Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • FilKhedma, la startup qui fournit des services à domicile au Caire

    FilKhedma, la startup qui fournit des services à domicile au Caire

    En quatre ans, cette startup égyptienne s’est positionnée comme la plus connue sur le marché de services à domicile. FilKhedma est en effet une plateforme en ligne qui offre des services de maintenance et d’amélioration résidentiels tels que la plomberie, la menuiserie, l’électricité, la climatisation, la peinture et les appareils électroménagers.

    Depuis son lancement en 2014, FilKhedma dessert essentiellement la capitale Caire. La plateforme compte de nombreux utilisateurs avec une augmentation régulière des visites. Elle dispose d’une vingtaine techniciens et partenaires fournissant ces services à leurs clients avec un taux de commande renouvelé supérieur à 75%. Pour étendre ses services, FilKhedma a reçu dernièrement un appui financier d’Algebra Ventures et de Glint. FilKhedma veut surtout attirer recruter de nouvelles compétences et développer sa stratégie marketing pour élargir sa clientèle. La startup envisage également créer des applications pour les fournisseurs de services et les clients, ainsi qu’une technologie robuste pour le marché et les tableaux de bord des opérations.

    Selon Omar Ramadan, fondateur de FilKhedma, le partenariat avec Algebra Ventures et Glint s’inscrit dans l’objectif de mieux répondre aux attentes des populations. Il ajoute que tout doit être fait pour permettre aux habitants de résoudre les difficultés quotidiennes grâce aux services à domicile. « Notre équipe grandissante travaille maintenant dur pour réorganiser notre technologie et offrir une expérience client transparente dans ce qui a toujours été un processus désordonné en Égypte », précise l’entrepreneur.

    Tarek Assaad, responsable de Algebra Ventures estime que la technologie a amélioré de façon efficace les services à domicile en Égypte. Il considère aussi que FilKhedma est une startup qui peut créer de la valeur dans le secteur. «Nous sommes enthousiasmés par cet investissement qui permettrait de répondre aux besoins des ménages et des entreprises, de réinventer la culture du service et de créer plus d’emplois et de revenus supplémentaires pour les fournisseurs de services», déclare de son côté Irini Raafat, un des responsables de Glint.

     

     

  • Formée aux USA, elle renonce à son emploi pour lancer sa marque au Nigeria

    Formée aux USA, elle renonce à son emploi pour lancer sa marque au Nigeria

    Cette entrepreneure nigériane utilise depuis trois ans des matières premières dans son pays pour construire une grande marque de luxe. Pour réaliser son rêve de créer son entreprise et d’innover, Joycee Awosika a quitté les États-Unis pour revenir en 2011 dans son pays natal. La jeune entrepreneure a ensuite travaillé  dans une grande compagnie d’électricité avant de démissionner.

    Elle fonde alors en 2015 Oriki (votre couronne, votre origine en Yoruba), son entreprise. Selon elle, le Nigeria est une mine d’or colossale qui a été largement inexploitée. Elle affirme qu’elle ne pouvait pas rester inactive face à une telle situation. « Les fabricants de produits de beauté et les entreprises du monde entier exploitent les ingrédients naturels cultivés au Nigeria et dans d’autres pays africains, mais il existe très peu de marques autochtones fièrement concurrentes », souligne-t-elle.

    Joycee Owasika a bénéficié de l’appui du programme Tony Elumelu pour renforcer sa marque. Depuis, Oriki a construit sa réputation sur les produits de qualité. La marque fabrique des produits de beauté et de toilettage efficaces et luxueux en utilisant des matières premières et toutes les ressources naturelles découvertes à travers le monde. Une trentaine de produits parmi lesquels on retrouve des hydratants, des nettoyants pour le corps ou des exfoliants.

    Qualité

    L’entrepreneure précise que des plantes, des ingrédients biologiques et des huiles naturelles sont utilisés dans la fabrication. « Nos produits sont exempts d’additifs inutiles, de parabènes et de sulfates », rassure-t-elle. Avec un magasin phare situé dans la ville cosmopolite de Lagos, au Nigeria et un site de commerce électronique conçu pour servir le consommateur moderne, intelligent, techno-saavy et soucieux de sa santé, les espaces de vente ORIKI sont conçus pour exprimer un mélange unique de style et éducation.

    En tant qu’entrepreneure, elle fait face à divers défis dans son industrie, du manque d’options de conditionnement au sol, à la gestion des commandes groupées, au contrôle de la qualité et aux restrictions à l’exportation. Mais Joycee Awosika est battante. Elle affronte toutes les difficultés avec une équipe formée d’une vingtaine de collaborateurs.

    Du social

    Préoccupé par l’essor des communautés, il a mis en place différents programmes sociaux, notamment « From Plant to Profit » qui promeut une agriculture durable et une autonomisation des agriculteurs. Pour Joycee Owasika il s’agit d’un moyen de création d’emplois, de réduction de la pauvreté et de développement économique.

    L’entrepreneure a également mis en place une fondation qui soutient le commerce durable, l’autonomisation des jeunes femmes, les initiatives d’énergie propre et écologique, l’éco-conservation et les relations collectives, tout en donnant une raison véritable et significative de réussir. Joycee Owasika est à ce point considérée comme l’une des femmes les plus influentes du Nigeria.

     

  • Tanzanie: SomaApp aide des étudiants défavorisés à continuer leurs études

    Tanzanie: SomaApp aide des étudiants défavorisés à continuer leurs études

    En Tanzanie, la startup SomaApp a mis en place un produit qui les étudiants à supporter le coût élevé des études universitaires.  Il s’agit d’une application mobile qui répertorie des bourses d’études, des stages et des conférences financées par des fonds nationaux et internationaux, qu’elle met à la disposition des étudiants.

    SomaApp est dirigé par un entrepreneur passionné de finance, de commerce et de développement. Il s’agit de Isaya Yunge. Considéré comme l’un des plus jeunes talents de sa génération, il se définit comme un transformateur. En effet, en tant qu’entrepreneur dynamique, la préoccupation de Isaya Yunge est de trouver régulièrement des solutions aux défis qui se posent à sa communauté, notamment dans le secteur de l’éducation.

    Comme dans la plupart des pays sur le continent, le coût des études supérieures a explosé ces dernières années. Contraignant ainsi des étudiants et leurs parents à se tourner vers des prêts pour payer les frais de scolarité. Dans cette situation, certaines familles se voient endettées. Isaya Yunge confie avoir lui-même éprouvé des difficultés durant ses études universitaires.

    Opportunités

    Pour remédier à cela SomaApp se proposer de « la vie aux étudiants ». Le fait est qu’il existe en ligne plusieurs opportunités de financement d’études que les étudiants peuvent saisir. D’autres canaux de financements peuvent également couvrir les frais d’études pour un étudiant nécessiteux.

    Parce que ces opportunités sont difficiles à trouver, l’application mobile de SomaApp les répertorie dans une base. Les étudiants du secondaire, du premier cycle et des cycles supérieurs trouvent ainsi sur l’application des bourses. Il leur suffit d’entrer leurs données, leur niveau d’étude et SomaApp leur affiche une longue liste de bourses dont ils peuvent bénéficier.

    SomaApp espère attirer d’autres étudiants issus de familles défavorisées ou à faibles revenus. « Nous voulons permettre aux jeunes en Afrique d’accéder à des opportunités qui ouvriront des portes à leur prospérité économique grâce aux nouvelles compétences », justifie Isaya Yunge. Ce sera aussi un moyen de leur offrir des ressources qui peuvent leur permettre de concevoir des projets innovants dans leur pays.

     

     

     

  • Égypte: deux jeunes entrepreneurs veulent concurrencer PowerPoint

    Égypte: deux jeunes entrepreneurs veulent concurrencer PowerPoint

    À moins de vingt ans, Moody Boles et Amr Naguib veulent supplanter PowerPoint. Ces jeunes entrepreneurs égyptiens ont lancé une plateforme en ligne qui fournit des solutions numériques permettant aux professionnels de présenter leurs portefeuilles de manière professionnelle, captivante et sophistiquée, sans avoir besoin de savoir coder ou concevoir. Ils expliquent qu’ils ont constaté que chaque jour des personnes passent plus de 140 millions d’heures sur PowerPoint pour créer leurs présentations.

    C’est alors qu’ils ont décidé de créer en 2016 Imaginators. Ils sont partis d’un projet sur lequel il travaillait dans le cadre d’une activité parascolaire pour lancer une plateforme qui compte aujourd’hui des utilisateurs dans plusieurs pays. Depuis deux ans, Moody Boles et Amr Naguib gèrent bien leurs études avec leurs activités d’entrepreneurs. Ils expliquent donner la priorité à leurs études et à leurs activités en fonction du temps. «Si quelqu’un a un examen à venir par exemple, l’autre prendrait une partie de sa charge de travail », affirme Moody Boles.

    3000 utilisateurs dans 90 pays

    Les deux passionnés de technologie indiquent avoir rencontré des difficultés dans le développement de leur startup. Entre autres, l’amélioration de différentes fonctionnalités sur la plateforme et la concurrence sur le marché numérique où existent de grandes sociétés. Mais Moody Boles et Amr Naguib résistent. Ils travaillent régulièrement pour surmonter les défis. «  Nous avons décidé d’intégrer de nombreux outils permettant à nos utilisateurs de créer leurs présentations plus facilement et plus rapidement, avec de nouvelles fonctionnalités. Nous voulions donner à nos utilisateurs quelque chose qui n’est pas disponible sur d’autres plateformes », affirment-ils.

    Dans cette dynamique, les jeunes entrepreneurs ont déjà modifié et ajusté plusieurs fois la conception de leurs produits pour atteindre le modèle qui offre le maximum d’avantages aux utilisateurs. À tel point que Imaginators compte plus de 3000 utilisateurs de 90 pays. La plateforme a permis la création de plus de 2000 présentations. Les utilisateurs peuvent bénéficier d’un modèle d’affaires freemium qui leur permet d’avoir accès à des présentations, des animations et interactions intéressantes. Mais Amr Naguib précise qu’une souscription à un abonnement mensuel permet aux utilisateurs de débloquer d’autres bonnes fonctionnalités de la plateforme.

  • Nompumelelo Mqwebu réinvente les saveurs de la cuisine sud-africaine

    Nompumelelo Mqwebu réinvente les saveurs de la cuisine sud-africaine

    L’année dernière, l’agence de tourisme Explore Sideways, a fait savoir que l’industrie du tourisme alimentaire en Afrique du Sud a connu une croissance régulière au cours des trois dernières années. Pourtant, la cuisine locale est manifestement absente. Dans le pays, il existe plus des restaurants qui offrent des spécialités étrangères.

    Mais on assiste désormais à l’éclosion d’une génération de chefs cuisiniers qui s’activent à valoriser une culture alimentaire mise en veilleuse et détruite par des années d’apartheid. Parmi eux, on retrouve, Nompumelelo Mqwebu qui s’emploie à faire connaître toutes les recettes alimentaires sud-africaines. Reconnu pour ses talents de cuisiniers, l’homme bâti sa réputation sur des recettes comme le dessert de citrouille. Il explique s’être inspiré de sa grand-mère pour en faire l’un des délices locaux les plus prisés dans le pays.

    Influence culinaire

    Selon Nompumelelo Mqwebu, on ne peut dire que l’Afrique du Sud souffre d’un manque de diversité culinaire. Il explique que cette diversité n’a pas souvent été valorisée. « Si je dis cuisine sud-africaine, tout le monde hoche la tête, mais personne ne sait ce que c’est », justifie Miles Khubeka, un autre chef cuisinier.

    Il faut dire que l’évolution de la cuisine indigène locale en Afrique du Sud a une histoire longue et complexe. Elle s’explique par l’arrivée des colons au XIXe siècle et la fusion des traditions culinaires locales avec les influences culinaires extérieures, allant des plats hollandais et britanniques aux délices apportés par les esclaves et les travailleurs de Madagascar, d’Indonésie, de Malaisie, d’Inde et des pays côtiers africains.

    Promotion

    Miles Khubeka et Nompumelelo Mqwebu s’engagent ainsi à attirer l’attention sur une partie de la culture sud-africaine. Les deux chefs d’entreprises connaissent des réussites. Le premier dirige Vuyo’s, un restaurant très connu à Soxeto. Le second a été récompensé en mai dernier à l’occasion de l’International Gourmand Awards en Chine.

    Le livre de cuisine 2017 de Nompumelelo Mqwebu comporte différentes recettes sud-africaines. Le chef de cuisine explique que c’est une manière de marquer le début d’une nouvelle culture alimentaire sud-africaine. Il évoque la créativité d’autres chefs cuisiniers comme lui qui ne sont pas seulement guidés par la volonté de revenir à une cuisine traditionnelle.

    Des repas plus sains

    Cette génération de chefs cuisiniers partage surtouts son savoir-faire. La cuisine sud-africaine a commencé à être donc enseignée depuis peu. Les chefs cuisiniers déplorent que la cuisine internationale occupe une place trop importante dans les écoles culinaires sud-africaines.

    Les deux chefs cuisiniers ne souhaitent pas voir disparaître totalement les importants secrets de la cuisine sud-africains. « Après votre drapeau et votre hymne national, votre cuisine est la troisième chose la plus importante qui vous définit comme une culture », affirme Miles Khubeka.

    L’objectif des chefs cuisiniers est de revenir à des recettes locales avec des repas plus sains et à base de plantes. « Nous devons le faire nous-mêmes. Personne ne le fera pour nous », déclare Miles Khubeka. Avec ces collègues, ils espèrent que la prochaine génération de cuisiniers va parfaire leur travail. « J’espère que ces jeunes chefs seront fiers de nos ingrédients locaux et créeront des recettes autour d’eux, de sorte que toute la scène alimentaire en Afrique du Sud change ».

  • Mozambique: de nouvelles espèces découvertes dans une forêt protégée

    Mozambique: de nouvelles espèces découvertes dans une forêt protégée

    En mai dernier des scientifiques ont, pour la première fois, exploré une forêt vierge perdue cachée dans un volcan mozambicain. L’endroit se situe au-dessus des plaines du nord du Mozambique. On y trouve le mont Lico, une falaise isolée de plus de 700 mètres à l’intérieur de laquelle on peut trouver la forêt tropicale cachée et protégée.

    Il faut dire que cette forêt vierge est restée cachée pendant des années avant d’être découverte en 2012 par le biologiste Julian Bayliss. Du 10 au 24 mai, les scientifiques ont escaladé une centaine de mètres d’une paroi rocheuse proche de la verticale pour explorer la forêt tropicale non perturbée. Selon les informations, cette forêt offre une référence que les scientifiques peuvent utiliser pour comparer l’effet complet de l’interférence humaine sur les forêts tropicales.

    L’équipe de scientifiques est dirigée par Julian Bayliss et est composée de biologistes, des botanistes, des lépidoptéristes et d’autres experts du Mozambique, du Swaziland, d’Afrique du Sud et du Royaume-Uni. Les chercheurs ont été aussi aidés par des grimpeurs pour réussir leur expédition. L’équipe a confié avoir découvert une nouvelle espèce de papillon et une espèce de souris qui n’a pas encore été classée.

    Les scientifiques s’attendent à trouver d’autres espèces non découverts. Parce qu’il s’agit d’une forêt pluviale, les scientifiques expliquent que des plantes et des animaux uniques s’y sont développés et peuvent aider à mieux comprendre le passé et l’avenir du monde naturel.

    Le mont Lico, cet écosystème plus isolé, pourrait révéler encore plus de flore et de faune uniques. Les scientifiques ont appelé les autorités mozambicaines à prendre des dispositions pour assurer la protection de la forêt tropicale.

  • Un « Internet ouvert et digne de confiance », le Nigeria montre le chemin

    Un « Internet ouvert et digne de confiance », le Nigeria montre le chemin

    À l’heure où de nombreux Africains craignent pour leur liberté en ligne, la société civile nigériane se frotte les mains après l’adoption du code numérique qu’elle a introduit au parlement deux ans plus tôt.

    Entre lobbying classique de la société civile, guerre sempiternelle du secteur privé, prises de position des élus et participation citoyenne inédite, voilà presque huit mois que la loi texte du numérique qu’on disait mort-né a été adoptée à l’unanimité par les deux chambres du parlement nigérian. Retour sur les feuilletons ayant abouti à l’adoption de ce code au Nigeria qui compte aujourd’hui plus de 70 millions d’internautes.

    Aux origines du projet de loi

    C’est au quatrième étage de la très luxueuse Nusaiba Towers sur le boulevard Ahmadu Bellow à Abuja que la société civile sous les auspices de Paradigm Iniativate a posé les jalons de ce qui peut être appelé aujourd’hui, l’avenir des libertés numériques.

    L’ONG Paradigm Initiative a introduit la loi au parlement au lendemain du projet de loi « Contre les pétitions frivoles et l’expression sur les réseaux », proposé par le sénateur Bala Ibn Na’Allah.

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    Le projet de loi su Sénateur avait pour but d’empêcher la diffusion de « fausses informations » sur les réseaux sociaux. Ainsi, le texte stipule que « toute personne qui propage intentionnellement de fausses informations qui pourraient porter atteinte à la sécurité du pays » et toute « déclaration abusive qui voudrait mobiliser le public contre le gouvernement via des messages électroniques » tombera sous le coup de la loi. Les peines prévues pourront aller jusqu’à sept ans de prison, et une amende d’environ 23 000 euros.

    Dans ce pays où les réseaux sociaux deviennent souvent le canal de nombreuses revendications sociales et politiques, Gbenga Sesan l’un des Web activistes les plus actifs du Nigeria et son ONG ont jugé bon de trouver des contre-mesures notamment un projet de loi sur les droits numériques pouvant protéger les internautes nigérians et réguler le secteur.

    Genga, explique que l’adoption du Code du numérique résulte également du constat selon lequel l’arsenal juridique qui régit le numérique dans ce pays de 170 millions d’habitants est devenu obsolète et inadapté non seulement face aux exigences du développement, mais également face aux dynamiques des échanges et de l’information de l’heure.

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    La grande victoire de la société civile

    Le projet de loi a été introduit au parlement nigérian en avril 2016 après une consultation multi-acteurs. Sénateurs et députés réunis en petit comité ont étudié scrupuleusement le texte censé adapter le Nigeria aux enjeux d’Internet. Après un examen mené tambour battant durant l’été 2017 et des débats (parfois) très houleux, la société civile a gagné son bras de fer contre les élus extrêmes. La dernière version révisée de loi a finalement été votée par les deux chambres du parlement en 2018.

    Le projet de loi apporte un soutien législatif progressif au discours en ligne dans le pays et soutient également la liberté d’expression et le respect de la vie privée. Le Code du numérique modernise les régimes juridiques dans le secteur des télécommunications, améliore le mode de fonctionnement de l’Autorité de régulation des communications électroniques, et clarifie la régulation des sujets de concurrence.

    La Loi constitue une avancée décisive qui permettra au pays de mettre en œuvre son ambition de devenir le leader du continent en matière de libertés numérique. Elle donne le niveau de sécurité juridique requis aux partenaires publics et privés, pour accélérer le développement d’infrastructures très haut débit sur l’ensemble du territoire et déployer des services en ligne pour les citoyens. Le texte insiste également sur l’ouverture et la protection des données, cet or noir de l’économie numérique. En résumé, la nouvelle loi permettra de:


    • Garantir l’application des droits de l’homme qui s’appliquent hors ligne dans l’espace numérique et en ligne.
    • Fournir des garanties contre les abus et fournir des possibilités de réparation en cas d’infraction.
    • Assurer la confidentialité des données et protéger les données sensibles des citoyens détenus par le gouvernement et les institutions de protection de la vie privée.
    • Doter le pouvoir judiciaire du cadre nécessaire pour protéger les droits de l’homme en ligne.
    • Protéger la liberté numérique des Nigérians aujourd’hui et à l’avenir.
    • Garantir l’inviolabilité des communications, sauf par une ordonnance du tribunal obtenue conformément à la loi.

    Lorsque la loi sera finalement approuvée par le président Muhamadu Buhari, elle constituera une avancée dans l’espace CEDEAO puisqu’elle prend en compte l’essentiel des textes communautaires du secteur, a souligné Adeboye Adegoke, chercheur et chef de projets à Paradigm Initiative.

    Selon lui, l’ONG espère encourager et assister d’autres pays africains à emboiter le pas pour un Internet ouvert et digne de confiance. Car, ajoute-t-il, des violations de données à une grande échelle, des incertitudes sur la façon, dont nos données, sont utilisées, la cybercriminalité, la surveillance et les autres menaces en ligne ont impacté la confiance des utilisateurs, la façon dont ils utilisent Internet, et leurs comportements en ligne.

  • Ajegunle: le Nigeria numérique bouillonne!

    Ajegunle: le Nigeria numérique bouillonne!

    Dans le premier article de notre série consacrée à la révolution 2.0 au Nigeria, nous avons dressé le portrait de Gbenga Sesan. Il est l’un des pionniers de l’inclusion numérique au Nigeria. De Lagos en passant par Kano, Abuja et Aba, Afrotribune revient sur les origines de Paradigm Initiative et les pas de géants que pose l’ONG dans ce pays de 170 millions d’habitants.

    En 2007, l’ingénieur Gbenga démissionne de l’une des plus grandes entreprises florissant du Nigeria pour entamer sa croisade à Ajegunle. Ce est le plus vaste et le plus peuplé des bidonvilles de la mégalopole. Ils sont près de 500 000 personnes entassés dans les maisons en brique ou les taudis en bois qui s’étalent en rangs serrés sur des dizaines de kilomètres. Coincé entre une bretelle d’autoroute et les infrastructures portuaires vieillissantes du port d’Apapa, Ajegunle représente le Nigeria en miniature.

    La seule évocation du nom de ce quartier rappelle l’histoire de Sodome et Gomorrhe. Un sauve-qui-peut pour la survie. Ce quartier d’habitats précaires, insalubre et pauvre, – désigné sous le terme générique de « slum » en anglais -, amasse les vices de la capitale.

    Au prime abord, on pense évidemment au célèbre ouvrage de Louis Chevalier (1958) et de sa thématique « classes laborieuses, classes dangereuses », devenue un lieu commun de la réflexion sociale et politique jusqu’à nos jours. Les élus locaux le reconnaissent à mots couverts : les efforts de modernisation d’Ajegunle se sont concentrés sur le centre des affaires et les ilots sécurisés pour riches Nigérians et expatriés fortunés. Le choix d’Ajegunle pour lancer les initiatives de Paradigm Initiative n’est pas anodin.

    Ce quartier vétuste accueille chaque semaine des centaines de nouveaux citadins débarqués du nord du pays ou des États voisins. C’est ici que se concentre la majorité des familles défavorisée de la capitale commerciale. Ils sont commerçants, vendeurs des rues, chauffeurs de taxi, vulgarisateurs, bricoleurs, débrouillards et chômeurs. Leurs enfants n’ont pas accès à une éducation et ce qui tente l’aventure lâche peu avant la fin du secondaire. Gbenga Sesan et son équipe ont doc misé sur ces jeunes.

    Redonner espoir aux familles pauvres grâce au numérique

    Ici et là, des programmes de formation ont été lancés. Plusieurs centaines de jeunes passent leurs journées et vacances à s’initier à la lecture, à l’informatique, à l’entrepreneuriat et des formations en développement personnel. Ce premier centre de Paradigm Initiative a contribué à former environ 40 étudiants chaque trimestre depuis son installation dans le quartier.

    En cette fin d’été 2018, notre équipe a eu l’occasion d’assister aux cours d’apprentissage d’une trentaine d’étudiants. Ils rêvent tous d’une vie meilleure après la formation et ne tarissent pas d’éloges sur les changements que le centre apporte déjà dans leurs vies.

    « Nos formateurs sont très pédagogues et leurs explications sont très claires. Nous faisons beaucoup de travaux pratiques. Cette formation m’a apporté une bonne pratique de l’outil informatique. La formation est bonne et je la recommanderai volontiers à d’autres personnes. J’ai trouvé, qu’on a beaucoup appris sans faire beaucoup d’efforts » confie Okafor Flavor, 17 ans.

    Avant d’ajouter « je compte informatiser et donner une visibilité à l’entreprise de ma mère sur internet. Je compte lui créer un site web, des emails-professionnelles et aussi lui donner une forte présence sur les réseaux sociaux pour augmenter sa clientèle et par ricochet ses revenus. »

    « Paradigm Initiative m’a donné espoir et je suis désormais convaincu que quand je serai à l’université l’année prochaine, je pourrais utiliser mes connaissances acquises dans ce centre pour décrocher des jobs étudiants dont les revenus serviront à financer mes études de Droit. Je rêve de devenir avocate pour défendre les centaines de “sans voix” qui croupissent dans les prisons nigérianes, » a-t-elle ajouté.

    Comme Okafor, la plupart des jeunes chassés par la misère des campagnes et attirés par les lumières de la mégalopole rêvent de continuer leurs études après cette formation. Pour ces derniers, la formation de Paradigm initiative est un éclairage et une fondation pour leurs métiers d’avenir. « Je rêve de devenir ingénieur de systèmes d’informations.

    Je veux marquer l’histoire comme l’ont fait Paul Allen, Bill Gates et Steve Jobs. Je veux régler les problèmes sociétaux du Nigeria à travers la technologie, » révèle Esego Chibueze, 18 ans. Le jeune garçon qui vient tenter sa chance en ville après ces études secondaires dans son village natal ajoute : « beaucoup de choses ont changé dans ma vie depuis que je suis ici [Paradigm Initiative, NDLR].

    J’ai touché à l’ordinateur pour la première fois dans ce centre. Je maitrise désormais l’outil informatique et la rédaction de projets. Je suis convaincu qu’après la formation, je trouverai un travail qui pourra me permettre de financer mes études. »

    Au-delà de l’informatique, changer les mentalités

    À Ajegunle, on y parle une centaine de langues différentes des 32 États du pays. On prie Dieu et Allah. On survit au quotidien grâce à son étal de poisson ou son salaire de transporteur, insensible au soleil accablant ou aux odeurs des eaux puantes. Ici, l’on trouve la vie très simple et toutes les situations comme une volonté des « dieux ». « Il n’est pas rare de voir des familles avec 10 enfants entassés dans des kiosques et taudis jusqu’à l’âge adulte.

    Pour la plupart de ces parents, c’est Dieu qui donne les enfants et on n’a pas besoin de mesures contraceptives pour empêcher les naissances, » regrette Abiodun Kelani, Pasteur pentecôtiste installé dans le quartier depuis bientôt de 40 ans. Pour ce leader religieux, il est très important que le gouvernement appuie les actions de l’ONG Paradigm Initiative dans le quartier.

    Selon Kelani, plusieurs centaines des jeunes que le centre a formés sont devenus des modèles de réussite pour les autres. Mais regrette que le nombre de bénéficiaires reste une goutte d’eau dans la mer, vu les milliers de jeunes oisifs qui vadrouillent à longueur de journée. « Ils sont exposés aux vices notamment la drogue, » déplore le Pasteur.

    Convaincu de l’impact du centre sur les jeunes, le pasteur sensibilise ses fidèles à envoyer leurs enfants. Plusieurs anciens étudiants du centre sont aujourd’hui entrepreneurs, formateurs et employés dans plusieurs entreprises locales et firmes multinationales. C’est le cas Iorah Miracle, formée dans le centre d’Ajegunle en 2015. Elle continue ses études en science politique à la prestigieuse Université d’Ibandan, au sud-ouest du Nigeria, après plusieurs stages à Lagos.

    Entre optimisme et espoir, Paradigm Initiative écrit les pages du Nigeria numérique. A suivre…

  • Inclusion numérique: le combat de Gbenga Sesan, figure de proue du Nigéria 2.0  [Acte 1]

    Inclusion numérique: le combat de Gbenga Sesan, figure de proue du Nigéria 2.0 [Acte 1]

    Elle est bien loin la prospérité dont rêvaient les pères de l’indépendance en octobre 1960. Cinquante-huit ans après son ascension à la souveraineté internationale, le pays le plus peuplé d’Afrique — et l’un des plus riches du continent africain peine à réussir le pari de la transition vers un modèle économique plus vertueux.

    Colosse aux pieds d’argile rongé par la corruption, les rivalités ethniques et les antagonismes politiques, le Nigéria s’essaie aujourd’hui à une révolution numérique à Yaba, un faubourg situé au cœur de la mégalopole.

    Gbenga, ténor de la Silicon Valley du Nigéria

    À première vue, Yaba ressemble à ces nombreux quartiers surpeuplés de la capitale commerciale du Nigéria. La seule différence est qu’à côté de la cacophonie des klaxons et les rues à la puanteur des eaux usées, se développent des jeunes « Tech entrepreneurs » et des centres d’incubations qui y déploient leurs génies pour davantage connecter le pays à l’innovation.

    Connu comme la Silicon Valley du Nigéria, c’est dans ce quartier vétuste de Lagos que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook a posé ses valises en 30 août 2017 pour s’imprégner de l’univers de l’informatique du pays. L’un des plus importants centres de ce quartier colonial est Paradigm Initiative., un centre fondé en 2007.

    Spécialisée dans l’accompagnement de jeunes Nigérians souhaitant acquérir des compétences techniques dans le domaine informatique, l’ONG dont le siège social est perché sur l’une des vieilles bâtisses de l’avenue Montgomery est dirigée par Gbenga Sesan, un ancien étudiant de l’université Obafemi Awolowo L’homme a fait de l’inclusion numérique son cheval de bataille depuis une décennie.

    Initialement formé en tant qu’ingénieur électricien et électrique, l’homme a suivi plusieurs programmes de formation au Lagos Business School, à l’université d’Oxford, à l’université de Stanford et d’autres universités américaines. Son expérience de consultant pour de nombreuses institutions, notamment Microsoft, l’Université de Harvard et le système des Nations unies à travers 30 pays, lui a permis de glaner des contacts viables pour accompagner l’éclosion numérique des jeunes de son pays, le Nigéria.

    Donner l’opportunité aux jeunes à travers la technologie

    Avec plusieurs centres de formation installés dans trois États du pays et accompagnés par une vingtaine d’experts, l’homme forme des centaines de jeunes nigérians par an et assiste plusieurs start-ups technologiques qui prennent racine.

    Les jeunes bénéficient d’un appui logistique de Paradigm Initiative et des formations axées sur des problèmes africains pour créer des opportunités dans des domaines tels que les paiements mobiles et le commerce électronique, l’éducation et la santé.

    « Nous donnons de l’opportunité aux jeunes pour bâtir leurs avenirs à travers la technologie. Nous avons été privés de ces opportunités quand nous étions jeunes et il est de notre devoir de donner la chance à nos jeunes frères et sœurs », explique l’ingénieur Gbenga.

    Il affirme avoir lui-même été à plusieurs reprises interdit d’accès à des salles informatiques alors qu’il était encore étudiant en ingénierie dans ce pays de 170 millions d’habitants. Ces « rejets ont boosté ma passion et ma curiosité pour les nouvelles technologies, » martèle l’homme confortablement installé au milieu d’une dizaine d’employés au siège de son organisation.

    « Nous savions que l’écosystème des start-ups et des entreprises était vraiment florissant à Yaba et d’autres localités du pays, nous nous sommes donc installés pour former les jeunes et leur ouvrir les portes de l’emploi, » renchérit Tope Ogundipe, directrice de programmes au sein de l’ONG. « Nous pensons que les nouvelles technologies ne sont pas un luxe inaccessible. C’est un droit », ajoute-t-elle.

    Revenant sur les initiatives de ce géant en faveur des jeunes à travers le pays, Tope a indiqué que Paradigm Initiative développe au niveau national une série de programmes destinés à la jeunesse et dont l’objectif est de lui donner plus de projection.

    « Nous voulons promouvoir et rendre les nouvelles technologies accessibles aux jeunes, notamment ceux en situation précaire dans les zones les moins développées et localités les plus éloignées », a-t-elle déclaré.

    L’avenir dans la technologie

    Avec ses 170 millions d’habitants, le Nigéria compte 75 millions d’abonnés mobiles, tandis qu’entre 20 et 40 % de sa population est reliée à l’internet. Avec son programme d’incubation et de formation et des clubs technologiques implantés dans les lycées et universités à travers le pays, Paradigm Initiative propose aux jeunes nigérians les plus motivés un coaching personnalisé, des facilités logistiques et l’accès à des réseaux d’investisseurs, d’entreprises et d’experts.

    Le centre a noué des partenariats avec plusieurs multinationales technologiques comme Google, Facebook, Intel ou Web Fondation pour accompagner ses projets.

    Les jeune diplômée des centres de Paradigm Initiative passent 3 mois à maîtriser les techniques de base de l’informatique, les langages de programmation, l’entrepreneuriat et des cours de développement personnel avant d’être affectés auprès d’entreprises technologiques, des PME locales pour des stages et quelquefois des emplois à plein temps.

    En cette fin d’été 2018, 105 étudiants âgés entre 12 et 28 ans sont enrôlés à travers le pays dans le programme dont la formation est entièrement gratuite. Entre espoir et optimisme, Gbenga et son équipe réussissent le pari d’un Nigeria 2.0. À suivre.

     

     

     

  • Le Madagascar a un internet plus rapide que le Royaume-Uni, la France et le Canada

    Le Madagascar a un internet plus rapide que le Royaume-Uni, la France et le Canada

    Le Madagascar, considéré comme l’ un des pays les plus pauvres du monde, a l’une des plus grandes vitesses d’Internet haut débit en Afrique et a une vitesse moyenne beaucoup plus rapide que certaines des nations les plus riches du monde, selon un rapport de UK Cable, qui recueille les données de 200 pays.

    À 24,9 mégabits par seconde, la vitesse du haut débit de Madagascar est plus de deux fois supérieure à la moyenne mondiale. Non seulement cela signifie-t-il que la nation insulaire africaine a l’une des vitesses Internet la plus rapide sur le continent, mais elle se classe au 22ème rang mondial, surpassant le Canada, la France ou encore le Royaume-Uni.

    La vitesse du haut débit à Madagascar est le fruit du système de câbles sous-marins est-africains (EASSy), long de 10 000 kilomètres. Un câble sous-marin à fibre optique qui s’étend du Soudan à l’Afrique du Sud. En 2014, le plus grand fournisseur d’accès Internet du pays, Telecom Malagasy, a signé un accord avec la division d’exploitation internationale de Hong Kong Telecom pour y parvenir.

    Mais malgré ce qui semble être un avantage technologique, l’Internet haut débit de Madagascar sert à peine sa population. Seulement 13% de ses 25 millions d’habitants ont accès à l’électricité et seulement 2,1% de la population a accès à Internet. Il n’y a que 2,75 adresses IP pour 1 000 personnes, contre une moyenne mondiale de 558 par personne.

    Madagascar n’est pas le seul pays connecté au système de câble sous-marin est-africain. Le câble à fibres optiques doit être relié aux pays allant de l’Afrique du Sud au Soudan.