Catégorie : Tech & Innovation

  • Babylab, le laboratoire qui invente la Côte d’Ivoire 2.0

    Babylab, le laboratoire qui invente la Côte d’Ivoire 2.0

    À Abidjan le BabyLab cofondé par Obin Guiako est une initiative qui réussit. Il s’agit d’un espace qui permet l’échange d’idées et le partage d’expériences entre différentes personnes, notamment des entrepreneurs. Depuis 2014, BabyLab accueille ainsi des personnes de divers horizons qui travaillent sur des projets à fortes composantes technologiques.

    La startup veut promouvoir la science et la technologie afin d’aider le vieux continent à vivre durablement sa transition numérique. Les activités de BabyLab concernent généralement des ateliers de recyclage de déchets informatiques. La startup fait des collectes de déchets informatiques avec lesquels de jeunes geeks fabriquent des ordinateurs dans des bidons de 20 litres.

    Partage et formation

    En parallèle, Obin Guiako fait savoir que la startup dispose d’un programme dénommé KidLab. Il vient en aide aux enfants. Ce programme leur permet de s’initier à l’informatique et à l’électronique. Les enfants âgés entre 8 et 15 ans apprennent aussi des notions sur la robotique.

    Obin Guiako considère que BabyLab contribue à bâtir en Côte d’Ivoire une économie numérique. Dans cette dynamique, l’entrepreneur ambitionne de développé le projet BabyLab dans le pays. D’autres villes devront donc abriter des espaces de travail et de partage d’expériences. Obin Guiako soutient que ces genres de projet ou de FabLab sont des moyens pour accélérer le processus de développement de l’Afrique.

    Selon l’entrepreneur, ces laboratoires doivent être vus comme des moyens de socialisation pour reconvertir chaque citoyen africain en un entrepreneur du changement. BabyLab et bien d’autres espaces de travail sur le continent sont à l’origine de l’émergence de certains projets à forte valeur ajoutée.

  • Afrique du Sud: l’incubateur ONEBIO va promouvoir la biotechnologie africaine

    Afrique du Sud: l’incubateur ONEBIO va promouvoir la biotechnologie africaine

    ONEBIO, un incubateur panafricain de biotechnologie qui soutiendra les entrepreneurs et les innovateurs en sciences de la vie de tout le continent pour commercialiser et développer leurs startups, sera lancé en Afrique du Sud cette année

    ONEBIO sera en partenariat avec Cape Innovation and Technology Initiative (CiTi) et le Centre de recherche protéomique et génomique (CPGR). L’incubateur fournira aux startups des sciences de la vie du financement, du soutien, des laboratoires et des espaces de bureaux, ainsi que l’accès aux réseaux, au mentorat, aux marchés internationaux et aux grandes entreprises partenaires en Afrique et à l’international.

    Dirigée par Michael Fichardt et Nick Walker, ONEBIO s’appuiera sur l’expertise et l’expérience de CiTi et CPGR afin de soutenir les startups à la convergence du travail de laboratoire et de la science computationnelle.

    ONEBIO cherche des projets diversifiés de disciplines, y compris la biochimie, la microbiologie, la génétique et la science des matériaux. Les produits et services couvriront de nombreux secteurs, notamment l’énergie, l’alimentation, les produits naturels, les nutraceutiques, l’agriculture et la santé.

    « Nous avons une énorme opportunité d’utiliser la technologie pour de bon, en Afrique. Chez CiTi, nous croyons que la biotechnologie est la prochaine frontière où la technologie exponentielle permet l’innovation peut débloquer des solutions abordables aux défis de la santé de l’Afrique », a déclaré Ian Merrington, chef de la direction de CiTi.

    Actuellement, ONEBIO cherche à se connecter avec des partenaires potentiels et des startups de biotechnologie.

  • Tunisie: Omar Yaacoubi, l’entrepreneur qui veut contrôler le big data

    Tunisie: Omar Yaacoubi, l’entrepreneur qui veut contrôler le big data

    A 32 ans, cet entrepreneur fait ses preuves dans le domaine informatique. Omar Yaacoubi est un passionné de technologie. Diplômé de l’Institut Supérieur de Gestion de Tunis, il a également un Certificat professionnel en innovation et entrepreneuriat à l’université américaine de Stanford. Omar Yaacoubi a fondé en 2013 Trick Consulting une entreprise de conseil et de développement Big Data.

    Polyglotte, l’entrepreneur a également travaillé pour des opérateurs téléphoniques. Il explique avoir aidé ces opérateurs à réduire le temps de détection et de réparation des problèmes techniques.

    Le Tunisien dirige depuis 2016 Barac, une startup qui s’est spécialisée dans l’analyse de données en temps réel en se basant sur l’intelligence artificielle. Barac aide ainsi les entreprises à analyser le fonctionnement de leur système. Omar Yaacoubi explique que les offres de Barac permettent surtout aux entreprises d’éviter des cyberattaques. Depuis près de deux ans, Barac se construit ainsi une réputation dans la protection de systèmes informatiques.

    Les systèmes de protection utilisés auparavant par les entreprises détectaient les dysfonctionnements tous les 100 et 150 jours, selon Omar Yaacoubi. Mais la solution que propose Barac permet de détecter en temps réel anomalie. L’entrepreneur est surtout convaincu d’une chose. Il affirme que ceux qui réussiront à contrôler le Data et l’intelligence artificielle contrôleront le monde.

  • Chris Nsamba prépare la « mission Apollo 11 » de l’Ouganda

    Chris Nsamba prépare la « mission Apollo 11 » de l’Ouganda

    Il n’a pas fini de le répéter : les grands scientifiques ont tous, à un moment de leur vie, été qualifiés de fous par leurs contemporains. Chris Nsamba n’échappe à la règle, lui fabricant d’une navette spatiale pour envoyer le premier Ougandais dans l’espace.

    Il serait facile de rire de Chris Nsamba, fondateur du Programme de recherche spatiale africaine. En 2011 quand il faisait découvrir son centre de recherche, ce n’était autre chose que son jardin de derrière où il n’y a pas beaucoup de preuves du type d’outils sophistiqués pouvant inspirer confiance.

    Chris Nsamba n’a pas changé de mission… À l’image d’un Mobutu obnubilé par la même ambition, cet Ougandais ne jure que par son rêve. Même s’il sait que la mission ne sera pas facile.

    Baptisée par son concepteur le Faucon africain, la navette, qui ressemble à un planeur volumineux avec une envergure de 10 mètres, doit pouvoir franchir l’atmosphère terrestre. Chris souhaite finir ses travaux, faire des essais nécessaires et envoyer le premier Ougandais dans l’espace dans la prochaine décennie. Le trentenaire assure aussi former lui-même l’équipage de sa navette.

    Sa confiance inébranlable est confortée par le soutien moral et financier de plusieurs centaines d’amoureux de l’espace. Mais les soutiens au projet un peu fou de Chris ne s’arrêtent pas au monde amateur: ils proviennent aussi des hautes sphères de la présidence, le président Yoweri Museveni.

    Inventeur de l’incubateur à bébé

    Outre ce projet fou de celui qui est lauréat du premier prix Best African Scientist 2013-2014, Chris est aussi l’auteur d’une machine utile dans le domaine sanitaire et particulièrement dans les accouchements prématurés.

    Fabriqué et testé en Ouganda, son incubateur peut surveiller l’oxygène dans le sang des bébés ainsi que leurs battements cardiaques par minute et montrer un graphique du pouls du cœur.

    Si un bébé cesse de respirer, l’incubateur déclenche immédiatement un système d’alarme. La machine est également équipée d’un dispositif sans fil qui transmet les données de sorte qu’une infirmière, par exemple, puisse la surveiller à distance. Construite avec 188 capteurs, cette invention veut réduire le nombre des 42 000 bébés prématurés qui meurent chaque année, selon les chiffres de l’Unicef.

    La machine est entièrement automatique, contrôlée par un écran tactile et fonctionne sur le système d’exploitation Windows. Elle  produit de l’oxygène à partir de son environnement et la température peut être réglée entre 32 et 38 °C. Elle est également dotée d’un système anti-moustique contrôlé par l’ordinateur qui humidifie et désinfecte automatiquement l’environnement du bébé.

  • Ghana : Gabriel Opare [20 ans], le créateur du concurrent de Google

    Ghana : Gabriel Opare [20 ans], le créateur du concurrent de Google

    A 20 ans, Gabriel Opare, un étudiant ghanéen a construit un nouveau moteur de recherche pour rivaliser les géants Google et YouTube.

    Gabriel a construit un moteur de recherche gratuit pour les vidéos appelées Mudclo. Mudclo, un moteur de méta-recherche, permet aux utilisateurs de découvrir, de rechercher et de diffuser du contenu vidéo provenant de plusieurs sources sur Internet en un seul endroit. Le concepteur estime que son invention est assez bonne pour être compétitive dans le secteur des moteurs de recherche et qu’il peut évoluer à l’échelle mondiale.

    Concurrent de Google

    « YouTube est un site d’hébergement de vidéos, Mudclo combine la puissance de YouTube et de deux autres sites d’hébergement vidéo afin de créer Mudclo », a confié l’étudiant en sociologie, qui explique que les recherches les plus populaires de ses utilisateurs comprennent des publicités, des vidéos musicales et du contenu amateur.

    Cette innovation, Gabriel ne l’a pas réussie en un seul jour. N’ayant pas de base dans les formations technologique avant, il a dû d’abord apprendre à coder en suivant des cours en ligne pendant son temps libre. C’est à l’âge de 17 ans qu’il a commencé le développement. En effet, c’est bien avant de terminer ses études secondaires en 2015 que Gabriel s’est juré de construire un moteur de recherche plus puissant que Google. Bien qu’il n’y soit pas parvenu à 100%, il a réussi à créer deux plateformes Google similaires, dont Mudclo, déjà disponible sur le marché, un moteur de recherche vidéo et une plate-forme publicitaire.

    L’étudiant avoue s’être inspiré d’autres Ghanéens, motivé et désireux de créer des entreprises à un jeune âge sur un continent où les possibilités sont limitées et le chômage est accentué, surtout après des études dans les domaines des sciences sociales. Quand on lui demande comment est-il arrivé là, il aime répondre, « j’ai toujours cru en la diversité des compétences comme un moyen indispensable d’ajouter de la valeur à une personne ».

    Juste quelques mois après sa conception, Mudclo a déjà attiré l’attention de certaines entreprises technologiques, y compris des sites d’hébergement de vidéos bien connus. Et ce, même s’il reste encore du travail à faire sur le moteur pour corriger les bugs, améliorer les fonctionnalités et les expériences visuelles.

    Le jeune Gabriel Opare, mesure l’importance du travail qu’il devra abattre pour atteindre ses objectifs, et compte bien évidemment sur l’accompagnement des pouvoirs publics et autres mécènes, qui paraissent

  • Cet ingénieur nigérian produit de l’électricité grâce au tonnerre

    Cet ingénieur nigérian produit de l’électricité grâce au tonnerre

    Il s’appelle Obayagbona Emmanuel Imafidon. Il y a un an, cet ingénieur nigérian a trouvé une solution pour résoudre les problèmes de pénurie d’électricité au Nigéria. Diplômé en génie électrique à l’Institut de gestion et de technologie d’Enugu, Obayagbona Emmanuel Imafidon a en effet inventé un appareil capable de générer de l’électricité à partir du tonnerre. Il explique avoir commencé ses recherches depuis plus de dix ans. Selon lui, cette énergie peut alimenter le Nigéria et tout le continent pendant plus de cinquante ans.

    « On peut penser que ce n’est pas possible et si c’est possible pourquoi le monde occidental n’a pas converti la foudre en électricité, mais ce que j’ai développé jusqu’ici est un prototype. Il y a cinq chambres, y compris la zone de piégeage qui est faite de parafoudre », prévient le Nigérian. Il ajoute que son invention dispose de zones de stockage et de conversion qui convertissent l’énergie statique en électricité et transmettent l’énergie dans la zone de transmission.

    Pour l’ingénieur les zones de transmission réduisent la puissance à partir de 50 mégawatts et les cinq zones de stockage de son appareil peuvent stocker plus de 25 mégawatts de puissance. L’ingénieur veut dépasser l’étape de prototype. A cet effet, il compte sur l’appui de la Nigeria Society of Engineers (NSE) pour réaliser un grand projet d’électrification. Obayagbona Emmanuel Imafidon explique que pour piéger la foudre, des condensateurs de stockage industriels à haute énergie doivent être construits dans des endroits spécifiques du pays.

     

  • Nigéria: espoir pour les langues africaines menacées de disparition

    Nigéria: espoir pour les langues africaines menacées de disparition

    C’est un apport considérable dans la protection des langues africaines. Alors que ces langues sont de moins en moins parlées selon une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), une dynamique équipe de l’université d’Ilorin au Nigéria vient d’innover dans le but d’éviter l’extinction des langues maternelles. Elle est composée de Kolawole Felix Oyerinde, de Olanrewaju Doyin, de Adebayo Abolaji et de Olowonirejuaro Oreoluwa.

    Ces quatre sont des ingénieurs en logiciels, des spécialistes des données, des spécialistes du marketing et d’analystes. Installée dans l’État de Kwara, l’équipe a en effet construit un système de discours basé sur le Web dénommé Linguo. Malgré qu’il fonctionne pour le moment en version bêta, le système est capable de parler et de lire les langues nigérianes (Yoruba, Igbo) ainsi que plusieurs autres du continent. Les concepteurs prévoient améliorer Linguo pour lancer sa version optimale en mai prochain.

    Système plurilingue

    Sur l’actuelle version du système Linguo, les voix sont toutes les mêmes indépendamment de la préférence de genre, et les accents ne sont pas représentatifs des langues sélectionnées. « Linguo a un syllabicateur de langue qui va diviser l’entrée en syllabes correctes. Par exemple, Chukwuma deviendra Chu Kwu Ma. Les seules choses qui peuvent avoir besoin d’être enregistrées sont des syllabes valides comme ‘ba’ et ‘zu’ », explique Felix Kolawole Oyerinde, membre de l’équipe.

    Les jeunes concepteurs prévoient aussi enregistrer les syllabes des langues nigéro-congolaises. Ils comptent également sur des collaborations avec des universités nigérianes et du continent pour travailler sur les intonations et les accents appropriés aux langues. Cette collaboration va nous permettre d’« identifier les voix masculines et féminines appropriées », affirme l’équipe.

    Révolution

    « Lorsqu’il sera entièrement fonctionnel, Linguo aura trois produits. Une API pour les développeurs, un plug-in pour les sites Web et une application web et mobile pour les utilisateurs », rassure Felix Kolawole Oyeride.

    Avec ses camarades, ce dernier envisage se servir de l’informatique pour garantir la survie des langues maternelles sur le continent. Des textes ont été enregistrés dans les langues étrangères mot pour mot et « il n’y a aucune raison que nous ne puissions pas faire cela pour les langues africaines », déclarent-ils confiants.

  • Dans les coulisses de  Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    Dans les coulisses de Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    À Lomé, dans la capitale togolaise, se positionne une marque de vente du batik, moyen d’un retour au tissu traditionnel et de valorisation de l’artisanat.

    À la tête de cette marque Ayoko et Ayélé Gabiam, deux sœurs aux parcours différents. Nahêni (grandeur d’âme en Akposso, une langue parlée à l’ouest du Togo) créé en 2016 a démarré ses activités l’année passée. « Quand ma sœur et moi avions eu l’idée de créer cette marque pour valoriser le pagne batik authentique togolais, le nom qu’elle devrait porter était une évidence. Pour nous c’était important de mettre les femmes au sein de cette aventure », raconte Ayoko Gabiam, 27 ans. Puis d’une voix posée, celle pour qui entreprendre est devenu « si naturel » explique avec la gestuelle adéquate : « Nahêni, c’est le prénom de notre grande mère maternelle. Elle était une femme de cœur, mais de très fort caractère. N’ayant eu qu’un seul enfant, elle en a adopté une cinquantaine. C’est grâce à elle que nous sommes aujourd’hui des femmes conscientes de notre valeur et de nos capacités à réaliser nos rêves ».

    Cette « présence » de leur grand-mère, les deux sœurs la conjuguent avec détermination depuis qu’elles ont décidé de lancer leur marque. Leurs diplômes en poche, elles effectuent un voyage touristique à travers le Togo et tombent, disent-elles, sous le charme de ce tissu vivant, 100 % coton, fait main, authentique Togolais qu’elles ne connaissaient pas : le Batik. Elles s’assignent alors une mission. « Quand tu redécouvres ton pays pour la première fois et que tu tombes sous le charme de son textile fait main surtout le BATIK, qui est original, en colorie variée et unique, mais méconnue, tu prends l’engagement de le vulgariser dans ton pays ainsi que dans le monde », résument-elles.

    Craft women

    Après sa création Nahêni suit une période d’incubation d’un an à Innov’up Togo, un incubateur dédié aux femmes. Depuis huit mois, l’entreprise peut également compter sur l’accélérateur Youth CDC qui lui a offert un financement en fonds propres d’un million de FCFA avec une levée de fonds en préparation. Les deux responsables se sont entourées d’une équipe de vingt personnes parmi lesquelles on trouve essentiellement de femmes membres de coopératives d’artisans.

    Ayoko, la plus jeune a plutôt un parcours « atypique ». Passion pour l’artisanat depuis la tendre enfance, ingénieure de conception en Réseaux Télécommunication, business développer depuis bientôt quatre ans. Mais aussi diplômée en langue et culture chinoise. Cette touche-à-tout qui parle couramment l’anglais affirme : « Moi je suis plus axée sur le côté marketing, vente, développement et gestion de nos plateformes en ligne ». Quant à la création des modèles, des motifs et des colories appropriées, c’est Ayélé, la sœur ainée, styliste de formation qui s’en charge.

    Du batik, du bio… de la valorisation

    Mais dans un secteur qui reste encore à développer, Ayoko Gabiam soulève de réelles contraintes, notamment « quand on est femme ». « Être jeune entrepreneure est un premier défi en soi parce que les gens n’ont pas automatiquement confiance en ce que tu fais », confie-t-elle. « Vous pouvez imaginer qu’en ce jour où nos voisins frontaliers ont pris acte de valoriser leur textile, le Togo est encore à l’étape de découverte », clarifie pour sa part Ayélé Gabiam. Les deux sœurs s’attèlent donc à faire connaître ce qu’elles font. « La majorité des Togolais qui nous contactent veulent d’abord savoir ce qu’est le Batik », affirment-elles.

    Le batik togolais est d’une qualité enviable dans la sous-région. Contrairement au batik ghanéen marqué par des symboles Adrinké, le tissu togolais utilise des représentations d’animaux comme motifs. Nahêni insiste sur l’authenticité. « Notre batik diffère dans le processus de fabrication. Nous utilisons des produits bio, des colorants à base d’écorces d’arbre. Le batik togolais dégage une authenticité plus marquée sur les valeurs », explique Ayélé Gabiam.

    La dernière collection homme et femme de Nahêni a été lancée il y a quelques mois. Dénommé SEN’KA (visionnaire), elle valorise des motifs et des colories qui décrivent « le contraste de mondialisation de la mode et l’importance de valoriser notre héritage artisanal », fait savoir Ayoko Gabiam.

    Afrikrea

    Il faut dire que depuis son lancement, la marque propose du pagne batik unique à partir de deux yards. Nahêni offre surtout des T-shirts originaux, du prêt-à-porter homme femme, mais aussi des accessoires. Des produits dont les prix d’achat sont fixés de 2500 à 50000 FCFA. Quand elles ne sont pas en l’intérieur du pays, les deux sœurs occupent différemment leur journée. Entre autres, des réunions avec collaborateurs ou des ventes et livraisons de commande. Pour le moment, Nahêni vend ses produits en ligne grâce à sa boutique Afrikrea. Les deux entrepreneures misent également sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Pinterest, Twitter) et sur du bouche-à-oreille.

    En 2017, Nahêni a reçu des commandes de l’Amérique et de l’Europe. L’entreprise a vendu près de 600 articles et compte cette année vendre plus de 4000. Mais aussi, la marque envisage de mieux se faire connaître au plan local pour deux raisons. Mieux faire face à une concurrence qui paraît « inexistante » et convaincre une population qui préfère encore les tissus importés qui coûtent moins chers.

    En attendant, les sœurs Gabiam travaillent sur l’ouverture de leur première boutique physique au Togo. « Nous voulons qu’elle représente nos valeurs sociales et l’identité de Nahêni », annoncent-elles. Nahêni gravira alors un nouvel échelon qui devrait l’aider à s’implanter dans des capitales étrangères. Le couronnement pour cette marque qui se veut particulièrement africaine.

     

  • ‘Les pays africains doivent ouvrir leurs marchés scientifique et technologique’

    ‘Les pays africains doivent ouvrir leurs marchés scientifique et technologique’

    Macky Sall, président du Sénégal, a exhorté les gouvernements africains à supprimer les restrictions dans leurs écosystèmes scientifiques et technologiques.

    S’exprimant lors du rassemblement mondial 2018 du Next Einstein Forum (NEF) qui s’est tenu récemment à Kigali, le chef d’État sénégalais a annoncé que son gouvernement révisait la législation qui constitue des obstacles scientifiques aux étrangers et aux experts techniques afin d’enseigner et de mener des recherches dans les universités du pays. « L’Afrique doit changer les lois qui entraînent différents types de limitations: la science n’est pas restreinte, elle est très mobile et nous devrions prendre des dispositions légales pour la mobilité des scientifiques africains, car aucune science n’est limitée à quelque chose », a-t-il convié.

    Sall a également révélé les divers efforts que le Sénégal a déployés ces derniers temps pour stimuler la science et la technologie dans le pays, notamment l’initiative « Un ordinateur portable par enfant » et le projet de l’Université virtuelle.

    Le projet de l’Université virtuelle est financé par un prêt de 5,2 millions de dollars américains annoncé par la Banque africaine de développement (BAD) en 2014. Ce projet est un volet d’un réseau d’universités virtuelles africaines réunissant la Zambie, le Sénégal, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar et le Mozambique. Son objectif est de fournir aux étudiants africains un meilleur accès à l’enseignement supérieur.

    L’UA favorable

    Le président du Rwanda et chef de l’Union africaine, Paul Kagame, a ajouté que des efforts sont en cours au niveau de l’UA pour s’attaquer aux diverses barrières qui restreignent la libre circulation des scientifiques à travers l’Afrique. Pour le numéro du l’Union Africaine, ce concept est similaire au marché africain du libre-échange récemment lancé en Afrique qui vise à créer un marché africain. « Nous avons des comités qui travaillent à trouver des moyens d’y parvenir dans l’espace scientifique et technologique », a déclaré Paul Kagame.

    En effet, le Rwanda a mis de côté 42% de son budget pour l’éducation, a en croire les annonces du président rwandais. Celui a recommandé aux pays africains d’investir davantage dans le développement de la main-d’œuvre intellectuelle pour aider le paysage technologique et scientifique du continent à atteindre ses objectifs.

     

  • Rapelang Rabana, la Sud-Africaine qui bouge l’univers des VoIP et IP mobiles

    Rapelang Rabana, la Sud-Africaine qui bouge l’univers des VoIP et IP mobiles

    Jeune, cette entrepreneure a construit sa réputation dans le secteur de la technologie. Rapelang Rabana reste l’une des valeurs sûres qui font rayonner le continent. La Sud-africaine est la fondatrice de Yego Communications, une société de communications VoIP et IP mobiles. Avec Yego Communications, Rapelang Rabana propose des solutions technologiques innovantes.

    Diplômée en commerce et en informatique à l’université du Cap, c’est à 22 ans que Rapelang Rabana s’est très tôt intéressée à l’informatique et au codage. « Le plus grand défi en tant que femme entrepreneure a toujours été, pour moi, la bataille interne pour apprécier ma propre valeur et faire confiance à la validité de mon propre parcours en l’absence de points de référence externes auxquels je pouvais m’identifier », affirme-t-elle.

    Ses actions lui ont valu des reconnaissances. L’entrepreneure est une ancienne Global Shaper du Forum Économique Mondial. Rapelang Rabana a également été désignée par le magazine Forbes comme l’un des meilleurs jeunes entrepreneurs du continent africain.

    L’aventure Rekindle

    Preuve de son dynamisme, l’entrepreneure a également fondé Rekindle Learning, une entreprise qui cherche à améliorer l’éducation en Afrique en transformant la contrainte des gens pour vérifier leurs téléphones en une opportunité d’apprendre. « Je crois que dans 10 ans l’un des plus grands moteurs de l’utilisation des données sur le continent ne sera pas seulement le divertissement et les médias sociaux, mais aussi le contenu éducatif, de formation et d’apprentissage, et je veux que Rekindle Learning soit au cœur de cela », explique-t-elle.

    Pour Rapelang Rabana, l’Afrique a besoin de se développer grâce à l’apport de sa jeunesse. L’entrepreneure exhorte les jeunes à s’intéresser aux initiatives privées. « Le défi en tant qu’entrepreneurs est de continuer à poursuivre nos rêves et notre succès, avec une référence historique très limitée des personnes auxquelles nous pouvons personnellement nous identifier, en l’absence d’un cadre établi reflétant nos idées, intérêts, valeurs et points de vue », justifie-t-elle.