Catégorie : Afrqiue Australe

  • Malawi: BiliSpec, un appareil peu couteux pour lutter contre la jaunisse

    Malawi: BiliSpec, un appareil peu couteux pour lutter contre la jaunisse

    Affectant environ 60 % des nouveau-nés, la jaunisse peut causer des dommages au cerveau ou même la mort si elle n’est pas traitée. En Afrique subsaharienne où les médecins n’ont souvent pas accès à un équipement de diagnostic adapté, parce que trop coûteux, les bébés ont 100 fois plus de risques de mourir de la maladie que dans les pays développés.

    Causée par une accumulation de bilirubines dans la circulation sanguine, la jaunisse est idéalement diagnostiquée par des analyses de laboratoire d’échantillons de sang, en utilisant des machines telles que des centrifugeuses ou des spectromètres. Dans les pays sous-développés, par manque de laboratoires bien équipés, les médecins jugent plutôt si le nouveau-né est atteint de la maladie simplement en évaluant la couleur de sa peau et le blanc de ses yeux. Des indicateurs sans doute non fiables.

    Désormais, une étude clinique d’un détecteur de jaunisse à bas prix inspire l’espoir qu’un nombre significatif des 1,16 million de bébés qui meurent dans leurs premiers mois en Afrique peut être sauvé.

    En effet, en général la jaunisse peut toucher « jusqu’à 60 % des bébés nés à terme ». Puisque les nouveau-nés n’ont souvent pas de foies complètement développés, leur corps est incapable de traiter l’excès de bilirubine, une substance créée par la dégradation des globules rouges. Une accumulation de la substance dans la circulation sanguine du nouveau-né entraîne une pigmentation jaune de la peau.

    Dans les cas où la jaunisse est détectée, le traitement peut inclure une photothérapie, une transfusion sanguine ou une alimentation fréquente (ceci encourage une excrétion fréquente qui aide également à éliminer la bilirubine du corps). Mais si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des lésions cérébrales et la mort.

    Fonctionnement de BiliSpec

    Si en Afrique, dans de nombreux hôpitaux du continent, les agents de santé ne diagnostiquent généralement la jaunisse qu’en évaluant la pigmentation de la peau d’un nouveau-né, il faut retenir qu’un diagnostic plus précis implique l’utilisation d’un équipement médical de pointe qui se révèle trop cher pour la plupart des centres hospitaliers.

    BiliSpec, le détecteur portatif alimenté par pile, inventé par une équipe, d’étudiants de Rice University, au Texas, permet de diagnostiquer la maladie en « quantifiant les niveaux sériques de bilirubine à partir d’une petite goutte de sang ». Pour de nombreux hôpitaux du continent, les tests BiliSpec coûtent beaucoup moins cher qu’un dollar et peuvent être effectués en deux minutes, ce qui rend le diagnostic d’ictère pour les nouveau-nés beaucoup plus efficace.

    L’étude clinique a été basée sur des tests effectués sur 68 patients dans l’hôpital central Queen Elizabeth à Blantyre au Malawi entre février et mars de cette année. Il a montré que BiliSpec a « une précision comparable aux tests de laboratoire plus coûteux trouvés dans les milieux à ressources élevées, comme dans les pays développés », affirme Pelham Keahey, coauteur de l’étude. Celui ajoute que la prochaine étape est « une plus grande étude de suivi de deux ans »

    Cette étude va maintenant être étendue à cinq hôpitaux au Malawi alors que l’équipe poursuit son objectif de réduire de moitié le nombre de décès de nouveau-nés dans les hôpitaux africains sur une échéance de 10 ans. L’équipe a déjà recueilli 750 000 dollars en financement pour développer « un appareil prêt pour le commerce ».

    BiliSpec est l’un des aspects de NEST360 °, un projet international visant à introduire des technologies vitales pour les nouveau-nés dans les hôpitaux africains.

  • EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    Lauréat de la 2e édition de Digital Africa tenue à Abidjan le 29 novembre dernier, Ethicphone, le premier opérateur de paiement mobile international pour la diaspora africaine créé en 2015, a bien le vent en poupe.

    Le contexte africain, surtout dans la zone subsaharienne, est en effet difficile à l’éclosion de la bancarisation. Une situation qui est plutôt favorable au mobile Monet, moyen de transfert d’argent de plus en plus utilisé sur le continent. C’est en effet le succès de cette technologie qui a inspiré le projet Ethicphone.

    En 2015, en créant sa startup, Mouhamed Diakité avait une idée en tête : proposer une solution qui permet d’appeler, de transférer de l’argent vers l’Afrique et de réaliser des achats à partir du mobile. Pari réussi. Ethicphone a été créée afin de simplifier les échanges entre l’Europe et l’Afrique par l’entrepreneur d’origine ivoirienne, au vu de la forte diaspora africaine en Europe.

    En effet, en 2014, selon les chiffres du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la diaspora africaine en France aurait transféré 10,5 milliards de dollars vers l’Afrique, et environ 45 % de ce montant aurait été envoyé en passant par une tierce personne, et donc de manière « informelle ».

    Mouhamed Diakité veut donc rendre l’informel, formel, pour, dit-il, offrir un service moins cher et capable d’atteindre, grâce au mobile, les zones rurales les plus reculées.

    Cet opérateur de téléphonie mobile virtuel est le premier en France qui offre les services de transfert d’argent international et de téléphonie mobile. La cible première : les diasporas africaines, mais pas que. L’application est aussi disponible pour toutes les populations non bancarisées d’Europe qui représentent 30 millions de personnes ; et 1 milliard de personnes dans le monde.

    Genèse

    Mouhamed Diakité mise sur la bancarisation du continent grâce au mobile, tout comme bien de services de téléphonie l’a compris aujourd’hui en Afrique. L’application disponible sur IOS et Android a été inspirée, selon le porteur du projet, par une « l’économie solidaire » qui, croit-il, oscille entre le souhait de remplir une mission d’intérêt général par les pouvoirs publics et le fait qu’elle doive devenir rapidement rentable, dans des secteurs très concurrentiels comme la téléphonie mobile et le transfert d’argent.

    Le concepteur raconte ses débuts. « C’est à mon arrivée en France en 1994 que j’ai été confronté pour la première fois au transfert d’argent international. Trois mois après mon arrivée, j’ai fait un transfert d’argent à ma famille en Côte d’Ivoire. Depuis cette date, chaque mois en fonction de mes moyens, je fais des transferts d’argent et toujours selon le même parcours client avec une commission très élevée, 12 % du montant transféré. Et pourtant, depuis 1994, l’Afrique est devenue le continent le plus doté en téléphonie mobile et chaque personne en Côte d’Ivoire peut facilement et gratuitement ouvrir un compte mobile qu’elle soit en zone urbaine ou rurale. »

    D’abord, c’est au sein de l’incubateur Nord/Sud Bond’innov à Bondy (Seine-Saint-Denis) que Mohamed a choisi de développer son projet. Pour lancer l’application sur smartphone, il a fallu d’abord la tester. Cette phase d’expérimentation financée par BpiFrance et la Région Ile de France avait duré un an.

    Aujourd’hui, 500 personnes utilisent EthicPhone Money en partenariat avec Moov Côte d’Ivoire. L’entreprise a récemment lancé sa Carte de paiement Multi devises (dollar américain, livre sterling, euro et Francs CFA).

    Pour rentabiliser son projet, le diplômé d’un double Master en stratégie d’intelligence économique et en finance compte facturer à de 2 euros de commission pour chaque transfert inférieur à 100 euros et 3 euros au-delà.

    Aujourd’hui lauréat de Startup of Africa 2017, Ethicphone a un certes un cours passé, mais déjà riche. En 2016 déjà, le projet a été primé au BpiFrance 2016 et de Scientipôle en 2015. Présent dans plus de 40 pays, Ethicphone a déjà levé plus de 300.000 euros de fonds. Il a également intégré la Station F, réputé pour être le plus grand campus de Startup au monde.

     

  • L’Afrique positive que nous voulons!

    L’Afrique positive que nous voulons!

    Le paysage médiatique sur le continent est caractérisé par une pluralité. La presse papier, la radio et la télévision font partie du quotidien de nombreux Africains. Mais la presse en ligne reste encore un univers pas suffisamment exploré. Elle est en réalité un terreau où peut être bâtie « l’Afrique positive » tant souhaitée.

    Au moment où elle construit sa renommée sur le continent, Afrotribune, votre nouveau média, veut redéfinir à sa façon le traitement des informations sur l’Afrique. Il ne s’agit pas de progresser dans les sentiers battus ou d’opter pour un mimétisme adaptatif. Notre site web n’envisage pas faire dans l’idéologie ou relayer des réalités négatives du continent à l’heure où des histoires positives et des avancées sont constatées en Afrique.

    Après plusieurs décennies, il est important que la page d’une histoire souvent écrite par des médias inféodés aux puissances occidentales soit tournée. Parce qu’en Afrique, il y a des politiques de développement qui sont enclenchées, des dictatures qui s’écroulent, les libertés humaines qui sont acquises et des initiatives locales qui s’inscrivent dans l’amélioration des conditions de vie des populations.

    C’est cette Afrique-là que votre nouveau média en ligne Afrotribune vous fera découvrir. L’équipe qui entend accomplir cette tâche est composée de jeunes dynamiques formés aux exigences du monde médiatique, soucieux de contribuer au développement du continent et fiers de participer à la genèse de la presse en ligne en Afrique.

    Avec ardeur, l’équipe entend offrir à ses lecteurs des contenus de qualité sur l’Afrique. Sur votre site, vous pourrez lire des décryptages, des enquêtes et des analyses de nos rédacteurs. Ce n’est pas tout. À l’heure où prolifèrent de fausses informations, il ne s’agit pas pour Afrotribune de servir de l’approximatif. Des sujets originaux seront traités et les différentes faces de l’Afrique en pleine transformation vous seront présentées.

    Des jeunes entrepreneurs qui transforment le quotidien des communautés, aux nombreuses startups qui se créent sur le continent africain, votre nouveau portail d’informations vous les fera découvrir à travers des reportages et des interviews.

    C’est comme cela que vous arriverez à nous faire confiance. Nous en sommes conscients. Notre vision est de nous imposer et de jouer notre rôle d’éducateur et d’influence. Nous espérons meilleure l’aventure que nous entamons avec des universitaires, des juristes, des ingénieurs, des économistes et des éditorialistes. C’est pourquoi l’équipe s’est entourée de personnes ressources compétentes. Avec eux, Afrotribune proposera des contenus sur les choix importants qui doivent être faits pour l’avancée du continent.

    L’Afrique, continent de l’avenir, a besoin d’un empire médiatique à ses côtés. Afrotribune jouera ce rôle. Avec son équipe, la richesse du continent, ses success-stories, ses héros et ses cultures seront présentés autrement à des milliers de lecteurs pour reprendre une place longtemps occupée par des médias occidentaux. De Lomé à Lubumbashi, de Tunis à Johannesburg, de Kampala à Freetown, de Kigali à Windhoek, nous allons célébrer l’Afrique et ses acquis. Il est question d’une information produite par des Africains pour les Africains.

     

  • Des vétérans américains  en Afrique pour traquer les braconniers

    Des vétérans américains  en Afrique pour traquer les braconniers

    La recrudescence du braconnage sur le continent oblige certains États à faire appel à des vétérans américains pour former leurs rangers. Désormais c’est avec des méthodes militaires que ces « soldats de la faute » luttent contre les braconniers.

    Depuis près de cinq ans, des voix s’élèvent pour dénoncer l’extinction de certaines espèces dans la savane africaine. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) continue d’exprimer sa préoccupation sur la menace de disparition qui plane sur le pangolin, le rhinocéros, la girafe et le guépard. Leur disparition est liée à des activités humaines, notamment le braconnage illégal. Mais depuis quatre ans, sur le continent, une bataille de longue haleine est en cours dans les faunes. Elle oppose des braconniers qui chassent des animaux dans les faunes et les rangers qui se donnent pour tâche de protéger les animaux.

    Mais la protection des rangers n’est pas toujours totale. Le braconnage illégal étant devenu une crise si grave que les braconniers passent souvent entre les mailles des rangers. Depuis plusieurs mois, des parcs animaliers sur le continent se tournent de plus en plus vers les soldats actifs. Les responsables en charge de la gestion des parcs font appel à des vétérans qui utilisent des technologies militaires pour protéger la faune. C’est le cas du Malawi. Pour la protection de ces parcs, le pays a fait appel à des soldats britanniques. Ces derniers enseignent aux rangers comment combattre les braconniers à kalachnikov. Cette aide des soldats britanniques s’inscrit dans le cadre d’un programme soutenu par le prince Harry.

    De leur côté, les rangers kényans utilisent du matériel de qualité militaire pour traquer les braconniers avec l’aide du Fonds mondial pour la nature. L’organisation a également essayé de déployer des drones en Namibie. Pour Ryan Tate, fondateur de VETPAW (Veterans Empowered to Protect African Wildlife), un organisme à but non lucratif américain lancé en 2013, le personnel militaire est bien équipé pour aider les gardes forestiers à faire face à la crise du braconnage. Le patron du VETPAW estime que les vétérans disposent de compétences pour dissuader les braconniers. Le VETPAW forme depuis quatre ans des équipes de vétérans américains qui doivent venir en appui aux rangers africains. La formation porte sur des tactiques militaires et sur comment patrouiller sur de vastes zones ou mener des opérations nocturnes.

    Approche critiquée

    « Au lieu de les envoyer chercher une aiguille dans une botte de foin, si nous pouvions leur apprendre à prendre des informations et à réduire les points de braconnage où les braconniers entrent et sortent des réserves, et comment ils le font, si nous pouvions apprenez-leur ces tactiques, nous pourrions réellement renverser la vapeur dans cette crise », résume Ryan Tate. Le VETPAW qui est financé par des dons compte actuellement sur le continent six vétérans.

    Outre la lutte contre le braconnage, les vétérans travaillent également avec des écologistes locaux pour comprendre comment gérer les animaux et le terrain. Cependant, la relation entre le personnel militaire, les anciens combattants et les rangers n’est pas sans reproche. Une équipe de chercheurs de l’université de Sheffield s’est récemment opposée à de telles tactiques. « Cette image d’une écoarmée bienveillante détourne l’attention de poser d’autres questions importantes comme ce qui motive le braconnage en premier lieu [et] quel rôle joue la pauvreté », ont écrit les chercheurs.

    L’article des chercheurs se rapportait à une déclaration publiée en avril par l’Association des Rangers d’Afrique sur l’utilisation de «personnel et tactiques militaires et de sécurité» pour entraîner les gardes-chasse. Parmi les préoccupations de l’association: le manque de coordination, le manque de contrôle approprié et le manque d’appréciation de l’environnement politique et culturel dans lequel évoluent les rangers. Selon les chercheurs de l’université de Sheffield, l’engagement de la communauté et le travail pour éradiquer la demande de produits de la faune sont une approche plus efficace.

    Ryan Tate affirme apprécier en partie la position des chercheurs. Il réitère toutefois que les rangers ont besoin de ce type de formation pour répondre aux tactiques sophistiquées des braconniers. Le fondateur de VETPAW critique également le fait que les chercheurs passent sous silence les efforts de la communauté et du renseignement déployés par les anciens soldats et les soldats actifs, efforts qu’il dit aider les gardes forestiers à trouver et à appréhender en toute sécurité les braconniers.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Ces 10 entrepreneurs africains aux débuts étonnants

    Ces 10 entrepreneurs africains aux débuts étonnants

    Il existe de nombreux jeunes entrepreneurs sur le continent qui désirent se lancer dans des projets privés. Entreprendre devient un rêve qu’on peine parfois à réaliser. La plupart de ces potentiels entrepreneurs évoquent « l’insuffisance de capital pour démarrer leurs activités ». En plus, les banques ne prêtent pas toujours et « les taux d’intérêt sont trop élevés », expliquent-ils.

    Les histoires de réussites existent pourtant. L’absence de capital, apport important pour la réussite d’une entreprise, n’est pas considérée par certains comme une excuse. De grands entrepreneurs africains continuent de faire prospérer leurs entreprises alors qu’ils avaient démarré sans grand soutien. Afrotribune vous présente dix d’entre eux.

     Aliko Dangote

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    Le Nigérian est actuellement l’homme le plus riche d’Afrique. Il vaut près de 18,3 milliards de dollars et est un modèle pour les entrepreneurs du continent. Alors que ses intérêts commerciaux s’étendent actuellement à travers l’Afrique, la fortune impressionnante de Dangote a été construite à partir de très modestes débuts. Il a commencé son activité en 1978 avec 500 000 nairas empruntés à son grand-père. Il a remboursé le prêt en seulement six mois.

    Au cours des premières années, Dangote s’est concentré sur l’importation de produits non transformés, notamment du riz, du poisson congelé, du sucre et des aliments pour bébés au Nigeria. Aujourd’hui, ses intérêts commerciaux se sont étendus à la production locale de ciment, de sel, de farine et, très récemment, de raffinage du pétrole. Son expansion agressive et ses efforts de diversification ont conduit à d’énormes investissements au Nigeria, au Bénin, au Cameroun, au Ghana, en Afrique du Sud, au Togo, en Tanzanie et en Zambie.

    Fomba Trawally

    Image result for Fomba TrawallyIl n’avait pas grand-chose. Mais Fomba Trawally a décidé de réussir. En 1989 lorsqu’il quitte son pays le Libéria victime d’une guerre civile il fait le choix de se réfugier en Gambie. Deux ans après, il retourne au Libéria où il démarre avec 200 dollars US des activités de vente de pantoufles en caoutchouc. Cet investissement initial dans les pantoufles en caoutchouc a fait des retours rapides et l’entreprise a augmenté régulièrement.

    En 2005, cet entrepreneur multimillionnaire autodidacte possédait trois magasins de détail à Monrovia, vendant des articles tels que des produits en papier et des cosmétiques importés du monde entier. Il y a sept ans, Fomba Trawally a fait la transition d’un importateur à un fabricant. Il a créé National Toiletries Incorporated, la première entreprise de fabrication de papier et de produits de toilette au Liberia. Depuis, les ventes annuelles de ses usines ont franchi la barre du million de dollars et il prévoit bientôt doubler sa capacité de production.

    Bethléhem Tilahun Alemu

    Image result for Bethlehem Tilahun AlemuNée à Addis-Abeba, Bethlehem Alemu a grandi dans une banlieue de la capitale éthiopienne. Son entreprise — SoleRebels — est l’une des marques de chaussures africaines les plus populaires et les plus dynamiques au monde. Sa collection de chaussures écologiques fabriquées à partir de matériaux recyclés a été vendue dans plus de 50 pays à travers le monde, notamment aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Suisse.

    En 2004, c’est avec un capital de 10 000 dollars US recueilli auprès de ses proches qu’il a lancé son entreprise. Plus de dix ans après, SoleRebels génère des revenus annuels de plus de 1 million de dollars. Bethlehem Alemu est une femme active. Celle que le magazine Forbes a décrit comme « l’une des femmes les plus puissantes au monde » est également la fondatrice de Republic of Leather, une entreprise qui commercialise des produits en cuir de luxe comme des sacs, des ceintures et d’autres accessoires en cuir non-chaussures.

    Jason Njoku

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    Jason Njoku est le cofondateur et PDG d’IrokoTV, une plateforme de divertissement mobile et de télévision sur Internet qui est particulièrement populaire pour son impressionnant catalogue de films africains « Nollywood ».

    La croissance de cette activité a été très remarquable. À ce jour, IrokoTV a attiré jusqu’à 40 millions de dollars en financement d’investissement auprès d’investisseurs étrangers. Ce Nigérian a pourtant rencontré plusieurs difficultés avant de lancer son entreprise. Après quelques tentatives infructueuses dans des entreprises précédentes au Royaume-Uni, Jason est retourné au Nigeria en 2010 pour établir des relations locales et acheter des droits de contenu pour sa nouvelle entreprise, IrokoTV.

    Adii Pienaar

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    Adii Pienaar est cofondateur de WooThemes, une société de technologie basée en Afrique du Sud qui a été rachetée par Automattic, un géant américain de la technologie en ligne, pour 30 millions de dollars.

    Le jeune entrepreneur sud-africain a lancé WooThemes en 2008, à l’âge de 23 ans alors qu’il était encore à l’université. Adii travaillait à temps partiel en tant que pigiste en ligne et consultant sur le côté alors qu’il continuait à travailler sur WooThemes, en utilisant ses économies et ses revenus à l’époque pour soutenir l’entreprise.

    Patrick Ngowi

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    C’est à 19 ans que Patrick Ngowi s’est lancé dans les affaires. Ce Tanzanien vendait des à l’époque des téléphones mobiles fabriqués en Chine. A ce jour, il possède l’une des sociétés d’énergie solaire les plus prospères d’Afrique de l’Est — Helvetic Solar Contractors. L’entrepreneur a lancé sa société grâce à un prêt de 1800 dollars US contracté chez ses proches qui l’ont d’ailleurs aidé à partir en Chine. Il y a quatre ans, le chiffre d’affaires de son entreprise dépassait les 5 millions de dollars et l’entreprise était évaluée (en 2014) par KPMG East Africa à 15 millions de dollars.

    Présenté par Forbes comme l’un des « 10 jeunes millionnaires africains à suivre », Patrick Ngowi a également créé sa fondation Lumière pour la vie qui s’investit dans la fourniture d’énergie renouvelable aux communautés. Son entreprise Helvetic Solar Contractors a déjà installé plus de 6 000 petits systèmes solaires sur les toits en Tanzanie et dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, dont le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

    Anna Phosa

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    Anna Phosa est l’un des éleveurs de porcs les plus prospères d’Afrique. Elle est souvent qualifiée de « fermière porcine célèbre ». Cette Sud-africaine a décidé en 2004 de construire sa ferme porcine à Soweto après avoir visité celle d’une de ses amies. C’est avec 100 dollars US et 4 petits cochons qu’elle a démarré ses activités.

    En 2008, Anna Phosa a été engagée par Pick « n Pay, la chaîne de supermarchés sud-africaine, pour approvisionner ses magasins avec 10 porcs par semaine. La demande a rapidement augmenté à 20 porcs par semaine. En 2010, elle a signé un énorme contrat avec Pick’n Pay pour fournir 100 porcs au cours des cinq prochaines années dans le cadre d’une entente de 25 millions de Rand, soit près de 2,5 millions de dollars. Avec un contrat en main, l’entrepreneure a reçu des fonds de la banque ABSA et de l’USAID pour acheter une propriété agricole de 350 hectares. Elle emploie à ce jour une vingtaine de personnes qui élèvent près de 4000 porcs.

    Fred Deegbe

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    Fred Deegbe est le cerveau derrière Heel The World, une marque de chaussures de luxe entièrement fabriquée à la main par des artisans qualifiés au Ghana. En 2011, ce Ghanéen a décidé de quitter son emploi de banque pour fonder son enteprise. C’est avec ses économies réalisées grâce à son travail bancaire et à l’aide de son partenaire commercial, Vijay Manu qu’il a acheté des machines à chaussures et de l’équipement et embauché le premier groupe de travailleurs.

    Aujourd’hui, Heel The World propose une gamme impressionnante de chaussures — des chaussures Richelieu rétro aux mocassins élégants, en passant par les pantoufles élégantes et les Oxford accrocheurs.

    Desmond Mabuza

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    Desmond Mabuza est le premier noir en Afrique du Sud à posséder et exploiter avec succès une entreprise de restauration gastronomique qui sert les riches et célèbres personnes de son pays. Né et élevé dans un quartier pauvre de Soweto, et formé en tant qu’ingénieur civil aux États-Unis, Desmond est retourné en Afrique du Sud avant la fin de l’ère de l’apartheid pour créer une petite entreprise de génie civil.

    Après quelques années, il a abandonné sa pratique de l’ingénierie et a investi l’argent qu’il avait fait dans le secteur de la restauration gastronomique. Il a ouvert son premier restaurant en 2001 (à l’âge de 28 ans) et possède actuellement deux restaurants remarquablement rentables et bien gérés — Signature et Wall Street — tous deux situés à Johannesburg. Il a également ouvert en 2014 un restaurant (Signature) à Abuja et envisage s’installer dans d’autres pays sur le continent.

    Lorna Rutto

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    En 2010, la Kenyane Lorna Rutto a quitté son emploi bancaire pour démarrer une activité de recyclage des déchets. Son entreprise, EcoPost, collecte et recycle les déchets plastiques en poteaux esthétiques, durables et respectueux de l’environnement, un matériau alternatif au bois. Grâce à ces efforts, elle a énormément contribué à la conservation des forêts, emploie des centaines de Kenyans et devrait créer 100 000 nouveaux postes au cours des 15 prochaines années.

    Son activité et ses réalisations remarquables ont reçu l’appui financier des ONG internationales et locales. En 2010, elle a remporté un prix SEED de 6 000 $ qui a servi de capital de démarrage pour son entreprise. La même année, elle a reçu un prix de 12 700 dollars de la part de la Fondation Enablis Energy Globe-Safaricom. Elle a également remporté un concours de plan d’affaires organisé par Cartier Women’s Initiative et a reçu un prix de près de 12 000 $. EcoPost a attiré un investissement en capital de la Blue Haven Initiative et de la Fondation Opus pour un montant de 495 000 USD. Son entreprise s’est surtout dotée d’une grande usine de fabrication équipée de machines de recyclage de pointe.

  • Afrique: que retenir, 50 ans après la première greffe cardiaque?

    Afrique: que retenir, 50 ans après la première greffe cardiaque?

    En 1967, précisément dans la nuit du 2 au 3 décembre, alors qu’on s’y attendait pour le moins, le Sud-Africain Christiaan Barnard réussit à l’hôpital Groote Schuur un exploit d’envergure mondiale : la transplantation cardiaque. Depuis, les recherches scientifiques aboutissant à des résultats autant impressionnants ne sont que rares sur le continent.

    Cette nuit-là, c’était Louis Washkansky, 53 ans, qui avait reçu le cœur d’une jeune femme de 25 ans, Denise Darvall. Celle-ci était en état de mort cérébrale suite à un accident. « Le samedi [d’avant l’opération, NDLR], j’étais un chirurgien anonyme dans mon pays, lundi, j’étais mondialement connu » racontait-il à qui veut l’entendre.

    Mais selon certains, Christiaan Barnard décédé en 2001 n’a fait rien d’extraordinaire. Il aurait volé la vedette à l’Américain Norman Shumway. Mais n’empêche, sur le continent qui compte encore peu de scientifiques de renom, Christiaan Barnard reste une figure loin d’être oubliée.

    En Afrique, la recherche scientifique encore loin

    Les pays développés donnent souvent l’exemple. Les recherches scientifiques constituent un facteur clé dans le développement d’un pays.

    En Afrique, même si en général, les capacités scientifiques et technologiques et innovatrices connaissent une amélioration, les efforts fournis pour dynamiser le domaine restent insuffisants. C’est en substance ce que rapporte l’African Capacity Report 2017, publié par The African Capacity Building Foundation, une organisation continentale fondée par les gouvernements africains et les partenaires de développement. Ce document qui classe en Afrique les pays selon un indice appelé African Capacity mesuré en rapport à une évaluation de divers éléments tels que l’environnement politique, la mise en œuvre des politiques encourageant l’innovation et la recherche scientifique…, seul le Maroc reste sans le maitre incontesté de l’Afrique, avec un score de 71,6. Suivent ensuite la Tanzanie 68,8, le Rwanda de 68,2 ; l’ile Maurice et le Cap-Vert ayant complété le podium des 5 majeurs à féliciter en Afrique.

    Cependant, les grandes universités se trouvent essentiellement en Afrique du Sud, au Nigeria, au Sénégal ou au Ghana et quelques pays commencent à mettre l’accent sur la recherche comme le Cameroun ou la Côte d’Ivoire. Toutefois, le constat général est frappant : les investissements dans le domaine sont faibles.

    En Afrique de l’Est et Centrale, le Kenya est parmi les pays africains avec les dépenses les plus élevées culminantes 0,79 % du produit intérieur brut (PIB) en 2010 en matière de recherches scientifiques. Si ce pourcentage reste considérablement faible, en le Kenya se présente tout de même comme un poids en la matière dans la région. Dans le pays, une évolution de 2 % du PIB devrait être effective avec la création du Fonds national pour la recherche. Les scores fluctuent entre 0,01 % au Lesotho et 1,06 % au Malawi.

    En Afrique du Sud, une diminution a été constatée ces dernières années. Selon les rapports des dépenses relativement au PIB, les chiffres se situent entre 0,89 % en 2008 et 0,73 % en 2012.

    Dans le Maghreb, les dépenses sont généralement plus élevées qu’en Afrique subsaharienne. Si elle n’a pas encore atteint le seuil de 1 %, la moyenne de ces dépenses est de 0,76 %. Néanmoins, ce n’est pas parce que cette partie du continent dépense plus qu’elle fait mieux en terme de résultats. Comme dans le reste du continent, le manque de capacités en ressources humaines et matérielles porte un coup aux ambitions.

    Réformer en profondeur

    En effet, en janvier 2007, les dirigeants, réunis à Addis-Abeba (Éthiopie), ont proclamé 2017 années de la science et de la technologie en Afrique et se sont mis d’accord sur une série d’initiatives. Lors de ce sommet de l’Union africaine (UA), les chefs d’État ont (de nouveau) demandé à tous les pays de l’UA de consacrer, au moins 1 % de leur produit intérieur brut à la recherche et au développement à l’échéance 2020. Ils se sont aussi engagés à ranimer les universités africaines, et à soutenir l’étude de la science et de la technologie chez les jeunes.

    Ils se sont également mis d’accord sur la création d’une organisation africaine de la propriété intellectuelle dans le dessein de protéger les innovations locales et le lancement d’une stratégie planifiée sur 20 ans. Toutefois, sur le papier, la plupart des pays du continent disposent d’un programme gouvernemental pour la recherche et le développement, un climat politique favorable à l’innovation et aux recherches scientifiques. Mais les résultats tangibles font encore défaut.

    Les implants : la prouesse ghanéenne

    Au Ghana, les recherches scientifiques vont bon train. Ce pays est l’un des rares en Afrique qui finance les activités scientifiques. En septembre dernier, à Accra, cinq médecins conduits par le sexologue Dr Samuel Amanamah, ont opéré le premier implant de pénis à Kumasi (Région d’Ashanti), dans le Sud du pays. L’opération à succès portait sur un homme de 55 ans, qui, souffrant de dysfonctionnement érectile aigu, avait perdu tout espoir d’avoir des relations sexuelles.

    En effet, au Ghana comme dans d’autres pays africains, ces genres de réussites s’opèrent… Mais sans portée mondiale.

     

     

     

  • Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Après s’être rendu au Burkina Faso le 28 novembre pour rencontrer son homologue et s’adresser aux étudiants de l’université de Ouagadougou, Emmanuel Macron a participé au sommet UA-UE à Abidjan pour finalement chuter à Accra, dans la capitale ghanéenne. Si cet exercice presque inévitable pour les Chefs d’État français a été accompli par Macron avec aisance, cela n’a toujours pas été le cas pour ses prédécesseurs.

    C’est n’est pas la première fois que Macron donne le ton de sa vision franco-africaine. Mais son passage en Afrique, continent qui a avec la France un cordon difficile à couper, reste une étape importante aux yeux des Africains. En effet, sur le continent noir, depuis le soir de son élection les Africains ont attendu l’opportunité de le voir dire des « vérités ». En quelque sorte, l’Afrique a été servie.

    D’abord, dans son discours de 1 h 40 min tenu à Ouagadougou suivi d’un échange avec des étudiants burkinabés dans la salle Kadhafi de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Macron avait déjà abordé l’essentiel de ses ambitions pour le continent. Il s’était agi avant tout d’une opération séduction, où les phrases étaient bien pensées. « Ce public n’a pas forcément une bonne image de la France », reconnaît-il, en faisant allusion à la chute de Blaise Compaoré que la France a exfiltré vers la Côte d’Ivoire après son départ du pouvoir en 2014. Mais le pays des hommes intègres attend aussi de l’ancienne métropole, l’extradition du frère de l’ex-président, François Compaoré, objet d’un mandat d’arrêt international pour l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

    La France, malgré tout partenaire naturel de l’Afrique, s’est vue réduits ses échanges avec le continent où sa part s’est considérablement cassée ces quinze dernières années, ne représentant plus que 4 %. Au même moment, la Chine qui a grimpé à 22 %, a le vent en poupe. À cet effet, la visite du président s’est inscrite aussi dans un contexte très économique. Ce qui justifie son passage au Ghana, pays anglophone, mais dont l’économie est de plus en plus florissante dans la sous-région. Mais pas que. La politique était bien évidemment au rendez-vous.

    À Ouagadougou, Macron a axé son discours sur le leadership de la jeunesse africaine. Dans la capitale burkinabè où l’esprit sankariste est le mieux partagé, et où il y a trois ans la population a dû reprendre son destin longtemps confisqué par Blaise Compaoré, Macron a dû tailler ses mots entre éloges et appel à vigilance. Le jeune Chef d’État n’a pas caché son hostilité envers les régimes politiques qui s’opposent à l’alternance en Afrique. Mais la question libyenne fut également abordée, de long en large.

    Interrogé à Ouagadougou, Macron a fait la précision selon laquelle ceux qui organisent les trafics humains en Libye sont aussi des Africains. Néanmoins, il avait annoncé que des mesures urgentes devraient être prises. À Abidjan, Jupiter s’est entretenu avec ses homologues africains, notamment le professeur Alpha Condé, Chef d’État guinéen et président en exercice de l’Union africaine. Il a été décidé de mener des opérations d’évacuation d’urgence dans les prochaines semaines des migrants en Libye. De même, l’UE, l’UA et les Nations unies ont décidé d’un soutien à l’Office international des migrations pour aider au retour des Africains qui le souhaitent vers leur pays d’origine.

    Sur la question portant sur le franc CFA, Macron aura laissé une impression presque neutre, pour ceux qui attendaient de cette tournée un signal fort pour l’avenir de cette monnaie « coloniale » de laquelle certaines populations veulent se libérer. Selon celui-ci, le franc CFA, c’est un choix des États membres de la zone CFA. « Si le président burkinabé décide de ne plus y être, il n’y est plus.

    Ce sont les États africains qui sont les maîtres de leur destin. N’ayez pas ce discours de revendication postcolonial, il n’y a pas de joug, il n’y a pas de Français qui utilise l’or du Burkina Faso. » Et d’ajouter ensuite, « j’accompagnerai la solution portée par l’ensemble des pays de la zone franc. Je suis favorable au changement de périmètre et au changement de nom. C’est les pays qui décident. C’est pour la France un non-sujet, mais pour vos dirigeants un vrai sujet. »

    Mais il ne s’est pas empêché de revenir sur la question à polémique en Afrique concernant le nombre d’enfants pas femmes. « Partout où vous avez 7-8-9 enfants par femme, êtes-vous bien sûr que c’est le choix de ces jeunes filles ? » s’était-il interrogé, en précisant que c’était une conviction profonde qui l’a poussé à faire de l’égalité femmes-hommes « la grande cause » de son mandat.

     Afrique, la grande épreuve des présidents français

    En Afrique où les chefs d’États français sont jugés à défaut afrophobes, c’est lors de l’inévitable passage sur le continent que bien d’acteurs leur collent les vraies étiquettes. Macron, lors de sa campagne électorale, imprimait déjà sa marque devant une candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen qui n’a pas une bonne cote sur le continent. Si le président français a fait l’effort de garder une neutralité et de chercher une grande familiarité avec les étudiants burkinabés, il a beau le ressasser ne pas venir donner de leçons aux Africains, mais le ton parfois autoritaire et condescendant sur certaines questions, du reste peu réfléchies, lui donne tort. Pour beaucoup, Macron est venu donner une leçon aux Africains, comme l’ont souvent fait ses prédécesseurs, notamment Nicolas Sarkozy, sans son discours à Dakar en juillet 2007.

     Nicolas Sarkozy s’était toujours attribué ce qu’on peut appeler l’abolition de la FranceAfrique… sans jamais réussir ni dans le fond ni dans la forme. Son intervention en Libye est un exemple, une erreur que Macron a avant tout, regretté devant les étudiants burkinabés. En 2007 deux éléments principaux ont écorné l’image de Sarkozy, et par ricochet celle de la France : la politique d’immigration du président et la « reconnaissance » en 2005 du rôle positif de la colonisation.

    Dans son discours de Dakar précisément, écrit par Henri Guaino, dans lequel il avance que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance… » Sarkozy aura commis une erreur fatale aux yeux du parterre d’intellectuels africains présents au sein de l’Université Cheik Anta Diop ce 24 juillet 2007. Henri Guaino, auteur du discours fera ensuite l’effort de préciser tirer son inspiration de Sedar Senghor, qui avait écrit : « Laissez les peuples noirs entrer sur la grande scène de l’Histoire », mais c’était déjà trop tard. L’image Sarkozy est déjà maculée.

    En 1990, alors que le Mur de Berlin venait de tomber il y a juste 1 an, Mitterrand s’était déterminé à participer à la construction de la démocratie sur le continent. Pour celui-ci, plus question de soutenir économiquement des dictatures, a-t-il affirmé lors du 16e sommet franco-africain. Mitterrand s’était déclaré froid à ces régimes qui abondent le continent. Mais celui-ci s’était également entaché dans l’assassinat de Sankara au Burkina Faso en 1987.

    En août 1958, alors que la plupart des pays se battaient pour une indépendance, de Gaulle n’était arrivé au pouvoir que 3 mois qu’il a amorcé son périple de 20.000 kilomètres en Afrique. En réalité, il était en réalité question d’une tournée électorale dont l’objectif est de convaincre les peuples de l’Union de voter oui au référendum sur la nouvelle Constitution. Cette constitution prévoyait, entre autres, le remplacement de l’Union par une « Communauté » où chaque pays jouira d’une autonomie politique. « Il est naturel et légitime que les peuples africains accèdent à ce degré politique où ils auront la responsabilité entière de leurs affaires intérieures, où il leur appartiendra d’en décider eux-mêmes. » En fin de compte, seule la Guinée de Sekou Touré votera non, exigeant une souveraineté immédiate. Quatorze autres pays suivront plus tard. L’indépendance envers la France venait d’être acquise. Peut-être, juste dans la forme.

  • DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    À Lomé comme dans d’autres villes d’Afrique et d’ailleurs, les développeurs se préparent pour débuter  un festival mondial de Google de deux jours orientés vers les Tech-entrepreneurs. Sur le continent, le géant américain tente une révolution Tech malgré les difficultés multiples.

    Le DevFest ou « Festival des Développeurs » est un événement de grande envergure organisé chaque année à travers le monde par les communautés locales de développeurs en collaboration avec Google. Les DevFests sont des événements de développement gérés par la communauté qui se déroulent dans le monde entier, axés sur la création de communautés et l’apprentissage des technologies de Google. Le Togo qui connait de plus en plus de centres de formation de codage n’est pas à l’abri de cet événement.

    Au Togo, selon les organisateurs, l’édition de cette année réunira près de 300 personnes issues du monde du développement, de la sécurité informatique, des réseaux et télécommunications, de l’administration des systèmes, etc. Mais pas que. L’évènement rassemble également des écoles universitaires, des entreprises et organisations œuvrant pour la promotion des TIC au Togo.

    Cette année, l’évènement sera consacré au partage des dernières technologies de développement web et mobile avec tous les participants. Les échanges toucheront presque tous les domaines : le web, Android, cloud, firebase, le design UX…

    Google en position d’attaque

    En Afrique, le géant californien Google est sur tous les fronts. Sur ce continent où la démographie devient de plus en plus importante et le taux de pénétrations ne cesse d’intéresser, Google est conscient d’une chose : il y aura 500 millions d’internautes en Afrique d’ici à 2020, quand ils n’étaient que 100 millions fin 2010. Et c’est cet état de choses qui réconforte cette entreprise comme bien d’autres pour investir dans les Tech startups.

    Au Nigeria, Google et Facebook ont annoncé quelques semaines déjà vouloir s’installer au Nigeria, plus peuplé pays d’Afrique. Dans ce vaste pays aux économies galopantes, le groupe de Mountain View a bien une intention : stimuler les start-ups technologiques africaines et développer une croissance africaine unique.

    Le mois dernier, Google a lancé Google Launchpad et Google Play Afrique du Sud. Les deux initiatives qui seront entièrement basées en Afrique, précisément en Afrique du Sud et au Nigeria, veulent offrir aux entrepreneurs et aux concepteurs technologiques tant en herbe qu’expérimentés, un accès pratique et direct à la confiance intellectuelle de Google. Les candidatures sont ouvertes aux start-ups technologiques avec leurs propres fonds de démarrage du Ghana, du Kenya, du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et de l’Ouganda. Les structures choisies pour participer au programme de trois mois recevront plus de 3 millions de dollars en soutien sans fonds propres, espace de travail, voyages et relations publiques, ainsi qu’un accès aux experts en technologies de la Silicon Valley durant trois ans.

    Le directeur régional de Google pour l’Afrique subsaharienne, Andy Volk, a déclaré que Google cherchait des moyens de s’impliquer davantage dans les entreprises technologiques africaines depuis plusieurs années. Avec un climat d’affaires technologique de plus en plus favorable et une vague d’idées technologiques uniques en provenance du continent, il était temps de commencer à établir des relations d’affaires. « Toute personne qui passe du temps dans l’espace technologique africain sait que le continent abrite des innovations passionnantes », se convainc celui-ci.

    Toutefois, le constat manifestement le plus frappant et qui agace en Afrique francophone, c’est que les plus grandes startups sont dans les pays anglophones.

    Le difficile climat pour les Tech startups en Afrique

    En Afrique, hormis quelques pays qu’on peut facilement localiser comme ayant un climat favorable à l’éclosion des startups à l’instar de l’Éthiopie, Kenya, l’Afrique du Sud, le Maroc… la tendance générale n’est pas convenable à ces petites entreprises. Le financement est un problème qui tue les startups dès la naissance.

    Pour la Ghanéenne Dorothy Gordon qui dirige l’Institut de technologie avancée et d’informations d’Accra, la taille réduite du marché économique de l’Afrique francophone est également un obstacle à l’essor des start-ups. « En raison de la taille du marché, il est difficile d’attirer des investisseurs étrangers. Et les gouvernements locaux ne font pas assez pour aider les jeunes start-ups à se développer », a-t-elle confié dans un entretien à Forbes Afrique.

    Sur le continent, on évalue les besoins de financement des jeunes structures à quelque 140 milliards de dollars par an, alors que les banques sont de nature hostiles aux risques, et la durée de vie des startups est souvent courte. Les stratégies mises en place par les pays pour accompagner ces entreprises se révèlent dans la plupart des cas inefficaces. Mais le tout ne se limite pas là. Un manque d’encadrement parait parfois comme une difficulté fondamentale. Surtout pour les Tech entrepreneurs, la disponibilité de la connexion internet reste un élément déterminant. La coupure de connexion pendant 93 jours dans la partie anglophone du Cameroun en début d’année 2017 a constitué un grand frein dans l’évolution des startups de la Silicon Moutain. Mais l’étroitesse du marché des consommations pose dans certains, cas une autre difficulté.

    En effet, si la progression du taux de pénétration d’Internet impressionne sur le continent, il faut aussi rappeler que cette croissance est principalement portée par quelques pays seulement, comme le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouganda ou encore l’Afrique du Sud. Au Maroc par exemple, plus de 58,3 % de la population à accès à Internet, contre quelques 2,1 % au Niger. Le premier obstacle pour les entrepreneurs africains spécialisés dans le secteur digital est donc cet accès restreint au réseau mondial pour ces populations.

    Mais pour certains, grâce aux nouvelles technologies les prochaines années vont marquer un point d’inflexion dans les méthodes de financement des startups. Le nano crédit, initiative qui permet à des entrepreneurs d’avoir de la trésorerie au quotidien a déjà fait ses preuves au Kenya, avec commercial Bank of Africa (CBA) et Safaricom. En Afrique francophone, l’initiative peut également être au bénéfice des Tech entrepreneurs.

     

  • L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    En Afrique, le rôle des femmes dans la sécurité alimentaire est crucial. Elles participent en grande partie à la production agricole et à la transformation des produits, et occupent une place essentielle dans la sécurité alimentaire. Toutefois, très peu d’entre elles sont formées dans les sciences agricoles.

    Dans la plupart des pays africains, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes en ce qui concerne la propriété terrienne. Les disparités sont grandes de pays en pays. Au Mali par exemple, la propriété foncière revient aux hommes pour 86.7 % des cas, à en croire Tacko Ndiaye, spécialiste des questions du genre, de l’égalité et du développement rural à la FAO.

    En décembre 2016, consciente de cet état de choses, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait organisé une réunion à son siège à Rome portant sur le thème : « remettre les femmes au centre de l’agriculture africaine ». Aussi, dans un récent rapport, l’organisation a déploré le fait que les femmes reçoivent en général « une partie très faible de la terre, du crédit, de la formation ou de l’information agricoles ».

    Selon les chiffres avancés par la FAO, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30 % les rendements des exploitations agricoles.

    Souffle nouveau

    Ce n’est plus un secret : pour redynamiser l’agriculture africaine, les femmes devront être sur un pied d’égalité que les hommes. La même chose doit également se produire loin des champs, dans les institutions de recherche agricole consacrées à relever les défis et fournir des solutions aux agriculteurs. En effet, comparées aux hommes, très peu de femmes sont formées et employées dans les sciences agricoles. Ce fait affaiblit gravement le rôle des femmes dans les processus politiques et décisionnels.

    Toutefois, dans un nouveau document de recherche « Agriculture and Food Security » rendu public dans les émissions du Journal of Gender, il pourrait enfin y avoir de bonnes nouvelles. En utilisant des données recueillies dans 40 pays africains, le document montre que l’écart entre les sexes dans la recherche agricole africaine a continué à se réduire depuis 2008. Le nombre total de chercheuses est passé de moins de 9 000 en l’an 2000 à plus de 15 000 en 2014. Soit une évolution de 24 %.

    Dans cette évolution significative, les pays d’Afrique australe s’illustrent positivement. Dans cette partie d’Afrique, les pays comme le Lesotho et la Namibie se rapprochant de la parité entre les sexes. L’Érythrée, l’Éthiopie et le Tchad ont été les moins bien classés sur la liste. Par ailleurs, aucun des neuf chercheurs en Guinée Bissau n’était une femme en 2011, la dernière année pour laquelle des données étaient disponibles.

    Nienke Beintema, l’auteur de l’étude à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, affirme que les chercheuses offrent différentes perspectives à leurs homologues masculins, et leur contribution fournit une perspective importante pour répondre aux défis uniques et pressants des agricultrices. Elle ajoute par ailleurs que l’embauche et la promotion de plus de femmes africaines améliorent la qualité et la compétitivité de la recherche et de l’innovation. Une situation particulièrement critique sur un continent où la majorité des gens tire ses moyens de subsistance de l’agriculture, mais où le manque de données, la mauvaise infrastructure et la mauvaise élaboration des politiques entravent le plein potentiel de l’industrie.

  • Sommet d’Abidjan : l’UA et l’UE face à de nouveaux défis

    Sommet d’Abidjan : l’UA et l’UE face à de nouveaux défis

    Abidjan accueille du 29 au 30 novembre les travaux du 5e Sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE). La rencontre devrait permettre aux deux continents de repartir sur de nouvelles bases.

    Le Sommet d’Abidjan entre l’Union africaine et l’Union européenne porte sur le thème : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». Jugé comme une question d’actualité, ce thème devrait être l’objet essentiel des discussions entre les chefs d’État et de gouvernement durant deux jours. Le Sommet d’Abidjan devrait voir la participation de plus de 5000 participants et de nombreux chefs d’État et de gouvernement. Les représentants d’organisations internationales devront également participer à ces travaux qu’accueille pour la première fois l’Afrique subsaharienne. Des responsables de la Commission de l’UA ont expliqué que la rencontre d’Abidjan va servir de cadre de renforcement de relations politiques et économiques entre les deux Unions. Outre les questions liées à la jeunesse et au développement de l’Afrique et de l’Europe, les échanges vont porter sur les questions de paix, de sécurité, de gouvernance et de migrations.

    Sujet brûlant de l’actualité, la situation qui prévaut en Libye va meubler les discussions. L’Union européenne qui lutte contre l’immigration illégale devrait décider avec l’Union africaine des actions à poser pour dissuader les jeunes Africains de quitter leurs pays. « C’est la seule façon de mettre fin au drame auquel on assiste en terre libyenne », justifie-t-on à la Commission de l’UE. Pour plusieurs experts, Abidjan devrait être un nouveau départ pour l’Afrique et l’Europe. « Les deux continents devront harmoniser leur accord de coopération et se fixer des objectifs pour répondre à différents défis, notamment celui de la migration », explique un ancien fonctionnaire de l’Union africaine.

    Relever de nouveaux défis

    A l’heure où le chômage touche une bonne partie de la jeunesse africaine, l’UA compte obtenir de ses partenaires européens un accompagnement dans ses politiques de développement. « Il s’agit aujourd’hui d’œuvrer pour un développement inclusif et offrir à la jeunesse des emplois décents », reconnaît un ministre ivoirien. Les questions portant sur la jeunesse du continent peuvent être réglées si l’Afrique investit avec l’appui de l’UE dans l’éducation de qualité, les technologies et l’environnement. A ce titre, certains participants ont souhaité que les précédentes décisions prises par les deux Unions soient une fois encore analysées. La Commission de l’UA a confirmé que les travaux du sommet vont aussi porter sur les avancées constatées dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action 2014-2017 adopté lors du dernier Sommet tenu à Bruxelles. Cela va permettre de « définir une nouvelle stratégie commune pour relever les nouveaux défis auxquels font face l’UA et l’UE », rappelle une source.

    Tous les moyens ont été réunis pour la réussite des travaux avec la présence de tous les États invités. Un acteur la société civile congolaise qui participera aux travaux trouve que l’essentiel pour les dirigeants de l’UA et de l’UE sera de prendre des décisions qui peuvent favoriser le développement de « nos deux continents ». « Que ce ne soit pas un Sommet de plus. Les populations veulent après des actes concrets », rappelle-t-il. Comme lui, d’autres voix plaident pour un traitement d’égal à égal entre l’UA et l’UE. « L’UA a besoin de l’Europe. L’UE a besoin de réorganiser sa présence en Afrique », analyse un spécialiste de l’UA. Mais pour y arriver, rappelle l’expert, les deux continents doivent se parler « sincèrement » et aborder parfois les sujets qui fâchent, notamment la démocratie en Afrique ou les réalités de certaines entreprises européennes en Afrique. Après les travaux d’Abidjan, beaucoup souhaitent d’ailleurs une réforme de l’UA pour lui permettre de mieux peser dans les futures rencontres. « L’Afrique doit arriver à parler d’une seule voie sur les questions essentielles portant sur son développement. Ce n’est pas encore le cas », déplore un membre de l’International Crisis Group.