objectif était d’empêcher les gens de se faire piquer, interrompant ainsi le cycle de transmission. Une initiative qui a connu une réussite, conduisant à une diminution notable de la prévalence de la maladie. Certaines zones de Zanzibar ont vu les niveaux de prévalence tomber de 40 % de la population ayant le paludisme à moins de 1 %.

    Depuis quelque temps, à Stonetown, la capitale de Zanzibar, on peut désormais apercevoir des drones planer sur la ville. Objectif : cartographier les habitats du paludisme aquatique. Ces masses d’eaux peu profondes éclairées par le soleil abondent en larves de moustiques. En quelques jours, les larves émergent en tant que moustiques adultes à la recherche d’un repas de sang.

    Des drones pour géo localiser les moustiques

    Aujourd’hui, les épidémiologistes et les responsables de la santé publique cherchent à compléter les moustiquaires d’intérieur et à pulvériser des solutions extérieures. En effet, ils prennent la bataille contre les moustiques. Et les drones constituent des outils importants de leur arsenal. L’un des principaux défis pour les gestionnaires de la maladie est de trouver de petits plans d’eau que les moustiques utilisent pour se reproduire. C’est là que les drones entrent en jeu. Des images de drones capturées sur de grandes surfaces sont alors utilisées pour créer des cartes précises

    « Les autorités de santé publique doivent être en mesure de localiser et de cartographier ces plans d’eau afin qu’ils puissent être traités à l’aide d’un larvicide comme le DDT » a déclaré un membre de l’équipe de pilotage de drones. Ce processus est connu sous le nom de gestion des sources larvaires et a été utilisé avec succès au Brésil et en Italie il y a plusieurs décennies.

    Aujourd’hui, des substituts beaucoup plus sûrs et à faible toxicité ont été développés. Le problème est qu’ils ont un coût. Des ressources sont également nécessaires pour disséminer le larvicide et localiser les plans d’eau qui abritent les œufs et les larves de moustiques. Certains de ces refuges sont difficiles à trouver à pied, et si les plans d’eau sont cartographiés avec précision, une campagne de larvicide pourrait finir par être une perte de temps.

    Déroulement

    En 20 minutes, un seul drone peut arpenter une rizière de 30 hectares. Cette imagerie peut être traitée et analyser le même juste après pour localiser et cartographier les plans d’eau. Cela s’est révélé très précis et efficace. Tout cela en utilisant l’un des drones les plus populaires, le Phantom 3 de DJI.

    « Nous avons commencé à travailler sur des sites de test à travers Zanzibar, mais maintenant, avec le soutien du Innovative Vector Control Consortium, un partenariat sans but lucratif visant à créer de nouvelles solutions pour prévenir la transmission de maladies, nous élargissons notre gamme pour explorer cette technologie. Cela ne s’arrête pas là. Nous prévoyons d’intégrer l’imagerie des drones dans la technologie des téléphones intelligents afin de guider les équipes de pulvérisation de larvicides vers les plans d’eau au sol et de suivre leurs progrès et leur couverture. Il y a aussi une tendance passionnante à diffuser automatiquement le larvicide des drones eux-mêmes. » a déclaré Andy Hardy, chargé de cours en télédétection à Aberystwyth University.

    Toutefois, les opérateurs sont conscients du côté négatif de leur opération à base des drones : invasion de la vie privée ; les collisions avec des aéronefs et des oiseaux ; ou encore problèmes de sécurité.

     

  • Ouganda: la technologie réduit la mortalité infantile

    Ouganda: la technologie réduit la mortalité infantile

    En Afrique, la consultation prénatale est un processus souvent négligé par des femmes enceintes, surtout dans les zones rurales. Pour emmener les femmes à s’intéresser à cette pratique médicalement importante, Bridge to Health montre des images d’échographie aux femmes enceintes.

    Dans les zones rurales, certaines femmes ne mesurent pas l’importance de se rendre dans une clinique avant d’accoucher. Beaucoup estiment que la consultation des guérisseurs traditionnels est largement suffisante. Pendant la grossesse, les femmes devraient recevoir en moyenne des soins de santé 8 fois, selon l’OMS.

    Faire entrer les femmes dans les soins médicaux lorsqu’elles ne sont enceintes que de quelques mois est une priorité pour les responsables de la santé publique, car de simples interventions sauvent souvent la vie de la mère et de l’enfant.

    Bridge to Health au front

    Une étude de Bridge to Health Medical et Dental a mis en application le dispositif dans les hautes terres du sud-ouest de l’Ouganda en 2014. Cette étude, publiée par PLOS One cette année, a révélé que quand les médecins installent des cliniques temporaires dans les villages ruraux, six fois plus de femmes enceintes visitent lorsque des échosondeurs gratuits sont annoncés.

    Désormais, un groupe de médecins canadiens est à l’avant-garde de ce qui semble être un moyen très efficace d’inciter les femmes enceintes en zones rurales à visiter des cliniques bien avant leurs dates d’échéance. C’est ainsi que dans le sud-ouest de l’Ouganda, un technicien de Bridge to Health, une organisation caritative médicale canadienne, avec une échographe parcourent les villages.

    Ils offrent aux femmes enceintes des aperçus de leurs fœtus pour les encourager à se faire examiner. « C’est magique de pouvoir regarder votre bébé à naître », a déclaré le Dr Michael S. Silverman, spécialiste des maladies infectieuses à la Western University de London, au Canada, et coauteur de l’étude.

    Selon l’organisation Bridge to Health, le traitement précoce du VIH, de la syphilis et de l’hypertension artérielle, ainsi que des vaccins comme le tétanos et des vitamines comme l’acide folique, peuvent faire d’énormes différences dans la survie de la mère et du bébé à la naissance.

    Les dispositifs de l’étude ont coûté entre 2 500 et 10 000 dollars, a déclaré le Dr William Cherniak, directeur exécutif de Bridge to Health et autre co-auteur. Ils sont alimentés par batterie, font 40 balayages par charge. Le groupe espère tester de nouveaux des scanners peu coûteux qui se branchent directement sur les smartphones ; Ainsi, le technicien peut voir le fœtus sur le téléphone et transmettre l’image à un radiologue n’importe où dans le monde, a déclaré le Dr Cherniak. En réalité, jusqu’ici les femmes de l’étude ne pouvaient voir leurs fœtus que sur des moniteurs, mais Bridge to Health a depuis ajouté une imprimante pour que les femmes puissent prendre des photos à la maison.

    « Nous avons même diagnostiqué une appendicite aiguë chez une femme âgée qui est arrivée même si elle n’était pas enceinte », a déclaré le Dr Cherniak. « Ces machines ont beaucoup d’utilisations » se satisfait-il, en espérant ajouter très bientôt des améliorations.

  • Assurance maladie en Afrique: les partenariats public-privés foisonnent

    Assurance maladie en Afrique: les partenariats public-privés foisonnent

    Entre opportunités et contraintes, les systèmes d’assurance maladie ne couvrent pas encore une grande partie de la population africaine.

    Sur le continent le taux de couverture de l’assurance maladie est faible. La plupart des États peinent encore à instaurer un mécanisme d’assurance maladie universelle. On note ainsi l’absence d’une couverture des soins de santé. Les ménages sont obligés de supporter directement les charges financières. Il y a deux ans, le rapport « The decent Work agenda in Africa » indiquait que près de 90% de population subsaharienne ne bénéficie pas d’une assurance contre les risques de maladie et d’accident.

    S’assurer n’est pas encore entré dans les habitudes. Car en réalité, les soins de santé ont pendant longtemps été gratuits dans les pays. Les charges étaient supportées par les États. Mais il y a plus trente ans, les programmes d’ajustement structurel ont obligé les États à mettre fin à la protection sociale pour de nombreux citoyens.

    Depuis, les populations « se débrouillent ». En termes de chiffres, les ménages africains prennent eux-mêmes directement en charge près de 70% de leurs dépenses santé. Faute d’instaurer une couverture sanitaire pour tous les citoyens, certains États protègent tout de même leurs fonctionnaires ainsi que quelques travailleurs du secteur privé formel. Des mutuelles ont été créées pour prendre en charge les soins de santé des membres qui doivent cotiser de façon périodique. Mais depuis quelques années les États lancent des systèmes d’assurance maladie.

    Des systèmes de couverture encore faible

    Certains États africains font des efforts qui restent insuffisants. Ils ont mis en place des systèmes d’assurance maladie pour les fonctionnaires, les salariés d’entreprises privées et pour le secteur formel. Ces systèmes d’assurance maladie sont obligatoires. Les fonctionnaires en bénéficient moyennant des cotisations. C’est le cas du Togo où depuis 2011, l’Institut national d’assurance maladie (INAM) assure une couverture sanitaire à des fonctionnaires de l’État. Plus de cinq après sa création, l’INAM prend en charge plus de 260000 bénéficiaires avec plus de 1000 prestataires répartis sur le territoire.

    Mais au Togo comme dans d’autres pays africains, la portée de ces systèmes d’assurance maladie reste faible. L’État béninois quant à lui a créé en 2012 le Régime d’Assurance Maladie universelle (RAMU) destiné à toute la population moyennant le paiement d’une prime. Le RAMU est financé par l’État et les collectivités locales. Une dizaine de pays africains, dont le Sénégal, disposent également d’un système d’assurance maladie qui prend en charge les moins de cinq ans.

    Toutefois, les bénéficiaires de ces systèmes représentent à peine 30% de la population. Autant dire qu’environ 70% de la population, issue du secteur informel, n’est pas encore couvert pas le système d’assurance maladie des pays. Mais jusqu’à présent le Rwanda reste le premier sur le continent à fournir une assurance maladie universelle. Avec un taux de couverture de 91% de sa population, le système d’assurance maladie appelé Mutuelles de santé est financé par l’État et des partenaires. Pour la réussite de son système, le Rwanda forme régulièrement des agents de santé communautaire.

    Partenariat public-privé

    Pour étendre la couverture sanitaire, certains États comme le Ghana se sont liés avec des structures privées. En effet, le National Health Insurance Scheme (NHIS) du Ghana repose sur des mutuelles de santé communautaires préexistantes. Cela a permis au pays d’augmenter son taux de couverture maladie de 1 % dans les années 1990 à plus de 40 %. L’État a d’ailleurs voulu que son système soit financé « à plus de 70 % par une taxe de 2,5 % sur les biens et les services, et à plus de 20 % par les charges sociales ».

    Grâce à des partenariats public-privé, les populations sont ainsi encouragées à adhérer à l’assurance maladie à travers des offres de soins subventionnées. La gestion du système de l’assurance maladie est dans certains cas confiée à des structures privées. L’État se chargeant lui-même de superviser. Selon plusieurs observateurs, cette approche peut permettre à de nombreux pays d’augmenter leurs taux de couverture de l’assurance santé qui restent pour le moment très faibles.

  • Pourquoi consommer Adémè ou la corète potagère?

    Pourquoi consommer Adémè ou la corète potagère?

    La consommation de l’Adémè n’est pas qu’en Afrique de l’Ouest. Connu ailleurs sous le nom de la corète potagère, ce légume a des vertus médicinales que bon nombre de consommateurs ignorent.

    Les feuilles de la corète potagère (nom scientifique : Corchorus olitorius) riches en chlorophylle sont séchées et moulues et sont utilisées comme épices ; elles sont utilisées en cuisine dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

    Connue également sous le nom de la mauve des Juifs et Corchorus, la corète potagère a des feuilles riches en eau. Elles renferment des protéines (5.1 %), des lipides (0.3 %), des glucides (14.6 %), des mucilages, des sels minéraux (sodium, calcium, potassium, magnésium, fer…) et des vitamines A, B1, B2, B3, C…

    Très bon stimulant de l’estomac et des intestins, la consommation d’Ademè bien cuite permet de fortifier également. Ademè est émolliente, elle stimule l’estomac et les intestins. Il protège les muqueuses contre les substances irritantes et agressives. Il possède des propriétés toniques, laxatives et purgatives grâce sa forte teneur en vitamine C et de ses polysaccharides mucilagineux.

    La corète potagère est également utile pour l’immunité de l’organisme et à la rate. Selon des recherches scientifiques, elle peut soigner les tumeurs, traiter les troubles cardiaques, ou encore la dysurie qui entraine une difficulté à uriner et des douleurs insupportables.

    Si certaines recherches révèlent que la corète ne convient pas aux personnes prédisposées aux affections rénales, des résultats en ce qui concerne la lutte contre l’anémie sont une raison de la consommer. Adémè préserve les cellules du cerveau et a un effet positif sur les problèmes de stérilité.

    Bon à savoir : Au Moyen-Orient, la Mloukhia, nom qu’Adémè porte dans cette zone, était autrefois un mets réservé aux rois.

  • Togo: le lent progrès vers la couverture sanitaire universelle

    Togo: le lent progrès vers la couverture sanitaire universelle

    Conformément à la constitution togolaise et aux engagements du protocole d’accord du dialogue social, le Togo s’est nourri d’ambition d’octroyer à toute la population, un minimum de protection sociale. Il en sort l’Institut National de l’Assurance Maladie (INAM). Même si la couche la plus fragile de la population n’est pas encore atteinte, il y a lieu de reconnaitre l’efficacité de premiers engagements de ce service.

    « On a l’habitude de dire des mots très importants, des mots très durs pour dire les choses très simples, l’INAM se situe dans le cadre général de la protection sociale » avait, en substance, signifié le ministre togolais de travail, de l’emploi et de la sécurité sociale John Agloh. L’institut national de l’assurance maladie, lancé officiellement le 05 septembre 2011, s’est effectivement donné la mission sociale d’aider la population sur le plan sanitaire, en lui garantissant une assurance maladie. L’INAM a pour mission d’assurer la couverture des risques liés à la maladie, aux accidents et maladies non professionnels et à la maternité des agents publics et de leurs ayants droit.

    INAM met en œuvre, en appui au ministère chargé de la santé, les actions de prévention, d’éducation et d’information de nature à améliorer l’état de santé des populations assurées. Ainsi, depuis son lancement officiel, l’institut prend en charge en effet environ 300.000 bénéficiaires avec un réseau de 1.080 prestataires conventionnés, repartis sur l’ensemble du territoire national.

    L’INAM en question

    En effet, en érigeant en mission son vœu de préserver, autant les revenus des ménages que l’équilibre financier, INAM prend en charge 80% des dépenses sanitaires. On comprendra alors que grâce a INAM, le taux de mortalité a baissé par rapport aux années précédentes. Après 2011 où ce taux s’élevait encore de 11,28%, ce plan s’est présenté en palliatif et a pu rabaisser le taux à 10,24% selon les récents rapports de Perspective Monde.

    Néanmoins, si la population attendait cette structure depuis au moins 10 ans, sa venue n’aura pas tout régler. La portée de sa prestation reste en deçà de 20% de la population. Ce qui reste à faire et qu’on attend vivement de cette institution, c’est bien de la voir couvrir toute la population, toutes les couches rurales, comme confié par un enseignant dans le domaine privé, ne pouvant pas bénéficier de ce service. Aussi, l’assurance INAM ne concerne t-il pas les « cas compliqués » comme le déclare le Dr IHOU David, ancien ministre de la santé et de la population-promoteur de l’Assurance Maladie Généralisée (AMG). Cela semble d’autant vrai, si on devra rappeler que l’assurance maladie du Togo ne couvre pas les soins d’évacuation à l’étranger. Dr IBOU se demandait « à quoi sert qu’un fonctionnaire ne puisse pas bénéficier d’une cure chirurgicale de rétrécissement mitral ? ».

     

    Doter des structures sanitaires, d’un maillage conséquent

    Autre casse-tête est de penser au nombre de prestataires de soins. Il fallait donc, selon le ministre, « penser à adjoindre au système INAM, une politique qui puisse permettre de doter des structures sanitaires, d’un maillage conséquent du territoire par les médecins de toutes disciplines et d’assurer le transport des malades par un système performant d’ambulance fonctionnelles »

    En effet, le cas Togo n’est certainement pas le modèle. D’autres pays de la sous région ouest-africaine font mieux. Démarré seulement en 2012, le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) du Bénin a le mérite de trouver une autre manière d’assurer la population. Ce que l’INAM togolais doit envier au RAMU, c’est bien le fait que ce dernier soit déjà destiné à couvrir toute la population béninoise moyennant le paiement d’une prime individuelle variant selon les revenus. La structure est financée d’une part par ces cotisations, et d’autres parts, par l’Etat et ses collectivités locales. Au Benin, les assurés peuvent bénéficier entre 80% et 100%. 100% par exemple, si l’assuré se rend dans un centre de santé d’arrondissement ou dans un hôpital agrégé par le ministère béninois de la santé.

    Autre exemple, l’assurance maladie du Sénégal. C’était une promesse de campagne du président actuel Macky Sall. Ce programme peut se réjouir d’offrir un service gratuit déjà au moins de 5 ans, moyennant une participation que la population elle-même qualifie de « modique ». Ce programme n’est en outre pas un label du Sénégal puisqu’il a été déjà opté par plus d’une dizaine de pays d’Afrique.

    Autant s’instruire du modèle Ghana aussi qui en offre plus ample comme couverture de leur assurance, et surement plus simple dans sa réalisation.