Catégorie : Afrique central

  • Kingsley Azieh Che [37 ans], le baron camerounais des vestes en Chine

    Kingsley Azieh Che [37 ans], le baron camerounais des vestes en Chine

    Il n’est pas devenu entrepreneur par hasard. Mais Kingsley Azieh est aujourd’hui à la tête d’une société de transport de voyageurs en autocar de façon inattendue. Il y a quatorze ans, le Camerounais débarque en Chine en tant que touriste. C’est là finalement qu’il a appris à investir avant finalement d’envisager de créer sa propre entreprise.

    D’abord enseignant d’anglais en Chine, il a fini par être consacré meilleur professeur de son école en 2006. L’entrepreneur décide ensuite d’innover dans un contexte économique chinois où plusieurs opportunités se présentaient. En 2007, le Camerounais tisse un partenariat avec une connaissance chinoise et crée son usine de fabrication de costume dénommée Hong – Kong King’s Group Co. Basée dans le district de Haifeng, l’usine fonctionne à destination de l’Afrique. Kingsley Azieh explique que son partenaire chinois est responsable de la production alors qu’il s’occupe du marketing du fait de sa connaissance du marché africain.

    Depuis, Kingsley Azieh organise ses affaires dans la province industrielle chinoise du Giangdong. Son entreprise a déjà produit des millions de costumes vendus en Afrique dans des pays comme le Cameroun, le Congo et le Nigéria. La réussite de son commerce tient aussi à des nombreuses commandes qu’effectuent des clients sur le continent.

    Investir et entreprendre au Cameroun

    Du fait de quelques difficultés rencontrées il y a quelques années, l’entrepreneur s’est tourné vers son pays et mise sur ses potentialités. « Le Cameroun d’aujourd’hui est comme la Chine des années 1970. Il dispose d’un grand potentiel de développement », estime-t-il. Kingsley Azieh a ainsi fondé l’année passée au Cameroun l’agence de voyage VIP United Express. Pour lui, il s’agit d’un marché qui peut beaucoup rapporter. Pour cela, il mise surtout sur la qualité des services à offrir aux clients, aux voyageurs. « Les services de transports en commun au Cameroun sont loin d’être satisfaisants, et les trajets entre différentes villes sont longs et fatigants. Ainsi, je veux proposer un service VIP, avec des véhicules plus performants et des produits de bonne qualité fabriqués en Chine », ajoute-t-il.

    S’il a déjà reçu l’appui de quelques investisseurs chinois, Kingsley Azieh veut faire venir au Cameroun une centaine de cars qui vont permettre à son entreprise de remplir ses objectifs. Il envisage aussi entreprendre dans le BTP. « En Chine, on dit qu’il faut d’abord construire des routes pour s’enrichir. Ce n’est que lorsque les pays africains seront connectés par des routes qu’il sera possible de promouvoir les mouvements des personnes et des marchandises et de développer l’économie », justifie cet entrepreneur ambitieux âgé de 37 ans.

     

  • Qui est William Elong [26 ans], le fabricant des drones made in Cameroun

    Qui est William Elong [26 ans], le fabricant des drones made in Cameroun

    À la tête d’une entreprise de fabrication de drone, William Elong fait partie de très jeunes entrepreneurs du Cameroun. Fondateur de la startup Will&Brothers, ce brillant entrepreneur est diplômé de la Haute école de commerce de Yaoundé et de l’École supérieure de commerce de la Rochelle. Spécialisé en intelligence économique, c’est à l’École de guerre économique de Paris dont il est à ce jour le plus jeune diplômé, qu’il a appris. Également autodidacte, William Elong s’est formé sur plusieurs sujets qui le passionnent.

    À la tête de sa startup depuis plus de cinq ans, il s’est positionné dans l’intelligence économique et l’innovation technologique. En parallèle, William Elong veut à partir des drones offrir différents services dans les domaines de l’agriculture, de la météorologie et de la cartographie. Selon lui, il faut que l’Afrique ait des yeux dans le ciel. Il a à cet effet développé l’initiative DroneAfrica. Grâce une campagne de financement participatif, William Elong a présenté en février dernier les premiers drones made in Cameroun.

    Will&Brothers a fabriqué trois types de drones. Le premier drone de la startup est dénommé « Algo » et a une portée de 20 km avec 45 minutes d’autonomie. Le deuxième est un hexacoptère appelé « Logarithm ». Le troisième drone est surnommé « Sanaga ». L’entrepreneur compte sur une nouvelle collecte de fonds pour accroitre la production des drones et conquérir les différents marchés.

    « L’Afrique a encore beaucoup de chemin à faire en matière d’intelligence économique. Nos États doivent s’en servir pour se faire une place de choix sur l’échiquier mondial », rappelle William Elong âgé de 26 ans. Le jeune entrepreneur s’intéresse à tout. Grâce aux technologies, il envisage de fournir à des zones défavorisées de son pays des moyens pour améliorer les conditions d’études des apprenants.

    En attendant, la startup Will&Brothers envisage déjà développer un autre projet. William Elong veut créer une nouvelle intelligence artificielle dénommée « Cyclop ». Cela va permettre de « détecter automatiquement des personnes, des objets ou même des animaux, l’idée est de rendre les drones intelligents avec un peu de ressources », explique-t-il.

     

     

  • Afrique: voici les 7 meilleurs  enseignants du continent

    Afrique: voici les 7 meilleurs  enseignants du continent

    Sur 300.000 candidatures venues de 173 pays retenues pour le Global Teacher Prize 2018, 50 ont finalement été sélectionnées pour la finale de ce prix. Parmi les finalistes figurent sept enseignants africains. Il s’agit de Ayodele Odeogbola, et Itodo Anthony du Nigeria, Marjorie Brown et Wendy Horn d’Afrique du Sud, Catherine Nakabugo d’Ouganda, Abdikadir Ismail du Kenya et Sitsofe Enyonam Anku du Ghana.

    Le Global Teacher Prize qui récompense un enseignant pour une contribution particulière à sa profession est un prix d’une valeur de 1 million de dollars US créé par la Fondation Varkey, fondée par le milliardaire indien Sunny Varkey. Pour l’édition 2018, Afrotribune vous présente les sept Africains en lice pour ce prestigieux prix qui sera remis en mars prochain.

    Sitsofe Enyonam Anku

    Ce Ghanéen a créé la Meagasa Mathematics Academy pour soutenir les enfants de 6 à 18 ans et ses programmes d’enseignement ont aidé les élèves à trouver du plaisir et de l’excitation en mathématiques. Sitsofe Enyonam Anku est un éducateur de mathématiques de renommée internationale, qui promeut des mathématiques pratiques pour surmonter les craintes des élèves et leur permettre d’apprécier ses applications dans la vie réelle. Ses méthodes d’enseignement sont utilisées dans les salles de classe au Ghana et dans d’autres parties du monde.

    Itodo Anthony

    En mai 2017, cet enseignant nigérian crée New Frontiers Youth Forum qui accueille des membres de 13 à 35 ans formés sur le leadership et les actions positives à mener pour une transformation de leur communauté. Itodo Anthony est sans cesse guider par l’intérêt général. Pour lui, il est nécessaire d’inculquer à la relève nigériane des valeurs. Il s’attèle donc dans ses cours à parler service communautaire, justice, solidité institutionnelle et sutout création de valeur. Il y a quelques mois, le New Frontiers Youth Forum s’est doté d’une bibliothèque communautaire pour permettre à ses membres de bien étudier.

    Abdikadir Ismail

    Il administre une école kenyane défavorisée. Mais Abdikadir a saisi une opportunité de faire la différence en utilisant la technologie. N’ayant pas de laboratoire scientifique à son école, cet enseignant a envoyé des collègues dans les écoles bien équipées pour filmer les expériences et d’autres cas pratiques. Dans son école, Abdikadir Ismail fait ensuite lire via son ordinateur les vidéos intégrées dans des présentations PowerPoint

    Marjorie Brown

    ses étudiants ont ensuite représenté l’Afrique du Sud dans des forums de jeunes, les Paris Climate Talk et diverses universités de l’Ivy League. Marjorie Brown est une ancienne activiste des droits de l’homme. Elle enseigne l’histoire aux filles et encourage la pensée critique. A ce jour, elle dirige le programme Kids Lit in SA consacré à l’alphabétisation des enfants et son Kids Lit Lit, lancé il y a près de trente ans. Ce programme auquel participent plus de 100 écoles, a augmenté les stocks de livres dans les bibliothèques de l’Afrique du Sud et mobilisé les enseignants.

    Catherine Nakabugo

    Cette Ougandaise est passionnée par l’éducation des filles. Catherine Nakabugo a aidé ses élèves à mettre en place un certain nombre d’entreprises scolaires prospères qui les aident à acquérir de précieuses compétences de vie et à renforcer leurs compétences scolaires, comme les mathématiques en travaillant sur les comptes. En 2014, son district a remporté un concours national de sciences avec son projet de chaise de Pythagoras.

    Wendy Horn

    Elle est passionnée par la science et la technologie. En plus d’enseigner les sciences à son école, elle parle aux éducateurs de la façon d’enseigner la science, d’engager les apprenants, d’utiliser la technologie et de la mettre en pratique. En tant que directrice d’une nouvelle école, la Sud-africaine encadre et guide ses enseignants, dont beaucoup étaient des débutants.

    Ayodele Odeogbola

    Ce Nigérian est un passionné de pratique. Pour bien faire comprendre ses cours à ses étudiants, il n’hésite pas à faire venir des experts dans sa classe pour qu’ils parlent du concret. Ayodele Odeogbola a aussi relié sa classe à d’autres écoles en Inde et au Liban avec l’utilisation de Skype et d’autres médias sociaux. Son point fort est de toujours innover dans sa façon d’enseigner. Pour lui, il est important d’explorer toutes les opportunités d’apprentissage. Avec ses collaborations, sa créativité et sa passion pour la technologie, cet enseignant forme des étudiants exceptionnels.

     

     

     

  • Ce jeune entrepreneur camerounais gère 15 millions d’euros par semaine

    Ce jeune entrepreneur camerounais gère 15 millions d’euros par semaine

    Franz Cédric Atangana fait partie de jeunes entrepreneurs qui font la renommée du Cameroun. Diplômé de Polytech Marseille, il a cofondé avec d’autres camarades le Fintech Infinity Space. « Nous voulons challenger l’impossible », résume-t-il. Cédric Atangana a depuis créé WeCashUp, une solution universelle de paiement mobile en Afrique.

    En 2014 au Google I/O Pitch Night aux États-Unis, WeCashUp permet au jeune entrepreneur d’être distingué dans la Silicon Valley avec 20 000 dollars. En 2016 à Francfort, Infinity Space a également été classé parmi les 30 meilleures startups d’Europe.

    Pour lancer les activités de cette startup, Cédric Atangana est parti est d’un constat. « En Afrique 80 % de la population n’a pas de compte en banque et de carte bleue. De ce fait, c’est un marché inaccessible pour des entreprises occidentales et notamment les acteurs du e-commerce », explique-t-il. C’est alors qu’il décide de lancer WeCashuP en 2016, un produit qui doit permettre aux entreprises étrangères d’être sur les marchés émergents. En 2017, l’entrepreneur a reçu le prix de la meilleure innovation de l’Initiative Marseille Metropole (IMM), un réseau associatif de financement des créateurs d’entreprise.

    Avec WeCashUp, Cédric Atangana veut conquérir l’Afrique où se trouve le cœur de cible de son entreprise. WeCashUp est déjà disponible dans plusieurs pays du continent et permet aux gens de payer en ligne et aux entreprises du e-commerce de récupérer les paiements. Diplômé de la faculté de génie industrielle de Douala, l’ancien développeur de Google au Cameroun ambitionne écrire une grande histoire de la fintech en Afrique et dans le monde. Avec ses bureaux installés au Kenya et au Cameroun, Infinity Space totalise plus de 15 millions d’euros de transaction par semaine via WeCashUp.

  • Étudiante en l’Allemagne, elle lance son entreprise dans 4 pays africains

    Étudiante en l’Allemagne, elle lance son entreprise dans 4 pays africains

    Lydie Idel Makamdem Tchidjo, fondatrice de Familov, est née et grandie au Cameroun au milieu d’une famille de 6 sœurs.  Depuis son enfance, elle nourrissait secrètement le rêve d’avoir sa propre entreprise et d’émerger.

    Lydie est surement sur une bonne pente. Issue d’une famille modeste où le père est un enseignant, elle est la seule dans la famille à faire de longues études.

    Alors qu’elle était arrivée en Allemagne, la Camerounaise a avoué qu’elle avait senti son rêve d’entrepreneure lointain, devant la nécessité de financer ses propres études et soutenir financièrement ses sœurs au Cameroun avec des transferts d’argent. « Ces transferts d’argent sont chers; chaque transfert coûte 12% de frais. Et il n’y a aucune garantie que l’argent servira réellement à acheter de la nourriture à laquelle il est destiné » raconte-t-elle. Cette situation l’a poussée en 2013, à penser transférer directement de la nourriture plutôt que de l’argent.

    Pour cela, Lydie a eu l’idée de mettre en place une boutique en ligne pour l’achat d’aliments. Le mécanisme de transfert est de telle sorte que les marchandises ne sont pas expédiées d’Allemagne, d’où Lydie gère son entreprise, mais distribuées par l’intermédiaire d’une chaîne de supermarchés dans trois grandes villes du Cameroun: Douala, Bafoussam et Jaunde.

    « Cela signifie que la famille collectera les articles commandés et payés directement auprès du supermarché partenaire,» précise-t-elle.

    Actuellement, la plateforme Familov a plus un millier d’utilisateurs. En ce moment, Familov s’est installé au Kenya et au Gabon. L’option d’extension vers Nigeria est en cours d’étude.

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  • Kelly Kamen, 29 ans, la Camerounaise qui réinvente le cosmétique

    Kelly Kamen, 29 ans, la Camerounaise qui réinvente le cosmétique

    Kelly Kamen à 29 ans joue déjà dans la cours des grands. Fondatrice en décembre 2015 de Mia kosmetics, Kelly Kamen a eu le courage de se lancer dans un secteur extrêmement concurrentiel avec les acteurs aux moyens colossaux.

    Nantie d’un diplôme de BAC+ 5 ans en Ingénierie cosmétique, la Camerounaise a une expérience dans le domaine où elle a travaillé pendant deux ans en assurance qualité cosmétique et pharmaceutique.

    Pour lancer son entreprise, le travail en amont a été de longue haleine. « J’avais ce projet depuis 10 ans et j’ai orienté mes études en fonction. L’idée était d’aller un peu plus loin que simplement de sous-traiter les produit. Je voulais vraiment savoir ce qui se passait derrière un packaging et comprendre l’ensemble de la chaîne de fabrication » affirme-t-elle, avant de décider finalement de se lancer dans des produits de soins pour la peau.

    « L’idée était d’avoir une marque disponible en parapharmacie et pouvoir concurrencer des géants comme Bioderman ou Avene sur le long terme » explique l’’entrepreneure.

    Depuis, Kelly Kamen et son équipe ont travaillé sur des produits sains, hypoallergéniques, avec des actifs typiquement africains. « Nous avons travaillé sur des huiles ancestrales : l’huile de palmiste, très connu au Cameroun et qu’on appelle le manianga, l’huile de marula, très utilisée en Afrique du Sud et l’huile de moringa, plébiscitée au Sénégal », ajoute-t-elle.

    Avec des packagings inspirés des tissus-pagnes wax, les produits de Kelly Kamen ont tout pour ressembler aux Africains. Sa marque est aujourd’hui commercialisée à Douala et Yaoundé avec près de 30 points de vente. Actuellement, la startup pense travailler avec des parfumeries pour élargir le spectre de distribution.

    Kelly Kamen s’affiche comme une jeune femme qui n’a pas peur de l’avenir. En acte, elle prouve au quotidien qu’elle a foi au Cameroun et en l’Afrique.

  • Vous n’aimez pas la télé? Cette Camerounaise de 32 ans changera votre avis

    Vous n’aimez pas la télé? Cette Camerounaise de 32 ans changera votre avis

    Chez elle, au Cameroun où elle est une star bien adulée, Laura Dave est aussi une étoile brillante dans l’entrepreneuriat. Teint noir, souriante, dotée d’une voix caressante, Biassi Laura Davide plus connue sous le nom de Laura Dave, est l’une des personnalités les plus suivies dans le vaste marché de communication dans son pays.

    Pour nombre de ses fans au Cameroun ou rencontrés sur les réseaux sociaux, Laura Dave est incontestablement l’une des meilleures professionnelles dans son domaine, celui du journalisme et de l’animation, en Afrique francophone.

    Née à Yaoundé il y a 32 ans, Laura Dave a passé la plus grande partie de son enfance dans la capitale politique camerounaise où elle a mené ses études jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Elle retrouve ensuite Douala, où elle a continué les cours en communication des entreprises. Mais bien avant sa nouvelle vie à Douala, Laura avait fait ses premiers pas dans les médias en 2001 sur une radio, puis à la télé. Elle n’aura ensuite pas de difficultés à gravir les échelons. Son intelligence au service de ses employeurs, sa belle voix, sa finesse et son professionnalisme lui ont été d’un grand bénéfice.

    Friande de challenge et de remise en question, elle rejoint l’équipe de VOXAFRICA en 2012 où elle prend les rênes de l’émission culturelle AFROBUZZ DOUALA, une émission qui relate tout ce qui est « up » ou « down » dans le domaine culturel au Cameroun et au-delà.

    Parallèlement depuis 2014, ses nombreuses expériences l’ont conduite à la création de sa propre entreprise, Laura Dave Production (LD PROD), qui a pour but de produire et fournir des programmes aux chaines de radios et télés. Une entreprise personnelle qu’elle dirige avec beaucoup de diligence. D’ailleurs, C’est à elle que vous devez le magazine « Georgette et Samuel Eto’o » qui avait été diffusé sur Canal 2 International…

     

  • Il y a 57 ans, Patrice Lumumba fut assassiné [Sa dernière lettre]

    Il y a 57 ans, Patrice Lumumba fut assassiné [Sa dernière lettre]

    Plus de 57 après sa mort, Patrice Émery Lumumba reste dans les mémoires. Homme politique congolais et premier Premier ministre de la République démocratique du Congo indépendant, ce panafricaniste a été assassiné en janvier 1961, à l’âge de 36 ans.

    Ces dernières heures aux mains des soldats du chef d’État-major Joseph-Désiré Mobutu, qui prendra plus tard le pouvoir à la suite d’un coup d’État, a été filmée. Dans l’assassinat de cet esprit brillant du continent, beaucoup continuent d’indexer les États-Unis, les Nations-Unies et l’ancienne colonie belge. Pour les héritiers de Lumumba, l’ancien homme politique était un visionnaire. Lumumba a transformé le pays en trois mois dans le bureau et il a fortement plaidé en faveur d’une Afrique unie jusqu’à sa mort. Il est considéré comme l’un des pères fondateurs de l’Afrique postcoloniale et un défenseur clé dans le mouvement panafricain.

    Son combat contre le colonial et son alliance à un moment donné avec l’Union soviétique sont quelques raisons pour lesquelles les « alliés occidentaux » ont refusé de l’aide durant la crise du Congo. Il a écrit beaucoup de lettres pendant son temps en prison aux dirigeants politiques, des amis et la famille exprimant son inquiétude sur la situation de son pays et son espoir de libération. Pour se rappeler cet illustre homme politique qui avait un projet de réussite pour l’Afrique, Afrotribune vous propose la dernière lettre qu’il a écrite à sa femme Pauline en 1960 avant d’être assassiné.

    Ma compagne bien-aimée,

    Je t’écris ces mots sans savoir si tu les reçois, quand tu les recevras, et si je serai encore en vie lorsque tu les lis. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant que la cause sacrée à laquelle mes camarades et moi avons consacré toute notre vie triomphera à la fin. Mais ce que nous voulions pour notre pays — son droit à une vie honorable, à la dignité parfaite, à l’indépendance sans restrictions — n’a jamais été voulu par le colonialisme belge et ses alliés occidentaux, qui ont trouvé un soutien direct et indirect, intentionnelles et non intentionnelles chez certains hauts fonctionnaires des Nations Unies, ce corps dans lequel nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel pour l’aide.

    Ils ont corrompu certains de nos compatriotes ; ils ont acheté d’autres ; ils ont fait leur part pour déformer la vérité et souillent notre indépendance. Que puis-je dire d’autre ? « Ce mort ou vivant, libre ou en prison par ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui est importante. Ce qui est important est le Congo, notre pauvre peuple dont l’indépendance a été transformée en une cage, avec des gens qui nous regardent de l’extérieur des barres, parfois avec compassion charitable, parfois avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens dans mon cœur que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis, étrangers et nationaux, qu’il se lèvera comme un pour dire non à la honte et à la dégradation du colonialisme et retrouvera sa dignité à la pure lumière du jour.

    Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés dans tous les coins du monde resteront toujours à côté des millions de Congolais qui ne renonceront pas à la lutte jusqu’au jour où il n’y aura plus de colonisateurs et plus de mercenaires notre pays. Je veux que mes enfants, que je laisse derrière moi et peut-être ne reverrai plus, disent que l’avenir du Congo est beau et que leur pays leur compte, comme l’entendent tous les Congolais ; accomplissent la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance, notre souveraineté ; car sans justice, il n’y a pas de dignité et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

    Ni les assauts brutaux, ni les mauvais traitements cruels, ni la torture ne m’ont conduit à demander grâce, car je préfère mourir avec ma tête haute, la foi inébranlable, et la plus grande confiance dans la destinée de mon pays plutôt que de vivre dans l’esclavage et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot ; il ne sera pas l’histoire enseignée dans les Nations Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, cependant, mais l’histoire enseignée dans les pays qui se sont débarrassés du colonialisme et de ses marionnettes. L’Afrique écrira sa propre histoire et au nord et au sud du Sahara, il sera une histoire pleine de gloire et de dignité.

    Ne me pleure pas, ma compagne ; Je sais que mon pays qui souffre maintenant beaucoup sera en mesure de défendre son indépendance et sa liberté. Vive le Congo ! Longue vie à l’Afrique !

    Patrice

     

  • Afrique: 159 startups numériques ont reçu 195 millions de $ en 2017

    Afrique: 159 startups numériques ont reçu 195 millions de $ en 2017

    Les investissements dans les startups africaines de technologie ont atteint les niveaux les plus élevés, avec 159 startups rassemblant plus de 195 millions de dollars, selon Disrupt Africa Tech Startups Funding Report 2017.

    Les résultats de cette recherche révèlent que le financement total des entreprises technologiques africaines en 2017 a augmenté de 51 % par rapport à 2016, tandis que le nombre de startups financées a également augmenté de 8,9 %.

    L’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya sont restés les trois premières destinations d’investissement pour la troisième année consécutive. Pour la première fois, le financement assuré par les startups nigérianes a dépassé l’Afrique du Sud en 2017, bien qu’il y ait beaucoup plus d’entreprises sud-africaines.

    Gabriella Mulligan, cofondatrice de Disrupt Africa, affirme que l’un des principaux enseignements de cette recherche est la mesure dans laquelle le nombre de startups ayant obtenu des fonds et le montant global des investissements recueillis ont considérablement augmenté. « Il ne fait aucun doute que la “révolution technologique” africaine est en train de se produire. De plus en plus d’entreprises de qualité sont en cours de construction, et les investisseurs sont prêts à les soutenir, plus que jamais auparavant », explique Mme Mulligan.

    Autres points intéressants, alors qu’au cours des dernières années presque tous les fonds ont été consacrés à des startups dans les trois premiers pays (Afrique du Sud, Nigeria, Kenya), la part des financements vers ces pays diminue rapidement. Ce qui signifie que de plus en plus de financements vont vers des marchés alternatifs, montrant que les investisseurs ne sont plus confinés à ces hubs traditionnels, mais recherchent des talents et des opportunités d’affaires sur tout le continent.

    Le lead nigérian

    Selon Gabriella Mulligan, l’histoire du Nigeria est intéressante. « Alors que 2017 marque la première année où elle a dépassé l’Afrique du Sud en termes de montant total des fonds collectés, plus les 60 % du financement total du Nigeria vont à une seule entreprise : Andela. Et selon les chiffres du rapport, exempté des fonds collectés par Andela, le Nigeria présente un moins bon bilan que l’Afrique du Sud et le Kenya.

    A en croire Disrupt Africa, des signes d’un intérêt croissant des investisseurs pour les marchés moins développés ont également été observés, le pourcentage total des financements reçus par ces trois principaux écosystèmes passant de 81,7 % à 74,7 % en 2015. Le Ghana, l’Égypte et l’Ouganda apparaissent clairement comme des hotspots.

    Tendances

    Les entreprises Fintech se sont montrées de loin le secteur le plus attractif pour les investisseurs, avec 45 start-ups fintech représentant près d’un tiers du financement total destiné aux entreprises technologiques africaines en 2017. L’intérêt pour le commerce électronique a rebondi, en hausse de 350 % par rapport à l’année précédente. Les start-ups ont levé plus de 16,7 millions de dollars US, tandis que l’agrotechnologie a couru sur le devant de la scène, avec un financement de 203 % en 2016.

    Pour l’avenir, Disrupt Africa s’attend à ce que la reprise générale se poursuive avec des fonds et des financements supplémentaires. La société estime que l’Afrique du Sud retrouvera la première place, tandis que le Kenya continuera de performer fortement. Quant au Ghana, le pays commencera à laisser sa marque.

    Toutefois, l’accès à un financement suffisant pour les startups en dehors des trois premiers marchés reste un défi, tout comme le soutien aux startups qui ne sont pas basées dans les grandes villes.

     

  • En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En soit, le principe n’est pas nouveau, puisque l’Union européenne a déjà une politique d’exemption de visa pour ses citoyens. En Afrique, saluée par les experts, la suppression de visa pour une libre circulation fait lentement son chemin.

    Il faudra remonter à un quart de siècle pour retrouver la première fois où l’idée d’un passeport africain a été émise. Mais cette idée n’a pas émergé et certains pays se sont montrés méfiants, avec en ligne de mire, une crainte de l’augmentation de la contrebande, de l’immigration clandestine, du terrorisme et de la propagation des maladies.

    Le chemin vers le passeport africain 

    En 2017, l’UA avait lancé un passeport africain, un projet emblématique de l’ex-présidente Nkosazana Dlamini-Zuma. Cependant, le passeport n’est actuellement disponible que pour les hauts diplomates et les hauts fonctionnaires des 55 États membres de l’UA. Et parmi ces États membres, seules les Seychelles offrent un accès sans visa à tous les pays africains.

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    Selon Daniel Silke, directeur de Political Futures Consultancy, basé en Afrique du Sud, les grandes économies en croissance s’inquiètent de l’impact que les mouvements de population pourraient avoir sur les marchés du travail et les villes. Certaines des économies à croissance rapide de l’Afrique sont la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Guinée, le Sénégal et la Tanzanie. En réalité, avec l’expansion rapide des villes urbaines en Afrique, les institutions gouvernementales sont tendues et les villes qui offrent des opportunités seront soumises à une pression accrue avec cette initiative.

    En novembre 2017, après 15 ans de négociations, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), comprenant le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo, a ratifié le mouvement sans visa de ses citoyens. Dans la logique de cette politique, les États membres adopteront la technologie biométrique, assureront la coordination de la police et des services de sécurité et respecteront les différentes réglementations du travail.

    Initiatives

    La prochaine meilleure initiative à un système sans visa est le visa à l’arrivée, qui peut inclure l’autorisation de rester jusqu’à 90 jours. Le Rwanda a adopté ce protocole en 2013 et a constaté une augmentation du nombre de visiteurs et d’investisseurs africains, a noté Anaclet Kalibata, le directeur général de l’immigration et de l’émigration du pays.

    Selon ce dernier, entre 2013 et 2016, le nombre d’Africains recevant des visas à leur arrivée aux points d’entrée rwandais a augmenté de plus de 100 %, et le Rwanda a accueilli beaucoup plus d’évènements internationaux. A également en croire ses dires, les taux de criminalité dans le pays n’ont pas augmenté, contrairement aux craintes initialement exprimées par les sceptiques.

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    À l’instar du Rwanda, le Ghana également offre désormais un accès sans visa à un tiers des États membres de l’UA et des visas à l’arrivée aux deux tiers restants. Ce faisant, le pays a fait le plus de progrès de tous les États africains vers une Afrique sans visas pour les Africains, selon le Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017 de la Banque africaine de développement (BAD).

    Le Sénégal également offre un accès sans visa à 42 pays africains dans le but de redynamiser son secteur touristique. De son côté, le président Uhuru Kenyatta a annoncé que tous les Africains recevront désormais un visa à leur arrivée au Kenya.

    Par ailleurs, une autre alternative qui commence à être explorée porte sur des accords réciproques entre les pays. C’est le cas avec la Namibie où les autorités font des efforts pour finaliser de tels arrangements. Le Rwanda qui offre déjà un visa aux Africains à l’arrivée est aussi preneur des accords réciproques avec d’autres pays. De fait, cet accord sur le passage frontalier entre le Rwanda, la RDC, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda a favorisé la cohésion sociale régionale, et le commerce transfrontalier dans ces pays contribue désormais à hauteur de 42 % au PIB, selon les chiffres d’Anaclet Kalibata.

    Cependant, l’expérience du Rwanda n’est pas suffisante pour changer la perception des impacts négatifs de la libéralisation des visas d’entrée. Jean-Guy Afrika, principal expert politique de la BAD et contributeur au Africa Visa Openness Report 2017, note : « L’analyse des régimes de visas africains de 2016 a montré qu’en moyenne les Africains avaient besoin de visas au départ pour voyager dans 54 % des autres pays africains (55 % en 2015) ; pourraient obtenir des visas à l’arrivée dans seulement 24 % (contre 25 % en 2015) ; et n’ont pas besoin de visas pour voyager à seulement 22 % (contre 20 % en 2015). »

    Libéralisation des visas

    S’il y a 4 ans seuls cinq pays offraient un visa libéral, d’arrivée ou non, aux citoyens de tous les pays africains, aujourd’hui, ce nombre est porté à 14. L’évolution est certes timide, mais importante. Cette évolution est portée par l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. En effet, dans les classements 2017 de l’indice d’ouverture des visas en Afrique, 75 % des pays du top 20 sont dans ces deux régions. Un seul est au nord et aucun en Afrique ne centra.

    La BAD, l’UA et le Conseil du programme d’action du Forum économique mondial sur l’Afrique ont collaboré au Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017, le deuxième du genre. Les chercheurs ont recueilli des données auprès de l’Association du transport aérien international et des réponses aux questionnaires administrés aux points focaux nationaux. Les avis sont en effet positifs. Le besoin est en effet existant. L’ouverture des visas peut n’être qu’une partie du puzzle des États africains interconnectés, mais elle est néanmoins très importante.