Catégorie : Startups

  • Nigéria: espoir pour les langues africaines menacées de disparition

    Nigéria: espoir pour les langues africaines menacées de disparition

    C’est un apport considérable dans la protection des langues africaines. Alors que ces langues sont de moins en moins parlées selon une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), une dynamique équipe de l’université d’Ilorin au Nigéria vient d’innover dans le but d’éviter l’extinction des langues maternelles. Elle est composée de Kolawole Felix Oyerinde, de Olanrewaju Doyin, de Adebayo Abolaji et de Olowonirejuaro Oreoluwa.

    Ces quatre sont des ingénieurs en logiciels, des spécialistes des données, des spécialistes du marketing et d’analystes. Installée dans l’État de Kwara, l’équipe a en effet construit un système de discours basé sur le Web dénommé Linguo. Malgré qu’il fonctionne pour le moment en version bêta, le système est capable de parler et de lire les langues nigérianes (Yoruba, Igbo) ainsi que plusieurs autres du continent. Les concepteurs prévoient améliorer Linguo pour lancer sa version optimale en mai prochain.

    Système plurilingue

    Sur l’actuelle version du système Linguo, les voix sont toutes les mêmes indépendamment de la préférence de genre, et les accents ne sont pas représentatifs des langues sélectionnées. « Linguo a un syllabicateur de langue qui va diviser l’entrée en syllabes correctes. Par exemple, Chukwuma deviendra Chu Kwu Ma. Les seules choses qui peuvent avoir besoin d’être enregistrées sont des syllabes valides comme ‘ba’ et ‘zu’ », explique Felix Kolawole Oyerinde, membre de l’équipe.

    Les jeunes concepteurs prévoient aussi enregistrer les syllabes des langues nigéro-congolaises. Ils comptent également sur des collaborations avec des universités nigérianes et du continent pour travailler sur les intonations et les accents appropriés aux langues. Cette collaboration va nous permettre d’« identifier les voix masculines et féminines appropriées », affirme l’équipe.

    Révolution

    « Lorsqu’il sera entièrement fonctionnel, Linguo aura trois produits. Une API pour les développeurs, un plug-in pour les sites Web et une application web et mobile pour les utilisateurs », rassure Felix Kolawole Oyeride.

    Avec ses camarades, ce dernier envisage se servir de l’informatique pour garantir la survie des langues maternelles sur le continent. Des textes ont été enregistrés dans les langues étrangères mot pour mot et « il n’y a aucune raison que nous ne puissions pas faire cela pour les langues africaines », déclarent-ils confiants.

  • Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Après ses études supérieures, c’est dans l’assistance administrative que Theodora Isola décroche son premier emploi. Diplômée de l’université de Port Harcourt, cette Nigériane a également exercé dans des entreprises en tant que gestionnaire administratif et responsable des ressources humaines. Mais il y a deux ans, elle décide d’entreprendre et se tourne vers la technologie. Theodora Isola a créé en 2016 Tiva Creatives, une société qui offre des services d’assistant virtuel et une automatisation du marketing de croissance pour les startups et les petites entreprises.

    Elle explique avoir entrepris dans ce domaine grâce à sa passion et pour répondre à la nécessité de soutenir les petites entreprises. « J’ai été initié au monde virtuel lorsque je me suis inscrit à l’Université de Liverpool pour un programme de maîtrise en ligne sur les systèmes d’information et la technologie », justifie-t-elle. Theodora Isola précise avoir travaillé sur plusieurs projets avec des gens dans d’autres parties du monde sans les rencontrer, « ce qui m’a aidé à développer de solides compétences en communication ».

    Marketing et conseils

    Tiva Creatives s’illustre également dans la gestion de crise au sein des entreprises. La société aide également sa clientèle dans la définition de nouvelles perspectives. « Nous aidons ainsi les entreprises à gérer les processus de travail, à gérer les tâches de routine et les programmes de marketing en utilisant la technologie pour une excellente représentation, une visibilité accrue et des ventes », confie Theodora Isola qui est également analyste.

    Deux ans après le début de ses activités, Tiva Creatives compte des clients au Nigéria et à l’extérieur, notamment dans la sous-région ouest-africaine. Cependant, « de nombreux Nigérians ne comprennent pas encore comment fonctionnent les services d’assistance virtuelle », souligne Theodora Isola. L’entrepreneure estime que « s’ils comprennent comment cela fonctionne, ils réaliseront à quel point c’est rentable ».

    Sensibilisation et formation

    Depuis quelques mois, une communication est faite autour de Tiva Creatives pour sensibiliser les propriétaires d’entreprise. « Je forme également des clients qui ont besoin d’aide pour réaliser ces services, en particulier dans les tâches d’administration et de soutien à la clientèle, la gestion des médias sociaux, le marketing par courriel et la gestion de sites Web et de blogs », déclare Theodora Isola.

    L’entrepreneure veut surtout inciter les femmes à s’intéresser à la technologie. En septembre 2017, Theodora Isola a ainsi organisé une rencontre sur les femmes et la technologie. L’objectif selon elle est de leur montrer que la technologie ne se limite pas au codage et à la programmation. En parallèle, l’entrepreneure forme également de jeunes filles en programmation. « J’ai l’intention de former plus de femmes dans le domaine de l’aide virtuelle afin que nous puissions avoir plus de gens qui soutiennent les entreprises », annonce-t-elle.

  • Dans les coulisses de  Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    Dans les coulisses de Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    À Lomé, dans la capitale togolaise, se positionne une marque de vente du batik, moyen d’un retour au tissu traditionnel et de valorisation de l’artisanat.

    À la tête de cette marque Ayoko et Ayélé Gabiam, deux sœurs aux parcours différents. Nahêni (grandeur d’âme en Akposso, une langue parlée à l’ouest du Togo) créé en 2016 a démarré ses activités l’année passée. « Quand ma sœur et moi avions eu l’idée de créer cette marque pour valoriser le pagne batik authentique togolais, le nom qu’elle devrait porter était une évidence. Pour nous c’était important de mettre les femmes au sein de cette aventure », raconte Ayoko Gabiam, 27 ans. Puis d’une voix posée, celle pour qui entreprendre est devenu « si naturel » explique avec la gestuelle adéquate : « Nahêni, c’est le prénom de notre grande mère maternelle. Elle était une femme de cœur, mais de très fort caractère. N’ayant eu qu’un seul enfant, elle en a adopté une cinquantaine. C’est grâce à elle que nous sommes aujourd’hui des femmes conscientes de notre valeur et de nos capacités à réaliser nos rêves ».

    Cette « présence » de leur grand-mère, les deux sœurs la conjuguent avec détermination depuis qu’elles ont décidé de lancer leur marque. Leurs diplômes en poche, elles effectuent un voyage touristique à travers le Togo et tombent, disent-elles, sous le charme de ce tissu vivant, 100 % coton, fait main, authentique Togolais qu’elles ne connaissaient pas : le Batik. Elles s’assignent alors une mission. « Quand tu redécouvres ton pays pour la première fois et que tu tombes sous le charme de son textile fait main surtout le BATIK, qui est original, en colorie variée et unique, mais méconnue, tu prends l’engagement de le vulgariser dans ton pays ainsi que dans le monde », résument-elles.

    Craft women

    Après sa création Nahêni suit une période d’incubation d’un an à Innov’up Togo, un incubateur dédié aux femmes. Depuis huit mois, l’entreprise peut également compter sur l’accélérateur Youth CDC qui lui a offert un financement en fonds propres d’un million de FCFA avec une levée de fonds en préparation. Les deux responsables se sont entourées d’une équipe de vingt personnes parmi lesquelles on trouve essentiellement de femmes membres de coopératives d’artisans.

    Ayoko, la plus jeune a plutôt un parcours « atypique ». Passion pour l’artisanat depuis la tendre enfance, ingénieure de conception en Réseaux Télécommunication, business développer depuis bientôt quatre ans. Mais aussi diplômée en langue et culture chinoise. Cette touche-à-tout qui parle couramment l’anglais affirme : « Moi je suis plus axée sur le côté marketing, vente, développement et gestion de nos plateformes en ligne ». Quant à la création des modèles, des motifs et des colories appropriées, c’est Ayélé, la sœur ainée, styliste de formation qui s’en charge.

    Du batik, du bio… de la valorisation

    Mais dans un secteur qui reste encore à développer, Ayoko Gabiam soulève de réelles contraintes, notamment « quand on est femme ». « Être jeune entrepreneure est un premier défi en soi parce que les gens n’ont pas automatiquement confiance en ce que tu fais », confie-t-elle. « Vous pouvez imaginer qu’en ce jour où nos voisins frontaliers ont pris acte de valoriser leur textile, le Togo est encore à l’étape de découverte », clarifie pour sa part Ayélé Gabiam. Les deux sœurs s’attèlent donc à faire connaître ce qu’elles font. « La majorité des Togolais qui nous contactent veulent d’abord savoir ce qu’est le Batik », affirment-elles.

    Le batik togolais est d’une qualité enviable dans la sous-région. Contrairement au batik ghanéen marqué par des symboles Adrinké, le tissu togolais utilise des représentations d’animaux comme motifs. Nahêni insiste sur l’authenticité. « Notre batik diffère dans le processus de fabrication. Nous utilisons des produits bio, des colorants à base d’écorces d’arbre. Le batik togolais dégage une authenticité plus marquée sur les valeurs », explique Ayélé Gabiam.

    La dernière collection homme et femme de Nahêni a été lancée il y a quelques mois. Dénommé SEN’KA (visionnaire), elle valorise des motifs et des colories qui décrivent « le contraste de mondialisation de la mode et l’importance de valoriser notre héritage artisanal », fait savoir Ayoko Gabiam.

    Afrikrea

    Il faut dire que depuis son lancement, la marque propose du pagne batik unique à partir de deux yards. Nahêni offre surtout des T-shirts originaux, du prêt-à-porter homme femme, mais aussi des accessoires. Des produits dont les prix d’achat sont fixés de 2500 à 50000 FCFA. Quand elles ne sont pas en l’intérieur du pays, les deux sœurs occupent différemment leur journée. Entre autres, des réunions avec collaborateurs ou des ventes et livraisons de commande. Pour le moment, Nahêni vend ses produits en ligne grâce à sa boutique Afrikrea. Les deux entrepreneures misent également sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Pinterest, Twitter) et sur du bouche-à-oreille.

    En 2017, Nahêni a reçu des commandes de l’Amérique et de l’Europe. L’entreprise a vendu près de 600 articles et compte cette année vendre plus de 4000. Mais aussi, la marque envisage de mieux se faire connaître au plan local pour deux raisons. Mieux faire face à une concurrence qui paraît « inexistante » et convaincre une population qui préfère encore les tissus importés qui coûtent moins chers.

    En attendant, les sœurs Gabiam travaillent sur l’ouverture de leur première boutique physique au Togo. « Nous voulons qu’elle représente nos valeurs sociales et l’identité de Nahêni », annoncent-elles. Nahêni gravira alors un nouvel échelon qui devrait l’aider à s’implanter dans des capitales étrangères. Le couronnement pour cette marque qui se veut particulièrement africaine.

     

  • Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Après des années d’expérience dans les secteurs du commerce, de l’hôtellerie et du divertissement, cette Nigériane a choisi d’entreprendre.

    Titilope Adewusi a créé 9ijakids, une plateforme de divertissement en ligne qui apprend aux enfants à connaître le Nigéria. « J’ai commencé à développer une passion pour le Nigeria et à aider nos enfants à mieux connaître notre pays. Ils en savent moins sur notre pays parce qu’ils sont plus exposés à l’éducation occidentale que nous ne l’étions en grandissant », explique l’entrepreneure. Grâce à 9ijakids, les enfants sont également formés sur les avantages de l’entrepreneuriat. La Nigériane ajoute que les enfants sont des apprenants visuels et que les jeux sont un moyen de leur apprendre beaucoup de choses.

    Si Titilope Adewusi se consacre surtout aux affaires commerciales de son entreprise, elle peut compter sur le savoir-faire de l’une de ses sœurs, diplômée en génie informatique et qui est développeur en chef de 9ijakids. Une seconde sœur est responsable de la gestion extérieure de la plateforme, notamment en Grande-Bretagne où 9ijakids est très bien accueilli.

    Pour développer un jeu sur la plateforme en ligne, Titilope Adewusi confie utiliser un logiciel qui nécessite un codage minime. « Une fois que nous trouvons une idée pour un jeu, nous développons du contenu autour de celui-ci, choisissons un cadre et construisons le jeu, un processus qui prend entre une et deux semaines. Mes enfants, mes sœurs et mes amis sont nos sujets de test », détaille l’entrepreneure.

    Relever des défis

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    Depuis la création de 9ijakids, la réception des jeux par le public a été bonne. La plateforme est utilisée par des écoles et même des églises. Titilope Adewusi envisage créer autant de jeu que possible, notamment des jeux traditionnels pour permettre aux enfants de mieux apprendre sur le Nigéria. L’année passée, « notre thème était l’indépendance du Nigeria et nous avons donc développé environ huit nouveaux jeux pour enseigner aux enfants notre riche histoire et notre culture », se rappelle-t-elle.

    Grâce à son expérience, Titilope Adewusi dispose d’un large réseau de personnes à qui elle peut avoir accès pour promouvoir sa plateforme. Mais elle déplore le coût élevé des données mobiles dans le pays. Outre la disponibilité des jeux en ligne, certains utilisateurs souhaitent qu’ils soient téléchargeables.

    Afin de ne pas trop exposer les enfants à Internet, 9ijakids a lancé une application mobile. Mais le grand défi est d’emmener les Nigérians à préférer des jeux made in Nigeria. « Mais je ne suis pas inquiet puisque notre produit est encore nouveau; Je suis confiant qu’il sera accepté parce qu’il répond à un besoin, même pour moi en tant que parent », assure-t-elle.

  • ‘Les pays africains doivent ouvrir leurs marchés scientifique et technologique’

    ‘Les pays africains doivent ouvrir leurs marchés scientifique et technologique’

    Macky Sall, président du Sénégal, a exhorté les gouvernements africains à supprimer les restrictions dans leurs écosystèmes scientifiques et technologiques.

    S’exprimant lors du rassemblement mondial 2018 du Next Einstein Forum (NEF) qui s’est tenu récemment à Kigali, le chef d’État sénégalais a annoncé que son gouvernement révisait la législation qui constitue des obstacles scientifiques aux étrangers et aux experts techniques afin d’enseigner et de mener des recherches dans les universités du pays. « L’Afrique doit changer les lois qui entraînent différents types de limitations: la science n’est pas restreinte, elle est très mobile et nous devrions prendre des dispositions légales pour la mobilité des scientifiques africains, car aucune science n’est limitée à quelque chose », a-t-il convié.

    Sall a également révélé les divers efforts que le Sénégal a déployés ces derniers temps pour stimuler la science et la technologie dans le pays, notamment l’initiative « Un ordinateur portable par enfant » et le projet de l’Université virtuelle.

    Le projet de l’Université virtuelle est financé par un prêt de 5,2 millions de dollars américains annoncé par la Banque africaine de développement (BAD) en 2014. Ce projet est un volet d’un réseau d’universités virtuelles africaines réunissant la Zambie, le Sénégal, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar et le Mozambique. Son objectif est de fournir aux étudiants africains un meilleur accès à l’enseignement supérieur.

    L’UA favorable

    Le président du Rwanda et chef de l’Union africaine, Paul Kagame, a ajouté que des efforts sont en cours au niveau de l’UA pour s’attaquer aux diverses barrières qui restreignent la libre circulation des scientifiques à travers l’Afrique. Pour le numéro du l’Union Africaine, ce concept est similaire au marché africain du libre-échange récemment lancé en Afrique qui vise à créer un marché africain. « Nous avons des comités qui travaillent à trouver des moyens d’y parvenir dans l’espace scientifique et technologique », a déclaré Paul Kagame.

    En effet, le Rwanda a mis de côté 42% de son budget pour l’éducation, a en croire les annonces du président rwandais. Celui a recommandé aux pays africains d’investir davantage dans le développement de la main-d’œuvre intellectuelle pour aider le paysage technologique et scientifique du continent à atteindre ses objectifs.

     

  • Donald Donissen, pionnier de la caricature togolaise

    Donald Donissen, pionnier de la caricature togolaise

    Né au Togo, Aklassou-Gana Kossi Donald est caricaturiste. C’est dans ce domaine que cet artiste talentueux s’est taillé une reconnaissance. Il fait partie du cercle restreint et très fermé des célèbres caricaturistes du pays. Depuis plus de dix ans, celui que l’on surnomme Donald Donissen caricature, aborde plusieurs sujets, tourne en dérision les thématiques les plus importantes. Mais surtout l’artiste fait rire. Jugé calme et travailleur par ses proches, il collabore depuis 2008 avec des journaux. Ses services sont demandés par des quotidiens, des bihebdomadaires et des bimensuels.

    Dans les journaux d’information générale et ceux satiriques, il est fréquent de retrouver des caricatures signées de Donald. Il arrive que ces caricatures soient parfois à la une du quotidien Liberté, journal d’opposition au pouvoir du Togo. Et toujours c’est avec un style unique teinté d’humour que l’artiste s’arrange à faire comprendre à sa façon le sujet dont il traite. Dans Sika’a ou Viva, deux journaux de la « bonne humeur » très vendus dans le pays, des pages entières sont souvent confiées au caricaturiste. Ce dernier tient par exemple en haleine des lecteurs avec des feuilletons comiques. Ces dessins sont scrutés par des lecteurs. Avec ce caricaturiste, même les détails les plus simples accrochent et font rigoler.

    L’artiste en est convaincu. Il a réussi à se créer un univers à lui. « Le rire est une thérapie. Et avec une caricature, on peut parler de tout, même des sujets qui fâchent », explique-t-il. S’il considère qu’en une dizaine d’années il a réussi dans la caricature, Donald Donissen veut mieux s’imposer. L’année dernière, il a lancé Cari-Actu, le tome 1 d’un recueil de caricatures qui traitent de plusieurs sujets. Le livre porte sur ses dessins qu’il a faits en cinq ans, entre 2012 et 2017, et dispose des rubriques comme « politologie, connexiologie, diplomatologie, transportologie », fait-il savoir. Dans ce recueil, le caricaturiste aborde la politique togolaise, les relations internationales et lance des piques à l’endroit de personnalités politiques. Donald Donisen y évoque également l’économie, la santé ou encore l’éducation, toujours avec un style décalé.

  • Rapelang Rabana, la Sud-Africaine qui bouge l’univers des VoIP et IP mobiles

    Rapelang Rabana, la Sud-Africaine qui bouge l’univers des VoIP et IP mobiles

    Jeune, cette entrepreneure a construit sa réputation dans le secteur de la technologie. Rapelang Rabana reste l’une des valeurs sûres qui font rayonner le continent. La Sud-africaine est la fondatrice de Yego Communications, une société de communications VoIP et IP mobiles. Avec Yego Communications, Rapelang Rabana propose des solutions technologiques innovantes.

    Diplômée en commerce et en informatique à l’université du Cap, c’est à 22 ans que Rapelang Rabana s’est très tôt intéressée à l’informatique et au codage. « Le plus grand défi en tant que femme entrepreneure a toujours été, pour moi, la bataille interne pour apprécier ma propre valeur et faire confiance à la validité de mon propre parcours en l’absence de points de référence externes auxquels je pouvais m’identifier », affirme-t-elle.

    Ses actions lui ont valu des reconnaissances. L’entrepreneure est une ancienne Global Shaper du Forum Économique Mondial. Rapelang Rabana a également été désignée par le magazine Forbes comme l’un des meilleurs jeunes entrepreneurs du continent africain.

    L’aventure Rekindle

    Preuve de son dynamisme, l’entrepreneure a également fondé Rekindle Learning, une entreprise qui cherche à améliorer l’éducation en Afrique en transformant la contrainte des gens pour vérifier leurs téléphones en une opportunité d’apprendre. « Je crois que dans 10 ans l’un des plus grands moteurs de l’utilisation des données sur le continent ne sera pas seulement le divertissement et les médias sociaux, mais aussi le contenu éducatif, de formation et d’apprentissage, et je veux que Rekindle Learning soit au cœur de cela », explique-t-elle.

    Pour Rapelang Rabana, l’Afrique a besoin de se développer grâce à l’apport de sa jeunesse. L’entrepreneure exhorte les jeunes à s’intéresser aux initiatives privées. « Le défi en tant qu’entrepreneurs est de continuer à poursuivre nos rêves et notre succès, avec une référence historique très limitée des personnes auxquelles nous pouvons personnellement nous identifier, en l’absence d’un cadre établi reflétant nos idées, intérêts, valeurs et points de vue », justifie-t-elle.

  • Njorku: la startup africaine qui centralise les offres d’emplois en ligne

    Njorku: la startup africaine qui centralise les offres d’emplois en ligne

    Mambe Churchill Nanje est Camerounais. Cet entrepreneur a nourri l’envie depuis 2009, avec trois autres associés (Bertrand Kima, Segue Gontran et Ebot Blaise), d’encadrer le secteur de recrutement sur le continent à travers une solution innovante. Alors que l’Afrique est confrontée à un taux de chômage élevé, il existe pourtant des postes qui ne sont pas pourvus et des offres auxquelles de potentiels postulants n’ont pas accès.

    L’entrepreneur explique avoir éprouvé de difficultés pour recruter en ligne pour sa société de conseil. L’idée ingénieuse de Mambe Churchill Nanje est d’avoir créé, avec ses associés, Njorku (éléphant dans la langue Dikome Balue), une plateforme qui centralise de nombreuses offres d’emplois. Njorku rend accessible d’offres d’emplois récents et aident de nombreuses personnes. Il est également possible de déposer sur Njorku son CV. « Nous le proposons ensuite à des employeurs que cela peut intéresser », justifie Mambe Churchill Nanje. Njorku enregistre près de 20000 visites par jour et plus de 50000 annonces après son lancement.

    Réalisation

    En sept ans, la startup a contribué à la relance du secteur de la recherche d’emplois sur internet. Outre la publication des offres, Njorku a également servi de base à la création de SAAS nukeboard.co, une plateforme qui encourage les entrepreneurs du continent à lancer leurs sites d’emploi. La startup fournit aussi des données et des études sur le secteur de l’emploi aux autorités de certains pays. Des réalisations qui ont permis à Njorku d’être classé par le magazine Forbes un an après son lancement parmi les 20 startups qui comptent pour l’Afrique.

    A ce jour, la startup est présente dans plusieurs pays, notamment le Ghana, le Cameroun, l’Afrique du Sud, le Kenya ou encore l’Égypte. Mais depuis 2011, Njorku fait néanmoins face à des difficultés, notamment le faible taux de pénétration d’internet qui ne permet pas à un nombre suffisant de demandeurs d’emploi de se connecter régulièrement.

    Servir des millions de professionnels

    L’entrepreneur explique aussi que l’utilisation de l’outil internet pour des raisons professionnelles n’est pas totalement ancrée dans les habitudes. Pour cela, la plateforme mise sur différentes méthodes de vulgarisation pour se faire connaître. Njorku veut par exemple opter pour des « opérations hors ligne pour aider les demandeurs d’emploi et les recruteurs à utiliser le numérique dans leurs besoins de carrière et de recrutement ».

    Grâce à des partenariats, la startup camerounaise veut désormais créer des sites d’emplois dans différents domaines. L’objectif pour Njorku est d’être utile à 350 millions de professionnels africains d’ici 2025.

  • Cote d’Ivoire: Narcisse Aman, plus de 30 hectares de banane plantain!

    Cote d’Ivoire: Narcisse Aman, plus de 30 hectares de banane plantain!

    Après des années études universitaires et une courte vie professionnelle, il a préféré se lancer dans ses propres activités. Narcisse Aman est un entrepreneur agricole ivoirien. Depuis bientôt trois ans, il est pépiniériste de banane plantain dans son pays dans la sous-préfecture d’Arrah. Diplômé de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, Narcisse Aman est ingénieur des techniques agricoles. La trentaine, cet ancien employé d’une société agro-industrielle construit désormais sa propre histoire de réussite.

    Le début de son initiative privée, Narcisse Aman le doit d’abord à sa volonté d’entreprendre. Mais l’entrepreneur a aussi compté sur le programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAO/WAAPP) lancé en Côte d’Ivoire. Il a bénéficié d’une formation sur la « Technique de Plant Issus de Fragments de Tige (PIF) ». « Après la formation, j’ai commencé avec 3 germoirs pour une production de 25 000 plants. La première année a été difficile vu que je n’avais pas d’importantes ressources financières », explique-t-il.

    Depuis, Narcisse Aman contribue à la mise en place « dispositif formel de production et distribution de matériel végétal de banane plantain ». C’est surtout un pépiniériste qui arrive à écouler ses produits grâce à des soutiens. Ses plans de banane plantain sont commercialisés grâce au contrat de partenariat entre le réseau des pépiniéristes de banane plantain et le Conseil du Café-Cacao. En trois ans, l’Ivoirien a même créé son entreprise dénommée « CANAAN Agriculture » qui emploie près de vingt personnes.

    CANAAN Agriculture produit de plants de bananes plantain sur une trentaine d’hectares. L’entreprise œuvre également dans la création et la gestion des plantations. Narcisse Aman ajoute que CANAAN Agriculture forme aussi aux métiers agricoles grâce à une collaboration avec une école régionale.

  • Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Créée en 2017, cette société s’est spécialisée dans la fabrication des bornes électroniques multiservices destinées à la vente sur les marchés d’Afrique subsaharienne. Semoa veut également s’imposer dans le payement mobile.

    À la tête de Semoa (Service mobile for Africa), Edem Adjamagbo. Ce Togolais s’est donné pour objectif, avec d’autres collaborateurs, de dématérialiser des moyens de paiement en Afrique subsaharienne. En réalité, la sous-région reste encore dominée par le payement comptant. « Seulement 23 % de la population dispose d’un compte en banque, et le taux de pénétration de la carte bancaire n’est aujourd’hui que de 7 % », explique Edem Adjamagbo.

    Pour ce diplômé en informatique à Polytech Nantes, en Afrique subsaharienne, « régler une facture d’électricité ou renouveler son crédit de téléphone mobile se fait généralement en espèces, avec souvent des files d’attente très longues aux guichets. Cette situation freine aussi considérablement le développement du e-commerce ». Autant dire que le marché est vaste et inoccupé.

    Différents services

    Comme solution, l’entreprise d’Edem Adjamagbo propose aux populations l’utilisation de téléphones mobiles. Il faut dire que le transfert mobile est déjà présent dans les pays de la sous-région. Mais Semoa compte installer dans des centres de commerce des bornes électroniques indoor sécurisées. Grâce à ces bornes, les populations vont bénéficier d’un système pouvant leur permettre de payer leur achat sur des sites e-commerce. Selon Edem Adjamagbo, ce système appelé « Cashpay » peut être déployé sur des sites de ventre en ligne.

    À travers ses bornes, Semoa gagnera une commission de 8 % sur les transactions effectuées par les utilisateurs. « Lorsqu’un internaute effectue une commande, il reçoit sur son portable un code qu’il peut ensuite rentrer sur nos bornes, avant de régler alors son achat par cash, au moyen du lecteur de billets », précise le responsable de Semoa. Avant d’ajouter que les populations peuvent aussi acheter des crédits de téléphonie mobile ou effectuer du transfert d’argent grâce aux bornes de Semoa.

    Installation

    Pour parvenir au lancement de cette « solution Semoa », Edem Adjamagbo et ses collaborateurs mobilisent des fonds. Ils ont déjà rassemblé près de 60 000 euros et comptent atteindre environ 1,5 million d’euros durant l’année. Ces fonds vont permettre à Semoa de recruter sept personnes à Nantes où l’entreprise est incubée par Village by CA du Crédit Agricole. Une douzaine de personnes devrait également être recrutée au Togo où Edem Adjamagbo souhaite pérenniser la fabrication et la maintenance des bornes, mais également le développement logiciel ».

    Semoa a remporté en janvier dernier à Casablanca le prix « Fintech Africa of the Year 2018 ». Avant le lancement de sa solution au Togo, l’entreprise a déployé dans le pays quelques terminaux pour le compte de quelques opérateurs. Jusqu’en 2020, Semoa ambitionne déployer plus de cent terminaux dans le pays. Année à laquelle Edem Adjamagbo compte lancer les services de son entreprise en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le « PayPal de l’Afrique » devrait tout de même s’installer au Bénin un an avant.