Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Afrique: le juteux business des ‘coaches motivateurs’ [Enquête]

    Afrique: le juteux business des ‘coaches motivateurs’ [Enquête]

    La présence de nombreux experts en développement personnel n’enchante pas toujours sur le continent. Les nouveaux maîtres du « potentiel et de l’optimisme » tentent malgré tout de convaincre leurs clients.

    Dans la sous-région ouest-africaine, le coaching a le vent en poupe. Les séminaires de formations en développement abondent. Et sur les médias des spécialistes en développement personnel tentent de faire adhérer un auditoire à leur « discours plein d’optimisme ». Au Togo et au Bénin, d’autres spécialistes ont choisi de sillonner des sociétés privées du Togo pour proposer ses formations aux responsables. « Réussir dans ses entreprises », « comment avoir confiance en soi », « comment créer son entreprise à partir de 0 F ».

    Les thèmes de formation sont légion. Et pour les formateurs, « tout individu a besoin d’un développement personnel ». Parmi eux, certains sont critiqués et il arrive que leurs propositions de formation soient refusées. « Y en a qui ne nous croient pas. Ils pensent que nous vendons de l’illusion », explique l’un d’entre eux. Mais pour ceux qui sont convaincants, ils animent des formations qui coûtent plus de 2000 FCFA. C’est le cas de Dodji Agbeko, expert en développement personnel, qui forme plus de vingt fonctionnaires au Bénin. Ces formations, il les « facture à 40 000 FCFA ».

    Le coaching pèse aujourd’hui de tout son poids. Il constitue une ouverture pour chaque personne qui se voit « bloqué dans son élan », justifie Dodji Agbeko. Pour une pratique qui rentre peu à peu dans les habitudes africaines, beaucoup s’interrogent sur ses réels impacts. Patrick Armand Pognon, président mondial des Ambassadeurs du développement — Président de l’Autorité du Coaching Africain, explique qu’il y a en tout être humain des talents qui sommeillent et qui peuvent être réveillés grâce au coaching. Pour lui, on peut « Passer de chercheur d’emploi au statut de chef d’entreprise en 6 mois ».

    Illusion

    Les nombreuses critiques sur le coaching indiquent que les habituelles formations s’apparentent à des séances où l’on bassine les oreilles des participants avec « les mêmes phrases ». « Il m’était impossible de suivre la dynamique. Au bout de trois jours, j’ai dû arrêter », nous confie, Gérard, diplômé sans emploi pour qui la plupart des séances de coaching s’apparente à de l’arnaque. « Nous étions 15 pour une formation de 5 jours qui coûtait 100 000 FCFA. Le coach ne faisait que nous répéter les mêmes choses. Croire en soi, persévérer, prononcer régulièrement certaines phrases. C’était décevant ».

    Des études ont aussi été menées sur la question. La sociologue Hélène Stevens explique que les techniques utilisées par les différents coaches sont un mélange de pratiques qui découlent de la programmation neurolinguistique ou de l’hypnose. Utilisées par les coaches pour décrypter les personnalités, pour améliorer les performances en négociation et pour développer la cohésion d’équipe, ces techniques ne garantissent pas un succès pour les personnes formées. D’où la question du coût parfois exorbitant de ces formations. « J’avais compris que malgré la somme payée, la garantie d’un bon résultat à la fin de ma formation n’était pas une chose acquise », explique Gérard. Le psychanalyste Roland Gori indique pour sa part que le coaching puise parfois dans les neurosciences pour expliquer les comportements, les motivations, les émotions. Ce qui peut aggraver les risques de mauvaises interprétations ».

    Aubaine

    Même si la pratique essuie des critiques, elle a malgré tout convaincu d’autres personnes. C’est le cas d’un jeune entrepreneur togolais qui se dit content des formations auxquelles il participe. « Mon coach m’a aidé à découvrir mes talents », résume-t-il. Avant d’ajouter que l’idée de se lancer dans l’entrepreneuriat lui est venue au cours d’une des formations. « Le coaching est la clé de plusieurs portes.

    Tout le monde a besoin d’être coaché à un moment donné », argumente Patrick Armand Pognon tout en citant en exemple la plupart de ses clients qui ont réussi grâce à ses formations. Sur les questions d’arnaque, un de ses collègues togolais, expert en développement personnel fait court. « Tous les coaches ne font pas de l’arnaque. Il y a des gens qui prétendent être coach et qui sont mal intentionnés », reconnait-il tout en lâchant : « les vrais coachs cherchent le bien de leur client. Nous formons entre nous un grand regroupement et nous obéissons à des règles pour éviter des abus ».

     

  • Tina Kunakey: l’icône togolaise qui a foulé le tapis rouge de Cannes

    Tina Kunakey: l’icône togolaise qui a foulé le tapis rouge de Cannes

    La vingtaine dépassée, l’Italienne d’origine togolaise, connait une grande carrière professionnelle dans le monde du mannequinat.

    Malgré son jeune âge, Tina Kunakey est convoitée par plusieurs agences de mannequins. Née à Toulouse d’un père d’origine togolaise et d’une mère italienne, celle qui s’est très tôt installée à Madrid pour des études au lycée français de la capitale espagnole s’habitue depuis ses 15 ans à la vie de stars. Polyglotte, Tina Kunakey parle bien l’anglais, le français, l’espagnol et maîtrise un peu l’italien.

    En France où elle est née et a vécu quelques années à Toulouse et Biarritz, la Togolaise d’origine s’est fait remarquer à travers des apparitions dans le clip de la chanson Danjé du rappeur français Kalash et celui de la chanson Belinda de Mat Pokora.

    Vie de stars

    Tina Kunakey vit à Londres et est mannequin dans une agence espagnole. Très suivie sur les réseaux sociaux, la mannequin compte plus de 70 000 followers sur son compte Instagram. Celle qui est déjà apparue dans « Vogue Italie » ne cache pas son admiration pour d’autres femmes plus connues. « J’aime Irina Shayk, Cindy Bruna, Joan Smalls, et Bella Hadid ».

    Tournant remarquable dans sa vie depuis 2016, sa relation avec l’acteur et réalisateur français Vincent Cassel. Ce dernier plus âgé qu’elle de 30 ans a officialisé leur histoire d’amour en s’affichant avec elle sur le tapis rouge lors du défilé Victoria’s Secret en novembre 2016. Une union avec le célèbre acteur français dans laquelle le mannequin de Mad Model Mana­ge­ment et SUPA Model Mana­ge­ment confie être heureuse. L’Italo-Togolaise a encore une longue carrière devant elle.

  • Banque en Afrique: les grandes tendances de l’année 2017

    Banque en Afrique: les grandes tendances de l’année 2017

    L’Afrique est devenue en quelques années, la terre des grandes affaires, et dans la mêlée les banques s’y sont invitées. Le domaine de la bancarisation en Afrique présente pour autant un double visage.

    Mieux vaut établir le contraste en même temps : on a beau chercher dans les classements des plus grandes banques de la planète, l’évidence s’impose : aucun établissement africain ne fait partie du Top 100 mondial. Pas même les poids lourds sud-africains que sont Standard Bank, Barclays Africa et FirstRand.

    Cependant, en termes de profitabilité, les banques africaines s’en sortent la tête haute. En Afrique, selon le magazine Forbes, des ratios-bénéfices sur fonds propres supérieurs à 20 % ne sont pas rares. Des marges à faire saliver tous les dirigeants de banque d’Amérique du Nord et d’Europe. Les établissements financiers parvenant à dégager 10 % de retour sur capital restent l’exception plus que la norme.

    Si l’Afrique n’a pas de très grandes banques, les quelques-unes qui s’appliquent ont retour sur investissement.

    Pile et Face

    En dépit d’une détérioration très marquée de l’économie de ses fers de lance (Nigéria, l’Afrique du Sud, Maroc) le secteur bancaire africain tient bon contre vents et marées. La valeur totale des 100 premières banques en Afrique, selon l’actuel classement de The Banker, a atteint 93,1 milliards de dollars, contre 99,4 milliards $ l’an dernier ; un chiffre déjà en baisse par rapport à celui de 2014.

    Une tendance qui résulte essentiellement des dévaluations dans de nombreux pays africains. De nombreuses banques africaines ont souffert de la fluctuation des devises au cours des 18 derniers mois. Bien que leurs revenus et réserves aient augmenté dans leur monnaie nationale, leurs résultats se sont détériorés une fois exprimés en dollars.

    Un cas qui s’illustre également par le fait qu’il a fallu 177 millions $ de fonds propres à l’algérienne Arabe Banking Corporation pour se positionner au 100e rang l’an dernier, tandis qu’une autre banque Algérienne, la Housing Bank for Trade & Finance, s’est hissée cette année à la même position avec seulement 159 millions $.

    Suprématie sud-africaine et marocaine

    En effet, selon ce classement de The Banker, Standard Bank, avec 14,8 milliards $, s’offre la place de la première banque d’Afrique. Sa division sud-africaine à elle seule enregistre des fonds propres supérieurs à 5 milliards $, plus que toute autre banque d’Afrique. La part du résultat de Standard Bank généré ailleurs en Afrique continue de croître d’année en année : à 29 % au 1er semestre 2015, elle représente début 2017, 31 % de son résultat total.

    La société a prévenu des répercussions de l’incertitude économique : « Les pays d’Afrique subsaha­rienne qui dépendent de leurs exportations de pétrole et de matières premières continuent d’accuser les effets de la chute des prix provoquée par l’offre excédentaire et le déclin de la demande chinoise. Le rythme des réformes structu­relles, nécessaires pour promouvoir la diversification et la croissance économique, est lent. En outre, la sécheresse prolongée et étendue due au réchauffement climatique a porté préjudice à beaucoup de pays. »

    Toutefois, Standard Bank ne s’est pas montrée si pessimiste quant à la situation en Afrique du Sud, même si les difficultés du secteur minier et agricole associées au faible coût des matières premières et à la sécheresse persis­tante ont encore nui à l’économie en général cette année.

    FirstRand se maintient au deuxième rang du classement. Cette banque, avec des fonds propres de 4,9 milliards $, a annoncé qu’elle avait alloué 7,5 milliards de rands (537 millions $) à l’acquisi­tion de banques d’affaires et commerciales au Nigeria et au Kenya. FirstRand compte également étendre ses activités d’assurance pour les particuliers, notamment par le biais de FirstRand Life et sa participation dans MotoVantage.

    L’an dernier, la banque marocaine Attijariwafa avait enfin mis fin à la suprématie des quatre géants sud-afri­cains en tête du classement en s’octroyant la troisième place. Elle conserve ce rang cette année et est suivie d’une autre banque marocaine, Banque Centrale Populaire, reléguant Nedbank et Absa aux cinquième et sixième rangs.

    Cette banque marocaine qui appartient en partie à la famille royale marocaine a enregistré au 1er semestre 2016, une augmentation de 7,9 % de son résultat, qui se chiffre à 2,49 milliards de dirhams (260 millions $), soit un peu plus que les prévisions.

    Attijariwafa bank attribue cette augmentation à son expansion sur d’autres marchés africains et à la diminution des coûts associés aux prêts irrécouvrables accordés à des particuliers. Elle possède aujourd’hui 3 376 agences dans 23 pays, y compris au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au Sénégal et en Tunisie, et vient de racheter la filiale de Barclays Bank en Égypte, un marché en pleine expansion.

    En ce qui concerne Absa, filiale de Barclays Africa, son avenir demeure incertain. La société mère Barclays Plc a vendu une partie de sa participation dans Barclays Africa début mai, afin d’obtenir des liquidités et rembourser ses dettes ; elle détient à présent 50,1 % de la société. Une autre vente ferait d’elle un actionnaire minoritaire.

    Toutefois, Absa et Barclays ont depuis révélé qu’elles avaient engagé des discussions pour éventuellement créer ensemble une banque d’investissement.

    En outre, compte tenu de la taille de l’industrie des services financiers en Afrique du Sud, il paraît surprenant de voir que seules six banques de ce pays figurent parmi les 100 meilleures.

    Malgré les difficultés économiques qu’il connaît, le Nigeria compte six banques parmi les 20 premières places, plus que tout autre pays. Avec la notable exception de la panafricaine Ecobank International, dont le siège social se trouve au Togo, le Nigeria est le seul pays hors de l’Afrique du Sud et des pays d’Afrique du Nord à figurer dans le Top 20.

    Tendances géographiques

    La répartition géographique des 100 premières banques d’Afrique a évolué depuis l’an dernier. L’Afrique australe, avec 24 établissements, compte trois banques de moins au classement. L’Afrique de l’Ouest et centrale perdent de leurs côtés trois entrées.

    Néanmoins on remarque, la progression de l’Afrique de l’Est. La région a longtemps été sous-représentée par rapport à la taille de sa population, mais, depuis 2013, deux nouvelles banques entrent au classement chaque année. Dans ce nouveau classement, 16 banques y figurent. La valeur totale des banques d’Afrique de l’Est est passée de 4,1 milliards $ à 4,7 milliards $ cette année. C’est le Kenya qui domine dans cette région.

    Doté d’un secteur des services financiers sophistiqué, il compte aujourd’hui dix banques dans le Top 100. Seuls le Nigeria et l’Égypte font mieux. De fait, la montée de l’Afrique de l’Est isole encore davantage l’Afrique centrale. Et la région ne compte qu’une seule banque dans le classement, la Gabonaise BGFI Bank.

    L’Afrique du Nord et l’Afrique australe sont les mieux représentées dans le tableau. L’Afrique australe dominait l’an dernier avec un total de fonds propres de 38,7 milliards $ dans notre Top 100, contre 36,4 milliards $ pour l’Afrique du Nord. Bien que l’Afrique du Nord affiche aujourd’hui un total de seulement 33,3 milliards $, elle est toujours au coude-à-coude avec l’Afrique australe, à 36,2 milliards $.

    L’Afrique de l’Ouest, quant à elle, s’est bien maintenue. Ses fonds propres, à 18,8 milliards $ cette année, n’ont perdu que 600 millions $ depuis l’an dernier. Dans cette partie de l’Afrique, une banque fait figure de proue : Ecobank.

  • Ouganda: vers une modernisation des services de douane

    Ouganda: vers une modernisation des services de douane

    Un projet de modernisation financé par la Chine devrait permettre à l’Ouganda de moderniser ses services de Douane. Le coût de la subvention chinoise est de 30 millions de dollars.

    L’annonce de cet appui financier de la Chine a été faite à Beijing. C’était lors de la deuxième session de la Commission mixte sur le commerce, l’économie, les investissements et la coopération technique entre les deux pays. Cette Commission mixte voit des représentants des deux pays se réunir pour échanger sur différents sujets de coopération bilatérale.

    L’Ouganda envisage améliorer la qualité de son système douanier qui occupe une place importante dans ses choix économiques. Le projet de modernisation indirectement contribuera au renforcement du secteur privé. L’efficacité des services de la douane va contribuer à la compétitivité des chaînes logistiques. Les importations et les exportations du pays pourront aussi être renforcées.

    Réduire les pertes de recettes

    Pour Matia Kasaija, ministre ougandais des Finances, l’appui financier de la Chine se révèle être une grande aide. La subvention devrait en effet permettre à l’Uganda Revenue Authority de se mettre à la pointe. Le fisc ougandais prévoit payer des appareils technologiques, des scanners non intrusifs, de systèmes modernes de gestion des risques douaniers, de supervision et de communication, de services douaniers et d’application de la loi. C’est aussi un moyen propice pour l’Ouganda de « réduire les pertes de recettes et de faciliter la gestion du commerce et des frontières », a indiqué Matia Kasaija.

    À travers cet accompagnement dans l’amélioration des services de douane, la Chine prévoit renforcer sa coopération économique avec l’Ouganda. Les secteurs du commerce, des investissements et des infrastructures sont concernés. L’Ouganda va œuvrer de son côté pour avoir accès au marché chinois, renforcer son attraction touristique et développer l’industrie locale.

     

     

  • Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crânes allongés ?

    Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crânes allongés ?

    Présents en Afrique centrale les Mangbetu vivent de nos jours en République démocratique du Congo et en Ouganga.

    Les Mangbetu sont originaires de l’ancienne Nubie. Peuple essentiellement nilosoudanais, c’est sous Nabiembali que s’est construit le royaume Mangbetu qui a connu son apogée au XIXe siècle. Mais le règne de Nabiembali puis celui de Mbunza ont été interrompus par des colons. Les Mangbetu ont été colonisés par les Belges. Peu nombreux, ils sont estimés aujourd’hui estimés à moins d’un million. Ils sont aussi reconnaissables pour leurs traits physiques. « Ce sont généralement des hommes forts avec un physique qui peut intimider », explique un sociologue. Les Mangbetu sont toutefois confondus aux Makéré, terme désignant d’autres clans de la région.

    Les Mangbetu vivent dans une société patriarcale. Ils se distinguent en effet par une pratique qui consiste à donner une forme allongée à la tête de leurs enfants après leur naissance. « Les têtes des enfants sont enveloppées dans des cordelettes après naissance », explique un enseignant chercheur congolais. Ce dernier ajoute que les têtes des enfants peuvent rester enveloppées pendant une année. Après consolidation des os, le crâne prend ainsi une forme allongée. « Cela symbolise l’intelligence. En plus cela rend beau », explique Polycarpe, natif de la province orientale au nord-est de la RDC. Mais cette pratique appelée lipombo est délaissée pour cause d’une forte christianisation de la société.

    Richesses culturelles

    Si la religion chrétienne est désormais ancrée dans la société mangbetu, près de 10 % de ce peuple reste encore attaché à la tradition. En pays Mangbetu les populations parlent une langue soudanaise du groupe des langues nilo-sahariennes appelée Meje. Mais compte tenu du brassage avec d’autres peuples, les Mangbetu parlent également le Lombi comme seconde langue. C’est un peuple d’agriculteurs. Également connus pour la qualité de leur figure en bois, les Mangbetu sont de bons sculpteurs. On retrouve parmi ce peuple des forgerons, mais aussi des gens qui s’adonnent à l’élevage.

    Les hommes mangbetu sont plus habitués à tresser de longues barbiches tandis que les femmes tressent leurs cheveux en fonction de leur rang social. À leurs cheveux tressés sont parfois ajoutés des poils d’éléphants ou du crin de girafe. Une belle coiffure qui repose souvent sur un socle en bois dressé derrière la tête et soutenu par des épingles d’os de singe. « Les femmes au rang social élevé ont souvent plusieurs épingles », reconnaît un ethnologue, auteur d’une étude sur les Mangbetu. Avant d’ajouter : « Certaines de leurs pratiques sont de nos jours abandonnées. Mais c’est un peuple qui garde encore des richesses ».

  • Ethiopian Airlines: 100 destinations, 95 avions, 70ans sans turbulence!

    Ethiopian Airlines: 100 destinations, 95 avions, 70ans sans turbulence!

    Fondé il y a 70 ans, Ethiopian Airlines s’est taillé une place enviable dans le ciel africain. Explosion de ses bénéfices, doublement de sa flotte et investissements chez ses concurrents : en cette année 2017, la compagnie éthiopienne n’a toujours de concurrentes qu’elle-même.

    Le 787-9 est désormais en Afrique. Boeing a annoncé, le 27 octobre, la première livraison de son appareil long-courrier à une compagnie africaine, en l’occurrence Ethiopian Airlines. L’opérateur national éthiopien continue ainsi son histoire avec le Dreamliner. Dès 2012, il avait déjà été le premier à exploiter le 787-8 sur le continent. Depuis, 18 autres exemplaires sont entrés en service.

    Ethiopian Airlines n’a pas encore détaillé la configuration du nouvel appareil, ni sur quelles routes il sera déployé ; le 787-9 devrait se poser à partir de début décembre une fois par semaine à Toronto-Pearson selon Airlineroute, la ligne passant de trois à cinq vols par semaine (toujours avec escale à Dublin à l’aller).

    Ces Dreamliner « offrent un confort à bord supérieur et inégalé grâce à leurs caractéristiques uniques, telles que les plus grandes fenêtres du ciel, un plafond élevé, moins de bruit, un éclairage distinctif, une humidité de l’air élevée et 20% de consommation en carburant en moins », souligne Ethiopian Airlines dans un communiqué.

    Les investissements de la compagnie dans les avions de dernière génération tels que le 787 et l’Airbus A350, qui font de cette compagnie l’une des rares au monde à exploiter simultanément ces deux avions, font partie intégrante de la stratégie Vision 2025 d’Ethiopian Airline.

    Selon Tewolde Gebremariam, le PDG de la compagnie, Ethiopian Airlines continuera d’investir dans des avions de dernière technologie « afin de proposer aux clients la meilleure expérience de voyage possible ».

    Leader dans les airs

    La situation géographique, climatique et géologique de l’Ethiopie l’a longtemps tenue à l’écart des grands courants de communications. Conscient de cet état de choses, dès son retour à Addis-Abéba en 1942, l’empereur Haïlé Sélassié se mit à étudier tous les moyens qui pourraient briser cet isolement, et il décida de créer un réseau aérien, condition indispensable pour élever son pays au rang de grande nation moderne.

    Depuis son premier vol commercial, le 8 avril 1946, entre Addis-Abeba et Le Caire, Ethiopian Airlines collectionne des succès. Cette compagnie a mis moins de dix ans à distancer la concurrence en reliant le continent au reste du monde.

    Accessoirement, Addis Abeba bénéficie aussi de quelques avantages géographiques et diplomatiques : la capitale éthiopienne accueille le siège de l’Union africaine et une concentration de représentations onusiennes non négligeable. La capitale éthiopienne est un lieu de passage régulier pour les diplomates. La ville est surtout bien située au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, ce qui lui permet de peu à peu damer le pion à son voisin kényan et sa compagnie Kenya Airways.

    En effet, cette compagnie possède l’une des écoles de pilotages les plus performantes en Afrique. Inauguré en 1964, le centre de formation d’Ethiopian compte actuellement environ 1 500 étudiants, de 49 nationalités différentes. Cette école de pilotage est la seule sur le continent disposant du simulateur de vol pour Boeing 787 Dreamliner.

    « Ethiopian Airlines a été la compagnie la plus protégée du continent par son gouvernement », assure un expert aérien. Dans un ciel longtemps fermé à la concurrence et grâce à la manne que représentent les expatriés de l’Union africaine, l’opérateur a bénéficié des meilleures conditions pour décoller, avant d’ouvrir un peu son marché pour mieux s’installer sur celui des autres.

    Parmi les facteurs de son succès, une bonne gestion de son image. Ethiopian Airlines a recruté, en fin 2015, une trentaine de jeunes Chinois pour étoffer l’équipage de ses 28 vols hebdomadaires vers la Chine, sur lesquels « 80 % des passagers ne parlent que le mandarin ». L’opérateur a aussi réussi un joli coup médiatique en faisant voler en novembre, entre Addis-Abeba et Bangkok, un avion dans lequel l’équipage était exclusivement féminin.

    Sans turbulence

    Sur un continent où la majorité des compagnies aériennes peine à atteindre l’équilibre financier, Ethiopian Airlines fait figure d’exception. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), le groupe a ainsi réalisé, lors de son dernier exercice, un profit bien plus élevé que ceux de toutes ses concurrentes africaines réunies.  Mieux, la compagnie a déjà atteint la majorité des objectifs de son plan 2010-2025.

    « Alors que la croissance dans cette industrie est très faible, moins de 5 % en moyenne, Ethiopian Airlines progresse de 20 % à 25 % par an, que ce soit en revenus ou en nombre d’avions », se félicite Tewolde Gebremariam, son PDG.

    D’après les dernières données communiquées par ce dernier, le chiffre d’affaires de la compagnie a connu en 2016 une hausse de 10,3% pour s’établir à 2,43 milliards de dollars américains. Le trafic passager a lui grimpé de 18%, atteignant 7,6 millions de personnes sur l’année. En janvier dernier, la compagnie a par ailleurs été classée au 11e rang mondial en matière de ponctualité des vols, d’après FlightStats, ce qui en fait la première compagnie aérienne basée en Afrique et au Moyen-Orient. La compagnie a enregistré +70% de bénéfices nets sur l’exercice 2015-2016… Une progression qui fait aujourd’hui rêver beaucoup de compagnies aériennes.

    Le plan de développement de l’entreprise « Vision 2025 » prévoit de porter la flotte nationale de 77 appareils à 150, et de passer le nombre d’étudiants pilotes, techniciens et hôtesses de l’air qui fréquentent son académie à 4 000 ainsi que d’atteindre en une décennie un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de dollars.

    Soutenu à hauteur de 159 millions de dollars par la Banque africaine de développement, le plan d’Ethiopian lui permet de multiplier les investissements et les prises de participations dans des compagnies aériennes.  Elle détient par exemple 49% d’Air Malawi et 40% de Asky.

    Ethiopian Airlines dessert actuellement plus de 100 destinations internationales sur les cinq continents, avec une flotte de 95 avions. Unique en Afrique.

  • En Afrique, le gri-gri et le maraboutage ‘assurent’ encore le football

    En Afrique, le gri-gri et le maraboutage ‘assurent’ encore le football

    Il faut croire que le résultat final d’un match de football ne dépend pas toujours des vingt-deux acteurs sur la pelouse. Tout n’est pas que football et sur les stades africains on croit souvent à l’irrationnel.

    On ne badine pas avec la sorcellerie quand il s’agit du foot. Sur le continent, aux portes des vestiaires, on entend parfois des incantations, des mantras récités avec détermination et même des animaux sacrifiés la veille des rencontres fatidiques.

    À la dernière CAN, le Tunisien Ferjani Sassi n’a pas hésité à accuser le Sénégal de faire usage de la magie « boukhoukhou ». « Joueur j’avais toujours une chaine au cou. Les joueurs qui faisaient le pressing sur moi quand j’avais le ballon voyaient des serpents » témoigne de son côté Benjamin Diboué, footballeur camerounais.

    Des équipes nationales disposent d’ailleurs des marabouts pour « la préparation spirituelle ». La pratique est également récurrente au Sénégal où des marabouts peuvent selon les informations « changer le cours d’un match ».

    En 2002, pour s’être qualifié à la CAN et la Coupe du monde, le pays aurait ainsi dépensé près de 90 millions de FCFA pour des pratiques mystiques auprès des marabouts. Si toutes les conditions sont réunies « je peux décider du sort d’un match », s’enorgueillit l’un d’entre eux rencontré à Dakar. Avant de rappeler dans un éclat de rire : « C’est quand même chez nous que la France s’est préparée pour être championne du monde en 1998 ».

    Du talent et des sacrifices

    La pratique est restée dans les habitudes et reprise par la jeune génération. En finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans, Ibrahim Ndiaye, attaquant sénégalais, a tenté de jeter un sort à ses adversaires zambiens en déposant dans le but adverse un gri-gri. Un comportement que n’ont pas apprécié les Zambiens. Le gri-gri sera finalement enlevé. Le Sénégal a d’ailleurs perdu 2-0. Dans d’autres pays comme le Bénin ou le Mali, l’on dénombre des marabouts ou des féticheurs fortunés.

    Leur travail consiste à « préparer » des équipes et des joueurs moyennant de grosses sommes. Au Nigéria, ils arrivent que deux marabouts se fassent une guerre spirituelle sur l’issue d’un match. Chacun ayant rassuré son équipe de « tout faire pour qu’elle gagne ». Mais la situation est différente au Congo où des joueurs de certains clubs sont parfois emmenés à laver leurs maillots dans « des liquidés offerts par des marabouts ».

    En Côte d’Ivoire, un ancien joueur de la ligue 1 n’a pu digérer un week-end une défaite contre une rivale historique. « Nous avons pourtant, affirme-t-il, fait tout ce que demandait le préparateur spirituel ». Même les plus grands joueurs du continent n’y échappent pas, notamment de récents ballons d’or africains. Parmi eux, Samuel Eto’o et Didier Drogba, serials buteurs avec leurs clubs et héros dans leurs pays respectifs. En dehors de leur talent, il leur faut « travailler et se préparer spirituellement ».

    Pour être meilleur, Didier Drogba sacrifierait ainsi des animaux. Prescription de son marabout. Eto’o de son côté travaillerait ses qualités naturelles par des préparations spéciales. Il a même été accusé par son ancien coéquipier Bernard Tchoutang d’avoir envoûté Joseph-Désiré Job pour prendre sa place de titulaire et finir meilleur buteur de la CAN 2000. Lui réfute cette accusation et affirme que sa « vraie magie reste le travail ».

    Gangrène pour le foot africain ?

    Au Togo, beaucoup ont tenté d’expliquer l’impressionnant parcours réalisé par Emmanuel Adebayor en 2005 durant les éliminatoires de la coupe du monde 2006. Ses buts inattendus, son passage dans les clubs du Premier League jusqu’à son arrivée au Real Madrid. « On ne réalise pas ce qu’il a fait en étant un homme simple. C’est quelqu’un qui se prépare », considère un de ses supporters. Quand en 2016 Emmanuel Adebayor sans club n’apparaît plus sur les terrains d’un championnat étranger, « l’histoire de son marabout est évoquée ». Le joueur togolais serait entré en brouille avec son directeur spirituel nommé Alpha Abrangao.

    C’est à ce dernier que revenait la tâche d’effectuer des sacrifices pour permettre à l’ancien joueur d’Arsenal de briller. Les bonnes performances des joueurs seraient donc liées à leurs amulettes et préparations ? « Parfois il n’y a rien. J’en connais qui restent profondément attachés à Dieu. Mais le public veut toujours trouver explication à tout », tempère un responsable de centre de formation de football à Lomé. Un but marqué, une célébration « bizarre », un coup franc envoyé en pleine lucarne dans les dernières minutes d’un match. Mais également des mimiques habituelles ou phrases marmonnées avant le début d’une rencontre. Qu’ils jouent ou qu’ils se blessent, les supporters tentent d’y voir une explication.

    Ce ne que ne réfute pas un ancien joueur béninois. « Quand on tape dans une balle et quand on ne vit que de ça, il vous faut être solide spirituellement », justifie-t-il. « Ce n’est pas quelque chose de mauvais », ajoute un de ces anciens coéquipiers togolais. Tous deux avouent avoir eu besoin d’un marabout dans leur courte carrière. « Il nous fallait des amulettes pour nous protéger. Tu as vite fait d’être poussé sur le banc par ton propre coéquipier. Pour une blessure inexplicable. Le foot va vite ». Pourtant, la forte présence du maraboutage sur le continent n’enchante pas Joseph-Antoine Bell.

    Pour l’ancien gardien camerounais, la pratique plombe les équipes africaines. « On ne compte plus que sur ça. La préparation psychologique est négligée », regrette-t-il. Si pour l’heure aucune disposition n’est prise pour mettre fin à la pratique les pays s’emploient à la combattre. La Fédération rwandaise a par exemple été obligée d’interdire officiellement la sorcellerie.

    Dépitée de constater sur les terrains certains comportements et des arbitres qui se voient obligés d’interrompre les matches pour « régler des problèmes de gri-gri ». Pour le secrétaire général de la fédération, « nous avons constaté que le simple fait de voir des gris-gris déstabilise les équipes et les joueurs adverses ».

    Des sanctions ont été mises en place pour tout usage de la magie. « Environ 115 euros d’amende pour les joueurs, et jusqu’à 3 380 euros pour les clubs ». Un exemple que d’autres pays du continent ne semblent pas être à suivre.

  • Maroc: ce qu’il faut retenir de la mise en orbite des satellites ‘espions’

    Maroc: ce qu’il faut retenir de la mise en orbite des satellites ‘espions’

    Dans la nuit du 7 au 8 novembre, à 1 h 42 heure de Rabat, la société française Arianespace a mis en orbite le premier satellite marocain, baptisé Mohammed VI-A. La durée de la mission, du décollage à la séparation du satellite, a été de 55 minutes et 33 secondes.

    Le satellite Mohammed VI-A a été lancé avec succès mardi nuit en Guyane française, ville qui abrite une base spatiale. Ce mercredi 8 novembre, le satellite marocain de télédétection a quitté le Centre spatial de Kourou accroché à une fusée italienne, Vega. C’est l’opérateur français Arianespace qui a coordonné les opérations. Un envol qui a été visible sur les écrans au Maroc.

    Mohammed VI-A, qui pèse plus d’une tonne, doit être placé en orbite à environ 700 kilomètres de la terre. Il sera rejoint en 2018 par un deuxième satellite. Ces deux satellites d’observation ont été construits en France à la suite d’un contrat conclu en 2013 entre Rabat et Paris.

    Le contrat avait été signé en toute discrétion en avril 2013 lors de la visite de l’ancien président français François Hollande à Rabat. Le montant du contrat des deux satellites révélé en 2014, fait mention de 500 millions d’euros.

    Ces stellites ont vocation à fonctionner en binôme, pour former le système dit « Pléiades », qui peut avoir un usage civil ou militaire. Pléiades, projet conjoint d’Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space, peut fournir environ 1 000 photos par jour aux équipes du Centre royal de télédétection spatiale (CRTS) et du Centre royal d’études et de recherches spatiales (CRERS), via une antenne qui serait installée non loin de Rabat.

    Utilités

    Ces nouveaux satellites « espions » permettront au Maroc une meilleure observation du territoire, notamment aux frontières, pour lutter contre l’immigration clandestine et les trafics de contrebande, suivre les groupes djihadistes opérant dans le Sahel, comme AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), et les pirates qui sévissent dans le Golfe de Guinée.

    Côté civil, ces satellites auront pour missions d’obtenir les tracés extrêmement précis des routes, autoroutes et voies ferrées. Ils serviront indirectement à la protection des côtes marocaines des pilleurs de sable. Sur le plan militaire, le Maroc pourra désormais localiser avec une précision infinie les centres d’armement. Il pourra surveiller les mouvements de troupes et le déplacement des équipements militaires.

    Une nouvelle qui fait rougir

    La nouvelle de ce lancement a fait trembler l’Espagne et l’Algérie. Les autorités espagnoles s’inquiètent de l’usage que veut en faire le Maroc. Considérant le Maroc comme un pays ami, elles voient néanmoins d’un mauvais œil qu’il soit à même de passer au peigne fin la surface de n’importe quel pays de la planète.

    Sur le terrain des satellites-espions, l’Espagne dispose depuis plus de deux décennies d’images fournies par le programme Helios, partagé avec la France, la Belgique, l’Italie et la Grèce. Toutefois, la participation financière espagnole à ce satellite optique et infrarouge de grande capacité étant limitée à 2,5 %, le pourcentage d’images que l’Espagne est en droit d’exiger n’est pas plus élevé.

    Fort de deux satellites, le royaume prend ainsi un avantage certain sur son voisin espagnol, en étant en mesure d’obtenir des informations détaillées sur les installations militaires et les mouvements de troupes de l’Espagne, mais aussi de l’Algérie et du Polisario au Sahara.

    L’Algérie, pour sa part, est très inquiète de cet avantage stratégique que vient d’acquérir le Maroc qui met à nu toutes les installations militaires et les centres de stocks d’armes du pays. Les manœuvres militaires du Polisario sont elles aussi surveillées de très près.

    Ces satellites seront commandés depuis le Maroc, à partir d’une salle d’opérations spatiales installée à l’est de l’aéroport de Rabat dépendant du Centre royal de télédétection spatiale (CRTS). Et c’est le Général Hosni Benslimane qui sera à la tête de ce centre.

    Le Maroc devient le troisième pays d’Afrique, après l’Égypte et l’Afrique du Sud, à avoir son propre satellite d’observation.

  • Le Ghana lance le premier permis de conduire électronique en Afrique de l’Ouest

    Le Ghana lance le premier permis de conduire électronique en Afrique de l’Ouest

    Resté longtemps l’apanage des pays occidentaux, le Ghana vient de lancer les permis de conduire numériques. Le pays devient ainsi le premier pays d’Afrique de l’Ouest à adopter cette technologie.

    L’Autorité ghanéenne en charge des immatriculations de véhicules et des permis de conduire (DVLA) a lancé mardi 7 novembre 2017, les permis de conduire électroniques, considérés comme l’un des plus sécurisés au monde. Le lancement a été effectué par le vice-président ghanéen Dr Mahamudu Bawumia.

    Le nouveau permis de conduire utilisera une technologie d’impression d’identité sécurisée qui peut être facilement intégrée à d’autres systèmes de la DVLA. La licence de pilote intelligent dispose d’une puce sans contact pour promouvoir un bon stockage des données biographiques et personnelles. Il utilisera également la technologie la plus récente pour l’impression sécurisée d’ID.

    Selon les responsables de la DVLA, la nouvelle carte électronique va accélérer l’acquisition de nouveaux permis de conduire. Il permettra aux demandeurs de l’obtenir dans les deux à quatre semaines suivant la demande.

    En outre, les nouveaux permis permettront à améliorer les revenus décroissants de la DVLA.

    L’adoption de ce nouveau permis fait partie des mesures du gouvernement ghanéen visant à supprimer les personnes intermédiaires communément appelés, « gorro boys » dans processus de délivrance de nouveaux permis de conduire.

    Ce nouveau processus aura également une incidence sur le processus d’immatriculation des véhicules. La demande et le traitement des dossiers s’effectueront en ligne, et le transfert de propriété des véhicules immatriculés dans une autre juridiction peut également être automatisé, ce qui élimine le besoin de rédiger des lettres de transfert.

    Il y a quelques mois, le GhanaCard…

    En septembre dernier, le président ghanéen Nana Akufo-Ado a lancé une nouvelle carte d’identité nationale baptisée GhanaCard. Cette carte utilise une technologie de pointe qui intègre plusieurs couches de fonctions de sécurité de la plupart des documents électroniques d’identité avancés, consolidant ainsi l’évolution du pays dans le monde numérique.

    Une carte qui répond à tous les besoins biométriques de base du pays et permettant l’harmonisation et l’intégration de tous les autres services de données au Ghana, tels que l’assurance maladie nationale, passeport, sécurité sociale.

    GhanaCard a marqué une nouvelle ère dans la gestion de l’identité biométrique au Ghana et met fin à la prolifération des systèmes biométriques par d’autres agences gouvernementales.

    Aussi, la carte a-t-elle été améliorée pour tirer parti des nouvelles technologies telles que les éléments tactiles pour aveugles, la technologie d’intégration de puce et les capacités d’iris, en plus de prendre les 10 empreintes digitales d’un candidat.

    Le déploiement de la GhanaCard est une collaboration entre l’Autorité nationale d’identification (NIA) et les systèmes de gestion d’identité (IMS), une filiale du Groupe Margins, un fournisseur local de solutions d’identité, de sécurité et de transactions.

    De plus, l’exercice d’enregistrement de la GhanaCard implique des enfants de 0 à 5 ans, ce qui donnera au pays une occasion unique d’assainir et de rationaliser sa certification de naissance afin d’assurer l’inclusion sociale dès la naissance.

     

  • La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    Début novembre, la Côte d’Ivoire a inauguré le barrage hydroélectrique de Soubré censé augmenter de 10% la capacité énergétique du pays.

    Le nouveau barrage de Soubré est désormais le plus important du pays. Le coût des travaux est estimé à plus de 300 milliards de francs CFA. Les travaux de construction ont duré près de quatre ans. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un projet énergétique financé à plus de 80% par la Chine à travers l’Exim Bank. Construite sur le fleuve Sassandra, l’infrastructure hydroélectrique va contribuer au renforcement énergétique de la Côte d’Ivoire. Le pays envisage doubler sa capacité énergétique en 2020, soit 2000 mégawatts.

    En février 2013, le chef de l’Etat ivoirien évoquait l’importance pour le pays d’avoir une importance énergétique. Il nous faut suffisamment d’énergie pour illuminer nos foyers, nos villes et villages, pour faire fonctionner nos industries, nos hôpitaux, nos écoles, nos universités », avait déclaré Alassane Ouattara. Le secteur énergétique de la Côte d’Ivoire est dépendant à 80% de la production de centrale thermique au gaz naturel. L’Etat mise donc sur de nouveaux projets énergétiques pour électrifier les villages de plus de 500 habitants.

    Indépendance énergétique

    Thierry Tanoh, ministre du pétrole de l’énergie et du développement, s’est félicité de la coopération sino-ivoirienne à l’origine de la réalisation de ce projet énergétique. La ville de Soubré qui abrite ce barrage hydroélectrique a par ailleurs vu « sa capacité en eau potable triplée », selon le ministre. Il a également indiqué que le barrage va permettre d’électrifier plus de dix villages. Des forages seront également construits.

    Pour renforcer son indépendance énergétique, la Côte d’Ivoire envisage construire d’autres barrages hydroélectriques. Ces dernières devront permettre au pays d’augmenter la part de l’hydraulique dans la fourniture d’électricité qui est estimé à ce jour à moins de 50%. Alassane Ouattara a déjà à cet effet lancé les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Gribo Popoli. Située à 7 km en aval de la ville de Soubré, la localité de Gribo Popoli devrait abriter en 2020, après plusieurs mois de travaux, un barrage d’une puissance de 112 mégawatts. Les travaux seront financés par la Chine à hauteur de 173 milliards de francs CFA. Deux autres chantiers devraient ensuite être lancés, confie-t-on au ministère du pétrole de l’énergie et du développement.