Catégorie : Agroalimentaire

  • Africa CEO Forum: la startup kenyane Twiga Foods récompensée

    Africa CEO Forum: la startup kenyane Twiga Foods récompensée

    Pour la première fois, l’Africa CEO Forum a récompensé la « Most promisisng company » de l’année. L’édition 2018 de cette rencontre économique qui s’est tenue à Abidjan a élu la startup kenyane Twiga Foods comme la startup la plus prometteuse de l’année. Le jury a apprécié les résultats déjà atteints par la startup et s’est réjoui de ses objectifs.

    Il faut dire que depuis cinq ans Twiga Foods travaille pour la satisfaction des producteurs et des revendeurs kenyans. La startup a mis en place une application mobile qui permet aux utilisateurs de se faire livrer des produits agricoles. Avec des services peu couteux, la startup œuvre pour un accès facile aux produits disponibles sur les marchés.

    Pour y arriver, « nous servons d’intermédiaire entre les producteurs et les revendeurs. Notre application nous permet également de servir des kiosques et des points de vente », explique un responsable de la startup. Ce dernier rappelle que Twiga Foods a été créé pour lutter contre les prix élevés des produits sur la chaîne de distribution.

    La startup dispose de tricycles motorisés pour ses services de livraison. « Nous produits de nos agriculteurs. Tout ce qui est produit localement », confie l’équipe dirigeante. Twiga Foods offre également la possibilité à ses clients de tracer les produits depuis les lieux de production jusqu’au marché.

    La startup mise depuis 2013 sur ses services pour contrôler la chaine de distribution des produits sur les marchés kenyans. Twiga Foods s’inscrit également dans une vision continentale. Son ambition est de s’installer dans d’autres pays pour conquérir de nouveaux marchés.

  • WeFly Agri: des drones pour surveiller les plantations en Côte d’Ivoire

    WeFly Agri: des drones pour surveiller les plantations en Côte d’Ivoire

    Le problème que visent à solutionner les initiateurs de WeFly Agri est récurrent auprès des propriétaires de grandes plantations agricoles : sécuriser les grandes plantations agricoles.

    Lancée en janvier de l’année dernière, la startup utilise des drones pour cartographier et surveiller les terres, et offre aux utilisateurs l’accès à un logiciel propriétaire qui surveille toutes les activités de la plantation.

    L’initiative est inspirée par l’expérience d’un des cofondateurs et CEO, Joseph Olivier. Selon ce dernier, il aurait visité en 2015, de retour de France, une des plantations de son père, situées à Bouaflé, à environ 300 kilomètres et 3h de route de la ville d’Abidjan, la capitale ivoirienne.

    Malheureusement, ce qui était censé être un voyage familial enrichissant s’est transformé en constat d’un gouffre financier en devenir. En effet, durant les derniers 12 mois, son père n’ayant pas assez de temps, et étant très souvent en voyage, a transféré des fonds pour l’entretien de sa plantation, mais a amèrement constaté que toutes ces dépenses n’avaient pas été utilisées à bon escient. « Les mauvaises herbes avaient poussé, la plantation était insalubre, et même les plants étaient attaqués par manque d’entretien phytosanitaire. »

    Mais comme son père, beaucoup de propriétaires terriens en Afrique sub-saharienne rencontrent le même problème.

    Surveiller à distance

    La première mission qu’a eue l’équipe de cette startup a été de coupler la puissance et la versatilité des drones, avec un logiciel informatique qui permettrait à tout propriétaire terrien, particulier ou industriel d’avoir le contrôle des activités de son exploitation au bout des doigts. Et ce, quelle que soit sa localisation. Jusqu’aujourd’hui, la startup peut se féliciter de la réussite de cette mission. « L’écart principal et le plus important que nous avons repéré était celui de l’information. Les agriculteurs et les propriétaires de plantations n’ont presque aucune information sur ce qui se passe dans leurs plantations, car la plupart d’entre eux vivent dans les villes », a renchéri Biley.

    Malgré ce qu’il convient d’appeler désormais succès de WeFly Agri, la startup a connu un début de vie mouvementée, devant affiner ses algorithmes et subir une série de pannes de serveurs. Toutefois, le plus grand défi réside ailleurs.  « La principale difficulté que nous avons rencontrée était le scepticisme. Les gens nous considéraient comme des rêveurs, et notre idée a trop avancé pour se matérialiser en Côte d’Ivoire » a déclaré le CEO avant d’ajouter, « grâce à la qualité de notre produit et à la valeur ajoutée perçue par nos clients, il nous a été très facile de décrocher notre premier contrat ».

    Désormais, WeFly Agri a signé un accord avec Tropical Rubber Côte d’Ivoire, la troisième plus grande entreprise de caoutchouc du pays, ainsi qu’avec la société de gestion de plantations Gabea. Il est également en discussion avancé afin de cartographier et de surveiller 250 000 hectares pour un autre client.

    Le démarrage autofinancé est axé pour l’instant sur l’expansion en Côte d’Ivoire, mais est également en discussion avancée avec des clients potentiels et des partenaires stratégiques au Togo, au Sénégal, au Mali et au Nigeria.

  • Au Ghana, AgroCenta entame l’aventure du commerce équitable

    Au Ghana, AgroCenta entame l’aventure du commerce équitable

    L’agriculture, épine dorsale de l’économie du Ghana, a connu ces dernières années un déclin général en raison d’un certain nombre de facteurs qui nécessitent de nouvelles stratégies de promotion du secteur. Pour combler cette attente, une startup croit avoir la solution aux différents défis : AgroCenta.

    Francis Obirikorang, cofondateur de la startup, pense que les petits producteurs agricoles ghanéens souffrent d’achats abusifs d’intermédiaires, qui achètent leurs produits à des prix très bas pour les revendre à des prix exorbitants dans les centres urbains.

    Fondée en 2015, par deux jeunes Ghanéens (Francis Obirikorang et Michael K. Ocansey), AgroCenta est une startup qui s’attaque à ce problème réel. L’idée d’AgroCenta est de créer une plateforme de vente en ligne qui relie directement les petits agriculteurs à un marché en ligne, dont la taille géographique est plus large, pour écouler leurs productions. Et ce, plutôt que par le biais d’intermédiaires « coupe-profits ».

    « C’est là que les agriculteurs sont en mesure de tirer parti de leurs produits et de les vendre à des prix très compétitifs en fonction des informations dont ils disposent » est convaincu Francis Obirikorang.

    Un mécanisme simple

    Les services d’AgroCenta comprennent une plateforme de liaison commerciale (AgroTrade) reliant directement les agriculteurs aux acheteurs et supprimant les achats abusifs ; TruckR qui est un camion qui aide pour le transport des produits et AgroPay, qui est une plateforme d’inclusion financière pour les petits agriculteurs ruraux non bancarisés.

    « Une fois qu’un agriculteur reçoit des offres d’acheteurs intéressés, le problème de la logistique et du transport sont plus faciles à résoudre grâce à la solution TrucKR d’AgroCent. TrucKR permet aux petits producteurs de n’importe quel village reculé du Ghana d’accéder aux camions en un clic. Vous pouvez l’appeler l’Uber pour les camions. AgroCenta change la vie même de ceux-ci en utilisant la technologie pour résoudre les problèmes qu’ils rencontrent dans l’agriculture » explique les concepteurs.

    Depuis sa création, les promoteurs sont fiers aujourd’hui du résulta eu. « Les achats exploitables ont été réduits au strict minimum puisque les agriculteurs contrôlent la vente de leurs produits à des prix qui leur sont favorables », peut-on lire sur leur plateforme. En effet, bien que la solution proposée soit rentable, elle permet aussi également aux petits exploitants de produire davantage sans craindre de perdre des produits par manque d’acheteurs.

    Selon les informations communiquées par Agrocenta en fin d’année 2017, près de 7 000 petits exploitants agricoles ont déjà adhéré à ce service, ce qui représente un impact considérable qui rend son modèle digne d’être reproduit dans d’autres parties du pays.

    L’entreprise fait également parvenir à ses abonnés en temps opportun des informations sur le marché tel que les prix des produits entre autres dans les formats texte et voix dans leurs langues locales, afin de leur permettre de prendre des décisions d’information en fonction des changements.

    Pour soutenir le modèle géré par AgroCenta, l’entreprise facture aux acheteurs ce qu’elle appelle le « coût de transaction », en tant que paiement pour la commodité qu’elle offre.

    Actuellement, la startup recherche à établir un partenariat avec le gouvernement et d’autres agences du secteur privé pour intensifier ses travaux. Elle ambitionne par ailleurs s’étendre à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest à l’horizon 2020.

  • Nigeria: une startup lève 1 million de dollars pour connecter les paysans

    Nigeria: une startup lève 1 million de dollars pour connecter les paysans

    L’introduction de petits producteurs agricoles nigérians aux moyens limités sur un marché plus large, a permis à la nouvelle start-up Farmcrowdy de bénéficier d’un million de dollars auprès d’investisseurs tels que Techstars, Cox Ventures et Social Capital.

    Au Nigeria, la possibilité que plus de Nigérians de classe moyenne puissent s’impliquer dans l’agriculture gagne la conviction des investisseurs et fait le succès de la tech-startup Farmcrowdy. Cette plateforme numérique agritech révolutionne le secteur agricole local en connectant les petits producteurs agricoles aux sponsors nigérians de la région, des États-Unis et du Royaume-Uni pour investissement.

    Lancée en novembre 2016, la startup n’a cessé de gagner en popularité et en intérêt international. En août 2017, Farmcrowdy est devenue la première startup africaine acceptée dans le programme accélérateur de Techstars Atlanta.

    Le modèle de crowdfarming de la startup permet aux Nigérians de parrainer des fermes existantes (les cultures comprennent le manioc, le maïs, le riz et les fèves de soja) avec une somme comprise entre 260 et 790 dollars. En retour, lors de la récolte, les bailleurs agricoles gagnent entre 9 % et 25 % de profit sur leur investissement initial.

    Cette injection de capitaux permet aux agriculteurs de cultiver de plus grandes terres agricoles afin de se développer plus rapidement. La proposition de Farmcrowdy a vu 1 000 commanditaires agricoles depuis son lancement, et la startup a maintenant construit un réseau de plus de 3 000 agriculteurs.

    Des problèmes complexes aux marchés numériques

    L’application offre aux sponsors de « Farm Shop » des opportunités agricoles filtrées par type de produit, le montant du financement, la durée du contrat, et les rendements attendus sur un investissement. Les profils comprennent des détails sur ce que le parrainage finance (intrants agricoles, conseils techniques ou soutien logistique) pour atteindre les rendements. Les cultures courantes sont le manioc, le soja et le riz. Via la même plateforme, les investisseurs peuvent suivre la performance de leurs placements.

    « Ce qui différencie Farmcrowdy des autres plateformes, c’est qu’il transforme un problème complexe en marché numérique », a déclaré Onyeka Akumah, PDG de Farmcrowdy, lors d’une interview dans le média local. Et d’expliquer, « nous prenons en charge le financement des agriculteurs, la formation des agriculteurs, en fournissant le marché pour les agriculteurs à vendre. Nous nous occupons de la logistique pour mettre les récoltes agricoles sur le marché et nous assurer que les agriculteurs obtiennent un rendement décent à la fin de leur cycle ».

    En réalité, farmcrowdy sélectionne des fermes à petite échelle dans tout le Nigéria et travaille avec des partenaires tels que Syngenta et l’Institut international d’agriculture tropicale d’Afrique pour élaborer des programmes de parrainage afin de leur fournir une expertise. Puisqu’un grand problème, selon Akumah, est que beaucoup de fermes n’ont pas les intrants nécessaires pour atteindre le plein potentiel de récolte de leurs parcelles.

    Perspectives

    Image result for agriculture in Nigeria

    Le modèle de revenu de Farmcrowdy fonctionne sur un système principal de distribution selon le quota de 40 % pour les sponsors, 40 % pour les agriculteurs, et 20 pour cent pour Farmcrowdy.

    Selon les ambitions de Farmcrowdy, la startup utilisera son nouveau financement pour étendre ses opérations dans à 20 États nigérians (elle opère actuellement dans huit états) et ajoutera 4 000 agriculteurs à son réseau.

    Le PDG de Farmcrowdy, Onyeka Akumah, considère que le potentiel de revenus pour l’agriculture au Nigeria est « aussi important », en notant la taille et la croissance du pays. « Le Nigeria compte 186 millions de personnes et devrait devenir le troisième plus grand pays du monde au cours des 30 prochaines années. Toutes ces personnes vont avoir besoin de nourriture pour manger », croit-il.

  • En Tanzanie, Fahad Awadh se fait champion de la noix de cajou

    En Tanzanie, Fahad Awadh se fait champion de la noix de cajou

    Deux ans après le début de son activité, Fahad Awadh a été nommé l’un des 30 entrepreneurs à surveiller en Afrique par le magazine Forbes, et a également reçu une subvention de 500.000 USD du Africa Enterprise Challenge Fund. En Tanzanie où il est connu pour son intérêt pour les noix cajou, le jeune a une entreprise plutôt prospère.

    En 2014, Awadh a commencé à rechercher une activité dans laquelle il pourrait investir. « Je suis tombé sur la noix de cajou en constatant que la Tanzanie en produit beaucoup et de bonnes qualités », dit Awadh, dont la première grande initiative privée, étaient une entreprise de vêtements qu’il a fondée avec des amis. En effet, la Tanzanie est l’un des plus grands producteurs de noix de cajou au monde. Environ 90 % de ses noix de cajou sont exportées en Inde et au Vietnam et réexportées vers les marchés développés.

    Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette industrie, Awadh a quitté le Canada pour la Tanzanie afin d’y mener des recherches. Il voulait, selon ses dires, comprendre l’offre sur le marché intérieur et le commerce mondial de la noix de cajou. Awadh s’est également rendu au Vietnam, l’un des plus gros exportateurs de noix de cajou au monde. Dans ce pays, il a visité des fabricants d’équipements de traitement et l’usine d’un producteur de noix de cajou de réputation. Ces visites l’ont exposé aux meilleures pratiques mondiales, qu’il a plus tard mises en œuvre dans sa propre entreprise.

    Pour Awadh, comprendre le marché mondial et ce que veulent les consommateurs a été important pour prendre des décisions éclairer sur la façon dont il devrait traiter ces noix de cajou. « Je savais que si je devais traiter en Tanzanie, il fallait qu’il soit mécanisé, automatisé et efficace. Je me suis rendu compte que si je voulais être le meilleur transformateur, je devais mécaniser le processus et opérer selon les normes les plus rigoureuses en assurant la salubrité et la traçabilité des aliments et en donnant de la valeur à l’agriculteur » rassure l’entrepreneur.

    C’est au bout de ces différentes étapes que Awadh décide enfin de créer YYTZ Agro-Processing, une société de production de noix de cajou qui se concentre sur l’exportation de noix de qualité supérieure de Tanzanie, tout en travaillant étroitement avec les agriculteurs locaux pour s’assurer qu’ils sont suffisamment inclus dans la chaîne de valeur.

    Défis de financement

    Alors qu’il était finalement satisfait des connaissances qu’il avait acquises, Awadh écrit un plan d’affaires complet et a commencé à demander des prêts auprès de banques en Tanzanie pour financer l’équipement de traitement. Malheureusement, la réponse par défaut à ses demandes était : « Non, nous ne soutenons pas les nouvelles entreprises ». « Les banques ont toujours été négatives parce qu’elles pensaient que c’était impossible. Ils ne posaient pas les bonnes questions et les mois passaient », se souvient-il.

    Pour donc éviter les retards, Awadh s’est associé avec son père, un pilote commercial retraité, pour acheter l’équipement initial pour installer YYTZ sur l’île de Zanzibar (une région semi-autonome de Tanzanie), avec l’espoir qu’une fois que les banques verront une usine pour se lancer dans les affaires, ils auront plus de confiance pour le soutenir. Mais alors que cette lutte se poursuivait, YYTZ a obtenu un coup de pouce important en remportant une subvention de l’Africa Enterprise Challenge Fund en 2016, un an après l’enregistrement de l’entreprise par Awadh.

    Des partenariats gagnant-gagnant

    L’entreprise construit déjà une autre usine à Mtwara (sud de la Tanzanie) qui permettra aux agriculteurs d’avoir accès à des installations de stockage, à une machine à décorticage automatique et à des équipements de vaporisation qui leur permettront d’enlever leurs coquilles. De cette façon, l’entreprise peut acheter le produit à un prix plus élevé auprès des agriculteurs.

    « À l’heure actuelle, les noix de cajou de Tanzanie sont exportées en Inde et au Vietnam en tant que produit brut. En aidant les agriculteurs à ajouter de la valeur à leur récolte, nous sommes non seulement en mesure de leur payer plus d’argent et de les aider à obtenir plus de revenus, nous allons également augmenter les revenus du pays », rassure Awadh.

    Dans la logique de celui-ci, les agriculteurs sont des clients importants. « Vous constaterez que dans de nombreux pays comme la Tanzanie, les agriculteurs sont souvent exploités et ils n’ont rien à montrer pour le travail qu’ils ont fait. Nous, nous voulons nous assurer que toute activité que nous menons avec les agriculteurs est en mesure d’augmenter leurs moyens de subsistance. C’est important pour nous parce que sans les agriculteurs, il n’y a pas de commerce, » croit-il.

  • L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    En Afrique, le rôle des femmes dans la sécurité alimentaire est crucial. Elles participent en grande partie à la production agricole et à la transformation des produits, et occupent une place essentielle dans la sécurité alimentaire. Toutefois, très peu d’entre elles sont formées dans les sciences agricoles.

    Dans la plupart des pays africains, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes en ce qui concerne la propriété terrienne. Les disparités sont grandes de pays en pays. Au Mali par exemple, la propriété foncière revient aux hommes pour 86.7 % des cas, à en croire Tacko Ndiaye, spécialiste des questions du genre, de l’égalité et du développement rural à la FAO.

    En décembre 2016, consciente de cet état de choses, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait organisé une réunion à son siège à Rome portant sur le thème : « remettre les femmes au centre de l’agriculture africaine ». Aussi, dans un récent rapport, l’organisation a déploré le fait que les femmes reçoivent en général « une partie très faible de la terre, du crédit, de la formation ou de l’information agricoles ».

    Selon les chiffres avancés par la FAO, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30 % les rendements des exploitations agricoles.

    Souffle nouveau

    Ce n’est plus un secret : pour redynamiser l’agriculture africaine, les femmes devront être sur un pied d’égalité que les hommes. La même chose doit également se produire loin des champs, dans les institutions de recherche agricole consacrées à relever les défis et fournir des solutions aux agriculteurs. En effet, comparées aux hommes, très peu de femmes sont formées et employées dans les sciences agricoles. Ce fait affaiblit gravement le rôle des femmes dans les processus politiques et décisionnels.

    Toutefois, dans un nouveau document de recherche « Agriculture and Food Security » rendu public dans les émissions du Journal of Gender, il pourrait enfin y avoir de bonnes nouvelles. En utilisant des données recueillies dans 40 pays africains, le document montre que l’écart entre les sexes dans la recherche agricole africaine a continué à se réduire depuis 2008. Le nombre total de chercheuses est passé de moins de 9 000 en l’an 2000 à plus de 15 000 en 2014. Soit une évolution de 24 %.

    Dans cette évolution significative, les pays d’Afrique australe s’illustrent positivement. Dans cette partie d’Afrique, les pays comme le Lesotho et la Namibie se rapprochant de la parité entre les sexes. L’Érythrée, l’Éthiopie et le Tchad ont été les moins bien classés sur la liste. Par ailleurs, aucun des neuf chercheurs en Guinée Bissau n’était une femme en 2011, la dernière année pour laquelle des données étaient disponibles.

    Nienke Beintema, l’auteur de l’étude à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, affirme que les chercheuses offrent différentes perspectives à leurs homologues masculins, et leur contribution fournit une perspective importante pour répondre aux défis uniques et pressants des agricultrices. Elle ajoute par ailleurs que l’embauche et la promotion de plus de femmes africaines améliorent la qualité et la compétitivité de la recherche et de l’innovation. Une situation particulièrement critique sur un continent où la majorité des gens tire ses moyens de subsistance de l’agriculture, mais où le manque de données, la mauvaise infrastructure et la mauvaise élaboration des politiques entravent le plein potentiel de l’industrie.

  • A la découverte de la première brasserie d’aéroport de l’Afrique

    A la découverte de la première brasserie d’aéroport de l’Afrique

    Les brasseurs de bières artisanales ont le vent en poupe en Afrique du Sud. Ils tentent de conquérir avec des techniques de fabrication un marché occupé en grande partie par des brasseries industrielles.

    En Afrique du Sud, une révolution s’opère dans la fabrication de bière artisanale. En dix ans, le nombre de fabricants de bières douces et de bières de blé a augmenté. « Plusieurs brasseurs préparent désormais leurs propres bières avec des techniques spéciales », révèle un ancien maître brasseur installé à Pretoria.

    Ce dernier qui compte une trentaine d’années dans le métier a formé près de vingt brasseurs qui préfèrent aujourd’hui fabriquer de la bière artisanale. Dans le pays le nombre de brasseries sud-africaines s’accroît et on compte désormais près de deux cents fabricants de bière artisanale alors qu’on « enregistrait que six en 2007 ».

    Parmi la nouvelle génération de brasseurs de bière noirs figure Phumelelo Marali considéré comme la figure de proue de cette révolution. En 2010, Phumelelo Marali a appris à brasser de la bière grâce au soutien de Lex Mitchell, un maître brasseur sud-africain. Sept ans après, l’entrepreneur est à la tête de la première brasserie d’aéroport de l’Afrique.

    C’est à Johannesburg à l’aéroport international de Tambo que Phumelelo Marali fait montre de sa connaissance. « Toute la préparation de la bière est fait ici. Nous permettons à nos clients de voir le processus », explique le fondateur de Airport Craft Brewers. Le nombre des clients de la brasserie a considérablement augmenté depuis sa création. Phumelelo Marali brasse désormais chaque semaine près de 20 000 litres de bière. « Il nous faut satisfaire une clientèle composée de plusieurs nationalités », précise-t-il.

    La qualité pour mieux concurrencer

    À part Phumelelo Marali, d’autres brasseurs sud-africains qui se sont lancés sur le marché de la bière artisanale comptent augmenter leur volume de production. Alors que certains envisagent brasser jusqu’à 100 000 litres de bière par mois, d’autres misent déjà sur l’exportation. C’est le cas de Luca Tooley, 28 ans, fondateur de la brasserie Zwakala basée au nord-est du pays dans la province du Limpopo.

    « Nous allons exporter vers les États-Unis », confie le jeune brasseur. En attendant, Luca Tooley a déjà signé un contrat avec l’entreprise sud-africaine de la restauration Nando’s. « Ils vont proposer nos bières dans leurs restaurants américains », explique le chef de la brasserie Zwakala.

    Même si depuis 2010, les brasseurs ont vu leurs ventes triplées, les bières artisanales représentent seulement moins de 5 % des bières vendues dans le pays. Il s’agit désormais pour eux d’occuper dans les cinq prochaines années 10 % des bières vendues sur le marché. Mais également de vendre dans la sous-région, notamment au Zimbabwe et en Zambie.

    La trentaine dépassée, Tsikwe Molobye est aussi brasseur. Il prévoit lancer une bière destinée à « la population noire aisée du pays. Selon de nombreux industriels, l’émergence de la classe moyenne devrait étendre le marché de la bière artisanale en Afrique du sud et dans les autres pays de l’Afrique australe ».

    Malgré tout, la qualité n’est pas toujours de mise et certaines brasseries ont déjà été critiquées pour les bières fabriquées. Lucy Corne qui est blogueuse a déjà écrit des chroniques sur la plupart des bières qu’il a testées. Ce qui est sûr, « je ne dépenserai pas mon argent sur les productions de plus de cinquante brasseries parmi les 200 que compte l’Afrique du Sud », prévient-elle.

    Outre les critiques sur la qualité de leur production, les brasseries artisanales font désormais face à une rude concurrence des brasseries industrielles. Il y a quelques mois, le Néerlandais Heineken a acquis Soweto Gold, l’une des bières artisanales les plus vendues du pays. Quant à la South African Breweries (SAB), la brasserie nationale, elle a dorénavant développé sa propre ligne artisanale.

  • L’Afrique veut se défaire du joug de l’importation du riz

    L’Afrique veut se défaire du joug de l’importation du riz

    L’Afrique continue d’importer du riz malgré la forte production sur le continent. Une situation qui oblige les États à améliorer la promotion des riz locaux.

    L’Afrique se positionne à ce jour comme un grand producteur du riz. Sur les 600 millions de tonnes de riz décortiqué durant l’année, la FAO a indiqué que la part de l’Afrique est importante. En Afrique de l’Ouest, les pays producteurs ont vu leurs récoltes augmentées de 6 %. Il faut dire que les plus importants producteurs du riz en Afrique se situent en Afrique de l’Ouest. Près de 11 millions de tonnes de riz y sont produites ; ce qui représente la moitié de la production du continent.

    L’augmentation de la production est la conséquence d’une politique de développement du secteur rizicole mise en place par la plupart des États. Elle permet au pays « d’éviter une dépendance à l’égard du marché international », soutient un ingénieur agronome, enseignant chercheur ivoirien. Ce dernier explique que les Etats créent de plus en plus les conditions nécessaires pour une économie agricole. « Il y a un marché prêt à consommer du local. Les Etats ne doutent plus », justifie-t-il. Les pays producteurs ont surtout augmenté leur investissement. Au Togo où la production a atteint près de 800 000 tonnes, des soutiens sont apportés aux producteurs locaux. C’est également le cas en Côte d’Ivoire et au Sénégal où les autorités subventionnent les semences et offrent des engrais et des machines aux producteurs.

    Des conditions favorables

    Mais au Nigéria les producteurs bénéficient d’un appui plus conséquent. Le pays a presque augmenté de 10 % sa production en 2016. Plus de trois millions de tonnes de riz ont été décortiqués cette année dans ce pays où les surfaces de production ont augmenté. D’autres pays comme la Guinée et le Ghana connaissent la même situation. Leur production est estimée à près de deux millions de tonnes. Pourtant, les décisions politiques et les réformes économiques ne semblent pas être les seuls avantages du secteur. Selon un fonctionnaire de la FAO, l’Afrique de l’Ouest bénéficie également depuis quelques années de bonnes conditions climatiques. « Les insuffisances techniques sont parfois compensées par une bonne pluviométrie », rappelle l’expert onusien.

    Les producteurs sont confrontés aux difficultés des marchés nationaux. « Le riz local est souvent délaissé au profit de l’extérieur », regrette un commerçant sénégalais. Cette situation entraîne la baisse de production dans les régions de quelques pays. Les États se voient ainsi obliger d’importer des millions de tonnes de riz. L’importation du riz par l’Afrique est considérable. La FAO a déjà annoncé que cela devrait encore être le cas en 2018. Le Nigéria devrait aussi rester deuxième importateur mondial de riz malgré son important volume de production. Toutefois, certains pays commencent par envisager une diminution de l’importation des grains blancs. Le Sénégal a commencé par demander aux entreprises qui importateurs de payer aussi un volume du riz local.

    Promouvoir le riz local

    C’est désormais sur une valorisation de la production locale que les pays misent. Les riz locaux sont de qualité et il est important que chaque État renforce leur promotion auprès de la population. Après, c’est à l’aspect prix que les décideurs politiques comptent s’attaquer. « C’est le nœud du problème, soulève-t-on au ministère togolais de l’Agriculture. Comment convaincre les populations d’acheter du local même si c’est plus cher que ce qui vient de l’Asie ». Un agent de l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) affirme qu’il est nécessaire de faire comprendre aux populations qu’elles peuvent faire confiance à ce qui est produit au plan local.

  • Sénégal: Aywajieune, une plateforme pour vendre les produits halieutiques

    Sénégal: Aywajieune, une plateforme pour vendre les produits halieutiques

    Depuis septembre 2015 la plateforme Aywajieune se propose de jouer les intermédiaires entre des vendeurs et des acheteurs de produits halieutiques.

    C’est certainement une bonne trouvaille pour les acteurs impliqués dans la commercialisation des produits halieutiques. Depuis plusieurs mois Aywajieune facilite les difficultés d’approvisionnement et d’écoulement du poisson frais au Sénégal. On retrouve sur cette plateforme des annonces et des ventes de produits halieutiques. Aywajieune offre également des services de livraison à domicile. Pour Malick Birane qui est à l’origine de cette initiative, jusqu’en 2015, les vendeurs rencontraient des difficultés qui les obligeaient à brader leurs produits. Il fallait donc trouver une solution pour « sauver » l’activité des vendeurs.


    En deux ans d’existence, la plateforme s’est engagée à accompagner spécialement plus de trente vendeurs.


    Des études ont ainsi été menées auprès des vendeurs et des acheteurs. Ces derniers manquaient à leur niveau d’informations sur la disponibilité des produits voulus. Selon Malick Birane, Aywajieune a une dimension sociale. « Notre but principal est d’aider les vendeurs à tirer profit de leur activité », ajoute-t-il. En deux ans d’existence, la plateforme s’est engagée à accompagner spécialement plus de trente vendeurs. Cet appui consiste à mettre à jour régulièrement sur aywajieune.com l’espace des vendeurs qui ne maîtrisent pas encore l’utilisation des outils en ligne. Ils devraient néanmoins bénéficier d’une série de formations pour prendre en charge leur espace.

    Plateforme de référence

    La plateforme est déjà installée à Saint-Louis, Ziguinchor et Dakar la capitale. Mais elle envisage être présente dans d’autres localités du pays. L’équipe d’Aywajieune compte proposer ses services dans des villes où l’on remarque de fortes activités d’achat et de vente des produits halieutiques. Malick Birane et son équipe misent sur le marché national pour s’imposer dans la sous-région.

    Ils comptent participer d’ailleurs participer au « renforcement des échanges de produits halieutiques entre le Sénégal et l’extérieur ». Pour l’heure, la plateforme fait un chiffre d’affaires mensuel de 4 millions de FCFA. L’équipe travaille à mobiliser de fonds pour mieux se déployer sur le territoire national. Des partenariats avec des organisations présentes dans les localités devraient permettre à Aywajieune de bénéficier d’un accompagnement technique et financier. Dans trois ans, Aywajieune veut se positionner comme une plateforme d’achat et de vente de produits halieutiques connue sur le plan mondial.

     

  • Cacao: l’Afrique s’attaque au défi de la transformation

    Cacao: l’Afrique s’attaque au défi de la transformation

    Fort de la forte production du cacao qu’il enregistre, le continent veut s’imposer également sur le terrain de la transformation. Un moyen pour les pays africains de réduire l’écart sur les pays occidentaux.

    Des millions de tonnes de cacao sont produits chaque année dans le monde. En tête de pays producteurs figurent des pays africains tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria ou encore le Cameroun. La production du cacao augmente chaque année pendant que la demande ne cesse d’accroître. L’Afrique représente une part importante de cette production avec la Côte d’Ivoire comme premier producteur. « C’est l’Afrique qui produit », résume un expert.

    En dehors du Ghana et le Nigéria qui s’attèlent à augmenter leur production, le Cameroun s’est également lancé dans la relance de sa filière avec un appui conséquent aux planteurs. Jusqu’en 2020 le pays envisage produire près de 600 000 tonnes de cacao par an. Malgré la forte production enregistrée sur le continent, les pays doivent encore faire face à différents défis, notamment celui de la transformation. « L’Afrique est inexistante sur ce plan. C’est un vide qu’il faut combler », reconnaît l’organisation internationale du cacao (ICCO).

    Transformer sur le continent

    La part non négligeable de l’Afrique dans la production mondiale du cacao est complétée par des pays étrangers qui eux produisent et transforment. Les pays africains œuvrent depuis quelques années à « rattraper leur retard ». Ils envisagent à la fois augmenter leur production et bénéficier de l’importante manne financière qu’offre la transformation du cacao. Il y a trois ans, le continent n’avait gagné que 800 millions de dollars US sur 110 milliards de dollars US qu’a générés la transformation du cacao sur le plan mondial.

    A ce jour, les pays africains représentent 20 % des revenus que rapporte la première étape de transformation du cacao (la production de liqueurs, poudre et autres beurres de cacao). Le continent qui ne gagne pas assez en termes de revenus à la deuxième étape de transformation du cacao compte s’illustrer dans la production du chocolat qui constitue la troisième étape de transformation. Pour combler le vide et s’imposer dans la transformation du cacao, ces pays ont défini des chronogrammes avec des objectifs précis.

    Limiter l’exportation des fèves brutes

    Il s’agit de réussir à « produire local et à transformer local ». « En s’organisant, les pays africains peuvent augmenter cette transformation », estime un membre de l’organisation internationale du cacao. Cela leur permettra de réduire l’exportation des fèves brutes et des semi-transformés. Pour y parvenir, des infrastructures de transformations du cacao sont en train d’être mises en place dans certains de ces pays. La Côte d’Ivoire dispose déjà d’une usine de transformation du beurre de cacao en pâte à tartiner ou en poudre pour le petit déjeuner à Abidjan. Le pays qui espère créer d’autres usines a vu s’installer sur son territoire le géant singapourien Olam qui a ouvert une usine d’une capacité de 75 000 tonnes à San Pedro.

    La Côte d’Ivoire devrait ainsi jusqu’en 2020 être capable de transformer 50 % de sa production. Elle ne transforme pour le moment que 30 %. En attendant des acteurs privés s’impliquent également dans la transformation du cacao au Ghana et au Nigéria. Au Togo, « Choco Togo », une structure mise en place par de jeunes Togolais, produit du chocolat bio avec des ingrédients naturels et locaux. « Choco Ouak » quant à lui se fait remarquer au Congo comme la première usine de fabrication du chocolat.