Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • À 27 ans, il quitte les USA pour bâtir un empire de nœuds papillon à Kigali

    À 27 ans, il quitte les USA pour bâtir un empire de nœuds papillon à Kigali

    Quand Matthew Rugamba s’est aventuré dans le monde de la mode en 2011, il a commencé par vendre ses nœuds papillon dans un sac à dos. À l’époque, il vivait et étudiait encore aux États-Unis, mais chaque fois qu’il rentrait au Rwanda pour les vacances, il fabriquait des nœuds papillon pour les vendre, un peu de manières informelles. Aujourd’hui, il est référencé dans le domaine de la mode dans son Kenya natal.

    Matthew Rugamba est le fondateur et directeur artistique de House of Tayo, une marque de mode basée à Kigali connue principalement pour ses nœuds papillon, cravates, écharpes de poche et snoods qui sont fabriquées à partir de tissus « kitenge » africains.

    En effet, au moment où Rugamba a commencé, le secteur de la mode au Rwanda était encore un terrain non exploré. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ; ce marché est attrayant pour les entreprises internationales. La croissance de la mode rwandaise est motivée par de jeunes designers locaux comme Rugamba qui sont retournés chez eux après avoir vécu à l’étranger. Mais alors que ses créations ont trouvé un public plus large à l’étranger, Rugamba continue de produire au Rwanda avec l’aide d’artisans et de tailleurs locaux pour « garder la marque authentique » tout en créant des opportunités d’emploi.

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    Autodidacte

    De ses dires, Rugamba est un créateur de mode autodidacte. Il a développé ses compétences de conception en regardant des tutoriels en ligne, en lisant des blogs de mode et en étudiant l’industrie en général. « Dans des domaines spécifiques comme l’art de concevoir et de créer une marque, j’ai beaucoup lu et étudié ce que font les autres et j’ai choisi certaines des meilleures pratiques pour commencer à développer cette activité », a expliqué le diplômé en relations internationales, âgé aujourd’hui de 27 ans.

    Pour démarrer son entreprise, Rugamba a dû compter sur ses économies personnelles grâce à un emploi d’été et a pu l’étendre avec le soutien de sa famille. « Le premier succès que nous avons réalisé était d’avoir un magasin à Kigali. C’était en 2013 quand je suis revenu », a-t-il dit, ajoutant que « se retrouver chaque année dans cette entreprise est une étape importante ».

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    Au fil des années, House of Tayo a connu une croissance régulière en raison de « véritables critiques » de la part des personnes qui ont acheté le produit. Aujourd’hui, Rugamba a déjà présenté ses collections à l’étranger.

    Médias sociaux et mode

    Les médias sociaux ont aussi donné un coup de pouce à House of Tayo. Au début de l’année 2012, c’était un Tumblr publié par Rugamba sur son ambition de raconter l’histoire de l’Afrique avec des nœuds papillon qui l’ont d’abord fait fusiller, lui et sa marque, dans les feux de la rampe. Cette année-là, il a eu l’occasion de présenter ses collections à l’Africa Fashion Week de Londres.

    « Vous savez, vous pouvez dépenser des milliers de dollars pour obtenir les noms, mais si le produit et l’expérience de travail avec vous ne sont pas géniaux, ça va être une situation où les clients entrent une fois et ils ne reviennent pas. Les entreprises ne se développent que lorsque vous recevez des clients et les fidélisez. Conserver les clients est encore plus important que d’en acquérir de nouveaux. »

    Made in Rwanda

    Bien que l’industrie de la mode rwandaise soit encore jeune, elle évolue régulièrement vers un marché lucratif et dynamique. Selon M. Rugamba, des initiatives telles que la campagne « Made in Rwanda » ont aidé l’industrie à se développer. Cependant, il a fait remarquer qu’à aucun concepteur seul ne peut faire de l’industrie un pionnier de la mode. « L’avenir réside dans la collaboration » aime-t-il dire.

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    Pour cela, au début de l’année 2015, Rugamba et quatre autres designers locaux ont créé CollectiveRW, une alliance stratégique positionnée pour lancer la mode rwandaise sur la scène mondiale. « Nous avons réalisé que notre industrie ne va pas grandir si tout le monde fait ce qu’il veut », a-t-il expliqué, ajoutant que le but n’est pas seulement de faire sortir les produits, mais que les concepteurs commencent à se responsabiliser. « L’une des principales choses que nous faisons est de montrer le potentiel de l’industrie de la mode au Rwanda. Nous montrons aux sponsors la qualité des designs que nous pouvons assembler. Nous mettons notre pays sur la carte. »

    Déjà, les marques qui ont participé au CollectiveRW ont gagné plus de trafic vers leurs magasins, mais Rugamba et son équipe regardent également le côté commercial des choses, en particulier comment les concepteurs peuvent capitaliser sur le battage médiatique.

    Défis

    Selon Rugamba, une industrie textile sous-développée et un accès insuffisant au financement restent les principaux défis pour les entrepreneurs de la mode au Rwanda.

    « Lorsque vous êtes en mesure d’obtenir un financement de démarrage, les taux et les conditions ne sont pas favorables », a-t-il déclaré, ajoutant que ces défis ont limité la concurrence internationale des acteurs locaux. Pour cela, le jeune a suggéré que le gouvernement pourrait avoir un guichet spécial d’intérêt sur les prêts pour les jeunes qui démarrent leur propre entreprise.

  • En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En soit, le principe n’est pas nouveau, puisque l’Union européenne a déjà une politique d’exemption de visa pour ses citoyens. En Afrique, saluée par les experts, la suppression de visa pour une libre circulation fait lentement son chemin.

    Il faudra remonter à un quart de siècle pour retrouver la première fois où l’idée d’un passeport africain a été émise. Mais cette idée n’a pas émergé et certains pays se sont montrés méfiants, avec en ligne de mire, une crainte de l’augmentation de la contrebande, de l’immigration clandestine, du terrorisme et de la propagation des maladies.

    Le chemin vers le passeport africain 

    En 2017, l’UA avait lancé un passeport africain, un projet emblématique de l’ex-présidente Nkosazana Dlamini-Zuma. Cependant, le passeport n’est actuellement disponible que pour les hauts diplomates et les hauts fonctionnaires des 55 États membres de l’UA. Et parmi ces États membres, seules les Seychelles offrent un accès sans visa à tous les pays africains.

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    Selon Daniel Silke, directeur de Political Futures Consultancy, basé en Afrique du Sud, les grandes économies en croissance s’inquiètent de l’impact que les mouvements de population pourraient avoir sur les marchés du travail et les villes. Certaines des économies à croissance rapide de l’Afrique sont la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Guinée, le Sénégal et la Tanzanie. En réalité, avec l’expansion rapide des villes urbaines en Afrique, les institutions gouvernementales sont tendues et les villes qui offrent des opportunités seront soumises à une pression accrue avec cette initiative.

    En novembre 2017, après 15 ans de négociations, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), comprenant le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo, a ratifié le mouvement sans visa de ses citoyens. Dans la logique de cette politique, les États membres adopteront la technologie biométrique, assureront la coordination de la police et des services de sécurité et respecteront les différentes réglementations du travail.

    Initiatives

    La prochaine meilleure initiative à un système sans visa est le visa à l’arrivée, qui peut inclure l’autorisation de rester jusqu’à 90 jours. Le Rwanda a adopté ce protocole en 2013 et a constaté une augmentation du nombre de visiteurs et d’investisseurs africains, a noté Anaclet Kalibata, le directeur général de l’immigration et de l’émigration du pays.

    Selon ce dernier, entre 2013 et 2016, le nombre d’Africains recevant des visas à leur arrivée aux points d’entrée rwandais a augmenté de plus de 100 %, et le Rwanda a accueilli beaucoup plus d’évènements internationaux. A également en croire ses dires, les taux de criminalité dans le pays n’ont pas augmenté, contrairement aux craintes initialement exprimées par les sceptiques.

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    À l’instar du Rwanda, le Ghana également offre désormais un accès sans visa à un tiers des États membres de l’UA et des visas à l’arrivée aux deux tiers restants. Ce faisant, le pays a fait le plus de progrès de tous les États africains vers une Afrique sans visas pour les Africains, selon le Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017 de la Banque africaine de développement (BAD).

    Le Sénégal également offre un accès sans visa à 42 pays africains dans le but de redynamiser son secteur touristique. De son côté, le président Uhuru Kenyatta a annoncé que tous les Africains recevront désormais un visa à leur arrivée au Kenya.

    Par ailleurs, une autre alternative qui commence à être explorée porte sur des accords réciproques entre les pays. C’est le cas avec la Namibie où les autorités font des efforts pour finaliser de tels arrangements. Le Rwanda qui offre déjà un visa aux Africains à l’arrivée est aussi preneur des accords réciproques avec d’autres pays. De fait, cet accord sur le passage frontalier entre le Rwanda, la RDC, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda a favorisé la cohésion sociale régionale, et le commerce transfrontalier dans ces pays contribue désormais à hauteur de 42 % au PIB, selon les chiffres d’Anaclet Kalibata.

    Cependant, l’expérience du Rwanda n’est pas suffisante pour changer la perception des impacts négatifs de la libéralisation des visas d’entrée. Jean-Guy Afrika, principal expert politique de la BAD et contributeur au Africa Visa Openness Report 2017, note : « L’analyse des régimes de visas africains de 2016 a montré qu’en moyenne les Africains avaient besoin de visas au départ pour voyager dans 54 % des autres pays africains (55 % en 2015) ; pourraient obtenir des visas à l’arrivée dans seulement 24 % (contre 25 % en 2015) ; et n’ont pas besoin de visas pour voyager à seulement 22 % (contre 20 % en 2015). »

    Libéralisation des visas

    S’il y a 4 ans seuls cinq pays offraient un visa libéral, d’arrivée ou non, aux citoyens de tous les pays africains, aujourd’hui, ce nombre est porté à 14. L’évolution est certes timide, mais importante. Cette évolution est portée par l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. En effet, dans les classements 2017 de l’indice d’ouverture des visas en Afrique, 75 % des pays du top 20 sont dans ces deux régions. Un seul est au nord et aucun en Afrique ne centra.

    La BAD, l’UA et le Conseil du programme d’action du Forum économique mondial sur l’Afrique ont collaboré au Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017, le deuxième du genre. Les chercheurs ont recueilli des données auprès de l’Association du transport aérien international et des réponses aux questionnaires administrés aux points focaux nationaux. Les avis sont en effet positifs. Le besoin est en effet existant. L’ouverture des visas peut n’être qu’une partie du puzzle des États africains interconnectés, mais elle est néanmoins très importante.

  • Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Au Ghana, les rappeurs allient rimes et « punchlines » à l’activisme pour prendre le lead sur les questions de la protection de l’environnement.

    Au cours des 4 dernières décennies, le Ghana a été confronté à des défis environnementaux complexes. Ces défis incluent un problème crucial qu’est la pollution toxique, engendrée par la mauvaise gestion des matières résiduelles. En effet, dans ce pays, le système de gestion des déchets est encore très insuffisant. Selon les chiffres, seuls 67 % des déchets sont collectés et le pays manque toujours d’infrastructures pour les gérer, malgré les efforts de l’Agence de protection de l’environnement du Ghana (EPA). Et pour l’instant, ce pays qui réalise une croissance économique enviable est contraint de brûler ses déchets électroniques. La pratique n’est pas restée sans conséquences environnementales importantes.

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    En un premier temps, sous les yeux de l’ancien chef d’État John Dramani Mahama, et désormais de Nana Akufo-Addo, Accra est devenue une ville noyée dans les déchets plastiques. Le système de caniveaux en bordure de route de la ville, destiné à endiguer les fortes pluies et les inondations pendant les saisons pluvieuses, envoie l’eau en excès dans une lagune qui se déverse dans le golfe de Guinée. Mais les tas d’ordures endommagent souvent les caniveaux dans les quartiers les plus pauvres du Ghana et les rendent vulnérables aux inondations.

    En 2015, le colmatage des déchets plastiques accumulés et les inondations qui en ont résulté ont forcé des dizaines de personnes à fuir les zones concernées.

    Dans un contexte plutôt difficile à gérer, les rappeurs s’engagent dorénavant à prendre les terreaux par les cornes.

    Les vers de l’environnement

    Dans le clip de sa chanson Gold Coast sorti l’année dernière, le rappeur ghanéen ELi se tient sur la plage de Labadi à Accra, alors que des vagues et des bouteilles en plastique s’écrasent contre ses pieds. Il marche pieds nus sur un tapis de bouteilles et de sacs en plastique, avec seulement des pointes de sable. Dans une autre scène, le même rappeur se tient au garde-à-vous, sa poitrine saillit, son menton relevé, ses pieds et ses chevilles enfoncés dans un tas de plastique et de déchets.

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    ELi, dont le nom complet est Edward Elikplim Ayikoe, appartient à une communauté naissante de musiciens ghanéens qui utilisent leur travail pour « évaluer » la stature du Ghana comme une « démocratie modèle », pour reprendre les mots de l’ancien président américain Barack Obama. Ces artistes veulent attirer l’attention non pas sur les thèmes traditionnels de la réussite financière, de l’amour et du style de vie, mais sur d’autres problèmes qui peuvent « étouffer » une démocratie, comme le flot de bouteilles et de sacs en plastique répandus dans les quartiers de la capitale ghanéenne.

    Les rappeurs considèrent leur musique et leurs plateformes comme essentielles pour sensibiliser la population sur la crise.

    Environnement, une cause démocratique

    Le hip-hop a longtemps été un cadre artistique dominant permettant aux rappeurs d’exprimer leurs frustrations. Au Ghana, la paix relative et la liberté dans les expressions ont permis aux artistes d’explorer des sujets tels que l’environnement, le sexisme, le chômage et même la domination du christianisme, faisant d’eux des questionnaires musicaux incisifs du statu quo.

    Wanlov, qui a réalisé la vidéo d’ELi, est un Ghanéen métis. Son vrai nom est Emmanuel Owusu-Bonsu, et il est connu pour n’avoir pas porté de chaussures depuis 10 ans. « Quand vous venez au Ghana et vous demandez qui est la personne la plus gênante, quand il s’agit de questions sociales, de problèmes gouvernementaux et de corruption, ils disent mon nom », se targue Wanlov.

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    En 2014, c’est cet homme qui a organisé une compétition de musiques écologiques appelée « Eco Rave ». Dans la chanson lauréate du concours dont le titre est Keep Ghana Clean, Efo Chameleon, 27 ans, a levé la voix sur les gouttières bouchées, la puanteur et la négligence généralisée qui est venue définir la vie dans la capitale du Ghana. L’artiste donne également des instructions étape par étape sur la façon de se débarrasser des plastiques. Mais à côté de cela, les médias sociaux et les services de streaming Internet ont donné à des artistes comme Efo et ELi, ainsi que Akan, Worlasi, Azizaa, Kwame Write et Mensa, collaboratrice de Wanlov dans le groupe FOKN Bois, l’occasion d’être politique sans avoir besoin d’être à la mode.

    Toutefois, ces musiciens ont traditionnellement du mal à s’introduire dans l’industrie dite de « payola », où les artistes et les labels doivent souvent payer aux DJs et aux médias pour faire jouer leurs musiques. L’été dernier, un groupe de jeunes entrepreneurs musicaux dirigé par Selorm Jay a lancé le site « Yoyo Tinz » pour célébrer et promouvoir les artistes hip-hop politiquement et socialement engagés au Ghana, et qui sont souvent exclus par le système payola.

    A claire, ce qui différencie ces artistes du hip-hop ghanéen des autres artistes des pays voisins, c’est que le champ d’action des premiers ne se limite pas à la politique. Leur vision d’une nation libre est celle où le gouvernement est responsable, mais aussi où l’environnement est pris en charge. Et pour arriver à ce point, tous les moyens sont bons. Des beaux vers aux punchlines.

  • Rwanda: kLab, l’épicentre de la révolution numérique

    Rwanda: kLab, l’épicentre de la révolution numérique

    A Kigali, dans le quartier de Kacyiru, le sixième étage de Telecom House, est considéré comme un endroit où les idées d’innovations flottent dans les airs, des rêves qui sont souvent concrétisés par les jeunes et les geeks. Là-bas, c’est le Knowledge Lab, alias kLab, l’un des principaux espaces de coworking du pays.

    Se promener dans les rues propres et ordonnées de Kigali, c’est flâner dans l’une des villes les plus dynamiques d’Afrique. La capitale rwandaise est animée, de plus en plus florissante, et évolue rapidement vers une ville moderne et durable, qui se débarrasse des horreurs d’antan et se fait connaître pour son secteur technologique en pleine croissance. Et pour les mordus d’innovation, de technologies et de startups, il est difficile de ne pas apprécier kLab dans ce pays.

    En effet, kLab est un espace d’innovation qui permet aux jeunes entrepreneurs, diplômés et étudiants de transformer une idée en véritable entreprise. La concentration avec laquelle les jeunes vont sur leurs ordinateurs au kLab est impressionnante.  Certains travaillent à faire de leurs idées de grandes entreprises, d’autres apprennent à coder, à développer des logiciels et des applications. C’est ici, chez kLab, que la plupart des idées locales qui se transforment en entreprises prospères sont conçues. kLab est essentiellement le point de rencontre des innovateurs et des entrepreneurs, et un endroit où plus de 80 entreprises sont nées, selon leurs propres chiffres.

    Mutangana Aphrodice, son directeur général, est à juste titre fier de son bilan à ce jour. « Nous avons commencé en 2012 et comptons maintenant plus de 1 400 membres alors que 51 600 ont utilisé les locaux de kLab les années dernières, et plus de 80 entreprises ont été créées ici », explique-t-il. « Nous sommes ouverts 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et offrons de l’espace gratuit, du mentorat gratuit et un accès Internet à nos membres. Ils viennent avec leurs idées et nous aidons à sortir d’ici avec une entreprise ou un résultat », a-t-il ajouté.

    Rêver grand

    Le Rwanda a parcouru un long chemin depuis le génocide de 1994. Aujourd’hui, le pays s’oriente vers ses objectifs de Vision 2020, qui consistent à devenir un pays à revenu intermédiaire, soutenu par un secteur privé fort et une économie basée sur la connaissance. Et kLab contribue spécifiquement à ces objectifs de différentes manières, selon le directeur. « Nous sommes ici pour promouvoir et soutenir les solutions TIC en développant une forte communauté d’entrepreneurs et de mentors », explique-t-il. Et d’ajouter, « nous voulons capter les bonnes idées de nos jeunes et les aider à les concrétiser – ce qui est souvent difficile. Nous organisons donc une série d’événements, d’ateliers et de sessions de réseautage pour les aider à effectuer cette transition délicate ».

    A kLab, la grande des jours de la semaine est consacrée à un événement ou une activité de programme spécifique. Par exemple, des « Demo Night », où les porteurs d’idées apprennent à présenter leurs projets, une étape très importante pour pouvoir vendre les projets. Mais outre cela, le centre organise également « kLab Talks » où les responsables du centre invitent un conférencier externe à venir et à mener une discussion sur un sujet donné.

    Dans ce laboratoire d’idées, le personnel est composé d’hommes et de femmes d’affaires, ainsi que de bénévoles du milieu universitaire et de l’industrie des TIC. Partenariat public-privé, il est soutenu par le gouvernement, la Chambre ICT de la Fédération du secteur privé au Rwanda, ainsi que la JICA – l’Agence japonaise de coopération internationale.

    « Nous travaillons avec le gouvernement, le secteur privé et la communauté internationale du développement, et les 80 entreprises créées à partir de KLab ont maintenant une valeur combinée de plus de 3 millions de dollars », rassure le directeur. C’est certainement un bilan impressionnant, mais Aphrodice tient à souligner que l’environnement entrepreneurial au Rwanda est très favorable à ceux qui cherchent à démarrer et développer une entreprise.

    Il y a peu de doute que kLab a déjà fait tout l’effet – le président de la Banque mondiale, Jim Kim, a rendu une visite récemment pour donner son sceau d’approbation – et il n’y a aucun signe de ralentissement de sitôt. De grands projets à coup sûr, mais à en juger par leurs antécédents jusqu’à présent, peu – voire aucun – parieraient contre eux.

     

     

  • Le modèle Rwandais ne fonctionnerait pas ailleurs [Gand Angle]

    Le modèle Rwandais ne fonctionnerait pas ailleurs [Gand Angle]

    En Afrique, ce qu’on pourrait appeler par « l’éveil Rwandais » est d’une exception salutaire. Sorti des méandres d’un génocide difficile à oublier, le président Paul Kagame a ressuscité l’économie, réduit la corruption et maintenu la stabilité politique. Un système conçu uniquement par et pour le Rwanda.

    C’est un record dont beaucoup d’autres dirigeants ne peuvent que rêver, et qui a conduit le Rwanda à être cité comme une réussite économique que le reste du continent ferait bien de suivre. Dans des pays comme le Kenya et le Zimbabwe, certains ont soutenu que leurs dirigeants devraient fonctionner plus comme Kagamé. En d’autres termes, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté priment sur des élections libres et équitables, voire l’alternance.

    En réponse, les critiques ont cherché à pourfendre l’image de Kagamé, en soulignant les violations des Droits de l’Homme commises sous son égide. Mais la notion selon laquelle le modèle rwandais devrait être exporté souffre également d’une faille plus fondamentale : elle ne fonctionnerait presque pas ailleurs, car les conditions nécessaires ne s’appliquent pas.

    Le parangon rwandais

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    Un grand nombre des réalisations de Kagamé et de son parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais, impressionnent en Afrique et au-delà. Puisqu’il faut le rappeler, le président Paul Kagamé a en charge une nation profondément divisée, réduite à un besoin pressant et désespéré de la reconstruction économique et politique après 1994. Depuis lors, Kagamé a établi le contrôle personnel ferme sur la politique rwandaise, en générant la stabilité politique nécessaire pour le renouvellement économique.

    En effet, Kagamé n’est pas resté assis pour espérer que les investisseurs étrangers inspirent la croissance. Plutôt, la nouvelle administration qu’il a fondée est intervenue directement dans un processus de développement conçu et dirigé par l’État. Plus particulièrement, son gouvernement a lancé l’activité économique dans des secteurs qui avaient stagné auparavant, en investissant massivement dans des secteurs clés.

    Combinées à une gestion circonspecte de l’agriculture, ces politiques ont généré une croissance économique d’environ 8 % entre 2001 et 2013. En conséquence, le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de 57 % en 2005 à 45 % en 2010. D’autres indicateurs du développement humain, tels que l’espérance de vie et le taux d’alphabétisation se sont également améliorés.

    Un exemple pour l’Afrique ?

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    Malgré les chiffres impressionnants, le modèle rwandais essuie des critiques de la part de nombre d’observateurs politiques dans la région. De toute évidence, c’est un modèle qui sacrifie les droits humains fondamentaux, tels que la liberté d’expression et la liberté d’association, pour soutenir l’hégémonie politique du parti au pouvoir. De fait, le système rwandais implique une compromission de la démocratie au dam du développement. S’il est vrai que cette décision paraît aisée pour le pouvoir politique rwandais, elle est toutefois souvent rejetée par l’opposition.

    Moins évident, le recours aux entreprises détenues par les partis pour relancer l’activité économique place le parti au pouvoir au cœur de l’économie rwandaise. Autrement, lorsque l’économie se porte bien, le Front patriotique rwandais, déjà dominant, est renforcé. Une approche qui permet à Kagame de déterminer qui est autorisé à accumuler le pouvoir économique, tout en portant atteinte aussi à la capacité des leaders de l’opposition et des critiques de lever des fonds.

    La magie Kagamé

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    L’un des efforts les plus rigoureux pour comprendre les conditions politiques qui ont rendu possible le modèle rwandais a émergé du projet de recherche African Power and Politics mené par David Booth, Tim Kelsall et d’autres. Ceux-ci soutiennent que le gouvernement de Kagamé est un exemple de « patrimonialisme développemental ». En effet, dans ce système, les aspects potentiellement dommageables de la politique patrimoniale sont tenus en échec par un dirigeant qui jouit d’un contrôle étroit sur les réseaux de favoritisme.

    Selon les analyses du professeur Nic Cheeseman, spécialiste de la démocratie et enseignant à l’Université de Birmingham, « une telle autorité doit être établie à l’interne et à l’externe. Un contrôle politique externe est nécessaire, car la menace d’une défaite électorale de la part d’un puissant parti d’opposition pourrait forcer le gouvernement à donner la priorité à la survie à court terme plutôt qu’aux investissements à long terme. Le contrôle interne est nécessaire parce que l’absence de freins et contrepoids sur le parti au pouvoir est susceptible d’exacerber la corruption.

    Lorsque ces conditions sont réunies, les éléments du patrimonialisme peuvent être économiquement productifs en générant des ressources qui sont réinjectées dans le système. » Ainsi, dans le cas rwandais, la domination économique et politique du Front patriotique rwandais n’a pas compromis le développement. Car, les fonds générés par les entreprises détenues par les partis ont souvent été réinvestis dans l’économie.

    « N’essayez pas ça chez vous »

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    Le problème est que ces conditions ne tiennent pas dans la plupart des États africains. À quelques exceptions près, comme le Tchad et l’Angola, le parti au pouvoir ne peut pas aspirer au niveau de domination constatée au Rwanda, l’opposition étant assez dynamique et forte pour que ce contrôle politique soit maintenu. Au Kenya et au Zimbabwe, par exemple, l’opposition a toujours remporté une part importante du vote législatif et présidentiel.

    En outre, même certains États qui comptent des partis au pouvoir plus dominants n’ont jamais réussi à imposer une discipline économique à leurs gouvernements. Au lieu de cela, le clientélisme enraciné et le factionnalisme interne ont généralement miné les efforts de lutte contre la corruption. Ce qui nuit aux efforts visant à réduire la pauvreté et à stimuler la croissance économique.

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    Dépouillée du contrôle politique interne et externe nécessaire pour que cela fonctionne, l’application du modèle rwandais ailleurs produirait à en croire plusieurs experts, sans doute des résultats très différents. Car, en effet, l’extension du contrôle du parti au pouvoir sur l’économie a plus de chances d’accroître la corruption et autres fléaux que de stimuler l’activité économique. Et les efforts visant à neutraliser les partis d’opposition sont susceptibles d’être fortement résistés, conduisant à l’instabilité politique et à l’incertitude économique. En clair, il y a de fortes chances de faire l’expérience de tous ses coûts tout en ne réalisant que peu de ses avantages.

  • Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Souvent caractérisés par de longs retards et des annulations, des liaisons limitées,  ou encore des avions ou pistes délabrés, les vols à travers l’Afrique sont parfois embarrassants.

    Le problème lié au transport aérien en Afrique est compliqué par les réglementations restrictives et le protectionnisme. Des politiques qui entravent les voyages intranationaux, conduisant les compagnies aériennes africaines à perdre, selon les données de la Banque mondiale, environ 800 millions de dollars en 2016. Désormais, certains de ces problèmes devraient entrer dans l’histoire lorsque le Marché unique du transport aérien africain (SAATM) sera lancé par l’Union africaine (UA) à la fin du mois de janvier.

    En tant que l’un des projets phares de l’Agenda 2063 panafricain de l’UA, ce plan vise à améliorer la connectivité aérienne en Afrique et à utiliser le transport aérien comme moteur de croissance économique, de création d’emplois et d’intégration.

    L’idée repose sur la Décision de Yamoussoukro de 1999, lorsque les ministres africains responsables de l’aviation civile ont accepté un certain nombre de mesures visant à déréglementer les services aériens, à mettre en place des mécanismes de concurrence loyale, de règlement des différends et de libéraliser les fréquences et les tarifs.

    Dans le cadre de cet accord en effet, les pays devraient également libéraliser l’exercice des droits de cinquième liberté pour les passagers et les services aériens de fret, permettant à un transporteur de voyager entre deux pays sur un vol en provenance ou à destination de son propre pays.

    Fédérer les marchés

    En mettant en œuvre ce plan, les pays africains espèrent imiter et développer les marchés uniques de l’aviation dans des pays comme l’Europe et l’Amérique latine. L’UA espère également encourager l’investissement et l’innovation transfrontaliers, améliorer les opérations et l’efficacité des entreprises, accroître la concurrence sur les lignes. Mais pas que. Cette politique de l’institution entend aussi abaisser les tarifs, créer plus d’emplois, ou encore aider les compagnies aériennes à se développer pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

    Jusqu’à présent, 21 pays qui contrôlent plus de 670 millions de la population du continent se sont engagés à ce plan. Ceux-ci comprennent le Bénin, le Nigeria et la Sierra Leone dans la région ouest-africaine; Le Kenya et le Rwanda à l’est; Le Zimbabwe et l’Afrique du Sud dans le sud; et l’Egypte au Nord.

    Le marché unique accueille également huit des dix aéroports les plus fréquentés d’Afrique, notamment l’aéroport international de Bole en Éthiopie et OR Tambo à Johannesburg, en Afrique du Sud. Jusqu’à 15 transporteurs, qui représentent plus de 70% du trafic aérien intra-africain, ont également signé pour le marché commun, y compris Ethiopian Airlines, Kenya Airways, South African Express et Egypt Air.

    Par ailleurs, ce mouvement de libéralisation du transport aérien coïncide avec une pression des gouvernements africains pour ouvrir plus de frontières et encourager le commerce et le tourisme interrégional. L’année dernière, les Africains ont voyagé plus facilement à travers le continent, et des pays comme le Kenya, la Namibie et le Ghana ont annoncé l’élimination des restrictions de visa ou l’octroi de visas à l’arrivée. Le tourisme local au Kenya, en Tunisie et en Afrique du Sud a également stimulé les voyages aériens intérieurs, entraînant la croissance budgétaire des transporteurs.

    Pourtant, malgré les meilleures intentions du plan, le voyage aérien en Afrique a encore beaucoup de chemin à faire. Des transporteurs comme Kenya Airways ou Arik Air du Nigeria ont eu du mal à faire des profits ces dernières années, en proie à la dette ou aux résultats d’une stratégie d’expansion mal cadencée.

    Et à moins que de nouveaux pays ne s’ouvrent, les restrictions gouvernementales sur les visas et l’établissement de lignes aériennes continueront à empêcher un potentiel de cinq millions d’Africains de voyager sur le continent, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les voyages aériens dans des pays comme la Somalie ont aussi un long chemin à parcourir avant de pouvoir s’intégrer pleinement avec le reste: après 27 ans sous le contrôle des Nations Unies, le pays a repris le contrôle de son espace aérien en décembre 2017.

  • En Afrique du Sud, MTN va déployer la technologie 5 G

    En Afrique du Sud, MTN va déployer la technologie 5 G

    MTN, le groupe multinational sud-africain a mené le premier essai de technologie et d’applications de la 5G en Afrique à son siège social à Johannesburg.

    Alors que la plupart des pays africains peine encore à s’offrir la 4G, le Sud-Africain MTN compte déployer prochainement en Afrique du Sud la très haute connexion de génération 5. Un essai a récemment été mené en partenariat avec Ericsson et fait partie de la démonstration 5G prévue par les entreprises. « Cet essai fait suite à la signature par les deux sociétés d’un protocole d’accord pour collaborer au déploiement des technologies 5G en Afrique du Sud », a communiqué MTN.

    Déploiement

    Ce test révèle un débit de plus de 20 Gb/s avec moins de 5 ms de latence dans l’essai 5G, ce qui est « le plus haut atteint sur un réseau mobile en Afrique », selon MTN. Un communiqué publié par le groupe rappelle que l’essai 5G est basé sur du matériel en bande de bases disponible dans le commerce.

    Les tests effectués devront conduire au déploiement commercial des technologies 5G dans un proche avenir. Actuellement, MTN et ses partenaires continuent d’identifier les cas d’utilisation et les applications de la 5G pour la transformation numérique des industries.

    Le groupe a affirmé que la 5 G offre un nouveau monde de potentiel pour l’Afrique du Sud. « Avec la 5G, les soins à distance via des robots connectés pourraient offrir une chirurgie de classe mondiale dans les régions les plus reculées du continent et du monde. Les voitures autonomes pourraient changer les donnes actuelles de la sécurité routière, ainsi que l’agriculture intelligente, l’exploitation minière intelligente et les villes intelligentes », ont-ils projeté.

    Notons que la 5 G est la convergence des technologies de réseautage basées sur IP, notamment IoT/M2M, multimédia, virtualisation de fonctions réseau, MEC (Mobile Edge Computing), réseaux satellitaires et haut débit fixe, selon les explications du professeur Thomas Magadanz de l’Institut Fraunhofer FOKUS.

    La 5 G en question

    Le pas vers un réseau de connexion de 5e génération est presque inévitable. Les professionnels des télécommunications reconnaissent que la convergence de plusieurs technologies influentes et un progrès par rapport aux prédécesseurs 4G et LTE devraient améliorer les processus dans des secteurs clés comme l’éducation et la santé.

    En effet, parmi les avantages attendus de l’évolution de la 5G et de son déploiement, il y a non seulement le haut débit mobile amélioré, mais aussi une révolution et la communication critique de machine à machine à grande échelle dans l’industrie.

    Selon le constructeur finlandais de téléphone Nokia, le chemin vers la 5G permettra d’augmenter considérablement la capacité, la couverture et la vitesse LTE là où et quand ils sont nécessaires, en fournissant jusqu’à dix fois la vitesse des réseaux 4 G initiaux.

    Mais s’il est vrai que les pays d’Afrique australe ont déjà des capacités 3G et 4 G et qu’il y a une possibilité d’évoluer vers la 5G, cela est limité aux zones métropolitaines.

    Un autre défi auquel le continent est confronté est le manque d’infrastructure de base pour soutenir la technologie sans fil et à fibre. Mais d’ici là, l’Afrique du Sud devra donner l’exemple.

     

  • Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donné le feu vert pour la construction de la première phase de l’épine dorsale nationale de fibres optiques, d’une longueur de 2 001 km du Burkina Faso. Le projet, entrepris par la multinationale Huawei, a débuté à Gaoua, dans la région de Bafuji.

    « Le gouvernement est fermement déterminé à faire en sorte que nos régions soient interconnectées et que nos collectivités soient interconnectées », a déclaré le chef de l’État burkinabé, Roc Marc Kaboré en fin d’année 2017.

    Pour ces travaux, c’est le groupe français d’ingénierie Tactis qui est chargé de superviser l’avancement du projet. Le groupe a déjà confirmé que la première phase serait achevée dans un an.

    La première phase devrait coûter 50 milliards de FCFA (environ 90 millions de dollars) et sera financée par une facilité de crédit de 12 ans, dont 60 % ont été fournis par la Banque de Chine, les 40 % restants étant fournis par BNP Paribas. Le prêt comprend une période de grâce de 3 ans, ce qui signifie que le pays a 15 ans pour rembourser sa dette.

    Hadja Fatimata Ouattara, ministre du Développement de l’économie numérique et des postes depuis février 2017, a déclaré que l’épine dorsale nationale de 2 001 km sera ajoutée aux 307 km du projet d’interconnexion Afrique de l’Ouest et aux 650 km de fibre.

    À terme, le Burkina Faso devra disposer d’un total de 2 957 km d’infrastructures en fibre optique et, au cours de la deuxième phase, 8 000 km supplémentaires d’infrastructures en fibre optique seront déployés.

    Le projet d’épine dorsale nationale reliera les 45 provinces du pays, ainsi que ses principales zones urbaines, à un coût estimé à 100 milliards FCFA (environ 180 millions de dollars).

  • Égypte, plus grand ‘producteur’ de startups à haut potentiel dans la MENA en 2017

    Égypte, plus grand ‘producteur’ de startups à haut potentiel dans la MENA en 2017

    L’Égypte a revendiqué la part du lion des startups à haut potentiel (HIPO) dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), selon l’organisation de startups et événement de réseautage, RiseUp Summit.

    Dans sa liste de 2017, l’Égypte a produit le plus grand nombre d’HIPO, 8 au total dans toute la région du MENA, même si les Émirats arabes unis (EAU) abritent six start-ups qui ont obtenu le plus de financements parmi les 20 startups.

    Parmi les startups égyptiennes concernées, Instabug, une startup fondée en 2012, figurant également sur la liste des 12 meilleures entreprises de Disrupt Africa en tant que première startup africaine à surveiller.

    Le classement porte sur d’autres startups d’Égypte comme Elfes, qui agit comme un assistant virtuel personnel ; Crowd Analyzer, le premier outil d’analyse des sentiments des médias sociaux en arabe ; Avelabs, le développeur de logiciels automobiles de nouvelle génération ; ou encore Si-Ware Systems, un innovateur mondial de semi-conducteurs. Ces HIPO sont rejoints par la plate-forme de soins de santé Vezeeta, la plateforme de découverte alimentaire ElMenus et la plateforme de gestion d’événements Eventtus.

    Lancé en 2013, RiseUp Summit est un événement de mouvement populaire et d’innovation qui répertorie chaque année les 20 premières startups hautes potentialité dans la région MENA.

     « Doper » les startups

    Dalia Kamar, directrice de RiseUp Summit, a déclaré : « la question que nous posent toujours les investisseurs et les acteurs mondiaux est de savoir à quoi nous devrions nous estimer dans la région. Nous y répondons maintenant en réunissant les entreprises les plus prometteuses de la région dans notre programme HIPO, ce qui constitue le potentiel de la région MENA en un mot. »

    Selon les informations sorties du sommet, les startups à haut potentiel de cette année pourront accéder au réseau étendu d’experts, d’avocats, de mentors et de médias éminents. Les HIPO auront également des opportunités de formation dans des universités et sur des plates-formes d’éducation de classe mondiale, telles que Udacity et IE.

    Selon Forbes Middle East, la scène des startups en Égypte est encore naissante; les 20 premières entreprises figurant sur sa première liste de 2017 auraient rapporté un total de 24,2 millions de dollars. En comparaison, le top 20 des startups des Émirats Arabes Unis sur le classement Forbes Middle East l’année dernière a recueilli 41,6 millions de dollars US. Le chemin est encore long…

  • Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hormis le fait que sa première bande-annonce officielle était au-delà de l’épopée, l’Afrique, et particulièrement le Nigeria, aura une raison de plus d’être mordu du prochain film Avengers : Infinity War.

    Lorsque le prochain film Avengers de Marvel sortira en mai prochain, il y aura pour nombre d’Africains une raison supplémentaire de s’enthousiasmer pour le blockbuster de la franchise. En effet, Funke Akindele, l’une des plus grandes stars de l’industrie cinématographique nigériane (Nollywood) figure parmi les acteurs de la distribution des Avengers : Infinity War. L’information est disponible sur IMDb, le site Web de la base de données de films appartenant à Amazon.

    L’actrice nigériane est répertoriée pour jouer un rôle de membre de Dora Milaje, l’unité de toutes les forces spéciales féminines Wakanda de la bande dessinée Black Panther.

    En ce moment, il semble probable Akindele fera la coupe finale du film. Même si nomination finit par être un rôle mineur par rapport à son statut de superstar Nollywood, ce serait encore une percée majeure pour l’industrie cinématographique du Nigeria qui a connu une émergence rapide ces dernières années. Il faut aussi préciser que ce sera donc la première fois qu’un acteur nigérian apparaîtra dans un film de super-héros hollywoodien.

    En effet, Avengers 4 est un apogée après une décennie d’accumulation dans les premiers films de Marvel. Le film sera publié 10 ans jour pour jour quand Iron Man, le premier film de l’univers cinématique Avengers de Marvel, a fait ses débuts. Il verra plusieurs super-héros de différentes franchises qui font partie de l’univers cinématographique apparaitre ensemble dans un film pour la première fois. En tant que tel, Akindele jouera aux côtés de certains des plus grands noms d’Hollywood, à l’instar de Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans, Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Don Cheadle, Zoe Saldana ou encore Chris Pratt.

    Qui est Funke Akindele ?

    A 41 ans, Akindele sait certainement quelque chose au sujet de faire partie d’une franchise populaire et réussie.

    En 2008, la native de Lagos avait joué dans Jenifa, une comédie sur une jeune femme sans éducation vivant à Lagos. Il s’est avéré être un succès massif. A la suite à cela, la star avait décroché le prix de la meilleure actrice de l’Africa Movie Academy dans un rôle principal pour sa performance.

    Il faut toutefois préciser qu’Akindele ne sera pas le premier lien entre Avengers à la plus grande ville nigériane. En 2016, dans la vidéo Captain America Civil War, il y avait une scène de combat de premier plan jouée à Lagos.

    L’année dernière, les trois films de Marvel (Spider-Man : Homecoming, Thor: Raganarok et Guardians of the Galaxy Vol. 2) avaient ensemble recueilli plus de 2 milliards de dollars avec chaque film notant 100 millions d’ouvertures ; soit, un record de 100 millions de dollars d’ouvertures en une seule année pour les maisons de production américaines. Le nouveau film est susceptible de continuer cette forte course au box-office. La bande-annonce a déjà accumulé plus de 113 millions de vues depuis sa sortie en fin novembre 2017.

    La sortie du film est prévue pour le 4 mai 2018. Une suite est programmée pour le 3 mai 2019.