Si HailĂ© SĂ©lassiĂ©, empereur dâĂthiopie de 1930 Ă 1974, pensait que son pays avait le potentiel de devenir un leader mondial de lâor, il nâa peut-ĂȘtre pas tort. Asosa, une zone situĂ©e Ă lâouest de lâĂthiopie, non loin de la frontiĂšre soudanaise, pourrait ĂȘtre lâemplacement de la plus ancienne mine dâor au monde. Câest en tout cas ce que prĂ©sentent les rĂ©sultats des recherches gĂ©ologiques dans cette zone.
La zone dâAsosa est composĂ©e de plaines, de vallĂ©es accidentĂ©es, de crĂȘtes montagneuses, de ruisseaux et de riviĂšres. DensĂ©ment vĂ©gĂ©talisĂ©e, cette zone qui fait partie de la rĂ©gion de Benishangul-Gumuz en Ăthiopie est recouverte de sites archĂ©ologiques contenant des indices sur la façon dont les gens y vivaient il y a des milliers dâannĂ©es, ainsi que de vieilles fosses et tranchĂ©es miniĂšres.
Datant de 6000 ans, Asosa a fourni une source clĂ© dâor Ă lâempire Ă©gyptien antique, dont la grande richesse Ă©tait mondialement connue. Aujourdâhui, les rĂ©sultats des recherches relancent les perspectives. Certains habitants locaux vivent dĂ©jĂ de la prospection, et plusieurs sociĂ©tĂ©s miniĂšres ont Ă©galement Ă©tĂ© actives dans la rĂ©gion au cours des derniĂšres annĂ©es.
Ăthiopie, prochain grand exploiteur de lâorâ?

Lâexploitation plus substantielle des richesses de la rĂ©gion remonte Ă lâinvasion italienne des annĂ©es 1930. Les Italiens ont explorĂ© le district aurifĂšre de Welega et le sud-est dâAsosa. Mais quand le gouvernement rĂ©volutionnaire Derg fut plongĂ© dans la guerre civile, lâextraction de lâor a disparu de lâordre du jour pendant une dĂ©cennie et demie. Il a fallu attendre le dĂ©but des annĂ©es 2000 avant que le gouvernement ne commence Ă accorder des permis dâexploration.
En effet, si plusieurs mines sont en activitĂ© dans le pays, aucune dâelles nâest Ă Asosa. Le bĂ©nĂ©ficiaire des efforts italiens des annĂ©es 1930 Ă Welega est la prospection aurifĂšre Tulu Kapi, contenant 48 tonnes dâor. Ce dernier a Ă©tĂ© acquis en 2013 par le groupe minier chypriote KEFI Minerals pour une valeur dâenviron 2,3 milliards de dollars amĂ©ricains.
Quant Ă Asosa, la sociĂ©tĂ© Ă©gyptienne ASCOM a rĂ©alisĂ© une importante dĂ©couverte aurifĂšre dans la zone en 2016. Elle a publiĂ© une premiĂšre dĂ©claration de ressources qui revendiquait la prĂ©sence de 48 tonnes dâor. Pourtant, cela pourra nâĂȘtre que le dĂ©but.
Explications

Selon lâexplication technique fournie par les chercheurs, la gĂ©ologie de la zone dâAsosa est caractĂ©risĂ©e par divers types de roches volcaniques et sĂ©dimentaires qui ont plus de 600 millions dâannĂ©es. La rĂ©gion a Ă©tĂ© intensĂ©ment dĂ©formĂ©e par les forces gĂ©ologiques, ce qui a entraĂźnĂ© des failles de plusieurs kilomĂštres Ă de minuscules fissures.
Certaines de ces veines contiennent du quartz, et câest principalement lĂ que lâor de la rĂ©gion sâest accumulĂ©. En rĂ©alitĂ©, lâor provenait de matĂ©riaux fondus au plus profond de la Terre qui se frayait un chemin vers le haut au cours dâun processus connu sous le nom de subduction. Câest ce qui explique par exemple les gisements dâor dans les arcs insulaires comme en IndonĂ©sie et en Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e.
De fait, les chercheurs en sont convaincus : il y a plus dâor de classe mondiale dans cette rĂ©gion. Selon ceux-ci, il nâest pas exagĂ©rĂ© de dire que le potentiel aurifĂšre de lâĂthiopie pourrait rivaliser avec celui de lâAfrique du Sud, ce qui placerait le pays dans le top cinq des pays producteurs dâor dans le monde. Cependant, il existe encore des dĂ©fis importants.
Faire face Ă la bureaucratie gouvernementale peut ĂȘtre difficile. Dans une zone comme Asosa, il y a des espĂšces sauvages Ă Ă©viter, comme les serpents venimeux, les babouins et mĂȘme les singes. Lâextraction de lâor ayant dĂ©jĂ une trĂšs mauvaise rĂ©putation internationale pour les dommages environnementaux, Asosa pour se plier aux mĂȘmes consĂ©quences.















Parcours exceptionnel 
















