Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Bénin: Talon, la grande guerre contre la corruption

    Bénin: Talon, la grande guerre contre la corruption

    Nouveau départ, Rupture, les qualificatifs illustrent assez nettement le travail que compte accomplir Talon à la tête du Bénin. Depuis quelque temps, le chef de l’État béninois a déballé l’un des dossiers les plus attendus par sa population. Titre : corruption et impunité.

    La lutte contre la corruption s’est révélée comme l’un des combats permanents des gouvernements béninois depuis les années 1990. Au cours de son quinquennat entre 1991 et 1996, le Président Nicéphore Soglo avait promis la vie dure aux fossoyeurs de l’économie nationale. De même, au temps de la présidence de Boni Yayi (2006-2016), celui-ci s’est lui aussi illustré comme étant un ardent défenseur de la lutte contre la corruption et l’impunité. Pour d’ailleurs manifester publiquement son plein engagement, Boni Yayi avait été au chœur de l’organisation d’une marche verte de plusieurs kilomètres dans la ville de Cotonouafin de dénoncer ce fléau. Mais en vrai, il n’a jamais tapé dans la fourmilière au moment où il fallait le faire. A la différence des mesures de ces prédécesseurs, désormais, la méthode de Talon semble être une chasse aux sorcières.

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    Et il faut reconnaitre que dans ce registre de la mise en œuvre effective des mesures pour la lutte contre la corruption au Bénin, Patrice Talon fait actuellement beaucoup mieux que ses prédécesseurs souvent restés à l’étape des discours légers. L’actuel locataire du palais de la Marina sévit dans ses punitions. Les sanctions ne sont pas du tout clémentes et on comprend que si le Chef de l’État devait se limiter à un seul mandat comme promis, il souhaiterait avoir comme principal acquis, la bonne gouvernance et une gestion saine du Bénin.

    Capitaine anticorruption

    Promesse de campagne, au Bénin, le successeur du président Yayi Boni veut mener une guerre sans merci contre la corruption et autres formes de fraude dans ce pays. Même si Patrice Talon aime épingler ce mal dans son pays, mal qu’il avait juré combattre et redresser avant la fin de son mandat, le Bénin n’est bien sûr pas un cas d’école en la matière.

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    En effet, au Bénin l’écart grandissant entre le cadre légal et la pratique institutionnelle réelle a été relevé comme une faiblesse majeure du système d’intégrité du Bénin en 2016 par Transparency International, le mouvement mondial anticorruption. Selon ce mouvement, la loi anticorruption du pays adopté en 2011 souffre d’incohérences dans son application. Gustave Assah, Président de Social Watch Benin, contact national de Transparency International affirme que « le problème du Bénin n’est pas l’absence de textes et d’institutions anticorruptions. C’est plutôt l’application de ces textes et l’efficacité de ces institutions qui fait défaut. Une forte volonté politique au plus haut niveau de l’état est nécessaire pour combler cet écart ». Et c’est cela que Talon compte faire.

    Récemment, plusieurs enquêtes diligentées aussi bien par les partenaires financiers que par les autorités ont démontré que cette gangrène fait perdre d’importantes sommes au Bénin.

    Lutte acharnée

    Le gouvernement du Nouveau départ qui a inscrit la question de la lutte contre la corruption et l’impunité en lettres d’or dans son projet de société entend faire un grand ménage. Si au sein de la société civile des voix s’élèvent pour parler de lutte sélective, Talon ne compte pas se décourager de sitôt.

    En effet, l’audit dans les structures et entreprises publiques récemment commandité par le gouvernement béninois est fortement révélateur, de même que les résultats. Ces résultats ont montré que plusieurs lacunes existent dans la gestion des fonds, particulièrement dans les secteurs du coton et de la microfinance. Selon cet audit, la gestion de la filière des cotons par le gouvernement de Yayi Boni a causé sur trois campagnes ciblées, une perte évaluée à 125 milliards de francs CFA.

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    Du côté des microfinances, la gestion du Fonds national de la microfinance (FNM) au titre des exercices 2013-2016 est sujette à beaucoup d’anomalies également. « De graves irrégularités ont été relevées dans la gestion du Fonds, ayant occasionné des pertes de ressources publiques à hauteur de 40,6 milliards de FCFA », révèle la mission d’audit organisationnel, comptable et financier du FNM au titre des exercices 2013-2016. De ces irrégularités, sortent certaines sanctions que d’aucuns commencent par trouver justes, mais dures.

    C’est le cas par exemple de la Soneb (Société nationale des eaux du Bénin) où, il est reproché aux autorités de cette société d’État que des centaines de millions Taxes sur valeur ajoutée (TVA) perçues auprès des abonnés n’étaient pas reversées au Trésor public.

    Le cas de Laurent Mètongnon, ancien président du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) est aussi bien illustratif.

    Activisme au service de la lutte

    Les initiatives de lutte contre la corruption sous le président Talon ne sont pas rares.

    Ce 15 décembre d’ailleurs à Cotonou, des membres d’un programme de jeunes unis contre la corruption ont procédé dans au lancement d’un manifeste de 63 pages du titre « La corruption racontée », et de l’application « Anticorr ». Objectif, inviter les jeunes Béninois dans le débat sur la corruption pour une prise de conscience afin devenir des vecteurs de pratiques de bonne gouvernance et d’éthique au Bénin.

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    Ce manifeste est préfacé par le Pr Brice Sinsin, recteur de l’université d’Abomey-Calavi. Il contient 10 articles originaux de jeunes de nationalités béninoise, sénégalaise et nigérienne, de même que des propositions de pistes de travail et de réflexions pour apporter des solutions à la corruption. De même, l’application « Anticorr » qui veut intégralement dire « anticorruption », se veut un outil de dénonciation des actes de corruption et d’information sur l’état du fléau au Bénin. L’application donne la possibilité de voter, de commenter, d’identifier les institutions et les régions les plus probablement corrompues, de consulter les textes juridiques sur la corruption au Bénin.

    En outre, depuis l’arrivée de Talon à la tête de l’État béninois, l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) parait faire un travail plus remarquable, après une année 2016 où elle a visiblement connu une baisse de régime.

    Pour le moment, Talon espère mener son combat, conscient des conséquences et sans se plier aux volontés affligeantes, en attendant le prochain rapport de Transparency International sur l’année 2017. Ce rapport viendra surement couronner une grande guerre.

  • L’Afrique en 2018: Elections, Business, Sport […] à quoi s’attendre?

    L’Afrique en 2018: Elections, Business, Sport […] à quoi s’attendre?

    2017 a sans doute été une année mouvementée en Afrique. D’un Liberia où s’est (de nouveau) révélé le plus emblématique footballeur africain George Weah comme désormais comme Chef d’État, en passant par la chute du patriarche Mugabé, sans oublier la crise sociopolitique togolaise, la CAN 2017, la question de l’esclavage en Libye, beaucoup de secousses et d’émotions ont marqué les sociétés. Toutefois, 2018 sera sans doute également une année de grandes mutations sur le continent. À quoi s’attendre ?

    Infrastructure

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    En 2018, l’Afrique devra connaitre une importante évolution en matière d’infrastructure. Au Nigeria, leadeur économique du continent, le réseau de transport devrait être renforcé avec le lancement du réseau Abuja Light Rail, que le président Muhammadu Buhari a déclaré « achevé à 98 % », couvrant 12 stations. Le président a également donné l’assurance que le tronçon Lagos-Ibadan de 1,5 milliard de dollars du Standard Gauge Railway sera terminé en 2018, avec une capacité de deux-millions de passagers par an.

    En Éthiopie, la première phase de l’expansion de l’aéroport international de Bole devrait être achevée cette nouvelle année, dans le cadre d’un développement de 350 millions de dollars destiné à consolider la position du pays en tant que plaque tournante de l’aviation en Afrique de l’Est. De son côté, l’Ouganda ouvrira sa plus grande centrale électrique, l’une des plus grandes centrales hydroélectriques du continent, à Karuma.

    Au Maghreb, la Tunisie poursuit ce qui pourrait devenir la plus grande centrale solaire au monde. Quant à l’Égypte, elle veut accélérer durant cette nouvelle année le travail sur une nouvelle capitale à l’extérieur du Caire, bien qu’il y ait des doutes sur le fait que le mégaprojet de 45 milliards de dollars peut être livré comme prévu.

    Élections

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    Le long règne de Robert Mugabe est enfin terminé et le Zimbabwe doit voter pour un nouveau président en 2018. Le successeur de Mugabe, Emmerson Mnangagwa, a annoncé son intention d’ouvrir une ère plus démocratique, bien que nombre d’observateurs se demandent si les partis d’opposition seraient autorisés à travailler librement. .

    En Égypte, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pourrait suivre la voie de la réélection alors que ses adversaires sont en difficulté. Le président camerounais Paul Biya est aujourd’hui l’un des plus anciens dirigeants de l’Afrique après 35 ans au pouvoir, mais l’homme de 84 ans n’a pas révélé s’il avait l’intention de briguer un autre mandat de sept ans. La Sierra Leone aura certainement un nouveau président, le président sortant Ernest Bai Koroma n’étant plus éligible après deux mandats. Le parti de Koroma a choisi comme candidat le ministre actuel des Affaires étrangères, le Dr. Samura Camara, qui se présentera contre l’ancien chef militaire Julius Maada Bio.

    Le Mali déchiré par la guerre devrait également se rendre aux urnes, bien que les élections régionales aient été reportées pour des raisons de sécurité.

    Entreprise

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    La bataille des applications de taxi sera farouchement menée en Afrique en 2018. Uber a annoncé ses intentions avec une nouvelle base de 20 millions de dollars au Caire. Le géant mondial établit une forte présence à travers les marchés de l’Afrique subsaharienne, y compris l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya. Mais les rivaux locaux comme Little et Africab utilisent leur meilleure connaissance des marchés africains pour se défendre.

    Durant cette nouvelle année également, les gouvernements et les entreprises chercheront à tirer le meilleur parti de « l’économie bleue ». Trente-huit des 54 États africains ont un littoral, mais une grande partie ne parvient pas à tirer profit de leurs ressources marines. Ce qui a d’ailleurs inspiré un sommet des Chefs d’État africains en 2016 tenu à Lomé au Togo. D’ailleurs, l’Union africaine (UA) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ont défini des plans pour inverser la tendance, par exemple en cultivant la pêche et l’écotourisme.

    Sur un autre plan, l’UA devrait adopter un projet d’accord d’initiative phare, la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), visant à encourager le passage des marchandises, des personnes et des services entre les frontières, gage de croissance et de développement entre les États membres.

    Sécurité

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    La Somalie reste le pays africain le plus touché par la violence des conflits, selon le Projet de données sur les situations et les conflits armés (ACLED), avec plus de 3 000 morts en 2017, dont une attaque terroriste à Mogadiscio qui a tué plus de 300 personnes. Ce pays n’a pas connu de paix durable depuis plusieurs décennies.

    Le soulèvement qui est devenu une guerre civile en Libye montre peu de signes d’apaisement et continue de jeter de nouvelles horreurs, comme le marché des esclaves révélé par le média CNN. L’ONU poursuit les élections pour mettre en place un gouvernement avec une légitimité populaire, tandis qu’une conférence internationale se tiendra en mars pour aider à la reconstruction de Benghazi.

    Le conflit au Soudan du Sud a maintenant fait plus de 50 000 morts, malgré la forte présence de l’ONU dans le jeune pays et les précédents accords de paix entre le gouvernement et les rebelles. Un nouvel accord de cessez-le-feu a été signé en décembre, mais des violations ont déjà été alléguées.

    Au Mali, l’insurrection djihadiste de 2012 n’a pas encore été vaincue par le G5 Sahel, une armée régionale soutenue par la France. Les initiatives de paix ont stagné et les élections ont été reportées, ce qui laisse présager une autre année troublée.

    Autres

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    Les gouvernements et les négociants en matières premières devront faire face à des pressions soutenues de la part des militants anticorruptions à la suite des révélations de l’édition de l’an dernier des « Paradise Papers », avec la probabilité de nouvelles fuites à venir. La saisie de fonds de la famille Obiang en Guinée équatoriale et de la famille Abacha au Nigeria offre un modèle.

    Le Cameroun et la République démocratique du Congo sont parmi les gouvernements africains à avoir fermé l’accès à Internet en 2017, une réponse commune aux troubles. Mais cette approche sera soumise à une pression croissante, car la connectivité devient une attente publique et les économies deviennent plus dépendantes du web. Une ONG a constaté que les fermetures ont couté 237 millions de dollars aux gouvernements africains depuis 2015.

    Dans le domaine sportif, 2018 sera principalement marqué par la Coupe du Monde Russie 2018. Si le Sénégal est l’équipe africaine la mieux classée pour se qualifier, il faut noter que beaucoup de choses peuvent changer d’ici juillet. On attend beaucoup d’un Nigeria renaissant, alors que les espoirs égyptiens sont élevés pour leur première Coupe du Monde depuis 1990, entrainés par la star de Liverpool Mohamed Salah.

  • Technologie spatiale en Afrique: la NASA peut désormais s’inquiéter

    Technologie spatiale en Afrique: la NASA peut désormais s’inquiéter

    L’Afrique n’est pas restée en marge de divers efforts faits notamment par des pays développés pour la conquête de l’espace. Si le continent n’a pas encore envoyé son astronaute dans l’espace comme grande réussite dans le domaine, bien d’efforts sont en train d’être faits.

    Si l’Afrique a été lente à se lancer dans le voyage spatial, les nouveaux projets sur le continent semblent désormais prometteurs. En exemple, le Square Kilometer Array en Afrique du Sud qui vise à construire le plus grand télescope radio du monde. Ce télescope devra aider les scientifiques à brosser un tableau détaillé de certaines des zones les plus reculées de l’espace. Et c’est le désert de Karoo qui abritera le Square Kilometer Array, un groupe de 3 000 antennes paraboliques sur une superficie d’un kilomètre carré.

    Mais l’Afrique du Sud qui a déjà fait de grands efforts dans le domaine scientifique sur le continent n’est pas seule à nourrir de telles ambitions. Au Nigeria également, le leader économique africain, l’agence spatiale du pays prétend avoir formé 300 personnes en niveau doctorat dans cette science et a des plans ambitieux pour développer l’industrie et encourager les programmes spatiaux à travers le continent. Et le pays vise à avoir un astronaute dans l’espace d’ici 2030. Depuis 2003, le Nigeria a lancé cinq satellites qui ont permis d’améliorer les pratiques agricoles, de recueillir des données climatiques et de retracer les prises d’otages par Boko Haram.

    Quant à l’Égypte, elle a l’un des plus anciens programmes spatiaux du continent, avec à son actif, le lancement de plusieurs satellites à bord de fusées russes.

    Genèse

    En 1964, Edward Mukuka Nkoloso, professeur d’école secondaire et directeur autoproclamé du programme spatial national de la Zambie, avait l’audacieuse envie de battre les États-Unis et l’Union soviétique dans la course à l’espace et d’atterrir sur la Lune. En utilisant des techniques non conventionnelles, Nkoloso a formé 12 astronautes. Il a échoué, mais en 2014, un film a été publié, inspiré par ses efforts.

    Related imageHeureusement, les programmes spatiaux de l’Afrique semblent maintenant beaucoup plus prometteurs. En fait, au cours de la dernière décennie, le continent est entré dans une course à l’espace.

    Le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, l’Égypte et l’Algérie ont renouvelé leurs intérêts dans leurs programmes existants, le Ghana et le Kenya se joignant au club, lançant leurs propres projets spatiaux au cours des dernières années.

    La lune à portée de main

    Alors qu’aucun pays africain n’est encore à portée de la lune, le Nigéria et l’Afrique du Sud ont de loin les programmes spatiaux les plus avancés du continent.

    En cas de succès du Square Kilometer Array, les Sud-Africains pourront regarder beaucoup plus loin dans l’espace, à multiples sensibilités de plusieurs télescopes actuels. La première phase de ce travail coutera environ 790 millions de dollars. Carla Sharpe, Business Manager chez SKA explique que ce qui a motivé ce projet, c’est le besoin d’un radiotélescope de la prochaine génération avec une préférence pour l’hémisphère sud, « condition pour voir le centre de notre galaxie ». « Lorsque vous étudiez l’espace avec un télescope optique, vous observez seulement la lumière visible, alors qu’un radiotélescope peut observer le spectre électromagnétique sur un certain nombre de fréquences », ajoute-t-elle.

    Image result for africa telescopeCependant, Sharpe n’est pas d’accord sur le fait qu’il existe une course à l’espace africaine en soi. Au lieu de cela, les pays africains considèrent les programmes spatiaux comme une partie importante du développement économique. Mais il faut aussi préciser que les programmes spatiaux sont souvent critiqués en Afrique pour être un gaspillage d’argent, en particulier avec la présence de préoccupations plus immédiates.

    Autres prétentions

    En dehors du Nigeria et de l’Afrique du Sud, il y a aussi un certain nombre de projets intéressants provenant d’autres pays africains.

    Au début de l’année 2017, l’Éthiopie a annoncé qu’elle mettrait un satellite en orbite d’ici 3 à 5 ans pour aider à surveiller les conditions météorologiques. Et en 2015, l’observatoire et le centre de recherche d’Entoto, d’une valeur de plusieurs millions de dollars, ont été ouverts près de la capitale Addis-Abeba, en Éthiopie.

    Le Ghana se lance également dans la technologie spatiale et a envoyé avec succès son premier satellite en orbite durant l’année écoulée. En 2015, le gouvernement avait alloué 10 millions de dollars à la technologie nucléaire et spatiale. L’Agence spatiale du Kenya (KENSA) a également été officiellement lancée en 2017. Pour ajouter à cela, en 2016, l’Égypte a approuvé des plans ambitieux pour lancer une nouvelle agence spatiale égyptienne.

    En effet, sur l’ensemble du continent, les nouveaux programmes représentent un appétit croissant pour les technologies spatiales, même si l’Afrique est encore loin derrière dans la course spatiale mondiale. Toutefois, il n’y a pas encore de programme spatial panafricain à l’œuvre.

    En 2010, l’Union africaine (UA) a approuvé une étude visant à tester la faisabilité d’une Agence spatiale africaine. Deux ans plus tard, le président soudanais Omar Hassan al-Bashir a réitéré l’appel. Mais il est largement tombé dans l’oreille d’un sourd. Même si une agence spatiale africaine officielle pourrait être loin, les programmes spatiaux nationaux cherchent des moyens pour travailler ensemble. Une opportunité pour l’Afrique d’évoluer dans ce domaine.

  • La Côte d’Ivoire va produire des téléphones Android en 2018

    La Côte d’Ivoire va produire des téléphones Android en 2018

    Sociam, le groupe ivoiro-libanais spécialisé dans la fabrication et la distribution des produits électroménagers a annoncé, avec son partenaire Samsung, la commercialisation de son smartphone Nasco. Une gamme de téléphones Android sous sa propre marque.

    En Côte d’Ivoire, Sociam accélère son implantation et l’entreprise est ambitieuse dans la conquête du marché africain. Jusqu’ici essentiellement consacrée à la fabrication et la distribution des produits électroménagers, dont des réfrigérateurs, des machines à laver, des climatiseurs, téléviseurs et autres, l’entreprise veut explorer une autre option en pleine croissance sur le continent : la téléphonie. En effet, le représentant exclusif du géant sud-coréen Samsung Electronics en Côte d’Ivoire a annoncé le lancement de la marque de Smartphones baptisée : « Nasco ».

    Selon les informations, plus de 30 000 exemplaires de ce smartphone viennent d’être mis sur le marché ivoirien par Sociam. Ces téléphones intelligents ont été fabriqués dans les usines du partenaire sud-coréen Samsung, avec les mêmes innovations technologiques Android et caractéristiques que le S8 de Galaxy.

    Pour le moment, les propriétaires, les frères Ali Pixie et Nasser Séklaoui veulent écouler toute la marchandise mise sur le marché avant cette fin d’année.  Pour atteindre l’objectif, ils misent sur leur réseau direct de 200 points de vente à Abidjan. Selon Nasser Séklaoui, le PDG du groupe, le projet était préparé minutieusement depuis des années. Toutefois, cette nouvelle aventure dans le domaine du mobile ne détournera pas le groupe de son activité première.

    Conquête

    Actuellement, le groupe fait une opération marketing pour cibler d’autres marchés d’écoulement. Sur ce, il devrait s’installer dans quatre nouveaux pays d’Afrique de l’Ouest en 2018, dont le Sénégal et le Nigéria, où les rivalités sur le secteur de la téléphonie mobile sont rudes, avec des grandes marques étrangères comme Infinix ou Tecno. Pour ce faire, Sociam veut croire en la différence avec la qualité et les prix raisonnables de ses appareils.

    Cette société qui emploie 2500 personnes en Afrique dont environ 1600 en Côte d’Ivoire ambitionne d’ouvrir plusieurs grandes surfaces Nasco (2 000 m²) dans le pays, où il présentera exclusivement les produits de sa marque. Sociam veut également poursuivre l’extension de son réseau au niveau national pour le porter à 300 showrooms, comme celui qu’il a ouvert fin 2016 au sein du centre Abidjan Mall, dans le quartier Riviéra-Bonoumin, à Cocody.

    Le groupe souhaite croitre le nombre de ses magasins à l’étranger, notamment son premier marché extérieur, le Ghana. Enfin, il est aussi prévu d’ouvrir une usine de fabrication de téléviseurs, de climatiseurs et téléphones Nasco à Abidjan si l’amélioration du cadre fiscal et douanier le lui permet dans cinq ans.

    Il faut noter c’est en 1984 que le groupe Sociam a été créé. Il s’est forgé au fil du temps un piédestal et se revendique aujourd’hui 65% de parts de marchés dans l’électroménager sur tout le continent, encore loin devant Whirlpool et Panasonic, seul le Sud-Coréen LG lui résistant encore. Actuellement, le groupe est présent en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Liberia, au Bénin, au Gabon, au Cameroun et en RD Congo.

  • Togo: les 10 startups à surveiller en 2018

    Togo: les 10 startups à surveiller en 2018

    Elles sont des startups togolaises ayant accompli une année 2017 du reste encourageant. En 2018, les yeux sont rivés sur ces entreprises qui devront relever les défis qu’elles se sont fixés.

    Togo ‘RECYCLING’

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    Au Togo comme dans bien d’autres pays africains, le sachet plastique (non biodégradable) est devenu une menace pour les politiques environnementales. L’usage de ces plastiques engendre des défis énormes pour l’urbanisation et sur la santé. Pour la startup Togo Recycling, il fallait trouver une solution urgente à cette menace.  Selon cette startup, il débarrasser le pays, en commençant par la capitale, des ordures plastiques tout en créant de la plus-value et des emplois.

    Cette startup, 3e prix du concours Africa Is Calling You tenu à Paris en octobre 2017, transforme les déchets plastiques recueillis en granulés qui pourront ensuite être ensuite utilisés dans la fabrication tables-bancs, bassines, et autres objets volumineux à usage non risqué pour la santé.

    Si l’entreprise n’emploie actuellement que 3 personnes, selon ses promoteurs, elle représente une source génératrice de revenus pour environ 3 000 recycleurs qui se font un gagne-pain tout en entretenant l’environnement.

    Civic bag

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    Civic bag, initiative du Togolais Achille Amétépé Noussia, est un sac de courses fabriqué à base de papiers de ciment. Le promoteur propose ses sacs pour remplacer les sachets plastiques, qui jonchent désormais les rues de Lomé. L’initiative se veut d’abord utile dans la protection de l’environnement des sachets plastiques non biodégradables et dans le recyclage des papiers de ciment. En 2017, le projet avait intéressé plus d’un et avait été primé lors du Forum international de l’entrepreneuriat (FIDEA). Il a également reçu le premier prix de Kpékpé Togo 2017.

    Doomevi

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    Doomevi est l’un des projets qui ont intéressé plus d’un durant l’année 2017. Initiative du Togolais Edeh Dona Etchri, le projet a reçu le premier prix au programme de Connexions Citoyennes 2017 organisé par CFI. Selon le concepteur, cette application est censée améliorer la participation citoyenne au Togo, « en stimulant le sérieux et la promptitude dans la réparation et l’entretien des infrastructures publiques ».  www.doomevi.org, la plateforme qui fait la promotion de cette application est un site de veille citoyenne permettant aux internautes de signaler aux autorités ou aux entreprises l’état défectueux de leurs infrastructures. Le projet Doomevi a également prévu un centre d’appel en langues locales pour ceux qui ne peuvent pas utiliser l’application mobile.

    Pass Africa

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    En début d’année 2017, E-Lumya avait procédé au lancement d’une application  de billetterie disponible dans 7 pays africains à savoir Bénin, Côte d’Ivoire, Gabon, Burkina-Faso, Sénégal, Cameroun et Togo.  Cette application, du nom de Pass Africa et disponible sous les systèmes Android et IOS permet aux organisateurs d’événements de vendre des billets en ligne via mobile money, de gérer les participants et de contrôler l’accès à un événement. L’application peut être utilisée pour des événements gratuits, privés ou payants. Selon ses concepteurs, Pass Africa permettra aux promoteurs d’événements de faire des économies et de connaître avec exactitude le nombre de participants aux événements tout en épargnant à ses utilisateurs les attentes à l’entrée des divers événements.

    AgriSoft

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    Fruit de deux développeurs togolais, AGRISOFT est une plateforme web et mobile qui permet de louer du matériel et équipement agricole entre agriculteurs. L’idée est née du constat selon lequel, pendant son activité, l’agriculteur togolais a besoin d’utiliser des matériels et équipements agricoles dont il ne dispose pas et qu’il pourrait trouver chez un autre agriculteur. Cependant, on constate qu’il n’existait aucune interface pouvant faciliter des échanges entre les agriculteurs. De fait AgriSoft, 1er de la compétition Agrihack-Togo Talent, est une plateforme web et mobile, qui permet d’annoncer ou de louer du matériel agricole.

    Soja Decision

    Soja Decision est une plateforme qui veut mettre en relation, sojaculteurs, et toute personne qui s’intéresse à ce secteur. Cette relation est créée à travers le système de financement participatif dénommé crowdlending. En effet, Sodja Decisoion permet aux investisseurs d’injecter des financement dans le secteur avec la possibilité d’avoir un retour en nature ou en espèces dans la production su soja. Les producteurs de leur côté, pourront débuter plus facilement leur campagne agricole. Mais pas que. La plate-forme sert aussi d’outil de conseils aux sojaculteurs pour améliorer leur rendement, et surtout d’optimiser leur coût de production.

    Tounkaa

    Tounkaa est une plateforme web dédiée aux micros services et jobs des secteurs d’activités les plus prisés sur internet en temps réel. Conçue pour mettre en relation les demandeurs et les fournisseurs de services, la plateforme aide les chefs d’entreprises souvent occupés, dans la recherche d’un service de qualité. Tounkaa relie essentiellement les acheteurs généralement appelés demandeurs de services et fournisseurs qui sont ici pour services fournisseurs. Il est destiné à aider les individus à tirer parti de ses compétences et désirs de quelque manière que ce soit.

    CFPS-N  (Centre de formation professionnelle et sociale pour les jeunes démunis)

    Image result for (Centre de formation professionnelle et sociale pour les jeunes démunisNé, selon ses concepteurs du constat de la difficulté d’insertion socioprofessionnelle des jeunes démunis des milieux ruraux au Togo, CFPS-N veut offrir des formations professionnelles de qualité et gratuites aux couches vulnérables de la société. Les formations au sein de CFPS-N sont données dans des filières spécifiques, pouvant générer du revenu financier pour le centre. La startup vit donc des fonds recueillis de la vente des produits issus des formations et des offres de services.

    E-agribusiness

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    E-Agribusiness est une plateforme qui met à disposition de l’agriculteur dans les zones reculées, des outils faciles à prendre en main basés sur le GSM et le téléphone à touche. Les utilisateurs via ces outils de communication, peuvent trouver de nouveaux débouchés pour leurs productions sur les marchés locaux, régionaux et internationaux. De même, la plateforme met à la disposition des acheteurs, des informations pertinentes pour faciliter leurs achats. Officiellement lancée en 2017, l’initiative permet aussi aux agriculteurs à travers un service météo conçu de prendre les coordonnées GPS de leurs champs et de leur fournir la météo par SMS sur les 10 jours à venir au travers des stations météo satellites fiables à 90 %.

    Relika

    Lancé en 2016, le projet a fait son chemin en 2017 et croit prospérer l’année prochaine. En effet, Relika et une application mobile qui permettent aux utilisateurs (client, marchand) de résoudre de nombreux problèmes posés par le manque de monnaies divisionnaires lors d’une opération d’achat ou de vente d’un produit ou service. Les reliquats collectés sont ensuite transférables vers un compte bancaire ou peuvent être retirés dans un point Relika.

  • Moyen-Orient : l’Israël va recomposer ses ‘soutiens’ en Afrique

    Moyen-Orient : l’Israël va recomposer ses ‘soutiens’ en Afrique

    Le premier-ministre israélien, Benjamin Netanyahu a créé un fonds pour soutenir les pays en développement. Des pays africains bénéficieront également de cette aide.

    L’État israélien pense récompenser les pays en développement qui le soutiennent sur la scène internationale, à en croire les informations d’un reportage diffusé sur la chaîne Hadashot. Pour cela, le premier ministre, Benjamin Netanyahu, devrait créer un fonds nommé « 50 sur 50 », qui devrait permettre de distribuer 50 millions de dollars de financements gouvernementaux à 50 pays. Cette aide sera dédiée aux secteurs comme la technologie, l’hydraulique, l’agriculture et le développement du leadership. Toutefois, chaque pays recevra une aide basée sur ses besoins individuels, selon ce même reportage.

    Le ministère des Affaires étrangères, ministère occupé également occupé par le chef de gouvernement, a dressé la liste des potentiels pays candidats qui pourraient bénéficier de cette aide. On y note une forte présence des pays africains. À eux s’ajoutent quelques autres pays d’Europe de l’Est et à l’Asie.

    Le bureau du premier ministre a déclaré à Hadashot qu’il s’agissait d’un investissement faible qui pourrait néanmoins entraîner un changement majeur dans le soutien à l’Israël au cours de la prochaine décennie.

    Pour cette nouvelle aide, Netanyahu a dévoilé son intention d’inclure le projet dans le prochain budget. Il aurait également chargé le directeur du ministère des Affaires étrangères de commencer la planification du projet sur la base des fonds présents dans les caisses de l’État.

    Netanyahu et la grande conquête

    Benjamin Netanyahu est devenu le premier chef de gouvernement israélien à se rendre en Amérique latine, en Australie et à Singapour et surtout, deux fois en Afrique (au Libéria et au Kenya) en 2017.

    Depuis sa prise de fonction, les actions diplomatiques de Netanyahu vont dans un sens de séduction. Il a pu regarder au-delà des alliés traditionnels comme les États-Unis et quelques pays d’Europe occidentale. Stratège, il a également cultivé des liens avec les pays en développement qui soutiennent traditionnellement les Palestiniens.

    Il a d’ailleurs longtemps vanté les prouesses technologiques et sécuritaires de son pays afin d’attirer de nouveau soutien et faire pression sur les pays qui bénéficient déjà de la coopération avec l’État juif. Et ce, en particulier, lors des votes aux Nations unies.

    En Afrique, de nombreux dirigeants voient en Netanyahu un leader dont le pays a beaucoup à apporter en termes d’innovation technologique et de savoir-faire en matière de sécurité ; ou encore, en aide au développement.

  • Burkina: la télévision numérique terrestre en 5 points

    Burkina: la télévision numérique terrestre en 5 points

    Le Burkina Faso est devenu le premier pays ouest-africain à lancer officiellement le passage à la télévision numérique terrestre (TNT). La mise en service de cette infrastructure est une grande aubaine pour les médias dans le pays. Le projet en 5 points.

    Périple

    Avant de connaitre une phase d’aboutissement ce 28 décembre 2017, la télévision numérique au Burkina aura fait un long chemin. Lancée sous Blaise Compaoré puis validée en un premier temps sous la Transition, ensuite sous Roch Marc Christian Kabore, la télévision numérique est enfin une réalité au Burkina. Le projet avait raté le délai initial de juin 2015, en partie à cause des difficultés de mobilisation des ressources et surtout à la crise politique qui a secouait encore le pays.

    Investissement

    Le projet mis en service par le haut représentant du chef de l’État Shérif Sy, aura exigé un investissement de 45 milliards de francs CFA (69 millions d’euros). La moitié de cet investissement été apportée par un pool bancaire, dont la branche Burkina de Bank of Africa.

    Travaux

    Actuellement, quatorze chaînes nationales, dont la télévision publique, la RTB ou encore BF1, Burkina Info, 3 TV, Omega TV, sont donc accessibles. Les travaux effectués par l’entreprise espagnole BTesa, sont déjà achevés à 70 %. La mise en service de la TNT couvre au moins vingt villes. Mais selon les prévisions, une trentaine de villes est prise en compte. Le reste sera donc couvert progressivement à partir de février 2018.

    Technique

    Fin mai 2017, l’opérateur public en charge de la TNT au Burkina, la Société burkinabè de télédiffusion (SBT), avait finalisé un accord pluriannuel pour l’utilisation du satellite Eutelsat 3B, en vue d’alimenter 35 émetteurs numériques terrestres et mailler l’ensemble du territoire national. En effet, le signal satellitaire qui comprend une vingtaine de chaînes de télévision est désormais rediffusé par les émetteurs terrestres de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora ou encore Manga, auprès des foyers burkinabè équipés d’un décodeur numérique ou d’un téléviseur adapté.

    Attentes

    Si le paysage audiovisuel burkinabè est composé aujourd’hui, d’une dizaine de chaînes de télévision : Al Houda TV, CVKa, Impact TV, TV Maria, TVZ, Canal3, SMTV, Burkina Info et la Radiotélévision du Burkina (RTB – publique), il faut dire que plusieurs chaînes privées attendaient incessamment l’arrivée de la TNT pour en lancer de nouvelles. Certaines d’entre elles ont des projets déjà avancés dans le domaine. Parmi celles-ci, Omega TV, qui appartient au ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, patron d’Oméga FM, une chaîne radio très écoutée par les Ouagalais. D’autres médias numériques verront également bientôt le jour.

  • Les huit élections africaines à surveiller en 2018

    Les huit élections africaines à surveiller en 2018

    En Afrique, 2017 a été l’année de grands changements. Des dirigeants décriés pour leur longévité ont quitté le pouvoir comme au Zimbabwe, en Angola et en Gambie. Par ailleurs, les scissions internes, les défis économiques et l’augmentation du taux de chômage ont fait pression sur de nombreux pays, dont l’Éthiopie et le Nigéria. En Afrique du Sud en outre, un parti au pouvoir divisé a montré un électorat déçu par les mouvements de libération.

    Toutefois, l’année 2017 n’est pas partie avec toutes les formes de frustrations. Certaines de ces pressions internes et externes seront éventuellement présentes dans les élections à travers le continent en 2018. En effet, une vingtaine de nations organiseront des élections présidentielles, législatives et municipales cette année, avec l’espoir que certains de ces résultats pourraient annoncer un changement politique pour les partis. Les campagnes présidentielles en Afrique du Sud et au Nigeria vont également prendre de l’ampleur avant les élections de 2019, le leader du Congrès national africain, Cyril Ramaphosa, et le président Muhammadu Buhari espérant gagner respectivement.

    Alors que des millions d’électeurs africains se rendent aux urnes au cours des 12 prochains mois, voici les élections à surveiller, dans l’ordre chronologique :

    1. Égypte : entre février et mai 2018

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    Même s’il n’a pas encore déclaré sa candidature, le président Abdel Fattah el-Sisi reste l’homme à battre lors de la prochaine élection présidentielle égyptienne. Tandis que l’ancien Premier ministre Ahmed Shafiq et l’éminent avocat des droits de l’homme Khaled Ali ont déclaré leur intention de se présenter, de nombreux candidats se heurteront à des obstacles pour se rendre au scrutin, et encore moins gagner

    Ces scrutins surviennent alors que l’Égypte est confrontée à un ralentissement économique brutal et à de nombreux attentats terroristes meurtriers qui continuent de compromettre son image de destination touristique favorite.

    1. Sierra Leone : 7 mars 2018

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    Ce pays d’Afrique de l’Ouest organisera des élections générales début mars, avec plus d’une douzaine de partis présentant des candidats aux élections présidentielles, parlementaires, municipales et municipales. Le Congrès des Peuples, au pouvoir, a nommé le ministre des Affaires étrangères, Samura Kamara, au poste de successeur du président Ernest Bai Koroma, qui quittera ses fonctions après dix ans au pouvoir. Le candidat de l’opposition Julius Maada Bio, qui s’est présenté contre Koroma en 2012 sur un billet du Parti populaire de la Sierra Leone, devrait participer aux prochaines élections.

    Les élections de 2018 interviennent à un moment crucial alors où la Sierra Leone se remet des effets dévastateurs d’Ebola et d’un glissement de terrain tragique qui a tué des centaines de personnes et déplacé davantage l’année dernière.

    1. Soudan du Sud : juillet 2018

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    La jeune nation devrait tenir des élections générales au milieu d’une guerre civile qui a déplacé des millions de personnes à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les luttes intestines entre le gouvernement rival et les forces rebelles ont déchiré le pays, dévastant l’économie, en affectant les opérations humanitaires et les investissements étrangers alors que les dirigeants continuent d’amasser des millions de dollars en richesse illégale.

    Alors que le mandat du gouvernement s’achève en février, le président Salva Kiir veut organiser des élections. Cela s’avère difficile, étant donné que le gouvernement n’a pas les fonds et la sécurité nécessaires pour enregistrer les électeurs et mener les élections. L’ex-vice-président Riek Machar est également en exil en Afrique du Sud, certains rapports indiquant qu’il est en « résidence surveillée » dans une ferme à l’extérieur de Johannesburg. Au milieu de tout cela, la volonté du gouvernement de tenir le vote inquiète également les Nations Unies, qui ont déclaré que les élections risquaient « d’approfondir et d’étendre » le conflit.

    1. Mali : d’avril à novembre 2018

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    Le Mali organisera des élections régionales, présidentielles et nationales en plusieurs étapes, le tout entre avril et novembre. Les élections devaient débuter à la mi-décembre, mais elles ont été retardées pour des raisons de sécurité. L’opposition et les groupes rebelles à l’Accord d’Alger de 2015 pour stabiliser le vaste désert du Nord participeraient au processus.

    Fin décembre 2017, le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga a démissionné avec son gouvernement, portant un coup dévastateur au président Ibrahim Boubacar Keita, 72 ans, qui cherche à se faire réélire. En septembre dernier, Kalifa Sanogo, le maire de Sikasso, la deuxième ville du Mali, s’est également déclaré candidat aux élections présidentielles de 2018.

    1. Zimbabwe : 31 juillet 2018

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    Avec Robert Mugabe éjecté de la course, le président Emmerson Mnangagwa devrait mener son parti ZANU-PF aux élections présidentielles fin juillet. Mnangagwa, 75 ans, a déjà déclaré que l’élection sera « crédible, libre, juste et transparente » et devrait aider à définir une nouvelle dynamique pour un Zimbabwe très appauvri. Mnangagwa fera donc face à la pénurie de carburant et de denrées alimentaires, à l’instabilité monétaire et à la hausse des taux de chômage.

    Le Royaume-Uni a également déclaré que le « progrès démocratique » était la clé pour aider le Zimbabwe à régler ses arriérés avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement et stabiliser sa monnaie.

    1. Cameroun : Octobre 2018

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    Après 36 ans de règne, le président Paul Biya est l’un des plus anciens dirigeants africains encore au pouvoir. À 84 ans, Biya devrait se présenter de nouveau aux élections du pays en octobre. Le célèbre avocat Akere Muna a également déclaré sa candidature et a exhorté l’opposition à s’unir afin de battre Paul Biya.

    Ces élections font suite à une crise dans ses régions anglophones, menant à des répressions violentes et à des protestations antigouvernementales. Les tensions latentes ont également amené le gouvernement à fermer Internet dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les résidents se plaignent de discrimination politique et économique depuis des décennies. Les activistes ont également appelé les deux régions à se séparer de la nation majoritaire francophone et à créer une patrie indépendante appelée Ambazonia.

    1. République démocratique du Congo : 23 décembre 2018

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    Avec plus de deux ans de retard, les élections dans la République démocratique du Congo auront lieu à la fin du mois de décembre. Pourtant, la grande question qui se pose au cours du scrutin est de savoir si le président Joseph Kabila, qui a dirigé le pays depuis 2001 et qui a poussé à plusieurs reprises la date des élections, acceptera de démissionner. Fin décembre, le pays a été de nouveau secoué par des manifestations anti-gouvernementales, qui ont entraîné la mort d’au moins sept personnes et l’arrestation de 120 autres.

    1. Libye : indéterminé

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    En l’absence de date précise, le gouvernement libyen, soutenu par les Nations unies, affirme qu’il va de l’avant avec les préparatifs des élections présidentielles et législatives de 2018. Selon la commission électorale, près d’un million d’électeurs se sont déjà inscrits aux prochaines élections.

    Parmi les candidats la présidence : Saif al-Islam Kadhafi, le fils de l’ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi. Après des années de captivité dans la ville de Zintan, Saif, qui est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, espère diriger et unifier les différentes factions qui contrôlent la nation nord-africaine. Depuis la chute de son père, la Libye a lutté pour faire une transition démocratique, avec des divisions politiques et des troubles dans le pays. La nation déchirée par la guerre a également lutté contre l’immigration clandestine, les migrants africains étant même vendus comme esclaves sur les marchés ouverts.

  • Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

    Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

    La septième édition de Où investir en Afrique de Rand Merchant Bank (RMB) a mis en évidence les pays qui ont compris la nécessité de s’adapter au ralentissement prolongé des prix des matières premières et à la faiblesse de la croissance de la production. Le rapport révèle les différents pôles où investir en Afrique en 2018.

    Le thème de « Où investir en Afrique 2018 » est «Money Talks» et cette édition «suit l’argent» sur le continent africain pour évaluer les aspects cruciaux pour la performance économique de chaque pays. Le rapport se concentre sur les principales sources de revenus en dollars en Afrique, permettant de mesurer les principaux générateurs de revenus et d’identifier les opportunités d’investissement.

    Dans ce numéro, l’Indice d’attractivité des investissements du RMB, qui équilibre l’activité économique et la relative facilité des affaires, illustre comment les niveaux d’activité économique modérés ont atténué plusieurs scores sur l’indice par rapport à l’année dernière.

    Top 10

    Les grandes omissions du top 10 cette année sont le Nigeria et l’Algérie, qui sont passés des rangs 6 et 10 aux 13 et 15 respectivement. En revanche, l’Éthiopie et le Rwanda ont respectivement gagné trois et quatre places.

    En effet, le changement le plus notable est la chute de l’Afrique du Sud, tombée de la première place pour la première fois depuis la création du rapport pour céder sa place à l’Égypte qui est maintenant la destination des investissements les  plus attrayants de l’Afrique. L’Égypte a progressé grâce à son score supérieur d’activité économique et les taux de croissance lents en Afrique du Sud, qui se sont nettement détériorés au cours des sept dernières années. L’État arc-en-ciel est également confronté à des préoccupations croissantes sur les questions de solidité institutionnelle et de gouvernance, bien que ses marchés des devises, des actions et des capitaux restent encore en bonne position.

    Le Maroc a conservé sa troisième position pour la troisième année consécutive après avoir bénéficié d’un environnement opérationnel grandement amélioré depuis le Printemps arabe qui a débuté en 2010.

    Surprenante, l’Éthiopie, pays marqué par l’instabilité sociopolitique, a déplacé le Ghana à la quatrième place, avec une croissance économique rapide, ayant dépassé le Kenya comme la plus grande économie en Afrique de l’Est. La chute du Ghana à la cinquième position était principalement due aux perceptions de l’aggravation de la corruption et de la faiblesse de la liberté économique.

    Quant au Kenya, il se maintient dans le top 10 au sixième rang. Les investisseurs sont toujours attirés par la structure économique diversifiée du pays, ses politiques favorables au marché et la croissance soutenue de ses dépenses de consommation. Une série de réformes favorables aux entreprises visant à éradiquer la corruption et une croissance économique soutenue ont permis à la Tanzanie de grimper de deux places au septième rang. En ce qui concerne le Rwanda, le pays est rentré dans le top 10 après avoir passé deux ans à la périphérie, boostée par l’une des économies les plus réformées au monde, les taux de croissance réels élevés et sa tentative continuelle de diversifier son économie.

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    Au numéro neuf, la Tunisie a fait de grands progrès dans la promotion de la transition politique, tandis que l’amélioration du climat des affaires a été réalisée par des réformes structurelles, une sécurité accrue et la stabilité sociale. La Côte d’Ivoire a trébuché de deux places pour prendre la dixième place. Bien que sa notation de l’environnement des affaires est encore relativement faible, son gouvernement a fait des progrès importants en invitant  des investisseurs dans le pays. Ce qui        a conduit à une forte augmentation des investissements étrangers directs au cours des années entraînant l’une des économies à la croissance la plus rapide en Afrique.

    Focus

    Pour la première fois, le Nigeria ne figure pas dans le top 10, son attrait d’investissement à court terme ayant été érodé par des conditions de récession. L’Ouganda se rapproche progressivement du top 10, bien que l’activité du marché devrait rester modérée après une année 2016 tumultueuse marquée par l’incertitude liée aux élections, une sécheresse débilitante et des taux d’emprunt commerciaux élevés. Bien que le Botswana, Maurice et la Namibie soient largement considérés comme des économies de premier ordre, ils ne figurent pas parmi les dix premiers en raison principalement de la taille relativement petite de leurs marchés, la taille du marché étant un facteur clé dans la méthodologie du rapport.

  • Voyage: le Ghana, nouvelle capitale africaine de la fraude au visa

    Voyage: le Ghana, nouvelle capitale africaine de la fraude au visa

    La fraude au visa est fréquente au Ghana. La pratique est même en hausse. Au point où ces dernières années, des Ghanéens ont été appréhendés alors qu’ils voyageaient avec des « passeports loués ». Du fait des ressemblances, les fraudeurs offrent parfois contre payement (1 300 $) des visas à des voyageurs. « Il suffit tout simplement que la personne sur la photo du visa ressemble un peu à celui qui doit voyager », explique un détective qui a longtemps enquêté sur cette fraude organisée. En 2016, le Centre d’expertise en matière de fraude documentaire du Ghana a examiné 274 cas. Des cas ont été envoyés par le service de l’immigration et les ambassades.

    Selon, Seth Sewornu, chef de l’unité des visas et des documents frauduleux de la police ghanéenne, cette fraude est orchestrée par un réseau de gens qui se proposent de « faciliter les démarches aux demandeurs ». Comme c’est parfois le cas à l’aéroport international de Kotoka à Accra où des fraudeurs promettent aux voyageurs de leur garantir un passage sans encombre.

    Dans le service de certains fraudeurs, les enquêteurs ont découvert des piles de dossiers contenant des demandes de visa remontant à une dizaine d’années. Il avait trois armoires étiquetées «demandes d’ambassade du Canada», «demandes d’ambassades britanniques», «demandes d’ambassades américaines» », selon les détectives. La fraude au visa peut être incroyablement lucrative pour les fraudeurs. Des personnes ont en effet payé jusqu’à 30 000 $ pour disposer de leur visa. Cette situation oblige parfois certains demandeurs à s’endetter ou à vendre leurs maisons.

    Dénonciation

    Selon d’autres enquêteurs, si le Ghana est devenu une plaque tournante régionale pour la fraude en matière de visas, c’est en partie dû aux faibles sanctions que l’on inflige aux fraudeurs. Au cours des dernières décennies, les fraudeurs de visa ghanéens ont acquis une expertise. Il y a aussi la demande: un nombre croissant de Ghanéens cherchent à partir à l’étranger – temporairement ou de façon permanente – pour des opportunités économiques, et sont prêts à dépenser de l’argent pour les visas. « Tout élément de ce qui nécessite de la documentation peut être truqué », a déclaré Muzaffar Chishti, directeur du bureau de l’Institut de politique migratoire à la faculté de droit de l’Université de New York. « Pas étonnant qu’il y ait des quantités importantes de fraude ».

    Même les politiciens se font prendre dans la fraude de visa. Plus tôt cette année, le Haut-Commissaire britannique a accusé trois parlementaires ghanéens d’avoir aidé à la fraude de visa en utilisant leurs passeports diplomatiques. « Le Parlement ghanéen ne devrait pas être un lieu où les agents des visas non enregistrés approchent les honorables parlementaires et les incitent à participer à la fraude en matière de visas », avait dénoncé le Haut-Commissaire.

    Malgré cela, l’industrie de la fraude de visa ne montre aucun signe de ralentissement. La dernière version est la fraude d’identité à grande échelle. Ceci cible les personnes bien établies avec une longue histoire de voyage. En septembre, le gouvernement du Ghana a annoncé qu’un nouveau système de demande de passeport en ligne avait été inondé de demandes incomplètes et de falsification de données. Ils ont également constaté qu’environ 10 000 nouveaux passeports n’avaient pas été ramassés.