Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Sénégal: Youssou Ndour offre 75 millions à une mutuelle d’artistes

    Sénégal: Youssou Ndour offre 75 millions à une mutuelle d’artistes

    La star de la musique sénégalaise Youssou Ndour a été honorée hier à Tokyo au Japon avec le prix Preamium Imperiale. Après avoir reçu son prix, Youssou Ndour a souhaité mettre le prix au service d’une mutuelle d’artistes.

    « Ce prix démontre à quel point, la musique africaine joue un rôle très important dans le monde » a déclaré la star de la musique africaine, alors qui venait de recevoir le prestigieux prix Preamium Imperiale. « Notre parcours est peut-être exceptionnel, car nous avons eu à nous ouvrir très tôt. Je me souviens de cette chanson dans laquelle je disais que la musique n’a pas de frontières. C’est donc un encouragement pour la musique africaine. Particulièrement, la jeune génération », a-t-il ajouté. C’est avec ces mots que Youssou Ndour vole au secours de ses camarades artistes.

    L’artiste a décidé de verser l’intégralité des 75 millions à la mutuelle de santé des artistes. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Tokyo. Le leader du « Super étoile » veut, par ce geste, soutenir la Couverture maladie universelle (CMU) ».

    En effet, Youssou Ndour a toujours investi dans la musique et le social. A travers sa fondation qui œuvre pour l’éducation, la santé des enfants, dans d’autres domaines, l’artiste est engagé sans rien attendre en retour. De tels prix ne sont alors souvent qu’au bénéfice de ses projets philanthropiques.

    Pour rappel, le Premium imperial du Japon, prix pour les Arts, attribué par la famille impériale. Il a été décerné ce mercredi 18 octobre à Tokyo, par son altesse impériale, le prince Hitachi, frère cadet de l’Empereur du Japon.

  • Afrique du Sud: le milliardaire Patrice Motsepe se lance dans les banques digitales

    Afrique du Sud: le milliardaire Patrice Motsepe se lance dans les banques digitales

    Avec une fortune estimée à 1,81 milliard de dollars, Patrice Motsepe, le milliardaire sud-africain veut désormais investir dans la banque digitale en Afrique du Sud.

    Après avoir récemment réussi l’introduction en bourse de sa société financière, le milliardaire sud-africain, 16ème au classement 2017 des 25 Africains les plus riches selon magazine Forbes, se lance désormais dans la banque digitale, un nouveau champ d’action pour l’homme d’affaires. Patrice Motsepe vient d’investir à travers sa société financière African Rainbow Capital (ARC) dans la création d’une banque digitale à Johannesburg baptisée TimeDigital.

    Cette société d’investissement cofondée par la première fortune noire en Afrique du Sud a offert 10 % des parts de la fintech TimeDigital avec une option d’extension de son portefeuille de 5 %. Cette opération a permis à l’établissement d’obtenir une licence délivrée par la South african reserve bank, la banque centrale sud-africaine depuis 1999, selon un communiqué de la nouvelle structure transmis à la presse.

    Cette banque digitale propose un package de services complets aux consommateurs de la classe moyenne ainsi qu’aux petites et micro entreprises. Selon le communiqué, elle devrait être opérationnelle à partir du deuxième trimestre 2018. Si TimeDigital n’aura pas de filiale physique, un partenariat décennal avec le géant sud-africain de la distribution, Pick n Pay (PnP), est néanmoins déjà acté pour avoir des points de présence.

    « Promouvoir la technologie servant à fournir un accès aux services financiers est l’une des façons dont nous prévoyons élargir et approfondir l’inclusion financière en Afrique du Sud et dans d’autres marchés », a déclaré le président de l’ARC, Patrice Motsepe.

    « Notre investissement représente un jalon important de nos projets visant à bâtir un puissant groupe de services financiers panafricains », Patrice Motsepe, président de l’ARC.

    Les fondateurs entendent en faire un véritable centre financier avec, entre autres, des formations pour l’éducation financière des jeunes et des femmes entrepreneures à travers tout le pays. L’objectif est de préparer une de ses cibles qui n’est autre que la population active non ou peu bancarisée. Dans son agenda, TimeDigital prévoit le lancement de son premier produit bancaire d’ici mi-2018. Pour l’instant, le montant exact de son investissement n’a pas été révélé. Pour Motsepe, cela représente un pas de plus dans la mise en œuvre de ses ambitions pour le secteur financier africain.

  • Nigéria: qui est Nnamdi Kanu le leader du Biafra

    Nigéria: qui est Nnamdi Kanu le leader du Biafra

    Leader incontesté du Biafra, l’indépendantiste qui a été libéré en avril dernier après plus d’un an de prison est poursuivi par la justice nigériane pour trahison et atteinte à la sécurité de l’État. Mais depuis un mois Nnamdi Kanu n’est plus apparu en public.

    Leader de l’IPOB

    Âgé de 50 ans, Nnmadi Kanu est né à Asiama Afara. Activiste peu connu au départ, c’est grâce à Radio Biafra qu’il a lancé en 2009 qu’il tient ses premiers discours sur le Biafra. Mais ce diplômé du London Metroplitan University (LMU) est devenu depuis 2015 un leader charismatique. Son objectif, obtenir l’indépendance du Biafra. Il dirige à cet effet l’Indigenous People of Bifra (IPOB), un mouvement sécessionniste.

    Radical

    Son discours à l’endroit du pouvoir du président s’est radicalisé depuis 2015. Le leader indépendantiste a déjà déclaré que sans la création du Biafra « tout le monde devra mourir ». L’actuel chef d’État qu’il a souvent accusé de vouloir sa mort n’a pas hésité de le jeter en prison. Le gouvernement nigérian considère son mouvement l’IPOB comme « une organisation terroriste ». Arrêté en octobre 2015 à Lagos, Nnamdi Kanu a passé plus d’un an en prison sans jugement. Depuis sa libération, il a interdiction de s’exprimer dans les médias. Une interdiction qu’il a violée à plusieurs reprises.

    Adulé

    En trois ans, sa popularité a augmenté. Son emprisonnement par le pouvoir d’Abuja a fait de lui « le leader charismatique » de la cause biafraise. Très écouté, il se considère comme un chef spirituel. Nnamdi Kanu se dit juif et affirmé que le Biafra est « la terre promise ». Da revendication d’un referendum sur l’indépendance du Biafra reçoit auprès de la population un assentiment.

    Le 17 octobre dernier, le leader de l’IPOB n’a pas comparu devant les juges à Abuja. Introuvable, son avocat a d’ailleurs indiqué que l’armée seule sait om se trouve son client. Même si les autorités nigérianes ont rejeté les déclarations de l’avocat, dans la plupart des États au sud du Nigéria, les populations accusent l’armée d’avoir fait disparaître leur leader. Au point où beaucoup craignent une nouvelle montée de violences. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont appelé le gouvernement nigérian à traiter le problème biafrais avec tact.

  • Tunisie: la construction du pont de Bizerte va durer trois ans

    Tunisie: la construction du pont de Bizerte va durer trois ans

    Estimés à 600 millions de dinars tunisiens les travaux de construction du pont de Bizerte devraient être livrés en 2021.

    Au troisième trimestre de 2018, les premiers coups de pioche pour la construction du pont de Bizerte seront lancés. L’annonce a été faite par le ministère de l’Equipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire. Cela marque l’aboutissement de plusieurs rencontres organisées par le ministère sur le projet de construction du pont de Bizerte.

    Les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet avaient notamment échangés sur le taux d’avancement des études, le planning du lancement des travaux et la réalisation complète du projet. Il faut préciser que la Banque européenne d’investissement (BEI) a financé le projet d’étude dudit projet.

    Relier Bizerte à Sidi Hamad

    Cette infrastructure va relier Bizerte à la région de Sidi Hamad. Selon Mohamed Salah Arfaoui, ministre de l’Equipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, les travaux de construction du pont vont durer trois ans. Le coût des travaux est estimé à « 600 millions de dinars tunisiens ». Ces coûts seront pris en charge par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque africaine de développement (BAD).

    A la fin des travaux, le nouveau pont qui reliera également Sidi Hamad à Ben Nadaa sera un peu plus développé par rapport à l’ancien. La nouvelle infrastructure aura une hauteur plus élevée.

  • L’Ouganda inaugure sa première centrale photovoltaïque

    L’Ouganda inaugure sa première centrale photovoltaïque

    L’Ouganda a inauguré mi-octobre sa première centrale solaire photovoltaïque. L’infrastructure dispose d’une capacité de 10 mégawatts.

    C’est à coup sûr une avancée sur le plan énergétique pour l’Ouganda. Le pays a mis en place sa première centrale solaire photovoltaïque capable d’alimenter près de 40 000 personnes. Les travaux de construction et la mise en service de cette centrale située à Tororo ont été effectués par la multinationale Building Energy spécialisée dans le secteur de l’énergie renouvelable.

    Les travaux ont été financés par FMO, banque de développement des Pays-Bas. Les coûts s’élèvent à près de 20 millions $. Près de 15 millions $ ont été obtenus sous forme de facilité de prêt grâce à FMO. Il est à noter que 50 % du financement ont été syndiqués auprès de l’Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF) alors que la contribution globale de capitaux des actionnaires s’est élevée à 4,9 millions $. Selon Matteo Brambilla, directeur général de Building Energy pour l’Afrique et le Moyen-Orient, va générer près de 16 GWh par an. L’avantage est que cette infrastructure énergétique permet au pays de ne pas émettre par an plus de 70000 tonnes de CO2.

    Un contrat de rachat

    Le parc solaire ougandais est développé grâce au Global Energy Transfer Feed in Tariff (GET FiT). Il s’agit d’une initiative gérée par la banque allemande Kfw et qui porte sur les projets d’énergie renouvelable. Dans le cadre du parc solaire ougandais, le GET FiT a été géré par le Kfw et l’Electricity Regulatory Agency (ERA) de l’Ouganda. Le financement a été pris en charge par le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures, les gouvernements de Norvège, d’Allemagne et du Royaume-Uni

    Précisons que Bulding Energy et l’Uganda Electricity Transmission Company Limited (UETCL) ont signé un contrat de rachat sur une durée de 20 ans. Pour Attilio Pacifici, ambassadeur de l’UE et chef de la délégation européenne en Ouganda, le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures va aider le pays de combler le gap entre le tarif de rachat de l’électricité produite et le coût de production de l’énergie. Ceci grâce à une facilité de financement.

  • Pourquoi consommer Adémè ou la corète potagère?

    Pourquoi consommer Adémè ou la corète potagère?

    La consommation de l’Adémè n’est pas qu’en Afrique de l’Ouest. Connu ailleurs sous le nom de la corète potagère, ce légume a des vertus médicinales que bon nombre de consommateurs ignorent.

    Les feuilles de la corète potagère (nom scientifique : Corchorus olitorius) riches en chlorophylle sont séchées et moulues et sont utilisées comme épices ; elles sont utilisées en cuisine dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

    Connue également sous le nom de la mauve des Juifs et Corchorus, la corète potagère a des feuilles riches en eau. Elles renferment des protéines (5.1 %), des lipides (0.3 %), des glucides (14.6 %), des mucilages, des sels minéraux (sodium, calcium, potassium, magnésium, fer…) et des vitamines A, B1, B2, B3, C…

    Très bon stimulant de l’estomac et des intestins, la consommation d’Ademè bien cuite permet de fortifier également. Ademè est émolliente, elle stimule l’estomac et les intestins. Il protège les muqueuses contre les substances irritantes et agressives. Il possède des propriétés toniques, laxatives et purgatives grâce sa forte teneur en vitamine C et de ses polysaccharides mucilagineux.

    La corète potagère est également utile pour l’immunité de l’organisme et à la rate. Selon des recherches scientifiques, elle peut soigner les tumeurs, traiter les troubles cardiaques, ou encore la dysurie qui entraine une difficulté à uriner et des douleurs insupportables.

    Si certaines recherches révèlent que la corète ne convient pas aux personnes prédisposées aux affections rénales, des résultats en ce qui concerne la lutte contre l’anémie sont une raison de la consommer. Adémè préserve les cellules du cerveau et a un effet positif sur les problèmes de stérilité.

    Bon à savoir : Au Moyen-Orient, la Mloukhia, nom qu’Adémè porte dans cette zone, était autrefois un mets réservé aux rois.

  • Al-Shabaab: la somalie face à la grande indifférence africaine

    Al-Shabaab: la somalie face à la grande indifférence africaine

    La République de la Somalie a enregistré l’un des attentats les plus meurtriers de son histoire cette semaine. Une situation qui n’affecte visiblement pas le reste de l’Afrique.

    En Somalie, la vie après ce samedi n’est pas facile. Un attentat au camion piégé est survenu en milieu d’après-midi samedi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels. Une nouvelle attaque qui a beaucoup choqué les Somaliens, pourtant habitués aux attentats quasi quotidiens. Les effets sont lourds. Les bilans font état d’environ 300 morts et beaucoup plus de blessés. Les bâtiments et véhicules situés à proximité ont été fortement endommagés par la très forte explosion, qui a laissé de nombreux corps brûlés.

    Cette attaque est un coup dur porté au nouveau gouvernement, huit mois après l’élection du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, lequel avait déclaré la guerre aux shebab. Depuis, les autorités appellent à la solidarité internationale pour sauver les survivants de l’attaque… presqu’en vain.

    Abîme

    Le système de santé très fragile du pays qui a connu depuis 1991 des guerres civiles, suite à la chute du régime du président Siad Barre, a rapidement été submergé par la taille du désastre. Contrairement à la communauté africaine qui semble abandonner une Somalie déjà vulnérable et exposée à tant de crises intestines, les partenaires internationaux de ce pays du Golfe d’Aden se sont mobilisés depuis lundi pour envoyer de l’aide médicale d’urgence et des médecins. La diaspora somalienne, quant à elle, fait des dons de sang afin d’aider le pays à mieux prendre en charge les blessés.

    « Nous avons accueilli trois avions transportant de l’équipement médical venant des Etats-Unis, du Qatar et du Kenya. Et mis à part celui envoyé par le gouvernement américain, les deux autres repartiront avec des blessés, environ 35 victimes », a déclaré à la presse le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed. D’autres pays comme la Turquie avait depuis lundi raccompagné autant de blessés vers Ankara dans un avion qui avait emmené du matériel médical et des médecins. Les Etats-Unis et le Qatar se sont eux-aussi montrés disponibles pour la Somalie qui vit là l’un des pires moments de son histoire.

    De l’indifférence de l’Afrique

    Le constat est clair, cet attentat n’a pas bénéficié du même traitement comparé à ceux intervenus dans d’autres pays –pourtant avec des dégâts moins importants. Bien de pays africains sont restés muets. Certains se sont juste contentés des tweets. Le pays est laissé pour compte. Seuls les pays voisins et la diaspora (d’environ 2 millions de personnes) se sont montrés solidaires. En premier, le Djibouti qui a envoyé une équipe de docteurs spécialisés et de personnel médical dans un avion militaire pour assister les blessés.

    Le Kenya s’est également manifesté en envoyant des aides au voisin. La ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a annoncé mardi que son pays allait évacuer 31 blessés pour qu’ils soient traités dans une unité spécialisée à Nairobi, et envoyer 11 tonnes de produits médicaux. En outre, la Croix-Rouge kényane a lancé une campagne de collecte de fonds en faveur des victimes.

    En effet, sur les 55 pays frères de la Somalie sur le continent africain, seule une dizaine d’Etats ont manifesté un quelconque soutien moral, même si le président de la Commission de l’Union africaine a présenté ses condoléances à la Somalie au nom de la grande famille africaine, et engagé quelques actions au nom de l’institution qu’il dirige.

    Depuis dimanche, des internautes notamment sur Twitter ont décrié l’indifférence du monde face à la tragédie que vit la Somalie. Ces internautes pointent les dirigeants des grands médias internationaux qui parlent très peu de ce drame.

    Pour rappel, au moins 723 personnes ont été tuées et 1.116 blessées dans des attaques à la bombe en Somalie en 2016, selon le centre de réflexion Sahan, basé à Nairobi.

  • Togo: quand Brigitte Améganvi montre à Michaëlle Jean ses repères

    Togo: quand Brigitte Améganvi montre à Michaëlle Jean ses repères

    La Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, s’est exprimée sur la crise socio-politique au Togo ce mercredi. Une opinion que Mme Brigitte Améganvi ne semble pas totalement apprécier.

    Depuis le début de la crise socio-politique au Togo, les diverses prises de positions de la communauté internationale semblent être favorables à un camp, à en croire les leaders de l’opposition. La CEDEAO, dont la commission est dirigée par Marcel de Souza, l’Union Africaine et l’UNOWAS se sont prononcés en faveur du référendum comme voie de sortie de la crise.

    Quant à l’OIF, une nébuleuse existe encore autour de sa position. L’organisation joue à la carte d’une neutralité qui parait a priori stérile, en essayant d’envoyer une médiatrice, la nigérienne Aichatou Mindaoudou, qui ne viendra finalement plus, réfutée par l’opposition togolaise au regard des propos qu’elle a tenus lors de la crise de 2005.

    Jusqu’ici restée peu impliquée dans ce bras de fer entre l’opposition et le parti au pouvoir, Mme Michaëlle Jean s’est exprimée ce matin, premier des deux jours de marches annoncés par l’opposition, via le réseau social Twitter.

    https://twitter.com/MichaelleJeanF/status/920528861082849280

    Des propos que ne digèrent pas certains Togolais, qui trouvent désormais l’occasion de lui coller une étiquette de « favorable à la dictature des Gnasingbé ».

    C’est en tout cas ce qu’exprime Mme Brigitte Améganvi, sœur de l’opposante politique Isabelle Améganvi et présidente de Synergie-Togo. En réponse au tweet de la secrétaire de l’OIF, Mme Brigitte Améganvi fait allusion à la dictature de la famille des Duvalier en Haïti dont est originaire Mme Michaëlle Jean.

    En effet, l’histoire contemporaine de Haïti est intimement liée au règne de la dynastie des Duvalier, commencé par le père, « Papa Doc », en 1957 et poursuivi par le fils, « Bébé Doc », jusqu’en 1986, qui ont gouverné Haïti d’une main de fer durant près de trente ans. La famille de Michaëlle Jean avait été dès lors contrainte à l’exile au Québec pour des évènements politiques.

    Des repères qui devraient normalement faire balancer l’ancienne Gouverneur général du Canada en faveur du camp de l’opposition, à en croire le tweet de Brigitte Améganvi.

    L’OIF a sorti un communiqué en fin de journée pour appeler les acteurs à consolider la paix et à trouver au plus vite des solutions pour le retour à un climat apaisé.

    Pour l’heure, le gouvernement est plus campé sur l’option de référendum qu’un retour en arrière pour le dialogue.

     

  • A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siècles

    A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siècles

    Le Sodabi, ce spiritueux traditionnel très réputé dans la sous-région ouest-africaine, n’a pour autant pas une réputation saine. Au Togo, sa fabrication reste discrète et un secret gardé par un nombre restreint d’artisans.

    Il n’est de boisson qui ait gardé une grande popularité dans la sous-région ouest-africaine que cette eau-de-vie ancestrale obtenue à partir de la distillation du vin de palme. Il prend des noms différents. Au Togo et au Bénin, il est connu sous le nom de Sodabi. Au Ghana, il est plutôt appelé Akpétéshie comme les Nigérians le connaissent sous l’appellation d’Agoro.

    Réputé pour son mérite apéritif, au Togo comme partout ailleurs, le Sodabi a d’autres vertus, surtout quand il est mélangé avec d’autres ingrédients étrangers ou adjuvants tels des racines, écorces de plantes ou des herbes servant aussi d’arôme. Le Kasabréko ghanéen, a après analyse faite dans les laboratoires au Togo, suite à la saisie d’un stock par la police togolaise, révélée les vertus en virilité des quatre plants sur sept utilisés pour faire cette boisson. Même si la consommation de cette liqueur locale moins chère a franchi le cap de la différence de classe sociale, ou même s’il revêt un caractère socioéconomique non négligeable dans les sociétés traditionnelles, les distilleries sont souvent installées dans les brousses et la fabrication du Sodabi garde son caractère secret. Un fait lié à l’histoire selon l’enseignant-chercheur à l’Ecole Supérieure de Techniques Biologiques et Alimentaires, ingénieur en Industrie agro-alimentaires M. Elolo Osséi.

    En effet, la fabrique du Sodabi avait été interdite depuis les temps coloniaux, taxés d’avoir des inconvénients sur la santé dans le dessein de faire passer les liqueurs d’origines européennes. Une interdiction qui est restée en vigueur jusqu’au temps de l’ancien président Gnassingbé Eyadema.

    En 1989, M. Osséi a dirigé un mémoire d’un étudiant (DJATO Kanfoutiny) sur le Sodabi à l’issue duquel l’étudiant est arrivé à la conclusion selon laquelle le Sodabi n’a pas un impact négatif important sur la santé ; même si l’enseignant affirme que les machines utilisées moins sophistiquées n’avaient pas permis d’identifier le méthanol dans la liqueur. Actuellement, une thèse en cours dont les travaux de recherches ont été faits en Belgique dirigée par le même enseignant révèle la présence du méthanol (une substance qui a une conséquence sur la santé) dans le Sodabi, mais à une dose insignifiante.

    Si le procédé de fabrication de la boisson était, jusque-là, resté identique à celui des origines, d’autres procédés, moins « alambiqués » sont utilisés aujourd’hui pour obtenir ce nectar local.

    A consommer comme un Whisky

    Le discrédit jeté sur la liqueur, fondé parfois sur des observations très souvent erronées, est plus que devenu normal, même si rares sont les travaux basés sur cette eau-de-vie. Considérée comme ayant un impact direct et à coup sûr sur la santé, les recherches du doctorant Tagba démontrent (à quelque exception près) le contraire. En réalité, le suivi de sa production auprès d’une vingtaine de producteurs a permis d’identifier de différentes méthodes de production. Les résultats ont permis d’identifier les différentes composantes de cette boisson. La plupart des molécules mises évidence ne sont pas différentes dans d’autres spiritueux commercialisés comme le très consommé Whisky.

    Selon le maître de mémoire, aucun composé toxique majeur n’a été retrouvé hormis des traces insignifiantes de méthanol, des quantités qui ne constituent aucun risque de toxicité sérieux sur l’organisme. Selon l’enseignant, même le Sodabi fait avec des éléments comme les métaux qui ne servent qu’à dynamiser la fermentation de l’alcool, est en réalité sans effet nocif « puisqu’avec cette méthode de préparation, c’est la vapeur obtenue à partir des chauffages qui constituent le produit fini alors que les microbes ou la rouille ne peuvent pas se transformer en vapeur. La vapeur, c’est l’eau et l’alcool ». Dans ce cas de figure, si problème il devrait avoir, c’est la qualité potable de l’eau utilisée à la fin.

    En réalité, au Togo le Sodabi est présent lors de toutes les cérémonies importantes. Servant parfois de liaison entre le monde invisible et visible à en croire les producteurs et consommateurs, il devient quasi impossible de prohiber son breuvage. Mais puisque l’abus de tout alcool fut-il d’Europe, est nuisible, l’abus du Sodabi peut faire agir le méthanol sur la santé avec pour premier risque, la cécité.

    S’il est vrai que la présence des bars ou bistros dans un pays fait montre des soucis de la population, au Togo se sont les rideaux blancs qui foisonnent.

  • Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Depuis son installation à Addis-Abeba, les services de Gebeya, la startup que Amadou Daffe a créée en 2016 pour aider les entreprises à digitaliser leurs services, sont tombés sur un terrain fertile. La startup procure de l’emploi à des centaines de jeunes codeurs.

    L’aventure démarre déjà dans les années 2000. Après ses études en génie informatique desquelles il sort nanti d’un bachelor en Computer Science et un Masters en Management Information Systems, Amadou Daffe a commencé à travailler pour des entreprises technologiques américaines basées en Pennsylvanie. « J’ai alors été choqué de voir qu’un nombre infime d’Africains travaillaient avec ces entreprises, contrairement aux Asiatiques et en particulier les Indiens, » raconte-t-il. L’idée de former les talents informatiques du continent africain pour les mettre en relation avec les entreprises américaines nait. L’objectif était de construire un réseau de développeurs. Amadou Daffe venait de lancer son premier projet, le Coders4Africa.

    Après 4 ans passés à parcourir le Sénégal, le Mali, le Kenya, l’Éthiopie et même la Tunisie, le jeune entrepreneur a mis en place un modèle de sous-traitance dans lequel il reçoit des contrats des USA pour les exécuter en Afrique. Néanmoins, le modèle n’était pas assez performant. Il manquait parfois suffisamment de développeurs pour certaines commandes. D’où le besoin de former plus de personnes. L’aventure Coders4Africa doit alors très rapidement changer de modèle.

    « Nous avons transformé ce réseau en une opportunité professionnelle. »

    Gebeya est aujourd’hui un écosystème autosuffisant qui repose sur trois piliers : le programme de formation payant, la plateforme de sous-traitance et l’incubateur.

    La startup est actuellement installée en Éthiopie et au Kenya. Un choix qui s’explique par le très vaste marché de potentialités des deux pays qui font à eux deux, près de 150 millions d’habitants, avec environ 60 % de la population jeune et des économies galopantes. « Depuis que je vis en Éthiopie, on a eu plus de succès en 8 mois qu’en 4 ans ! », a confié le CEO de Gabeya. Un succès qui s’explique par le fait que cette startup est très attachée au marché africain.

    Au sein de cette startup, la question de parité est également de mise. 30 % des professionnels sont des femmes, et l’entreprise prévoie d’atteindre 50 % de femmes dans le programme l’année prochaine. « Ce que les gens ne comprennent pas, sans être sexiste, c’est que les femmes ont de meilleures aptitudes pour la programmation », aime dire Amadou Daffe qui ne perd pas d’une seconde son plus grand défi : « devenir leader sur le marché du digital en Afrique. »