Catégorie : Economie

  • Casablanca prévoit la construction d’une deuxième ligne de tramway

    Casablanca prévoit la construction d’une deuxième ligne de tramway

    Fin 2018, la ville de Casablanca disposera de deux lignes de tramway après plusieurs mois de travaux.

    La Banque européenne d’investissement (BEI) va soutenir les travaux de construction de la deuxième ligne de tramway de Casablanca. L’institution financière européenne a accordé début décembre un financement de 60 millions d’euros à la société de développement local en charge de la mobilité à Casablanca. La deuxième ligne de tramway de Casablanca va faire une quinzaine de kilomètres. Elle se situe entre Anoual et Ain Sebou. Le financement de la BEI va également servir à l’extension de la première ligne de tramway de 2 kilomètres. Elle va conduire vers Lissasfa.

    Les travaux de construction des lignes de tramway s’inscrivent dans le cadre du Plan de Développement de la ville de Casablanca. Depuis 2014, ce plan voulu par Sa Majesté le Roi Mohamed VI doit permettre au pays d’améliorer la mobilité urbaine et la durabilité du développement économique de la ville. Cela passe par « la mise en place d’un réseau de transport en commun représentant 40 % des déplacements motorisés à l’horizon 2030 ». Pour Youssef Draiss, directeur général de Casablanca Transport SA, le financement de la BEI va permettre à Casablanca de construire des lignes de 17 km avec 22 stations. Au total, « 9 arrondissements de plus de 1 million d’habitants devront être desservis ».

    Réduire l’émission de CO2

    Le vice-président de la BEI, Roman Esclano, a réitéré l’engagement de la banque européenne à venir en aide au Maroc dans la réussite de ce projet de transport. Il a ensuite expliqué que la construction de cette deuxième ligne va permettre aux populations de se déplacer de façon sûre et confortable. Rappelons que les travaux de la première ligne de tramway ont débuté depuis janvier 2016. Youssef Drais estime pour sa part que le Plan de développement de la ville de Casablanca a des impacts économiques pour la ville. Outre l’amélioration de la mobilité urbaine, on peut noter un meilleur accès des jeunes à l’emploi, un service de qualité et un haut niveau de sécurité aux femmes.

    Précisons que Casablanca envisage faire augmenter de 30 % la fréquentation de son tramway. La métropole compte réduire l’émission de C02/an et contribuer également à la protection de l’environnement. Casablanca s’est en effet engagé à « contribuer à la réussite de l’accord de Paris sur le climat ». « La conception du tramway, intégrée dans la ville, permettra aussi d’améliorer l’environnement urbain, de limiter la pollution et d’offrir un haut niveau de service à ses usagers », selon les responsables de Casablanca Transport SA.

     

  • Influenceurs: Aliko Dangote, seul Africain du Top 50 Bloomberg 2017

    Influenceurs: Aliko Dangote, seul Africain du Top 50 Bloomberg 2017

    Le magnat des affaires nigérian et l’homme le plus riche d’Afrique, Alhaji Aliko Dangote est le seul Africain parmi les 50 personnes les plus influentes en 2017, selon une liste publiée par le magazine Bloomberg.

    Il est l’homme le plus riche d’Afrique. Président du groupe de sociétés Dangote, Aliko Dangote est un habitué des classements de personnalités en Afrique et dans le monde. Ceci pour ses affaires et ses efforts humanitaires au Nigeria. En début de mois, une photo de richissime homme d’affaires a été exposée sur la tour Nasdaq à New York suite à sa sélection sur la liste Bloomberg.

    La liste publiée début décembre par le magazine Bloomberg regroupe des personnes issues de cinq grandes catégories : les affaires, la technologie, la politique, le divertissement et la finance. Dans le domaine des affaires, Bloomberg a nominé le tycoon nigérian. Dangote qui a déjà fait fortune dans l’industrie du ciment se tourne vers la production laitière et sucrière. Il a affecté 800 millions de dollars à l’achat de 50 000 bovins dans l’espoir de produire 500 millions de litres de lait par année d’ici 2019.

    Grand investisseur

    Pour Paul Wallace, chroniqueur, Aliko Dangoté s’investit énormément dans le développement de son pays. « Dangoté a accéléré ses plans pour aider son pays de 180 millions de personnes à importer moins de ce qu’il mange », raconte-t-il sur celui qui est surnommé « milliardaire tranquille » pour son mode de vie relativement frugal.

    Aliko Dangoté s’emploie également à terminer une raffinerie de pétrole de 650.000 barils par jour près de Lagos, qui devrait être l’une des plus grandes au monde. L’homme d’affaires compte dépenser jusqu’à 50 milliards de dollars dans la prochaine décennie pour les énergies renouvelables et les raffineries pétrochimiques, y compris les investissements aux États-Unis et en Europe. Passionné de football, Aliko Dangoté envisage aussi acheter Arsenal, son club de football préféré.

    Précisons que Nikki Haley, l’envoyé des États-Unis auprès des Nations Unies, Jeff Bezos, PDG d’Amazon ; Paul Gaudio, Directeur de la création mondiale d’Adidas et Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit de l’UE, font également partie des 50 personnes les plus influentes en 2017, selon le magazine Bloomberg. Elon Musk de Tesla, Alessandro Michele, directeur créatif de Gucci, le gouverneur de l’état de Californie, Jerry Brown, le PDG de General Motors, Mary Barra et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman figurent également sur la liste.

     

  • Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Ce 7 décembre, à 47 km de la capitale sénégalaise Dakar, l’aéroport international Blaise Diagne ouvrait ses portes, après dix ans de travaux souvent interrompus. Retour sur ce nouvel aéroport sénégalais qui veut se veut beaucoup meilleur que l’aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar.

    Émergence

    Quand ce jeudi, à midi, l’avion du président Macky Sall venait de se poser sur le tarmac flambant neuf de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), au Sénégal et principalement au sein du gouvernement, ce n’est pas qu’une simple inauguration ; c’est plutôt un tournant crucial, un « accélérateur de développement », un fleuron du plan Sénégal émergent, comme le veut-on. Changement d’entreprise chargée d’exécuter le projet, investissements discontinus, chantier enlisé, plaintes des concessionnaires, les embûches n’ont pas été absentes sur le chemin.

    Blaise Diagne 

    Le nouvel aéroport international a été baptisé Blaise Diagne, du nom du premier député africain noir élu au Parlement français en 1914. En réalité, jusqu’à cette date, les précédents députés noirs au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Le Sénégalais né sur l’île de Gorée en 1872 a également été le premier Africain sous-secrétaire d’État aux Colonies. Il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales qu’une fois ces dernières installées. Son important rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales est aussi à relever.

    Espace

    L’AIDB s’étend sur 4 500 hectares. Mais seuls 2 500 sont aujourd’hui utilisés. Il a une capacité de 2 millions de passagers annuels, contre 1,9 million pour l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan désormais principal concurrent dans la sous-région. Actuellement, l’AIBD est capable d’accueillir le plus grand avion de ligne du monde, l’Airbus, l’A380, tout comme l’aéroport d’Abidjan. Afin de traiter jusqu’à 10 millions de passagers à l’horizon 2035, dans un avenir proche il est prévu que de nouveaux terminaux voient le jour.

    Coût

    Quand il inaugurait ce joyau, le président Macky Sall a bien une idée. Permettre au Sénégal de « rester dans le temps de l’action d’un monde globalisé où le progrès des nations se doit de relever les défis de compétitivité, de précision et de vitesse ». L’enjeu est clair : « devenir le hub aérien d’Afrique de l’Ouest ». Et cela un a coût. Estimés au départ il y a 10 ans à 200 milliards de francs CFA (305 millions d’euros), les investissements ont plus que doublé finalement pour atteindre 424 milliards de francs CFA (646 millions d’euros), à en croire les chiffres annoncés par Maïmouna Ndoye Seck, la ministre des Transports aériens ce 4 décembre.

    Évolution

    Après la pose de la première pierre en 2007 par le président Abdoulaye Wade, en 2012, date d’échéance initiale pour la livraison du projet, le taux d’exécution des travaux n’en était qu’à 12 %. « Le chantier était presque à l’arrêt en 2013 », se rappelle Abdoulaye Mbodj, directeur de l’aéroport. D’abord confié au le Bin Ladin Group, l’entreprise saoudienne de BTP, le projet ne sera finalement achevé qu’avec les Turcs de Summa-Limak, ayant pris maitrise des travaux en 2015.

    Obstacles

    Pour réaliser ce projet, trois villages ont été expropriés de leurs terres. Il s’agit de Mbadat, Kathialick et Kessoukhatt, faisant au total 2 500 habitants en tout. Mais ce processus de dépossession des terres aux habitants de ces villages n’a pas été simple. Alors que les résidents des deux premiers (Mbadat, Kathialick) acceptent d’être recasés à 6 km du site de l’aéroport, ceux de Kessoukhatt n’ont pas été favorables au délogement. Pour cause, dans les villages de recasement, les bénéficiaires dénoncent des engagements non tenus par les autorités. Pas de marchés construits pour les villages ni d’aires de jeux pour les jeunes, comme cela avait été promis.

    Opacité

    L’ouverture de ce nouvel aéroport a aussi fait des mécontents à l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor en service depuis 70 ans. En effet, les entreprises sénégalaises opérant au sein de l’ancien aéroport ont fermé leurs portes ce jeudi, tout comme les pistes qui seront consacrées désormais aux fins militaires. Comme accusation, ces sociétés doigtent le consortium d’exploitation sénégalo-turc de les avoir écartées du transfert vers AIBD, au profit de structures étrangères.

    Ils dénoncent dans cette affaire un manque de transparence et l’absence d’appel d’offres pour la concession des lounges mais aussi pour le magasin duty free accordé désormais au français Lagardère. Si du côté de l’AIBD on estime que les entreprises sénégalaises ont bien postulé, mais le mieux offrant a été retenu, l’Union des prestataires et opérateurs du Sénégal (UPOAS) et le Conseil national du patronat (CNP) restent néanmoins toujours derrière les protestataires pour dénoncer une opacité dans l’attribution des marchés.

    Couacs

    Ce 7 décembre, les premiers passagers des vols commerciaux ont commencé par dénoncer quelques couacs. Selon une passagère, « les employés n’ont pas encore été bien formés », confie-t-elle. Et d’ajouter, « il manque quelques préparations. J’espère qu’avec le temps tout sera en ordre. On peut comprendre que pour certains, ce sont les premiers jours ». Un autre a dû conclure en quelques mots tout ce qu’il a déduit de ce premier voyage : « les équipements changent, mais les pratiques restent. »

    Ambitions

    Si Macky Sall se félicite de cette nouvelle initiative, il ne compte pas rester là. Prochaine étape de ses ambitions aériennes, faire renaître la compagnie Air Sénégal. Cette compagnie devrait, selon les autorités sénégalaises, effectuer ses premiers vols commerciaux très bientôt. Certains évoquent l’échéance janvier 2018. Et son directeur n’est pas inconnu dans le monde aéroportuaire en Afrique. Il s’git du français Philippe Bohn. Il lui colle souvent l’étiquette d’ancien « Monsieur Afrique » d’Airbus. Sa mission est lourde. Il devra faire beaucoup mieux pour faire oublier ses prédécesseurs, dont les directions ont été marquées par les faillites successives subies par Air Afrique en 2002 et Sénégal Airlines en 2016.

  • L’Afrique positive que nous voulons!

    L’Afrique positive que nous voulons!

    Le paysage médiatique sur le continent est caractérisé par une pluralité. La presse papier, la radio et la télévision font partie du quotidien de nombreux Africains. Mais la presse en ligne reste encore un univers pas suffisamment exploré. Elle est en réalité un terreau où peut être bâtie « l’Afrique positive » tant souhaitée.

    Au moment où elle construit sa renommée sur le continent, Afrotribune, votre nouveau média, veut redéfinir à sa façon le traitement des informations sur l’Afrique. Il ne s’agit pas de progresser dans les sentiers battus ou d’opter pour un mimétisme adaptatif. Notre site web n’envisage pas faire dans l’idéologie ou relayer des réalités négatives du continent à l’heure où des histoires positives et des avancées sont constatées en Afrique.

    Après plusieurs décennies, il est important que la page d’une histoire souvent écrite par des médias inféodés aux puissances occidentales soit tournée. Parce qu’en Afrique, il y a des politiques de développement qui sont enclenchées, des dictatures qui s’écroulent, les libertés humaines qui sont acquises et des initiatives locales qui s’inscrivent dans l’amélioration des conditions de vie des populations.

    C’est cette Afrique-là que votre nouveau média en ligne Afrotribune vous fera découvrir. L’équipe qui entend accomplir cette tâche est composée de jeunes dynamiques formés aux exigences du monde médiatique, soucieux de contribuer au développement du continent et fiers de participer à la genèse de la presse en ligne en Afrique.

    Avec ardeur, l’équipe entend offrir à ses lecteurs des contenus de qualité sur l’Afrique. Sur votre site, vous pourrez lire des décryptages, des enquêtes et des analyses de nos rédacteurs. Ce n’est pas tout. À l’heure où prolifèrent de fausses informations, il ne s’agit pas pour Afrotribune de servir de l’approximatif. Des sujets originaux seront traités et les différentes faces de l’Afrique en pleine transformation vous seront présentées.

    Des jeunes entrepreneurs qui transforment le quotidien des communautés, aux nombreuses startups qui se créent sur le continent africain, votre nouveau portail d’informations vous les fera découvrir à travers des reportages et des interviews.

    C’est comme cela que vous arriverez à nous faire confiance. Nous en sommes conscients. Notre vision est de nous imposer et de jouer notre rôle d’éducateur et d’influence. Nous espérons meilleure l’aventure que nous entamons avec des universitaires, des juristes, des ingénieurs, des économistes et des éditorialistes. C’est pourquoi l’équipe s’est entourée de personnes ressources compétentes. Avec eux, Afrotribune proposera des contenus sur les choix importants qui doivent être faits pour l’avancée du continent.

    L’Afrique, continent de l’avenir, a besoin d’un empire médiatique à ses côtés. Afrotribune jouera ce rôle. Avec son équipe, la richesse du continent, ses success-stories, ses héros et ses cultures seront présentés autrement à des milliers de lecteurs pour reprendre une place longtemps occupée par des médias occidentaux. De Lomé à Lubumbashi, de Tunis à Johannesburg, de Kampala à Freetown, de Kigali à Windhoek, nous allons célébrer l’Afrique et ses acquis. Il est question d’une information produite par des Africains pour les Africains.

     

  • Niger: les retombées de la suppression des taxes sur les appels

    Niger: les retombées de la suppression des taxes sur les appels

    Les députés nigériens ont voté le 26 novembre la suppression des taxes sur les appels internationaux. Ce vote intervient dans le cadre de la loi de finances 2018.

    C’est à une manne financière que l’État nigérien a volontairement décidé de renoncer. La suppression par le Parlement des taxes sur les appels internationaux va faire perdre au Niger plusieurs milliards de francs CFA. Pour cette année en cours, les taxes sur les appels internationaux entrants ont rapporté au pays près de 20 milliards de francs CFA. Des sources proches de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, des négociations avaient déjà commencé depuis quelques semaines entre députés du pouvoir et d’opposition pour la suppression de la taxe sur la terminaison du trafic international entrant (TATTIE). Mais les élus de l’opposition n’ont pas été favorables à une suppression de ces taxes. Ils ont évoqué un cadeau fiscal injustifié pour les compagnies.

    Le ministre des Finances, Hassoumi Massoudou, a expliqué le vote des élus du peuple comme une décision réfléchie. Selon lui, la taxe sur la terminaison du trafic international entrant a, depuis plusieurs années, facilité un « rétrécissement en volume et en valeur du rendement des appels internationaux ». Conséquence, la TATTIE a entraîné une « perte tendancielle des recettes fiscales générées par les compagnies de télécoms ». Hassoumi Massoudou a indiqué que la suppression de la TATTIE était également motivée par l’engagement du gouvernement d’offrir aux populations de meilleures conditions de communication et des appels téléphoniques moins onéreux.

    Amélioration de la qualité des services

    En réponse au vote du Parlement, les compagnies de téléphonie ont annoncé leur engagement d’augmenter leur investissement pour mieux s’implanter sur le terrain. Elles ont également annoncé une amélioration de leur couverture sur toute l’étendue du territoire. Selon les informations, la suppression de ces taxes longtemps voulue par les compagnies devrait permettre à ces opérateurs d’améliorer la qualité de leurs services.  D’ores et déjà, le gouvernement prévoit en mars 2018 évaluer les compagnies sur leurs engagements. « Nous resterons extrêmement vigilants », prévient Hassoumi Massoudou.

    À ce jour, quatre compagnies de télécoms sont présentes au Niger. Elles tentent de répondre aux attentes d’une clientèle souvent insatisfaite. Les populations dénoncent de plus en plus la mauvaise qualité de leurs services. En octobre dernier, l’Autorité de régulation des télécommunications et de la poste du Niger (ARTP) avait d’ailleurs fait payer aux quatre compagnies une amende de plus de 3 millions de francs CFA. Les critiques des près de 8 millions d’abonnés dans le pays portent aussi parfois sur la mauvaise qualité de la connexion internet et le faible taux (19%) de pénétration de l’Internet. Une situation souvent dénoncée par les organisations de la société civile. Des responsables d’associations de consommateurs ont surtout critiqué la suppression de la TATTIE qui serait fait dans le simple but « de plaire à la Banque mondiale ». L’institution financière a en effet promis aux autorités nigériennes d’importantes aides budgétaires en contrepartie de la suppression de la taxe sur les appels internationaux.

     

  • Afrique de l’Ouest: la plus grande centrale solaire aura 129600 panneaux

    Afrique de l’Ouest: la plus grande centrale solaire aura 129600 panneaux

    Le Burkina Faso dispose désormais de la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest. L’infrastructure devrait permettre au pays de combler son déficit énergétique.

    C’est à Zagtouli au Burkina Faso à plus de vingt kilomètres de Ouagadougou qu’a été construite la plus grande centrale solaire de la sous-région ouest-africaine. La centrale est construite sur une surface de 55 hectares. Elle est constituée de 129600 panneaux qui produisent chacun 260 watts. L’infrastructure dispose d’une capacité énergétique de 33 mégawatts. Depuis la fin des travaux, la centrale a été mise en phase d’essai avec une production de 14 mégawatts. Selon Stéphane Nosserau qui a supervisé les travaux de construction, la centrale solaire devrait sous réserve du niveau d’ensoleillement atteindre durant le mois de décembre une production de 33 Mégawatts.

    Le ministère en charge de l’Énergie a annoncé que la nouvelle infrastructure va contribuer à l’augmentation de la production de la Société nationale d’électrification (Sonabel). L’apport énergétique de la centrale est estimé à « 56 gigawatts, soit 5 % de la production actuelle, issue des centrales à fioul ». Le Burkina Faso a toujours importé de l’énergie de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Depuis quelques années, le pays exporte près de 30% de son électricité chez les deux pays. Désormais il va diminuer sa demande auprès de ces États voisins.

    Réduction des coûts

    La centrale solaire de Zagtouli a été financée par l’Agence française de développement et l’Union européenne. Les deux institutions ont participé à la réalisation des travaux avec respectivement 22,5 millions d’euros et 25 millions d’euros. Pour Daniel Sermé, « Zagtouli va contribuer à la réduction des coûts de kilowatt pour les populations ». Alors que l’électricité produite par les centrales thermiques coûte 145 francs CFA par kilowatt/heure, celle produite par la centrale solaire reviendrait aux populations à 45 francs CFA le kilowatt/heure. « Cette centrale pilote va permettre aussi à la Sonabel d’avoir de l’expertise en terme de technologie solaire photovoltaïque, de créer des emplois et de jeter les bases pour aller vers les énergies renouvelables, avec une source de production fiable », précise Daniel Sermé.

    Selon les autorités burkinabés, d’autres centrales solaires seront construites, notamment à Koudougou (20 MW) et à Kaya (10 MW). Elles permettront de renforcer l’indépendance énergétique du pays. Il faut préciser que de nombreux Burkinabés n’ont toujours pas accès à l’électricité. Les autorités envisagent avec du solaire couvrir 30% de ce besoin au plus tard en 2030.

  • L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    En Afrique, le rôle des femmes dans la sécurité alimentaire est crucial. Elles participent en grande partie à la production agricole et à la transformation des produits, et occupent une place essentielle dans la sécurité alimentaire. Toutefois, très peu d’entre elles sont formées dans les sciences agricoles.

    Dans la plupart des pays africains, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes en ce qui concerne la propriété terrienne. Les disparités sont grandes de pays en pays. Au Mali par exemple, la propriété foncière revient aux hommes pour 86.7 % des cas, à en croire Tacko Ndiaye, spécialiste des questions du genre, de l’égalité et du développement rural à la FAO.

    En décembre 2016, consciente de cet état de choses, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait organisé une réunion à son siège à Rome portant sur le thème : « remettre les femmes au centre de l’agriculture africaine ». Aussi, dans un récent rapport, l’organisation a déploré le fait que les femmes reçoivent en général « une partie très faible de la terre, du crédit, de la formation ou de l’information agricoles ».

    Selon les chiffres avancés par la FAO, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30 % les rendements des exploitations agricoles.

    Souffle nouveau

    Ce n’est plus un secret : pour redynamiser l’agriculture africaine, les femmes devront être sur un pied d’égalité que les hommes. La même chose doit également se produire loin des champs, dans les institutions de recherche agricole consacrées à relever les défis et fournir des solutions aux agriculteurs. En effet, comparées aux hommes, très peu de femmes sont formées et employées dans les sciences agricoles. Ce fait affaiblit gravement le rôle des femmes dans les processus politiques et décisionnels.

    Toutefois, dans un nouveau document de recherche « Agriculture and Food Security » rendu public dans les émissions du Journal of Gender, il pourrait enfin y avoir de bonnes nouvelles. En utilisant des données recueillies dans 40 pays africains, le document montre que l’écart entre les sexes dans la recherche agricole africaine a continué à se réduire depuis 2008. Le nombre total de chercheuses est passé de moins de 9 000 en l’an 2000 à plus de 15 000 en 2014. Soit une évolution de 24 %.

    Dans cette évolution significative, les pays d’Afrique australe s’illustrent positivement. Dans cette partie d’Afrique, les pays comme le Lesotho et la Namibie se rapprochant de la parité entre les sexes. L’Érythrée, l’Éthiopie et le Tchad ont été les moins bien classés sur la liste. Par ailleurs, aucun des neuf chercheurs en Guinée Bissau n’était une femme en 2011, la dernière année pour laquelle des données étaient disponibles.

    Nienke Beintema, l’auteur de l’étude à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, affirme que les chercheuses offrent différentes perspectives à leurs homologues masculins, et leur contribution fournit une perspective importante pour répondre aux défis uniques et pressants des agricultrices. Elle ajoute par ailleurs que l’embauche et la promotion de plus de femmes africaines améliorent la qualité et la compétitivité de la recherche et de l’innovation. Une situation particulièrement critique sur un continent où la majorité des gens tire ses moyens de subsistance de l’agriculture, mais où le manque de données, la mauvaise infrastructure et la mauvaise élaboration des politiques entravent le plein potentiel de l’industrie.

  • A la découverte de la première brasserie d’aéroport de l’Afrique

    A la découverte de la première brasserie d’aéroport de l’Afrique

    Les brasseurs de bières artisanales ont le vent en poupe en Afrique du Sud. Ils tentent de conquérir avec des techniques de fabrication un marché occupé en grande partie par des brasseries industrielles.

    En Afrique du Sud, une révolution s’opère dans la fabrication de bière artisanale. En dix ans, le nombre de fabricants de bières douces et de bières de blé a augmenté. « Plusieurs brasseurs préparent désormais leurs propres bières avec des techniques spéciales », révèle un ancien maître brasseur installé à Pretoria.

    Ce dernier qui compte une trentaine d’années dans le métier a formé près de vingt brasseurs qui préfèrent aujourd’hui fabriquer de la bière artisanale. Dans le pays le nombre de brasseries sud-africaines s’accroît et on compte désormais près de deux cents fabricants de bière artisanale alors qu’on « enregistrait que six en 2007 ».

    Parmi la nouvelle génération de brasseurs de bière noirs figure Phumelelo Marali considéré comme la figure de proue de cette révolution. En 2010, Phumelelo Marali a appris à brasser de la bière grâce au soutien de Lex Mitchell, un maître brasseur sud-africain. Sept ans après, l’entrepreneur est à la tête de la première brasserie d’aéroport de l’Afrique.

    C’est à Johannesburg à l’aéroport international de Tambo que Phumelelo Marali fait montre de sa connaissance. « Toute la préparation de la bière est fait ici. Nous permettons à nos clients de voir le processus », explique le fondateur de Airport Craft Brewers. Le nombre des clients de la brasserie a considérablement augmenté depuis sa création. Phumelelo Marali brasse désormais chaque semaine près de 20 000 litres de bière. « Il nous faut satisfaire une clientèle composée de plusieurs nationalités », précise-t-il.

    La qualité pour mieux concurrencer

    À part Phumelelo Marali, d’autres brasseurs sud-africains qui se sont lancés sur le marché de la bière artisanale comptent augmenter leur volume de production. Alors que certains envisagent brasser jusqu’à 100 000 litres de bière par mois, d’autres misent déjà sur l’exportation. C’est le cas de Luca Tooley, 28 ans, fondateur de la brasserie Zwakala basée au nord-est du pays dans la province du Limpopo.

    « Nous allons exporter vers les États-Unis », confie le jeune brasseur. En attendant, Luca Tooley a déjà signé un contrat avec l’entreprise sud-africaine de la restauration Nando’s. « Ils vont proposer nos bières dans leurs restaurants américains », explique le chef de la brasserie Zwakala.

    Même si depuis 2010, les brasseurs ont vu leurs ventes triplées, les bières artisanales représentent seulement moins de 5 % des bières vendues dans le pays. Il s’agit désormais pour eux d’occuper dans les cinq prochaines années 10 % des bières vendues sur le marché. Mais également de vendre dans la sous-région, notamment au Zimbabwe et en Zambie.

    La trentaine dépassée, Tsikwe Molobye est aussi brasseur. Il prévoit lancer une bière destinée à « la population noire aisée du pays. Selon de nombreux industriels, l’émergence de la classe moyenne devrait étendre le marché de la bière artisanale en Afrique du sud et dans les autres pays de l’Afrique australe ».

    Malgré tout, la qualité n’est pas toujours de mise et certaines brasseries ont déjà été critiquées pour les bières fabriquées. Lucy Corne qui est blogueuse a déjà écrit des chroniques sur la plupart des bières qu’il a testées. Ce qui est sûr, « je ne dépenserai pas mon argent sur les productions de plus de cinquante brasseries parmi les 200 que compte l’Afrique du Sud », prévient-elle.

    Outre les critiques sur la qualité de leur production, les brasseries artisanales font désormais face à une rude concurrence des brasseries industrielles. Il y a quelques mois, le Néerlandais Heineken a acquis Soweto Gold, l’une des bières artisanales les plus vendues du pays. Quant à la South African Breweries (SAB), la brasserie nationale, elle a dorénavant développé sa propre ligne artisanale.

  • IrokoTV: la Netflix africaine qui accroche tout un continent

    IrokoTV: la Netflix africaine qui accroche tout un continent

    Sept ans après sa création, la plateforme de vidéo à la demande s’étend sur le continent avec des programmes disponibles en téléchargement sur téléphone. Retour sur comment IrokoTV a construit son succès grâce à son fondateur Jason Njoku.

    Ce sont des millions de visiteurs qu’IrokoTV enregistre chaque mois depuis plusieurs années. La plateforme qui compte plus de 5000 films a été pensée par Jason Njoku. Diplômé en chimie, celui qui a voulu se faire un nom en Grande-Bretagne a fini par retourner dans son pays natal. C’est au Nigéria que Jason Njoku sera confronté à d’autres difficultés, notamment le manque de moyens financiers. Toutefois, l’entrepreneur réussit en 2010 à entrer en contact avec des professionnels du monde du cinéma dans son pays. Des relations se tissent alors entre des producteurs de films locaux et l’entrepreneur.

    C’est grâce à l’appui de quelques partenaires financiers comme son « ami Bastien Gotter » que Jason Njoku achète des droits de contenu pour IrokoTV qui succède à sa chaîne Youtube Nollywoodlove. Depuis sa création, la plateforme s’est spécialisée dans le divertissement mobile apprécié de plus en plus sur le continent. Mais également, IrokoTV propose à ses utilisateurs de la télévision sur internet. C’est sur cette offre que la plateforme a construit sa popularité et augmenté le nombre de ses utilisateurs. IrokoTV propose un grand nombre de films africains Nollywood.

    Des programmes en téléchargement sur téléphone

    Dans l’évolution de sa startup, Jason Njoku a pu compter sur des partenariats d’affaires et les sociétés de capital-risque. En sept ans, la startup nigériane a connu une ascension fulgurante. IrokoTV s’est imposée dans le divertissement mobile et dans la télévision sur Internet. Au point où pour le moment son fondateur trouve « les réalisations satisfaisantes ». En effet, depuis 2010, IrokoTV a attiré près de 40 millions de dollars en financement d’investissement auprès d’investisseurs étrangers, principalement des investisseurs en capital de risque, selon Jason Njoku. Parmi les investisseurs de la jeune startup, on peut citer la société américaine Tiger Global et l’investisseur suédois Investment AB Kinnevik.

    Il y a un an, le Nigéria a réussi à lever pour le compte de IrokoTV 19 millions de dollars. Objectif, étendre ses activités dans les pays francophones et conquérir un marché encore inoccupé dans certains pays. Et le moins qu’on puisse dire est que le pari est réussi. De plus en plus de contenus africains sont diffusés. Comme c’est le cas dans la sous-région ouest-africaine où grâce à un contrat signé avec Canal+ la visibilité de la plateforme s’est accrue avec des films nigérians sous-titrés en français. Dans d’autres régions du continent, les films sont sous-titrés en swahili et en zoulou. Les populations bénéficient désormais des programmes de IrokoTV disponibles en téléchargement sur une application mobile et accessible sur téléphone et sur une tablette. Cette application a été lancée en 2015 au prix de 500 nairas par mois. Les abonnés africains de la chaîne cryptée française ont considérablement augmenté et sont aujourd’hui estimés à plus de deux millions.

    Mieux, « nous avons mis en place des kiosques connectés pour faciliter des téléchargements aux abonnés », explique Jason Njoku. Surnommée « Netflix of Africa » par le magazine Forbes, IrokoTV occupe depuis quelques années le marché africain toujours convoité par le géant américain de la vidéo à la demande. À ce jour, de nombreux spécialistes de cinéma et de la télé web considèrent IrokoTv comme « un projet bien pensé ». Ils prédisent encore des succès pour ce qu’ils estiment être « une plateforme bien établie ».

     

     

     

     

  • Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Bolloré, le groupe français dirigé par Vincent Bolloré entend poursuivre sa conquête du continent africain. Le groupe veut créer au moins 50 salles de spectacles sur le continent, déployer la fibre optique et poursuivre son implantation dans le vaste marché de la TNT. Grâce à ses diverses activités en Afrique, le groupe français affiche un chiffre d’affaires en hausse de 5 % au troisième trimestre 2017.

    A périmètre et taux de change constants, le chiffre d’affaires du groupe Bolloré (transport, logistique, médias, stockage d’électricité) progresse de 4,9 %, selon un communiqué diffusé jeudi soir. Cette évolution, le Groupe français la justifie par les résultats satisfaisants enregistrés dans divers domaines d’activités dans lesquels il intervient. Il s’agit principalement de la croissance de 10 % de l’activité transport et logistique qui bénéficie de la hausse des taux de fret et des volumes, et des bonnes performances des terminaux portuaires notamment en Afrique. A cela s’ajoute la progression de 10 % de l’activité logistique pétrolière consécutive à l’augmentation des prix des produits pétroliers, ainsi que la progression des activités communication (+2 %) et la hausse du stockage d’électricité et solutions (+2 %)

    En Afrique où le groupe français n’est plus à présenter, Bolloré affiche une santé de fer. Son PDG, Vincent Bolloré veut surfer sur la vague numérique qui inonde le continent africain. Depuis plusieurs mois, Vivendi et Canal+ multiplient les projets à destination d’une classe moyenne grandissante et de plus en plus connectée en Afrique, où la révolution numérique est constamment prometteuse. Cette forme du groupe français semble imputable à l’intégration de Vivendi dans ses comptes, et la stabilisation de l’activité de Canal+, qui était en recul l’an dernier.

    Dans cette « réforme » du groupe qui vise à conquérir le territoire africain de plus en plus démographiquement grand, la télévision payante. Depuis 2016, la chaîne cryptée propose des offres disponibles sur la télévision numérique terrestre (TNT) dans certains pays comme la République démocratique du Congo (Kinshasa et Lubumbashi) et au Congo Brazzaville (Pointe-Noire). Et en 2017, Canal+ vise la Côte d’Ivoire. « La TNT nous permet d’aller chercher des clients moins fortunés avec des tarifs d’abonnement de 4.000 francs CFA (environ 6 euros) pour 30 chaînes, précise David Mignot, le Directeur général de Canal+ Afrique. C’est une technologie de transition en attendant l’essor de l’ADSL, la fibre optique, la 4G et la 5G ». Et Canal+ compte bien accélérer cette transition.

    3 millions d’abonnés

    Autre projet impulsé depuis la reprise en main de Vincent Bolloré : la construction de 50 à 100 salles de cinéma et de spectacles en Afrique subsaharienne dans les prochaines années. La première a ouvert ses portes en juin 2016 à Yaoundé (Cameroun), s’en est suivies d’autres dans certaines capitales comme la salle de Lomé inaugurée octobre 2017. Accra (Ghana) et surtout Lagos (Nigeria), la plus grande ville du continent avec ses 22 millions d’habitants, sont dans la mire. Ce projet baptisé Canal Olympia est dédié à la projection de films, mais aussi à l’organisation de concerts d’artistes africains et étrangers, ainsi qu’à l’accueil de stand-up d’humoristes. « Chaque salle doit permettre de détecter des talents locaux, de les faire connaître et valoriser ainsi la culture africaine » selon David Mignot.

    Canal+, qui a aussi lancé en octobre 2014 la chaîne de divertissement 100 % africaine, A+, a fait depuis 2011 du continent un axe majeur de son développement à l’international. La branche du groupe en charge de l’Afrique est ainsi passée en six ans de 300 à environ 1.500 salariés. En 2011, le média avait 400.000 abonnés en Afrique, précise David Mignot. Aujourd’hui il ne compte pas moins de 2,5 millions d’abonnés actifs.

    Un succès qui s’explique notamment par la multiplication des offres proposées par Canal+. La chaîne a par exemple signé des accords de diffusion avec Walt Disney et la Fédération ivoirienne de football. Depuis, Canal+ dispose presque saine en Afrique. Des émissions dédiées au continent, à l’instar de The Voice, l’Afrique a un incroyable talent font les choux gras du groupe de médias.

    En position d’attaque

    Lorsque Vincent Bolloré reprend en main la chaîne en 2015, il demande à ses équipes de favoriser les synergies entre Vivendi et Canal+. L’un de ces rapprochements vise à construire un réseau de fibres optiques en Afrique subsaharienne. L’idée est de déployer la fibre en aérien, le long des poteaux électriques.

    Une technique jugée moins coûteuse que le creusement de tranchées pour enfouir la fibre dans le sol. L’industriel breton s’appuie notamment sur le succès de GVT, l’ex-filiale de Vivendi revendue à prix d’or au groupe espagnol Telefonica (7,5 milliards d’euros) en 2015 et connu pour avoir bâti un réseau haut débit de qualité au Brésil.

    L’empire Bolloré en Afrique

    Vincent Bolloré a développé son empire comme personne d’autre. Françafrique, influence politique, propagande, censure, tout y passe. En Afrique et en France, l’influence du milliardaire est connue. Bolloré Africa Logistics est incontournable sur le continent. Il est présent dans une quarantaine de pays africains.

    Il contrôle la manutention, seul ou en partenariat avec d’autres sociétés, de 14 ports en Afrique ainsi que 23 ports secs. Parfois, Bolloré Africa Logistics contrôle également le réseau ferroviaire et routier. Dans certaines régions d’Afrique, on peut même parler d’omniprésence de Bolloré qui jouit par exemple d’un quasi-monopole sur les ports du golfe de Guinée.

    En 2016, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption avaient soupçonné le groupe Bolloré d’avoir utilisé Havas, son bras publicitaire, pour obtenir des concessions. Deux ports avaient été pointés du doigt : Conakry et Lomé. En Guinée, Havas s’est occupée en 2010 de la campagne électorale d’Alpha Condé. En 2011, le président fraîchement élu débarquait Getma, la compagnie qui gérait le port depuis 2008 pour confier la concession à Bolloré.

    Même scénario au Togo. En 2010, le groupe Bolloré obtient la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour 35 ans. La même année, Faure Gnassingbé, conseillé par Havas, était réélu.

    Bolloré est présent en Afrique dans les activités logistiques depuis les années 1980. Mais c’est dans les années 1990, quand la Banque mondiale et le FMI incitent les pays africains à privatiser les concessions portuaires, qu’il se taille la part du lion.

    Entre-temps, le groupe Bolloré a diversifié ses activités sur le continent. Outre le rail, Bolloré assure aussi la logistique pour des groupes pétroliers comme Total en Angola. Le groupe possède également des plantations d’hévéa et de palmiers à huile, à travers sa filiale Socfin présente au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Libéria ou encore en RDC.

    Le secret de la réussite du groupe, selon Olivier de Noray, directeur des ports et terminaux chez Bolloré Africa Logistics : une stratégie entièrement centrée sur l’Afrique.