Catégorie : Economie

  • La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    Début novembre, la Côte d’Ivoire a inauguré le barrage hydroélectrique de Soubré censé augmenter de 10% la capacité énergétique du pays.

    Le nouveau barrage de Soubré est désormais le plus important du pays. Le coût des travaux est estimé à plus de 300 milliards de francs CFA. Les travaux de construction ont duré près de quatre ans. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un projet énergétique financé à plus de 80% par la Chine à travers l’Exim Bank. Construite sur le fleuve Sassandra, l’infrastructure hydroélectrique va contribuer au renforcement énergétique de la Côte d’Ivoire. Le pays envisage doubler sa capacité énergétique en 2020, soit 2000 mégawatts.

    En février 2013, le chef de l’Etat ivoirien évoquait l’importance pour le pays d’avoir une importance énergétique. Il nous faut suffisamment d’énergie pour illuminer nos foyers, nos villes et villages, pour faire fonctionner nos industries, nos hôpitaux, nos écoles, nos universités », avait déclaré Alassane Ouattara. Le secteur énergétique de la Côte d’Ivoire est dépendant à 80% de la production de centrale thermique au gaz naturel. L’Etat mise donc sur de nouveaux projets énergétiques pour électrifier les villages de plus de 500 habitants.

    Indépendance énergétique

    Thierry Tanoh, ministre du pétrole de l’énergie et du développement, s’est félicité de la coopération sino-ivoirienne à l’origine de la réalisation de ce projet énergétique. La ville de Soubré qui abrite ce barrage hydroélectrique a par ailleurs vu « sa capacité en eau potable triplée », selon le ministre. Il a également indiqué que le barrage va permettre d’électrifier plus de dix villages. Des forages seront également construits.

    Pour renforcer son indépendance énergétique, la Côte d’Ivoire envisage construire d’autres barrages hydroélectriques. Ces dernières devront permettre au pays d’augmenter la part de l’hydraulique dans la fourniture d’électricité qui est estimé à ce jour à moins de 50%. Alassane Ouattara a déjà à cet effet lancé les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Gribo Popoli. Située à 7 km en aval de la ville de Soubré, la localité de Gribo Popoli devrait abriter en 2020, après plusieurs mois de travaux, un barrage d’une puissance de 112 mégawatts. Les travaux seront financés par la Chine à hauteur de 173 milliards de francs CFA. Deux autres chantiers devraient ensuite être lancés, confie-t-on au ministère du pétrole de l’énergie et du développement.

  • Togo: la crise politique freine les activités du secteur informel

    Togo: la crise politique freine les activités du secteur informel

    Plongé dans une crise politique depuis plus de deux mois, le pays voit ses activités économiques tourner au ralenti. Au point où le Fonds monétaire international a alerté les autorités sur les risques que court le pays.

    Les remous politiques qui secouent le Togo depuis fin août impactent la vie économique du pays. Les conséquences directes de la crise ont été le ralentissement des activités commerciales et la fermeture des supermarchés à plusieurs reprises. Dans le pays, ce recul est décrié par les commerçants. Ces derniers confient avoir eu un chiffre d’affaires en deçà des prévisions du mois écoulé. « Les ventes ont baissé avec beaucoup de manque à gagner. On était obligé de subir parce qu’on ne pouvait pas ouvrir », explique la gérante d’un supermarché. « L’impact économique de la crise est ressenti par la population à la base », soulève un économiste togolais, enseignant chercheur à l’Université de Lomé. Ce dernier explique que la crise politique et les journées « Togo mort » freinent les activités du secteur informel.

    Autre point négatif, des commerçants et acheteurs étrangers qui ont ralenti leur présence à Lomé la capitale. Fernand qui vend depuis cinq ans des chaussures au marché d’Adawlato, grand marché de Lomé, n’a pas ainsi reçu le mois dernier ses commandes en provenance du Bénin. « Mon associé a préféré attendre ce mois pour tout convoyer si la tension s’apaise », confie-t-il. Il faut dire que le pays a surtout enregistré une diminution des entrées et sorties de camions au port de Lomé qui dessert plusieurs pays de la sous-région, notamment ceux du sahel. Certains gros porteurs ont préféré durant le mois d’octobre se rabattre sur le Bénin.

    Croissance revue à la baisse

    Le Togo avait déjà perdu par jours près de 136 millions de FCFA pour cause de coupure de connexion internet pendant plus d’une semaine. Pour freiner la dynamique des marches de protestation, les autorités avaient en effet décidé de couper la connexion internet. L’Office Togolais des recettes avait de son côté évalué à plusieurs milliards les manques à gagner pour le pays. Si elle continue, la crise risque de donner un coup à l’économie du pays. Le dernier rapport sur le climat des affaires publié par la Banque Mondiale a même vu le pays régresser de deux places dans le classement mondial. L’institution financière indique que le climat est « moins propice » au Togo. Dans un pays où la dette publique représente « 71,9% du PIB en dehors de la dette sociétés d’État », selon Sani Yaya, ministre de l’Économie et des Finances.

    L’avertissement du FMI

    Fin octobre, le Fonds monétaire international (FMI) a achevé une mission au Togo dans le cadre de la Facilité élargie de crédit. Le FMI a profité pour exprimer son inquiétude sur les conséquences de la crise politique. Elle a évoqué des risques auxquels le pays pourrait faire face malgré « les perspectives à moyen terme globalement positives ». Le FMI prévoit d’ailleurs une croissance en deçà de 5% pour cette année 2017. Rappelons qu’en début d’année, le Togo a conclu avec le FMI un accord portant sur une Facilité élargie de crédit (FEC) sur trois ans. Près de 238 millions de dollars devront être débloqués en faveur du pays pour lui permettre de maîtriser sa croissance économique et son taux d’endettement.

  • Zone CEMAC: enfin, la libre circulation et l’intégration économique

    Zone CEMAC: enfin, la libre circulation et l’intégration économique

    La récente suppression en cascade des visas au sein de la Communauté des États de l’Afrique centrale s’explique par la volonté des États de renforcer leurs relations de coopération.

    Depuis 2013 la décision des chefs d’État de la zone de promouvoir une intégration entre leurs pays était restée sans suite. Ce n’est plus le cas désormais. Les pays de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) ont récemment décidé de mettre fin aux visas de séjours pour leurs ressortissants. Leurs décisions s’inscrivent dans la promotion de la libre circulation des biens et des personnes.

    C’est le Tchad qui a surpris début août en annonçant une suppression de visas pour les ressortissants de la Cemac. Les ressortissants avaient jusqu’à fin juillet besoin d’un visa pour séjourner dans le pays. Pour Hissein Brahim Taha, ministre tchadien des Affaires étrangères, les détenteurs de passeports et de cartes d’identité pourront bénéficier de la mesure.

    En octobre, la Centrafrique instaure également « la libre — circulation des ressortissants des six États membres de la Cemac ». Son ministre des Affaires étrangères, Charles-Armel Doubane, explique que le pays est prêt à accueillir tous détenteurs d’une pièce d’identité sécurisée en cours de validité, pour des séjours de moins de trois mois.

    Risque d’insécurité ?

    Par la suite, les autres pays de la Communauté décident eux aussi de supprimer les visas en conformité à l’accord sur la libre circulation en Afrique centrale signé en 2013. Il s’agit de « concilier la nécessité de libre circulation et l’exigence sécuritaire », ont expliqué de leur côté les autorités gabonaises. En réalité la Guinée Équatoriale et le Gabon avaient résisté à l’accord de libre circulation, craignant d’être « envahis » par de nombreux ressortissants de la zone. Mais les deux pays ont fini par céder. Ce qui facilite désormais la mise en œuvre de l’accord.

    Cependant, beaucoup craignent que cette décision des pays de la CEMAC augmente les risques d’une insécurité dans la zone. À l’heure où les pays font face à des défis sécuritaires, la suppression des visas pourrait « avoir des effets négatifs », considère un expert. Des voix s’élèvent pour contester cette suppression de visas qui ne rend pas encore effective la libre circulation des personnes et des biens. Malgré la décision des États, il y a encore sur les corridors des postes de péage qui obligent les camionneurs ou les commerçants à dépenser. Une situation que déplorent les usagers des routes de la Communauté.

    Intégration économique

    Les autorités en charge des transports routiers comptent veiller au respect de nouvelles directives. « La suppression des visas est déjà un pas vers l’intégration sous-régionale souhaitée », explique-t-on au ministère tchadien des Transports. La suppression des visas devrait aussi permettre aux pays de l’Afrique centrale de renforcer leur coopération économique. Dans ce cadre, fin octobre, le Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale a même décidé de consolider la décision des États de la zone d’ouvrir leur frontière.

    Concrètement, le Conseil a décidé de consacrer près de 1,7 milliard de FCFA à l’application de la libre circulation dans la CEMAC. Le financement sera prélevé sur le Fonds de développement de la CEMAC (Fodec) et servira au payement des équipements pour la sécurisation des frontières. Cette avancée constatée dans les États devrait être renforcée par la mise en place de passeports biométriques dans les pays de la zone.

  • La Côte d’Ivoire injecte  900 millions  de $ dans ses infrastructures

    La Côte d’Ivoire injecte 900 millions de $ dans ses infrastructures

    En Côte d’Ivoire, les plaintes des passagers de la route sont presque les mêmes : le réseau routier est mauvais et ne cesse de se dégrader. Face la situation, le gouvernement veut s’attaquer au plus tôt au mal.

    Le premier ministre ivoirien vient d’annoncer un investissement de 475 milliards de francs CFA (près de 900 millions $) dans les infrastructures. Selon Amadou Gon Coulibaly, « l’ensemble de ces investissements contribuera à décongestionner le trafic à Abidjan, mais également son potentiel de développement économique. »


    Plus de 60 % du réseau routier a été dégradé suite à la décennie de crise sociopolitique survenue dans le pays.


    S’il y a quelques années en arrière la Côte d’Ivoire s’était engagée dans un vaste programme d’investissements dans les infrastructures rendant son réseau routier enviable, les choses ne sont plus exactement ça. Selon les autorités ivoiriennes, plus de 60 % du réseau routier a été dégradé suite à la décennie de crise sociopolitique survenue dans le pays. Mais selon Pierre Dimba, directeur général de l’Ageroute, l’Agence de gestion des routes, la dégradation de nombreuses voies à travers le pays est due à l’ancienneté des constructions.

    En effet, il n’y a pas qu’à Abidjan que l’on trouve des routes en piteux état. A Yamoussoukro, capitale politique et administrative du pays, la quasi-totalité des voies sont dégradées, comme dans la ville portuaire de San Pedro ou à Daloa dans le centre-ouest du pays.

    Ce nouvel important investissement servira entre autres, à la réhabilitation du pont Felix Houphouët Boigny, et à la construction de l’échangeur Akwaba.

    Pour précision, l’ensemble des chantiers couverts par ce financement s’inscrit dans la liste des projets prioritaires du Millennium Challenge Corporation (MCC) dont le pays est bénéficiaire.

    Négligence

    Le gouvernement ivoirien a été avare en financement des travaux liés aux infrastructures en général durant l’année 2006. Selon le rapport 2016 du Consortium pour les Infrastructures en Afrique (ICA) publié ce mois d’octobre, la première économie de l’UEMOA a injecté seulement 64,5 millions $ dans les infrastructures en 2016, soit moins de 0,5 % de son PIB. Selon le même rapport, des pays moins nantis ont investi doublement que le leader de l’économie de la CEDEAO. Le Togo a par exemple investi 297,5 millions $, 199,3 millions pour le Mali, 179,3 millions au Burkina Faso, ou encore le Sénégal qui chapeaute avec ses 575,4 millions.

    Pour une quasi-négligence de l’entretien et de la construction des nouvelles infrastructures et leur entretien, la conséquence a été claire.

    Pour rappel, l’annonce intervient au moment où la Côte d’Ivoire s’apprête à lancer la construction du métro d’Abidjan.

  • Sénégal: Aywajieune, une plateforme pour vendre les produits halieutiques

    Sénégal: Aywajieune, une plateforme pour vendre les produits halieutiques

    Depuis septembre 2015 la plateforme Aywajieune se propose de jouer les intermédiaires entre des vendeurs et des acheteurs de produits halieutiques.

    C’est certainement une bonne trouvaille pour les acteurs impliqués dans la commercialisation des produits halieutiques. Depuis plusieurs mois Aywajieune facilite les difficultés d’approvisionnement et d’écoulement du poisson frais au Sénégal. On retrouve sur cette plateforme des annonces et des ventes de produits halieutiques. Aywajieune offre également des services de livraison à domicile. Pour Malick Birane qui est à l’origine de cette initiative, jusqu’en 2015, les vendeurs rencontraient des difficultés qui les obligeaient à brader leurs produits. Il fallait donc trouver une solution pour « sauver » l’activité des vendeurs.


    En deux ans d’existence, la plateforme s’est engagée à accompagner spécialement plus de trente vendeurs.


    Des études ont ainsi été menées auprès des vendeurs et des acheteurs. Ces derniers manquaient à leur niveau d’informations sur la disponibilité des produits voulus. Selon Malick Birane, Aywajieune a une dimension sociale. « Notre but principal est d’aider les vendeurs à tirer profit de leur activité », ajoute-t-il. En deux ans d’existence, la plateforme s’est engagée à accompagner spécialement plus de trente vendeurs. Cet appui consiste à mettre à jour régulièrement sur aywajieune.com l’espace des vendeurs qui ne maîtrisent pas encore l’utilisation des outils en ligne. Ils devraient néanmoins bénéficier d’une série de formations pour prendre en charge leur espace.

    Plateforme de référence

    La plateforme est déjà installée à Saint-Louis, Ziguinchor et Dakar la capitale. Mais elle envisage être présente dans d’autres localités du pays. L’équipe d’Aywajieune compte proposer ses services dans des villes où l’on remarque de fortes activités d’achat et de vente des produits halieutiques. Malick Birane et son équipe misent sur le marché national pour s’imposer dans la sous-région.

    Ils comptent participer d’ailleurs participer au « renforcement des échanges de produits halieutiques entre le Sénégal et l’extérieur ». Pour l’heure, la plateforme fait un chiffre d’affaires mensuel de 4 millions de FCFA. L’équipe travaille à mobiliser de fonds pour mieux se déployer sur le territoire national. Des partenariats avec des organisations présentes dans les localités devraient permettre à Aywajieune de bénéficier d’un accompagnement technique et financier. Dans trois ans, Aywajieune veut se positionner comme une plateforme d’achat et de vente de produits halieutiques connue sur le plan mondial.

     

  • L’Éthiopie inaugure deux nouveaux parcs industriels

    L’Éthiopie inaugure deux nouveaux parcs industriels

    L’Éthiopie qui envisage se positionner comme un poids lourd industriel en Afrique de l’Est inaugure cette fin d’octobre deux nouveaux parcs industriels. Des infrastructures qui permettront au pays d’augmenter ses recettes économiques et de créer des emplois.

    Les deux nouveaux parcs industriels vont commencer par fonctionner en novembre. Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont être spécialisés dans l’habillement, le textile et l’agroalimentaire. Les travaux de construction de ces infrastructures ont duré plusieurs mois. Leur coût est estimé à 315 millions de dollars US.

    Les travaux de construction ont été effectués par China Civil Engineering Construction Company (CCECC). Selon Dr. Belachew Mekuria, commissaire adjoint en charge des parcs industriels, toutes les dispositions ont été prises pour doter les parcs « de tout ce qu’il faut ».


    Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont faciliter les échanges extérieurs du pays


    La construction stratégique des deux ports qui se situent non loin du port de Djibouti constitue un avantage pour l’Etat éthiopien. En effet les deux infrastructures vont désormais jouer un rôle essentiel dans le commerce extérieur du pays. « Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont faciliter les échanges extérieurs du pays », indique un économiste, spécialiste de la région.

    Améliorer les exportations et créer de l’emploi

    Les deux nouvelles infrastructures devraient aussi permettre à l’Éthiopie de créer de nombreux emplois. A Adama, l’Etat mise sur la création de plus de 15 000 emplois indirects et plus de 15 000 autres indirects, soit 30 000 emplois. Le parc de Dire qui participe aussi à l’amélioration de l’accès à l’emploi va permettre « au gouvernement de créer 10 000 emplois », selon Dr. Belachew Mekuria

    L’Éthiopie qui s’est lancée dans une industrialisation de ses villes dispose désormais de cinq parcs industriels. Ces derniers s’inscrivent dans le cadre d’un projet qui vise à faire du pays « centre de fabrication en Afrique ». Outre les parcs de Hawassa, Mekele, le gouvernement éthiopien avait inauguré récemment le parc industriel de Kombolcha après neuf mois de travaux estimés à 90 millions de dollars.

    « Les usines engagées dans des activités orientées vers l’exportation dans la ville de Kombolcha auront un cadre idéal pour exporter leurs produits via le port de Djibouti à 480 km », avait déclaré Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien.

  • Cacao: l’Afrique s’attaque au défi de la transformation

    Cacao: l’Afrique s’attaque au défi de la transformation

    Fort de la forte production du cacao qu’il enregistre, le continent veut s’imposer également sur le terrain de la transformation. Un moyen pour les pays africains de réduire l’écart sur les pays occidentaux.

    Des millions de tonnes de cacao sont produits chaque année dans le monde. En tête de pays producteurs figurent des pays africains tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria ou encore le Cameroun. La production du cacao augmente chaque année pendant que la demande ne cesse d’accroître. L’Afrique représente une part importante de cette production avec la Côte d’Ivoire comme premier producteur. « C’est l’Afrique qui produit », résume un expert.

    En dehors du Ghana et le Nigéria qui s’attèlent à augmenter leur production, le Cameroun s’est également lancé dans la relance de sa filière avec un appui conséquent aux planteurs. Jusqu’en 2020 le pays envisage produire près de 600 000 tonnes de cacao par an. Malgré la forte production enregistrée sur le continent, les pays doivent encore faire face à différents défis, notamment celui de la transformation. « L’Afrique est inexistante sur ce plan. C’est un vide qu’il faut combler », reconnaît l’organisation internationale du cacao (ICCO).

    Transformer sur le continent

    La part non négligeable de l’Afrique dans la production mondiale du cacao est complétée par des pays étrangers qui eux produisent et transforment. Les pays africains œuvrent depuis quelques années à « rattraper leur retard ». Ils envisagent à la fois augmenter leur production et bénéficier de l’importante manne financière qu’offre la transformation du cacao. Il y a trois ans, le continent n’avait gagné que 800 millions de dollars US sur 110 milliards de dollars US qu’a générés la transformation du cacao sur le plan mondial.

    A ce jour, les pays africains représentent 20 % des revenus que rapporte la première étape de transformation du cacao (la production de liqueurs, poudre et autres beurres de cacao). Le continent qui ne gagne pas assez en termes de revenus à la deuxième étape de transformation du cacao compte s’illustrer dans la production du chocolat qui constitue la troisième étape de transformation. Pour combler le vide et s’imposer dans la transformation du cacao, ces pays ont défini des chronogrammes avec des objectifs précis.

    Limiter l’exportation des fèves brutes

    Il s’agit de réussir à « produire local et à transformer local ». « En s’organisant, les pays africains peuvent augmenter cette transformation », estime un membre de l’organisation internationale du cacao. Cela leur permettra de réduire l’exportation des fèves brutes et des semi-transformés. Pour y parvenir, des infrastructures de transformations du cacao sont en train d’être mises en place dans certains de ces pays. La Côte d’Ivoire dispose déjà d’une usine de transformation du beurre de cacao en pâte à tartiner ou en poudre pour le petit déjeuner à Abidjan. Le pays qui espère créer d’autres usines a vu s’installer sur son territoire le géant singapourien Olam qui a ouvert une usine d’une capacité de 75 000 tonnes à San Pedro.

    La Côte d’Ivoire devrait ainsi jusqu’en 2020 être capable de transformer 50 % de sa production. Elle ne transforme pour le moment que 30 %. En attendant des acteurs privés s’impliquent également dans la transformation du cacao au Ghana et au Nigéria. Au Togo, « Choco Togo », une structure mise en place par de jeunes Togolais, produit du chocolat bio avec des ingrédients naturels et locaux. « Choco Ouak » quant à lui se fait remarquer au Congo comme la première usine de fabrication du chocolat.

  • Égypte : la Chine va construire un monorail à Alexandrie

    Égypte : la Chine va construire un monorail à Alexandrie

    En vue de construire un monorail de 128 kilomètres, le géant chinois de l’automobile à énergie nouvelle, BYD, a annoncé cette semaine avoir signé un accord avec les autorités de transport la ville d’Alexandrie.

    Il y a treize ans, le constructeur automobile chinois a commencé la production et la vente des véhicules en Égypte. Depuis, près d’un tiers des taxis au Caire sont fabriqués par BYD, spécialiste des véhicules électriques, à en croire Huang Zhixue, Directeur général de la division des ventes automobiles au Moyen-Orient et en Afrique de BYD.

    Alexandrie, deuxième plus grande ville égyptienne, ville historique et culturelle bien connue, est désormais en proie à de fréquents embouteillages. Et depuis 2013, le gouvernement local a commencé à explorer plusieurs solutions pour alléger la pression du trafic.

    Désormais, le fabricant chinois prévoit d’y débuter bientôt les essais de sa solution de transport public « SkyRail », faisant du pays africain sa deuxième destination outre-mer après les Philippines.

    Si le coût et les détails du projet n’ont toutefois pas été rendus publics, l’avantage du monorail, selon le fabricant, réside dans son caractère très économique. En effet, ce système de transport exige seulement un cinquième du coût du chantier d’un réseau de métro classique. Il nécessite également un tiers du temps de construction. Les trains monorails peuvent atteindre une vitesse maximale de 80 km par heure.

    Khaled Eleiwa, le président de l’Autorité des transports publics d’Alexandrie, s’attend à voir démarrer les opérations de SkyRail dans la ville portuaire le plus tôt possible.

    « Le SkyRail de BYD est un moyen de locomotion propre, abordable et sûr pour les déplacements. Utilisant un espace routier limité dans les villes, tout en minimisant les perturbations dans les quartiers résidentiels », a expliqué AD Huang, directeur général du département de vente d’automobiles du Moyen-Orient et d’Afrique de BYD.

    Le monorail fait aujourd’hui partie des quatre secteurs clés de BYD, comprenant également les voitures, les composants de téléphone mobile et les batteries. Selon Securities Times, la société a déjà reçu des commandes de dix villes.

  • Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    L’exploitation du phosphate se fait dans plusieurs localités du pays. Mais les conditions de travail restent à améliorer. Reportage à Kpomé-Akadjamé, localités du sud-est Togo, qui abrite un site d’extraction.
    A une quarantaine de kilomètres au Nord-est de Lomé la capitale, se situe Kpomé, une zone de production de phosphate.

    « Il y a quelques années, une partie de ma famille a déménagé d’ici parce qu’on devait extraire du phosphate sur le sol. Ils étaient obligés de quitter », confie Agbéko, jeune conducteur de taxi moto de la localité. Cette situation, plusieurs familles l’ont vécue. Mais il faut dire qu’une fois déplacée, ces familles sont réinstallées sur d’autres sols. « C’est à Kpomé Tansi qu’ils habitent maintenant avec d’autres familles. On leur à construit une maison, un marché ».

    Mais à Dagbati, Apéyémé et Zéglé, la situation n’a pas été la même. Les populations ont dans certaines de ces localités refusé de quitter leur sol avant de céder. Ceux qui ont voulu résister disent « avoir reçu des menaces ». Ces populations déplacées n’ont pas toujours aussi été mises dans de bonnes conditions. « Elles ont été logées. On leur a fait des promesses qu’on peine toujours à réaliser », selon Agbeko.A Kpomé- Akadjamé, près du site d’extraction de Kpogamé, monsieur Attisso, 73 ans, qui a longtemps travaillé sur le site d’extraction minier confie :


    « Une fois que la décision de l’exploitation de votre sol est prise, l’entreprise vient avec ses géomètres pour les mesures nécessaires. On nous paie en fonction de la superficie de nos sols ».


    Le vieillard qui souffre aujourd’hui de problèmes d’audition avoue recevoir chaque trois mois une somme en contrepartie de son « sol récupéré ». Mais pour lui, de sérieux problèmes persistent.

    Des besoins prioritaires

    A Kpomé Akadjamé, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo contribue t-elle au développement de la communauté locale ? « Nous demandons depuis à avoir une pompe d’eau mais ce n’est toujours pas le cas. L’électricité aussi, nous avons souffert avant de l’avoir », déclare monsieur Attisso. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer cette situation d’autant plus que leurs besoins sont élémentaires. Un moyen d’approvisionnement en eau de bonne qualité et des WC bien construits. A ce jour, les habitants n’ont à leur disposition qu’un puits pour leur besoin en eau. La localité est électrifiée depuis quelques années avec un CEG et un dispensaire.

    Mis à part ces besoins urgents que sentent les habitants d’Akadjamé, ces derniers pensent surtout à leur progéniture. Mme Atama, revendeuse, s’interroge sur ce qui restera comme héritage aux futures générations. « On nous déplace de nos sols quand on veut, qu’aurons-nous à laisser à nos enfants ?». A Akadjamé, l’on a surtout l’impression de dilapider tout un héritage quand on « loue son sol pour l’extraction du phosphate ». Le fait est que ces sols pour la plupart, ne sont pas restaurés après l’extraction du minerai. Résultat, de grands trous béants restent présents sur les sites. Des collines de sables et même des déchets peuvent être perçus près des lieux d’extraction. « C’est incompréhensible. Sur le site de Hahotoé, ils ont l’habitude de remblayer les trous. Ici ils ont commencé par le faire. Mais entre temps, ils ont cessé », confirme Henri, ouvrier habitant à Akadjamé.

    Difficiles conditions de travail

    Pour le déplacement de ses ouvriers, la SNPT a mis à leur disposition ses pick-up et aussi des bus loués. Des moyens de transport qui « ne sont pas toujours en bon état », selon les ouvriers. Tout près du site d’extraction, des bruits assourdissants de machines se font ressentir. « C’est comme ça tous les jours. Cela dérange beaucoup. Mais nous ne pouvons rien », confie Monsieur Mensah, délégué des ouvriers. Avant de relever un autre problème sur le lieu de travail : la poussière.

    « C’est parce qu’il a plu cette semaine qu’elle a un peu diminué. La poussière rend parfois la vision floue sur le site. Il arrive même qu’à une dizaine de mètres, tu ne vois pas ton prochain. La poussière agit beaucoup sur notre santé. Avant, je ne portais pas des verres. Ce n’est plus le cas maintenant puisque ma vue à depuis un bon bout de temps, quelques problèmes ». Ce dernier poursuit : « par exemple, il y a risque qu’un engin vous renverse quand la vision sur le site n’est pas au top ou que des accidents de travail soient fréquents. Nous travaillons beaucoup. Nous méritons de meilleures conditions.»

    Les conditions de sécurité sur le site ne seraient-ils pas bien réunies ? Pour le délégué des ouvriers, « un effort reste à faire ». « L’entreprise a quand même fait un pas positif en nous assurant à 80%», laisse-t-il entendre.

    Une lutte organisée ?

    Au nombre de 1581, les ouvriers de Kpogamé déplorent le manque de tenue de travail, de chaussures de sécurité. « Nos textes le disent. Après chaque 18 mois, notre employeur devrait nous doter de tous ces matériels », affirme Fréderic, ouvrier compteur-pelle depuis plus de dix ans. Pour ce quadragénaire, les conditions de travail sont « difficiles ». « Les conditions que nous vivons nous tuent peu à peu. Quand je suis au travail, je me sens inquiet. C’est quand je suis au repos ou en congé chez moi à la maison que je me sens à l’aise ». Les ouvriers ont, en effet, chaque semaine un jour de repos et dans l’année, un mois de congé. Frédéric évoque même certains de ses amis ouvriers qui ont abandonné. « Ils ont raccroché. Certains, parce qu’ils ne pouvaient plus. D’autres, parce qu’ils avaient trouvé mieux ailleurs. »

    En 2003, quand Henri a commencé par travailler comme ouvrier occasionnel sur le site minier, il recevait 15000 francs CFA comme salaire à chaque fin de mois. Actuellement, il touche moins de 200000 francs CFA. Un salaire qu’il estime infime, comparé au travail qu’il fournit tous les jours. Des ouvriers qui pensent la même chose que lui sont légion. Pour eux, leurs responsables de syndicat « ne défendent pas bien leurs droits auprès des autorités». Un avis que ne partage pas le délégué Mensah qui affirme faire avec ses autres collègues le maximum d’effort qu’il faut.

    En octobre dernier, le syndicat des travailleurs a observé une grève de 48 heures pour différentes revendications. Il estime ne plus avoir confiance en la direction générale de la SNPT.

  • Ghana : Asamoah Gyan lance sa  compagnie aérienne ‘Baby Jet Airline’

    Ghana : Asamoah Gyan lance sa compagnie aérienne ‘Baby Jet Airline’

    Au Ghana, le footballeur Asamoah Gyan, capitaine des Black Stars, a obtenu une licence pour créer une compagnie aérienne privée dans le pays.

    Le Ghana continue d’attirer un certain nombre d’opérateurs dans l’industrie de l’aviation en raison, selon le président ghanéen Akufo-Addo, de sa démocratie stable et son industrie touristique en pleine croissance.

    Cette nouvelle compagnie arrive après l’annonce par le gouvernement du New Patriotic Party (NPP) de l’ouverture de l’industrie aérienne locale du Ghana pour attirer plus de compagnies et stimuler la concurrence.

    Alors que la bataille entre compagnies aériennes en Afrique, chacun allant pour une plus grande conquête des airs et une création de hubs dans leurs pays devient rude, le Ghana enregistre une 37e compagnie, alors qu’en fin 2016, le pays en comptait 35. Désormais dans la concurrence, Baby Jet Airlines. L’information de ce nouvel arrivage a été annoncée par le président Akufo-Addo lui-même, lors du salon aéronautique africain 2017 à l’aéroport international de Kotoka.

    « J’ai été informé  que le capitaine de notre équipe nationale senior, les Black Stars, Asamoah Gyan a obtenu une licence et travaille à la création d’une compagnie aérienne appelée “Baby Jet Airline”, a déclaré le Chef de l’État ghanéen. Et d’ajouter :


    Je veux appeler d’autres Ghanéens, tant au pays qu’à l’étranger, à investir dans le secteur de l’aviation en pleine croissance.


    De son côté, Gyan a déclaré au magazine Business Insider Sub Saharan Africa : “cela fait plusieurs mois que nous travaillons sur le dossier et nous sommes contents d’obtenir la licence. Le projet est de débuter avec les cargos de transport de marchandises sur le plan local et international. Puis avec nos partenaires, nous verrons comment élargir nos offres”.

    En effet, comme bien de pays conscient de l’importance d’être au centre des connexions aériennes, le président ghanéen veut aussi miser sur ce secteur. D’ailleurs, le prix du billet d’avion domestique est en baisse, avec la suppression des 17,5 % de TVA. D’autres efforts non moins importants ont été faits pour maintenir les prix du carburant d’aviation au Ghana à un niveau compétitif par rapport aux autres pays de la sous-région.
    Pour rappel, l’African Airshow est la première exposition et conférence aérospatiale et aéronautique de l’Afrique de l’Ouest. Il est organisé par 4 M Events, les organisateurs de l’expo d’Abu Dhabi Air, basée à Dubaï, ces trois dernières années.