Catégorie : Afrqiue Australe

  • L’Afrique en 2018: Elections, Business, Sport […] à quoi s’attendre?

    L’Afrique en 2018: Elections, Business, Sport […] à quoi s’attendre?

    2017 a sans doute été une année mouvementée en Afrique. D’un Liberia où s’est (de nouveau) révélé le plus emblématique footballeur africain George Weah comme désormais comme Chef d’État, en passant par la chute du patriarche Mugabé, sans oublier la crise sociopolitique togolaise, la CAN 2017, la question de l’esclavage en Libye, beaucoup de secousses et d’émotions ont marqué les sociétés. Toutefois, 2018 sera sans doute également une année de grandes mutations sur le continent. À quoi s’attendre ?

    Infrastructure

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    En 2018, l’Afrique devra connaitre une importante évolution en matière d’infrastructure. Au Nigeria, leadeur économique du continent, le réseau de transport devrait être renforcé avec le lancement du réseau Abuja Light Rail, que le président Muhammadu Buhari a déclaré « achevé à 98 % », couvrant 12 stations. Le président a également donné l’assurance que le tronçon Lagos-Ibadan de 1,5 milliard de dollars du Standard Gauge Railway sera terminé en 2018, avec une capacité de deux-millions de passagers par an.

    En Éthiopie, la première phase de l’expansion de l’aéroport international de Bole devrait être achevée cette nouvelle année, dans le cadre d’un développement de 350 millions de dollars destiné à consolider la position du pays en tant que plaque tournante de l’aviation en Afrique de l’Est. De son côté, l’Ouganda ouvrira sa plus grande centrale électrique, l’une des plus grandes centrales hydroélectriques du continent, à Karuma.

    Au Maghreb, la Tunisie poursuit ce qui pourrait devenir la plus grande centrale solaire au monde. Quant à l’Égypte, elle veut accélérer durant cette nouvelle année le travail sur une nouvelle capitale à l’extérieur du Caire, bien qu’il y ait des doutes sur le fait que le mégaprojet de 45 milliards de dollars peut être livré comme prévu.

    Élections

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    Le long règne de Robert Mugabe est enfin terminé et le Zimbabwe doit voter pour un nouveau président en 2018. Le successeur de Mugabe, Emmerson Mnangagwa, a annoncé son intention d’ouvrir une ère plus démocratique, bien que nombre d’observateurs se demandent si les partis d’opposition seraient autorisés à travailler librement. .

    En Égypte, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pourrait suivre la voie de la réélection alors que ses adversaires sont en difficulté. Le président camerounais Paul Biya est aujourd’hui l’un des plus anciens dirigeants de l’Afrique après 35 ans au pouvoir, mais l’homme de 84 ans n’a pas révélé s’il avait l’intention de briguer un autre mandat de sept ans. La Sierra Leone aura certainement un nouveau président, le président sortant Ernest Bai Koroma n’étant plus éligible après deux mandats. Le parti de Koroma a choisi comme candidat le ministre actuel des Affaires étrangères, le Dr. Samura Camara, qui se présentera contre l’ancien chef militaire Julius Maada Bio.

    Le Mali déchiré par la guerre devrait également se rendre aux urnes, bien que les élections régionales aient été reportées pour des raisons de sécurité.

    Entreprise

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    La bataille des applications de taxi sera farouchement menée en Afrique en 2018. Uber a annoncé ses intentions avec une nouvelle base de 20 millions de dollars au Caire. Le géant mondial établit une forte présence à travers les marchés de l’Afrique subsaharienne, y compris l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya. Mais les rivaux locaux comme Little et Africab utilisent leur meilleure connaissance des marchés africains pour se défendre.

    Durant cette nouvelle année également, les gouvernements et les entreprises chercheront à tirer le meilleur parti de « l’économie bleue ». Trente-huit des 54 États africains ont un littoral, mais une grande partie ne parvient pas à tirer profit de leurs ressources marines. Ce qui a d’ailleurs inspiré un sommet des Chefs d’État africains en 2016 tenu à Lomé au Togo. D’ailleurs, l’Union africaine (UA) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ont défini des plans pour inverser la tendance, par exemple en cultivant la pêche et l’écotourisme.

    Sur un autre plan, l’UA devrait adopter un projet d’accord d’initiative phare, la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), visant à encourager le passage des marchandises, des personnes et des services entre les frontières, gage de croissance et de développement entre les États membres.

    Sécurité

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    La Somalie reste le pays africain le plus touché par la violence des conflits, selon le Projet de données sur les situations et les conflits armés (ACLED), avec plus de 3 000 morts en 2017, dont une attaque terroriste à Mogadiscio qui a tué plus de 300 personnes. Ce pays n’a pas connu de paix durable depuis plusieurs décennies.

    Le soulèvement qui est devenu une guerre civile en Libye montre peu de signes d’apaisement et continue de jeter de nouvelles horreurs, comme le marché des esclaves révélé par le média CNN. L’ONU poursuit les élections pour mettre en place un gouvernement avec une légitimité populaire, tandis qu’une conférence internationale se tiendra en mars pour aider à la reconstruction de Benghazi.

    Le conflit au Soudan du Sud a maintenant fait plus de 50 000 morts, malgré la forte présence de l’ONU dans le jeune pays et les précédents accords de paix entre le gouvernement et les rebelles. Un nouvel accord de cessez-le-feu a été signé en décembre, mais des violations ont déjà été alléguées.

    Au Mali, l’insurrection djihadiste de 2012 n’a pas encore été vaincue par le G5 Sahel, une armée régionale soutenue par la France. Les initiatives de paix ont stagné et les élections ont été reportées, ce qui laisse présager une autre année troublée.

    Autres

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    Les gouvernements et les négociants en matières premières devront faire face à des pressions soutenues de la part des militants anticorruptions à la suite des révélations de l’édition de l’an dernier des « Paradise Papers », avec la probabilité de nouvelles fuites à venir. La saisie de fonds de la famille Obiang en Guinée équatoriale et de la famille Abacha au Nigeria offre un modèle.

    Le Cameroun et la République démocratique du Congo sont parmi les gouvernements africains à avoir fermé l’accès à Internet en 2017, une réponse commune aux troubles. Mais cette approche sera soumise à une pression croissante, car la connectivité devient une attente publique et les économies deviennent plus dépendantes du web. Une ONG a constaté que les fermetures ont couté 237 millions de dollars aux gouvernements africains depuis 2015.

    Dans le domaine sportif, 2018 sera principalement marqué par la Coupe du Monde Russie 2018. Si le Sénégal est l’équipe africaine la mieux classée pour se qualifier, il faut noter que beaucoup de choses peuvent changer d’ici juillet. On attend beaucoup d’un Nigeria renaissant, alors que les espoirs égyptiens sont élevés pour leur première Coupe du Monde depuis 1990, entrainés par la star de Liverpool Mohamed Salah.

  • Technologie spatiale en Afrique: la NASA peut désormais s’inquiéter

    Technologie spatiale en Afrique: la NASA peut désormais s’inquiéter

    L’Afrique n’est pas restée en marge de divers efforts faits notamment par des pays développés pour la conquête de l’espace. Si le continent n’a pas encore envoyé son astronaute dans l’espace comme grande réussite dans le domaine, bien d’efforts sont en train d’être faits.

    Si l’Afrique a été lente à se lancer dans le voyage spatial, les nouveaux projets sur le continent semblent désormais prometteurs. En exemple, le Square Kilometer Array en Afrique du Sud qui vise à construire le plus grand télescope radio du monde. Ce télescope devra aider les scientifiques à brosser un tableau détaillé de certaines des zones les plus reculées de l’espace. Et c’est le désert de Karoo qui abritera le Square Kilometer Array, un groupe de 3 000 antennes paraboliques sur une superficie d’un kilomètre carré.

    Mais l’Afrique du Sud qui a déjà fait de grands efforts dans le domaine scientifique sur le continent n’est pas seule à nourrir de telles ambitions. Au Nigeria également, le leader économique africain, l’agence spatiale du pays prétend avoir formé 300 personnes en niveau doctorat dans cette science et a des plans ambitieux pour développer l’industrie et encourager les programmes spatiaux à travers le continent. Et le pays vise à avoir un astronaute dans l’espace d’ici 2030. Depuis 2003, le Nigeria a lancé cinq satellites qui ont permis d’améliorer les pratiques agricoles, de recueillir des données climatiques et de retracer les prises d’otages par Boko Haram.

    Quant à l’Égypte, elle a l’un des plus anciens programmes spatiaux du continent, avec à son actif, le lancement de plusieurs satellites à bord de fusées russes.

    Genèse

    En 1964, Edward Mukuka Nkoloso, professeur d’école secondaire et directeur autoproclamé du programme spatial national de la Zambie, avait l’audacieuse envie de battre les États-Unis et l’Union soviétique dans la course à l’espace et d’atterrir sur la Lune. En utilisant des techniques non conventionnelles, Nkoloso a formé 12 astronautes. Il a échoué, mais en 2014, un film a été publié, inspiré par ses efforts.

    Related imageHeureusement, les programmes spatiaux de l’Afrique semblent maintenant beaucoup plus prometteurs. En fait, au cours de la dernière décennie, le continent est entré dans une course à l’espace.

    Le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, l’Égypte et l’Algérie ont renouvelé leurs intérêts dans leurs programmes existants, le Ghana et le Kenya se joignant au club, lançant leurs propres projets spatiaux au cours des dernières années.

    La lune à portée de main

    Alors qu’aucun pays africain n’est encore à portée de la lune, le Nigéria et l’Afrique du Sud ont de loin les programmes spatiaux les plus avancés du continent.

    En cas de succès du Square Kilometer Array, les Sud-Africains pourront regarder beaucoup plus loin dans l’espace, à multiples sensibilités de plusieurs télescopes actuels. La première phase de ce travail coutera environ 790 millions de dollars. Carla Sharpe, Business Manager chez SKA explique que ce qui a motivé ce projet, c’est le besoin d’un radiotélescope de la prochaine génération avec une préférence pour l’hémisphère sud, « condition pour voir le centre de notre galaxie ». « Lorsque vous étudiez l’espace avec un télescope optique, vous observez seulement la lumière visible, alors qu’un radiotélescope peut observer le spectre électromagnétique sur un certain nombre de fréquences », ajoute-t-elle.

    Image result for africa telescopeCependant, Sharpe n’est pas d’accord sur le fait qu’il existe une course à l’espace africaine en soi. Au lieu de cela, les pays africains considèrent les programmes spatiaux comme une partie importante du développement économique. Mais il faut aussi préciser que les programmes spatiaux sont souvent critiqués en Afrique pour être un gaspillage d’argent, en particulier avec la présence de préoccupations plus immédiates.

    Autres prétentions

    En dehors du Nigeria et de l’Afrique du Sud, il y a aussi un certain nombre de projets intéressants provenant d’autres pays africains.

    Au début de l’année 2017, l’Éthiopie a annoncé qu’elle mettrait un satellite en orbite d’ici 3 à 5 ans pour aider à surveiller les conditions météorologiques. Et en 2015, l’observatoire et le centre de recherche d’Entoto, d’une valeur de plusieurs millions de dollars, ont été ouverts près de la capitale Addis-Abeba, en Éthiopie.

    Le Ghana se lance également dans la technologie spatiale et a envoyé avec succès son premier satellite en orbite durant l’année écoulée. En 2015, le gouvernement avait alloué 10 millions de dollars à la technologie nucléaire et spatiale. L’Agence spatiale du Kenya (KENSA) a également été officiellement lancée en 2017. Pour ajouter à cela, en 2016, l’Égypte a approuvé des plans ambitieux pour lancer une nouvelle agence spatiale égyptienne.

    En effet, sur l’ensemble du continent, les nouveaux programmes représentent un appétit croissant pour les technologies spatiales, même si l’Afrique est encore loin derrière dans la course spatiale mondiale. Toutefois, il n’y a pas encore de programme spatial panafricain à l’œuvre.

    En 2010, l’Union africaine (UA) a approuvé une étude visant à tester la faisabilité d’une Agence spatiale africaine. Deux ans plus tard, le président soudanais Omar Hassan al-Bashir a réitéré l’appel. Mais il est largement tombé dans l’oreille d’un sourd. Même si une agence spatiale africaine officielle pourrait être loin, les programmes spatiaux nationaux cherchent des moyens pour travailler ensemble. Une opportunité pour l’Afrique d’évoluer dans ce domaine.

  • Qui est vraiment Ramaphosa, le nouvel homme fort d’Afrique du Sud

    Qui est vraiment Ramaphosa, le nouvel homme fort d’Afrique du Sud

    Porté récemment à la tête de l’ANC (African National Congress), le parti au pouvoir en l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa devient la grande curiosité en Afrique où ce parti, rattaché à raison à la personnalité de Nelson Mandela, reste emblématique. Mais qui est vraiment Cyril Ramaphosa ?

    Bon nombre de Sud-Africains fatigués de la gouvernance en mode micmac de Jacob Zuma sont convaincus que Cyril Ramaphosa est une figure appropriée pour prendre le pouvoir, stabiliser l’économie et sécuriser l’architecture constitutionnelle qu’il a contribué à créer à la fin de l’apartheid. Mais à vrai dire, en attendre plus, on en attendrait trop. Il est peu probable qu’il s’éloigne de la voie économique traditionnelle choisie par l’ANC…

    Ses premiers pas

    Ramaphosa est né à Johannesburg, le centre industriel de l’Afrique du Sud, le 17 novembre 1952. Deuxième de trois enfants, son père était un policier. Il a grandi à Soweto où il a fait ses études primaire et secondaire. Plus tard, il est allé au Lycée Mphaphuli à Sibasa, où il a été élu à la tête du Mouvement des étudiants chrétiens peu de temps après son arrivée, attestant de ses convictions chrétiennes.

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    Plus tard, Ramaphosa a étudié le Droit à l’Université du Nord de l’époque, où il est devenu actif dans l’Organisation des étudiants sud-africains, qui était alignée sur l’idéologie de la conscience noire adoptée par Steve Biko. Il devint actif au sein du Mouvement chrétien des étudiants universitaires, qui était imprégné de la théologie et de la libération du mouvement de la « conscience noire. »

    Après avoir obtenu un diplôme en droit, Ramaphosa a poursuivi son activisme politique à travers la Convention des Noirs, pour laquelle il a été emprisonné pendant six mois. Il a ensuite continué à servir des articles et a rejoint le Conseil des syndicats d’Afrique du Sud, qui devait former le Syndicat national des mineurs (NUM), avec Ramaphosa comme premier secrétaire général. Il a ainsi contribué à la création du NUM en tant que plus grand syndicat du pays, servant de secrétaire général pendant un peu plus de 10 ans.

    Affaires et politique

    La notoriété publique de Ramaphosa a grimpé lorsqu’il a été élu secrétaire général de l’Ancien 1991. Suite à cette nomination, il a joué un rôle clé dans la transition de l’Afrique du Sud, devenant l’un des principaux artisans de la démocratie constitutionnelle du pays. Sous les auspices de la Convention pour une Afrique du Sud démocratique (Codesa), il est devenu le principal émissaire de l’ANC pendant les négociations sur un arrangement post-apartheid.

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    Suite à cela, Ramaphosa a dirigé l’équipe de l’ANC dans l’élaboration d’une nouvelle constitution pour le pays, constitution qui est aujourd’hui considérée comme l’une des plus progressistes au monde.

    En 1994, Ramaphosa est devenu l’adjoint du président Nelson Mandela. Voir Thabo Mbeki nommé ensuite à la place était un coup, mais persuadé par Mandela, Ramaphosa est entré dans les affaires. Au cours des deux décennies qui ont suivi, il s’était alors investi dans la construction d’une grande société de portefeuille, Shanduka, avec des intérêts dans des secteurs allant de l’industrie minière à la restauration rapide. Le succès du groupe a confirmé sa réputation de négociateur talentueux.

    En outre, durant ces 20 années d’activité, Ramaphosa a établi des liens profonds dans le secteur privé en Afrique du Sud. Une situation qui le met en désaccord avec les sections de l’ANC qui croient que les arrangements post-apartheid lui ont donné le pouvoir politique, mais pas la liberté économique. Ces voix sont devenues plus fortes sous la présidence du président Jacob Zuma, avec des appels à une transformation économique radicale et à une action pour s’attaquer au capital des monopoles blancs.

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    De fait, pour sa nouvelle mission, Ramaphosa aura du pain sur la planche en essayant de répondre à ces exigences, en conduisant un pacte social plus inclusif dans le pays sans toutefois oublier de combattre la corruption rampante dans les secteurs privé et public.

    Le chemin vers la présidence

    Même pendant ses années d’activité, Ramaphosa resta proche de l’ANC, en tant que membre du comité national de discipline. Mais il a fait son grand retour sur la scène politique lors de la conférence élective de l’Ancien 2012 à Mangaung, Bloemfontein où il a été élu vice-président de l’ANC, et plus tard du pays.

    Deux ans auparavant, Ramaphosa était devenu vice-président de la Commission nationale de planification, gérée par l’État. Il présidait son rapport de diagnostic, qui exposait clairement les problèmes auxquels le pays était confronté. Un plan a été élaboré pour apporter des réponses aux défis identifiés dans le rapport. Connu sous le nom de Plan de développement national, il a été présenté comme un modèle du type de société que l’Afrique du Sud pourrait devenir. Ce plan a montré les forces de Ramaphosa en tant que grand acteur de pactes sociaux. Mais depuis sa remise, le plan a été oublié, même s’il faut dire qu’il reste un point de référence et sert de contrepoint aux appels à une transformation économique radicale.

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    Cyril Ramaphosa pourra mettre l’accent sur la stabilité dans le gouvernement et l’ANC. Compte tenu de son histoire, il est susceptible de vouloir stabiliser l’économie plutôt que de poursuivre des interventions radicales. En réalité, il a un intérêt personnel à obtenir un pacte social stabilisateur semblable à celui qu’il a négocié en 1994, vus les changements qui ont laissé le pays économiquement et socialement plus faible.

    Il n’est donc pas surprenant que durant sa campagne électorale, il ait modelé son image sur le caractère sacré de la primauté du droit et sur le principe selon lequel la stabilité sociale repose sur le respect de la primauté du droit.

    Néanmoins, le grand point d’interrogation sur Ramaphosa est son efficacité. Bien qu’il ait été le vice-président de l’ANC et du pays pendant cinq ans, certains pensent que son influence a été minime et qu’il n’a pas été en mesure d’imprimer son leadership sur le parti ou le pays. Sera-t-il capable d’imposer sa volonté à ceux qu’il conduit maintenant ? Ramaphosa présidera des fonctionnaires et politiques qui ont de grandes personnalités et ont bénéficié de longues périodes de pouvoir politique. Ils sont habitués à diriger, et non suivre.

  • Angosat 1, l’Angola s’invite à la conquête spatiale

    Angosat 1, l’Angola s’invite à la conquête spatiale

     En cette fin d’année, la concurrence en Afrique en matière de technologie spatiale a  produit bien de résultats. L’Angola s’est désormais lui aussi invité dans cette course.

    Fruit d’un partenariat entre l’Angola et la Russie, Angosat 1, premier satellite de ce pays, a été mis en orbite depuis mardi dernier. Le projet conjoint qui a débuté en 2009 a coûté environ 300 millions de dollars et financé par un crédit des banques d’État russes, selon les informations du gouvernement angolais. Pesant 55 kilogrammes, Angosat a été construit par un consortium d’Etat russe et a été lancé avec la fusée ukrainienne Zenit-3SLB, ainsi qu’avec Roscosmo, une compagnie spatiale russe. Il sera placé sur l’équateur à une altitude de 36 000 kilomètres. La Russie supervisera le fonctionnement du satellite à partir d’un centre de contrôle construit près de Luanda.

    En effet, la construction de ce satellite dont le lancement a été retardé plusieurs fois a débuté en 2013. Angosat-1, qui sera dans une période d’essai jusqu’en mars, est destiné à fournir des services de télécommunications, de télévision, d’Internet et de gouvernance électronique à l’Angola et restera en orbite pendant au moins 15 ans. Mais pas que. Spécialement, AngoSat-1 jouera aussi un rôle crucial dans la prolifération de la télémédecine, un moyen de fournir des soins cliniques à distance en utilisant les télécommunications.

    Le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information, Carvalho da Rocha, a déclaré que 40% de la capacité du satellite avait déjà été réservée pour des objectifs commerciaux. Le gouvernement estime qu’il récupérera son investissement en deux ans au minimum.

    La conquête de l’espace en Afrique subsaharienne

    Plus tôt cette année, l’Angola avait rendu public son plan à long terme pour son programme spatial, qui prévoit une expansion régulière dans les années à venir. Avec le lancement ce mardi, l’Angola devient l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne dans la course pour une conquête spatiale.

    Le Nigeria, le Ghana et l’Afrique du Sud ont déjà plusieurs satellites en orbite, allant plus loin que les télécommunications de base. L’Afrique du Sud par exemple, utilise son engin spatial pour collecter des données sur les catastrophes environnementales potentielles telles que les inondations et les incendies. Le Ghana quant à lui utilise le cubesat, un petit satellite construit par l’Université des Nations Unies, pour surveiller son littoral et à des fins éducatives. Pendant ce temps, le Nigeria n’a pas seulement utilisé ses satellites pour surveiller les élections, mais même pour suivre les mouvements de Boko Haram, le groupe armé responsable des attaques meurtrières dans le nord-est du pays.

    Cependant, le Nigeria veut aller encore plus loin. D’ici 2030, il espère pouvoir envoyer son premier astronaute dans l’espace, un plan qui pourrait être à portée de main, grâce à des entreprises privées comme SpaceX et Blue Origin qui ouvriront des espaces dans les années à venir.

    Mais d’autres pays subsahariens regardent également vers le ciel. L’Éthiopie et le Kenya ont leurs propres programmes spatiaux.

    En 2016, l’Union africaine avait élaboré une politique et une stratégie spatiales africaines. Avec ce cadre, l’Union africaine espère œuvrer en faveur d’un programme spatial résilient qui profite à l’ensemble du continent dans les décennies à venir.

  • Moyen-Orient : l’Israël va recomposer ses ‘soutiens’ en Afrique

    Moyen-Orient : l’Israël va recomposer ses ‘soutiens’ en Afrique

    Le premier-ministre israélien, Benjamin Netanyahu a créé un fonds pour soutenir les pays en développement. Des pays africains bénéficieront également de cette aide.

    L’État israélien pense récompenser les pays en développement qui le soutiennent sur la scène internationale, à en croire les informations d’un reportage diffusé sur la chaîne Hadashot. Pour cela, le premier ministre, Benjamin Netanyahu, devrait créer un fonds nommé « 50 sur 50 », qui devrait permettre de distribuer 50 millions de dollars de financements gouvernementaux à 50 pays. Cette aide sera dédiée aux secteurs comme la technologie, l’hydraulique, l’agriculture et le développement du leadership. Toutefois, chaque pays recevra une aide basée sur ses besoins individuels, selon ce même reportage.

    Le ministère des Affaires étrangères, ministère occupé également occupé par le chef de gouvernement, a dressé la liste des potentiels pays candidats qui pourraient bénéficier de cette aide. On y note une forte présence des pays africains. À eux s’ajoutent quelques autres pays d’Europe de l’Est et à l’Asie.

    Le bureau du premier ministre a déclaré à Hadashot qu’il s’agissait d’un investissement faible qui pourrait néanmoins entraîner un changement majeur dans le soutien à l’Israël au cours de la prochaine décennie.

    Pour cette nouvelle aide, Netanyahu a dévoilé son intention d’inclure le projet dans le prochain budget. Il aurait également chargé le directeur du ministère des Affaires étrangères de commencer la planification du projet sur la base des fonds présents dans les caisses de l’État.

    Netanyahu et la grande conquête

    Benjamin Netanyahu est devenu le premier chef de gouvernement israélien à se rendre en Amérique latine, en Australie et à Singapour et surtout, deux fois en Afrique (au Libéria et au Kenya) en 2017.

    Depuis sa prise de fonction, les actions diplomatiques de Netanyahu vont dans un sens de séduction. Il a pu regarder au-delà des alliés traditionnels comme les États-Unis et quelques pays d’Europe occidentale. Stratège, il a également cultivé des liens avec les pays en développement qui soutiennent traditionnellement les Palestiniens.

    Il a d’ailleurs longtemps vanté les prouesses technologiques et sécuritaires de son pays afin d’attirer de nouveau soutien et faire pression sur les pays qui bénéficient déjà de la coopération avec l’État juif. Et ce, en particulier, lors des votes aux Nations unies.

    En Afrique, de nombreux dirigeants voient en Netanyahu un leader dont le pays a beaucoup à apporter en termes d’innovation technologique et de savoir-faire en matière de sécurité ; ou encore, en aide au développement.

  • Les huit élections africaines à surveiller en 2018

    Les huit élections africaines à surveiller en 2018

    En Afrique, 2017 a été l’année de grands changements. Des dirigeants décriés pour leur longévité ont quitté le pouvoir comme au Zimbabwe, en Angola et en Gambie. Par ailleurs, les scissions internes, les défis économiques et l’augmentation du taux de chômage ont fait pression sur de nombreux pays, dont l’Éthiopie et le Nigéria. En Afrique du Sud en outre, un parti au pouvoir divisé a montré un électorat déçu par les mouvements de libération.

    Toutefois, l’année 2017 n’est pas partie avec toutes les formes de frustrations. Certaines de ces pressions internes et externes seront éventuellement présentes dans les élections à travers le continent en 2018. En effet, une vingtaine de nations organiseront des élections présidentielles, législatives et municipales cette année, avec l’espoir que certains de ces résultats pourraient annoncer un changement politique pour les partis. Les campagnes présidentielles en Afrique du Sud et au Nigeria vont également prendre de l’ampleur avant les élections de 2019, le leader du Congrès national africain, Cyril Ramaphosa, et le président Muhammadu Buhari espérant gagner respectivement.

    Alors que des millions d’électeurs africains se rendent aux urnes au cours des 12 prochains mois, voici les élections à surveiller, dans l’ordre chronologique :

    1. Égypte : entre février et mai 2018

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    Même s’il n’a pas encore déclaré sa candidature, le président Abdel Fattah el-Sisi reste l’homme à battre lors de la prochaine élection présidentielle égyptienne. Tandis que l’ancien Premier ministre Ahmed Shafiq et l’éminent avocat des droits de l’homme Khaled Ali ont déclaré leur intention de se présenter, de nombreux candidats se heurteront à des obstacles pour se rendre au scrutin, et encore moins gagner

    Ces scrutins surviennent alors que l’Égypte est confrontée à un ralentissement économique brutal et à de nombreux attentats terroristes meurtriers qui continuent de compromettre son image de destination touristique favorite.

    1. Sierra Leone : 7 mars 2018

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    Ce pays d’Afrique de l’Ouest organisera des élections générales début mars, avec plus d’une douzaine de partis présentant des candidats aux élections présidentielles, parlementaires, municipales et municipales. Le Congrès des Peuples, au pouvoir, a nommé le ministre des Affaires étrangères, Samura Kamara, au poste de successeur du président Ernest Bai Koroma, qui quittera ses fonctions après dix ans au pouvoir. Le candidat de l’opposition Julius Maada Bio, qui s’est présenté contre Koroma en 2012 sur un billet du Parti populaire de la Sierra Leone, devrait participer aux prochaines élections.

    Les élections de 2018 interviennent à un moment crucial alors où la Sierra Leone se remet des effets dévastateurs d’Ebola et d’un glissement de terrain tragique qui a tué des centaines de personnes et déplacé davantage l’année dernière.

    1. Soudan du Sud : juillet 2018

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    La jeune nation devrait tenir des élections générales au milieu d’une guerre civile qui a déplacé des millions de personnes à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les luttes intestines entre le gouvernement rival et les forces rebelles ont déchiré le pays, dévastant l’économie, en affectant les opérations humanitaires et les investissements étrangers alors que les dirigeants continuent d’amasser des millions de dollars en richesse illégale.

    Alors que le mandat du gouvernement s’achève en février, le président Salva Kiir veut organiser des élections. Cela s’avère difficile, étant donné que le gouvernement n’a pas les fonds et la sécurité nécessaires pour enregistrer les électeurs et mener les élections. L’ex-vice-président Riek Machar est également en exil en Afrique du Sud, certains rapports indiquant qu’il est en « résidence surveillée » dans une ferme à l’extérieur de Johannesburg. Au milieu de tout cela, la volonté du gouvernement de tenir le vote inquiète également les Nations Unies, qui ont déclaré que les élections risquaient « d’approfondir et d’étendre » le conflit.

    1. Mali : d’avril à novembre 2018

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    Le Mali organisera des élections régionales, présidentielles et nationales en plusieurs étapes, le tout entre avril et novembre. Les élections devaient débuter à la mi-décembre, mais elles ont été retardées pour des raisons de sécurité. L’opposition et les groupes rebelles à l’Accord d’Alger de 2015 pour stabiliser le vaste désert du Nord participeraient au processus.

    Fin décembre 2017, le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga a démissionné avec son gouvernement, portant un coup dévastateur au président Ibrahim Boubacar Keita, 72 ans, qui cherche à se faire réélire. En septembre dernier, Kalifa Sanogo, le maire de Sikasso, la deuxième ville du Mali, s’est également déclaré candidat aux élections présidentielles de 2018.

    1. Zimbabwe : 31 juillet 2018

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    Avec Robert Mugabe éjecté de la course, le président Emmerson Mnangagwa devrait mener son parti ZANU-PF aux élections présidentielles fin juillet. Mnangagwa, 75 ans, a déjà déclaré que l’élection sera « crédible, libre, juste et transparente » et devrait aider à définir une nouvelle dynamique pour un Zimbabwe très appauvri. Mnangagwa fera donc face à la pénurie de carburant et de denrées alimentaires, à l’instabilité monétaire et à la hausse des taux de chômage.

    Le Royaume-Uni a également déclaré que le « progrès démocratique » était la clé pour aider le Zimbabwe à régler ses arriérés avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement et stabiliser sa monnaie.

    1. Cameroun : Octobre 2018

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    Après 36 ans de règne, le président Paul Biya est l’un des plus anciens dirigeants africains encore au pouvoir. À 84 ans, Biya devrait se présenter de nouveau aux élections du pays en octobre. Le célèbre avocat Akere Muna a également déclaré sa candidature et a exhorté l’opposition à s’unir afin de battre Paul Biya.

    Ces élections font suite à une crise dans ses régions anglophones, menant à des répressions violentes et à des protestations antigouvernementales. Les tensions latentes ont également amené le gouvernement à fermer Internet dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les résidents se plaignent de discrimination politique et économique depuis des décennies. Les activistes ont également appelé les deux régions à se séparer de la nation majoritaire francophone et à créer une patrie indépendante appelée Ambazonia.

    1. République démocratique du Congo : 23 décembre 2018

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    Avec plus de deux ans de retard, les élections dans la République démocratique du Congo auront lieu à la fin du mois de décembre. Pourtant, la grande question qui se pose au cours du scrutin est de savoir si le président Joseph Kabila, qui a dirigé le pays depuis 2001 et qui a poussé à plusieurs reprises la date des élections, acceptera de démissionner. Fin décembre, le pays a été de nouveau secoué par des manifestations anti-gouvernementales, qui ont entraîné la mort d’au moins sept personnes et l’arrestation de 120 autres.

    1. Libye : indéterminé

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    En l’absence de date précise, le gouvernement libyen, soutenu par les Nations unies, affirme qu’il va de l’avant avec les préparatifs des élections présidentielles et législatives de 2018. Selon la commission électorale, près d’un million d’électeurs se sont déjà inscrits aux prochaines élections.

    Parmi les candidats la présidence : Saif al-Islam Kadhafi, le fils de l’ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi. Après des années de captivité dans la ville de Zintan, Saif, qui est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, espère diriger et unifier les différentes factions qui contrôlent la nation nord-africaine. Depuis la chute de son père, la Libye a lutté pour faire une transition démocratique, avec des divisions politiques et des troubles dans le pays. La nation déchirée par la guerre a également lutté contre l’immigration clandestine, les migrants africains étant même vendus comme esclaves sur les marchés ouverts.

  • Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

    Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

    La septième édition de Où investir en Afrique de Rand Merchant Bank (RMB) a mis en évidence les pays qui ont compris la nécessité de s’adapter au ralentissement prolongé des prix des matières premières et à la faiblesse de la croissance de la production. Le rapport révèle les différents pôles où investir en Afrique en 2018.

    Le thème de « Où investir en Afrique 2018 » est «Money Talks» et cette édition «suit l’argent» sur le continent africain pour évaluer les aspects cruciaux pour la performance économique de chaque pays. Le rapport se concentre sur les principales sources de revenus en dollars en Afrique, permettant de mesurer les principaux générateurs de revenus et d’identifier les opportunités d’investissement.

    Dans ce numéro, l’Indice d’attractivité des investissements du RMB, qui équilibre l’activité économique et la relative facilité des affaires, illustre comment les niveaux d’activité économique modérés ont atténué plusieurs scores sur l’indice par rapport à l’année dernière.

    Top 10

    Les grandes omissions du top 10 cette année sont le Nigeria et l’Algérie, qui sont passés des rangs 6 et 10 aux 13 et 15 respectivement. En revanche, l’Éthiopie et le Rwanda ont respectivement gagné trois et quatre places.

    En effet, le changement le plus notable est la chute de l’Afrique du Sud, tombée de la première place pour la première fois depuis la création du rapport pour céder sa place à l’Égypte qui est maintenant la destination des investissements les  plus attrayants de l’Afrique. L’Égypte a progressé grâce à son score supérieur d’activité économique et les taux de croissance lents en Afrique du Sud, qui se sont nettement détériorés au cours des sept dernières années. L’État arc-en-ciel est également confronté à des préoccupations croissantes sur les questions de solidité institutionnelle et de gouvernance, bien que ses marchés des devises, des actions et des capitaux restent encore en bonne position.

    Le Maroc a conservé sa troisième position pour la troisième année consécutive après avoir bénéficié d’un environnement opérationnel grandement amélioré depuis le Printemps arabe qui a débuté en 2010.

    Surprenante, l’Éthiopie, pays marqué par l’instabilité sociopolitique, a déplacé le Ghana à la quatrième place, avec une croissance économique rapide, ayant dépassé le Kenya comme la plus grande économie en Afrique de l’Est. La chute du Ghana à la cinquième position était principalement due aux perceptions de l’aggravation de la corruption et de la faiblesse de la liberté économique.

    Quant au Kenya, il se maintient dans le top 10 au sixième rang. Les investisseurs sont toujours attirés par la structure économique diversifiée du pays, ses politiques favorables au marché et la croissance soutenue de ses dépenses de consommation. Une série de réformes favorables aux entreprises visant à éradiquer la corruption et une croissance économique soutenue ont permis à la Tanzanie de grimper de deux places au septième rang. En ce qui concerne le Rwanda, le pays est rentré dans le top 10 après avoir passé deux ans à la périphérie, boostée par l’une des économies les plus réformées au monde, les taux de croissance réels élevés et sa tentative continuelle de diversifier son économie.

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    Au numéro neuf, la Tunisie a fait de grands progrès dans la promotion de la transition politique, tandis que l’amélioration du climat des affaires a été réalisée par des réformes structurelles, une sécurité accrue et la stabilité sociale. La Côte d’Ivoire a trébuché de deux places pour prendre la dixième place. Bien que sa notation de l’environnement des affaires est encore relativement faible, son gouvernement a fait des progrès importants en invitant  des investisseurs dans le pays. Ce qui        a conduit à une forte augmentation des investissements étrangers directs au cours des années entraînant l’une des économies à la croissance la plus rapide en Afrique.

    Focus

    Pour la première fois, le Nigeria ne figure pas dans le top 10, son attrait d’investissement à court terme ayant été érodé par des conditions de récession. L’Ouganda se rapproche progressivement du top 10, bien que l’activité du marché devrait rester modérée après une année 2016 tumultueuse marquée par l’incertitude liée aux élections, une sécheresse débilitante et des taux d’emprunt commerciaux élevés. Bien que le Botswana, Maurice et la Namibie soient largement considérés comme des économies de premier ordre, ils ne figurent pas parmi les dix premiers en raison principalement de la taille relativement petite de leurs marchés, la taille du marché étant un facteur clé dans la méthodologie du rapport.

  • Comment WhatsApp a redessiné le trafic internet au Zimbabwe

    Comment WhatsApp a redessiné le trafic internet au Zimbabwe

    WhatsApp est devenu depuis quelques années l’application la plus populaire dans certains États du continent. C’est le cas en Zimbabwe où près de 44 % de l’utilisation de l’internet mobile dans le pays est consacré à l’application de messagerie. Comparé à Facebook qui représente 1 % de l’utilisation de l’internet mobile. L’application est de plus en plus utilisée. Au point où plus de la moitié des données internet vont lui être consacrées. Selon l’autorité de régulation des postes et télécommunications du Zimbabwe (Potraz), les offres promotionnelles Whatsapp commercialisées par les opérateurs mobiles du pays font augmenter l’utilisation des plateformes.

    WhatsApp a changé la façon dont les Zimbabwéens communiquent et partagent des informations à travers des groupes et des listes de diffusion traitant de tout, de la politique et du gouvernement au football et à la musique. Mais les sociétés de télécommunications au Zimbabwe comme ailleurs en Afrique ne sont pas toujours aussi enthousiastes à l’égard de l’importance grandissante de WhatsApp, car elles ne reçoivent aucun revenu direct du service et cela « cannibalise » les revenus existants des SMS et de la voix.

    Ralentissement

    Il y a deux ans, les compagnies de téléphonie mobile du pays ont perdu de considérables revenus de voix au cours du premier trimestre, selon le Potraz. Les revenus de la téléphonie mobile ont représenté 53 % du chiffre d’affaires total au deuxième trimestre, contre 58 % au trimestre précédent. Les revenus de données mobiles sont restés stables autour de 21 %. Cependant, le chiffre d’affaires total des firmes mobiles pour la période était en hausse de 3,2 % à 185,6 millions de dollars. Bien que WhatsApp soit la plate-forme de messagerie texte la plus utilisée, il est également préféré pour sa fonction d’appel vocal, en particulier pour les appels internationaux.

    Les firmes mobiles zimbabwéennes ont déjà fait pression sur le gouvernement pour qu’il réglemente les meilleurs services du pays. Les taux de croissance des revenus mobiles ont ralenti en Afrique subsaharienne depuis 2013 et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la décennie, malgré une base d’abonnés toujours en croissance rapide. Sur le continent, de plus en plus d’abonnés ont montré une préférence pour discuter et passer des appels vocaux via ces plateformes comme WhatsApp, Skype et FB Messenger. Cela a conduit à une « cannibalisation croissante des revenus traditionnels de la voix et de la messagerie », selon l’organisation mondiale du commerce, la GSMA.

     

  • Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    En collaboration avec l’UNESCO, l’entreprise britannique Computer Aid International a mis en place à Chipinge au Zimbabwe un laboratoire informatique alimenté à l’énergie solaire. L’initiative qui s’est révélée être une grande réussite a déjà permis d’apprendre à des élèves d’écoles rurales l’utilisation d’un ordinateur. Au total 150 étudiants ont été premièrement formés après le lancement du laboratoire il y a moins d’un an.

    Pour Qelani Jiho , professeur d’informatique, « l’effectif a doublé ». « Nous attendons à ce qu’il continue d’augmenter », prévoit-elle. Plusieurs observateurs expliquent que ce laboratoire informatique permet de combler le fossé entre les élèves d’établissements ruraux et urbains. Autre avantage, ce laboratoire informatique peut être utilisé quotidiennement. Il s’agit en effet d’un système fonctionnant à l’énergie solaire. Le laboratoire ne souffre donc pas de problème de coupure de courant.

    Transformation

    L’installation de ce laboratoire participe aussi à la formation d’autres enseignants. Plus encore, l’école arrive désormais à imprimer ses propres documents d’examen. « C’est idéal pour une école rurale parce que nos membres du personnel et les étudiants font maintenant partie de la société technologique mondiale », se réjouit un membre de la direction.

    Les responsables du Réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (RéSEAU), estiment de leur côté qu’il est temps pour le Zimbabwe d’installer des laboratoires solaires similaires dans tout le pays. « Il est vital que les communautés marginalisées adoptent les TIC », ajoute-t-il. L’UNESCO avait déjà invité l’État zimbabwéen à adopter des sources d’énergies renouvelables pour « transformer des vies dans les zones rurales » en matière d’éducation.

  • La Chine forme la prochaine génération d’élite africaine [Grand Angle]

    La Chine forme la prochaine génération d’élite africaine [Grand Angle]

    Dans les années 1970, la Chine a activement essayé d’exporter sa révolution communiste en Afrique, l’un des rares engagements diplomatiques de Pékin à l’époque. Aujourd’hui, Pékin promeut un mouvement plus subtil : le soutien à la Chine et à son modèle de développement.

    Au lieu de compter sur des émissaires chinois dans les pays africains, Pékin amène des milliers de dirigeants africains, de bureaucrates, d’étudiants et de gens d’affaires en Chine. Anthony Kpandu est l’un d’entre eux. Il est le responsable des travaux spéciaux au secrétariat général du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), parti gouvernemental qui a aidé le Soudan du Sud à devenir indépendant du Soudan en 2011. L’année dernière, Anthony Kpandu a emmené une délégation du parti en Chine pour des entretiens avec le Parti communiste chinois (PCC).

    Installé dans son bureau à Juba, l’homme politique se souvient en détail de son voyage. Sa délégation avait en effet visité l’école du Parti central à Beijing, des zones industrielles, bu de divers types de thé vert et marché sur une partie de la Grande Muraille. Les membres du SPLM ont surtout visité Shanghai et son quartier commercial Pudong, avant de prendre le train à grande vitesse Maglev. « C’était magnifique. Je n’ai jamais rien vu de tel », commente-t-il dressé dans une veste brune, cravate cachemire et bouton « J’adore le SPLM ».

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    La nouvelle politique de la Chine atteint plusieurs objectifs à la fois. Les voyages aident à consolider les liens politiques et commerciaux entre la Chine et ses partenaires sur le continent. Comme d’autres partenaires de développement, la Chine peut aider à renforcer les capacités dans les pays africains. Plus importants encore, ces échanges cultivent des partenariats sur le continent. La Chine accueille des formations et échanges en Afrique depuis les années 1950, date à laquelle elle a établi ses premiers contacts diplomatiques avec l’Égypte.

    Au cours de la dernière décennie, les formations ont augmenté en volume et en profil. Le parti jubilaire du Kenya, créé avant les élections controversées du pays cette année, a reçu des formations du Parti communiste chinois en Chine. Le Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien s’inspire également du PCC tandis que le Congrès national africain (ANC) d’Afrique du Sud assiste régulièrement à des ateliers en Chine et a modelé certaines de ses formations de parti sur le PCC.

    Le cas du Soudan du Sud

    La Chine est particulièrement intéressée par la prochaine génération d’élite africaine. L’année dernière, Beijing a annoncé qu’elle inviterait 1 000 jeunes politiciens africains pour des formations en Chine, après en avoir accueilli plus de 200 entre 2011 et 2015. Des milliers d’étudiants africains poursuivent des études de premier cycle en Chine sur des programmes de bourses financés par Pékin. À partir de cette année, plus d’étudiants africains anglophones étudient en Chine que les États-Unis ou le Royaume-Uni, leurs destinations traditionnelles de choix.

    Les responsables chinois n’hésitent pas à dire que ces bourses et formations ne sont pas une tentative de refaire l’Afrique à son image. Sur le thème de la politique de non-ingérence de la Chine, Pékin aime souligner qu’elle ne dit pas à ses partenaires quoi faire. « Nous ne disons pas que le modèle chinois devrait être copié, mais pour partager des leçons », explique Zhang Yi, attaché économique chinois à Juba. Il s’agit de leur « donner les concepts pour qu’ils puissent s’adapter et trouver leurs propres solutions », confie le diplomate au site d’information Quartz.

    Mais le Sud-Soudan, le plus jeune pays du monde, impressionne. Il continue de développer ses institutions gouvernementales et son système politique, au cours d’une guerre civile de quatre ans qui a divisé l’ancien parti de libération en plusieurs factions. La Chine, qui a d’importants intérêts pétroliers dans le pays, a été l’un des premiers pays à reconnaître le Soudan du Sud et reste engagé avec le pays, avec 2600 Casques bleus et plus de 100 entreprises et investisseurs chinois.

    « Le SPLM semble croire que vu l’expérience partagée dans la lutte historique contre l’impérialisme et le colonialisme, il y a beaucoup de similitude et de terrain d’entente entre le SPLM et les origines du Parti communiste chinois », dit Yun Sun, un membre de la Brookings Institution, auteur d’un livre sur les échanges de partis entre la Chine et les pays africains. Selon elle, la situation actuelle au Soudan du Sud pose la question de l’avenir politique du pays. « Si nous croyons en l’universalité et en la désirabilité du système démocratique, le modèle représenté par l’expérience chinoise et sa popularité n’est peut-être pas le plus encourageant », ajoute-t-elle.

    Formations

    Des centaines de fonctionnaires du gouvernement du Soudan du Sud, des gens d’affaires et des étudiants, assistent à la formation ou à la scolarité en Chine, chaque année. Des délégations du SPLM à Juba se rendent en Chine plusieurs fois par an pour étudier avec le parti communiste. Les bureaucrates des ministères de la Culture, des transports, de la Santé et autres vont tous les mois pour des formations. Avant même que le Soudan du Sud ne devienne un État officiel, des fonctionnaires ont été accueillis en Chine pour assister à des ateliers sur la réduction de la pauvreté, la gestion de l’opinion publique et la construction d’un parti.

    La Chine a donné au moins 4 100 bourses d’études et programmes de formation à des étudiants et des fonctionnaires sud-soudanais depuis 2011, lorsque le jeune pays a été créé. En août, la Chine s’est engagée à offrir au moins 240 autres bourses. L’Association d’amitié Chine-Soudan du Sud, dirigée par un ancien ministre des Affaires étrangères et partiellement sponsorisée par l’ambassade de Chine, intègre des hommes d’affaires sud-soudanais à des entreprises chinoises.

    Les responsables sud-soudanais et chinois aiment dire qu’ils apprennent les uns des autres, en partageant les expériences d’un ancien mouvement de libération à un autre. Le Parti communiste chinois et la SPLA sont tous deux issus de mouvements de guérilla armés. Le SPLM s’est battu pendant des décennies pour l’indépendance du nord. Le parti a également ses racines dans le socialisme, s’identifiant d’abord avec l’Union soviétique pendant la guerre froide. Après la chute de l’Union Soviétique, le SPLM s’est tourné vers les États-Unis en tant qu’allié, mais aujourd’hui encore, les responsables du SPLM utilisent encore le titre de « camarade».

    Mais c’est là que s’arrêtent les similitudes. Le parti communiste chinois s’est transformé en un gouvernement qui maintient le gouvernement à parti unique avec principalement une ethnie, les Han chinois. En revanche, le SPLM à Juba est enfermé dans une guerre civile avec des partis dissidents, divisés par régions et ethnies dans un pays qui abrite plus de 60 groupes ethniques.

    La Chine, un modèle ?

    Zhang Yi, l’attaché économique de la Chine à Juba, estime que certains aspects du modèle de gouvernement de la Chine pourraient aider le Soudan du Sud, par exemple, à renforcer le gouvernement central. « Il n’y a pas d’histoire d’un gouvernement centralisé dans le passé, ce qui signifie qu’il n’y a pas de processus de nationalisme. Donc les gens, ils restent groupés par tribu », justifie-t-il. Mais toutes les leçons de la Chine ne doivent pas être apprises. Sous Xi Jinping, la Chine a resserré sa mainmise sur la société civile. Le Soudan du Sud est déjà familier avec certaines de ces tactiques. Les journalistes locaux sont intimidés dans le silence ou tués. « Quand vous allez en Chine, ils ne seront pas parler de démocratie », affirme Samson Wasara, vice-chancelier de l’Université de Bahr el Ghazel dans l’état Wau dont près de 300 étudiants diplômés poursuivent des études en Chine. « Dans 10 ans, l’un de ces étudiants sera le chef du Sud-Soudan ».

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    Samson Wasara craint que le SPLM considère déjà le parti communiste chinois comme son modèle, une tendance qu’il voit se reproduire à travers le continent. « La plupart des Africains passent de l’Ouest à la Chine », dit-il. Il s’inquiète que la Chine devienne le principal modèle du Soudan du Sud. Les États-Unis et d’autres puissances occidentales ont soutenu la demande d’indépendance du Soudan du Sud et sont toujours impliqués dans les efforts d’aide et de médiation dans le pays aujourd’hui. « Ce sera un désastre pour nous, surtout pour ceux qui connaissent la valeur des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté d’expression », a déclaré M. Wasara.

    Cela peut déjà se produire. Le SPLM s’inspire au moins du PCC. Anthony Kpandu déclare qu’il lit tous les jours l‘ Histoire concise du Parti communiste chinois. Il veut établir une branche jeunesse du SPLM, sur le modèle de la Ligue de la jeunesse communiste de Chine. Après avoir lu la fameuse déclaration de Mao Zedong selon laquelle les femmes «tiennent la moitié du ciel», il s’est engagé à recruter plus de femmes dans le parti. « La Chine a été un exemple pour nous. Nous les respecterons toujours », explique-t-il dans son bureau au Secrétariat général du SPLM.

    Le secrétariat gère les opérations quotidiennes du parti et prépare une formation sur le code de conduite et la structure des partis. Mais Anthony Kpandu rassure. Il confie que le Soudan du Sud ne copiera pas tout de la Chine, affirmant que le Soudan du Sud ne sera pas un état à parti unique. Le président Silva Kir, chef du SPLM à Juba, veut organiser une élection en 2018 malgré les avertissements des Nations Unies selon lesquels une élection légitime est presque impossible et risque de causer plus de violence.

    Par ailleurs, d’autres observateurs estiment que c’est aux élites et aux étudiants africains de choisir quelle leçon tirer de l’exemple de la Chine. « Les jeunes Africains ne sont pas des robots et des tabula rasa tels que les Chinois vont les bourrer de tout ce qu’ils veulent. Les étudiants prendront le meilleur de la Chine et laisseront le mal en Chine et retourneront en Afrique », explique Adams Bodomo, directeur de la Plateforme de recherche sur les études de la diaspora africaine et professeur d’études africaines à l’Université de Vienne.

    Réussite chinoise

    Les échanges et les bourses se font parfois sur admiration et sympathie qu’émulation. Des personnes qui ont assisté à des formations diplomatiques disent que l’enseignement est fondamental – comment se serrer la main ou comment s’asseoir avec un haut dignitaire (Si vous êtes l’hôte, le dignitaire devrait être à votre droite).

    Un diplomate sud-soudanais qui a passé un mois en Chine pour une formation a déclaré que son voyage était principalement axé sur la démonstration des accomplissements de la Chine. Il a été emmené visiter des villages construits à partir de zéro, des hôpitaux ruraux bien gérés. « Quand nous sommes allés ils nous ont dit beaucoup de choses sur la Chine elle-même et l’industrialisation de la Chine. Il s’agit plus de relations publiques », ajoute-t-il sous couvert d’anonymat. Cette campagne de relations publiques fonctionne au moins en partie.

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    Malgré tout « le modèle chinois » gagne du terrain sur le continent africain. Selon un sondage Afrobaromètre réalisé l’année dernière auprès de 56 000 personnes dans 36 pays africains, 30% des personnes interrogées ont déclaré que les États-Unis constituaient un meilleur modèle de développement, contre 24% qui ont classé la Chine au premier rang. En Afrique australe, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, la Chine était au même niveau ou en avance sur les États-Unis.

    Lors de son voyage en Chine, Anthony Kpandu a également été impressionné par la surveillance. Il a visité une salle de contrôle de la police à Nanjing et lorsque son groupe a été emmené dans une zone économique spéciale à l’extérieur de la ville du sud de la Chine, un drone a filmé tout son voyage. De retour à Juba, il a écrit un rapport recommandant à son gouvernement d’acheter certains de ces drones pour faire face à des « inconnus armés », un surnom qui inclut souvent des soldats gouvernementaux eux-mêmes connus pour avoir volé et attaqué des civils dans la capitale. « Nous avons beaucoup appris du PCC », conclut-il.