Catégorie : Afrique de l’Est

  • Afrique: ces 5 chefs d’États qui ont réduit leurs salaires

    Afrique: ces 5 chefs d’États qui ont réduit leurs salaires

    George Weah, le nouveau président libérien, a récemment annoncé une réduction de 25% son salaire et ses avantages sociaux, et ce, avec effet immédiat.

    Cette réduction intervient à un moment où le nouveau dirigeant du Liberia a constaté une « détérioration rapide de la situation économique » de son pays. « Notre économie est brisée. Notre gouvernement est fauché. Notre monnaie est en chute libre; l’inflation augmente », a regretté Weah. « Le chômage est à un niveau sans précédent et nos réserves de change sont à leur plus bas niveau », a poursuivi l’ancien joueur.

    Cette réduction implique que le président du Libéria gagnera désormais environ 75.000 dollars, alors que son salaire était estimé à environ 100 000 dollars par an avant.

    Mais Weah n’est pas le premier président à le faire. Voici 5 autres qui l’ont fait avant lui :

    John Magufuli- Tanzanie

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    Afin de faire face aux dépenses de l’État, l’année dernière, la Tanzanie a opéré une réforme qui a permis de réduire les salaires des fonctionnaires.  Pour donner l’exemple, le Chef de l’État John Magufuli avait annoncé qu’il avait réduit son salaire mensuel à 4 000 dollars par mois, soit quatre fois moins que son prédécesseur, pour tenter de faire face à la crise.

    « Je ne l’augmenterai pas, parce que mon obligation est de servir les Tanzaniens d’abord. Les citoyens sont fatigués du vol d’argent » avait-il déclaré, en rapport à son salaire.

    Surnommé « le Bulldozer », John Magufuli est l’un des chefs d’État africains les moins payés actuellement.

    Muhammadu Buhari- Nigeria

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    Lorsqu’il venait de prendre le pouvoir en 2015 en remplacement à Goodluck Jonathan, l’actuel chef de l’État nigérian avait réduit son salaire de 50%. Cette réforme a concerné aussi son vice-président, Yemi Osinbajo.

    L’annonce avait a été faite au moment où la première économie d’Afrique faisait face à une situation économique très difficile en raison notamment de la chute des cours mondiaux du pétrole, dont le pays dépend.

    L’ancien chef militaire est connu pour être particulièrement austère, ayant peu de richesse personnelle. Le salaire présidentiel au Nigeria est d’environ 70 000 dollars, indemnités comprises.

    Abdel Fattah al-Sisi – Égypte

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    Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi s’est engagé à abandonner la moitié de son salaire et de ses biens en 2014, lorsque l’économie du pays s’est rétractée après le bouleversement du printemps arabe.

    « Il doit y avoir de vrais sacrifices de la part de chaque homme et femme égyptiens. Je prends le salaire maximum de 42 000 livres égyptiennes (5 200 $ par mois) et personne ne prendra plus que le maximum » avait-il déclaré, avant d’ajouter, « je vais faire deux choses: je ne vais pas prendre la moitié de cette somme et mes biens, même ce que j’ai hérité de mon père, je vais abandonner la moitié pour l’amour de notre pays ».

    Uhuru Kenyatta- Kenya

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    En 2014, lors d’une confrontation publique pour répondre à la masse salariale du secteur public du gouvernement, le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé une réduction de salaire de 20%. Il a réduit les salaires de son ministre de 10% et a exhorté tous les députés à suivre la tendance.

    « Nous devons faire face à ce monstre si nous voulons développer cette nation. Sinon, tôt ou tard, nous deviendrons un pays qui ne percevra que des impôts pour se payer », avait déclaré le président Kenyatta.

    Les politiciens du Kenya sont parmi les mieux payés du continent. Le président a un salaire de base de 14 000 $ par mois (168 000 $ par année).

    Joyce Banda- Malawi

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    L’ex-présidente du Malawi, Joyce Banda, avait également déclaré une réduction de salaire de 30% en 2012. Son salaire à l’époque était d’environ 60 000 $ par année, un chiffre qu’elle disait déjà « très bas ». Elle avait également vendu à 15 millions de dollars le jet présidentiel acquis par son prédécesseur Bingu wa Mutharika, décédé en fonction le 5 avril 2012, afin de lutter contre la malnutrition et relancer une économie à terre.

    Son successeur, Peter Mutharika, n’ayant pas souhaité continuer dans la même logique, est revenu à un salaire normal l’année dernière.

  • Qui est Marguerite Barankitse, la mère de 20.000 Burundais?

    Qui est Marguerite Barankitse, la mère de 20.000 Burundais?

    Si Maggy ou l’ange de l’Afrique, de son vrai nom Marguerite Barankitse, n’a toujours pas eu de prix Nobel de la paix comme espéré par nombre d’observateurs, aux yeux de ses compatriotes, cette femme de 61 ans n’a plus rien à prouver au monde.

    A 61 ans justement, quoique les rides aient commencé par prendre possession de son visage, ceux qui l’ont rencontrée pourront attester que son énergie et sa détermination de fer n’ont rien perdu au fil des années. Maggy Barankitse est une figure emblématique burundaise, un monument animé, une salvatrice et un refuge des orphelins burundais. Elle est, aux côtés de Sœur Emmanuelle, Rosa Parks ou encore Geneviève de Gaulle-Anthonioz qu’elle a toutes rencontrées, une grande militante contemporaine.

    Surnommée la mère de 20 000 enfants, dont elle en a sauvé beaucoup plus, Maggy a commencé son travail auprès des orphelins en 1972.

    Genèse

    En 1993, le Burundi a été pris dans une guerre civile tristement historique. Les Hutus et les Tutsis ont fait des ravages et plus de 300 000 personnes ont été tuées.  Maggy avait 36 ​​ans lorsque la guerre civile a éclaté et elle vivait près de Ruyigi dans le sud-est du pays, non loin de la frontière tanzanienne où les rebelles s’étaient réfugiés. Elle avait déjà adopté sept enfants, un mélange d’Hutus et de Tutsis.

    Pendant une attaque qui prend pour cible son village, Maggy a été attachée à une chaise, dépouillée de ses vêtements, et forcée de regarder ses amis être violemment assassinés. La ville détruite, elle est allée à la chapelle en quête de réconfort, irritée et frustrée par les violences qui ont éclaté dans son pays et les milliers d’enfants, jusqu’à 700 000, qui sont devenus orphelins pendant la guerre qui a duré plus d’une décennie .

    «J’ai pleuré, j’étais en colère. Pourquoi les frères et sœurs s’entretuent-ils? », s’était-elle questionnée. Si la réponse à cette question tardait à venir, Maguy a au moins décidé d’agir…  Elle venait d’être animée par l’idée de construire la Maison Shalom, qui signifie Maison de la Paix.

    Mission salvatrice

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    Ce qui a commencé comme un lieu de refuge pour un peu plus de deux douzaines d’enfants s’est transformé très tôt en un village entier, avec un centre de loisirs, une ferme, une école, un logement, un hôpital et même une auberge.

    L’initiative a changé, non seulement la vie des orphelins, mais aussi l’ensemble de la communauté qui bénéficie désormais de l’accès aux services. Son succès, dit Maggy, est dans l’approche. À la Maison Shalom, c’est une approche holistique centrée sur la communauté. « La meilleure façon d’aider les enfants, efficacement et durablement, c’est de développer la communauté dans laquelle ils vivent », en a-t-elle fait son maitre-mot.

    Alors que les services sont disponibles pour toute la communauté, l’accent est mis sur les enfants, dont certains sont derrière les barreaux. Dans cette dernière catégorie, ils sont plus de 400 sous l’aile de Maguy, tous âgés de moins de 16 ans. Certains d’entre eux sont nés là-bas, tandis que d’autres restent enfermés pendant des mois inconscients de leurs droits légaux. C’est ce qui a motivé l’un des projets les plus récents de la Maison Shalom, «Un coup de main pour les enfants», qui a déjà aidé des dizaines d’enfants.

    Depuis 2005, dans sa communauté, des groupes ont été formés en menuiserie, en maçonnerie, en mécanique automobile, en fabrication de savon et en plomberie. Ceux qui choisissent de  se concentrer sur l’agriculture et l’élevage restent souvent à la ferme de la Maison Shalom.

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    Barankitse a été reconnue pour son travail au Burundi en tant que récipiendaire du prestigieux prix de la Fondation «L’Ange de l’Afrique». Créée par Barry Segal en 2004, la fondation soutient des organisations de base, comme la Maison Shalom de Barankitse, et a accordé des subventions à des dizaines de personnes travaillant à travers l’Afrique. Mais pas que. Elle a reçu plusieurs autres distinctions, telles que le prix des Enfants du monde, le prix de la solidarité, prix pour la défense des personnes déplacées,  le prix Nansen pour les réfugiés, etc.

    Toutefois, la Burundaise reste humble. « Ce n’est pas moi, c’est Dieu. Nous sommes sur le bateau et il est le capitaine », raconte la bienfaitrice à qui veut l’écouter. D’ailleurs, dit-elle, son travail est loin d’être terminé. Elle veut aider des milliers d’autres. « Je suis en mission », confie Maguy.

    Mais ce travail a déjà inspiré d’autres pays voisins, avec des villages similaires établis dans d’autres parties de la région. Sa plus grande joie reste cependant la réconciliation entre les Hutus et ces Tutsis.

     

     

  •  Le dernier rhinocéros blanc au monde est mort au Kenya

     Le dernier rhinocéros blanc au monde est mort au Kenya

    Un rapport de l’OI Pejeta Conservancy et Kenya Wildlife Service a été publié le 20 mars, annonçant l’euthanasie du dernier rhinocéros blanc du Nord. Les scientifiques ont du coup confirmé la mort du rhinocéros surnommé Soudan. Les chercheurs de l’OI Pejeta Conservancy l’euthanasie a été décidée après l’aggravation significative de l’état de santé de l’animal. Il faut dire qu’à 45 ans, Soudan n’était plus en mesure de se lever. Les muscles et les os du rhinocéros avaient dégénéré et sa peau avait des plaies étendues, avec une infection profonde sur sa jambe droite.

    Pendant plusieurs années, Soudan et deux autres femelles (Najin 27 ans et Fatu 17 ans) ont été protégés par des scientifiques qui œuvraient pour sauvegarder cette espèce qui étaient en voie de disparition. L’année dernière, une collecte de fonds avait été organisée sur l’application de rencontre Tinder pour payer un traitement de fertilité de 9 millions de dollars à Soudan.

    Sauvegarde

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    Le rhinocéros blanc du nord a été décimé pendant plusieurs décennies par des braconniers. Les chercheurs ont déjà rassuré que la mort du dernier mal des rhinocéros n’aura pas d’impact sur les efforts de sauvegarde de l’espèce. Ils comptent sur les techniques de fécondation in vitro, le sperme stocké d’autres rhinocéros morts et les œufs extraits des deux femelles encore en vie.

    Précisons que ce dernier mal du rhinocéros mal était objet de curiosité et attirait de nombreux visiteurs. Pour Richard Vigne, PDG de la conservation, « Soudan était un grand ambassadeur de son espèce et on se souviendra de lui pour le travail qu’il a accompli pour sensibiliser le monde entier au problème non seulement des rhinocéros, mais aussi des milliers d’autres espèces menacées d’extinction par une activité humaine non durable ».

    Les espèces blanc du sud et noir

    Les rhinocéros blancs du nord ont déjà traversé des régions du Tchad, du Soudan, de l’Ouganda, du Congo et de la République centrafricaine, et étaient particulièrement vulnérables en raison des conflits armés qui ont balayé la région pendant des décennies.

    D’autres rhinocéros, le rhinocéros blanc du Sud et une autre espèce, le rhinocéros noir, subissent une forte pression de la part des braconniers qui les tuent pour leurs cornes afin de fournir des marchés illégaux dans certaines parties de l’Asie. En Afrique un programme de conservation du Sud-africain Ian Player a permis de sauver le rhinocéros blanc du sud.

     

  • Femmes propriétaires d’entreprise: l’Afrique a le lead

    Femmes propriétaires d’entreprise: l’Afrique a le lead

    Le géant américain de transactions, MasterCard, a dévoilé son « Mastercard Index of Women Entrepreneurs », un rapport qui vise à aider à combler l’écart entre les hommes et les femmes dans une économie donnée. Il s’est révélé que le Ghana a le meilleur pourcentage dans le monde.

    Suite à la publication de l’indice MasterCard de l’entrepreneuriat féminin (MIWE), il a été admis que 46,4% des entreprises au Ghana appartiennent à des femmes, ce qui en le pays le plus performant dans ce domaine. Il est suivi par l’Ouganda, qui occupe la 3e place sur l’échiquier mondial, avec un score de 33,8%.

    Par ailleurs, le Nigeria et le Ghana ont obtenu des résultats particulièrement encourageants en termes d’avancement: le taux d’activité des femmes entrepreneures était de 100%, avec des scores globaux à cet égard de 62,4% et 59,1% respectivement. Les pays africains ont également obtenu de très bons résultats en termes de participation des femmes au marché du travail, avec le Malawi à 100%, le Ghana à 96,1% et l’Éthiopie à 86,6%.

    De son côté, l’Afrique du Sud a excellé dans le partage des connaissances avec les femmes et dans l’accès aux services financiers, avec un score de 84,3%, se classant ainsi au 6ème rang sur 57 pays. Le Botswana a suivi de près avec un score de 73%. Ce dernier et l’Afrique du Sud ont été les pays africains les mieux notés en la matière dans l’Indice avec des scores respectifs de 66,5% et 64,2%.

    Comparé à d’autres marchés africains étudiés, le Botswana est en tête avec le taux le plus élevé de conditions entrepreneuriales à l’appui, à 68,1%, soit une augmentation de 2% par rapport à l’année dernière, indiquant que le pays a des perceptions culturelles positives des femmes entrepreneurs. Le continent a obtenu une note élevée en termes d’inclusion financière des femmes avec l’Afrique du Sud à 98,7%, le Ghana avec 84,6% et 77,1% en Éthiopie.

    « Le Botswana, le Ghana et l’Ouganda brillent comme des exemples de la détermination des femmes à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. L’Afrique excelle à créer de fortes femmes entrepreneures avec la volonté de réussir malgré les contraintes financières, réglementaires ou techniques » a félicité Beatrice Cornacchia, directrice de Marketing et Communications de MasterCard au Moyen-Orient et en Afrique.

    Un résultat intéressant de l’Indice est que les perceptions culturelles des femmes entrepreneurs en Afrique sont principalement positives, avec 69,1% en Ouganda et 67,2% au Nigéria, ce qui est bien au-dessus de leurs homologues du Moyen-Orient.

    Épine dorsale de la croissance économique

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    Le MIWE est un indice qui aide à mieux comprendre et identifier les facteurs et les conditions les plus propices à combler l’écart entre les hommes et les femmes. Ce rapport prend en compte trois facteurs comprenant les résultats de l’avancement des femmes, l’accès aux connaissances et aux services financiers et les facteurs entrepreneuriaux à l’appui.

    Cette année, l’indice a examiné 57 économies différentes dans le monde. En Afrique, il a pris en compte le Botswana, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud et l’Ouganda; avec le Ghana, le Nigeria et le Malawi en tant que nouveaux ajouts.

    Dans l’ensemble, les résultats de l’Index ont révélé que les femmes entrepreneures des pays en développement sont animées par le courage et la détermination, ainsi que par le désir de subvenir aux besoins de leurs familles. Les résultats renforcent le fait que les femmes entrepreneurs sont l’épine dorsale de la croissance économique et de puissants moteurs de développement et d’inclusion financière, en particulier en Afrique.

    L’Index a également montré un contraste intéressant: les progrès des femmes en tant qu’entrepreneurs ne sont pas nécessairement alignés sur le rythme de la croissance économique et de la richesse de leur propre pays. En fait, les taux de propriété les plus élevés sont observés dans les économies en développement où l’entrepreneuriat est généralement axé sur les besoins.

  • Qui est Dr Hawa Abdi [71 ans], la Mère Teresa de Mogadiscio?

    Qui est Dr Hawa Abdi [71 ans], la Mère Teresa de Mogadiscio?

    En Somalie, le courage a un nom. C’est d’ailleurs une affaire de famille: Dr Hawa Abdi, aux côtés de ses filles, Amina et Deqo Mohamed, se sont investies dans une mission sociale dont leur rôle est partagé à parts égales entre celui de Mère Teresa et d’Hercule.

    Dans ce pays de la corne, la crise humanitaire a atteint son paroxysme. Chaque journée apporte de nouvelles violences alors que des bandes de rebelles partent sans contrôle. Ce territoire reste celui que l’ONU doigte en parlant de l’une des pires crises humanitaires dans le monde. Le système de santé, comme la majeure partie du pays, a été démoli. Il reste très peu d’hôpitaux fonctionnels. Le gouvernement ne contrôle que quelques pâtés de maisons dans cette capitale Mogadiscio déchirée par la guerre.

    Dans cette atmosphère non vivable, émerge une femme qui incarne l’abnégation et essaie tant que faire se peut, de redonner du sourire dans cet abîme de détresse.

    « Je ne peux pas m’enfuir pour me sauver »

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    Elle, c’est la docteure Hawa Abdi Diblaawe, première obstétricienne et gynécologue somalienne. Née en 1947 à Mogadiscio, Hawa est l’aînée d’une famille de cinq frères et sœurs.  Déjà à l’âge de 12 ans, elle a été témoin de la mort de sa mère pendant l’accouchement. Cela l’a conduit à très vite s’émanciper afin de pouvoir prendre soin de ses sœurs. C’est également ce phénomène malheureux qui l’a inspirée à devenir médecin pour, dit-elle, « sauver d’autres mères ».

    Dans les années 1960, à seulement 17 ans, l’adolescente somalienne gagne une bourse soviétique pour étudier la médecine à Kiev, en Ukraine, et devint très jeune obstétricienne. Après avoir obtenu un diplôme en droit à l’Université nationale somalienne, elle ouvre une clinique d’une pièce en 1983 sur les terres agricoles ancestrales de sa famille près de la ville d’Afgooye, à 25 km à l’ouest de Mogadiscio.

    Zone de sécurité

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    Lorsque la guerre civile a éclaté en 1991, la Somalie s’est finalement effondrée pour devenir une terre non gouvernée et frappée par la famine. Mais l’esprit de la Dr Hawa est resté intact. Elle a commencé à héberger des gens sur ses terres agricoles, car c’était une « zone de sécurité », et l’endroit le plus proche de Mogadiscio pour obtenir de l’eau potable.

    Dr Hawa a nourri et soigné les blessés, les malades et les mal-nourris. Sa bonne grâce fait écho au-delà de son territoire. La terre est rapidement devenue un refuge pour des milliers de personnes au milieu de la guerre.

    Près de trois décennies plus tard, les terres agricoles sont un camp de réfugiés qui abritent environ 100 000 personnes déplacées par la guerre civile principalement des femmes et des enfants de toutes les tribus, tandis que la clinique est devenue l’hôpital Hawa Abdi, un centre de 400 lits qui propose des soins gratuits.

    Cette clinique a 3 salles d’opération, une dizaine de médecins, 45 infirmières. À côté, Hawa a construit une école d’environ 1000 élèves et un centre d’éducation des adultes qui apprend aux femmes à cuisiner et à faire des vêtements.

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    Sur son territoire, elle organise des familles pour gérer des fermes et a acheté une petite flotte de bateaux de pêche pour aider à nourrir le camp.

    Alors que le Dr Hawa Abdi a reçu de l’aide, de nombreux organismes de bienfaisance refusent d’entrer en Somalie. « C’est le pays le plus dangereux », déclare Kati Marton, membre du conseil d’administration de Human Rights Watch. « Dr Abdi est à peu près la seule à faire quoi que ce soit », complète Kati Marton.

    À 71 ans et de plus en plus affaiblie, le plus grand soutien de Hawa reste deux de ses filles, Deqo et Amina,  toutes médecins qui travaillent souvent avec elle. Malgré les conditions sombres, Dr Abdi voit une lueur d’espoir. « Les femmes peuvent construire la stabilité », croit-elle.

  • Sciences: une camerounaise lauréate du prestigieux prix OWSD-Elsevier

    Sciences: une camerounaise lauréate du prestigieux prix OWSD-Elsevier

    Cinq femmes scientifiques des pays en voie de développement ont reçu un prix international pour la recherche qui favorise le développement socio-économique et une meilleure qualité de vie. Parmi elles, la Camerounaise Germaine Djuidje Kenmoe.

    Docteure Germaine Djuidje Kenmoe a été sélectionnée aux côtés de Hasibun Naher du Bangladesh, Silvia González Pérez de l’Équateur, Dawn Iona Fox de la Guyane et Witri Wahyu Lestari de l’Indonésie. Chacune d’elle a reçu un prix en espèces de 5 000 $ US pour leur travail.

    Les prix font partie d’un partenariat de sept ans entre OWSD et la Fondation Elsevier. OWSD préside un panel de scientifiques distingués pour sélectionner les gagnants, et la Fondation Elsevier soutient avec les prix en argent pour chaque gagnant.

    De la simulation du tsunami à l’amélioration de l’efficacité énergétique en passant par la qualité de l’eau potable, ces scientifiques s’attaquent activement à certains des plus grands défis auxquels leurs communautés sont confrontées, a commenté Ylann Schemm, directeur de la Fondation Elsevier.

    Toutes les femmes n’ont pas la possibilité et l’occasion de le faire. En effet, selon les données de 2015 de l’UNESCO, dans une grande partie du monde, les femmes se heurtent à des obstacles sociaux, politiques et économiques pour consacrer leur vie professionnelle à la science.

    Inspirer les jeunes Camerounaises

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    Sur cette courte liste des scientifiques récompensées, on note que la Camerounaise Djuidje Kenmoe est la seule Africaine.

    Djuidje Kenmoe a été sélectionnée pour ses travaux sur la mécanique et l’étude des processus de frottement et d’usure au niveau moléculaire. Une recherche qui a le potentiel d’applications importantes dans le domaine de l’efficacité énergétique.

    « Recevoir le Prix de la Fondation OWSD-Elsevier signifie que ma recherche a un impact dans la communauté scientifique internationale. Cela m’aidera aussi à inspirer les jeunes filles à faire carrière en physique », a-t-elle déclaré.

    Cette Camerounaise qui veut inspirer les jeunes filles à s’intéresser aux domaines scientifiques soutient que pour devenir scientifiques dans un pays en développement, les femmes « doivent être créatives et engagées». Cela, a-t-elle ajouté, c’est parce qu’en plus du travail académique, elle sera souvent « liée à des responsabilités et à des devoirs sociaux et familiaux ». Elle reste en outre convaincue que la science et l’éducation peuvent promouvoir le changement dans sa communauté.

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    C’est pourquoi une partie de son travail consiste à convaincre les familles qu’elles «devraient offrir aux filles les mêmes opportunités qu’elles offrent à un garçon. Les filles doivent savoir que lorsqu’elles ont un emploi, elles peuvent être financièrement indépendantes et avoir un pouvoir important dans les décisions familiales ».

    Cet aspect souligne l’importance d’un prix spécifique aux femmes scientifiques qui vivent et travaillent dans les pays en voie de développement, affirme Hortensia Moreno, chercheuse à l’Université nationale autonome du Mexique et spécialiste des études de genre.

    Selon elle, ce prix fait la lumière sur la nécessité de promouvoir la présence des femmes dans des domaines scientifiques auxquels elles ont été empêchées d’entrer.

  • Mobuis, la voiture kényane qui veut supplanter les géants européens

    Mobuis, la voiture kényane qui veut supplanter les géants européens

    En 2014, lorsque le premier modèle de Mobuis était sorti, certains l’ont qualifié de laid, et d’autres ont affirmé que c’était une « machine puissante et économique » qui peut hausser l’image du Kenya. Quatre ans après, l’entreprise automobile a donné raison à la seconde catégorie.

    Mobius Motors fait partie d’un certain nombre de constructeurs automobiles locaux qui poussent le Kenya sur la scène mondiale. Depuis le lancement du modèle inaugural en 2014, le constructeur, malgré le succès mitigé de son produit, n’a pas baissé les bras. L’équipe a travaillé sur le Mobuis II, un modèle nettement amélioré qui séduit même au-delà du continent, et que certains appellent par le Land Rover africain.

    Ce modèle a une version perfectionnée de son modèle pionnier. Les fabricants de ce nouveau modèle qui vise à fournir une expérience de conduite de luxe, mais robuste pour le marché africain, ont déclaré fin 2017 que les commandes du Mobius II avaient dépassé les estimations.

    Cette marque de véhicules qui se veut propriétaire du produit le moins cher en Afrique a d’ailleurs dû doubler sa production. Markus Schroder, le directeur commercial de l’entreprise, a déclaré que, outre les commandes locales, le constructeur automobile a suscité des intérêts des pays voisins, de l’Europe et des États-Unis.

    Des véhicules « Made In Africa »

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    L’idée derrière Mobius Motors, la société de l’entrepreneur britannique Joel Jackson créée en 2009, était de concevoir et de produire des véhicules robustes et bon marché, adaptés à de nombreux sites ruraux et pouvant résister aux nids-de-poule. Jackson a travaillé dans les zones rurales où il a acquis une expérience de première main des défis de la mobilité, en particulier pour les entrepreneurs dans les régions éloignées.

    Ces entrepreneurs ont souvent dû faire face à des prix d’achat élevés des véhicules importés, dont beaucoup ne sont pas conçus pour résister aux routes africaines.

    La conception simpliste et l’absence de caractéristiques clés telles que la direction assistée, la climatisation et les vitres du Mobius d’origine ont été compensées par le prix relativement bas de 950 000 shillings kenyans (environ 9 500 dollars).

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    « Le prix est similaire à celui d’une berline qui n’est pas conçue pour rouler de manière fiable sur un terrain dégradé ni supporter les charges les plus lourdes courantes chez les utilisateurs dans ces zones », a indiqué la compagnie.

    Le véhicule a une capacité de charge de 625 kg et une vitesse de pointe de 120 km/h. Depuis son lancement, Mobius a attiré l’attention d’investisseurs locaux et internationaux. En mai 2014, le constructeur automobile a bénéficié d’un investissement du milliardaire américain Ronald Lauder à travers sa société d’investissement panafricaine (PIC). Objectif, aider la société à compléter la production initiale de 50 unités et établir une base de distribution au Kenya, comme souhaiter par les concepteurs.

    Pour rappel, la première tentative du Kenya de produire en série des voitures artisanales à bas prix destinées principalement aux citoyens ordinaires a commencé en 1986. Le président d’alors, Daniel Moi, avait demandé aux étudiants de l’Université de Nairobi de concevoir une voiture « aussi laide que lente ».  Cela a conduit à la naissance de Nyayo Pioneer, qui devait être sans doute la première voiture développée en Afrique.

    Jackson travaillait dans le Kenya rural où il a découvert que les gens avaient des véhicules qui n’étaient pas à la hauteur de la tâche de négocier le terrain accidenté et les longues distances.

    «Les entreprises automobiles sont toujours axées sur les économies BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), l’Afrique étant un marché négligé en général, et il y a une opportunité de faire quelque chose de différent», explique Jackson.

     

  • Mara X et Z: les deux smartphones qui vont révolutionner l’Afrique

    Mara X et Z: les deux smartphones qui vont révolutionner l’Afrique

    Ce devrait être une bonne trouvaille par un Africain pour tout un continent. L’entrepreneur ougandais Asish J. Thakkar envisage lancer au cours de l’année un smartphone dédié spécialement à l’Afrique. Ce smartphone de haute qualité, efficace et économique sera lancé sur le marché par Mara Corporation Limited (MCL) fondé par Asish J. Thakkar.

    Ce dernier a expliqué vouloir saisir avec son entreprise les différentes opportunités que présente la technologie mobile en Afrique. « Nous voulons faire partie de ce changement », a-t-il ajouté. Il faut dire que l’année passée, le rapport The Mobile Economy : Afrique subsaharienne 2017, publié par la GSMA explique que les téléphones mobiles ont généré 110 milliards de dollars de valeur économique. Le rapport précise que près de 270 millions d’Africains ont eu accès à Internet via des appareils mobiles en mars 2017.

    Le nombre de comptes d’argent enregistrés sur la même période a atteint 280 millions de dollars. Jusqu’en 2020, l’Afrique devrait compter près d’un milliard de connexions par carte SIM, selon la GSMA. « Regardez simplement l’adoption de l’argent mobile en Afrique et imaginez l’opportunité que ce continent a de passer à travers l’utilisation de la technologie mobile », soulève Asish Thakkar. « À l’heure actuelle, les Africains doivent choisir entre un téléphone de qualité et un téléphone qu’ils peuvent se permettre. Avec un accès Internet mobile et quelques applications pratiques, un smartphone peut créer des emplois et permettre l’innovation. Au-delà de la création et de la consommation de contenu, un smartphone peut augmenter le PIB de l’Afrique subsaharienne », soutient l’entrepreneur.

    Deux téléphones Mara

    De plus en plus d’Africains ont accès à des téléphones intelligents. Il s’agit souvent de smartphones de bas de gamme disponibles sur le marché. Après mars 2018, Mara Corporation prévoit lancer deux smartphones spécifiquement conçus pour répondre aux besoins du marché africain : le Mara X et le Mara Z. Selon les informations, le Mara X sera lancé dans le cadre du programme Android One de Google, une expérience logicielle conçue par Google pour être intelligent, sécurisé et simplement incroyable.

    Le Mara X utilise le dernier système d’exploitation Android, 8,0 Oreo, et a été optimisé pour l’Assistant Google. Avec un stockage illimité de photos de haute qualité à partir de Google Photos et un ensemble d’applications pré-installées, le Mara X offre suffisamment d’espace pour que les utilisateurs africains téléchargent les applications qu’ils aiment. Grâce aux mises à jour de sécurité régulières et à l’intégration de Google Play Protect, le Mara X figure parmi les périphériques les plus sécurisés disponibles.

    Quant au Mara Z, il fait partie des appareils capables d’exécuter Android Oreo (Go édition). Pour Jagdish Thakkar, « ces téléphones donneront aux gens la possibilité d’améliorer leur vie en accédant à l’information en ligne et en les utilisant pour des services commerciaux et financiers ». « À travers l’Afrique et dans d’autres marchés émergents, nous avons besoin de smartphones à la fois extrêmement abordables et de haute qualité », affirme l’entrepreneur.

  • Le Rwanda transforme des fibres de banane en serviettes hygiéniques

    Le Rwanda transforme des fibres de banane en serviettes hygiéniques

    Fondé en 2008 par l’Américaine Elizabeth Scharpf, Sustainable Health Enterprises (SHE) s’est associé à des réseaux de femmes au Rwanda pour fabriquer et vendre des serviettes hygiéniques à base de feuilles de bananier. La responsable de l’entreprise explique s’être basée sur les atouts du Rwanda. Entre autres, l’existence de réseaux organisés tels que des agents de santé communautaires et des groupes de femmes, des politiques favorables aux affaires et le fait que le pays soit très vaste.

    En réalité, dans le pays, selon les chiffres, près de 18% de filles manquent, en moyenne, 35 jours d’école chaque année en raison de leurs règles et de leurs coussins inefficaces. Grâce à des formations aux États-Unis, Elizabeth Scharpf a réussi à breveter la transformation des fibres de bananes. C’est à l’Est du Rwanda que l’entrepreneure produit des serviettes écologiques.

    1000 serviettes au quotidien

    SHE est également un modèle d’entreprise hybride qui implique des services d’éducation sanitaires et des liens de micro-entreprises pour distribuer les feuilles de bananier. «Nous ne sommes pas une entreprise de produits. Nous sommes plus d’une société de services », explique Elizabeth Scharp.

    Sustainable Health Enterprises fabrique chaque jour plus de 1000 serviettes. L’entreprise envisage atteindre plus de 30000 serviettes à la fin de l’année. « Nous nous sommes assurés de recevoir les commentaires de nos clients. Nous avons constaté qu’ils voulaient des serviettes qui ressemblaient à ceux fabriqués par les marques établies », indique pour sa part John Uwayezu, directeur général de l’entreprise. Il ajoute que tout se fait pour fabriquer un produit qui retienne l’attention de la clientèle.

    Les  clients se montrent pour le moment satisfaits. « Quand j’ai découvert qu’il y avait une fabrique de serviettes hygiéniques dans notre région, je les ai achetées. Je les utilise désormais. J’ai aussi commencé à jouer au basketball et au volleyball », confie Nicole Uwase, étudiante rwandaise.

     

     

     

     

     

     

  • Éthiopie: des déchets solides pour électrifier la capitale Addis-Abeba

    Éthiopie: des déchets solides pour électrifier la capitale Addis-Abeba

    La gestion des déchets (solides) est l’un des plus grands défis auxquels sont confrontés de nombreux pays africains, et l’incapacité à gérer correctement l’élimination ces déchets a souvent conduit à des inondations et à l’apparition de maladies.

    En Éthiopie, au cours des cinquante dernières années, le site de décharge de Koshe a été la seule dans la capitale Addis-Abeba. À mesure que la ville s’agrandissait, le site s’intégrait au paysage urbain et attirait des centaines de récupérateurs qui gagnaient leur vie grâce aux déchets récupérés. Mais en 2017, un glissement de terrain sur le site de décharge a tué plus d’une centaine de personnes, incitant le gouvernement à agir.

    Désormais, Koshe est en train de devenir une usine de  transformation des déchets. Cette mutation permettra de révolutionner l’approche de la ville en matière de gestion des déchets.

    En effet, l’Éthiopie est en train de transformer le site en une nouvelle usine de valorisation énergétique des déchets grâce au projet Reppie Waste-to-Energy, le premier du genre en Afrique. Cette initiative fait partie des efforts visant à révolutionner les pratiques de gestion des déchets dans le pays.

    Fournir 30 % des besoins énergétiques à Addis-Abeba

    L’usine va incinérer 1 400 tonnes de déchets par jour, une proportion qui représente environ 80% des déchets de la ville. L’électricité produite fournira à Addis-Abeba 30% de ses besoins en électricité, tout en respectant les normes internationales en matière d’émissions atmosphériques.

    Dans les usines d’incinération, les déchets vont être brûlés dans une chambre de combustion. La chaleur qui en résulte sera utilisée pour faire bouillir l’eau jusqu’à ce qu’elle ne se transforme en vapeur, ce qui entraîne un générateur de turbine qui produit de l’électricité.

    Zerubabel Getachew, représentant permanent adjoint de l’Éthiopie aux Nations Unies, a déclaré que le projet Reppie Waste-to-Energy n’est qu’une composante de la stratégie plus large de l’Éthiopie pour lutter contre la pollution et promouvoir l’énergie renouvelable dans tous les secteurs de l’économie.

    En effet, le projet est le fruit d’un partenariat entre le gouvernement éthiopien et un consortium d’entreprises internationales: Cambridge Industries Limited (Singapour), China National Electric Engineering et Ramboll, une société d’ingénierie danoise.

    Ce consortium a été créé pour concevoir et construire des installations de valorisation énergétique adaptées à l’Afrique subsaharienne. Reppie est le premier de ce que le consortium espère être une série d’installations dans les grandes villes de la région.

    Notons que l’incinération des déchets est populaire en Europe, où près d’un quart des déchets solides municipaux sont incinérés. La France compte 126 usines de valorisation énergétique, tandis que l’Allemagne en compte 121 et l’Italie 40.