Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Afrique: 159 startups numériques ont reçu 195 millions de $ en 2017

    Afrique: 159 startups numériques ont reçu 195 millions de $ en 2017

    Les investissements dans les startups africaines de technologie ont atteint les niveaux les plus élevés, avec 159 startups rassemblant plus de 195 millions de dollars, selon Disrupt Africa Tech Startups Funding Report 2017.

    Les résultats de cette recherche révèlent que le financement total des entreprises technologiques africaines en 2017 a augmenté de 51 % par rapport à 2016, tandis que le nombre de startups financées a également augmenté de 8,9 %.

    L’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya sont restés les trois premières destinations d’investissement pour la troisième année consécutive. Pour la première fois, le financement assuré par les startups nigérianes a dépassé l’Afrique du Sud en 2017, bien qu’il y ait beaucoup plus d’entreprises sud-africaines.

    Gabriella Mulligan, cofondatrice de Disrupt Africa, affirme que l’un des principaux enseignements de cette recherche est la mesure dans laquelle le nombre de startups ayant obtenu des fonds et le montant global des investissements recueillis ont considérablement augmenté. « Il ne fait aucun doute que la “révolution technologique” africaine est en train de se produire. De plus en plus d’entreprises de qualité sont en cours de construction, et les investisseurs sont prêts à les soutenir, plus que jamais auparavant », explique Mme Mulligan.

    Autres points intéressants, alors qu’au cours des dernières années presque tous les fonds ont été consacrés à des startups dans les trois premiers pays (Afrique du Sud, Nigeria, Kenya), la part des financements vers ces pays diminue rapidement. Ce qui signifie que de plus en plus de financements vont vers des marchés alternatifs, montrant que les investisseurs ne sont plus confinés à ces hubs traditionnels, mais recherchent des talents et des opportunités d’affaires sur tout le continent.

    Le lead nigérian

    Selon Gabriella Mulligan, l’histoire du Nigeria est intéressante. « Alors que 2017 marque la première année où elle a dépassé l’Afrique du Sud en termes de montant total des fonds collectés, plus les 60 % du financement total du Nigeria vont à une seule entreprise : Andela. Et selon les chiffres du rapport, exempté des fonds collectés par Andela, le Nigeria présente un moins bon bilan que l’Afrique du Sud et le Kenya.

    A en croire Disrupt Africa, des signes d’un intérêt croissant des investisseurs pour les marchés moins développés ont également été observés, le pourcentage total des financements reçus par ces trois principaux écosystèmes passant de 81,7 % à 74,7 % en 2015. Le Ghana, l’Égypte et l’Ouganda apparaissent clairement comme des hotspots.

    Tendances

    Les entreprises Fintech se sont montrées de loin le secteur le plus attractif pour les investisseurs, avec 45 start-ups fintech représentant près d’un tiers du financement total destiné aux entreprises technologiques africaines en 2017. L’intérêt pour le commerce électronique a rebondi, en hausse de 350 % par rapport à l’année précédente. Les start-ups ont levé plus de 16,7 millions de dollars US, tandis que l’agrotechnologie a couru sur le devant de la scène, avec un financement de 203 % en 2016.

    Pour l’avenir, Disrupt Africa s’attend à ce que la reprise générale se poursuive avec des fonds et des financements supplémentaires. La société estime que l’Afrique du Sud retrouvera la première place, tandis que le Kenya continuera de performer fortement. Quant au Ghana, le pays commencera à laisser sa marque.

    Toutefois, l’accès à un financement suffisant pour les startups en dehors des trois premiers marchés reste un défi, tout comme le soutien aux startups qui ne sont pas basées dans les grandes villes.

     

  • Iyinoluwa Aboyeji, le Nigerian qui va concurrencer PayPal, VISA […]

    Iyinoluwa Aboyeji, le Nigerian qui va concurrencer PayPal, VISA […]

    Si l’Afrique ne manque pas d’entrepreneurs, les ambitions de certains d’entre eux sont souvent entravées par le manque dans de nombreux pays africains de systèmes de paiement numérique fiables et abordables. Pour apporter une solution, Moneywave, de Flutterwave, veut permettre aux commerçants et particuliers d’accepter le paiement quel qu’il soit et de le recevoir instantanément, quel que soit le canal qu’ils choisissent.

    Le problème que l’équipe cherche à résoudre est évident : il n’y a tout simplement pas de système de paiement universellement utilisé et accepté, surtout en Afrique. Les comptes bancaires, bien que communs, ne résolvent pas le problème, et les commerçants souvent informels se heurtent aux formalismes. En conséquence, les transactions par carte aussi restent faibles.

    C’est dans ce contexte que Flutterwave propose son service Moneywave, une API qui permet de traiter les paiements par carte de crédit et autres paiements locaux, tels que l’argent mobile à travers l’Afrique. Cette innovation permet aux commerçants du reste du monde de traiter les paiements comme une entreprise africaine locale.

    Changer la façon dont l’argent circule sur tout un continent

    En effet, l’entreprise fournit aux banques, aux entreprises et aux entrepreneurs la plate-forme technologique sous-jacente pour effectuer et accepter des paiements partout en Afrique. « Quand vous regardez comment les paiements fonctionnent dans le monde en développement, vous commencez à réaliser que c’est beaucoup plus compliqué ici qu’aux États-Unis.

    Il y a un grand nombre d’options de paiement différentes, et différentes raisons pour lesquelles les gens utilisent chacun. En permettant à n’importe quel commerçant, peu importe où il se trouve, de traiter toutes les options de paiement disponibles, Flutterwave change la façon dont l’argent circule sur tout un continent. C’est une énorme idée, et nous avons une équipe incroyable pour l’attaquer » racontons Aboyeji, celui qui connait bien les États-Unis pour y avoir vécu.

    Mais avant Flutterwave, l’entrepreneur Iyinoluwa Aboyeji était l’un des cerveaux d’Andela, une société qui formait des développeurs africains pour les mettre à disposition des sociétés technologiques mondiales ; une entreprise qui avait reçu un investissement du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg.

    « Flutterwave a commencé à cause de certaines des expériences que j’ai eues dans ma dernière compagnie, Andela. Andela recrutait et formait les meilleurs développeurs africains pour travailler à distance pour de grandes entreprises technologiques comme IBM et Microsoft » complète celui-ci.

    Désormais, les premiers succès de l’entreprise d’Aboyeji sont de bon augure pour la conversion d’une grande partie de l’écosystème de paiements numériques fragmenté, mais potentiellement riche en Afrique subsaharienne.

    Mais comme un bon nombre d’entrepreneurs, Chris Folayan a aussi ses défauts. « Je peux être facilement distrait. Et je peux très distrait parce que je suis un penseur très abstrait. J’ai donc tendance à rassembler plusieurs éléments différents d’une même chose et ensuite, cela correspond à une grande image, mais je ne suis pas en mesure de finaliser. Je ne suis pas le meilleur exécuteur ou opérateur » avoue l’entrepreneur.

     

  • En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En soit, le principe n’est pas nouveau, puisque l’Union européenne a déjà une politique d’exemption de visa pour ses citoyens. En Afrique, saluée par les experts, la suppression de visa pour une libre circulation fait lentement son chemin.

    Il faudra remonter à un quart de siècle pour retrouver la première fois où l’idée d’un passeport africain a été émise. Mais cette idée n’a pas émergé et certains pays se sont montrés méfiants, avec en ligne de mire, une crainte de l’augmentation de la contrebande, de l’immigration clandestine, du terrorisme et de la propagation des maladies.

    Le chemin vers le passeport africain 

    En 2017, l’UA avait lancé un passeport africain, un projet emblématique de l’ex-présidente Nkosazana Dlamini-Zuma. Cependant, le passeport n’est actuellement disponible que pour les hauts diplomates et les hauts fonctionnaires des 55 États membres de l’UA. Et parmi ces États membres, seules les Seychelles offrent un accès sans visa à tous les pays africains.

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    Selon Daniel Silke, directeur de Political Futures Consultancy, basé en Afrique du Sud, les grandes économies en croissance s’inquiètent de l’impact que les mouvements de population pourraient avoir sur les marchés du travail et les villes. Certaines des économies à croissance rapide de l’Afrique sont la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Guinée, le Sénégal et la Tanzanie. En réalité, avec l’expansion rapide des villes urbaines en Afrique, les institutions gouvernementales sont tendues et les villes qui offrent des opportunités seront soumises à une pression accrue avec cette initiative.

    En novembre 2017, après 15 ans de négociations, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), comprenant le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo, a ratifié le mouvement sans visa de ses citoyens. Dans la logique de cette politique, les États membres adopteront la technologie biométrique, assureront la coordination de la police et des services de sécurité et respecteront les différentes réglementations du travail.

    Initiatives

    La prochaine meilleure initiative à un système sans visa est le visa à l’arrivée, qui peut inclure l’autorisation de rester jusqu’à 90 jours. Le Rwanda a adopté ce protocole en 2013 et a constaté une augmentation du nombre de visiteurs et d’investisseurs africains, a noté Anaclet Kalibata, le directeur général de l’immigration et de l’émigration du pays.

    Selon ce dernier, entre 2013 et 2016, le nombre d’Africains recevant des visas à leur arrivée aux points d’entrée rwandais a augmenté de plus de 100 %, et le Rwanda a accueilli beaucoup plus d’évènements internationaux. A également en croire ses dires, les taux de criminalité dans le pays n’ont pas augmenté, contrairement aux craintes initialement exprimées par les sceptiques.

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    À l’instar du Rwanda, le Ghana également offre désormais un accès sans visa à un tiers des États membres de l’UA et des visas à l’arrivée aux deux tiers restants. Ce faisant, le pays a fait le plus de progrès de tous les États africains vers une Afrique sans visas pour les Africains, selon le Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017 de la Banque africaine de développement (BAD).

    Le Sénégal également offre un accès sans visa à 42 pays africains dans le but de redynamiser son secteur touristique. De son côté, le président Uhuru Kenyatta a annoncé que tous les Africains recevront désormais un visa à leur arrivée au Kenya.

    Par ailleurs, une autre alternative qui commence à être explorée porte sur des accords réciproques entre les pays. C’est le cas avec la Namibie où les autorités font des efforts pour finaliser de tels arrangements. Le Rwanda qui offre déjà un visa aux Africains à l’arrivée est aussi preneur des accords réciproques avec d’autres pays. De fait, cet accord sur le passage frontalier entre le Rwanda, la RDC, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda a favorisé la cohésion sociale régionale, et le commerce transfrontalier dans ces pays contribue désormais à hauteur de 42 % au PIB, selon les chiffres d’Anaclet Kalibata.

    Cependant, l’expérience du Rwanda n’est pas suffisante pour changer la perception des impacts négatifs de la libéralisation des visas d’entrée. Jean-Guy Afrika, principal expert politique de la BAD et contributeur au Africa Visa Openness Report 2017, note : « L’analyse des régimes de visas africains de 2016 a montré qu’en moyenne les Africains avaient besoin de visas au départ pour voyager dans 54 % des autres pays africains (55 % en 2015) ; pourraient obtenir des visas à l’arrivée dans seulement 24 % (contre 25 % en 2015) ; et n’ont pas besoin de visas pour voyager à seulement 22 % (contre 20 % en 2015). »

    Libéralisation des visas

    S’il y a 4 ans seuls cinq pays offraient un visa libéral, d’arrivée ou non, aux citoyens de tous les pays africains, aujourd’hui, ce nombre est porté à 14. L’évolution est certes timide, mais importante. Cette évolution est portée par l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. En effet, dans les classements 2017 de l’indice d’ouverture des visas en Afrique, 75 % des pays du top 20 sont dans ces deux régions. Un seul est au nord et aucun en Afrique ne centra.

    La BAD, l’UA et le Conseil du programme d’action du Forum économique mondial sur l’Afrique ont collaboré au Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017, le deuxième du genre. Les chercheurs ont recueilli des données auprès de l’Association du transport aérien international et des réponses aux questionnaires administrés aux points focaux nationaux. Les avis sont en effet positifs. Le besoin est en effet existant. L’ouverture des visas peut n’être qu’une partie du puzzle des États africains interconnectés, mais elle est néanmoins très importante.

  • Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Au Ghana, les rappeurs allient rimes et « punchlines » à l’activisme pour prendre le lead sur les questions de la protection de l’environnement.

    Au cours des 4 dernières décennies, le Ghana a été confronté à des défis environnementaux complexes. Ces défis incluent un problème crucial qu’est la pollution toxique, engendrée par la mauvaise gestion des matières résiduelles. En effet, dans ce pays, le système de gestion des déchets est encore très insuffisant. Selon les chiffres, seuls 67 % des déchets sont collectés et le pays manque toujours d’infrastructures pour les gérer, malgré les efforts de l’Agence de protection de l’environnement du Ghana (EPA). Et pour l’instant, ce pays qui réalise une croissance économique enviable est contraint de brûler ses déchets électroniques. La pratique n’est pas restée sans conséquences environnementales importantes.

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    En un premier temps, sous les yeux de l’ancien chef d’État John Dramani Mahama, et désormais de Nana Akufo-Addo, Accra est devenue une ville noyée dans les déchets plastiques. Le système de caniveaux en bordure de route de la ville, destiné à endiguer les fortes pluies et les inondations pendant les saisons pluvieuses, envoie l’eau en excès dans une lagune qui se déverse dans le golfe de Guinée. Mais les tas d’ordures endommagent souvent les caniveaux dans les quartiers les plus pauvres du Ghana et les rendent vulnérables aux inondations.

    En 2015, le colmatage des déchets plastiques accumulés et les inondations qui en ont résulté ont forcé des dizaines de personnes à fuir les zones concernées.

    Dans un contexte plutôt difficile à gérer, les rappeurs s’engagent dorénavant à prendre les terreaux par les cornes.

    Les vers de l’environnement

    Dans le clip de sa chanson Gold Coast sorti l’année dernière, le rappeur ghanéen ELi se tient sur la plage de Labadi à Accra, alors que des vagues et des bouteilles en plastique s’écrasent contre ses pieds. Il marche pieds nus sur un tapis de bouteilles et de sacs en plastique, avec seulement des pointes de sable. Dans une autre scène, le même rappeur se tient au garde-à-vous, sa poitrine saillit, son menton relevé, ses pieds et ses chevilles enfoncés dans un tas de plastique et de déchets.

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    ELi, dont le nom complet est Edward Elikplim Ayikoe, appartient à une communauté naissante de musiciens ghanéens qui utilisent leur travail pour « évaluer » la stature du Ghana comme une « démocratie modèle », pour reprendre les mots de l’ancien président américain Barack Obama. Ces artistes veulent attirer l’attention non pas sur les thèmes traditionnels de la réussite financière, de l’amour et du style de vie, mais sur d’autres problèmes qui peuvent « étouffer » une démocratie, comme le flot de bouteilles et de sacs en plastique répandus dans les quartiers de la capitale ghanéenne.

    Les rappeurs considèrent leur musique et leurs plateformes comme essentielles pour sensibiliser la population sur la crise.

    Environnement, une cause démocratique

    Le hip-hop a longtemps été un cadre artistique dominant permettant aux rappeurs d’exprimer leurs frustrations. Au Ghana, la paix relative et la liberté dans les expressions ont permis aux artistes d’explorer des sujets tels que l’environnement, le sexisme, le chômage et même la domination du christianisme, faisant d’eux des questionnaires musicaux incisifs du statu quo.

    Wanlov, qui a réalisé la vidéo d’ELi, est un Ghanéen métis. Son vrai nom est Emmanuel Owusu-Bonsu, et il est connu pour n’avoir pas porté de chaussures depuis 10 ans. « Quand vous venez au Ghana et vous demandez qui est la personne la plus gênante, quand il s’agit de questions sociales, de problèmes gouvernementaux et de corruption, ils disent mon nom », se targue Wanlov.

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    En 2014, c’est cet homme qui a organisé une compétition de musiques écologiques appelée « Eco Rave ». Dans la chanson lauréate du concours dont le titre est Keep Ghana Clean, Efo Chameleon, 27 ans, a levé la voix sur les gouttières bouchées, la puanteur et la négligence généralisée qui est venue définir la vie dans la capitale du Ghana. L’artiste donne également des instructions étape par étape sur la façon de se débarrasser des plastiques. Mais à côté de cela, les médias sociaux et les services de streaming Internet ont donné à des artistes comme Efo et ELi, ainsi que Akan, Worlasi, Azizaa, Kwame Write et Mensa, collaboratrice de Wanlov dans le groupe FOKN Bois, l’occasion d’être politique sans avoir besoin d’être à la mode.

    Toutefois, ces musiciens ont traditionnellement du mal à s’introduire dans l’industrie dite de « payola », où les artistes et les labels doivent souvent payer aux DJs et aux médias pour faire jouer leurs musiques. L’été dernier, un groupe de jeunes entrepreneurs musicaux dirigé par Selorm Jay a lancé le site « Yoyo Tinz » pour célébrer et promouvoir les artistes hip-hop politiquement et socialement engagés au Ghana, et qui sont souvent exclus par le système payola.

    A claire, ce qui différencie ces artistes du hip-hop ghanéen des autres artistes des pays voisins, c’est que le champ d’action des premiers ne se limite pas à la politique. Leur vision d’une nation libre est celle où le gouvernement est responsable, mais aussi où l’environnement est pris en charge. Et pour arriver à ce point, tous les moyens sont bons. Des beaux vers aux punchlines.

  • Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Souvent caractérisés par de longs retards et des annulations, des liaisons limitées,  ou encore des avions ou pistes délabrés, les vols à travers l’Afrique sont parfois embarrassants.

    Le problème lié au transport aérien en Afrique est compliqué par les réglementations restrictives et le protectionnisme. Des politiques qui entravent les voyages intranationaux, conduisant les compagnies aériennes africaines à perdre, selon les données de la Banque mondiale, environ 800 millions de dollars en 2016. Désormais, certains de ces problèmes devraient entrer dans l’histoire lorsque le Marché unique du transport aérien africain (SAATM) sera lancé par l’Union africaine (UA) à la fin du mois de janvier.

    En tant que l’un des projets phares de l’Agenda 2063 panafricain de l’UA, ce plan vise à améliorer la connectivité aérienne en Afrique et à utiliser le transport aérien comme moteur de croissance économique, de création d’emplois et d’intégration.

    L’idée repose sur la Décision de Yamoussoukro de 1999, lorsque les ministres africains responsables de l’aviation civile ont accepté un certain nombre de mesures visant à déréglementer les services aériens, à mettre en place des mécanismes de concurrence loyale, de règlement des différends et de libéraliser les fréquences et les tarifs.

    Dans le cadre de cet accord en effet, les pays devraient également libéraliser l’exercice des droits de cinquième liberté pour les passagers et les services aériens de fret, permettant à un transporteur de voyager entre deux pays sur un vol en provenance ou à destination de son propre pays.

    Fédérer les marchés

    En mettant en œuvre ce plan, les pays africains espèrent imiter et développer les marchés uniques de l’aviation dans des pays comme l’Europe et l’Amérique latine. L’UA espère également encourager l’investissement et l’innovation transfrontaliers, améliorer les opérations et l’efficacité des entreprises, accroître la concurrence sur les lignes. Mais pas que. Cette politique de l’institution entend aussi abaisser les tarifs, créer plus d’emplois, ou encore aider les compagnies aériennes à se développer pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

    Jusqu’à présent, 21 pays qui contrôlent plus de 670 millions de la population du continent se sont engagés à ce plan. Ceux-ci comprennent le Bénin, le Nigeria et la Sierra Leone dans la région ouest-africaine; Le Kenya et le Rwanda à l’est; Le Zimbabwe et l’Afrique du Sud dans le sud; et l’Egypte au Nord.

    Le marché unique accueille également huit des dix aéroports les plus fréquentés d’Afrique, notamment l’aéroport international de Bole en Éthiopie et OR Tambo à Johannesburg, en Afrique du Sud. Jusqu’à 15 transporteurs, qui représentent plus de 70% du trafic aérien intra-africain, ont également signé pour le marché commun, y compris Ethiopian Airlines, Kenya Airways, South African Express et Egypt Air.

    Par ailleurs, ce mouvement de libéralisation du transport aérien coïncide avec une pression des gouvernements africains pour ouvrir plus de frontières et encourager le commerce et le tourisme interrégional. L’année dernière, les Africains ont voyagé plus facilement à travers le continent, et des pays comme le Kenya, la Namibie et le Ghana ont annoncé l’élimination des restrictions de visa ou l’octroi de visas à l’arrivée. Le tourisme local au Kenya, en Tunisie et en Afrique du Sud a également stimulé les voyages aériens intérieurs, entraînant la croissance budgétaire des transporteurs.

    Pourtant, malgré les meilleures intentions du plan, le voyage aérien en Afrique a encore beaucoup de chemin à faire. Des transporteurs comme Kenya Airways ou Arik Air du Nigeria ont eu du mal à faire des profits ces dernières années, en proie à la dette ou aux résultats d’une stratégie d’expansion mal cadencée.

    Et à moins que de nouveaux pays ne s’ouvrent, les restrictions gouvernementales sur les visas et l’établissement de lignes aériennes continueront à empêcher un potentiel de cinq millions d’Africains de voyager sur le continent, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les voyages aériens dans des pays comme la Somalie ont aussi un long chemin à parcourir avant de pouvoir s’intégrer pleinement avec le reste: après 27 ans sous le contrôle des Nations Unies, le pays a repris le contrôle de son espace aérien en décembre 2017.

  • Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donné le feu vert pour la construction de la première phase de l’épine dorsale nationale de fibres optiques, d’une longueur de 2 001 km du Burkina Faso. Le projet, entrepris par la multinationale Huawei, a débuté à Gaoua, dans la région de Bafuji.

    « Le gouvernement est fermement déterminé à faire en sorte que nos régions soient interconnectées et que nos collectivités soient interconnectées », a déclaré le chef de l’État burkinabé, Roc Marc Kaboré en fin d’année 2017.

    Pour ces travaux, c’est le groupe français d’ingénierie Tactis qui est chargé de superviser l’avancement du projet. Le groupe a déjà confirmé que la première phase serait achevée dans un an.

    La première phase devrait coûter 50 milliards de FCFA (environ 90 millions de dollars) et sera financée par une facilité de crédit de 12 ans, dont 60 % ont été fournis par la Banque de Chine, les 40 % restants étant fournis par BNP Paribas. Le prêt comprend une période de grâce de 3 ans, ce qui signifie que le pays a 15 ans pour rembourser sa dette.

    Hadja Fatimata Ouattara, ministre du Développement de l’économie numérique et des postes depuis février 2017, a déclaré que l’épine dorsale nationale de 2 001 km sera ajoutée aux 307 km du projet d’interconnexion Afrique de l’Ouest et aux 650 km de fibre.

    À terme, le Burkina Faso devra disposer d’un total de 2 957 km d’infrastructures en fibre optique et, au cours de la deuxième phase, 8 000 km supplémentaires d’infrastructures en fibre optique seront déployés.

    Le projet d’épine dorsale nationale reliera les 45 provinces du pays, ainsi que ses principales zones urbaines, à un coût estimé à 100 milliards FCFA (environ 180 millions de dollars).

  • Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hormis le fait que sa première bande-annonce officielle était au-delà de l’épopée, l’Afrique, et particulièrement le Nigeria, aura une raison de plus d’être mordu du prochain film Avengers : Infinity War.

    Lorsque le prochain film Avengers de Marvel sortira en mai prochain, il y aura pour nombre d’Africains une raison supplémentaire de s’enthousiasmer pour le blockbuster de la franchise. En effet, Funke Akindele, l’une des plus grandes stars de l’industrie cinématographique nigériane (Nollywood) figure parmi les acteurs de la distribution des Avengers : Infinity War. L’information est disponible sur IMDb, le site Web de la base de données de films appartenant à Amazon.

    L’actrice nigériane est répertoriée pour jouer un rôle de membre de Dora Milaje, l’unité de toutes les forces spéciales féminines Wakanda de la bande dessinée Black Panther.

    En ce moment, il semble probable Akindele fera la coupe finale du film. Même si nomination finit par être un rôle mineur par rapport à son statut de superstar Nollywood, ce serait encore une percée majeure pour l’industrie cinématographique du Nigeria qui a connu une émergence rapide ces dernières années. Il faut aussi préciser que ce sera donc la première fois qu’un acteur nigérian apparaîtra dans un film de super-héros hollywoodien.

    En effet, Avengers 4 est un apogée après une décennie d’accumulation dans les premiers films de Marvel. Le film sera publié 10 ans jour pour jour quand Iron Man, le premier film de l’univers cinématique Avengers de Marvel, a fait ses débuts. Il verra plusieurs super-héros de différentes franchises qui font partie de l’univers cinématographique apparaitre ensemble dans un film pour la première fois. En tant que tel, Akindele jouera aux côtés de certains des plus grands noms d’Hollywood, à l’instar de Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans, Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Don Cheadle, Zoe Saldana ou encore Chris Pratt.

    Qui est Funke Akindele ?

    A 41 ans, Akindele sait certainement quelque chose au sujet de faire partie d’une franchise populaire et réussie.

    En 2008, la native de Lagos avait joué dans Jenifa, une comédie sur une jeune femme sans éducation vivant à Lagos. Il s’est avéré être un succès massif. A la suite à cela, la star avait décroché le prix de la meilleure actrice de l’Africa Movie Academy dans un rôle principal pour sa performance.

    Il faut toutefois préciser qu’Akindele ne sera pas le premier lien entre Avengers à la plus grande ville nigériane. En 2016, dans la vidéo Captain America Civil War, il y avait une scène de combat de premier plan jouée à Lagos.

    L’année dernière, les trois films de Marvel (Spider-Man : Homecoming, Thor: Raganarok et Guardians of the Galaxy Vol. 2) avaient ensemble recueilli plus de 2 milliards de dollars avec chaque film notant 100 millions d’ouvertures ; soit, un record de 100 millions de dollars d’ouvertures en une seule année pour les maisons de production américaines. Le nouveau film est susceptible de continuer cette forte course au box-office. La bande-annonce a déjà accumulé plus de 113 millions de vues depuis sa sortie en fin novembre 2017.

    La sortie du film est prévue pour le 4 mai 2018. Une suite est programmée pour le 3 mai 2019.

  • Le Ghana veut former ses voisins aux preuves électroniques

    Le Ghana veut former ses voisins aux preuves électroniques

    Le Ghana va devenir un centre de formation judiciaire sur la cybercriminalité et la preuve électronique au sein de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Le pays a récemment lancé un cours de formation à Accra conçu pour la communauté juridique dans les pays anglophones.

    Ce cours qui bénéficie du soutien de la Commission de la CEDEAO et du Conseil de l’Europe reflète celui qui a été donné au Sénégal au début de cette année, spécifiquement pour les pays francophones et lusophones.

    Ambrose Dery, ministre de l’Intérieur de la République du Ghana a lancé le cours dans la capitale du Ghana où 29 juges, magistrats et procureurs du Ghana (ainsi que le Nigeria, la Sierra Leone et la Gambie) acquerront les compétences nécessaires pour juger des affaires de cybercriminalité et de — preuve.

    Une déclaration du Conseil de l’Europe stipule qu’après le cours d’introduction, le Conseil de l’Europe apportera son soutien au développement des connaissances et des capacités avancées et à l’intégration des cours sur la cybercriminalité dans les programmes et stratégies de formation de chaque autorité nationale représentée. Le cours d’introduction sera suivi par la prestation régionale du Cours judiciaire avancé, en 2018.

    Le Conseil de l’Europe offre actuellement des possibilités de formation similaires aux autorités judiciaires de pays tels que le Costa Rica, Maurice, le Maroc, le Myanmar, Singapour, Sri Lanka, la Thaïlande et les Tonga.

    L’Afrique ciblée

    Selon le Panda Cybersecurity Report 2017 récemment publié, plusieurs pays africains ont été la cible de la cybercriminalité entre janvier et octobre 2017. Ce rapport a analysé 75 millions de nouveaux fichiers malveillants distincts sur une période de dix mois, soit 285 000 échantillons par jour. Entre autres pays attaqués, l’Algérie, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Ces 3 pays figurent en outre parmi les dix premières cibles au niveau mondial.

    « Les événements de cybersécurité survenus cette année ont prouvé que le modèle de sécurité traditionnel n’est pas capable de détecter et de prévenir les menaces avancées. Les hackers adaptent en permanence les variantes de malware pour éviter la détection ; un changement majeur que nous avons vu en 2017 est la suppression de l’élément humain. Facteur de succès dans les cyberattaques : les attaques peuvent désormais réagir en temps réel au réseau des victimes et s’adapter, sans interaction humaine, pour atteindre leur objectif », lit-on dans le rapport.

    La société prédit que 2018 sera défini par des attaques sans fichier, des niveaux de risque plus élevés associés aux appareils mobiles, ainsi qu’une focalisation plus intense sur les crypto monnaies comme moyen d’attaque.

    Les attaques mondiales telles que WannaCry et Petya renforcent le besoin d’une technologie de sécurité de nouvelle génération pour atténuer les risques, ajoute la société. Mark Thomas, stratège en sécurité chez Dimension Data, affirme que l’on peut s’attendre à un pic d’attaques pendant la période des fêtes.

    « Au cours des six prochaines semaines, nous assisterons à une augmentation des campagnes de phishing par courriel, des attaques de rançongiciels, des chevaux de Troie bancaires ainsi que de l’émergence de sites Web frauduleux qui favorisent des offres spéciales telles que des forfaits vacances à prix réduit », ajoute le stratège. Autant comprendre qu’il faut prendre des dispositions le plus tôt.

  • L’Amérique honore un soldat immigrant et héros ghanéen

    L’Amérique honore un soldat immigrant et héros ghanéen

    L’ambassade des États-Unis à Accra a rendu hommage début janvier à un soldat d’origine ghanéenne qui est mort en sauvant des victimes de l’enfer du Bronx.

    C’est un acte courageux et héroïque qui est récompensé. En décembre dernier, le soldat américain d’origine ghanéenne Emmanuel Mensah a perdu la vie dans un appartement de New York, alors qu’il tentait de sauver des personnes prises au piège par un incendie. Quelques semaines après ce décès tragique, l’ambassade des États-Unis à Accra a décidé d’honorer la mémoire du Ghanéen. Un hommage a été rendu à Emmanuel Mensah en présence de sa famille.

    Âgé de 28 ans, Emmanuel Mensah passait en effet ses vacances avec ses amis dans l’appartement qui a pris feu. Il a « sauvé la vie d’une demi-douzaine de personnes ». Les autorités de la ville de New York ont indiqué que douze personnes, dont quatre enfants, ont également perdu la vie dans l’incendie.

    Immigrant et héros

    L’ambassade des États-Unis à Accra a exprimé ses « plus sincères condoléances à tous ceux qui ont été touchés par l’incendie de l’appartement du Bronx ». « Nous honorons le sacrifice d’Emmanuel Mensah, qui est entré plusieurs fois dans le bâtiment en flammes pour en sauver d’autres. Que lui et toutes les victimes de ce feu tragique reposent en paix », a déclaré l’ambassade.

    Le maire de New York, Bill de Blasio, avait auparavant déclaré que le soldat Mensah, un soldat de la garde nationale de l’armée, était un héros qui avait risqué sa vie pour aider les autres. « Le soldat Emmanuel Mensah était un immigrant de première génération, un soldat et un New Yorkais. Il a donné sa vie en sauvant ses voisins dans le feu du Bronx. Son héroïsme illustre le meilleur de notre ville. Repose en paix », avait écrit Bil de Blasio sur son compte Tweeter.

     

  • Au Togo, le chômage chez les jeunes crée des exilés 

    Au Togo, le chômage chez les jeunes crée des exilés 

    Au Togo, la question du chômage des jeunes est l’une qui sous-tend les revendications actuelles de l’opposition. Autant la problématique est importante, autant les courroux en l’encontre des autorités, voire l’envie de renverser la tendance est quasi irrésistible.

    Dans une généralité presque écrasante, surtout caractéristique des pays francophones, l’épineuse question du chômage des jeunes est la source de beaucoup de maux sociétaux. Au Togo, les statiques (rarement actualisées) le prouvent assez facilement.

    Situation délicate

    En 2011, selon certaines enquêtes, le chômage au Togo touchait 6,5 % de la population active et le taux de sous-emploi visible était de 22,8 %. Selon la tendance, beaucoup plus de jeunes femmes sont en situation de sous-emploi que les jeunes hommes de la même tranche d’âge avec des taux respectifs de 22,9 % contre 17,73 %. Et selon les prévisions qui en sont découlées, chaque année, en moyenne 40 000 nouveaux demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail. Depuis, la mise en place des plateformes de concertation entre l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le chômage des jeunes, avec pour ambition de trouver les meilleures solutions… presque en vain.

    Dans un plus récent rapport publié par la Banque Mondiale, au tout début de l’année 2014 sur la situation de l’emploi des jeunes en Afrique Subsaharienne, on y note que le chômage des jeunes n’est que de 3 %. La situation sous régional semble meilleure comparativement à celle du Togo où le taux de chômage s’évalue à 6,5 %. Mais cette situation va être de plus en plus inquiétante, si rien n’est fait par rapport à l’augmentation de la population jeune.

    La question est d’autant plus préoccupante que la tranche d’âge concernée, entre 15 à 35 ans, représente plus du tiers de la population togolaise, soit un peu plus de 2 millions de personnes selon les statistiques. Une situation qui pousse bien de jeunes Togolais à migrer vers les pays voisins, ou encore les États-Unis et l’Europe pour un mieux-être.

    Exilés économiques

    Cette situation du chômage ne saurait être dissociée des raisons de la forte mobilisation des jeunes au cours des manifestations organisées par l’opposition politique au Togo depuis août 2017. En effet bien de jeunes sont beaucoup plus motivés par la situation de précarités, de pauvreté et de chômage, que par des raisons politiques. Un analyste politique confie que peu de personnes dans la rue assimilent la question constitutionnelle, mais l’engouement autour des évènements du groupe des 14 est favorisé par un ras-le-bol général. Un besoin d’alternance, lueur d’espoir de changement.

    Mais ce problème se manifeste autrement aussi, surtout par la migration vers d’autres pays de la sous-région, notamment le Ghana.

    En réalité, le Ghana, pays où l’économie a décollé il y a désormais près d’une décennie est l’une des destinations des jeunes togolais chômeurs. S’il est vrai que la vie y est relativement chère, l’on n’y souffre moins de problème de pauvreté, car, explique un jeune expatrié togolais, « on peut y gagner sa vie juste en étant artisan ». Sans doute pas faux. Selon les sondages, près de 40 % des travailleurs en artisanat au Ghana principalement à Accra proviennent du Togo et environ 70 % d’entre eux sont prêts à rentrer au Togo en cas de changement de régime politique. À en croire Kwasi, un tisserand d’origine togolaise établi dans le pays voisin depuis bientôt 5 ans, le marché artisanal ghanéen est plus « intéressant » que celui togolais. « On écoule beaucoup plus facilement les produits au Ghana qu’au Togo. Et ce critère est très déterminant dans la vie d’un artisan », ajoute celui-ci.

    Entre formations, népotisme et tribalisme, l’administration publique inaccessible

    Dans une analyse faite pas l’économiste et conseiller du Chef de l’État togolais Koffi Sodokin, cette situation peut s’expliquer par le fait que tous les jeunes qui ne sont pas en emploi ne sont malheureusement pas pour autant en éducation ou en formation. Selon celui-ci, nombreux sont ceux qui sont au chômage, voire inactifs, une catégorie qui est en situation de grande précarité et rencontre les plus grandes difficultés d’insertion dans l’emploi.

    En dehors cette cause, bien de spécialistes pointent du doigt la question de l’inadéquation entre les formations proposées et le marché dynamique et sans cesse soumis aux principes de l’innovation de l’emploi. D’autres font également allusion à la disponibilité des formations pour ces métiers innovants, conduisant à une nécessité des réformes éducatives au Togo. Mais le problème ne se résume pas là. Il est également souligné au sein de l’administration togolaise, un tribalisme et un népotisme qui atteignent le paroxysme. Cause d’une administration hermétique aux méritants. Et pour les concours d’entrée en fonctions publiques, dans la grande majorité des cas, les dés sont pipés à l’avance.

    Et s’il est vrai que l’État togolais a mis sur pied un certain nombre de mesures pour régler la difficile équation de l’emploi des jeunes, il faut également souligner que ces mesures sont loin d’éradiquer le mal. Et les mesures d’immigrations comme le programme de loterie visa des États-Unis sont une « aubaine » pour une grande partie de jeunes désirant quitter le pays. En vrai, des jeunes en quête de ces opportunités sont légion…