Face aux frĂ©quents embouteillages dans les villes africaines, des solutions sont imaginĂ©es pour Ă©viter les longues attentes aux automobilistes. Cela va des applications mobiles aux sites dâinformations sur le trafic routier.
Dans les capitales et grandes Africaines, le boom dĂ©mographique est suivi depuis quelques annĂ©es par des embouteillages dans les rues aux heures de pointe. Dans la plupart des cas, les automobilistes se voient obligĂ©s de subir. Mais ce nâest pas toujours le cas dans certaines villes comme Nairobi oĂč une application de messagerie « vient au secours des automobilistes ».
AppelĂ©e Twende Twende (« allons-y, allons-y » en swahili), lâapplication permet Ă ses utilisateurs dâinformer les automobilistes sur leurs situations et le trafic. Les automobilistes peuvent donc sur leurs recommandations emprunter des voies indiquĂ©es pour Ă©viter les embouteillages et retrouver leurs clients.
LancĂ©e il y a plus dâun an, Twende Twende a Ă©tĂ© conçue par IBM Research Africa. Twende Twende est gĂ©nĂ©rĂ©e par ordinateur et est Ă ce jour disponible sur deux rĂ©seaux de tĂ©lĂ©communications mobiles du pays. Il sâagit de Safaricom et Airtel. Uyi Stewart, expert dâIBM explique que lâapplication fournit aux utilisateurs des informations sur lâĂ©tat du trafic sur des routes stratĂ©giques. « Les conducteurs, ainsi que les usagers de la route, initient la demande en envoyant Ă notre serveur un message SMS indiquant la route sur laquelle ils veulent des informations en matiĂšre de circulation », ajoute-t-il.
Avant de prĂ©ciser que « le serveur rĂ©agit alors en renvoyant au conducteur lâinformation demandĂ©e ». Depuis son lancement, les experts estiment Ă prĂšs de 600 000 dollars US le manque Ă gagner Ă©vitĂ© « en contournant les embouteillages ». Dans une capitale de 3 millions dâhabitants et qui fait 696 kilomĂštres carrĂ©s avec plus de 300 000 automobiles, lâinitiative est apprĂ©ciĂ©e par la population.
Améliorer la mobilité urbaine
En Afrique de lâOuest, des entrepreneurs et de jeunes start-upeurs se mobilisent Ă©galement. Certains usagers rĂ©flĂ©chissent aussi Ă des solutions pour Ă©viter « des longues heures dâattente sur des routes congestionnĂ©es ». Certaines solutions sont par ailleurs trouvĂ©es dans quelques villes.
Câest le cas de la capitale ghanĂ©enne Accra. Jamless un service dâinformation sur le trafic permet depuis quatre ans Ă des automobilistes dâĂ©viter les embouteillages. Le service emploie des indics qui passent leurs journĂ©es dans les artĂšres de la ville. Les indics sont chargĂ©s de fournir des informations aux automobilistes et Ă dâautres usagers de la route. Lâapport de Jamless reste pour le moment satisfaisant, constate Guillaume Boniface, fondateur du service dâinformation.
Ă Lagos le phĂ©nomĂšne fruste plus dâun. La circulation dans la ville nigĂ©riane est souvent ralentie par des files interminables de voitures contraintes de rouler doucement. Mais Giditraffic aide pour le moment certains automobilistes. La plateforme partage avec ses followers sur Twitter des informations sur le trafic routier. Des conducteurs Ă©vitent ainsi des embouteillages dans cette mĂ©galopole africaine. Ă des milliers de kilomĂštres, Abidjan est Ă©galement lâune des villes oĂč lâon constate des embouteillages des heures de pointe. Comme solution, le site web Civroute fournit des informations aux usagers de la route.
Mais câest Ă Dakar que la solution envisagĂ©e pour dĂ©sengorger la capitale et mettre fin aux bouchons est tout autre. Les autoritĂ©s ont lancĂ© des travaux de construction dâune nouvelle ville Ă Diamniadio situĂ©e Ă une vingtaine de kilomĂštres de Dakar. Cela va dĂ©congestionner les routes et Ă©viter de « fatigantes attentes aux Dakarois Ă des heures de pointe », justifie-t-on Ă lâAgence de promotion des investissements et grands travaux (Apix). La mĂȘme source indique que câĂ©tait la meilleure option pour amĂ©liorer la mobilitĂ© urbaine.









