Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Tsaigumi, le drone militaire moderne fabriqué au Nigeria 

    Tsaigumi, le drone militaire moderne fabriqué au Nigeria 

    L’armée de l’air nigériane a consolidé son leadership continental dans la fabrication des drones militaires. Ce leadership a été couronné en mi-février par l’inauguration de son deuxième drone construit localement à l’Institut de Technologie de NAF (l’Armée de l’air nigériane) à Kaduna. La cérémonie de l’inauguration du bijou technologique a été présidée par le chef de l’État nigérian Muhammadu Buhari.

    La Force aérienne du Nigéria a inauguré il y a quelques jours son véhicule aérien sans pilote (UAV) de surveillance et de reconnaissance dénommé «Tsaigumi». Un deuxième drone fabriqué au Nigeria et le premier opérationnel.

    Le drone développé  par les ingénieurs de l’Institut de technologie de l’armée nigériane en collaboration avec UAVision du Portugal est conçu pour mener des missions militaires terrestres et maritimes de recherche et de sauvetage, de police et de protection de la faune. Il sera également utilisé pour des fins de gestion des catastrophes, de surveillance des lignes électriques, pour la cartographie, de même que la patrouille frontalière.

    Si au Nigeria on se réjouit de la qualité du produit fait localement, c’est parce que Tsaigumi peut se réclamer un drone moderne. En effet, selon les informations fournies par les concepteurs, cet aéronef est capable d’opérations de jour et de nuit. Avec une autonomie de plus de 10 heures, un plafond de service de 15 000 pieds et un rayon de mission de 100 km, Tsaigumi porte également une charge utile de caméra électro-optique infrarouge.

    Toutefois, le chef de l’État nigérian Muhammadu Buhari voit bien au-delà de la multiple utilité militaire de cet engin. « Alors que ce projet passe à l’étape suivante, qui est la production de masse, cela créera des emplois et génèrera probablement des revenus en tant que premier produit d’exportation militaire du Nigeria », a-t-il déclaré, tout en exhortant la Force aérienne à « intensifier ses efforts de recherche et développement pour une plus grande innovation. »

    Il a aussi ajouté que l’exploit technologique est une indication qu’il est possible d’appliquer le même état d’esprit innovateur à d’autres domaines de besoins locaux.

    Il faut rappeler que l’inauguration de ce drone intervient dans un contexte où le Nigeria fait face à la résurgence d’un certain nombre de défis sécuritaires, incluant une insurrection islamiste dans le nord, un militantisme dans le sud riche en pétrole et des affrontements entre éleveurs et agriculteurs dans la région centrale. Prochainement, Tsaigumi sera déployé dans le nord-est et sur d’autres théâtres au Nigeria.

    Tsaigumi est le deuxième drone construit par l’armée nigériane, mais le premier avion opérationnel. Le prototype antérieur de drone Gulma n’a pas encore été introduit. Un porte-parole a déclaré que la NAF travaille sur l’Ichoku, qui sera le premier drone militaire « made in Nigeria ».

    Un travail de longue haleine

    Le développement des UAV au Nigéria a commencé en 2008, lorsque des étudiants stagiaires qui suivaient des études supérieures en ingénierie aérospatiale à l’Université de Cranfield, au Royaume-Uni, ont choisi le développement des drones comme projet de recherche. Ces élèves officiers ont conçu le drone Amebo dans le cadre de leur projet. Toutefois ce drone n’avait ni capacité de pilotage automatique, ni surveillance et reconnaissance des renseignements (ISR).

    Ils ont ensuite pu construire Gulma, qui était un drone expérimental, développé en 2013 en tant que démonstrateur technologique utilisé pour collecter des données de performance sur les systèmes d’UAV. C’est d’ailleurs les données recueillies à partir du prototype Gulma qui ont été utilisées dans la conception du drone moderne Tsaigumi.

     

  • Avec Misha Niang, la mode malienne se porte bien, très bien

    Avec Misha Niang, la mode malienne se porte bien, très bien

    En décembre 2017 à Bamako, Misha Niang a été récompensée parmi une dizaine de startups à l’occasion de la startup week-end. À cette occasion, sa fondatrice kadidiatou Niang, 26 ans, a présenté dans les installations d’Impact Hub, un incubateur bamakois, les objectifs de son projet. En effet, Misha Niang entend promouvoir la protection de l’environnement et se positionner également dans l’atteinte d’un développement durable. Misha Niang se propose de fabriquer des sacs en cuir conformément à la demande de la clientèle.

    Au cours de l’année, grâce à une campagne de financement, la startup va ainsi mettre à la disposition de sa clientèle une application sous Android et iOS à partir de laquelle il sera possible de produire des sacs en cuir customisés. « Au lieu de fabriquer des sacs et chercher des clients comme dans le commerce classique, nous nous proposons un service sur mesure. Ainsi, il n’y aura pas de surplus de production, car ce sont les clients qui fabriquent virtuellement leurs sacs », explique Kadidiatou Niang, diplômée en droit privé. Elle ajoute ensuite qu’après la commande les cordonniers de la startup confectionnent le sac avec « toutes les exigences demandées ».

    Promouvoir le local

    Pour faire connaître sa startup, Kadidiatou Niang mise sur les réseaux sociaux. L’objectif pour elle est de valoriser d’abord le travail des artisans. « Les Bamakois méconnaissent le savoir-faire de leurs artisans. Puisqu’ils ne vont pas chez les artisans, il suffit de leur montrer les produits de l’artisanat malien », rappelle-t-elle. Avant de souligner l’utilité de la page Facebook de la startup et de futurs partenariats qu’elle entend nouer avec des plateformes de vente de produits sur le continent.

    Avec sa startup l’entrepreneur est aussi dans la valorisation du local. La fabrication de sacs à partir du cuir local associé à des tissus traditionnels est une idée originale qui suscite l’admiration de plus d’un. Début février, Kadidiatou Niang a été distinguée par Sunustartup qui soutient les femmes dans les secteurs de la technologie, de l’information et de la communication. La Malienne fait partie en effet des dix femmes qui œuvrent dans le numérique et qui vont faire bouger la tech africaine en 2018, selon Sunustartup.

     

     

     

  • La Nigériane Emmanuella [7ans] pose ses valises à Hollywood

    La Nigériane Emmanuella [7ans] pose ses valises à Hollywood

    L’ascension continue pour cette jeune star nigériane. Emmanuella Samuel a été retenue pour participer à un projet de film de Disney. La brillante comédienne l’a annoncé elle-même sur son compte Instagram. Le choix porté sur lui vient récompenser un talent qui fait l’unanimité malgré son jeune âge. Sur le réseau social, on la voit poser sur le plateau de tournage du film, mais également aux côtés de certains membres de l’équipe.

    Née en juillet 2010, Emmanuella Samuel surprend par sa maitrise et ses qualités de comédienne. Elle compte des milliers de vues pour ses vidéos postées sur les réseaux sociaux. Nièce du célèbre comédien nigérian Mark Angel, Emmanuella Samuel a initié à la comédie par son oncle. « J’ai très vite remarqué qu’Emmanuella pouvait être influencée positivement. Elle sait respecter les consignes, ce qui nous fait gagner beaucoup de temps pour tourner nos scènes. Elle est très talentueuse », confie Mark Angel.

    Ses premiers tournages se révèlent être du succès. Emmanuella Samuel rejoint définitivement Mark Angel Comedy, la troupe de comédie de son oncle. C’est dans ce groupe qu’elle apprend les contours de son métier, faisant montre de ses aptitudes d’actrice à chaque vidéo. En mars 2016, elle balance sur la toile la vidéo « I will beat you ». Le sketch devient viral et obtient après quelques semaines plus de 8 millions de vues.

    Plus d’un million d’abonnés sur YouTube

    Sa chaîne YouTube est l’une des plus suivis sur le continent. En 2017, celle que ces fans appellent affectueusement Emmanuella a atteint un million d’abonnés sur le site d’hébergement de vidéos, devenant ainsi la plus jeune lauréate d’un prix YouTube en Afrique. Ces vidéos sont présentes sur différentes plateformes et se partagent dans les quatre coins du continent. Elle est souvent sollicitée pour de grands événements.

    Dès l’annonce de son choix par le studio de cinéma américain, Emmanuella Samuel a reçu des félicitations de plusieurs fans sur les réseaux. Des personnalités du monde du cinéma et du showbiz ont également adressé leurs mots de félicitation à cette pépite africaine de la comédie. Des hommes politiques nigérians à l’instar de l’actuel président du Sénat, Bukola Saraki ont également bien accueilli la nouvelle. « Félicitations, Emmanuella ! Assurez-vous de les faire rire là-bas. Votre histoire est une source d’inspiration », a écrit le sénateur. Avant d’inviter la comédienne et sa troupe Mark Angel Comedy à venir discuter avec lui de la façon dont ils peuvent développer le potentiel de jeunes talents pour l’industrie créative.

    Emmanuella Samuel a déjà été récompensée. En 2015, elle a remporté le prix du talent spécial G Influence Niger Delta. L’année suivante, elle avait obtenu le prix de la meilleure nouvelle comédienne et princesse de la comédie aux Afro-Australie Music and Movie Awards en Australie.

  • Qui est Strive Masiyiwa, le premier milliardaire zimbabwéen?

    Qui est Strive Masiyiwa, le premier milliardaire zimbabwéen?

    S’il est désormais compté comme le premier milliardaire zimbabwéen, Strive Masiyiwa est dans le monde des affaires depuis, et a su construire une réputation qui va bien au-delà des frontières de son pays d’origine.

    Dans l’Afrique des télécommunications, ce vaste chantier d’opportunités en perpétuelle construction et aux défis multiples, Strive Masiyiwa y a décidé, il y a plus de deux décennies déjà, d’impacter à sa manière son continent.

    Econet, sa première entreprise, c’est en 1993 qu’il l’a lancée, même si elle n’aura sa licence de téléphonie qu’en 1998, à une époque où 70 % des habitants du pays n’avaient pas encore de téléphone. Un coup d’essai qui n’a pas été exempt de difficultés, puisque le futur homme d’affaires devrait mener une longue bataille juridique contre le gouvernement du Zimbabwe de lors.

    Sa victoire aura créé un vent nouveau dans le pays. Strive venait de briser le monopole d’État pour être le point de départ du succès des entreprises de télécoms privées à travers le continent.

    Masiyiwa a depuis déménagé à Londres, mais sa philanthropie a encore un impact en Afrique. A 57 ans, le milliardaire préside de nombreux conseils d’administration et a été félicité pour avoir soutenu des orphelins, financé des bourses d’études et combattu la faim, la pauvreté et le virus Ebola sur le continent africain.

    Lui et son épouse, Tsitsi, sont les fondateurs de la Higher Life Foundation, qui paie les frais de scolarité à plus de 40 000 étudiants des niveaux primaire, secondaire et universitaire.

    En février 2013, Tsitsi et son mari ont créé la bourse de l’ambassadeur Andrew Young, un fonds de bourses d’études de 6,4 millions de dollars qui envoie des étudiants africains au Morehouse College aux États-Unis.

    « La vie de Strike Masiyiwa et son histoire d’affaires sont impressionnantes, mais c’est son engagement à aider les autres qui le distingue… Il a transformé d’innombrables secteurs et vies tout en cherchant à préserver les ressources vitales de l’Afrique grâce à ses propres investissements durables. Son leadership en matière de politique environnementale est à saluer », a témoigné Jean Case, PDG de la Case Foundation et président du conseil d’administration de la National Geographic Society.

     Fortune

    Selon un rapport du magazine économique américain Forbes, Masiyiwa vaut actuellement 1,7 milliard de dollars. Cette fortune, Strive ne l’a pas faite que dans le domaine du télécom. En effet, l’homme investit également dans les services financiers, l’assurance, le commerce électronique, l’énergie renouvelable, l’éducation, l’embouteillage Coca-Cola, l’hôtellerie et les solutions de passerelle de paiement.

    Par ailleurs, Econet dispose également d’une chaîne de télévision payante, Kwesé TV, qui est déjà en concurrence à travers l’Afrique avec la DSTV de Naspers. Les actions de la société ont pris de la valeur au cours de la dernière année.

    En juillet dernier, Liquid Telecom, filiale du groupe Econet levé avec succès 700 millions de dollars en financement de prêts obligataires et à terme auprès de financiers internationaux.

    Désormais, l’homme d’affaires parcourt l’Afrique pour partager son expérience avec de jeunes entrepreneurs. Une Afrique en qui il a foi.

  • Black Panther: des clés pour comprendre l’engouement des Africains

    Black Panther: des clés pour comprendre l’engouement des Africains

    Black Panther, la superproduction de Ryan Coogler a fortement séduit l’Afrique dans l’ensemble. L’engouement créé sur le continent est unique. En effet le film aura le mérite d’avoir pu embrasser toute l’Afrique comme une seule culture. En récompense, l’Afrique prend le lead dans la promotion de ce film hollywoodien.

    Le monde futuriste de Wakanda ébranle les stéréotypes négatifs sur lesquels Hollywood s’est longtemps appuyé. Le film aura d’ailleurs été victime des considérations racistes, n’entachant en rien son succès.

    En réalité, pour la première fois, un superhéros, entouré d’une troupe de guerriers tous noirs, sauvera son propre monde sur les grands écrans. Bien avant la première, le film est devenu une célébration de la représentation cinématographique pour le public afro-américain. Pour le public africain, le film symbolise à la fois un fantasme et une réalité où, l’Afrique aurait pu être sans interférence et des références du monde réel reconnaissables aux Africains, mais généralement ignorées par le grand public hollywoodien.

    Une inspiration purement africaine qui a poussé la costumière Ruth Carter à habiller les Wakandans de la tenue de tous les jours à la tenue de combat. Et quand T’Challa parle à son père, c’est dans la langue sud-africaine Xhosa qu’il le fait.

    Black Panther s’offre le tour de l’Afrique

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    Le public africain aura également la chance de se voir à l’écran avec les acteurs du film. Sans doute le nom le plus célèbre est celui de Lupita Nyong’o, qui, pour porter haut son pays d’origine, a assisté à la première de Black Panther au Kenya dans l’état de Kisumu le 13 février où son père est sénateur. Une initiative qui a intéressé le pays, comme le directeur marketing Imax du Kenya qui a déclaré que Nyong’o est « une fille de ce sol ». Mais elle n’est pas seule à le faire.

    Aussi, les rôles de Daniel Kaluuya et Florence Kasumba dans le film ont-ils conduit à des projections anticipées. Le succès récent de l’acteur Kaluuya, né en Grande-Bretagne, a par ailleurs emmené les Ougandais à poser des questions difficiles sur la façon de mieux soutenir les arts de Kaluuya et Kasumba.

    Au Zimbabwe, les quelques cinémas d’Harare ont très tôt vendu la première du 16 février, même à 12 $, un coût relativement élevé vu les difficultés économiques du pays. Les Zimbabwéens aimeraient probablement voir l’actrice Danai Gurira, qui incarne Okoye, la plus forte de toutes les gardes femmes du Black Panther, Dora Milaje.

    Quelques mois avant la sortie du film, la Zimbabwéenne était dans son pays où elle a accueilli des fans portant des T-Shirts Marvel pour un événement qui n’avait pourtant pas de lien avec Black Panther. Elle sera d’ailleurs en Afrique du Sud ce week-end pour assister à la première, en compagnie de Nyong’o, a-t-elle tweeté.

    « Cela a beaucoup de sens de voir l’Afrique se mettre à ce niveau, et cela représente beaucoup pour moi de jouer un personnage qui parle dans une langue africaine », a déclaré Gurira, qui a passé son enfance au Zimbabwe. Et d’ajouter, « vous ne voyez jamais ces choses, donc c’est très spécial pour ceux d’entre nous qui ont grandi sur le continent, et ceux d’entre nous qui savaient à quel point les Africains sont très mal représentés. »

    En Afrique du Sud, l’excitation s’est encore accentuée lorsque le rappeur Kendrick Lamar a tweeté la liste des morceaux de la bande sonore officielle composée de plusieurs artistes sud-africains, dont Babes Wodumo, bien célèbre dans la house music.

    Sur les réseaux sociaux, les Africains envisagent de se joindre à ce qui devient un événement mondial pour la culture noire en s’habillant de leur meilleur costume traditionnel pour le film. Comme quoi, la représentation positive de l’Afrique peut porter des fruits.

     

  • WeFly Agri: des drones pour surveiller les plantations en Côte d’Ivoire

    WeFly Agri: des drones pour surveiller les plantations en Côte d’Ivoire

    Le problème que visent à solutionner les initiateurs de WeFly Agri est récurrent auprès des propriétaires de grandes plantations agricoles : sécuriser les grandes plantations agricoles.

    Lancée en janvier de l’année dernière, la startup utilise des drones pour cartographier et surveiller les terres, et offre aux utilisateurs l’accès à un logiciel propriétaire qui surveille toutes les activités de la plantation.

    L’initiative est inspirée par l’expérience d’un des cofondateurs et CEO, Joseph Olivier. Selon ce dernier, il aurait visité en 2015, de retour de France, une des plantations de son père, situées à Bouaflé, à environ 300 kilomètres et 3h de route de la ville d’Abidjan, la capitale ivoirienne.

    Malheureusement, ce qui était censé être un voyage familial enrichissant s’est transformé en constat d’un gouffre financier en devenir. En effet, durant les derniers 12 mois, son père n’ayant pas assez de temps, et étant très souvent en voyage, a transféré des fonds pour l’entretien de sa plantation, mais a amèrement constaté que toutes ces dépenses n’avaient pas été utilisées à bon escient. « Les mauvaises herbes avaient poussé, la plantation était insalubre, et même les plants étaient attaqués par manque d’entretien phytosanitaire. »

    Mais comme son père, beaucoup de propriétaires terriens en Afrique sub-saharienne rencontrent le même problème.

    Surveiller à distance

    La première mission qu’a eue l’équipe de cette startup a été de coupler la puissance et la versatilité des drones, avec un logiciel informatique qui permettrait à tout propriétaire terrien, particulier ou industriel d’avoir le contrôle des activités de son exploitation au bout des doigts. Et ce, quelle que soit sa localisation. Jusqu’aujourd’hui, la startup peut se féliciter de la réussite de cette mission. « L’écart principal et le plus important que nous avons repéré était celui de l’information. Les agriculteurs et les propriétaires de plantations n’ont presque aucune information sur ce qui se passe dans leurs plantations, car la plupart d’entre eux vivent dans les villes », a renchéri Biley.

    Malgré ce qu’il convient d’appeler désormais succès de WeFly Agri, la startup a connu un début de vie mouvementée, devant affiner ses algorithmes et subir une série de pannes de serveurs. Toutefois, le plus grand défi réside ailleurs.  « La principale difficulté que nous avons rencontrée était le scepticisme. Les gens nous considéraient comme des rêveurs, et notre idée a trop avancé pour se matérialiser en Côte d’Ivoire » a déclaré le CEO avant d’ajouter, « grâce à la qualité de notre produit et à la valeur ajoutée perçue par nos clients, il nous a été très facile de décrocher notre premier contrat ».

    Désormais, WeFly Agri a signé un accord avec Tropical Rubber Côte d’Ivoire, la troisième plus grande entreprise de caoutchouc du pays, ainsi qu’avec la société de gestion de plantations Gabea. Il est également en discussion avancé afin de cartographier et de surveiller 250 000 hectares pour un autre client.

    Le démarrage autofinancé est axé pour l’instant sur l’expansion en Côte d’Ivoire, mais est également en discussion avancée avec des clients potentiels et des partenaires stratégiques au Togo, au Sénégal, au Mali et au Nigeria.

  • À 55 ans, Elisabeth Medou Badang prend la tête du groupe Orange  pour la zone MEA

    À 55 ans, Elisabeth Medou Badang prend la tête du groupe Orange pour la zone MEA

    Excellente cheffe d’entreprise, Elisabeth Medou Badang est connue dans son pays comme la première femme directrice générale de l’entreprise de télécommunication Orange Cameroun. À 55 ans, celle qui a étudié les finances et la comptabilité à l’Université Paris XI est également diplômée de la Cranfield School of Management ou de l’EM de Lyon.

    C’est en France qu’elle commence sa brillante carrière professionnelle. Elisabeth Medou Badang a d’abord travaillé dans la société de gestion de portefeuilles Thorp. La Camerounaise fait ensuite ses preuves à Parpharm Agro-Industrie. Dans cette société filiale de l’agence française de développement, elle occupe la fonction de contrôleur de gestion puis celle de directrice déléguée.

    Désireuse de revenir au pays pour travailler, elle rentre au Cameroun en 1999. Celle qui s’est spécialisée en stratégie, en management et en commerce est engagée en tant que directrice administrative et financière à Mobilis. Elisabeth Medou Badang devient ainsi la première camerounaise à intégrer le comité de direction de cette entreprise qui devient quatre ans plus tard Orange Cameroun. Puis suivront des promotions. Elle devient directrice générale adjointe en 2004. Cinq ans plus tard, en 2009, elle est mutée au Botswana au poste de Chief Executive Officer de Orange.

    Plus de trente ans d’expérience

    L’expérience botswanaise s’avère être une réussite. Mais Elisabeth Medou Badang revient en 2013 dans son pays pour diriger Orange Cameroun. Elle a réorganisé la filiale locale du groupe français. Avec son management elle s’est investie dans le déploiement de la stratégie de la société et le contrôle d’un marché de télécommunications où Orange est leader. Cela lui a valu dès 2014 la récompense de meilleure manager d’entreprise des télécoms en Afrique.

    Mais avec plus de trente ans d’expérience, la Camerounaise ne veut pas se contenter des acquis. Le 14 février dernier, à l’issue d’une réunion du Conseil d’Administration, Orange Cameroun a annoncé la nomination d’Elisabeth Medou Badang au comité de direction d’Orange Moyen-Orient et Afrique en tant que directrice de zone et porte-parole. « Mes nouvelles fonctions au sein du Groupe Orange me permettront de poursuivre ces actions dans d’autres pays africains et de continuer de porter haut le flambeau du Cameroun », a-t-elle écrit sur son compte Twitter.

  • L’Afrique, cette ‘merde’ que nous voulons construire…

    L’Afrique, cette ‘merde’ que nous voulons construire…

    Le mois dernier aura enregistré un tollé en Afrique, suscité par une déclaration du président américain Donald Trump, qualifiant les pays africains et le Haïti de « shithole » — qu’on peut interpréter par « ’merde »’. Une déclaration au demeurant non surprenante pour qui a suivi l’homme dans sa première vie d’homme d’affaires et sa métaphore à un politicien en gagnant (et c’est là qu’existe la surprise) des élections présidentielles américaines à travers un mécanisme qui reste encore à s’expliquer.

    S’adresser en ces termes à un vieux contient de plus 1,1 milliard de personnes et la maison future à 40 % de tous les êtres humains pour ne craindre de heurter les égos et le bon sens est, ayons le courage de le dire, malséant. Encore que, l’Afrique est un réservoir de richesse mondiale, ayant construit contre son gré l’Amérique que nous connaissons et que nous pouvons désigner par tout sauf « merde ».

    Disons-le sans faire l’apologie de la nullité et de l’afrophobie. Les croyances de Donald Trump et ses sentiments selon lesquels l’Afrique est un continent de « merde » sont quelque chose qui est porté de façon concise et subconsciente par de nombreuses personnes et institutions occidentales.

    C’est pourquoi nous devons donner raison au proverbe africain qui dit, « aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur ». Dans cet univers non équilibré où, il est légitime de faire le choix de parler de l’Afrique et d’écrire notre histoire nous-mêmes, africain. Car, il y a un risque presque évident chez les médias étrangers (et les Africains doivent le plus tôt s’en rendre compte) de souvent peindre le contient à l’aune des clichés racistes et autres considérations fort peu reluisantes, plutôt que d’en faire une terre en perpétuelle mutation, ouverte à l’innovation et fertile aux graines de développement. Oui, c’est comme ça qu’il faut désormais d’écrire l’Afrique, parce qu’au-delà des formatages non actualisés, c’est désormais ce qu’est l’Afrique. Et c’est comme cela ce qu’Afrotribune a décidé de raconter ce continent.

    À Afrotribune justement, nous avons parié fort sur le bon côté des choses. Nous voyons l’Afrique sous un spectre à dose élevée de positivisme. Et ce, même s’il est falloir aussi être parfois réaliste et assumer certaines réalités ô combien affligeantes pour nous Africains !

    Le continent traverse, comme un Ovni à destination inconnue, une zone de turbulence marquée par des troubles politiques. Et ce n’est en réalité pas nouveau, des peuples défiants leurs propres dirigeants qu’ils sont sensés élire. De Lomé à Kinshasa, de Pretoria, Johannesburg, à Harare, en passant par Yaoundé pu Brazzaville, les politiques ont redéfini les peuples pour les confronter à des maux qui façonnent les perceptions reçues du continent.

    L’Afrique fait chaque temps face aux politiciens adorateurs du népotisme, qui ont juré trahir l’ordre mondial de gouvernance qui place les gouvernés aux centres des décisions qui les concernent. Sur le continent africain, existent encore des dirigeants apôtre de la dictature déguisée, prêt à en découdre ou à imaginer des subterfuges pour dribler une constitution, la broder, ou éteindre les aspirations légitimes des peuples. Nous n’allons pas le nier. Nos institutions et dirigeants sont corrompus et vicieux. Nous avons une démographie massive de jeunes chômeurs qui continue de croire en en la magie de l’immigration, tant ils sont truffés d’idées préconçues selon lesquelles le bonheur loge au-delà du Gibraltar.

    Nos systèmes éducatifs ont encore des décennies de retard et beaucoup de nos mères continuent à périr pendant l’accouchement. En outre, des millions d’Africains vivant dans des villes urbaines demeurent dans des conditions d’insalubrité criarde et souvent horrible. Nous n’allons pas le désavouer aussi.

    Toutefois, l’Afrique n’a pas le monopole sur ces questions. Les Américains représentent 20 % de la population carcérale mondiale. Chaque année, sur le sol américain, plus de 33 000 Américains sont tués par la nouvelle épidémie de violence armée dans ce grand État. Les conflits raciaux et les tensions continuent d’augmenter à un rythme alarmant. Même la puissante démocratie américaine a rétréci et était menacée ces derniers temps. Sur ce continent aussi, la pauvreté continue d’être endémique. Aussi récemment que 2016, les données officielles américaines ont montré que 12,7 % ou 43,1 millions d’Américains vivaient dans la pauvreté.

    Pour autant, pourquoi nous n’avons jamais pensé à la « merde » quand on parle des États-Unis ? Pourquoi les prisons ne sont-elles pas la première chose qui vous vient à l’esprit lorsque les États-Unis sont mentionnés ?

    L’artiste américain d’origine sénégalaise, Akon en a une fois parlé. Chaque pays et continent a en effet ses problèmes. Mais la différence est que l’Amérique sait comment se « ’polir »’ pendant que nous ne le faisons pas. Et cela a de grandes conséquences pour l’Afrique et la vie de nos peuples. Personne ne veut visiter ou investir dans une « merde ». Mais c’est ce défi que nous autres, nous nous sommes lancé. Parce que nous voulons une Afrique positive. Et c’est à cette mission qu’Afrotribune veut dignement participer.

  • Taxi Jet: la startup ivoirienne qui contrôle 10% du marché de transport urbain

    Taxi Jet: la startup ivoirienne qui contrôle 10% du marché de transport urbain

     

    En Côte d’Ivoire, Taxi Jet a été accueilli comme un moyen fiable de transport urbain. Contrairement aux taxis habituels de la capitale, Taxi Jet se révèle être une alternative satisfaisante pour de nombreuses personnes.

    Taxi Jet est en effet une application conçue par deux jeunes ivoiriens. Il s’agit de Amos Ouattara qui préside la startup et est également investisseur professionnel à Londres. Parfait Ouattara, co-fondateur, est lui CEO. Les deux entrepreneurs ont étudié à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Paris. L’application permet aux Abidjanais de réserver leur taxi à partir de leur téléphone. Et cela, tous les jours de la semaine, 24h/24. En plus de l’application mobile, les deux entrepreneurs ont mis à la disposition de leurs clients un site internet (taxijet.com) et un centre d’appel pour réponse à des préoccupations.

    Malgré leurs études en France et la possibilité d’avoir une brillante carrière professionnelle en Europe, les deux entrepreneurs ont préféré revenir dans leur pays natal pour créer leur startup. « Nous voulions travailler dans les nouvelles technologies et cela n’aurait pas eu de sens de le faire en France. Le marché de l’innovation est saturé et il faut être extrêmement pointu pour espérer percer. Il faut avoir l’idée que personne n’aura, alors qu’ici il y a tout à faire. Étant originaires d’Abidjan, nous savions qu’en termes de transports il existe un vide que nous pourrions combler », avaient-ils expliqué après le lancement de Taxi Jet.

    Contrôler 10% du trafic des taxis

    En juin 2015, lorsqu’ils lançaient leur application de commande de véhicule, ils savaient qu’il fallait faire face à la concurrence des 10000 autres taxis disponibles dans la capitale. Les deux entrepreneurs n’ont pas désisté. Trois ans après, Taxi Jet compte une centaine de clients. Ces derniers peuvent payer jusqu’à 2000 FCFA selon la course effectuée par le chauffeur. Pour répondre aux attentes des Abidjanais, la startup emploie une centaine de chauffeurs.

    Des hommes et des femmes formés dans la conduite et qui disposent de leur permis.  Un partenariat entre la startup et un opérateur de sécurité a permis de mettre un dispositif de suivi sur chaque véhicule en cas de besoin d’intervention. Désormais l’objectif pour les entrepreneurs est de s’imposer dans le trafic des taxis. Ils veulent avoir à leur charge plus de 1000 voitures, créer le plus d’emploi et stimuler également une bonne partie de la jeunesse à se lancer dans des initiatives privées.

     

  • Au Ghana, Chalkboard développe un système e-learning sans internet

    Au Ghana, Chalkboard développe un système e-learning sans internet

    À l’heure du e-learning où les plateformes d’éducations deviennent de plus en plus légion, la startup Chalkboard aura le mérite de développer un programme d’e-learning à destination des universités consultable par textos.

    C’est le contexte de création de cette startup qui séduit le plus. En Afrique, même si de plus en plus de personnes téléchargent des applications d’enseignement, le faible taux de couverture réseau et le coût relativement cher de l’Internet mobile, en dehors faible pouvoir d’achat qui ne permet pas à tous les étudiants d’avoir des smartphones constituent des écueils à la réussite de diverses initiatives numériques.

    Pour contourner cet obstacle, Chalkboard une start-up au Ghana, a développé un système basé sur la technologie des SMS pour permettre à leurs cours d’être accessibles au plus grand nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles.

    « Il y aura, 150 millions de jeunes à former d’ici cinq ans en Afrique. Dans les conditions actuelles (infrastructures, moyens humains), c’est mission impossible. Des milliers d’entre eux resteront forcément sur le carreau. Il y a donc un besoin urgent de trouver des nouvelles façons d’éduquer, de former aux divers métiers. Et l’e-learning permet de répondre à ce besoin », explique Adrien Bouillot, créateur et cofondateur de Chalkboard. Et de faire comprendre qu’il « s’agit de fournir du contenu grâce à la technologie la plus inclusive, de sorte à mettre tout le monde à bord. C’est la seule façon de faciliter l’accès à l’enseignement supérieur, et c’est pourquoi notre solution conçue au Ghana est adaptée à l’Afrique. »

    Success Story

    « On utilise la technologie SMS ou la technologie USSD qui nous assure une couverture universelle et qui permet à nos étudiants de façon très concrète de suivre des cours, répondre à des exercices… Votre professeur peut suivre votre activité à tout moment et à la fin du semestre vous aurez des crédits officiels et vous obtiendrez un diplôme », explique Adrien Bouillot.

    Quelque temps après le lancement, la startup a connu une phase pilote plus que satisfaisante. Sur fonds propres, l’application a été développée en France. Sa première version est testée avec l’université du Ghana, à Accra, où un professeur de français joue le jeu, en mettant à disposition ses cours.

    Les étudiants de l’Université du Ghana ont eu un « taux de rétention de 100% » lors du projet pilote et tous les étudiants ont également remis leurs devoirs à temps.

    « C’est incroyable, étant donné qu’en Afrique, un étudiant sur deux échoue avec les solutions actuelles d’apprentissage en ligne. Nous sommes particulièrement fiers des excellents résultats de la classe: ils ont obtenu une note moyenne de 23/25 à mi-parcours, ce qui est beaucoup plus élevé que l’examen similaire de l’année précédente », se réjouissent les concepteurs.

    En effet, quand la startup a été lancée en 2015, elle n’était qu’une petite boîte vouée, comme la plupart des startups en Afrique, à ne probablement pas faire long feu. Adrien qui étudiait en France était revenu à Accra pour cela, accompagné de quelques camarades. Désormais, son application convainc les  grandes universités ghanéennes, et au-delà.

    « Ce que nous avons construit avec l’Université du Ghana ne sera peut-être qu’un premier pas, mais les résultats et l’influence que nous avons acquise sont plus qu’encourageants. Nous ne nous arrêtons pas ici », se félicite le jeune entrepreneur. Son équipe, composée aujourd’hui de neuf personnes, est jeune et cosmopolite. Tous ont moins de 30 ans et viennent de France, de Madagascar, du Kenya, du Ghana, du Nigeria et de Côte d’Ivoire.

    Mais, au-delà de ces différents aspects, le projet s’inscrit dans une dynamique économique également. Parce que le e-learning, c’est aussi un marché annuel de 500 millions de dollars en Afrique. « Notre but est donc d’avoir une activité qui impacte positivement la société et qui, bien sûr, rapporte aussi de l’argent, car nous ne croyons pas du tout à la charité sur le long terme » clarifie Adrien.

    La start-up vise une rentabilité globale dans cinq ans, tout en étant rentable sur chaque pays où elle est présente au bout de deux ans. D’ici là, Chalkboard prépare surtout une collecte de fonds dans les prochains mois afin de recruter et de s’installer prochainement au Burkina Faso, au Kenya et au Nigeria. Sinon, de conquérir tout le continent africain à long terme.