Catégorie : Afrique de l’ouest

  • BB Invest: la startup sénégalaise spécialisée dans le FinTech

    BB Invest: la startup sénégalaise spécialisée dans le FinTech

    La startup sénégalaise a bâti un réseau solide, composé de nombreux points de vente dans la capitale Dakar. BB Invest s’est spécialisée dans la FinTech et contribue à l’inclusion financière de différentes entreprises.

    La startup a été créée par de jeunes entrepreneurs sénégalais. Ils se sont rendu compte du faible financement dont bénéficient les jeunes entreprises sur le continent. Cette situation a déjà contraint certaines startups à revoir à la baisse leur ambition. D’autres start-peurs ont même décidé de renoncer à leur projet. Au Sénégal le constat a presque été le même. La création de BB Invest visait donc à soutenir les startups dans l’amélioration de leurs activités financières. Le but était également de proposer de solutions innovantes.

    La création de BB Invest vient combler un vide. Au Sénégal, le taux de bancarisation reste encore faible. Il tourne autour de 21 %. Mais comme dans d’autres pays de la sous-région, les services de transferts d’argent via le mobile sont nombreux. Pour Aissatou Dieng Sarre, responsable communication et marketing, BBS Invest intervient comme intermédiaire en vue de faciliter aux différents points de services de transferts d’argent. Il s’agit pour la startup de proposer sur le marché « des solutions technologiques destinées à ces PME sénégalaises pour une meilleure gestion de leurs activités journalières ».

    Multiples services

    Pour occuper le marché, BB Invest a mis en place la plateforme intelligente et multifonctionnelle SENTOOL. Cette plateforme a déjà permis à de nombreux Sénégalais d’effectuer de transfert d’argent mobile et de monnaie électronique. Aissatou Dieng Sarre explique que SENTOOL permet aussi à des ménages de payer leurs factures d’eau et d’électricité. Mieux, la plateforme propose une interface e-commerce qui permet à ses utilisateurs de faire des achats en ligne. BB Invest offre ses services à plus de 1000 points de vente.

    Au Sénégal où des startups se créent dans différents secteurs, BB Invest accompagne ces micros entreprises qui s’emploient à développer leurs activités. SENTOOL met à la disposition des entreprises des matériels technologiques capables de les aider dans leurs activités et même dans la définition de méthodes ou stratégies pour faire augmenter leurs chiffres d’affaires. Les startups peuvent également effectuer des transactions sécurisées. En plus, selon la chargée de communication et marketing, les opérateurs économiques peuvent grâce à la place multifonctionnelle suivre en tout temps le déroulement des activités de leurs points de vente.

    Depuis sa création, BB Invest a même installé à des entreprises des outils de Gestion Relation Client pour une bonne gestion de leur clientèle. L’objectif de la startup est désormais d’offrir ses services à des points de vente présents sur toute l’étendue du territoire. BB Invest comptera dans ce cas près de 20 000 points de vente. Avant de s’attaquer au marché sous-régional. La startup espère surtout recourir à une levée de fonds.

  • Afrique de l’Ouest : comment les économies se sont comportées en 2017?

    Afrique de l’Ouest : comment les économies se sont comportées en 2017?

    Durant l’année 2017, les États de la sous-région ont continué leur politique de développement pour renforcer leurs économies. Certains d’entre eux ont cependant rencontré des difficultés. D’autres par contre ont attiré l’attention d’investisseurs intéressés par les énergies renouvelables et le secteur manufacturier.

    La Côte d’Ivoire par exemple n’a pas pu conserver son avance en tant qu’économie connaissant la croissance la plus rapide après avoir été dépassée par le boom de l’Éthiopie. En 2017, les estimations de croissance annuelle du pays ont oscillé autour de 8 %, mais la confiance des investisseurs a été ébranlée par la menace de la mutinerie des soldats.

    Les autorités n’ont pas eu toute la latitude de mettre en œuvre le plan national de développement qui devait aider le pays à achever de grands projets d’infrastructure et à diversifier son économie. Une grande partie du plan était l’ambition d’aller du plus grand exportateur mondial de cacao cru à la fabrication et à la commercialisation de son propre chocolat. Alors que certains progrès ont été réalisés, les prix du cacao ont chuté et les agriculteurs craignent des mois de décembre et janvier exceptionnellement chauds qui pourraient nuire à leurs récoltes, montrant que la Côte d’Ivoire ne s’est pas encore sevrée d’être un exportateur de matières premières.

    Le Sénégal a quant à lui vu son économie progresser de 7,1 % durant le troisième trimestre de l’année écoulée. En fin d’année, le pays a même inauguré un nouvel aéroport qui doit lui permettre de desservir près de trois millions de passagers. Avec le Plan Sénégal émergent, le pays devrait atteindre une croissance de 7 % durant l’année 2018. Avec Patrice Talon, l’économie s’est consolidée durant 2017 avec le plan « Révéler le Bénin ».

    Ce vaste programme devra permettre au pays de développer le secteur de l’agriculture, les infrastructures et l’industrie touristique. Les efforts du Bénin ont été renforcés par le FMI qui a accordé au pays en avril 2017 plus de 150 millions de dollars. L’année précédente, le Bénin a enregistré une croissance économique de 5,4 % (une progression de 1,4 %)/En visite dans le pays en décembre dernier, Christine Lagarde a annoncé une croissance de 6 % pour 2018.

    Du Togo et du Nigéria

    Le Togo avait commencé l’année 2017 avec un plan clair pour stimuler son économie. Il s’agissait pour les autorités de renforcer le développement du pays avec de grandes réalisations. Au cœur de ces réalisations se trouve le port de Lomé, un port naturel en eau profonde qui pourrait desservir l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

    Mais fin août les manifestations contre Faure Gnassingbé ont troublé l’élan économique du pays. Elles ont conduit à des affrontements meurtriers et à des coupures d’internet. Une issue n’est toujours pas trouvée à la crise. Les partis d’opposition continuent de protester. Difficile de faire une prédiction économique pour le pays. L’incertitude qui plane sur le Togo peut « chasser » des investisseurs.

    Après une année pleine de croissance négative en 2016, le Nigeria a commencé l’année 2017 avec une économie agitée. La chute du prix du pétrole, principale exportation nigériane, ainsi que le sabotage des principales installations pétrolières ont été largement imputés à l’effondrement de l’économie du pays. La crise du dollar a frappé durement les entreprises locales et la classe moyenne du pays.

    Le premier trimestre de 2017 a donné le ton pour le reste de l’année. L’économie a terminé sa première récession en plus de deux décennies et a commencé à rebondir grâce à une augmentation de la production et des revenus pétroliers. Le maintien de cette croissance en 2018 dépendra à nouveau de la production et des prix du pétrole alors que la Banque mondiale prévoit pour le pays une croissance maigre de 1 % en 2018.

  • La Chine forme la prochaine génération d’élite africaine [Grand Angle]

    La Chine forme la prochaine génération d’élite africaine [Grand Angle]

    Dans les années 1970, la Chine a activement essayé d’exporter sa révolution communiste en Afrique, l’un des rares engagements diplomatiques de Pékin à l’époque. Aujourd’hui, Pékin promeut un mouvement plus subtil : le soutien à la Chine et à son modèle de développement.

    Au lieu de compter sur des émissaires chinois dans les pays africains, Pékin amène des milliers de dirigeants africains, de bureaucrates, d’étudiants et de gens d’affaires en Chine. Anthony Kpandu est l’un d’entre eux. Il est le responsable des travaux spéciaux au secrétariat général du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), parti gouvernemental qui a aidé le Soudan du Sud à devenir indépendant du Soudan en 2011. L’année dernière, Anthony Kpandu a emmené une délégation du parti en Chine pour des entretiens avec le Parti communiste chinois (PCC).

    Installé dans son bureau à Juba, l’homme politique se souvient en détail de son voyage. Sa délégation avait en effet visité l’école du Parti central à Beijing, des zones industrielles, bu de divers types de thé vert et marché sur une partie de la Grande Muraille. Les membres du SPLM ont surtout visité Shanghai et son quartier commercial Pudong, avant de prendre le train à grande vitesse Maglev. « C’était magnifique. Je n’ai jamais rien vu de tel », commente-t-il dressé dans une veste brune, cravate cachemire et bouton « J’adore le SPLM ».

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    La nouvelle politique de la Chine atteint plusieurs objectifs à la fois. Les voyages aident à consolider les liens politiques et commerciaux entre la Chine et ses partenaires sur le continent. Comme d’autres partenaires de développement, la Chine peut aider à renforcer les capacités dans les pays africains. Plus importants encore, ces échanges cultivent des partenariats sur le continent. La Chine accueille des formations et échanges en Afrique depuis les années 1950, date à laquelle elle a établi ses premiers contacts diplomatiques avec l’Égypte.

    Au cours de la dernière décennie, les formations ont augmenté en volume et en profil. Le parti jubilaire du Kenya, créé avant les élections controversées du pays cette année, a reçu des formations du Parti communiste chinois en Chine. Le Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien s’inspire également du PCC tandis que le Congrès national africain (ANC) d’Afrique du Sud assiste régulièrement à des ateliers en Chine et a modelé certaines de ses formations de parti sur le PCC.

    Le cas du Soudan du Sud

    La Chine est particulièrement intéressée par la prochaine génération d’élite africaine. L’année dernière, Beijing a annoncé qu’elle inviterait 1 000 jeunes politiciens africains pour des formations en Chine, après en avoir accueilli plus de 200 entre 2011 et 2015. Des milliers d’étudiants africains poursuivent des études de premier cycle en Chine sur des programmes de bourses financés par Pékin. À partir de cette année, plus d’étudiants africains anglophones étudient en Chine que les États-Unis ou le Royaume-Uni, leurs destinations traditionnelles de choix.

    Les responsables chinois n’hésitent pas à dire que ces bourses et formations ne sont pas une tentative de refaire l’Afrique à son image. Sur le thème de la politique de non-ingérence de la Chine, Pékin aime souligner qu’elle ne dit pas à ses partenaires quoi faire. « Nous ne disons pas que le modèle chinois devrait être copié, mais pour partager des leçons », explique Zhang Yi, attaché économique chinois à Juba. Il s’agit de leur « donner les concepts pour qu’ils puissent s’adapter et trouver leurs propres solutions », confie le diplomate au site d’information Quartz.

    Mais le Sud-Soudan, le plus jeune pays du monde, impressionne. Il continue de développer ses institutions gouvernementales et son système politique, au cours d’une guerre civile de quatre ans qui a divisé l’ancien parti de libération en plusieurs factions. La Chine, qui a d’importants intérêts pétroliers dans le pays, a été l’un des premiers pays à reconnaître le Soudan du Sud et reste engagé avec le pays, avec 2600 Casques bleus et plus de 100 entreprises et investisseurs chinois.

    « Le SPLM semble croire que vu l’expérience partagée dans la lutte historique contre l’impérialisme et le colonialisme, il y a beaucoup de similitude et de terrain d’entente entre le SPLM et les origines du Parti communiste chinois », dit Yun Sun, un membre de la Brookings Institution, auteur d’un livre sur les échanges de partis entre la Chine et les pays africains. Selon elle, la situation actuelle au Soudan du Sud pose la question de l’avenir politique du pays. « Si nous croyons en l’universalité et en la désirabilité du système démocratique, le modèle représenté par l’expérience chinoise et sa popularité n’est peut-être pas le plus encourageant », ajoute-t-elle.

    Formations

    Des centaines de fonctionnaires du gouvernement du Soudan du Sud, des gens d’affaires et des étudiants, assistent à la formation ou à la scolarité en Chine, chaque année. Des délégations du SPLM à Juba se rendent en Chine plusieurs fois par an pour étudier avec le parti communiste. Les bureaucrates des ministères de la Culture, des transports, de la Santé et autres vont tous les mois pour des formations. Avant même que le Soudan du Sud ne devienne un État officiel, des fonctionnaires ont été accueillis en Chine pour assister à des ateliers sur la réduction de la pauvreté, la gestion de l’opinion publique et la construction d’un parti.

    La Chine a donné au moins 4 100 bourses d’études et programmes de formation à des étudiants et des fonctionnaires sud-soudanais depuis 2011, lorsque le jeune pays a été créé. En août, la Chine s’est engagée à offrir au moins 240 autres bourses. L’Association d’amitié Chine-Soudan du Sud, dirigée par un ancien ministre des Affaires étrangères et partiellement sponsorisée par l’ambassade de Chine, intègre des hommes d’affaires sud-soudanais à des entreprises chinoises.

    Les responsables sud-soudanais et chinois aiment dire qu’ils apprennent les uns des autres, en partageant les expériences d’un ancien mouvement de libération à un autre. Le Parti communiste chinois et la SPLA sont tous deux issus de mouvements de guérilla armés. Le SPLM s’est battu pendant des décennies pour l’indépendance du nord. Le parti a également ses racines dans le socialisme, s’identifiant d’abord avec l’Union soviétique pendant la guerre froide. Après la chute de l’Union Soviétique, le SPLM s’est tourné vers les États-Unis en tant qu’allié, mais aujourd’hui encore, les responsables du SPLM utilisent encore le titre de « camarade».

    Mais c’est là que s’arrêtent les similitudes. Le parti communiste chinois s’est transformé en un gouvernement qui maintient le gouvernement à parti unique avec principalement une ethnie, les Han chinois. En revanche, le SPLM à Juba est enfermé dans une guerre civile avec des partis dissidents, divisés par régions et ethnies dans un pays qui abrite plus de 60 groupes ethniques.

    La Chine, un modèle ?

    Zhang Yi, l’attaché économique de la Chine à Juba, estime que certains aspects du modèle de gouvernement de la Chine pourraient aider le Soudan du Sud, par exemple, à renforcer le gouvernement central. « Il n’y a pas d’histoire d’un gouvernement centralisé dans le passé, ce qui signifie qu’il n’y a pas de processus de nationalisme. Donc les gens, ils restent groupés par tribu », justifie-t-il. Mais toutes les leçons de la Chine ne doivent pas être apprises. Sous Xi Jinping, la Chine a resserré sa mainmise sur la société civile. Le Soudan du Sud est déjà familier avec certaines de ces tactiques. Les journalistes locaux sont intimidés dans le silence ou tués. « Quand vous allez en Chine, ils ne seront pas parler de démocratie », affirme Samson Wasara, vice-chancelier de l’Université de Bahr el Ghazel dans l’état Wau dont près de 300 étudiants diplômés poursuivent des études en Chine. « Dans 10 ans, l’un de ces étudiants sera le chef du Sud-Soudan ».

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    Samson Wasara craint que le SPLM considère déjà le parti communiste chinois comme son modèle, une tendance qu’il voit se reproduire à travers le continent. « La plupart des Africains passent de l’Ouest à la Chine », dit-il. Il s’inquiète que la Chine devienne le principal modèle du Soudan du Sud. Les États-Unis et d’autres puissances occidentales ont soutenu la demande d’indépendance du Soudan du Sud et sont toujours impliqués dans les efforts d’aide et de médiation dans le pays aujourd’hui. « Ce sera un désastre pour nous, surtout pour ceux qui connaissent la valeur des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté d’expression », a déclaré M. Wasara.

    Cela peut déjà se produire. Le SPLM s’inspire au moins du PCC. Anthony Kpandu déclare qu’il lit tous les jours l‘ Histoire concise du Parti communiste chinois. Il veut établir une branche jeunesse du SPLM, sur le modèle de la Ligue de la jeunesse communiste de Chine. Après avoir lu la fameuse déclaration de Mao Zedong selon laquelle les femmes «tiennent la moitié du ciel», il s’est engagé à recruter plus de femmes dans le parti. « La Chine a été un exemple pour nous. Nous les respecterons toujours », explique-t-il dans son bureau au Secrétariat général du SPLM.

    Le secrétariat gère les opérations quotidiennes du parti et prépare une formation sur le code de conduite et la structure des partis. Mais Anthony Kpandu rassure. Il confie que le Soudan du Sud ne copiera pas tout de la Chine, affirmant que le Soudan du Sud ne sera pas un état à parti unique. Le président Silva Kir, chef du SPLM à Juba, veut organiser une élection en 2018 malgré les avertissements des Nations Unies selon lesquels une élection légitime est presque impossible et risque de causer plus de violence.

    Par ailleurs, d’autres observateurs estiment que c’est aux élites et aux étudiants africains de choisir quelle leçon tirer de l’exemple de la Chine. « Les jeunes Africains ne sont pas des robots et des tabula rasa tels que les Chinois vont les bourrer de tout ce qu’ils veulent. Les étudiants prendront le meilleur de la Chine et laisseront le mal en Chine et retourneront en Afrique », explique Adams Bodomo, directeur de la Plateforme de recherche sur les études de la diaspora africaine et professeur d’études africaines à l’Université de Vienne.

    Réussite chinoise

    Les échanges et les bourses se font parfois sur admiration et sympathie qu’émulation. Des personnes qui ont assisté à des formations diplomatiques disent que l’enseignement est fondamental – comment se serrer la main ou comment s’asseoir avec un haut dignitaire (Si vous êtes l’hôte, le dignitaire devrait être à votre droite).

    Un diplomate sud-soudanais qui a passé un mois en Chine pour une formation a déclaré que son voyage était principalement axé sur la démonstration des accomplissements de la Chine. Il a été emmené visiter des villages construits à partir de zéro, des hôpitaux ruraux bien gérés. « Quand nous sommes allés ils nous ont dit beaucoup de choses sur la Chine elle-même et l’industrialisation de la Chine. Il s’agit plus de relations publiques », ajoute-t-il sous couvert d’anonymat. Cette campagne de relations publiques fonctionne au moins en partie.

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    Malgré tout « le modèle chinois » gagne du terrain sur le continent africain. Selon un sondage Afrobaromètre réalisé l’année dernière auprès de 56 000 personnes dans 36 pays africains, 30% des personnes interrogées ont déclaré que les États-Unis constituaient un meilleur modèle de développement, contre 24% qui ont classé la Chine au premier rang. En Afrique australe, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, la Chine était au même niveau ou en avance sur les États-Unis.

    Lors de son voyage en Chine, Anthony Kpandu a également été impressionné par la surveillance. Il a visité une salle de contrôle de la police à Nanjing et lorsque son groupe a été emmené dans une zone économique spéciale à l’extérieur de la ville du sud de la Chine, un drone a filmé tout son voyage. De retour à Juba, il a écrit un rapport recommandant à son gouvernement d’acheter certains de ces drones pour faire face à des « inconnus armés », un surnom qui inclut souvent des soldats gouvernementaux eux-mêmes connus pour avoir volé et attaqué des civils dans la capitale. « Nous avons beaucoup appris du PCC », conclut-il.

  • Crypto-monnaies: le Bitcoin en plein essor au Nigéria

    Crypto-monnaies: le Bitcoin en plein essor au Nigéria

    En juillet 2016, Manasseh Egedegbe, un gestionnaire d’investissement basé à Abuja, a été pris au piège de la crise du dollar au Nigeria et a eu quelques difficultés à effectuer un paiement international. À l’époque, alors que les réserves de change et les revenus du Nigeria diminuaient dans un contexte de récession économique, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a mis en place un contrôle des changes pour restreindre l’accès aux dollars.

    Pour Manasseh Egedegbe et beaucoup d’autres Nigérians, cela posait un problème. Dans son désespoir, il se tourna vers la vague de cryptomonnaie du moment: Bitcoin. Le gestionnaire a confié au site Quartz avoir utilisé le Bitcoin pour faire une seule transaction et s’être ensuite accroché. Depuis plus d’un an, pour des raisons allant de la nécessité d’effectuer des paiements internationaux, l’adoption du Bitcoin au Nigeria a connu un pic.

    Cette année 2017, le commerce Bitcoin pair-à-pair au Nigeria a augmenté de près de 1 500%, surpassé seulement par la Chine. Les données de LocalBitcoin, un échange de Bitcoins populaire disponible dans environ 200 pays, montrent que le volume d’échanges hebdomadaires de Bitcoins au Nigeria a dépassé 1 milliard de nairas (2 millions de dollars) en août. Ces chiffres ont poussé beaucoup de Nigérians à s’intéresser au Bitcoin. La situation au Nigeria n’est pas très différente de celle du Zimbabwe, dont l’économie instable et l’épuisement des marchés des changes ont vu les habitants se tourner vers le Bitcoin comme stockage de valeur cette année. Il faut dire qu’à un moment donné, le Zimbabwe avait les prix les plus élevés du Bitcoin au monde.

    Nouveaux marchés

    Une nouvelle génération d’échanges de Bitcoins locaux s’avère essentielle pour l’adoption locale croissante. Timi Ajiboye a cofondé Bitkoin Africa en octobre après avoir éprouvé quelques difficultés à acheter la cryptomonnaie sur les marchés étrangers. L’incapacité de payer avec un compte ou une carte bancaire nigériane a conduit Timi Ajiboye à lancer Bitkoin Africa pour faciliter le commerce local. Pour sa part, Tim Akinbo, cofondateur de Tanjalo en octobre, affirme que les applications locales potentielles des cryptomonnaies et la technologie habilitante ont été la motivation pour commencer l’échange.

    Il y a aussi d’autres anciennes structures comme NairaEX, un échange de Bitcoin fondé en novembre 2015. Malgré une adoption grandissante, le scepticisme l’emporte largement sur l’enthousiasme, mais Timi Ajiboye affirme que les échanges locaux peuvent aider à mieux faire comprendre les cryptomonnaies. Un sceptique initial lui-même, le cofondateur de Bitcoin cite sa nouvelle conviction dans les cryptomonnaies, après avoir acquis une meilleure compréhension de leur potentiel, comme l’espoir d’un changement d’état d’esprit plus large.

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    Tout comme la façon dont les entreprises fintech locales créent des produits et des services pour combler les lacunes du système financier local, la technologie de la cryptomonnaie présente un certain potentiel en Afrique étant donné le manque d’infrastructures financières avancées, explique de son côté Tim Akinbo. À cet égard, ces échanges servent de rouages ​​vitaux dans l’évolution de l’infrastructure qui permettra aux cryptomonnaies d’atteindre une partie de son potentiel en Afrique.

    Quel que soit ce potentiel, la première étape consiste à «permettre aux gens d’acheter et de posséder les devises», précise Timi Ajiboye. Deux mois après leur création, les deux bourses sont en train d’encaisser des transactions. Le volume des échanges de Bitkoin Africa augmente rapidement. Près de la moitié de son volume commercial total depuis sa création a eu lieu au cours des dix premiers jours de décembre. Pendant ce temps, Tanjalo a fait près de 1 million de dollars en volume commercial avec « très peu de marketing », selon Tim Akinbo.

    Origine russe

    Les origines de l’intérêt général pour le Bitcoin sur de nombreux marchés africains ont été attribuées à Mavrodi Mundial Moneybox (MMM), un programme de ponzi russe de deux décennies. À son apogée, MMM comptait plus de deux millions d’utilisateurs au Nigéria malgré plusieurs avertissements des autorités. Il a également été opérationnel au Ghana, au Zimbabwe, au Kenya et en Afrique du Sud au cours des 18 derniers mois. Le scénario du programme était simple: les utilisateurs pouvaient «investir» de l’argent en s’engageant auprès d’autres utilisateurs du système, puis recevaient des rendements plus 30% d’intérêt en 30 jours.

     

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    Mais son long terme au Nigeria s’est arrêté quand, en décembre 2016, il a suspendu ses opérations (la CBN estime que les utilisateurs de MMM ont perdu 50 millions de dollars quand le système s’est effondré). Mais au début de l’année, quand MMM a cherché à relancer, elle a essayé de contourner les règles des régulateurs en permettant aux utilisateurs de payer et de recevoir des promesses en utilisant bitcoin – une stratégie qu’elle a également déployée dans d’autres parties de l’Afrique. Beaucoup de participants au programme, qui cherchaient à gagner de l’argent rapidement, se sont rapidement raccrochés. Au fil du temps, les Nigérians plus aisés et bourgeois ont renouvelé leur intérêt.

    Selon Manasseh Egedegbe, ils «comprennent probablement mieux la technologie que l’homme moyen de la rue». Mais même s’il ne s’agit pas d’un système de ponzi russe, les prix de Bitcoin pourraient encore voir les gens se faire brûler les doigts. La hausse fulgurante des prix, qui a franchi les seuils de 1 000 $ en quelques heures en décembre, l’a considérée comme la bulle la plus évidente et a également fait des comparaisons avec la bulle Internet au tournant du millénaireK. Tim Akinbo, plus optimiste quant à l’avenir de Bitcoin, affirme que son potentiel de facilitation du commerce transfrontalier pourrait éventuellement justifier la hausse des prix. « Quand vous regardez seul ce potentiel, je dirais que c’est sous-évalué ». En ce qui concerne une bulle potentielle, le responsable de Tanjalo considère cette phase plus comme un moment où tout le monde essaie d’entrer dans l’action. « Tout comme n’importe quelle nouvelle technologie, la spéculation est la façon dont cela va trouver sa place », justifie-t-il.

    Disparition par règlement ?

    Une grande partie de l’engouement Bitcoin se résume à de grandes prédictions sur son potentiel futur. En Afrique, les possibilités débattues vont de l’assouplissement des paiements, en particulier pour les services internationaux, à l’augmentation des envois de fonds – une aubaine pour de nombreuses économies locales. Mais le plus fondamental d’entre eux, selon Tim Akinbo, est la possibilité d’avoir un système « où tout le monde est autorisé à participer » sans discrimination de localisation géographique ou d’origine.

    Pour Timi Ajiboye, qui envisage d’étendre Bitkoin Africa à d’autres pays africains à partir de l’année prochaine, faciliter les échanges à travers l’Afrique est une réelle possibilité. « Il est plus facile d’envoyer de l’argent depuis l’Amérique vers le Nigeria que d’envoyer de l’argent du Nigeria à la Gambie, mais la technologie peut régler ces choses », dit-il. Que la bulle Bitcoin éclate ou non, son potentiel localement pourrait être atténué par la réglementation. Alors qu’il est difficile pour les autorités de réglementer les cryptocurrences sur lesquelles ils ont peu de contrôle, il est possible de réguler les entreprises qui fournissent des services en utilisant les devises.

    Jusqu’à présent, la Banque centrale du Nigeria (CBN), comme la plupart des banques faîtières à travers le monde, a émis des avertissements sur le risque de cryptomonnaie. L’une des premières est apparue dans une circulaire de janvier dans laquelle elle citait les dangers du «blanchiment d’argent et du financement du terrorisme». Cependant, plus récemment, la position de la banque faîtière semble s’être adoucie: en octobre, elle aurait mis en place des départements chargés d’élaborer un rapport sur les propositions de politique pour les cryptomonnaies.

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    Alors que CBN réfléchit à ses politiques sur les cryptomonnaies, Tim Akinbo soutient qu’il «reste flexible» en continuant à revoir et ajuster ses politiques en fonction des tendances mondiales. L’alternative est d’adopter et de maintenir une politique qui pourrait devenir archaïque dans un monde en évolution rapide. Un événement qui pourrait déclencher une vague de réglementation inquiétante et une forte baisse des prix (ou l’éclatement de la bulle bitcoin). Si tel est le cas, Osarumen Osamuyi, un développeur basé à Lagos, espère que la banque faîtière n’adoptera pas de « régulation draconienne ». Une action aussi radicale « finira par nuire à l’innovation », a-t-il expliqué au site d’information Quartz.

  • Patinage : À 17 ans, une Ghanéenne devient la première femme noire de l’équipe des USA

    Patinage : À 17 ans, une Ghanéenne devient la première femme noire de l’équipe des USA

    C’est historique. La patineuse de vitesse Maame Biney est devenue mi-décembre là première femme noire à faire partie de l’équipe olympique américaine. Âgée de 17 ans, cette Ghanéenne d’origine est devenue la grande attraction des médias depuis son intégration à l’équipe olympique de patinage de son pays d’adoption.

    Pour rentrer dans l’histoire l’athlète s’est en effet montrée à son meilleur niveau au cours d’une compétition de qualification organisée dans l’Utah. Maame Biney a terminé en tête de sa course, se débarrassant ainsi trois autres concurrents immédiats. Sur une épreuve de 500 mètres, la jeune athlète dressée sur ses patins à emballer le public présent. Maame Biney a mis un rythme effréné en prenant une avance précoce qui s’est élargie au fur et à mesure de la course. Elle a ainsi franchi la ligne d’arrivée sur la patinoire. Impressionnée par sa propre performance, Mame Biney s’est dite très heureuse. L’athlète a également confié avoir rêvé « de ce moment depuis juin ». « Je suis tellement contente », a-t-elle ajouté.

    Avec son brillant résultat et sa sélection dans l’équipe olympique américaine, la Ghanéenne d’origine va représenter les États-Unis aux prochains Jeux olympiques d’hiver. Ces derniers se tiendront en 2018 en Corée du Sud. Maame Biney n’avait pourtant pas rêvé de ce parcours. Après sa naissance au Ghana, c’est très tôt qu’elle rejoint son père installé aux États-Unis, à Rockville dans le Maryland. Elle n’avait que cinq ans. Douze ans après, celle qui est désormais considérée comme une grande star en devenir rappelle l’appui de son père qu’elle considère comme « le plus grand motivateur ». « Mon père me suit tous les jours. Il me donne des conseils. Je l’aime pour ça », a-t-elle confié au site teamusa.org.

    Talent prometteur

    « Quand j’ai réalisé que je faisais partie de l’équipe olympique, j’ai commencé à m’énerver comme une folle, puis j’ai fait une chute épique », commente la jeune athlète. Si l’athlète est rentrée dans l’histoire en tant que première femme noire dans l’équipe olympique, elle reste le deuxième patineur de vitesse noir à représenter les États-Unis aux Jeux olympiques. Le premier noir étant Shani Davis. En 2002, ce dernier avait aussi intégré l’équipe olympique de son pays. L’Afro-Américaine confie avoir essayé le patinage artistique quand elle était petite. C’est d’ailleurs son père qui l’inscrit à des cours de patinage artistique à Reston, en Virginie, alors qu’elle avait six ans. Un de ses entraîneurs avait alors suggéré qu’elle passe au patinage de vitesse parce qu’elle « allait trop vite pour être une patineuse artistique ».

    Malgré son jeune âge, Maame Biney montre une grande maîtrise dans ses courses de 500 mètres. Elle a déjà remporté une médaille de bronze aux championnats du monde juniors. Cela fait d’elle la deuxième femme américaine depuis 1996 à remporter une médaille aux championnats du monde juniors. Désormais, tous les regards sont tournés vers les prochains jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud. Beaucoup espèrent que la jeune ghanéenne décroche sa première médaille olympique.

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  • A 16 ans, un Nigérian construit pour la première fois un réacteur nucléaire

    A 16 ans, un Nigérian construit pour la première fois un réacteur nucléaire

    Steven Udotong est rentré dans l’histoire. À 16 ans, ce Nigérian est devenu le premier étudiant noir à construire un réacteur nucléaire. Steven Udotong, 16 ans, étudie dans le sud du New Jersey aux États-Unis. Le jeune nigérian passionné de science espère améliorer son réacteur. L’objectif est de le rendre complet. Le réacteur sera ainsi capable de conduire des atomes d’hydrogène avec une force formidable dans un orbe en acier, les fusionnant dans l’hélium et produisant une petite quantité d’énergie.

    Le réacteur de fusion nucléaire de Steven Udotong sera une version à petite échelle de la réaction qui se déroulera au soleil. Steven Udotong a déclaré qu’il a eu l’idée de construire un réacteur après qu’il ait appris en classe des leçons sur la production d’énergie nucléaire: « J’ai été curieux après avoir survolé le sujet de l’énergie nucléaire dans mon cours de chimie l’année dernière. J’ai décidé de faire plus de recherches, et j’ai vite appris que je pouvais réellement fabriquer une fusée nucléaire ».

    Soutien

    En plus de sa mère, Nonye Udotong, instructrice de physique à l’Université Rowan qui a encouragé son intérêt et l’a soutenu activement, Steven, Udotong a également bénéficié du soutien de ses quatre frères intelligents, dont l’un a aidé à mettre en place une page GoFundMe pour mobiliser des fonds. Cela lui a permis de construire son réacteur de fusion. Mais surtout de réaliser son rêve de devenir le premier étudiant afro-américain à mener à bien un tel projet.

    Outre son réacteur, Steven Udotong entreprend également d’autres recherches dans le but d’apprendre davantage sur la fusion nucléaire. Le jeune nigérian a déjà dans le cadre de ses recherches rencontré et interagi avec d’autres amateurs de fusion.

     

  • Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    La capitaine Jamila Malafa, de la marine nigériane, est devenue en décembre la première femme du nord du pays à accéder au grade de Commodore. Le poste de Commodore est équivalent à celui de général de brigade dans l’armée. Un commodore est un officier de marine commandé qui se classe au-dessus d’un capitaine et au-dessous d’un contre-amiral; le plus bas grade d’amiral.

    Âgée de 55 ans et originaire du nord-est de l’État d’Adamawa, Jamila Malafa été décorée lors d’un événement à Abuja la capitale nigériane, fin décembre. La cérémonie a eu lieu en présence des plus hautes autorités du pays, notamment le vice-président Yemi Osinbajo. Jamila Malafa s’est dite heureuse d’obtenir cette promotion. Cela va selon elle l’inspirer à être plus fidèle et dévoué dans mes fonctions à la marine et au Nigeria.

    Près de trente ans de service

    Désormais générale, Jamila Malafa a déjà passé près de trente ans dans la marine. C’est en 1988 que cette « femme battante » a rejoint le corps de la marine de son pays, avant d’être promue au rang d’aspirante deux ans plus tard. Prompte à bien assumer ses tâches, Jamila Malafa a depuis gravi différents échelons. Elle a ainsi été promue à plusieurs reprises. Lors de la cérémonie le consacrant au grade de général, un de ses collègues de la marine a indiqué que Jamila Malafa faisait partie des rares femmes à atteindre ce niveau au cours de leur service.

     

  • Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

    Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

     

    Pour plusieurs personnes, gagner la loterie des visas américains reste le rêve ultime. Au Ghana, le rêve américain est présent dans plusieurs esprits. Plus que tout autre pays dans le monde, les citoyens ghanéens sont ceux qui jouent le plus à la loterie visa. Il y a deux ans, le pays enregistrait 1,73 million de personnes candidates au programme de visa de diversité américain, également connu sous le nom de « loterie verte ». Près de 10% des 25 millions d’habitants que compte le Ghana jouent ainsi à la loterie visa.

    Il faut dire que les pays les plus peuplés comme le Bangladesh et le Nigéria ont généralement représenté le plus grand nombre de candidats à ce programme pendant plusieurs années. Mais les citoyens des deux pays sont devenus inadmissibles en 2013 et 2015 respectivement en raison de l’une des règles du programme. Une fois qu’au moins 50 000 ressortissants de n’importe quel pays ont réussi à immigrer aux États-Unis sur une période de cinq ans, les citoyens de ce pays deviennent inadmissibles au programme.

    Faible croissance

    En 2013 et 2014, le Ghana comptait également le plus grand nombre de candidats derrière le Nigeria. En comparaison, le total du Nigéria en 2014 représentait un peu plus de 1% de sa population. Le nombre de personnes qui cherchent à quitter le Ghana est probablement lié aux luttes économiques du pays ces dernières années. Malgré une stabilité politique relative, l’économie ghanéenne, affectée par l’effondrement des cours mondiaux des produits de base, a connu son plus faible taux de croissance en plus de deux décennies sous l’ancien président John Dramani Mahama.

    Cependant, l’appétit du Ghana pour les visas américains a permis aux entreprises de visa illégal de prospérer. Rappelons qu’une fausse ambassade américaine qui opérait trois fois par semaine pendant dix ans à Accra avait déjà été fermée il y a près d’un an. L’ambassade établissait aux victimes de faux visas, des passeports et autres documents de voyage.

     

  • Afrique: comment les Universités combattent-elles la pénurie des enseignants?

    Afrique: comment les Universités combattent-elles la pénurie des enseignants?

    Sur le continent, plusieurs universités créent des cours en ligne. L’objectif pour ces établissements est de démocratiser l’accès à l’éducation. Mais c’est aussi un moyen de renforcer les collaborations et le réseautage entre les institutions ou les universités africaines. Depuis 2016, Wits University est devenue la première université africaine à offrir des MOOC (massivement ouverts en ligne) sur edX, une plateforme établie par le MIT et Harvard. L’Université du Cap propose une série de sessions sur Coursera, de l’écriture académique et du changement social, à l’éthique du don d’organes.

    Dans la sous-région ouest-africaine, l’accès des cours en ligne n’est pas encore totalement adopté dans les universités. Toutefois, le Nigéria a déjà expérimenté la création de MOOC spécifiquement pour les diplômés du secondaire qui ne sont pas allés à l’université lors de leur premier essai. Pour plusieurs experts en éducation, l’accès des cours en ligne pourrait être un des atouts pour les pays africains. Cela peut en effet permettre aux gouvernements de relever le défi de chômage des jeunes et une pénurie de compétences.

    Relever des défis

    Des cours en ligne pourraient aider à combler une lacune importante pour les employeurs africains, qui se sont plaints que les universités africaines ne dotent pas les étudiants des bonnes compétences nécessaires pour le marché. Pour Seth Trudeau et Keno Omu de l’African Leadership University, les employeurs recherchent maintenant des diplômés capables de penser par eux-mêmes, de s’intégrer dans des milieux de travail dynamiques, d’apprendre de nouvelles façons de travailler et de trouver des solutions créatives aux problèmes réels. « Les capacités dépendent plus de la façon dont elles ont été enseignées que de ce qu’elles ont appris », estiment les deux spécialistes.

    Pour le moment, différentes universités africaines s’apprêtent à lancer les cours en ligne. Mais certains Etats sont incapables de franchir le cap. Des problèmes tels que la vitesse d’Internet et le droit d’auteur ont rendu difficile l’adoption de cette idée par certains pays. Conséquence, les étudiants africains se tournent de plus en plus vers les universités étrangères pour continuer leur formation. Seule option pour eux d’affiner leurs compétences pour relever les défis qui les attendent en Afrique.

     

  • L’avenir de l’Afrique s’annonce plus radieux en 2018

    L’avenir de l’Afrique s’annonce plus radieux en 2018

    L’aventure d’une Afrique positive continue. Il y a quelques mois, lorsque nous démarrions nous promettions de relever un défi de taille : celui de servir à nos lecteurs des informations sur une Afrique qui bouge, qui se transforme et qui se développe. Notre objectif n’a pas changé. À l’heure où la presse en ligne s’impose sur notre continent, la dynamique équipe d’Afrotribune juge important la production d’informations par les Africains et pour les Africains. Ce sont les succès d’Afrique que nous vous ferons souvent découvrir.

    L’année 2017 appartient désormais à l’histoire. Mais comment ne pas revenir sur des succès enregistrés sur notre continent pendant douze mois ? Ils sont légion. À Afrotribune nous avons particulièrement été séduits par quelques initiatives privées et l’évolution remarquable de certaines startups. La Nigériane Aerial Industries est l’une d’entre elles. Cette startup récemment créée s’est illustrée par la fabrication de drones de haute performance pour la pulvérisation des cultures. Son apport est déjà utile dans les exploitations agricoles sur le plan local. Aerial Industries a d’ailleurs été sélectionné par l’accélérateur de startup Airbus BizLab du géant de l’aéronautique pour bénéficier d’une formation dans le domaine de l’industrie aérospatiale.

    En Afrique de l’Est, vous aimerez certainement le projet Majik Water initié par la Kenyane Beth Koigi. Cette dernière a eu l’idée de mettre en place des générateurs d’eau atmosphériques alimentés par des panneaux solaires pour transformer l’humidité de l’air en eau. Quand on sait que l’accès à l’eau potable reste un grand défi pour nos États, on ne peut qu’encourager Beth Koigi qui sauve des vies en empêchant grâce à son projet la propagation de certaines maladies.

    La startup Lono de la Côte d’Ivoire a démontré que les déchets organiques sont une source d’énergie inépuisable encore négligée sur le continent. Lono transforme des déchets organiques en biogaz pour le combustible de cuisson et en biométhane pour la production d’électricité. Dans nos pays, la réduction de la fracture numérique traîne. Mais on peut déjà se réjouir qu’une entreprise comme Eduair du Cameroun décide de commercialiser des boxes numériques qui facilitent l’accès à du contenu digital sans connexion internet.

    Évolution

    L’Afrique se développe. Mais l’endettement reste encore un frein pour la prospérité de nos économies. En décembre, lors d’une tournée sur le continent, Christine Lagarde a expliqué ce qui pourrait faciliter « un développement sérieux » qui doit faire avancer les économies de nos États. Comme voie salutaire pour l’Afrique, la présidente du FMI a évoqué, le développement du secteur agricole, l’industrialisation, le financement des initiatives technologiques.

    Gageons que cela soit entendu et que de différents plans de développement élaborés par les dirigeants sont mis en œuvre pour le bien de nos pays. De la politique dépend la stabilité des pays. Et sur ce plan, l’Afrique a connu bien d’heureux rebondissements l’année écoulée. Les Gambiens se sont très tôt illustrés par un vote historique qui a fait tourner les pages sombres de Yaya Jammeh.

    Depuis, le président Adama Barrow continue tant bien que mal de poser les jalons d’une démocratie en Gambie. Il y a eu également « l’épisode zimbabwéen » qui a soldé la fin du règne de Robert Mugabé. Cela peut être salué dans la mesure où il s’est déroulé avec tact et sans morts. De 2017, peut-être devrons aussi nous réjouir de la réussite des scrutins au Libéria avec l’élection de George Weah, archétype d’une réussite africaine qui voudrait dire que l’on peut ne partir de rien pour devenir quelqu’un si on le veut.

    Osons et faisons confiance à George Weah. En espérant que l’ancien footballeur replace définitivement le Libéria sur les rails de la réconciliation et du développement.

    Attente

    Dans l’élan de positivité de l’Afrique, il y a encore des points noirs. Les récents morts enregistrés à Kinshasa durant une marche pacifique rappellent que certains États restent fidèles à leurs vieux démons. Le régime du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré il y a un an commet l’erreur de braquer la population. Le président Kabila joue la montre en se maintenant au pouvoir. Différents scénarii peuvent se dessiner au cours des prochains mois, notamment le déclenchement d’une série de marches de protestation. À moins que le chef de l’État ne fasse une sortie médiatique pour tout calmer : convoquer une élection présidentielle à laquelle il ne peut plus participer. Le Cameroun est lui rongé par un mal auquel il faudra trouver un remède. Jusqu’à présent le pouvoir ne se donne pas tous les moyens pour régler le « problème anglophone ». Cela fragilise le pays qui s’est également lancé dans une guerre contre Boko Haram. Et même une réélection de Paul Biya qui semble garantie n’est pas la clé pour que le Cameroun retrouve sa stabilité.

    Au Togo, depuis août, de milliers de manifestants, de l’opposition réclame le retour à la constitution de 1992 et le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. Alors qu’un dialogue n’est toujours pas convoqué, il serait difficile de prédire le dénouement de cette crise. Mais comme toujours, il appartient à celui qui gouverne de prendre ses responsabilités. Les cartes ont été redistribuées sur l’échiquier togolais et l’année 2018 pourrait être remplie d’incertitudes pour le régime togolais. Quant à nous, nous publierons des articles pour tout faire comprendre. Telle est la mission d’Afrotribune. En attendant, nous souhaitons à tous nos lecteurs une bonne et heureuse année 2018.