Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Londres: 339.000 euros pour Tutu, la ‘Mona Lisa’ nigériane

    Londres: 339.000 euros pour Tutu, la ‘Mona Lisa’ nigériane

    Le portrait d’une princesse réalisé par l’artiste Ben Enwonwu en 1974, un tableau qui a atteint un statut presque mythique au Nigéria, perdu il y a  des décennies a été découvert dans un appartement du nord de Londres.

    Giles Peppiatt, le directeur de l’art africain moderne à la maison d’enchères Bonhams qui a fait la découverte a annoncé que le tableau sera vendu aux enchères « Africa Now » de Bonhams à Londres le 28 février. Pour la première fois, la vente aux enchères sera également diffusée à Lagos, ce qui permet aux collectionneurs nigérians de soumissionner pour cette pièce de l’histoire culturelle.

    Le prix estimé de sa vente est compris entre 200 000 et 300 000 de livres sterling (226.000 à 339.000 euros). S’il dépasse la limite supérieure, il établira un nouveau record pour un artiste nigérian moderne.

    Toutefois, pour l’écrivain romancier Ben Okri, sa valeur est plus que financière. « Ça nous donne un aperçu d’une importante recomposition africaine de l’art du portrait ». Selon lui, les peintres africains n’ont « jamais eu » l’attention méritée, « c’est l’œuvre parfaite pour commencer » à se demander pourquoi.

    Giles Peppiatt reste optimiste sur la vente de cette œuvre et pense que c’est probablement le tableau le plus célèbre à sortir d’Afrique. « Son apparition sur le marché est un événement important et nous nous attendons à ce qu’il suscite un énorme intérêt », a déclaré celui-ci, qui a indiqué avoir l’habitude de recevoir un appel environ toutes les huit semaines de quelqu’un qui croyait avoir le vrai Tutu.

    Tutu, l’histoire d’un tableau mythique

    Si la semaine dernière l’information sur la trouvaille de l’œuvre d’art le plus connu au Nigeria a fait écho, cela fait bien longtemps que la pièce originale n’a pas été retrouvée. Quoique dans nombre de maisons au Nigeria, il n’est pas rare de voir des copies du chef-d’œuvre accrochées aux murs.

    En effet, Tutu, le portrait de la princesse royale Ife Adetutu Ademiluyi que l’écrivain Ben Okri surnomme la Mona Lisa africaine, a été retrouvé dans un appartement londonien dans la maison d’une famille « parfaitement ordinaire », a déclaré Giles Peppiatt. Jusqu’alors, dans le monde de l’art on considérait cette œuvre comme perdue.

    Selon l’histoire, la princesse aurait rencontré l’artiste Enwonwu durant l’été 1973 et lui aurait demandé de peindre son portrait. Elle était une princesse royale d’Ife, une ancienne ville du sud-ouest du Nigeria considérée comme la maison ancestrale du deuxième groupe ethnique du pays. Cette représentation de la princesse Enwonwu est devenue un symbole de la réconciliation nigériane après la guerre pour l’indépendance du Biafra.

    Les propriétaires du tableau, qui ont demandé à rester anonymes, ont hérité de la peinture de leur père et « n’avaient pas la moindre idée ». C’était un original jusqu’à ce que Peppiatt confirme son authenticité. Jusque aujourd’hui, des 3 portraits, deux sont toujours non trouvés.

  • Homosexualité: Inxeba, le film de toutes les polémiques en Afrique du Sud

    Homosexualité: Inxeba, le film de toutes les polémiques en Afrique du Sud

    Jamais un film n’aura suscité de critiques dans la nation arc-en-ciel. Et pour cause, le film Inxeba (Les Initiés) projeté depuis quelques semaines n’est pas bien accueilli. Il relate l’histoire d’un groupe d’adolescents rassemblés dans un camp d’initiation. Ils suivent des rites traditionnels censés faire d’eux des hommes. Inxeba montre les étapes de cette cérémonie traditionnelle. Mais le film s’attarde surtout sur la relation particulière qui lie deux garçons du groupe. Ces deux derniers sont amoureux l’un de l’autre et vivent leur amour en cachette. Au fur et à mesure que les rituels se déroulent, le film évoque également toutes les actions des deux garçons qui font notamment l’amour.

    En Afrique du Sud où les secrets autour de ce genre de rituels sont bien gardés, peu ont apprécié le fait que Inxeba traite de ce sujet. Le film a provoqué l’indignation d’une bonne partie de la population à sa sortie. Les acteurs du film ont été menacés. Il leur est reproché d’avoir levé le voile sur une partie de cette cérémonie qui fait passer les adolescents à leur statut d’homme. Le réalisateur et son équipe ont également été critiqués par certains chefs traditionnels. Le roi xhosa a par exemple indexé le fait que Inxeba révèle les secrets jalousement gardés d’une tradition qui a réussi à supporter l’oppression et la modernisation.

    Un film qui bouscule

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    « Il n’est pas acceptable de plonger subjectivement dans des traditions et des pratiques dont vous n’êtes pas membre, sous prétexte de susciter le débat et l’engagement », s’indignent Lwando Xaso et Zukiswa Pikoli, deux écrivains xhosa. Les deux auteurs reprochent au réalisateur du film, John Trengrove, un Sud-Africain blanc, d’avilir « le peuple xhosa ». Cela, malgré que John Trengrove ait écrit le scénario du film avec l’auteur Thando Mgqolozana fondateur lui-même d’un festival littéraire noir.

    Les critiques à l’endroit du film portent surtout sur l’amour entre deux garçons dont les actions intimes sont montrées par moments. Pour certains critiques de cinéma, John Trengrove a eu l’audace de traiter dans son premier long-métrage de traité de deux tabous en pays xhosa. « Il est important que le contenu que nous produisons perturbe et propulse le public vers l’introspection. Le film met l’accent sur des aspects importants de notre culture et de nos traditions, tout en abordant les questions d’actualité liées à l’identité, à la masculinité et à la sexualité », déclare pour sa part un réalisateur sud-africain.

    De son côté, John Trengrove a expliqué que le film n’a pas été réalisé pour « plaire à tous ». « Pour être honnête, ce ne serait pas un moment satisfaisant si ce n’était que de l’amour et de la bonne volonté que nous avons reçue du public sud-africain au cours des dernières semaines », a-t-il conclu.

  • Basket-ball: Massaï Ujiri, un Nigerian au sommet de la NBA américain

    Basket-ball: Massaï Ujiri, un Nigerian au sommet de la NBA américain

    Âgé de 48 ans, Masai Ujiri est l’une des fiertés de la diaspora africaine aux États-Unis. S’il reste très connu, Massaï Ujiri n’oublie pas ses origines. Rappelant ses débuts dans le football au Nigéria avant de finalement préférer le Basket-ball. Il est surtout impressionné par le parcours de son compatriote Hakeem Olajuwon connu le premier africain à avoir évolué dans la NBA. Au Nigéria, Massai Ujiri joue du basket, entraine une équipe de Basket-ball avant de nourrir d’autres rêves.

    C’est alors qu’il décide d’émigrer aux États-Unis. Sur ses nouvelles terres, Massai Ujiri joue au Bismarck College avant d’être transféré à la Montana State University Billings. Il s’illustre et joue notamment en Europe. Avant de devenir entre 2003 et 2007 recruteur des Nuggets de Denver.

    Le Nigérian rejoint ensuite les Raptors de Toronto et occupe le poste de directeur de recrutement. Durant deux ans, soit de 2008 à 2010, Masai Majiri manage les Raptors et retourne finalement chez les Nuggets. Deux ans après, Denver réalise une saison fantastique et Massaï Ujiri est nommé meilleur dirigeant de NBA. Ce succès sera de courte durée pour les Nuggets qui sont très vite éliminés dans les playoffs.

    Parrain des camps de basket-ball au Nigéria

    Massaï Ujiri est depuis redevenu manager général des Raptors en 2013 suite à un contrat de 15 millions de dollars échelonné sur cinq ans. Le Nigérian s’occupe en parallèle des relations Afrique du programme de la NBA pour le Basket-ball en Afrique. Dans son pays d’origine, il parraine des camps de Basket-ball nigérians. Massai Ujiri participe à la formation de jeunes passionnés de Basket-ball. Des talents qui ont déjà eu la chance de faire des tests aux États-Unis et de poursuivre leur formation dans des clubs américains.

    Le responsable des Nuggets reste à ce jour l’un des défenseurs de son continent d’origine. Il a par exemple récemment peu apprécié les propos du président américain Donald Trump sur Haïti et les pays africains. Il a déclaré ne pas trouver ces propos « justes ». « Je ne pense pas que ce soit ce qui peut inspirer le leadership. Je suis fier d’être africain, d’avoir grandi dans un shithole », a-t-il affirmé.

     

  • Afrique: ces artistes talentueux morts en début d’une carrière brillante

    Afrique: ces artistes talentueux morts en début d’une carrière brillante

    Ils sont jeunes et ont malgré leur âge connu la célébrité. La scène musicale a en effet eu de brillants artistes qui ont vu leur carrière s’arrêter de façon tragique. Des étoiles qui sont parties tragiquement par maladie ou par accident de circulation. Afrotribune vous présente un top 8 d’artistes africains partis trop tôt.

    Ebony Reigns (Ghana)

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    Carrière courte, mais remarquable. Cette « étoile filante » est née en 1997. Celle qui a rendu l’âme le 9 février dernier était connue pour son style vestimentaire captivant et unique. Critiquée parfois sur cet aspect, Ebony Reigns n’a jamais voulu se départir de ce qu’elle considérait comme faisant partie d’elle. De son vrai nom, Priscilla Opoku-Kwarteng, la chanteuse d’afro-beat et de dance-hall est connue dans son pays et à l’étranger pour des chansons comme « Sponsor », « Dancefloor » et « Kupe ».

    Terry Bonchaka (Ghana)

    Artiste talentueux, il a été également fauché à la fleur de l’âge. Malgré son jeune âge, Terrence Nii Okang Mensah Adjetey était considéré dans les années 2000 parmi les meilleurs artistes. Né en 1982, c’est en octobre 2003 qu’il a rendu l’âme après un accident tragique intervenu alors qu’il revenait d’un concert. Ses chansons phares sont « Ghana Ladies » et « Pulele ».

    Cynthia Akudo Jonah dit Cynthomania (Nigeria)

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    Cette Nigériane était l’un des talents prometteurs de sa génération. De son vrai nom, Cynthia Akudo Jonah s’apprêtait à sortir son premier album avant de tomber malade. Celle qui a collaboré avec d’autres artistes connus de son pays est connue pour des chansons comme « Imo State Ebeano ». C’est en juin 2014 que Cynthomania a rendu l’âme, emportée par sa maladie.

    Carlton Williams Bongo Juma dit K- Rupt (Kenya)

    Au Kenya, ses chansons continuent d’être fredonnées. Les plus connues sont « Changamshwa », « Tukawake » ou encore « Chacha ». Il a été tué par balle alors qu’il se rendait à un concert. Sa voiture a été volée par des gangs qui se sont débarrassés de son corps. K-Rupt avait 24 ans.

    Oladapo Olaitan Olaonipekun dit DaGrin (Nigeria)

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    Fauché à 22 ans en avril 2010, DaGrin pouvait rapper en anglais et en yorouba avec une aisance qui lui était propre. C’est en 2010 qu’il remporte dans son pays l’Award de 2010 du meilleur album de rap. Avec ses chansons « Kondo », « Pon Pon Pon », DaGrin a eu des collaborations avec d’autres artistes célèbres de la scène musicale nigériane.

    Issah Mmari Wangui dit E-Sir (Kenya)

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    Un accident de route aura également eu raison de cet excellent rappeur. En 2001 avec sa chanson « Jo », E-Sir reçoit les honneurs de tous les mélomanes kenyans. Issah Mmari Wangui de son vrai nom est né en 1981 aura eu une brève carrière. Des chansons immortelles comme « Mos Mos », « Boomba Train » et « Hamunitishi ». Des prix remportés au Music Awards en 2003. Puis un décès qui survient la même année.

    Kefee Obareki Don Momoh (Nigeria)

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    Chanteuse, compositrice. Obareki Don Momoh, plus connue sous le nom de Kefee, avait un talent hors-norme. Cela lui a valu le prix de chanteuse nigériane de gospel féminin. Née en 1980, c’est grâce à son album « Trip » qu’elle s’est fait connaître sur la scène musicale. Suivra également un second album dénommé « Branama ». Récompensée par l’ONU avec le prix des jeunes ambassadeurs pour la paix en 2009, Kefee est morte cinq ans après à cause d’une maladie pulmonaire.

    Sharon Wangwe (Lady S) (Kenya)

    Le 3 septembre 2007, le Kenya a perdu une rappeuse talentueuse. Sharon Wangwe qui était plus connue sous le nom de Lady S n’est pas sortie indemne d’un accident de voiture. La chanteuse avait embrassé l’univers musical en hommage à son père artiste mort alors qu’elle avait 17 ans. Ses chansons « Ukimwona » et « Mighty King » continuent malgré tout de résonner.

  • Le Prix Mo Ibrahim 2017 décerné à Ellen Johnson Sirleaf

    Le Prix Mo Ibrahim 2017 décerné à Ellen Johnson Sirleaf

    Pour faute d’absence de lauréat, c’est un prix qui n’est pas régulièrement décerné. Mais ce n’est pas le cas pour l’année 2017. Le Prix Mo Ibrahim pour le leadership africain a été décerné à l’ancienne présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf. Première femme élue présidente du continent, elle a quitté ses fonctions fin janvier, après l’élection de George Weah. Sa passation de pouvoir avec l’ancien joueur de football a été faite dans un esprit démocratique. Âgée de 79 ans, l’ancienne fonctionnaire de la Banque mondiale est devenue présidente du Libéria en 2006, deux ans après la fin d’une Guerre civile de 14 ans qui a fait plus de 250 000 morts et un million de personnes déplacées.

    Le comité du prix Mo Ibrahim a félicité Ellen Johnson Sirleaf pour son « leadership exceptionnel et transformateur ». Au cours de ses deux mandats, la lauréate s’est en effet attaquée à la propagation du virus Ebola dans la nation ouest-africaine, a développé l’économie et a défendu la cause des femmes. Elle a également œuvré pour le renforcement des institutions démocratiques et l’amélioration des droits de l’homme.

    5 millions de dollars sur une décennie

    Ce prix prestigieux porte le nom du milliardaire soudano-britannique Mohammed Ibrahim et sélectionne parmi les chefs d’État ou de gouvernement africains qui ont rempli leurs mandats constitutionnels et ont quitté leurs fonctions. Le comité vérifie aussi ce que ces dirigeants ont fait pour leur pays en matière de développement, de démocratie et de justice sociale. Les lauréats reçoivent 5 millions de dollars en dix ans et 200 000 dollars les années suivantes.

    Ellen Johnson Sirleaf a rejoint la liste de quatre présidents africains qui ont déjà reçu ce prix. Il s’agit de Joaquim Chissano du Mozambique (2007), Festus Mogae du Botswana (2008), Pedro Pires du Cap-Vert (2011), et Hifikepunye Pohamba (2014) de la Namibie. Précisons que Ellen Johnson Sirleaf a été lauréate du Prix Nobel de la paix en 2011.

     

  • Des éleveurs kenyans combattent le vol des bétails grâce à la technologie

    Des éleveurs kenyans combattent le vol des bétails grâce à la technologie

    Au Kenya, le vol de bétail a longtemps été difficilement combattu. Cela a souvent représenté un défi pour les éleveurs. En effet, dans le pays, de nombreux cheptels paissent dans un système pastoral, où les aires ouvertes exposent les animaux à des risques de vol. Pour mettre fin au vol, différentes méthodes ont été pratiquées sans succès.

    Depuis quelques mois une technologie a été mise en place pour combattre le phénomène. Il s’agit de la plateforme Chipsafer qui met à disposition des propriétaires de bétail un système de suivi à distance pour identifier et géolocaliser le bétail. Ce système offre aux éleveurs une sécurité de leur bétail. C’est à la fois un aspect des avantages que comporte de nos jours l’introduction de la technologie dans l’agropastoralisme.

    Atout

    Image result for Masai shepherdL’avantage de la plateforme Chipsafer est que son système travaille à longue distance et met automatiquement à jour les utilisateurs sur l’emplacement de leur bétail en temps réel. C’est un grand atout, car jusqu’à présent, « la plupart de nos méthodes, notamment l’utilisation des implants par radiofréquence (RFID), ne nous permettaient d’avoir des informations qu’à faible distance », rappelle un propriétaire de bétail.

    Le système fonctionne en utilisant des récepteurs distants de cinq à vingt milles. Ces récepteurs captent les signaux des capteurs sans fil attachés au bétail comme des étiquettes ou des colliers. Équipés de GPS et d’accéléromètres, les capteurs transmettent des données sur l’emplacement, la vitesse et les mouvements du bétail, que Chipsafer livre aux utilisateurs par satellite. La société développe un ensemble d’algorithmes pour analyser les anomalies du comportement du bétail, souvent des signes de maladie ou de vol.

    3 dollars par tête.

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    Avec des ensembles de données plus volumineux, les algorithmes peuvent apprendre à déterminer la cause exacte de ces anomalies. Selon Victoria Alonso Perez, fondatrice de la plateforme Chipsafer, il est possible d’avoir plusieurs informations sur un animal grâce à la géolocalisation et au mouvement.

    Chipsafer a récemment mis sa technologie à l’épreuve dans des programmes pilotes en Namibie et au Kenya. Reste maintenant le coût du système. Les responsables de Chipsafer l’estime à 3 dollars par tête durant un mois en fonction du pays et de la taille du troupeau. Les éleveurs kenyans s’intéressent de plus en plus au système. Ils espèrent avec son utilisation avoir la traçabilité de leurs bêtes.

  • Au Ghana, AgroCenta entame l’aventure du commerce équitable

    Au Ghana, AgroCenta entame l’aventure du commerce équitable

    L’agriculture, épine dorsale de l’économie du Ghana, a connu ces dernières années un déclin général en raison d’un certain nombre de facteurs qui nécessitent de nouvelles stratégies de promotion du secteur. Pour combler cette attente, une startup croit avoir la solution aux différents défis : AgroCenta.

    Francis Obirikorang, cofondateur de la startup, pense que les petits producteurs agricoles ghanéens souffrent d’achats abusifs d’intermédiaires, qui achètent leurs produits à des prix très bas pour les revendre à des prix exorbitants dans les centres urbains.

    Fondée en 2015, par deux jeunes Ghanéens (Francis Obirikorang et Michael K. Ocansey), AgroCenta est une startup qui s’attaque à ce problème réel. L’idée d’AgroCenta est de créer une plateforme de vente en ligne qui relie directement les petits agriculteurs à un marché en ligne, dont la taille géographique est plus large, pour écouler leurs productions. Et ce, plutôt que par le biais d’intermédiaires « coupe-profits ».

    « C’est là que les agriculteurs sont en mesure de tirer parti de leurs produits et de les vendre à des prix très compétitifs en fonction des informations dont ils disposent » est convaincu Francis Obirikorang.

    Un mécanisme simple

    Les services d’AgroCenta comprennent une plateforme de liaison commerciale (AgroTrade) reliant directement les agriculteurs aux acheteurs et supprimant les achats abusifs ; TruckR qui est un camion qui aide pour le transport des produits et AgroPay, qui est une plateforme d’inclusion financière pour les petits agriculteurs ruraux non bancarisés.

    « Une fois qu’un agriculteur reçoit des offres d’acheteurs intéressés, le problème de la logistique et du transport sont plus faciles à résoudre grâce à la solution TrucKR d’AgroCent. TrucKR permet aux petits producteurs de n’importe quel village reculé du Ghana d’accéder aux camions en un clic. Vous pouvez l’appeler l’Uber pour les camions. AgroCenta change la vie même de ceux-ci en utilisant la technologie pour résoudre les problèmes qu’ils rencontrent dans l’agriculture » explique les concepteurs.

    Depuis sa création, les promoteurs sont fiers aujourd’hui du résulta eu. « Les achats exploitables ont été réduits au strict minimum puisque les agriculteurs contrôlent la vente de leurs produits à des prix qui leur sont favorables », peut-on lire sur leur plateforme. En effet, bien que la solution proposée soit rentable, elle permet aussi également aux petits exploitants de produire davantage sans craindre de perdre des produits par manque d’acheteurs.

    Selon les informations communiquées par Agrocenta en fin d’année 2017, près de 7 000 petits exploitants agricoles ont déjà adhéré à ce service, ce qui représente un impact considérable qui rend son modèle digne d’être reproduit dans d’autres parties du pays.

    L’entreprise fait également parvenir à ses abonnés en temps opportun des informations sur le marché tel que les prix des produits entre autres dans les formats texte et voix dans leurs langues locales, afin de leur permettre de prendre des décisions d’information en fonction des changements.

    Pour soutenir le modèle géré par AgroCenta, l’entreprise facture aux acheteurs ce qu’elle appelle le « coût de transaction », en tant que paiement pour la commodité qu’elle offre.

    Actuellement, la startup recherche à établir un partenariat avec le gouvernement et d’autres agences du secteur privé pour intensifier ses travaux. Elle ambitionne par ailleurs s’étendre à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest à l’horizon 2020.

  • Olivier Madiba [32 ans], il a mis le Cameroun sur le marché du jeu vidéo

    Olivier Madiba [32 ans], il a mis le Cameroun sur le marché du jeu vidéo

    C’est un habitué du sérail entrepreneurial au Cameroun. Et pour cause, Olivier Madiba a choisi depuis plus de dix ans de créer et d’innover. Son univers est celui des jeux. Ce diplômé de l’université de Yaoundé a été formé en informatique. En 2004, il a créé dans la capitale camerounaise une société de production de jeux vidéo dénommée Kiro’o Games. Cela lui a permis en 2016 de lancer « Aurion : l’Héritage des Kori-Odan » qui est à ce jour le premier jeu vidéo camerounais.

    Depuis le lancement d’Aurion : l’Héritage des Kori-Odan il y a deux ans, Olivier Madiba a réellement placé le Cameroun sur le marché du jeu vidéo en Afrique. Produit par un Camerounais et pour les Camerounais, Aurion a été financé par une campagne de financement participatif.

    A la tête d’une équipe de développeurs, l’entrepreneur camerounais ne cache pas l’absence d’un marché immédiat au Cameroun. Malgré le fait que Kiro’o Games crée au Cameroun, « il n’y a pas de réelle industrie dans le domaine », assure-t-il. Pour le moment, « nous vendons aux États-Unis et en Europe où le marché est déjà organisé et où nous sommes bien installés comme le jeu africain le plus prometteur de l’histoire », ajoute celui qui est aussi designer.

    Mentoring

    Soucieux de participer à la formation d’une relève compétente, Olivier Madiba a également mis en place Kiro’o Rebuntu. Il s’agit en effet d’une plateforme de mentoring de jeunes entrepreneurs. « Il faut absolument qu’on mette en place une chaîne de formation », aime-t-il à rappeler.

    Avec son expérience, Olivier Madiba qui a déjà fait ses marques sur sa terre natale envisage étendre ses activités sur le continent. « Nous projetons de créer et gérer une communauté de 18.7 millions d’utilisateurs de nos services et nous comptons nous établir dans 12 pays de l’Afrique subsaharienne », explique-t-il. En attendant, il rêve également de créer dans vingt ans plus d’un million d’emplois au Cameroun.

     

  • Flavien Kouatcha, le pionnier camerounais de l’agritech

    Flavien Kouatcha, le pionnier camerounais de l’agritech

    Ses proches lui reconnaissent une ingéniosité incroyable. Il n’a pas encore trente ans. Flavien Kouatcha est la figure d’une jeunesse africaine battante. L’entrepreneur qui a cofondé Organiz agency se fait remarquer depuis trois ans par sa startup Save Our Agriculture.

    Vainqueur de l’African Entrepreneurship Awards il y a quelques mois, ce spécialiste de l’agritech a bénéficié de 100000 dollars qui vont lui permettre de continuer ses activités. Avec Save Our Agriculture, depuis mars 2015, il met à la disposition des agriculteurs et des éleveurs différents types d’appareils.

    La startup de Flavien Kouatcha est spécialisée dans l’aquaponie. Les kits vendus par Save Our Agriculture permettent aux utilisateurs de produire des légumes et d’élever des poissons dans des kits vendus entre 80000 et 250 000 FCFA. Flavien Kouatcha est entouré d’une équipe d’employés qui fabriquent les kits.

    Passionné d’initiative privée, il a renoncé à un emploi bien payé pour se lancer dans son entreprise. Il explique avoir pensé à une méthode qui permettrait aux agriculteurs d’éviter que leurs récoltes pourrissent.

    Lauréat en 2016 du prix de Champion digital de l’agriculture décerné lors de la conférence Africa 4 Tech tenue à Marrakech avant la COP22, Flavien Kouatcha s’attèle aussi à former d’autres agriculteurs sur les techniques de l’aquaponie. L’entrepreneur ambitionne surtout renforcer son équipe pour satisfaire des demandes extérieures.

    Pour lui, l’aquaponie ne constitue pas seulement un avantage, permettant de produire dans un espace urbain. Elle peut aussi permettre de réaliser une production bio plus importante qu’en agriculture traditionnelle.

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  • Réseau sociaux: Chedjou Kamdem, [29 ans], le Camerounais le plus connecté

    Réseau sociaux: Chedjou Kamdem, [29 ans], le Camerounais le plus connecté

    Née en Beijing en août 1989, c’est pourtant au Cameroun qu’il a grandi. Il y fait des études secondaires avant d’opter pour une filière communication à l’université. Chedjou Kamdem est un boulimique du savoir. Ce spécialiste du marketing digital peut se targuer d’avoir à son compte plusieurs années d’expériences dans le domaine. Ce qui ne le dissuade pas de continuer à suivre des cours en ligne.

    Dynamique, Chedjou Kamdem est devenu dans son pays l’une des figures du Community Management. Il a depuis 2013 créé Histoires de CM, un blog sur lequel il partage les réalités du community management au Cameroun. Cet expert du marketing digital également dispense depuis bientôt quatre ans des cours à des personnes intéressées. Histoires de CM propose surtout des sondages, des enquêtes sur l’usage des outils numériques au Cameroun.

    Une vision africaine

    L’expérience au plan national a permis à Chedjou Kamdem de réfléchir à une vision continentale. Depuis 2016, il pilote avec d’autres professionnels du marketing digital, CM d’Afrique, un cadre qui réunit des community et social média managers africains. CM d’Afrique envisage réaliser des projets qui permettront de mieux valoriser le community management sur le continent. En Afrique où le métier n’est pas encore totalement compris, Chedjou Kamdem reste conscient des difficultés. Pour lui, il faut malgré tout continuer par surmonter les obstacles qui s’imposent.

    « Pour ceux qui veulent se lancer dans le Community Management, soyez passionnés et rigoureux », conseille celui qui sillonne désormais le continent pour donner des conférences sur l’utilisation des réseaux sociaux. Au Cameroun, il est présent dans tous les rendez-vous sur l’économie numérique ou le digital. S’il n’est pas speaker, c’est qu’il est conférencier. À 29 ans, Chedjou Kamdem est fier de susciter des vocations.