Catégorie : Tech & Innovation

  • Nairobi: Twende Twende, une application qui sauve 300.000 automobilistes

    Nairobi: Twende Twende, une application qui sauve 300.000 automobilistes

    Face aux frĂ©quents embouteillages dans les villes africaines, des solutions sont imaginĂ©es pour Ă©viter les longues attentes aux automobilistes. Cela va des applications mobiles aux sites d’informations sur le trafic routier.

    Dans les capitales et grandes Africaines, le boom dĂ©mographique est suivi depuis quelques annĂ©es par des embouteillages dans les rues aux heures de pointe. Dans la plupart des cas, les automobilistes se voient obligĂ©s de subir. Mais ce n’est pas toujours le cas dans certaines villes comme Nairobi oĂč une application de messagerie « vient au secours des automobilistes ».

    AppelĂ©e Twende Twende (« allons-y, allons-y » en swahili), l’application permet Ă  ses utilisateurs d’informer les automobilistes sur leurs situations et le trafic. Les automobilistes peuvent donc sur leurs recommandations emprunter des voies indiquĂ©es pour Ă©viter les embouteillages et retrouver leurs clients.

    LancĂ©e il y a plus d’un an, Twende Twende a Ă©tĂ© conçue par IBM Research Africa. Twende Twende est gĂ©nĂ©rĂ©e par ordinateur et est Ă  ce jour disponible sur deux rĂ©seaux de tĂ©lĂ©communications mobiles du pays. Il s’agit de Safaricom et Airtel. Uyi Stewart, expert d’IBM explique que l’application fournit aux utilisateurs des informations sur l’état du trafic sur des routes stratĂ©giques. « Les conducteurs, ainsi que les usagers de la route, initient la demande en envoyant Ă  notre serveur un message SMS indiquant la route sur laquelle ils veulent des informations en matiĂšre de circulation », ajoute-t-il.

    Avant de prĂ©ciser que « le serveur rĂ©agit alors en renvoyant au conducteur l’information demandĂ©e ». Depuis son lancement, les experts estiment Ă  prĂšs de 600 000 dollars US le manque Ă  gagner Ă©vitĂ© « en contournant les embouteillages ». Dans une capitale de 3 millions d’habitants et qui fait 696 kilomĂštres carrĂ©s avec plus de 300 000 automobiles, l’initiative est apprĂ©ciĂ©e par la population.

    Améliorer la mobilité urbaine

    En Afrique de l’Ouest, des entrepreneurs et de jeunes start-upeurs se mobilisent Ă©galement. Certains usagers rĂ©flĂ©chissent aussi Ă  des solutions pour Ă©viter « des longues heures d’attente sur des routes congestionnĂ©es ». Certaines solutions sont par ailleurs trouvĂ©es dans quelques villes.

    C’est le cas de la capitale ghanĂ©enne Accra. Jamless un service d’information sur le trafic permet depuis quatre ans Ă  des automobilistes d’éviter les embouteillages. Le service emploie des indics qui passent leurs journĂ©es dans les artĂšres de la ville. Les indics sont chargĂ©s de fournir des informations aux automobilistes et Ă  d’autres usagers de la route. L’apport de Jamless reste pour le moment satisfaisant, constate Guillaume Boniface, fondateur du service d’information.

    À Lagos le phĂ©nomĂšne fruste plus d’un. La circulation dans la ville nigĂ©riane est souvent ralentie par des files interminables de voitures contraintes de rouler doucement. Mais Giditraffic aide pour le moment certains automobilistes. La plateforme partage avec ses followers sur Twitter des informations sur le trafic routier. Des conducteurs Ă©vitent ainsi des embouteillages dans cette mĂ©galopole africaine. À des milliers de kilomĂštres, Abidjan est Ă©galement l’une des villes oĂč l’on constate des embouteillages des heures de pointe. Comme solution, le site web Civroute fournit des informations aux usagers de la route.

    Mais c’est Ă  Dakar que la solution envisagĂ©e pour dĂ©sengorger la capitale et mettre fin aux bouchons est tout autre. Les autoritĂ©s ont lancĂ© des travaux de construction d’une nouvelle ville Ă  Diamniadio situĂ©e Ă  une vingtaine de kilomĂštres de Dakar. Cela va dĂ©congestionner les routes et Ă©viter de « fatigantes attentes aux Dakarois Ă  des heures de pointe », justifie-t-on Ă  l’Agence de promotion des investissements et grands travaux (Apix). La mĂȘme source indique que c’était la meilleure option pour amĂ©liorer la mobilitĂ© urbaine.

  • DevFest: Google tente une rĂ©volution en Afrique

    DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    À LomĂ© comme dans d’autres villes d’Afrique et d’ailleurs, les dĂ©veloppeurs se prĂ©parent pour dĂ©buter  un festival mondial de Google de deux jours orientĂ©s vers les Tech-entrepreneurs. Sur le continent, le gĂ©ant amĂ©ricain tente une rĂ©volution Tech malgrĂ© les difficultĂ©s multiples.

    Le DevFest ou « Festival des DĂ©veloppeurs » est un Ă©vĂ©nement de grande envergure organisĂ© chaque annĂ©e Ă  travers le monde par les communautĂ©s locales de dĂ©veloppeurs en collaboration avec Google. Les DevFests sont des Ă©vĂ©nements de dĂ©veloppement gĂ©rĂ©s par la communautĂ© qui se dĂ©roulent dans le monde entier, axĂ©s sur la crĂ©ation de communautĂ©s et l’apprentissage des technologies de Google. Le Togo qui connait de plus en plus de centres de formation de codage n’est pas Ă  l’abri de cet Ă©vĂ©nement.

    Au Togo, selon les organisateurs, l’édition de cette annĂ©e rĂ©unira prĂšs de 300 personnes issues du monde du dĂ©veloppement, de la sĂ©curitĂ© informatique, des rĂ©seaux et tĂ©lĂ©communications, de l’administration des systĂšmes, etc. Mais pas que. L’évĂšnement rassemble Ă©galement des Ă©coles universitaires, des entreprises et organisations Ɠuvrant pour la promotion des TIC au Togo.

    Cette annĂ©e, l’évĂšnement sera consacrĂ© au partage des derniĂšres technologies de dĂ©veloppement web et mobile avec tous les participants. Les Ă©changes toucheront presque tous les domaines : le web, Android, cloud, firebase, le design UX…

    Google en position d’attaque

    En Afrique, le gĂ©ant californien Google est sur tous les fronts. Sur ce continent oĂč la dĂ©mographie devient de plus en plus importante et le taux de pĂ©nĂ©trations ne cesse d’intĂ©resser, Google est conscient d’une chose : il y aura 500 millions d’internautes en Afrique d’ici Ă  2020, quand ils n’étaient que 100 millions fin 2010. Et c’est cet Ă©tat de choses qui rĂ©conforte cette entreprise comme bien d’autres pour investir dans les Tech startups.

    Au Nigeria, Google et Facebook ont annoncĂ© quelques semaines dĂ©jĂ  vouloir s’installer au Nigeria, plus peuplĂ© pays d’Afrique. Dans ce vaste pays aux Ă©conomies galopantes, le groupe de Mountain View a bien une intention : stimuler les start-ups technologiques africaines et dĂ©velopper une croissance africaine unique.

    Le mois dernier, Google a lancĂ© Google Launchpad et Google Play Afrique du Sud. Les deux initiatives qui seront entiĂšrement basĂ©es en Afrique, prĂ©cisĂ©ment en Afrique du Sud et au Nigeria, veulent offrir aux entrepreneurs et aux concepteurs technologiques tant en herbe qu’expĂ©rimentĂ©s, un accĂšs pratique et direct Ă  la confiance intellectuelle de Google. Les candidatures sont ouvertes aux start-ups technologiques avec leurs propres fonds de dĂ©marrage du Ghana, du Kenya, du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et de l’Ouganda. Les structures choisies pour participer au programme de trois mois recevront plus de 3 millions de dollars en soutien sans fonds propres, espace de travail, voyages et relations publiques, ainsi qu’un accĂšs aux experts en technologies de la Silicon Valley durant trois ans.

    Le directeur rĂ©gional de Google pour l’Afrique subsaharienne, Andy Volk, a dĂ©clarĂ© que Google cherchait des moyens de s’impliquer davantage dans les entreprises technologiques africaines depuis plusieurs annĂ©es. Avec un climat d’affaires technologique de plus en plus favorable et une vague d’idĂ©es technologiques uniques en provenance du continent, il Ă©tait temps de commencer Ă  Ă©tablir des relations d’affaires. « Toute personne qui passe du temps dans l’espace technologique africain sait que le continent abrite des innovations passionnantes », se convainc celui-ci.

    Toutefois, le constat manifestement le plus frappant et qui agace en Afrique francophone, c’est que les plus grandes startups sont dans les pays anglophones.

    Le difficile climat pour les Tech startups en Afrique

    En Afrique, hormis quelques pays qu’on peut facilement localiser comme ayant un climat favorable Ă  l’éclosion des startups Ă  l’instar de l’Éthiopie, Kenya, l’Afrique du Sud, le Maroc
 la tendance gĂ©nĂ©rale n’est pas convenable Ă  ces petites entreprises. Le financement est un problĂšme qui tue les startups dĂšs la naissance.

    Pour la GhanĂ©enne Dorothy Gordon qui dirige l’Institut de technologie avancĂ©e et d’informations d’Accra, la taille rĂ©duite du marchĂ© Ă©conomique de l’Afrique francophone est Ă©galement un obstacle Ă  l’essor des start-ups. « En raison de la taille du marchĂ©, il est difficile d’attirer des investisseurs Ă©trangers. Et les gouvernements locaux ne font pas assez pour aider les jeunes start-ups Ă  se dĂ©velopper », a-t-elle confiĂ© dans un entretien Ă  Forbes Afrique.

    Sur le continent, on Ă©value les besoins de financement des jeunes structures Ă  quelque 140 milliards de dollars par an, alors que les banques sont de nature hostiles aux risques, et la durĂ©e de vie des startups est souvent courte. Les stratĂ©gies mises en place par les pays pour accompagner ces entreprises se rĂ©vĂšlent dans la plupart des cas inefficaces. Mais le tout ne se limite pas lĂ . Un manque d’encadrement parait parfois comme une difficultĂ© fondamentale. Surtout pour les Tech entrepreneurs, la disponibilitĂ© de la connexion internet reste un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant. La coupure de connexion pendant 93 jours dans la partie anglophone du Cameroun en dĂ©but d’annĂ©e 2017 a constituĂ© un grand frein dans l’évolution des startups de la Silicon Moutain. Mais l’étroitesse du marchĂ© des consommations pose dans certains, cas une autre difficultĂ©.

    En effet, si la progression du taux de pĂ©nĂ©tration d’Internet impressionne sur le continent, il faut aussi rappeler que cette croissance est principalement portĂ©e par quelques pays seulement, comme le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouganda ou encore l’Afrique du Sud. Au Maroc par exemple, plus de 58,3 % de la population Ă  accĂšs Ă  Internet, contre quelques 2,1 % au Niger. Le premier obstacle pour les entrepreneurs africains spĂ©cialisĂ©s dans le secteur digital est donc cet accĂšs restreint au rĂ©seau mondial pour ces populations.

    Mais pour certains, grĂące aux nouvelles technologies les prochaines annĂ©es vont marquer un point d’inflexion dans les mĂ©thodes de financement des startups. Le nano crĂ©dit, initiative qui permet Ă  des entrepreneurs d’avoir de la trĂ©sorerie au quotidien a dĂ©jĂ  fait ses preuves au Kenya, avec commercial Bank of Africa (CBA) et Safaricom. En Afrique francophone, l’initiative peut Ă©galement ĂȘtre au bĂ©nĂ©fice des Tech entrepreneurs.

     

  • Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rĂȘver toute Afrique

    Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rĂȘver toute Afrique

    Face aux coûts élevés des données mobiles, le projet Isizwe met à la disposition des municipalités sud-africaines un réseau de Wi-Fi gratuit.

    En Afrique, le taux de pĂ©nĂ©tration Ă©levĂ© du mobile se conjugue avec l’élĂ©vation des coĂ»ts des donnĂ©es dans la plupart des pays. Une situation qui empĂȘche une bonne partie de la population de naviguer convenablement. En rĂ©alitĂ© la Banque mondiale estime que pour chaque pĂ©nĂ©tration de 10 % de l’accĂšs Ă  Internet, le PIB d’un pays augmente de 1,28 %.

    Dans certains pays, la tĂ©lĂ©phonie mobile n’est d’ailleurs pas accessible Ă  une bonne partie de la population. En Afrique du Sud par exemple, l’achat des donnĂ©es mobiles n’est pas toujours chose aisĂ©e. Les donnĂ©es sont disponibles Ă  des prix qui vont de 10 centimes Ă  2 rands. A l’heure oĂč le pays subit encore des transformations numĂ©riques avec des services proposĂ©s par diffĂ©rentes startups, les populations de certaines rĂ©gions se voient incapables de payer des donnĂ©es.

    Dans la plupart des cas, certaines rĂ©gions restent en marge des services disponibles grĂące Ă  la connexion mobile. Le projet Isizwe initiĂ© par Alan Knott-Craig Jr, ancien PDG de Mxit, veut emmener les États Ă  « considĂ©rer le Wi-Fi comme un service de base ». « L’accĂšs Ă  Internet devrait ĂȘtre un service essentiel, comme l’eau ou l’électricitĂ©. Et tout comme l’eau et l’électricitĂ©, il devrait ĂȘtre accessible Ă  tous, peu importe les circonstances, » sont convaincus les porteurs du projet.

    Il s’agira de mettre Ă  la disposition du continent de l’Internet sous la forme d’un Wi-Fi gratuit. Pour les responsables du projet, c’est un moyen alternatif de connecter les populations Ă  Internet. « Isizwe permet de combler la fracture numĂ©rique et donne accĂšs Ă  internet, mais aussi accĂšs Ă  l’information, Ă  l’empowerment, au reste du monde », explique Duduzile Mkhwanazi PDG de Isizwe.

    Un réseau gratuit et rapide

    « Notre rĂŽle est de travailler avec l’État et de l’aider Ă  dĂ©ployer le Wi-Fi et offrir un accĂšs Ă  internet. Nous aidons notre pays », rappelle Duduzile Mkhwanazi. Isizwe vient combler les efforts du gouvernement sud-africain dans les tĂ©lĂ©communications. Le projet est rĂ©alisĂ© depuis 2013 dans la ville de Tshwane qui compte plus de 3 millions d’habitants. Plus de 1000 zones WiFi publiques ont Ă©tĂ© mises en place. Les Ă©coles, les bibliothĂšques et les parcs ont Ă©tĂ© couverts par le rĂ©seau. Plus de 25 % de la population navigue dĂ©sormais grĂące Ă  une connexion internet gratuite.

    En plus de permettre aux utilisateurs 500 Mo par jour sur Tshwane Free WiFi, Project Isizwe a dĂ©veloppĂ© un portail de contenu. Tobetsa est conçu pour donner aux utilisateurs l’accĂšs Ă  du contenu curĂ© non plafonnĂ©. Ce contenu est axĂ© sur l’éducation, le dĂ©veloppement des compĂ©tences et l’emploi, et donne aux communautĂ©s locales le pouvoir d’accĂ©der Ă  l’information, Ă  l’éducation et aux emplois en ligne, leur permettant de participer Ă  l’économie comme jamais auparavant.

    Le coĂ»t du dĂ©ploiement de la premiĂšre phase de Isizwe Ă  Tshwane a Ă©tĂ© payĂ© par la municipalitĂ©. La phase 2 porte sur l’installation, l’exploitation et la maintenance de plus de 200 points d’accĂšs (d’une capacitĂ© de 5 000 utilisateurs chacun) pendant trois ans. La municipalitĂ© va payer prĂšs de 53 millions de rands aux responsables du projet.

    L’avantage du projet et son dĂ©ploiement rĂ©ussi Ă  Tshwane ont forcĂ© l’admiration d’autres municipalitĂ©s qui envisagent offrir les rĂ©seaux de Wi-Fi gratuit Ă  leurs populations. Pour l’heure le projet n’est rĂ©alisĂ© qu’en Afrique du Sud. D’autres pays anglophones de l’Afrique australe devraient tout de mĂȘme en bĂ©nĂ©ficier. Viendra ensuite le tour d’autres municipalitĂ©s africaines sur le continent.

     

  • Ghana: deux adolescents produisent l’électricitĂ© grĂące au manioc

    Ghana: deux adolescents produisent l’électricitĂ© grĂące au manioc

    La nouvelle gĂ©nĂ©ration de jeunes entrepreneurs ghanĂ©ens s’illustre dans diffĂ©rents secteurs de dĂ©veloppement avec des innovations remarquables.

    Au Ghana, un soutien proactif est apportĂ© Ă  l’entrepreneuriat depuis quelques annĂ©es. Cela a facilitĂ© la naissance de nouvelles entreprises. Les inventions sont Ă©galement constatĂ©es dans plusieurs secteurs. Parmi elles, on peut citer une voiture trois places ou un appareil qui gĂ©nĂšre de l’électricitĂ© grĂące au manioc.

    Deux jeunes ont en effet mis en place un appareil d’une tension de 12 volts capable d’alimenter une dizaine d’ampoules Ă  Ă©conomie d’énergie et un poste de radio. Pour faire fonctionner l’appareil, du manioc mĂ©langĂ© est mis dans un rĂ©servoir d’un litre. « Les tuyaux dans le dispositif absorberont alors le manioc mĂ©langĂ© du rĂ©servoir et l’utiliseront ensuite pour produire de l’électricité », expliquent-ils.

    Ce prototype peut ĂȘtre mieux dĂ©veloppĂ©. Les jeunes inventeurs envisagent avoir du financement pour concevoir un appareil capable de gĂ©nĂ©rer une puissance Ă©levĂ©e avec un plus grand rĂ©servoir. Sur ce plan, les autoritĂ©s ghanĂ©ennes ont créé un environnement propice pour stimuler les investissements dans l’entrepreneuriat. L’État facilite ainsi l’accĂšs au financement des micro — , petites et moyennes entreprises. L’initiative n’a pas encore comblĂ© toutes les attentes. Cependant elle a dĂ©jĂ  permis Ă  des entrepreneurs de continuer la rĂ©alisation de leurs projets.

    Innovation

    Pour promouvoir la crĂ©ation d’entreprises, l’État a mis en place durant un an un programme universitaire appuyĂ© par la Banque mondiale. Il s’agit du projet eGhana qui a permis Ă  des jeunes entrepreneurs comme Peter Paul Akanko, PDG de la sociĂ©tĂ© Kente Master, qui fait du tissu traditionnel un produit chic et jeune.

    Sa sociĂ©tĂ© fabrique Ă  partir du tissu Kente des cravates, des tongs, des chaussures, des cartables, mais aussi des Ă©toles pour les cĂ©rĂ©monies de remise de diplĂŽme. D’autres programmes de pĂ©piniĂšre d’entreprise sont aussi mis en place. Et le pays s’illustre par les rĂ©alisations de ses entrepreneurs.

    Sulley Amin Abubakar a par exemple créé Zaacoal qui produit du charbon Ă  base de coques de noix de coco. Sa jeune compatriote Bernice Dapaah a rĂ©alisĂ© un projet Ă©cologique impressionnant. L’entrepreneure a en effet fabriquĂ© des bicyclettes en bambou. « Ces vĂ©los n’ont pas besoin d’ĂȘtre remplacĂ©s tout le temps. Et s’il faut les rĂ©parer, les matĂ©riaux, les outils et les compĂ©tences sont sur place », explique la fondatrice de Ghana Bamboo Bikes qui a dĂ©jĂ  créé des emplois.

    Dans le secteur du numĂ©rique, trois jeunes ont fondĂ© il y a quatre ans MeQasa, un site d’immobilier et de petites annonces qui aide la population. Bright Simons a de son cĂŽtĂ© lancĂ© MPedigree, une application mobile qui permet dĂ©celer les faux mĂ©dicaments. D’autres espaces de travail comme Hub Accra ou ISpace Ghana encouragent Ă©galement l’idĂ©e d’entrepreneuriat technologique.

    À cĂŽtĂ© de ce « Ghana qui bouge », l’État a dĂ©cidĂ© de conquĂ©rir l’espace. Le Ghana a lancĂ© en juillet dernier son premier satellite, GhanaSat-1, qui va faciliter la surveillance dans la recherche scientifique et la surveillance des cĂŽtes du pays. Le satellite a Ă©tĂ© construit par des ingĂ©nieurs ghanĂ©ens de l’universitĂ© All Nation de Koforidua. Un deuxiĂšme satellite devrait Ă©galement ĂȘtre lancĂ© pour contrĂŽler l’exploitation illĂ©gale des minerais ou la dĂ©forestation dans le pays.

  • Le Ghana lance le premier permis de conduire Ă©lectronique en Afrique de l’Ouest

    Le Ghana lance le premier permis de conduire Ă©lectronique en Afrique de l’Ouest

    RestĂ© longtemps l’apanage des pays occidentaux, le Ghana vient de lancer les permis de conduire numĂ©riques. Le pays devient ainsi le premier pays d’Afrique de l’Ouest Ă  adopter cette technologie.

    L’AutoritĂ© ghanĂ©enne en charge des immatriculations de vĂ©hicules et des permis de conduire (DVLA) a lancĂ© mardi 7 novembre 2017, les permis de conduire Ă©lectroniques, considĂ©rĂ©s comme l’un des plus sĂ©curisĂ©s au monde. Le lancement a Ă©tĂ© effectuĂ© par le vice-prĂ©sident ghanĂ©en Dr Mahamudu Bawumia.

    Le nouveau permis de conduire utilisera une technologie d’impression d’identitĂ© sĂ©curisĂ©e qui peut ĂȘtre facilement intĂ©grĂ©e Ă  d’autres systĂšmes de la DVLA. La licence de pilote intelligent dispose d’une puce sans contact pour promouvoir un bon stockage des donnĂ©es biographiques et personnelles. Il utilisera Ă©galement la technologie la plus rĂ©cente pour l’impression sĂ©curisĂ©e d’ID.

    Selon les responsables de la DVLA, la nouvelle carte Ă©lectronique va accĂ©lĂ©rer l’acquisition de nouveaux permis de conduire. Il permettra aux demandeurs de l’obtenir dans les deux Ă  quatre semaines suivant la demande.

    En outre, les nouveaux permis permettront à améliorer les revenus décroissants de la DVLA.

    L’adoption de ce nouveau permis fait partie des mesures du gouvernement ghanĂ©en visant Ă  supprimer les personnes intermĂ©diaires communĂ©ment appelĂ©s, « gorro boys » dans processus de dĂ©livrance de nouveaux permis de conduire.

    Ce nouveau processus aura Ă©galement une incidence sur le processus d’immatriculation des vĂ©hicules. La demande et le traitement des dossiers s’effectueront en ligne, et le transfert de propriĂ©tĂ© des vĂ©hicules immatriculĂ©s dans une autre juridiction peut Ă©galement ĂȘtre automatisĂ©, ce qui Ă©limine le besoin de rĂ©diger des lettres de transfert.

    Il y a quelques mois, le GhanaCard


    En septembre dernier, le prĂ©sident ghanĂ©en Nana Akufo-Ado a lancĂ© une nouvelle carte d’identitĂ© nationale baptisĂ©e GhanaCard. Cette carte utilise une technologie de pointe qui intĂšgre plusieurs couches de fonctions de sĂ©curitĂ© de la plupart des documents Ă©lectroniques d’identitĂ© avancĂ©s, consolidant ainsi l’évolution du pays dans le monde numĂ©rique.

    Une carte qui rĂ©pond Ă  tous les besoins biomĂ©triques de base du pays et permettant l’harmonisation et l’intĂ©gration de tous les autres services de donnĂ©es au Ghana, tels que l’assurance maladie nationale, passeport, sĂ©curitĂ© sociale.

    GhanaCard a marquĂ© une nouvelle Ăšre dans la gestion de l’identitĂ© biomĂ©trique au Ghana et met fin Ă  la prolifĂ©ration des systĂšmes biomĂ©triques par d’autres agences gouvernementales.

    Aussi, la carte a-t-elle Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e pour tirer parti des nouvelles technologies telles que les Ă©lĂ©ments tactiles pour aveugles, la technologie d’intĂ©gration de puce et les capacitĂ©s d’iris, en plus de prendre les 10 empreintes digitales d’un candidat.

    Le dĂ©ploiement de la GhanaCard est une collaboration entre l’AutoritĂ© nationale d’identification (NIA) et les systĂšmes de gestion d’identitĂ© (IMS), une filiale du Groupe Margins, un fournisseur local de solutions d’identitĂ©, de sĂ©curitĂ© et de transactions.

    De plus, l’exercice d’enregistrement de la GhanaCard implique des enfants de 0 à 5 ans, ce qui donnera au pays une occasion unique d’assainir et de rationaliser sa certification de naissance afin d’assurer l’inclusion sociale dùs la naissance.

     

  • Togo: la difficile Ă©closion des startups du numĂ©rique

    Togo: la difficile éclosion des startups du numérique

    Les brises de l’entrepreneuriat qui soufflent sur les pays Ă©mergents asiatiques ont fini par avoir raison de l’Afrique. ExposĂ© Ă  un taux de chĂŽmage trĂšs Ă©levĂ© et qui ne cesse de croitre de maniĂšre exponentielle Ă  cause d’un taux de natalitĂ© relativement fort face Ă  des politiques d’emploi non efficaces et Ă  des Ă©conomies qui n’évoluent que lentement, les jeunes sont presque condamnĂ©s Ă  une alternative d’auto-emploi.

    Au Togo, aprĂšs une longue pĂ©riode caractĂ©risĂ©e par des cycles de stagnation et de rĂ©cession liĂ©e Ă  plus de quinze ans de crise sociopolitique, l’économie togolaise est marquĂ©e, durant les huit derniĂšres annĂ©es (2005 Ă  2012), par des signes d’une reprise progressive. Ainsi, le taux de croissance Ă©conomique qui a Ă©tĂ© en moyenne de 2,4% sur la pĂ©riode 2005 Ă  2007 s’est progressivement et de maniĂšre rĂ©guliĂšre engagĂ©e sur une trajectoire ascendante jusqu’à atteindre 5,9 % en 2012.

    Si cette performance Ă©conomique est louable, son impact sur les conditions Ă©conomiques et sociales des populations est restĂ© mitigĂ©. Toutefois, cette situation globalement prĂ©caire est adossĂ©e un taux du chĂŽmage et de sous-emploi au Togo relativement trĂšs Ă©levĂ©. Au grand nombre de chĂŽmeurs, s’est ajoutĂ© le dĂ©veloppement d’un secteur informel, laissĂ© jusque-lĂ  Ă  lui-mĂȘme, dont le niveau de sous-emploi apparaĂźt aujourd’hui comme une pesanteur quant Ă  la crĂ©ation d’emplois dĂ©cents et durables.

    DĂšs lors, des initiatives naissent sur le terrain. Le Togolais Dona Etchri a Ă©tĂ© primĂ© Ă  Paris au programme de Connexions Citoyennes 2017 organisĂ© par CFI, avec sa nouvelle application dĂ©nommĂ©e Doomevi, « une application qui va amĂ©liorer la participation citoyenne dans la vie active de la nation togolaise en stimulant le sĂ©rieux et la promptitude dans la rĂ©paration et l’entretien des infrastructures publiques ». D’autres jeunes Togolais comme Sam Kodo s’illustre dans la robotique, comme Limpio Studio qui s’est fait connaitre avec le premier jeu vidĂ©o togolais.

    Le grand assaut

    Au Togo, la situation n’est pas tout autre. Le marchĂ© de l’emploi consomme trĂšs peu de jeunes que les universitĂ©s n’en produisent. Le chĂŽmage est galopant.

    Si le gouvernement s’aperçoit fĂ©brile face aux politiques d’emplois des jeunes, il a nĂ©anmoins des approches de solution, en passant par la crĂ©ation d’un ministĂšre du dĂ©veloppement Ă  la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. Depuis, des structures ont Ă©tĂ© créées ayant pour mission d’accompagner les jeunes Ă  faire Ă©clore leur leadership et Ă  s’engager dans l’auto-emploi.

    Depuis la crĂ©ation du Fonds d’appui Ă  l’initiative Ă©conomique des jeunes (FAIEJ), le bilan est sans doute mitigĂ©, mais l’Etat est tout de mĂȘme satisfait de faire sortir de son laboratoire des jeunes entrepreneurs. Cette initiative qui forme des jeunes de 18 Ă  35 et finance leurs projets se veut un systĂšme de prĂȘt permettant de financer Ă  hauteur de 95% le coĂ»t total de projet. Le taux applicable est de 4,5% avec un diffĂ©rĂ© maximum de 6 mois, et ce, selon la nature de l’activitĂ©, sur une durĂ©e maximale de 36 mois.

    Dispositif d’accompagnement technique et financier opĂ©rationnalisĂ© en 2013, le FAIEJ dans le cadre de sa mission, soutient les jeunes porteurs d’initiatives d’entreprises. A ce jour, plus de 1 500 projets sont structurĂ©s dont un millier financĂ© Ă  hauteur de 1 700 000 000 F CFA, selon les responsables.

    Difficultés

    Au Togo, nombre sont les difficultĂ©s liĂ©es au secteur de l’entrepreneuriat. S’il est vrai que le Centre de formalitĂ©s des entreprises est de plus en plus opĂ©rationnel et simplifier, d’autres contraintes subsistent encore.

    Le Togo mise en effet sur le secteur du numĂ©rique pour doper son Ă©conomie. Depuis la mise en place du ministĂšre des Postes et de l’Économie numĂ©rique, des initiatives dans le sens de l’innovation numĂ©rique intĂ©ressent et les occasions pour les primer ne font pas dĂ©faut.

    Toutefois, pour les startups spĂ©cialisĂ©es dans le numĂ©rique et dans la technologie, les coupures rĂ©guliĂšres et intempestives de l’électricitĂ© ajoutĂ©es aux censures sur internet que le pays a connu lors de la crise sociopolitique constituent un rĂ©el manque Ă  gagner pour les jeunes entrepreneures. « DĂ©jĂ  que la qualitĂ© de la connexion internet est mĂ©diocre, mais chĂšre, cela ne facilite pas les choses. Ensuite, les coupures de la connexion bouleversent les prĂ©visions et nous mettent dans l’incertitude constante » a confiĂ© un jeune entrepreneur digital.

    En effet, ce problĂšme est souvent relevĂ©, mais pas que. D’autres pointent, sans ĂȘtre contre le principe au fond, le fonctionnement de l’Office togolais des Recettes qui ne favorise pas la bonne croissance des startups, mais plutĂŽt les « étouffe ».

    Autre point souvent ressorti : le manque de financement. « Le Togo fait un effort, mais il reste beaucoup Ă  faire. Pour un pays qui a besoin de compter sur les compĂ©tences locales pour, Ă  la fois relever l’économie du pays et contribuer Ă  la rĂ©solution des problĂšmes de chĂŽmages, c’est encore insuffisant », nous confie un entrepreneur. ConsĂ©quence, les jeunes cerveaux prĂ©fĂšrent aller se faire valoriser sur d’autres marchĂ©s comme en Europe, en Asie, en AmĂ©rique voire en Afrique de l’Est et australe, ces rĂ©gions hautement fertiles aux innovateurs.

    Pour autant, bien de jeunes entrepreneurs ne dĂ©sarment pas. Ils sont plus d’un Ă  ĂȘtre persuadĂ©s, tout comme la ministre togolaise de l’Économie numĂ©rique, que le Togo reprĂ©sente une terre d’opportunitĂ© pour quiconque veut entreprendre en numĂ©rique, tant que le rĂȘve de faire de LomĂ© un hub numĂ©rique n’est pas encore mort.

  • Dokita Eyes: l’application santĂ© pour les patients de LomĂ©

    Dokita Eyes: l’application santĂ© pour les patients de LomĂ©

    Conçue pour rendre plus accessibles les soins de santĂ© aux populations, l’application Dokita Eyes est Ă©quipĂ©e de 4 interfaces pour le patient, le pharmacien, le laborantin et le personnel soignant. 

    La conception de cette application constitue une alternative pour l’utilisation de carnet de santĂ©, la rĂ©daction de l’ordonnance par le mĂ©decin. Ce dernier peut grĂące Ă  l’application conseiller son patient. Dokita Eyes donne la possibilitĂ© aux patients de commander diffĂ©rents services de santĂ©. Il peut s’agir de « l’achat d’un produit Ă  la pharmacie, d’une analyse mĂ©dicale ou encore d’une course pour son assurance santé ». MadzĂ© Agbetiafa, le concepteur de l’application explique qu’une Ă©quipe a Ă©tĂ© mise en place pour satisfaire les commandes des populations. Selon lui, les produits commandĂ©s sont directement livrĂ©s Ă  l’adresse de livraison indiquĂ©e.

    Toujours grĂące Ă  l’application les laborantins peuvent sous forme d’alertes envoyer directement Ă  des mĂ©decin-soignants les rĂ©sultats des analyses de leurs patients. Dokita Eyes est mis gratuitement Ă  la disposition de la population. L’équipe en charge de l’application a Ă©galement signĂ© une collaboration avec l’hĂŽpital de BĂš, un centre de santĂ© de la capitale togolaise. MadzĂ© Agbetiafa indique Ă©galement qu’un carnet de santĂ© virtuel a Ă©tĂ© mis en place. Pour l’utiliser, les patients doivent « payer une carte numĂ©risĂ©e « Dokita Eyes Card » au prix de 3500 F CFA pour une validitĂ© de 12 mois ».

    Plateforme d’échanges

    Cette solution mobile innovante d’E-santĂ©, Dokita Eyes App, apporte une cĂ©lĂ©ritĂ© Ă  la prise en charge des malades Ă  LomĂ©. Parce qu’elle sert Ă  la fois de plateforme d’Ă©changes pour le personnel soignant, de carnet de santĂ© numĂ©rique, de canal d’accĂšs aux services de santĂ© pour gagner du temps. Dokita Eyes constitue un important apport dans le domaine de l’E-santĂ©.

    L’application a d’ailleurs Ă©tĂ© finaliste du concours RFI Challenge App Afrique qui rĂ©compense les innovations numĂ©riques permettant d’amĂ©liorer la qualitĂ© des services de santĂ© sur le continent. Fort de son succĂšs, Dokita Eyes a Ă©galement Ă©tĂ© nominĂ©e Ă  la premiĂšre Ă©dition de l’Africa Global Telecom Business (GTBM) Awards destinĂ© Ă  rĂ©compenser les innovations et les acteurs du monde du numĂ©rique.

     

     

  • The Boy In Savannah, le premier jeu vidĂ©o togolais cartonne

    The Boy In Savannah, le premier jeu vidéo togolais cartonne

    Conçu sur l’initiative de jeunes togolais, le premier jeu vidĂ©o togolais a reçu en deux ans l’adhĂ©sion de plusieurs utilisateurs.

    C’est en dĂ©cembre 2015 que de jeunes togolais rĂ©unis sur le label LimPio Studio lancent la premiĂšre version du jeu « The Boy in Savannah », premier jeu vidĂ©o entiĂšrement rĂ©alisĂ© au Togo. Quelques mois plus tard, une version amĂ©liorĂ©e du jeu est mis en ligne « The boy in the Savannah Advanced Edition », plus innovant et dynamique.

    Tout est parti de la startup LimPio Studio, cofondĂ© par deux jeunes togolais, GĂ©rard LimpiyĂš Pana, Ă©tudiant en programmation et Pio Jules TchĂ©dou, Ă©tudiant en architecture. Un troisiĂšme (KPANOU Loyimon Ferry) s’est occupĂ© des sons sur la premiĂšre version du jeu mais c’est une Ă©quipe de cinq personnes qui a travaillĂ© sur la version avancĂ©e du jeu.

    Promouvoir la faune et la flore

    Le principe du jeu « The boy in Savannah » ou « le garçon dans la savane » en français est simple. Il s’agit d’un pĂ©riple d’un jeune homme dans la savane. Un jeu de type runner dont l’objectif est d’atteindre le score le plus Ă©levĂ© tout en Ă©vitant les animaux sauvages. Au-delĂ  de son aspect ludique, le jeu vidĂ©o veut faire la promotion non seulement de la faune et de la flore de l’Afrique, mais aussi de sa culture.

    Selon Tchédou Pio, un des promoteurs du jeu, la phase de promotion a permis de faire accepter au sein de la population « cette création togolaise ». La prochaine étape ? Concevoir un jeu en Réalité Virtuel. « Pour cela, nous sommes à la recherche de partenaires car il nous faut du matériel de derniÚre génération et logiquement des casques de réalité virtuelle », explique Tchédou Pio.

     

  • Gabeya, Ă  l’école de programmation en Afrique

    Gabeya, Ă  l’école de programmation en Afrique

    Depuis son installation Ă  Addis-Abeba, les services de Gebeya, la startup que Amadou Daffe a créée en 2016 pour aider les entreprises Ă  digitaliser leurs services, sont tombĂ©s sur un terrain fertile. La startup procure de l’emploi Ă  des centaines de jeunes codeurs.

    L’aventure dĂ©marre dĂ©jĂ  dans les annĂ©es 2000. AprĂšs ses Ă©tudes en gĂ©nie informatique desquelles il sort nanti d’un bachelor en Computer Science et un Masters en Management Information Systems, Amadou Daffe a commencĂ© Ă  travailler pour des entreprises technologiques amĂ©ricaines basĂ©es en Pennsylvanie. « J’ai alors Ă©tĂ© choquĂ© de voir qu’un nombre infime d’Africains travaillaient avec ces entreprises, contrairement aux Asiatiques et en particulier les Indiens, » raconte-t-il. L’idĂ©e de former les talents informatiques du continent africain pour les mettre en relation avec les entreprises amĂ©ricaines nait. L’objectif Ă©tait de construire un rĂ©seau de dĂ©veloppeurs. Amadou Daffe venait de lancer son premier projet, le Coders4Africa.

    AprĂšs 4 ans passĂ©s Ă  parcourir le SĂ©nĂ©gal, le Mali, le Kenya, l’Éthiopie et mĂȘme la Tunisie, le jeune entrepreneur a mis en place un modĂšle de sous-traitance dans lequel il reçoit des contrats des USA pour les exĂ©cuter en Afrique. NĂ©anmoins, le modĂšle n’était pas assez performant. Il manquait parfois suffisamment de dĂ©veloppeurs pour certaines commandes. D’oĂč le besoin de former plus de personnes. L’aventure Coders4Africa doit alors trĂšs rapidement changer de modĂšle.

    « Nous avons transformé ce réseau en une opportunité professionnelle. »

    Gebeya est aujourd’hui un Ă©cosystĂšme autosuffisant qui repose sur trois piliers : le programme de formation payant, la plateforme de sous-traitance et l’incubateur.

    La startup est actuellement installĂ©e en Éthiopie et au Kenya. Un choix qui s’explique par le trĂšs vaste marchĂ© de potentialitĂ©s des deux pays qui font Ă  eux deux, prĂšs de 150 millions d’habitants, avec environ 60 % de la population jeune et des Ă©conomies galopantes. « Depuis que je vis en Éthiopie, on a eu plus de succĂšs en 8 mois qu’en 4 ans ! », a confiĂ© le CEO de Gabeya. Un succĂšs qui s’explique par le fait que cette startup est trĂšs attachĂ©e au marchĂ© africain.

    Au sein de cette startup, la question de paritĂ© est Ă©galement de mise. 30 % des professionnels sont des femmes, et l’entreprise prĂ©voie d’atteindre 50 % de femmes dans le programme l’annĂ©e prochaine. « Ce que les gens ne comprennent pas, sans ĂȘtre sexiste, c’est que les femmes ont de meilleures aptitudes pour la programmation », aime dire Amadou Daffe qui ne perd pas d’une seconde son plus grand dĂ©fi : « devenir leader sur le marchĂ© du digital en Afrique. »

  • Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les dĂ©chets plastique

    Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    L’Afrique, surtout sub-saharienne est confrontĂ©e Ă  des dĂ©fis Ă©normes de gestion de ses dĂ©chets, tant les politiques de gestion de ces dĂ©chets sont dĂ©faillantes et les populations restent souvent en marge de cette tĂąche. Coliba, une startup ivoirienne se propose de pallier ce problĂšme en recyclant les dĂ©chets plastiques.

    En CĂŽte d’Ivoire, l’entreprise COLIBA tente de revaloriser les dĂ©chets plastiques Ă  l’aide d’un support web et mobile. A travers une plateforme numĂ©rique, les utilisateurs-clients ont accĂšs Ă  leur compte mobile et peuvent facilement programmer des collectes d’ordures. Ces ordures converties en points, deviennent alors des bonus. En complĂ©ment, les usagers reçoivent des conseils sur l’environnement. L’entreprise effectue alors le tri des dĂ©chets et offre aux utilisateurs la possibilitĂ© d’en tirer profit (argent, matĂ©riels de tri d’ordures, kits scolaires). L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet ville durable initiĂ© par le gouvernement ivoirien.

    En effet, Coliba part d’un constat simple : « nous avons effectuĂ© un voyage en Afrique de l’Ouest dans 7 pays et ce pour un concours organisĂ© par Ampion (Association allemande). Ce concours recommandait donc de prĂ©senter des projets dans le domaine du dĂ©veloppement durable. Notre constat Ă©tait simple, comment rĂ©duire les dĂ©chets plastiques qu’on voyait un peu partout avec une innovation technologique ? C’est de lĂ  qu’est venu le projet COLIBA. AprĂšs, on s’est bien rendu compte que ce dĂ©fi Ă©tait assez important dans la mesure oĂč en CĂŽte d’Ivoire, on produit 5 millions de tonnes de dĂ©chets/an » a dĂ©clarĂ© le co-fondateur Yaya KonĂ©.

    Vaste marché

    Le marchĂ© du recyclage des dĂ©chets plastiques en CĂŽte d’Ivoire est estimĂ© Ă  plus de 120 milliards de FCFA soit plus de 180 millions d’euros, selon l’Agence nationale de la salubritĂ© urbaine (ANASUR). L’entreprise prĂ©voit de capturer 300 tonnes de dĂ©chets plastiques/mois. Soit 15% des dĂ©chets plastiques dans la ville d’Abidjan. L’objectif est d’implanter la solution partout dans le pays.

    Avec plus d’une tonne de dĂ©chets collectĂ©s chaque mois et environ mille clients, cette startup travaille exclusivement avec des femmes dans son centre de tri. Un choix justifiĂ© par le fait que ce sont des personnes vulnĂ©rables, plus exposĂ©es Ă  la pauvretĂ© et moins aux systĂšmes de production et financiers.

    Avec une capture de 300 tonnes de dĂ©chets par mois sur 10 communes de la ville d’Abidjan, les 3 ans Ă  venir verront une marge de croissance de plus 20 % de l’activitĂ©.