Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Musa Darboe : le Gambien qui abandonne un poste d’ingénieur aux USA pour la riziculture

    Musa Darboe : le Gambien qui abandonne un poste d’ingénieur aux USA pour la riziculture

    Fils d’un grand fermier gambien, Musa Darboe a passé son enfance dans les rizières de la région Central River. Contrairement aux enfants de la ville qui se livrent à divers activités ludiques, Musa et ses frères passaient leurs journées dans les champs de riz.

    Le Riz occupait une place importante dans sa famille. C’est la principale source de revenu. La riziculture a permis au père de Musa de payer la scolarité de ses enfants ainsi que des autres membres de la grande famille. Les affaires prospéraient pour lui. Propriétaires des plus grandes fermes de la région, c’est chez lui que les autres fermiers venaient louer le matériel agricole. A chaque saison, la famille de Musa constituait une importante réserve de riz.

    « Économiquement, tout provenait du riz. Nous en consommons et nous en vendons aussi. Nous n’avons jamais eu à acheter du riz », se rappelle Musa.

    En 2000 Musa Darboe arrive aux Etats Unis d’Amérique où il vit le rêve américain. Il a un bon boulot d’ingénieur chez Verizon Wireless avec un salaire annuel 85000 dollars, une femme et des enfants. Entre temps, son père décède et la famille a du mal à pérenniser l’héritage.

    La vie de Musa Darboe a basculé le jour où, un de ses frères restés au village, l’appelle pour lui demander de l’argent pour payer du riz.

    « J’ai été choqué. Nous n’avons jamais eu à acheter du riz, alors pourquoi devons-nous en acheter maintenant?  »

    Se sentant interpellé, il décide  dans un premier temps de revenir en Gambie pendant les vacances pour aider les siens.  A son arrivée, il découvre l’état de désespoir dans lequel est resté sa famille et sa communauté depuis la mort de son père.  Musa Darboe prend sur lui, d’abandonner son travail aux USA pour se consacrer à la riziculture en Gambie.

    « Ils ne me croyaient pas. Ils ont pensé qu’en raison des opportunités que j’avais aux États-Unis, il n’était pas idéal pour moi de revenir en Gambie pour devenir agriculteur. Certains disent que je suis fou », se rappelle-t-il.

    Musa Darboe a d’abord contacté les agriculteurs américains chez qui il a appris les meilleurs techniques pour pratiquer une riziculture efficace et efficiente. Il crée Maruo Farms Ltd et modernise le secteur. Actuellement Musa est dans un processus d’expansion de ses fermes mais il est confronté au désintéressement de la jeunesse aux métiers agricoles.

    « Comment pouvons-nous encourager et inciter la population jeune à rejoindre le secteur agricole vieillissant? L’âge moyen d’un agriculteur en Gambie est d’environ 53 ans. Ce n’est pas bon », déplore-t-il.

     

  • Marie Korsaga : La première astrophysicienne du Burkina Faso

    Marie Korsaga : La première astrophysicienne du Burkina Faso

    Titulaire d’un Doctorat en Astrophysique, Marie Korsaga devient depuis ce 19 avril 2019, la première astrophysicienne de son pays, le Burkina Faso. Cette jeune dame a fait la majeure partie de son cursus universitaire à l’Université de Ouagadougou (jusqu’au DEA), avant de s’envoler pour la France où elle a préparé son doctorat au laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM) puis à l’Université de Cape Town en Afrique du Sud.

    Toute petite, Marie Korsaga se posaient les mêmes questions qui turlupinent tous les gamins de son âge : « De quoi l’univers est-il composé ? Comment la vie est-elle apparue sur terre ? » Marie Korsaga savait qu’elle n’aura pas les réponses à toutes ses questions au Burkina Faso. Dans son pays, l’astronomie n’était pas enseignée à l’époque. Elle décide alors d’embrasser la physique pour devenir ingénieure en génie civil. Son choix a été diversement apprécié par ses proches.

    J’étais confrontée à des propos du genre, -La physique est trop compliquée pour une femme, Ce sera difficile pour toi de t’en sortir là dedans – Et que je risquais même de devenir folle par la suite », se souvient-elle.
    Arrivée en année de maitrise, l’astronomie venait d’être introduite au programme comme matière optionnelle. Marie Korsaga saisit la chance de sa vie pour réaliser ses rêves. « Je vous assure que j’ai tout de suite été éblouie par ce que j’avais appris pendant le cours et c’est là que j’ai découvert que notre connaissance de l’univers était encore jeune et évoluait avec le temps ».

    Après l’obtention de son Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en Physique appliquée, elle poursuit ses études doctorales en France où elle intègre le programme « Physique des galaxies » (PDG) du Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM).

    Passionnée de sa matière, Marie Korsaga peut passer des heures à plonger ses interlocuteurs dans son univers. Et seuls les amoureux de l’astronomie arrivent à la suivre. « Je réduis les données brutes (données observationnelles) obtenues avec des grands télescopes observant dans le visible, je les analyse, j’obtiens des cubes de données et des champs de vitesse, j’en déduis des courbes de rotation ».

  • Patricia Zoundi : l’Ivoirienne fondatrice de Quickcash, le transfert d’argent des paysans

    Patricia Zoundi : l’Ivoirienne fondatrice de Quickcash, le transfert d’argent des paysans

    Quand on est né d’un père manœuvre devenu cadre et diplomate, on a toutes les raisons de croire au travail bien fait et à l’abnégation. Juriste formée à l’Université de Ouagadougou (Burkina Faso) Patricia Zoundi épouse Yao est la première femme à se lancer dans la Fintech en Côte d’Ivoire. En 2010, Elle crée Quickcash, une plateforme de transfert d’argent qui se passe de réseau internet pour effectuer ses opérations. Sa solution très pratique dans les zones rurales démocratise le transfert d’argent. De trois villages, son réseau s’est étendu aujourd’hui à 300 villages de la Côte d’Ivoire.

    Après la malheureuse expérience vécue dans la gestion d’une agence de transfert d’argent Wester Union, loin de se décourager, Patricia Zoundi crée sa plateforme qu’elle appelle Quickcash. Avec un ordinateur, un téléphone portable et une bonne dose de conviction, elle s’y lance mobilisant au passage ses premiers collaborateurs.

    « Je n’avais pas d’argent pour les payer mais je leur ai partagé ma vision et ils m’ont suivi. », se souvient-elle.  Quickcash  a pour vision de contribuer à l’émergence d’un monde rural prospère et actif en Afrique. En2014, Patricia Zoundi a obtenu le Prix National d’Excellence de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire dans la catégorie Entreprenariat Jeune.

    En 2016, elle participe, au Global Entrepreneurship Summit aux USA : « Je n’oublierai jamais ma rencontre à la Silicon Valley avec Barack Obama. »

    Aujourd’hui Patricia est devenue un serial entrepreneur. Elle est la fondatrice de deux autres entreprises ;   « Digital hub » qui intervient dans la fintech, et Cannan land axée sur  l’agriculture durable. Elle emploie 20 personnes et a créé 1500 emplois indirects. Malgré sa success-story édifiante, Patricia avait des difficultés à accéder aux crédits.

    Invitée 17 avril à partager son expérience lors du premier sommet Wefi qui se tenait à Abidjan, elle déclarait à France 24 avant de monter sur le podium que « l’heure n’est plus aux discours mais à l’action ».  A la fin de sa communication, Patricia fut rappelée par le président de la Banque Africaine de Développement (BAD) Akinwumi Adesina qui lui a promis le soutient de son institution devant tout le public.

     

     

  • SafeBoda : l’application qui réinvite le taxi-moto en Ouganda  

    SafeBoda : l’application qui réinvite le taxi-moto en Ouganda  

    Apparus au Bénin dans les années 90, les taxi-motos  sont devenus au fur des années l’un des principaux moyens de transports dans plusieurs pays africains. Moins couteux, accessibles et rapides, les taxi-motos livrent une rude concurrence aux taxis ordinaires. Malgré les avantages qu’offre ce moyen de transport, il n’est pas sans danger. Mal formés, souvent imprudents, les conducteurs de ces engins à deux roues causent des accidents parfois mortels. En Ouganda, une jeune startup dénommée SafeBoda se lance dans la modernisation du secteur.

    Ricky Rapa Thomson est un jeune entrepreneur de 30 ans. Faute de moyens, il fut contraint à abandonner les études pour se lancer dans le Boda Boda (appellation des taxi-mots en Ouganda). Il fut affecté par le décès tragique d’un de ses amis également conducteur du Boda Boda. Il décide alors de porter désormais un casque. Mieux, il en achète un second pour ses passagers. Bien que sa démarche fût diversement appréciée par ses clients, Ricky Rapa Thomson ne se décourage pas pour autant.

    En 2014, il fait la rencontre Max et Alastair avec qui il crée l’application SafeBoda.  Ils forment les conducteurs au code de la route et améliorent leurs conditions de travail. Désormais mieux équipés, les conducteurs sont inscrits sur une plateforme mobile qui permet de les identifier plus facilement. Les passagers depuis leurs positions peuvent faire appel à un Boda boda en un clic.  La plateforme enregistre en 2017, 1000 conducteurs et son promoteur  fait partie des 30  jeunes entrepreneurs africains les plus prometteurs en 2018 selon le Le Monde Afrique.

    La startup de Ricky Rapa Thomson et ses amis a contribué à réduire les cas d’accident de circulation à Kampala. Une étude menée à l’hôpital national de référence Mulago à Kampala par des chercheurs de l’Université Makerere a révélé qu’environ 40% des traumatismes crâniens survenus à l’hôpital étaient dus à des accidents  impliquant des boda-bodas.

    L’identification des conducteurs inscrits sur la plateforme rassure les passagers. En cas de désagréments les clients peuvent se plaindre devant les responsables de la plateforme et le conducteurs indélicats sera facilement repéré et sanctionné.

    Gozem

    Au Togo et au Bénin, la startup Gozem a également développé une plateforme mobile similaire  au SafeBoda avec des prestations quasi identiques. « Gozem est une plateforme technologique de transport pour l’Afrique de l’Ouest Francophone. Notre objectif est d’offrir la simplicité, la sécurité, et la fiabilité de nos services aux passagers et aux conducteurs locaux, en commençant par les motos-taxi (ou «zemidjans») au Togo et au Bénin », peut-on lire sur leur site.

  • Angelique Kidjo : la star béninoise fait des révélations

    Angelique Kidjo : la star béninoise fait des révélations

    La star d’origine béninoise Angélique Kidjo vient de sortir son dernier album « Celia » dans lequel elle rend hommage  à la chanteuse cubaine Celia Cruz décédée en juillet 2003. La reine de la Salsa a inspiré la diva africaine depuis sa tendre enfance.

    « Célia, c’était ma première expérience de femme salsera (version féminine de salsero ndlr ).  Sa joie de vivre et son énergie  sont restées avec moi. Quand on est adolescente et qu’on voit une femme comme sa sur scène, on se dit c’est possible », a-t-elle déclaré.

    Angélique Kidjo a repris une dizaine de chansons de  la cubaine depuis le début de sa carrière dans les années 50. L’artiste béninois garde un bon souvenir de sa première rencontre avec son idole. C’était sur scène à Paris où elle avait interprété Quimbara  de Celia Cruz.

    « Elle ne me connaissait pas et m’a accueilli dans sa loge en m’appelant sa ‘sœur africaine », se rappelle-t-elle.

    Angélique Kidjo fait partie des personnalités les plus influentes du continent. Elle a remporté à trois reprises le prestigieux prix Grammy. En 2016, elle a dédié sa toute dernière distinction aux jeunes artistes de son continent.  Auteure d’une quinzaine d’albums à succès, Kidjo a fait une virée dans le monde cinématographie où elle a incarné Madame Zimmermann, une dame de fer au caractère exceptionnel dans le film « The CEO »  du  Nigérian Kunle Afolayan.

    La native de  Ouidah fait la fierté de tout un continent. En 2018, elle a interprété devant les dirigeants du  monde le titre « Blewu » de la Togolaise Bella Bellow lors de la cérémonie commémorative l’armistice de la Première Guerre mondiale.

    « A cet instant là, je pensais avant tout à rendre hommage aux soldats africains ; tous ceux qui sont venus mourir pour que nous ayons cette société de liberté dans laquelle nous vivons aujourd’hui », précise-t-elle.

    Angelique Kidjo sera en tournée européenne début mai 2019.

  • Mounou Désiré : le peintre ivoirien  redonne vie aux déchets électroniques

    Mounou Désiré : le peintre ivoirien  redonne vie aux déchets électroniques

    Mounou Désiré Koffi  a 25 ans et se positionne déjà comme la figure montante de l’art contemporain en Côte d’Ivoire. Ses œuvres réalisées en majorité à base d’objets de récupération  seront exposées le 09 juin 2019 à Paris.

    Mounou Désiré Koffi   est un artiste peintre qui impressionne aussi bien par l’originalité de ses œuvres que par les matières qu’il arrive à travailler. Le jeune homme redonne vie aux téléphones portables abandonnés. Pour lui, associer ces objets à la peinture s’inscrit dans une démarche écologique.

    « L’art du recyclage en particulier du téléphone est un art salvateur dans la mesure où nous sommes dans un monde de consommation. Dès qu’un téléphone est abîmé ou passé de mode, on le jette. J’ai donc été poussé par la cause écologique que j’ai choisi de lier à mon art pour être témoin de mon époque précise-t-il sur sa page Facebook avant d’ajouter qu’il rêve d’être un jour compter parmi les artistes qui ont mis leur art au service d’une cause humanitaire, celle de sauver sa planète ».

    La ville d’Abidjan avec ses 5.5 millions d’habitants crée chaque année, 1500 tonnes de déchets  informatiques. De la matière première, Mounou Désiré n’en manquera point.

    L’artiste peint généralement, la joie de vivre des enfants africains. C’est d’ailleurs ce qui l’a amené à créer  une collection intitulée « To Save a Child ».

    Sa passion pour la peinture, Mounou Désiré l’a découverte très tôt. A l’école primaire,  il remportait déjà des  prix  en participants à différents concours de dessin. Il s’inscrit au Lycée d’enseignement artistique ( LEA) d’Abidjan où il sort major de sa promotion. Mounou Désiré est diplômé de l’école des Beaux-Arts.

  • Kadidiatou Touré: la créatrice qui valorise les artisans africains aux USA

    Kadidiatou Touré: la créatrice qui valorise les artisans africains aux USA

    Kadidiatou Touré est une sénégalo-malienne fière de ses origines africaines. La jeune diplômée en économie et science politique a travaillé dans  les organisations internationales avant de se consacrer à sa passion ; la mode. Elle est la patronne de la marque « Armoire Sahélienne ».  Bien que résidant aux USA, elle collabore avec des artisans en Afrique qui donnent forme à ses dessins.

    Kadidiatou Touré confectionne et commercialise des accessoires de beauté comme des colliers, des boucles d’oreilles ou encore des sacs à main pour femmes.  Elle s’inspire de ses propres goûts et préférences.

    « La plupart de mes réalisations sont des accessoires que je souhaite pour moi . Ce n’est certainement pas le meilleur des business plan parce que tout le monde n’a pas mes goûts. Mais comme Warren Buffet le dit ” vous devriez investir dans des choses qui, selon vous, fonctionneront ».

    L’une des collections prisées de Kadidiatou Touré est la ligne Foulani. Essentiellement composée des boucles d’oreille portées par les femmes peules, cette collection comporte également des colliers et bracelets.

    La Sénégalo-malienne travaille plusieurs matières récupérées sur place. C’est le cas du bronze utilisé pour les bracelets et boucles d’oreilles Baoulé ou Akan de la Côte d’Ivoire. Kadidiatou Touré tire son plaisir en voyant des clients porter ses produits.

    « Le moment où l’artisan finit la réalisation d’une de mes créations. Il se peut que le bijou ne soit pas parfaitement conforme à ce que je souhaitais, il est arrivé qu’il soit au delà de mes attentes mais c’est toujours un formidable sentiment d’accomplissement. Une fierté d’avoir créé une belle pièce. ,Je ressens le même sentiment quand les gens portent mes créations et qu’ils en sont satisfaits », confie-t-elle.

    En attendant la création de sa propre boutique, Kadidiatou Touré vend  ses produits en ligne notamment sur le réseau social Instagram.

  • Kofo Akinkugbe : l’unique productrice des cartes certifiées Europay Mastercard Visa de la CEDEAO

    Kofo Akinkugbe : l’unique productrice des cartes certifiées Europay Mastercard Visa de la CEDEAO

    La lauréate du prix du meilleur entrepreneur  2017  de la fondation Fate, Kofo Akinkugbe est une femme d’affaire qui impressionne aussi bien par son parcours professionnel que ses réalisations entrepreneuriales.  La PDG de  la SecureID Group  s’illustre dans le secteur de la haute technologie. Ses entreprises SecureID Limited (créée en 2005) et SecureCard Manufacturing (créée en 2012) sont respectivement spécialisées dans la personnalisation et la création des cartes à puces électroniques.

    Kofo Akinkugbe fait partie du cercle fermé des 8 producteurs des puces électroniques en  polycarbonate  en Afrique. Dans la sous-région ouest-africaine elle est l’unique sur ce marché.  Son groupe est la seule  usine de cartes certifiée EMV (Europay Mastercard Visa) en Afrique de l’Ouest.

    Pour Kofo Akinkugbe les femmes ont bel et bien leur place dans le secteur manufacturier : « Il y a des problèmes de genre dans le secteur manufacturier, mais les choses sont beaucoup plus faciles maintenant, il n’y a plus de place pour les erreurs, le contrôle de la qualité est maintenant essentiel. Ainsi, les femmes sont encouragées à se joindre au secteur manufacturier ».

    Diplômée  en mathématique à l’Université de Lagos (Ngéria), elle a bénéficié de la bourse Chevening du gouvernement britannique pour un MBA à la Strathclyde Graduate Business School, en Écosse. Elle a exercé dans le secteur bancaire chez  International Merchant Bank Plc et Chartered Bank Limited entre autres.

    Aujourd’hui, les entreprises Kofo Akinkugbe fournissent leurs services à 16 pays sur le continent africain. En 2012, Kofo a remporté le prix Africa Business Awards pour l’entrepreneuriat. Mariée et mère de deux enfants, Kofo Akinkugbe est décrite comme une philanthrope par ses proches.

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.

  • Formée aux USA, elle renonce à son emploi pour lancer sa marque au Nigeria

    Formée aux USA, elle renonce à son emploi pour lancer sa marque au Nigeria

    Cette entrepreneure nigériane utilise depuis trois ans des matières premières dans son pays pour construire une grande marque de luxe. Pour réaliser son rêve de créer son entreprise et d’innover, Joycee Awosika a quitté les États-Unis pour revenir en 2011 dans son pays natal. La jeune entrepreneure a ensuite travaillé  dans une grande compagnie d’électricité avant de démissionner.

    Elle fonde alors en 2015 Oriki (votre couronne, votre origine en Yoruba), son entreprise. Selon elle, le Nigeria est une mine d’or colossale qui a été largement inexploitée. Elle affirme qu’elle ne pouvait pas rester inactive face à une telle situation. « Les fabricants de produits de beauté et les entreprises du monde entier exploitent les ingrédients naturels cultivés au Nigeria et dans d’autres pays africains, mais il existe très peu de marques autochtones fièrement concurrentes », souligne-t-elle.

    Joycee Owasika a bénéficié de l’appui du programme Tony Elumelu pour renforcer sa marque. Depuis, Oriki a construit sa réputation sur les produits de qualité. La marque fabrique des produits de beauté et de toilettage efficaces et luxueux en utilisant des matières premières et toutes les ressources naturelles découvertes à travers le monde. Une trentaine de produits parmi lesquels on retrouve des hydratants, des nettoyants pour le corps ou des exfoliants.

    Qualité

    L’entrepreneure précise que des plantes, des ingrédients biologiques et des huiles naturelles sont utilisés dans la fabrication. « Nos produits sont exempts d’additifs inutiles, de parabènes et de sulfates », rassure-t-elle. Avec un magasin phare situé dans la ville cosmopolite de Lagos, au Nigeria et un site de commerce électronique conçu pour servir le consommateur moderne, intelligent, techno-saavy et soucieux de sa santé, les espaces de vente ORIKI sont conçus pour exprimer un mélange unique de style et éducation.

    En tant qu’entrepreneure, elle fait face à divers défis dans son industrie, du manque d’options de conditionnement au sol, à la gestion des commandes groupées, au contrôle de la qualité et aux restrictions à l’exportation. Mais Joycee Awosika est battante. Elle affronte toutes les difficultés avec une équipe formée d’une vingtaine de collaborateurs.

    Du social

    Préoccupé par l’essor des communautés, il a mis en place différents programmes sociaux, notamment « From Plant to Profit » qui promeut une agriculture durable et une autonomisation des agriculteurs. Pour Joycee Owasika il s’agit d’un moyen de création d’emplois, de réduction de la pauvreté et de développement économique.

    L’entrepreneure a également mis en place une fondation qui soutient le commerce durable, l’autonomisation des jeunes femmes, les initiatives d’énergie propre et écologique, l’éco-conservation et les relations collectives, tout en donnant une raison véritable et significative de réussir. Joycee Owasika est à ce point considérée comme l’une des femmes les plus influentes du Nigeria.