Catégorie : Nigeria

  • Diplômée de biochimie en Écosse, elle devient maître chocolatière au Nigeria

    Diplômée de biochimie en Écosse, elle devient maître chocolatière au Nigeria

    Après des études en biochimie en Écosse, cette Nigériane a travaillé dans le domaine de la confiserie et du maquillage avant de finalement renoncer à son dernier emploi aux ressources humaines dans une organisation. Femi Oyedipe déclare avoir cédé à son « esprit d’entreprise ». « J’ai toujours rêvé avoir ma propre entreprise, avoir une carrière réussie en tant que diva corporative intelligente », souligne Femi Oyedipe. Il y a trois ans, lorsque Femi Oyedipe décide d’entreprendre, elle est d’abord guidée par la volonté de faire rayonner son pays et son continent. La jeune entrepreneure explique s’être intéressée à la production du cacao.

    Très vite, « j’ai été surpris par les réalités du secteur », commente-t-elle. « Nous n’avons pas de chocolatiers locaux. La majeure partie de notre cacao est exportée et nous importons ensuite des chocolats », explique Femi Oyedipe. Avant d’ajouter : « Savoir que mon pays et d’autres de la sous-région sont les plus grands producteurs est une fierté. Mais se rendre compte que ce sont les pays étrangers qui tirent plus de profit de cette industrie est inquiétant ».

    Production locale

    La Nigériane dirige depuis 2015 LoshesChocolate. Son objectif est de produire du chocolat de bonne qualité. L’entrepreneure s’est surtout engagée à faire confiance à ses compatriotes producteurs. Elle achète essentiellement des fèves de cacao produit dans des régions du Nigéria, notamment dans les États d’Oyo et d’Ondo.

    Après sa création, les premiers produits de LoshesChocolate ont été offerts. En retour, Femi Oyedipe a tenu compte des remarques et des commentaires des « potentiels clients ». LoshesChocolate a d’ailleurs eu ses premiers clients sur les réseaux sociaux grâce à des photos de chocolats que Femi Oyedipe a partagées sur Facebook, Twitter et Instagram. « Les médias sociaux nous ont aidés à faire connaître la marque avant que nous commencions à explorer d’autres canaux de marketing », souligne-t-elle.

    Augmenter la production

    « Nous nous sommes concentrés sur la création d’une marque et l’entrée dans le marché, nous avons donc dû modifier un grand nombre de nos processus », confie l’entrepreneure. Depuis trois ans, LoshesChocolate maîtrise la torréfaction de toutes les fèves qu’elle reçoit. L’entreprise améliore régulièrement son emballage.

    Femi Oyedipe ambitionne augmenter sa production. L’entrepreneure veut à cet effet disposer de moyens pour broyer des fèves de 36 à 48 heures dans son entreprise. Alors qu’elle ne dispose pas encore d’une main-d’œuvre qualifiée, l’entreprise manque également de machines de fabrication. Pour autant, Femi Oyedipe ne se décourage pas. « Nous prévoyons de créer plus de choses en utilisant des chocolats. Notre objectif est de présenter le Nigeria comme un pays chocolaté », affirme-t-elle.

  • Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Après ses études supérieures, c’est dans l’assistance administrative que Theodora Isola décroche son premier emploi. Diplômée de l’université de Port Harcourt, cette Nigériane a également exercé dans des entreprises en tant que gestionnaire administratif et responsable des ressources humaines. Mais il y a deux ans, elle décide d’entreprendre et se tourne vers la technologie. Theodora Isola a créé en 2016 Tiva Creatives, une société qui offre des services d’assistant virtuel et une automatisation du marketing de croissance pour les startups et les petites entreprises.

    Elle explique avoir entrepris dans ce domaine grâce à sa passion et pour répondre à la nécessité de soutenir les petites entreprises. « J’ai été initié au monde virtuel lorsque je me suis inscrit à l’Université de Liverpool pour un programme de maîtrise en ligne sur les systèmes d’information et la technologie », justifie-t-elle. Theodora Isola précise avoir travaillé sur plusieurs projets avec des gens dans d’autres parties du monde sans les rencontrer, « ce qui m’a aidé à développer de solides compétences en communication ».

    Marketing et conseils

    Tiva Creatives s’illustre également dans la gestion de crise au sein des entreprises. La société aide également sa clientèle dans la définition de nouvelles perspectives. « Nous aidons ainsi les entreprises à gérer les processus de travail, à gérer les tâches de routine et les programmes de marketing en utilisant la technologie pour une excellente représentation, une visibilité accrue et des ventes », confie Theodora Isola qui est également analyste.

    Deux ans après le début de ses activités, Tiva Creatives compte des clients au Nigéria et à l’extérieur, notamment dans la sous-région ouest-africaine. Cependant, « de nombreux Nigérians ne comprennent pas encore comment fonctionnent les services d’assistance virtuelle », souligne Theodora Isola. L’entrepreneure estime que « s’ils comprennent comment cela fonctionne, ils réaliseront à quel point c’est rentable ».

    Sensibilisation et formation

    Depuis quelques mois, une communication est faite autour de Tiva Creatives pour sensibiliser les propriétaires d’entreprise. « Je forme également des clients qui ont besoin d’aide pour réaliser ces services, en particulier dans les tâches d’administration et de soutien à la clientèle, la gestion des médias sociaux, le marketing par courriel et la gestion de sites Web et de blogs », déclare Theodora Isola.

    L’entrepreneure veut surtout inciter les femmes à s’intéresser à la technologie. En septembre 2017, Theodora Isola a ainsi organisé une rencontre sur les femmes et la technologie. L’objectif selon elle est de leur montrer que la technologie ne se limite pas au codage et à la programmation. En parallèle, l’entrepreneure forme également de jeunes filles en programmation. « J’ai l’intention de former plus de femmes dans le domaine de l’aide virtuelle afin que nous puissions avoir plus de gens qui soutiennent les entreprises », annonce-t-elle.

  • Funke Opeke, la femme qui contrôle l’internet en Afrique de l’ouest

    Funke Opeke, la femme qui contrôle l’internet en Afrique de l’ouest

    Cette Nigériane est l’une des personnalités les plus connues du secteur de la Data économie dans le monde. La cinquantaine, Funke Opeke a fondé MainOne, une société de fourniture de solutions de connectivité et Datacenter qu’elle dirige. Diplômée de l’université de Columbia, elle a fait des études en génie électrique.

    La carrière de cette brillante cheffe d’entreprise a commencé aux États-Unis où elle a travaillé pendant une vingtaine d’années en tant que directrice générale, consultante et ingénieure dans différentes entreprises. Lorsqu’elle décide de rentrer au Nigéria, Funke Opeke occupe d’abord les fonctions de directrice technique chez MTN Nigéria avant de faire ses preuves à la direction de l’exploitation de la société nationale de télécommunication, Nitel.

    Mais Funke Opeke entreprend rapidement de révolutionner le secteur. Elle décide donc de créer MainOne. Pour parvenir à cet objectif, Funke Opeke a mobilisé des fonds nécessaires pour construire le premier câble sous-marin privé. Le câble sous-marin qui s’étend du Portugal est construit sur une distance de 7 000 kilomètres. Estimés à plus de 200 millions de dollars, les travaux de construction permettent désormais à MainOne de fournir plusieurs opérateurs de téléphonie du pays, notamment MTN et Airtel. L’avantage de MainOne est de fournir à sa clientèle une bonne connexion internet.

    Depuis, son entreprise fait ses preuves. Réussissant en dix ans à se positionner comme un leader dans le secteur de Data economy dans la sous-région ouest-africaine. Funke Opeke est considérée comme l’un des chefs d’entreprises les plus influents du continent. L’entrepreneure confie pour sa part ne s’être jamais découragée et avoir surmonté des difficultés pour atteindre ses objectifs. « Il faut persister pour réaliser une vision », affirme-t-elle.

  • Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Après des années d’expérience dans les secteurs du commerce, de l’hôtellerie et du divertissement, cette Nigériane a choisi d’entreprendre.

    Titilope Adewusi a créé 9ijakids, une plateforme de divertissement en ligne qui apprend aux enfants à connaître le Nigéria. « J’ai commencé à développer une passion pour le Nigeria et à aider nos enfants à mieux connaître notre pays. Ils en savent moins sur notre pays parce qu’ils sont plus exposés à l’éducation occidentale que nous ne l’étions en grandissant », explique l’entrepreneure. Grâce à 9ijakids, les enfants sont également formés sur les avantages de l’entrepreneuriat. La Nigériane ajoute que les enfants sont des apprenants visuels et que les jeux sont un moyen de leur apprendre beaucoup de choses.

    Si Titilope Adewusi se consacre surtout aux affaires commerciales de son entreprise, elle peut compter sur le savoir-faire de l’une de ses sœurs, diplômée en génie informatique et qui est développeur en chef de 9ijakids. Une seconde sœur est responsable de la gestion extérieure de la plateforme, notamment en Grande-Bretagne où 9ijakids est très bien accueilli.

    Pour développer un jeu sur la plateforme en ligne, Titilope Adewusi confie utiliser un logiciel qui nécessite un codage minime. « Une fois que nous trouvons une idée pour un jeu, nous développons du contenu autour de celui-ci, choisissons un cadre et construisons le jeu, un processus qui prend entre une et deux semaines. Mes enfants, mes sœurs et mes amis sont nos sujets de test », détaille l’entrepreneure.

    Relever des défis

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    Depuis la création de 9ijakids, la réception des jeux par le public a été bonne. La plateforme est utilisée par des écoles et même des églises. Titilope Adewusi envisage créer autant de jeu que possible, notamment des jeux traditionnels pour permettre aux enfants de mieux apprendre sur le Nigéria. L’année passée, « notre thème était l’indépendance du Nigeria et nous avons donc développé environ huit nouveaux jeux pour enseigner aux enfants notre riche histoire et notre culture », se rappelle-t-elle.

    Grâce à son expérience, Titilope Adewusi dispose d’un large réseau de personnes à qui elle peut avoir accès pour promouvoir sa plateforme. Mais elle déplore le coût élevé des données mobiles dans le pays. Outre la disponibilité des jeux en ligne, certains utilisateurs souhaitent qu’ils soient téléchargeables.

    Afin de ne pas trop exposer les enfants à Internet, 9ijakids a lancé une application mobile. Mais le grand défi est d’emmener les Nigérians à préférer des jeux made in Nigeria. « Mais je ne suis pas inquiet puisque notre produit est encore nouveau; Je suis confiant qu’il sera accepté parce qu’il répond à un besoin, même pour moi en tant que parent », assure-t-elle.

  • À la rencontre de Yemi Alade, l’épitomé du 4e art africain

    À la rencontre de Yemi Alade, l’épitomé du 4e art africain

    2017 a été une gloire pour la superstar nigériane Yemi Alade. D’une tournée mondiale à la sortie d’un nouvel album, l’année dernière n’a eu que de bonnes choses pour l’artiste de vingt-neuf ans, pourtant découverte il y a juste quelques années.

    Entre ses nombreuses réussites sur les scènes et sur YouTube, tourner sa nouvelle vidéo musicale et participer à la production de la version nigériane de l’émission de télé à succès The Voice, Yemi Eberechi Alade traverse une période d’apogée.

    Tant d’opportunités incroyables sont arrivées à la Nigériane de moins de 30 ans, si bien que selon elle, les énumérer est une tâche en soi. « J’ai fait ma toute première tournée [internationale] l’année dernière. Ce fut définitivement un énorme point de repère pour moi », commence-t-elle.

    2017 de succès

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    En avril dernier, Yemi était devenue la première artiste africaine à se produire sur la scène de Le Trianon à Paris, devant un public francophone que ses compatriotes comme P-Square ou encore Wizkid semblent zapper. Suite à cela, Yemi Aladé a travaillé avec cinq autres artistes internationaux sur l’initiative Gravity Light de Shell, comme  Jennifer Hudson et Steve Aoki (États-Unis), Luan Santana (Brésil), Pixie Lott (Royaume-Uni), Tan WeiWei (Chine). Un projet qui a sans doute élargi son attrait international.

    En 2017 également, Yemi était l’artiste choisie pour représenter l’Afrique dans une campagne vue par des millions de personnes à travers le monde. « C’était un énorme projet », se souvient-elle. «L’idée était de rejoindre les gens qui ont des idées innovantes sur la façon de fournir une énergie verte, propre et durable sans aucune substance toxique. J’étais très excitée de faire partie de celui-là », confie-t-elle.

    «L’année dernière, j’ai été la femme africaine la plus regardée en ligne», confie Yemi avec enthousiasme. Actuellement, elle a plus de 87 millions de vues pour Johnny, beaucoup plus 6 millions que la vidéo la plus regardée qui soit pour Personally de P Square.

    Le portfolio Eberechi

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    En effet, l’ascension de Yemi a été progressive. Après avoir remporté un spectacle de talent dans son pays natal en 2009, elle a publié un certain nombre de chansons, qui ont connu un succès modéré.  C’était sa vie d’avant 2013, année où elle sort le tube à succès Johnny.

    Johnny, c’est le meilleur titre, le plus joué en une année dans plus de 5 pays africains. Sa formule gagnante est un mélange d’Afro-pop, avec un soupçon d’âme, une « High Life » et tout ce qui va avec.

    De ses vidéos à son sens du style, Yemi est fièrement africaine. Même ses paroles dépeignent habituellement des dialogues quotidiens qui ont lieu en Afrique. Là où la plupart des artistes africains ont choisi de tourner leurs clips musicaux à l’étranger pour le rendre plus attrayant pour un public plus diversifié, Yemi a été une véritable championne du made in Africa, choisissant de tourner ses vidéos principalement dans un contexte autochtone. C’est une formule qui lui a bien servi. Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des artistes africains les plus authentiques sur la scène. « Se produire à Lagos, c’est une atmosphère différente que de se produire à New York », dit-elle.

    Après ces moments, Yemi se rappelle souvent aussi du tournage de la vidéo Tumbum de son album Mama Africa. Intéressant, amusant, excitant… Les adjectifs pour qualifier ce moment ne souffrent d’aucune incompréhension. Et il y a en réalité plus de raisons d’être excité. Après la sortie de l’album Mama Africa (sorti en 6 langues, dont le portugais, le swahili et le français), sa chanson Tumbum accompagnera Rihanna et Katy Perry dans le jeu Just Dance…

    Black Magic, le dernier bébé

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    À vouloir mieux comprendre son dernier album Black Magic, Yemi commence d’abord un peu tout flou. « C’est la version intrépide de quiconque », dit-elle. « La magie est la manifestation de l’incroyable. J’ai mis du noir devant ce mot, parce qu’il a été utilisé si négativement. Le mot noir ne signifie pas toujours quelque chose de gentil. Mais je vois tellement de beauté en noir. Black Magic est un potentiel brut et non coupé » détaille la superstar.

    Cet album, son auteure le veut comme un lien entre elle et mes fans. « J’ai mis tellement d’émotions là-dedans; ma douleur, ma lutte et ma réalité. J’ai essayé de peindre un reflet de chaque émotion que je ressentais à chaque chanson. Vous ne pouvez pas dire non à la bonne musique. C’est exactement ce que cet album est. C’est bon pour l’âme et pour le corps, » conseille la Nigériane.

    Yemi Alade considère sa mère comme l’une de ses plus grandes sources d’inspiration, même si elle prend pour modèle l’Américaine Beyonce.

    Mais avec une si haute préséance déjà établie, qu’apportera une autre année ? « J’espère vraiment être en vie », lâche-t-elle. « J’espère que les chansons de mon album seront les meilleures. J’aimerais l’opportunité d’explorer d’autres genres musicaux. Je fais toujours de mon mieux pour traduire et inclure les stimuli que je reçois de mon environnement dans ma musique. Je veux faire plus d’efforts pour m’assurer que cette représentation n’est pas perdue. En fin de compte, je veux aussi être plus impliquée dans les organismes de bienfaisance » confie Yemi qui ne compte pas se contenter que des succès que l’année écoulée lui a présentés. « Je prie aussi pour avoir plus d’entreprises. J’aimerais travailler sur de super collaborations internationales et être plus haut que ce que je suis en ce moment », conclut-elle.

  • Nigeria: il quitte son métier de banquier pour servir les enfants défavorisés

    Nigeria: il quitte son métier de banquier pour servir les enfants défavorisés

    Pour le jeune entrepreneur nigérian Otto Orondaam, donner aux enfants une bonne éducation vaut plus que de gagner des millions.

    L’histoire de Orondaam Otto est celle d’un jeune nigérian promis à un destin fort opulent, qui a finalement renoncé à être un médecin et un banquier pour suivre son cœur. « J’allais devenir médecin, mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement par la médecine que l’on pouvait avoir un impact sur la société », confie M. Orondaam.

    L’entrepreneur social âgé de 30 ans est le fondateur de Slum2School Africa, une initiative sociale qui fournit des services d’éducation et de santé aux enfants défavorisés. « J’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de problèmes qui nous affectaient. Je ne me sentais pas à l’aise de voir et de me plaindre de ces réalités sans rien y faire », dit-il.

    De la banque aux rues nigérianes

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    Après avoir obtenu son premier diplôme en anatomie humaine à l’Université de Port Harcourt au Nigeria, Otto Orondaam a poursuivi avec une maîtrise en gestion de projet du SCFP, au Royaume-Uni. Il a également obtenu un certificat en changement social, innovation et entrepreneuriat social de l’Université pour la paix, mandatée par les Nations Unies, au Costa Rica. Mais, c’est en travaillant dans une grande institution financière qu’Otto a découvert son amour pour l’entrepreneuriat social.

    « J’avais regardé un documentaire sur la BBC intitulé » Welcome to Lagos « et il représentait le Nigeria d’une manière négative, ce qui me faisait tellement mal. Je me suis demandé : “Pourquoi la BBC ferait-elle un documentaire sur Lagos et le seul endroit qui leur convenait était un bidonville à Makoko ?” se demande Otto.

    Mais c’est en se rendant dans cette localité que le Nigérian se rend à l’évidence des difficultés dans cette zone. “J’ai vu des élèves sans vêtements et la plupart des enfants n’allaient pas à l’école et c’était une journée d’école”, décrit-il.

    En effet, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Nigéria compte environ 10,5 millions d’enfants non scolarisés, soit le nombre le plus élevé au monde. Le pays compte également 71 % de la population qui vit avec moins d’un dollar par jour. Otto savait qu’il devait prendre des mesures drastiques.

    L’entrepreneur décide alors de démissionner de son travail et de prendre ce fléau à bras le corps. Depuis, il a travaillé avec plus de 3000 jeunes dans plus de 25 pays et a pu fournir des bourses d’études à 650 jeunes et plusieurs autres programmes de soutien médical et psychosocial à plus de 4000 élèves.

    L’année dernière, la startup a lancé une campagne de collecte de fonds, le #1000Dreams, afin de soutenir les enfants déjà inscrits pour les garder à l’école et veiller à ce qu’ils reçoivent une éducation de bonne qualité. L’objectif poursuivi est de scolariser chaque année environ 1000 élèves.

    Slum2School a commencé avec 118 enfants dans sa première année, soutenue avec des économies propres de l’initiateur du projet.

    Depuis le lancement de Slum2School Africa en 2012, l’organisation a remporté plus de 15 prix nationaux pour ses stratégies novatrices, son orientation vers le développement communautaire, son style de leadership, sa motivation pour les jeunes et son impact social.  Slum2School a aussi obtenu environ 5 000 bénévoles.

    L’initiative a déjà valu à Otto d’être reconnu par l’ancien gouverneur de l’État de Lagos, Babatunde Fashola, comme le membre le plus remarquable du corps de l’État de Lagos pour l’impact social créé dans l’État en 2011/2012.

    Toutefois, l’entrepreneur ne veut pas encore appeler cela un succès. « Le succès pour moi n’est pas une destination, mais le voyage lui-même. Cela fait que la vie de quelqu’un d’autre vaut la peine d’être vécue tous les jours », soutient-il.

  • Afrique: ces 5 chefs d’États qui ont réduit leurs salaires

    Afrique: ces 5 chefs d’États qui ont réduit leurs salaires

    George Weah, le nouveau président libérien, a récemment annoncé une réduction de 25% son salaire et ses avantages sociaux, et ce, avec effet immédiat.

    Cette réduction intervient à un moment où le nouveau dirigeant du Liberia a constaté une « détérioration rapide de la situation économique » de son pays. « Notre économie est brisée. Notre gouvernement est fauché. Notre monnaie est en chute libre; l’inflation augmente », a regretté Weah. « Le chômage est à un niveau sans précédent et nos réserves de change sont à leur plus bas niveau », a poursuivi l’ancien joueur.

    Cette réduction implique que le président du Libéria gagnera désormais environ 75.000 dollars, alors que son salaire était estimé à environ 100 000 dollars par an avant.

    Mais Weah n’est pas le premier président à le faire. Voici 5 autres qui l’ont fait avant lui :

    John Magufuli- Tanzanie

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    Afin de faire face aux dépenses de l’État, l’année dernière, la Tanzanie a opéré une réforme qui a permis de réduire les salaires des fonctionnaires.  Pour donner l’exemple, le Chef de l’État John Magufuli avait annoncé qu’il avait réduit son salaire mensuel à 4 000 dollars par mois, soit quatre fois moins que son prédécesseur, pour tenter de faire face à la crise.

    « Je ne l’augmenterai pas, parce que mon obligation est de servir les Tanzaniens d’abord. Les citoyens sont fatigués du vol d’argent » avait-il déclaré, en rapport à son salaire.

    Surnommé « le Bulldozer », John Magufuli est l’un des chefs d’État africains les moins payés actuellement.

    Muhammadu Buhari- Nigeria

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    Lorsqu’il venait de prendre le pouvoir en 2015 en remplacement à Goodluck Jonathan, l’actuel chef de l’État nigérian avait réduit son salaire de 50%. Cette réforme a concerné aussi son vice-président, Yemi Osinbajo.

    L’annonce avait a été faite au moment où la première économie d’Afrique faisait face à une situation économique très difficile en raison notamment de la chute des cours mondiaux du pétrole, dont le pays dépend.

    L’ancien chef militaire est connu pour être particulièrement austère, ayant peu de richesse personnelle. Le salaire présidentiel au Nigeria est d’environ 70 000 dollars, indemnités comprises.

    Abdel Fattah al-Sisi – Égypte

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    Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi s’est engagé à abandonner la moitié de son salaire et de ses biens en 2014, lorsque l’économie du pays s’est rétractée après le bouleversement du printemps arabe.

    « Il doit y avoir de vrais sacrifices de la part de chaque homme et femme égyptiens. Je prends le salaire maximum de 42 000 livres égyptiennes (5 200 $ par mois) et personne ne prendra plus que le maximum » avait-il déclaré, avant d’ajouter, « je vais faire deux choses: je ne vais pas prendre la moitié de cette somme et mes biens, même ce que j’ai hérité de mon père, je vais abandonner la moitié pour l’amour de notre pays ».

    Uhuru Kenyatta- Kenya

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    En 2014, lors d’une confrontation publique pour répondre à la masse salariale du secteur public du gouvernement, le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé une réduction de salaire de 20%. Il a réduit les salaires de son ministre de 10% et a exhorté tous les députés à suivre la tendance.

    « Nous devons faire face à ce monstre si nous voulons développer cette nation. Sinon, tôt ou tard, nous deviendrons un pays qui ne percevra que des impôts pour se payer », avait déclaré le président Kenyatta.

    Les politiciens du Kenya sont parmi les mieux payés du continent. Le président a un salaire de base de 14 000 $ par mois (168 000 $ par année).

    Joyce Banda- Malawi

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    L’ex-présidente du Malawi, Joyce Banda, avait également déclaré une réduction de salaire de 30% en 2012. Son salaire à l’époque était d’environ 60 000 $ par année, un chiffre qu’elle disait déjà « très bas ». Elle avait également vendu à 15 millions de dollars le jet présidentiel acquis par son prédécesseur Bingu wa Mutharika, décédé en fonction le 5 avril 2012, afin de lutter contre la malnutrition et relancer une économie à terre.

    Son successeur, Peter Mutharika, n’ayant pas souhaité continuer dans la même logique, est revenu à un salaire normal l’année dernière.

  • Un Nigérian invente une voiture capable de rouler sur terre et sur l’eau

    Un Nigérian invente une voiture capable de rouler sur terre et sur l’eau

    Si l’idée séduit le Nigeria entier, c’est bien parce que dans les mégapoles comme Lagos ou Abuja, les embouteillages constituent des problèmes quotidiens auxquels les populations font face.

    Kehinde Durojaiye, 47 ans, est un inventeur nigérian dont la cote de popularité va grimper les jours à venir, avec un peu d’optimisme pour son projet.

    Au Nigeria, il est connu pour être sorti de son atelier dans lequel il passe une grande partie de ses journées, une voiture capable de rouler sur terre et sur l’eau. « Je l’ai testé dans la mer et beaucoup de gens ont été surpris qu’il puisse se déplacer sur terre et sur mer », at-il déclaré.

    Du nom de « Kenny jet », Durojaiye a parcouru dans cet engin 135 kilomètres entre Lagos et Ibadan, avec une vitesse pouvant atteindre 120 km/h sur terre et au moins six nœuds sur la mer.

    Cette voiture, dont l’inventeur a déjà 4 prototypes, a été fabriquée à partir de déchets qui abondent les dépotoirs nigérians comme un clavier d’ordinateur, un volant recyclé à partir d’un tricycle et des matériaux plastiques.

    Depuis la réussite de cette première phase de son projet, le Nigérian a monté d’un important cran en ambition. Il pense désormais créer une voiture à réaction capable de rouler sur terre, en mer et dans les airs pour un objectif intéressant : alléger le trafic et la congestion à Lagos.

    « Nous voulons que le monde entier sache qu’il est possible d’avoir une machine capable de se déplacer sur terre, sur mer et de voler, et peut-être de se déplacer sous la mer », pense-t-il. Si jusqu’ici l’inventeur dit avoir un modèle réalisable de ce nouvel engin qu’il désigne par « seacraft », il est confronté à un défi : le financement.

    Père de trois enfants, Durojaiye vit à Ikotun, une banlieue de Lagos, mais passe la plupart de son temps à Obadia, un quartier qui offre un accès à la lagune de Lagos. La raison est évidente : il préfère être proche de l’endroit où il « s’invente ».

    Actuellement, l’inventeur renommé du Nigéria travaille toujours sa magie, avec seulement son esprit et quelques ressources « très limitées ». Le « seacraft » fonctionne pour le moment sur un moteur de propulsion à réaction, la même technologie qui alimente la plupart des avions traditionnels.

    Quand il trouvera de financement pour construire son modèle final, l’engin made in Nigeria, sera capable de contenir au moins16 personnes, a-t-il promis.

  • Ola Orekunrin quitte Londres pour fonder le premier service d’ambulance aérienne au Nigeria

    Ola Orekunrin quitte Londres pour fonder le premier service d’ambulance aérienne au Nigeria

    Malgré ses grandes actions, Ola Orekunrin cultive toujours une simplicité. Médecin de formation, cette Nigériane est également un pilote d’hélicoptère. La trentaine, elle a fondé dans son pays Flying Doctors Nigeria qui est le premier service d’ambulance aérienne dans la sous-région ouest-africaine.

    Ce service qui joue le rôle d’ambulance aérienne au Nigéria vient en aide aux patients pour des soins de traumatologie.  « Le traumatisme est devenu une épidémie silencieuse en Afrique. De plus en plus d’Africains achètent des voitures et travaillent dans des industries lourdes et dangereuses, mais en même temps, les infrastructures sont médiocres, les lois de sécurité laxistes et les voitures mal entretenues », remarque-t-elle.

    Née à Londres, Ola Orekunrin  a grandi dans une famille d’accueil avec sa sœur dans la petite ville balnéaire de Lowestoft, dans le sud-est de l’Angleterre. La jeune femme explique qu’elle a décidé de fonder en 2007 Flying Doctors Nigéria après le décès de sa sœur qui n’a pas eu de service aérien pour son transport à l’hôpital. « Nous sommes fiers d’être la première entreprise indigène nigériane à le faire. Nous formons plus de gens pour aller dans le secteur de l’ambulance aérienne et je pense qu’ils ont maintenant énormément de compétences en gestion. Nous devons commencer à sortir des sentiers battus et être plus confiants dans le concept d’innovation africaine », explique-t-elle.

    Une dizaine d’années de services

    Cette diplômée de l’université d’York au Royaume-Uni est également membre de l’American Academy of Aesthetic Medecine. Avant de revenir s’installer dans son pays, Ola Orekunrin a effectué des voyages de recherches au Japon. La Nigériane y a étudié la médecine dégénérative à l’hôpital universitaire de Jikei. Depuis plus de dix ans, Flying Doctors Nigéria est essentiellement présent aux côtés des populations qui vivent dans les régions reculées du Nigéria.

    Ola Orekunrin qui est considéré dans le pays comme une experte en médecine des catastrophes et en soins pré hospitaliers ne lésine pas sur les moyens pour « aider ses compatriotes ». Flying Doctors Nigeria dispose d’un pool mixte de plus de 20 avions qu’il utilise pour différents types d’évacuation, et de plus de 40 employés. Ces derniers sont répartis dans trois grandes villes du pays. En début d’année, Ola Orekunrin a reçu au Nigéria l’Extraordinary Business Achievement Award. Devant ainsi la première femme et la plus jeune à remporter cette récompense.

  • Au Nigeria, la startup ScholarX  facilite l’accès aux bourses d’études

    Au Nigeria, la startup ScholarX facilite l’accès aux bourses d’études

    Au Nigeria comme dans nombre de pays africains, bénéficier d’une éducation de qualité et correspondante aux besoins des étudiants est hors de portée pour de nombreuses personnes. Pour certains, cela est dû à un manque de connaissance des opportunités existantes alors que pour d’autres, c’est simplement à un manque de moyens. ScholarX s’attaque bien à ce problème.

    ScholarX est une startup à impact social qui s’attaque aux problèmes éducatifs. En 2016, elle a lancé une application d’agrégation de bourses d’études comme un « pont d’opportunités » afin d’aider les étudiants intéressés à trouver des opportunités de premier cycle et des cycles supérieurs localement et à l’étranger.

    Cette plateforme répertorie les bourses en fonction des préférences des étudiants et fournit des conseils pour les étudiants sélectionnés. Jusqu’à présent, ScholarX a plus de 10 000 utilisateurs.

    Difficile accès aux opportunités

    Au départ, l’initiative a été inspirée par Maxwell Ogunfuyie, un des deux cofondateurs, qui a personnellement réalisé combien il était difficile pour lui d’accéder aux opportunités disponibles au Nigeria.

    Ensuite, il a cherché à compiler des bourses locales, avec l’intention d’en faire éventuellement en une application mobile. Les partenaires se sont réunis et après quelques séances de réflexion et d’analyse, ont décidé d’aller de l’avant avec la création d’une plateforme qui organise des bourses locales et étrangères. Le Nigeria a été tout de suite sélectionné comme pilote pour les bourses locales.

    En septembre 2017, ScholarX a lancé Village, une plateforme de crowdfunding qui permet aux professionnels, principalement de la diaspora, de parrainer l’éducation des étudiants dans le besoin. Essentiellement, la startup construit un modèle d’affaires autour de l’adage populaire, «il faut un village pour élever un enfant».

    Sur la plate-forme du Village, les élèves du secondaire et de l’université qui ont besoin de soutien pour leur éducation créent des profils, partagent leurs histoires et leurs besoins, et espèrent qu’un donateur les soutiendra.

    Depuis, Village a reçu plus de 500 demandes de fonds et a recueilli plus de 10 000 $ en dons au cours de ses cinq premiers mois d’opération, dont 90% provenaient de donateurs de la diaspora.

    ScholarX espère également permettre à ces donateurs de parrainer des projets éducatifs dans des écoles telles que l’équipement d’un laboratoire, dans le but de résoudre les problèmes liés à l’éducation au Nigeria.

    Dans la puissance économique africaine, certains des problèmes éducatifs sont des écoles mal équipées, des enseignants non rémunérés et un problème d’alphabétisation important avec environ 10,5 millions d’enfants non scolarisés.

    Dans le budget proposé pour 2018, seulement 7% du total ont été alloués à l’éducation, bien en deçà de la recommandation de 26% des Nations Unies.

    S’il est peu probable que les choses changent de manière significative de sitôt, ScholarX aura néanmoins le mérite d’être précurseur d’une idée entièrement nouvelle qui, jusque-là manquait à l’éducation nigériane.