Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Olatorera Oniru: elle quitte Wall Street pour entreprendre au Nigéria

    Olatorera Oniru: elle quitte Wall Street pour entreprendre au Nigéria

    En 2015, Olatorera Oniru a quitté son poste dans une grande entreprise nigériane. La cause, elle voulait s’aventurer dans le monde moins prévisible des achats en ligne au Nigeria.

    L’entreprise d’Oniru est Dressmeoutlet.com, une plate-forme de commerce électronique de mode, de beauté et d’articles ménagers qui fait la promotion de produits fabriqués en Afrique. Depuis qu’Oniru s’est servie de ses économies personnelles pour lancer le site en janvier 2016, l’entreprise a connu une belle ascension et compte actuellement une trentaine d’employés à temps plein. Environ 80 % des ventes proviennent actuellement du Nigeria, avec un nombre croissant de clients du côté des États-Unis et d’autres marchés africains. Oniru a également lancé sa propre usine de fabrication locale pour s’assurer qu’un pourcentage plus élevé des produits de sa plate-forme soit vraiment africain.

    « Près de 98 % de la mode dite “made in Africa” ne vient pas vraiment d’Afrique, comme le matériel, les tissus et les perles », explique-t-elle. « Par exemple, j’ai discuté avec une entreprise de matelas qui a une unité de fabrication au Nigeria ; mais 95 % de leurs approvisionnements sont encore importés. Ces approvisionnements pourraient en fait provenir localement, mais ils ne peuvent pas trouver des producteurs qui peuvent fournir les quantités dont ils ont besoin chaque mois. Et ça, c’est un manque à gagner pour l’Afrique » étaye-t-elle.

    Pour Oniru, il est important de comprendre toute la chaîne d’approvisionnement de la mode ; de la culture du coton à un vêtement fini. Et c’est ce sur quoi son unité de fabrication se concentre depuis un moment. En effet, cette entrepreneure voit un potentiel dans la mise à l’échelle de la production à mesure que la demande de matériaux locaux augmente.

    La faiblesse du naira nigérian qui a perdu plus d’un tiers de sa valeur quand il a été libéré du dollar en juin a rendu l’importation plus chère. Toutefois cela n’a pas été un inconvénient de la startup. « Les défis de la devise nous ont aidés à promouvoir davantage l’industrie de la mode “made in Africa”. Cela nous aide à exporter plutôt qu’à importer » confie la promotrice.

    Apprendre du meilleur

    Mme Oniru a fait ses études supérieures aux États-Unis et a obtenu un diplôme avec distinction en administration des affaires et en gestion à la North Carolina A & T State University. Elle est également titulaire d’un MBA de l’Université Emory à Atlanta. De fait, elle croit que la meilleure leçon en entrepreneuriat est venue en travaillant sous des multinationales établies. « Ces expériences sont inestimables. Vous apprenez des entreprises qui ont plus de 200 ans… Elles se sont développées en connaissant aussi le stade de démarrage, le stade de croissance… et elles ont réussi à se classer parmi les entreprises Fortune 500 ».

    La société d’Oniru est dans sa deuxième année et confrontée à de fortes difficultés, avec des statistiques révélant que 80 % des start-ups meurent dans les 18 premiers mois.

    Mais il y a aussi un nombre croissant de start-ups de commerce électronique de mode et de beauté au Nigeria, avec beaucoup de gens qui luttent pour aller au-delà de la petite boutique. Dans un effort pour surmonter les obstacles, Oniru confie qu’elle acquiert constamment de nouvelles compétences afin de maîtriser tous les aspects de l’entreprise. Elle ajoute que la concurrence dans le domaine du commerce électronique entraîne une culture du magasinage en ligne, ce qui est bon pour l’ensemble du secteur.

    « L’industrie est encore à ses balbutiements. Plus il y a d’entrants, mieux c’est. Quand je vois des concurrents sur le terrain, je suis vraiment excité parce que l’Afrique a besoin de compétition. Cela stimule la croissance et le succès… et c’est bon pour nous aider tous à faire de notre mieux, » croit l’entrepreneure.

  • Au Togo, les chercheurs  misent sur le cactus pour traiter les eaux usées

    Au Togo, les chercheurs  misent sur le cactus pour traiter les eaux usées

    Une étude réalisée par un chercheur togolais de l’Université de Lomé a permis d’identifier le phosphate naturel et l’eucalyptus (plus connu sous le nom de cactus) comme biomatériaux locaux pouvant entrer dans le traitement des eaux usées.

    Les résultats de cette étude publiés dans la revue scientifique Journal of Materials and Environmental Science (JMES) révèlent que l’usage du phosphate naturel et de la poudre de cactus comme sorbant permettent de réduire de façon considérable les charges polluantes des eaux usées.

    « Nous avons utilisé le phosphate naturel à proportion de 4 g par litre d’eaux usées au cours de nos travaux, ce qui nous a permis d’observer une diminution de 98 % de la charge polluante. Dans le cas du cactus, les résultats ont indiqué un taux de rétention de 72 % des polluants organiques ou non », a expliqué Degbé Koffi Agbégnigan l’auteur de l’étude à Afrotribune.

    Selon lui, l’utilisation du cactus reste, néanmoins, la technique la plus facile à mettre en œuvre dans le traitement des eaux usées en raison du coût onéreux du phosphate naturel.

    Enjeu agricole

    Pour le professeur Gado Tchangbédji, responsable du Laboratoire de Gestion, Traitement et Valorisation des Déchets à l’Université de Lomé, les résultats de cette étude ouvrent d’autres perspectives non seulement dans le domaine de l’accès à l’eau potable, mais aussi dans la promotion de l’agriculture durable.

    « Le traitement des eaux usées par méthode de sorption permet de recueillir des matières organiques pouvant entrer dans la fabrication des engrais utilisables dans le secteur de l’agriculture. D’un autre côté l’eau recueillie peut subir un traitement chimico-biologique pour en vérifier les contenants nutritifs à des proportions autorisées par l’OMS. L’objectif est de la reverser dans le circuit de la consommation », explique-t-il.

    Car, précise le chercheur, l’explosion démographique dans les villes africaines risque d’augmenter considérablement les productions d’eaux usées, mais aussi les besoins en eaux potables.

    Solution économique

    À l’instar de plusieurs autres pays de l’Afrique subsaharienne, le Togo ne dispose pas encore de station de traitement des eaux usées. Une enquête réalisée par la Direction de l’Environnement en 2010 estime à 0,0832 m3 la quantité moyenne d’eaux usées produites quotidiennement par habitant à Lomé, la capitale togolaise. Les pathologies imputables au non-traitement de ces eaux sont à l’origine de 50 % des consultations dans l’ensemble des formations sanitaires publiques de la ville, précise l’enquête.

    Selon Mandibezi Kazimna, géographe au ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, le traitement à base des matériaux locaux reste la meilleure option de gestion des eaux usées dans les pays de l’Afrique subsaharienne en général et au Togo en particulier du fait de son avantage économique.

    « Généralement c’est le coût élevé de mise en place et de l’opérationnalisation des stations d’épurations des eaux usées qui freinent leur construction dans les pays africains. Or les matériaux locaux sont naturellement disponibles et souvent à faible valeur économique comme dans le cas du cactus qu’on retrouve dans la plupart des  pays de l’Afrique subsaharienne » conclut le géographe.

     

  • Des chercheurs africains vont éplucher les secrets de l’univers dès 2018

    Des chercheurs africains vont éplucher les secrets de l’univers dès 2018

    Des scientifiques africains s’appuient depuis plusieurs mois sur la théorie de la relativité pour comprendre l’univers. Il s’agit d’un grand projet scientifique collaboratif qui entre dans sa phase décisive en 2018.

    La réalisation du projet qui arrive dans son tournant va permettre aux chercheurs d’une région éloignée de Karoo, en Afrique du Sud, de tester la théorie générale de la relativité d’Albert Einstein, l’imagerie de l’hydrogène neutre – les blocs de construction des étoiles – dans l’univers lointain. Les chercheurs vont également examiner les galaxies qui se sont formées il y a des milliards d’années. Le projet est dénommé Square Kilometer Array (SKA). Ce dernier va consister à l’installation de milliers d’antennes réparties sur de grandes distances reliées entre elles pour former un télescope géant appelée le MeerkAT.

    Jusqu’en 2023, le MeerKAT va ainsi permettre à un groupe de 300 scientifiques de « découvrir de nombreux secrets sur l’univers ». La plupart des chercheurs viennent du continent africain. Une centaine d’institutions sont également impliqués dans le projet et des ingénieurs d’autres continents participent aussi à la réussite du SKA. Le télescope aura deux sites d’accueil: un en Australie occidentale et un autre dans le Northern Cape en Afrique du Sud. Des plats supplémentaires seront situés dans huit autres pays africains (Ghana, Zambie, Madagascar, Botswana, Namibie, Kenya, Maurice et Mozambique).

    Révolution scientifique

    Selon les informations le système qui doit être mis en place sera plus sensible et plus rapide à cartographier le ciel que les meilleurs radiotélescopes qui existent. A cet effet, un précurseur du SKA – le télescope MeerKAT – est en cours de construction. Les chercheurs indiquent que des progrès remarquables ont déjà été réalisés au cours des 12 derniers mois. Après sa construction, le télescope MeerKAT va servir dans la prise des données scientifiques dès 2018. Le MeerKAT sera donc utiliser dans différentes phases de ce grand projet. Entre autres, la prise des images très profondes dans quatre zones du ciel couvrant un total de 10 degrés carrés; environ 10 fois la taille de la pleine lune. Les chercheurs expliquent que cette d’exploration extragalactique est dénommée MIGHTEE ou MeerKAT International GHz.

    « Des images plus profondes signifient que vous pouvez voir à la fois des choses intrinsèquement plus faibles et des choses qui sont plus éloignées », confie l’un des scientifiques impliqués dans le projet. Avant d’affirmer que ces images seront si profondes et que « nous serons en mesure de voir des galaxies brillantes jusqu’à 13 milliards d’années-lumière ». Grâce à ce projet, les chercheurs africains vont observer la galaxie la Voie Lactée située à cinq milliards d’années-lumière. Les travaux vont leur permettre de comprendre comment des galaxies se sont formées il y a des milliards d’années et de cerner « comment elles ont évolué jusqu’à nos jours ». Ce grand projet qui est en train d’être réalisé en Afrique du Sud va aussi permettre de découvrir comment la Voie Lactée et la Terre ont vu le jour.

    Les chercheurs s’activent pour la réussite d’une collaboration scientifique qui va faciliter la construction d’un « instrument révolutionnaire ». « Une collaboration d’une telle envergure, sur plusieurs fuseaux horaires, est un défi logistique, mais elle est vitale car elle permet de réaliser de grandes avancées scientifiques », se réjouit un scientifique ghanéen.

  • 80 millions d’euros pour booster les PME en Afrique

    80 millions d’euros pour booster les PME en Afrique

    Ce jeudi 7 décembre, avec le lancement de son nouveau fonds d’investissement baptisé IPAE 2, le groupe Investisseurs & Partenaires (I & P) veut passer à une vitesse supérieure en Afrique. Très présent sur le continent, le groupe annonce vouloir financer le développement d’une nouvelle génération de PME.

    Créé il y a 15 ans par le Français Patrice Hoppenot et spécialisé dans l’investissement « d’impact » social et environnemental, le groupe Investisseurs & Partenaires (I & P), est très présent en Afrique subsaharienne, où il a déjà investi dans près de 80 entreprises dans une dizaine de pays. Avec ces nouveaux fonds, le groupe croit s’impliquer encore plus dans le développement des PME sur le continent.

    Doté de 50,3 millions d’euros avec l’ambition d’atteindre 80 millions d’euros à terme, ces fonds seront dédiés aux « et opérant en Afrique » selon les termes de Jean-Michel Severino, le président du groupe I & P, lors de la conférence de presse de lancement du nouveau fonds. Ainsi, 30 à 40 entreprises implantées dans une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne seront financées par ces fonds au cours des cinq prochaines années, avec des montants allant de 300 000 à 3 millions d’euros par entreprises.

    Ces fonds de l’IPAE2 seront répartis en, 45 % pour les investisseurs publics (Proparco, la Banque européenne d’investissement…), 38 % d’investisseurs privés et financiers parmi lesquelles le groupe d’assurance français Axa et 17 % d’investisseurs individuels et fondations, des bureaux de gestion patrimoniale…

    Convaincu que le développement en Afrique passe par l’entrepreneuriat local, I & P a choisi d’y consacrer son aide et son savoir-faire, notamment en financement, en assistance technique et conseils en finance et en management.
    « En se positionnant comme solution de fonds propres pour les PME, I & P contribue pleinement à l’essor de l’écosystème entrepreneurial africain pour répondre aux défis d’une croissance inclusive et durable ainsi qu’à celui de l’emploi en Afrique », explique Jean-Michel Severino, celui qui a été directeur de l’Agence française de développement (AFD).

    En effet, si I & P s’attachent à investir dans des domaines à forts impacts sociaux et environnementaux, la profitabilité n’est pas oubliée avec une rentabilité nette qui tourne autour de 8 à 9 %. Et même si une conjoncture économique moins favorable en Afrique se fait observer ces derniers temps, cette rentabilité devrait être maintenue.

    Le groupe mise sur l’agrobusiness et les services

    Le champ d’intervention du groupe est plutôt vaste. « Nous sommes ouverts à tous les secteurs, mais à l’image des économies africaines, l’agrobusiness et les services étaient surreprésentés lors de notre premier fonds dédié aux PME, et le secteur manufacturier un peu moins présent », précise Jean-Michel Severino, en faisant allusion au premier chapitre de leur financement, le IPAE 1 lancé en 2012, qui a investi 54 millions d’euros dans 29 sociétés.

    « Cette fois-ci, je ne serai pas étonné de voir un peu plus d’entreprises technologiques et un peu moins de microfinance urbaine », ajoute le président d’I & P. Et de continuer en disant que « pour IPAE 1, les entreprises que nous avons soutenues en sont à des niveaux divers de maturité et nos activités ne sont pas encore clôturées, mais il semble que nous soyons en ligne avec ces objectifs ».

    Depuis le premier programme de financement en 2002, 5 000 emplois ont été créés. Mais pas que. Au moins 10 000 personnes ont obtenu un accès durable à l’eau et à l’électricité alors que 80 % des entreprises soutenues ont offert une couverture santé à leurs salariés et 90 % d’entre elles répondent à des besoins locaux. Aussi, un bilan carbone et un plan d’action environnemental ont été exécutés pour chaque entreprise financée.

    « On est très fiers d’arriver à attirer autant d’investissements privés », se réjouit Jean-Michel Severino, précisant que si l’objectif « est bien sûr que chaque entreprise financée soit le plus rentable possible », l’ambition d’I & P est que les investisseurs atteignent une rentabilité nette de 8 % minimum au moment de leur désengagement.
    Selon toujours les responsables du groupe, IPAE 2 aura pour mission de « prolonger, accélérer et développer une nouvelle génération d’entrepreneurs africains », de même qu’à « consolider les acquis économiques et à approfondir ses impacts environnementaux et sociaux ».

  • Influenceurs: Aliko Dangote, seul Africain du Top 50 Bloomberg 2017

    Influenceurs: Aliko Dangote, seul Africain du Top 50 Bloomberg 2017

    Le magnat des affaires nigérian et l’homme le plus riche d’Afrique, Alhaji Aliko Dangote est le seul Africain parmi les 50 personnes les plus influentes en 2017, selon une liste publiée par le magazine Bloomberg.

    Il est l’homme le plus riche d’Afrique. Président du groupe de sociétés Dangote, Aliko Dangote est un habitué des classements de personnalités en Afrique et dans le monde. Ceci pour ses affaires et ses efforts humanitaires au Nigeria. En début de mois, une photo de richissime homme d’affaires a été exposée sur la tour Nasdaq à New York suite à sa sélection sur la liste Bloomberg.

    La liste publiée début décembre par le magazine Bloomberg regroupe des personnes issues de cinq grandes catégories : les affaires, la technologie, la politique, le divertissement et la finance. Dans le domaine des affaires, Bloomberg a nominé le tycoon nigérian. Dangote qui a déjà fait fortune dans l’industrie du ciment se tourne vers la production laitière et sucrière. Il a affecté 800 millions de dollars à l’achat de 50 000 bovins dans l’espoir de produire 500 millions de litres de lait par année d’ici 2019.

    Grand investisseur

    Pour Paul Wallace, chroniqueur, Aliko Dangoté s’investit énormément dans le développement de son pays. « Dangoté a accéléré ses plans pour aider son pays de 180 millions de personnes à importer moins de ce qu’il mange », raconte-t-il sur celui qui est surnommé « milliardaire tranquille » pour son mode de vie relativement frugal.

    Aliko Dangoté s’emploie également à terminer une raffinerie de pétrole de 650.000 barils par jour près de Lagos, qui devrait être l’une des plus grandes au monde. L’homme d’affaires compte dépenser jusqu’à 50 milliards de dollars dans la prochaine décennie pour les énergies renouvelables et les raffineries pétrochimiques, y compris les investissements aux États-Unis et en Europe. Passionné de football, Aliko Dangoté envisage aussi acheter Arsenal, son club de football préféré.

    Précisons que Nikki Haley, l’envoyé des États-Unis auprès des Nations Unies, Jeff Bezos, PDG d’Amazon ; Paul Gaudio, Directeur de la création mondiale d’Adidas et Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit de l’UE, font également partie des 50 personnes les plus influentes en 2017, selon le magazine Bloomberg. Elon Musk de Tesla, Alessandro Michele, directeur créatif de Gucci, le gouverneur de l’état de Californie, Jerry Brown, le PDG de General Motors, Mary Barra et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman figurent également sur la liste.

     

  • Découvrez les 100 Africains les plus influents de 2017

    Découvrez les 100 Africains les plus influents de 2017

    Début décembre, le magazine New African Magazine a révélé les 100 Africains qui se sont montré les plus influents au cours de l’année 2017.

    Un étudiant diplômé de l’Université de Harvard, une jeune troupe de danse adolescente d’un bidonville ougandais et un héros abolitionniste mauritanien des temps modernes, sont parmi les nouveaux visages des magnats du business, des poids lourds politiques et des stars du showbiz. Voilà les Africains les plus influents de l’année 2017 selon New African Magazine. Le magazine a en effet publié une liste de 100 personnalités réparties en huit catégories. Des acteurs ont ainsi été désignés dans les catégories politique et service public, affaires et finances, société civile et activisme, éducation, science, technologie et innovation, médias, arts et culture et sport.

    Pour Omar Ben Yedder, éditeur de groupe et directeur général d’IC Publications, les lecteurs vont trouver plaisante la diversité ahurissante des personnes désignées. « Cette liste montre la beauté et la puissance de la diversité qui fait l’Afrique que nous aimons tous », précise-t-il. Pour la première fois depuis cinq ans, la liste publiée par le magazine cette année contient 42 femmes. Soit le nombre le plus élevé d’entrées féminines jusqu’à présent. Avec 21 représentants, le Nigeria arrive en tête des nominations, suivi de près par l’Afrique du Sud représenté par 14 noms. Au total, la liste comprend des entrées de 31 pays, dont 12 d’Afrique francophone.

    Influence et transformation

    Parmi les nouvelles entrées, on note la troupe de danse Triplets Ghetto Kids de l’Ouganda, le nouveau rédacteur en chef néo-ghanéen du Vogue britannique Edward Kobina Enninful, ainsi que la nouvelle sensation de boxe poids lourd nigérian britannique Anthony Joshua. Trois chefs d’État sont présents dans la liste. Il s’agit de Nana Akufo-Addo du Ghana, Paul Kagame du Rwanda et Alpha Conde de Guinée. Le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, est également nommé dans la catégorie Politics and Public Service pour sa bonne gestion du pouvoir durant l’absence forcée du président Muhamadu Buhari pour des problèmes de santé. Le Nigérian Aliko Dangote et le Tanzanien Mohammed Dewji, deux grands hommes d’affaires, sont nommés dans la catégorie Business and Finance. Mais également l’Angolaise Isabel dos Santos et son compatriote Jean-Claude Bastos de Morais.

    La catégorie arts et culture voit la nomination de plusieurs acteurs tels que la Nigériane Chimamanda Ngozie Adichie, la Ghanéenne Adwoa Aboah et la top modèle somalienne Halima Aden. Dans la catégorie Société civique et activisme, le Nigérian Eros Ikponwosa, atteint d’albinisme, a été nommé pour son combat visant à mettre en lumière le sort des personnes atteintes d’albinisme. Cette catégorie voit également la présence du héros anti-esclavagiste mauritanien Biram Dah Abeid. Anver Versi, rédacteur en chef du magazine rappelle que « le talent africain dans les arts, la culture, le sport et la technologie a également un impact énorme sur la façon de changer la perception du monde envers l’Afrique et ses habitants ». Pour justifier la liste de 100 personnes, il a expliqué que toutes les personnes ont été choisies pour leur travail ou leur l’activité qui a eu « un effet de transformation en dehors de leur vocation principale ».

    Voici la liste complète des 100 personnalités africaines les plus influents en 2017


    POLITIQUE ET SERVICE PUBLIC

    Amina J Mohammed – Secrétaire générale adjointe de l’ONU. (Nigeria)

    George Weah – légende du football et président aspirant (Libéria)

    Yemi Osinbajo – Vice-président (Nigeria)

    Alpha Condé – Président (Guinée)

    Mohammed VI – Roi (Maroc)

    Juge David Maraga – Juge de la Cour suprême (Kenya)

    Nana Akufo-Addo – Présidente (Ghana)

    Sophia Abdi Noor – Politicien (Kenya)

    Akinwumi Adesina – Président de la Banque africaine de développement; Gagnant – World Food Prize 2017 (Nigeria)

    Vanessa Moungar – Directrice du genre BAD (Tchad)

    Vera Songwe – Nouvelle tête – Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (Cameroun)

    Moussa Faki Mahamat – Président de la Commission de l’Union africaine (Tchad)

    Paul Kagame – Président (Rwanda)

    Pravin Gordhan – Pilote politique, ancien ministre des Finances (Afrique du Sud)

    Sibeth Ndiaye – Conseiller du président français Macron (Sénégal)

    Dr Tedros Ghebreyesus – nouveau et premier directeur général de l’OMS en Afrique (Ethiopie)

    Bola Tinubu – Ancien gouverneur de l’État de Lagos (Nigeria)

    Ruth Oniang’o – Nutritionniste, lauréate du prix de l’alimentation en Afrique (Kenya)

    AFFAIRES ET FINANCES

    Aliko Dangote – Un homme d’affaires prospère L’homme le plus riche d’Afrique (Nigeria)

    Issad Rebrab – Fondateur et PDG, Cevital (Algérie)

    Isabel dos Santos – Femme d’affaires milliardaire ancienne Présidente Sonangol (Angola)

    Mohamed Al Kettani – Directeur Général Attijariwafa Bank (Maroc)

    Lionel Zinsou – créateur du club Afrique-France (Bénin)

    Dr. Emmanuel Ibe Kachikwu – Ministre d’État aux Ressources Pétrolières (Nigeria)

    Makhtar Diop – Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique (Sénégal)

    Abdoulaye Coulibaly – Fondateur du Forum de Bamako (Mali)

    Abebe Selassie – Chef du Département Afrique du FMI. (Ethiopie)

    James Mworia – MD et PDG de Centum Investments (Kenya)

    Jean-Claude Bastos de Morais – Fondateur et PDG de Quantum Global (Angola)

    Mohammed Dewji – PDG MeTL Group (Tanzanie)

    Strive Masiyiwa – Fondateur et Président d’Econet Wireless (Zimbabwe)

    Alioune Gueye – Entrepreneur (Sénégal)

    Moulay Hafid – Ministre du Commerce et de l’Industrie (Maroc)

    Dr. Sahar Nasr – Ministre de l’Investissement et de la Coopération Internationale (Égypte)

    Olga Johnson – Secrétaire générale de la Fondation pour l’énergie (Bénin)

    Elon Musk – Fondateur: PayPal, SpaceX, Tesla et OpenAI (Afrique du Sud)

    SOCIÉTÉ CIVILE ET ACTIVISME

    Haben Girma – Diplômé en droit des sourds-aveugles de Harvard et défenseur des droits des personnes handicapées (Érythrée / Éthiopie / États-Unis)

    Patrick ‘OLP’ Lumumba – Avocat de la défense et champion de la lutte contre la corruption (Kenya)

    Dr Fatima Akilu – Psychologues et fondatrice Fondation Neem Tree Réhabiliter les victimes de Boko Haram (Nigeria)

    Biram Dah Abeid    – Héros de l’esclavage anti-moderne primé (Mauritanie)

    Ikponwosa Ero – Expert indépendant du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la jouissance des droits de l’homme par les personnes atteintes d’albinisme. (Nigeria)

    Kumi Naidoo – Co-fondateur, Africans Rising (Afrique du Sud)

    L’archevêque Stanley Ntagali prend une position controversée sur le mariage homosexuel (Ouganda)

    Jaha Dukureh – Fondateur Safe Hands – Anti FGM et le mariage des enfants (Gambie)

    SCIENCE, TECH & INNOVATION

    Nunu Ntshingila – Chef, Facebook Afrique (Afrique du Sud)

    Dr Tebello Nyokong – Chimiste primé (Afrique du Sud)

    Adamu Waziri – Fondateur – Bino et Fino African TV pour enfants et animations youtube

    Anne-Marie Imafidon – progidy enfant, co-fondatrice de Stemettes pour les jeunes femmes en science et technologie (Nigeria / UK)

    Iyinoluwa ‘E’ Aboyeji – Fondateur, Flutterwave (Nigeria)

    Sara Menker – Gro Intelligence (Éthiopie)

    Jelani Aliyu – Conception de la voiture électrique Chevrolet Volt de GM, maintenant nouveau directeur général du Conseil national de conception et de développement automobile du Nigeria (Nigérian)

    Dr Helena Ndume – l’un des ophtalmologistes les plus prolifiques au monde a restauré des sites pour plus de 30000 personnes travaillant gratuitement avec See International (Namibie)

    Yvonne Mburu – co-fondatrice de Med en Afrique (Kenya)

    Rebecca Enonchong – Fondatrice AppsTech (Cameroun)

    Professeur Yaye Kène-Gassama Dia – Un scientifique de nombreuses premières (Sénégal)

    Bozoma Saint John – Chef des marques – Uber (Ghana)

    ÉDUCATION ET ACADÉMIE

    Fred Swaniker – Académie africaine de leadership (Ghana)

    Noëlla Coursaris Musunka – Fondation éducative Malaika (RDCongo)

    Tom Ilube – Entrepreneur de technologie et éducateur (Nigeria / UK)

    Patrick Awuah – Fondateur de l’Université Ashesi et lauréat du Prix WISE du Qatar pour l’éducation 2017. (Ghana)

    Carlos Lopes – Économiste respecté ancien chef de l’UNECA maintenant Professeur d’économie Université du Cap

    MÉDIAS

    Edward Kobina Enninful – nouveau et premier éditeur noir et masculin de British Vogue (Ghana / UK)

    Khanyi Dhlomo – Mogulette médias – Fondateur Ndalo Media (Afrique du Sud)

    Adedoyin Adepitan – Paralympien Intrepid et présentateur TV (Nigeria / UK)

    Julie Gichuru – animatrice TV, conférencière et PDG d’Arimus Media Limited (Kenya)

    Trevor Noah – Satiriste et hôte du Daily Show (Afrique du Sud)

    Zeinab Badawi – Diffuseur et réalisateur de documentaires (Soudan / Royaume-Uni)

    Koos Bekker – Président et ancien PDG du géant des médias Naspers

    Khadija Patel – Rédacteur en chef, Mail & Guardian (Afrique du Sud)

    ARTS & CULTURE

    Ruth Negga – Actrice et star montante d’Hollywood (Ethiopie / Irlande)

    C4 Pedro – Musicien porte la musique Kizomba sur la scène mondiale (Angola)

    Imbolo Mbue – Nouvel auteur à surveiller (Cameroun)

    Roye Okupe – Found YouNeek Studios – qui crée des bandes dessinées et des super-héros africains (Nigeria)

    Dorra Bouchoucha – Producteur de films (Tunisie)

    Laduma Ngxokolo – Créateur de mode inspiré de son héritage Xhosa (Afrique du Sud)

    Alexandra Amon – Producteur de films et directo de Boutique Hôtel. (Côte d’Ivoire)

    Njideka Akunyili Crosby – Artiste plasticien (Nigeria)

    Sindika Dokolo – Entreprenuer et collectionneur d’art africain – DRCongo

    Duckie Thot – champion de la beauté et de la beauté du modèle (South Sudan / Australia)

    WizKid – sensation d’Afrobeat primée (Nigeria)

    Adwoa Aboah – féministe et Top Model du moment et (Ghana / UK)

    Chimamanda Ngozi Adichie – Auteur, féministe et icône mondiale (Nigeria)

    Tinashe – Pop star brisant l’Amérique (Zimbabwe)

    Diébédo Francis Kéré – l’architecte super talentueux, mais méconnu (Burkina Faso)

    Halima Aden – Le Hijab porte un top model qui brise les stéréotypes (Somalie / États-Unis)

    Bushra al-Fadil – Prix Winner Caine de 2017 (Soudan)

    Triplettes Ghetto Kids – Phénomène mondial des troupes de danse (Ouganda)

    Porky Hefer – un designer unique avec une conscience éthique (Afrique du Sud)

    Idris Elba – Le roi du blockbuster imparable – (Ghana / Sierra Leone / UK)

    SPORT

    Anthony Joshua – l’affable Championnat des poids lourds de boxe – (Nigeria / UK)

    Mo Salah – Footballeur qui emmène l’Égypte à la Coupe du Monde (Égypte)

    Mo Farah – L’un des plus grands coureurs de moyenne et longue distance et de marathon de sa génération – (Somalie / Royaume-Uni)

    Caster Semenya – Athlétisme 800 mètres golden girl (Afrique du Sud)

    Eniola Aluko – la star du football qui s’est levée et a exposé un racisme dans la FA anglaise (Nigeria / UK)

    Elijah Manangoi – la nouvelle sensation de 1500 mètres à regarder (Kenya)

    Wayde van Niekerk – l’émerveillement du garçon record du monde (Afrique du Sud)

    Asisat Oshoala – La royauté du football féminin – (Nigeria)

    Hellen Obiri – le champion du monde 5000m (Kenya)

    Faith Kipyegon – double champion avec de grands rêves (Kenya)

    Kagiso Rabada – Le joueur de cricket le plus redouté du monde (Afrique du Sud)


     

  • Mali: À Ségou, un festival de musique inspire toute l’Afrique

    Mali: À Ségou, un festival de musique inspire toute l’Afrique

    Chaque première semaine du mois de février, les rues de Ségou au Mali prennent vie. Les habitants de la capitale Bamako, affluent vers la ville secondaire pour échapper à l’agitation de la vie quotidienne et apprécier les couleurs du Festival qui se tient sur le long des rives du fleuve Niger.

    Créé en 2005 par les entrepreneurs touristiques et culturels de Ségou, ce festival tiendra sa 14e édition en février 2018. En effet, au cours des 10 dernières années, Ségou, avec son patrimoine architectural, son artisanat créatif et son paysage naturel, s’est imposée comme la capitale culturelle du Mali. Un évènement qui est devenu un succès parce que le gouvernement local, les artistes locaux et les acteurs plus larges de la société civile ont travaillé ensemble pour créer une politique de développement culturel axée sur le développement économique local durable. Les programmes artistiques et culturels ont été conçus et mis en œuvre collectivement, en tirant parti des ressources des institutions locales.

    Cette politique locale vise à long terme, le bien-être des résidents de Ségou. Une politique qui est basée sur l’identité culturelle spécifique de la ville et l’apport des opérateurs et entreprises culturels locaux.

    Mais comme le montre le parcours de Ségou, il existe un autre moyen de gérer et de nourrir l’économie créative urbaine. Aujourd’hui, quatre autres villes du continent suivent l’exemple de Ségou. Ils travaillent à l’élaboration de politiques et de programmes culturels qui rassemblent les objectifs du développement économique local durable, de la diversité culturelle et de la cohésion sociale.

    Sur les pas de Ségou

    Au festival de Ségou, les attractions portent sur les danses et des spectacles traditionnels, des pièces de théâtre et des vitrines musicales. Mais aussi une foire régionale d’art d’Afrique de l’Ouest, des résidences artistiques, des expositions d’arts visuels et un colloque. Les événements spontanés deviennent fréquents dans les hôtels et les restaurants.

    Le projet Ségou Creative City est une autre initiative organisée par la Fondation qui porte le même nom. Il se déroule en collaboration avec les autorités locales de la ville à travers un partenariat public-privé initié par les populations locales des secteurs de l’art, de l’artisanat, du tourisme et de l’économie, appelé Conseil pour la promotion de l’économie locale de Ségou.

    Ce conseil se concentre sur quatre domaines clés : la musique, les arts visuels, le design, la mode et les patrimoines. Il a élaboré un plan global pour le développement culturel durable de la ville. Un plan qui inclut, par exemple, une étiquette certifiée Ségou Woven Loinclothes pour la préservation et la promotion du pagne tissé et du coton du Mali. Dans ce même cadre, un centre unique, le Centre Kôré a été ouvert. Il dispose d’une bibliothèque d’art, d’une salle de conférence, d’une scène extérieure et d’un studio d’enregistrement. Il a également lancé la Biennale Ségou Art en 2016, une foire qui promeut l’art visuel.

    L’expertise de Ségou

    En Afrique, Ségou et son Festival sur le Niger ont inspiré bien d’autres villes comme Harare (Zimbabwe), Mahé-Victoria (Seychelles), Nouakchott (Mauritanie) ou encore le Pointe Noire (République du Congo). Chacun de ces villes a sa propre identité culturelle spécifique à promouvoir et à préserver. Et bien sûr, chacun a ses propres défis distinctifs. Harare a des espaces culturels innovants dans le théâtre, la musique et la sculpture. Mais le soutien du gouvernement local et les politiques pour les arts et la culture n’ont pas changé depuis 1979. À Mahé-Victoria, la créativité culturelle historiquement riche a tendance à être éclipsée par la beauté naturelle de l’archipel tandis qu’au Pointe-Noire, l’image d’une ville pétrolière industrielle a souvent caché une vie cosmopolite dense et une scène des arts visuels.

    Nouakchott par ailleurs est culturellement changeant. Mais la ville demande encore plus d’espaces d’expression et de rencontres pour son héritage culturel multiple et ses traditions vivantes.

    En effet, les programmes développent les marchés culturels à travers les frontières nationales en créant des partenariats professionnels et des circuits touristiques pour des productions artistiques. Ces villes ont déjà échangé des représentations théâtrales et musicales ainsi que des expositions d’arts visuels.

    Avant tout, le programme vise à aider les quatre villes pilotes à développer leurs propres politiques culturelles urbaines, en s’appuyant sur les leçons importantes de Ségou. Des séminaires et des ateliers dédiés à la description des identités culturelles de chaque ville ont eu lieu cette année. Une équipe de travail et une commission consultative ont été identifiées pour chaque ville. Les rôles et les responsabilités ont été attribués à chaque membre en fonction de son expertise. D’autres échanges artistiques et sessions de renforcement des capacités suivront en 2018. L’objectif est de renouveler l’expérience et de passer de cinq à dix villes à travers le continent pour un autre cycle de deux ans, et plus encore.

  • En Afrique, Microsoft compte moderniser l’éducation avec le Cloud

    En Afrique, Microsoft compte moderniser l’éducation avec le Cloud

    Le continent africain est dans une belle dynamique en matière des nouvelles technologies et ses performances semblent plaire aux géants mondiaux. Au rang de ceux-ci, Microsoft, qui veut principalement s’intéresser au domaine de l’éducation.

    Au cours du premier semestre de l’année 2017, l’américain Microsoft a exprimé son intention d’utiliser pour la première fois des data centers situés en Afrique, et plus précisément à Johannesburg et au Cap pour se fournir des cloud, à l’horizon 2018. Ce n’est pas tout. Les nouveaux centres proposeront également la possibilité d’hébergement de données et ainsi faciliter l’accès aux services Internet et de cloud pour les populations et les organisations sur une bonne partie du continent africain. Selon le communiqué que l’entreprise fondée par Bill Gates et Paul Allen avait rendu public, « ce nouvel investissement est un symbole de reconnaissance des opportunités énormes qu’apportera la transformation numérique en Afrique ».

    Mais depuis peu, Microsoft s’intéresse à bien d’autres domaines, comme l’éducation. En effet, Microsoft travaille actuellement avec des ministères de l’éducation dans de nombreux pays africains comme le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Kenya…, en fournissant des technologies pour assister les processus d’enseignement et d’apprentissage. De fait, lors d’une récente conférence, les responsables du groupe ont ajouté à cette liste, un nouveau partenariat avec le Mozambique pour « moderniser l’éducation dans le pays ».

    En janvier dernier, Microsoft avait aussi signé un protocole d’entente accord avec Ecobank Transnational Incorporated, société mère du groupe bancaire panafricain Ecobank. Une collaboration qui résulte de la pression croissante sur les agglomérations africaines due à l’urbanisation et à la nécessité de d’offrir des services qui assureront un environnement plus sûr, ouverte et durable. Objectif de cet accord, accompagner les efforts des gouvernements pour « moderniser et élever les standards des grandes villes du continent grâce à des solutions numériques de pointe ». Ce protocole d’accord se veut un vecteur de modernisation des secteurs qui auront l’impact le plus immédiat et le plus important pour le développement les pays africains.

    Les secteurs visés comprennent les décaissements de bourses et les frais de scolarité dans le secteur de l’éducation ; par ailleurs, la collecte par la municipalité auprès des vendeurs du marché et des petites boutiques, les règlements pour les licences des véhicules et de permis de conduire ainsi que pour les e-Visa et les e-Passeport. Mais l’initiative ne se limite pas là. Elle couvre également la mise en œuvre d’un programme complet d’e-compétences et de formations dans le domaine du digital.

    L’entreprise a également profité du sommet pour le lancement officiel en Afrique de sa solution Microsoft 365 Education, conçue pour « libérer la créativité », pour « promouvoir le travail d’équipe » et « offrir une expérience utilisateur simple et sûre ». Parmi les différentes fonctionnalités, le paquet comprend une version éducative du jeu populaire Minecraft (qui enseigne aux étudiants comment coder), une plate-forme de collaboration Microsoft Teams et le service Intune du géant du logiciel, qui aide les écoles à mettre en place et à gérer les appareils scolaires.

    En Afrique, le grand défi

    Un grand des grands obstacles auquel se heurtent les entreprises qui veulent s’implanter en Afrique pour œuvrer dans le domaine de l’éducation est qu’elles doivent souvent travailler avec les gouvernements, ce qui peut être un exercice lent et trop bureaucratique. L’attrait du sommet Innovation Africa est probablement sa capacité à attirer un grand nombre de responsables gouvernementaux à un même endroit.

    Un autre défi auquel Microsoft est confrontée selon ses responsables est la perception de la tarification de ses produits éducatifs. Bien de personnes ignorent que les écoliers n’ont pas à payer le même prix pour utiliser Word comme les entreprisse. « Je suis toujours surpris de voir combien d’institutions en Afrique ne savent pas que nous avons des licences pour l’éducation. Beaucoup d’institutions me disent que “votre logiciel est trop cher”, mais le fait est qu’elles achètent des logiciels à des prix compétitifs », a commenté Mark East, responsable régional de Microsoft pour l’éducation en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

    Commentant ce dont les prestataires de services éducatifs ont besoin pour réussir sur le continent, East a mis en exergue des « victoires de tête de pont », des réussites avérées qui peuvent être utilisées pour décrocher de nouvelles affaires. Il a ajouté que ceux qui cherchent à entrer dans un pays particulier devraient s’associer avec de plus grandes entreprises technologiques déjà actives sur un marché. Ils devraient également s’aligner sur les plans de transformation numérique des gouvernements respectifs, a-t-il conseillé.

     

     

  • Révolution 2.0:  ces incubateurs qui stimulent les startups ouest-africaines

    Révolution 2.0:  ces incubateurs qui stimulent les startups ouest-africaines

    La technologie et le numérique restent encore des secteurs qui ne sont pas suffisamment explorés sur le continent. Plusieurs incubateurs tentent à cet effet d’encourager des initiatives numériques dans les pays africains.

    Chaque année la plupart des États africains voient leur croissance économique augmenter. Certains gouvernements se sont d’ailleurs dotés de plan de développement qui doit conduire leur pays vers l’émergence. Pour atteindre ce niveau, les pays misent sur d’autres secteurs que l’exploitation des matières premières. Il y a également le secteur des technologies et de l’économie numérique qui doit leur permettre de promouvoir des innovations.

    Les startups peinent encore à être créées même si les initiatives privées ne manquent pas. Les dernières innovations appréciées sur le continent ont quand même été l’œuvre de bons nombres d’incubateurs. En Afrique de l’Ouest, l’incubateur Jokkolabs basé à Dakar qui forme depuis 2010 des entrepreneurs sur la créativité numérique est une référence. En sept ans, cet espace de coworking et d’innovation a permis l’éclosion de différentes startups numériques au Sénégal.

    Presque la même situation dans la capitale togolaise. Le quartier de Djidjolé abrite un espace de travail où de passionnés de technologie et du numérique se côtoient. Il s’agit du Woelab, un incubateur créé par Sénamé Agbodjinou, un jeune entrepreneur décidé à encourager « le partage du savoir numérique au Togo ». Le Woelab a incubé depuis quelques années plusieurs projets numériques. Mais également des startups qui sont conseillés part de spécialistes ou d’experts. Au Woelab des enseignements gratuits sont donnés aux jeunes amoureux de technologies. Il y a quelques années, l’incubateur a même facilité la conception d’une imprimante 3D Opensource à partir de déchets électroniques.

    L’esprit d’équipe pour innover

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    A Accra depuis six ans, l’incubateur mFriday s’illustre également de son côté dans le soutien aux jeunes ghanéens férus du numérique. En 2011, les responsables de mFriday ont décidé partager avec la jeunesse des connaissances en technologie mobile, notamment le développement des applications. Leurs efforts ont porté des fruits avec le lancement de plusieurs applications mobiles qui répondent à des besoins dans différents secteurs du pays. L’innovation numérique est aussi en marche au Nigéria.

    Dans ce pays où des abonnés mobiles se comptent par millions avec un taux de pénétration internet en progression, des incubateurs encouragent la créativité numérique. Parmi eux, on peut retenir CoCreation Hub Nigeria qui vient en aide à plusieurs entrepreneurs web du pays. A Lagos, l’incubateur s’est basé sur ses partenariats avec Samsung, BlackBerry et même Google pour s’imposer. CoCreation Hub Nigeria a ainsi permis à des entrepreneurs de bien « monter leur projet » et de recevoir parfois l’appui financier des investisseurs.

    L’incubateur camerounais ActivSpaces situé à Douala forme aussi des jeunes entrepreneurs dans l’innovation technologique. Les jeunes sont même accompagnés dans leurs projets et bénéficient des conseils de mentors dans la réalisation de leurs initiatives. ActivSpaces sert également d’espace de coworking. L’incubateur contribue surtout à la naissance de jeunes entrepreneurs prometteurs avec d’encourageantes histoires de réussite. « ActivSpaces est un atout pour la scène Tech camerounaise », résume un développeur d’application. Ce dernier explique que l’incubateur est à l’origine de l’esprit d’équipe et de recherche entre les entrepreneurs du pays.

  • Simula, un logiciel sénégalais qui va révolutionner les mathématiques

    Simula, un logiciel sénégalais qui va révolutionner les mathématiques

    À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), un doctorant au Département de Mathématiques et d’Informatique devient l’objet de curiosité, avec une innovation qui permet aux enseignants du secondaire comme à ceux du supérieur de préparer leurs enseignements et de corriger les exercices.

    Jusqu’ici, des pays africains n’avaient pas le choix. Ils étaient presque contraints de recourir un logiciel fabriqué en France et qui, selon certains utilisateurs, est loin des réalités et les préoccupations des pays africains : « Géogebra ». Et c’est sur ce point que l’auteur, Michel Seck, présente le nouveau produit, du nom de « Simula » comme une révolution dans le domaine de la mathématique.

    Révolution

    Les fonctions de ce logiciel sont diverses. Selon le concepteur, Simula, peut faire une analyse, l’algèbre linéaire, les bases de Groebners, la théorie des nombres, les graphes 2D et 3D, la probabilité. Mais pas que. L’application est capable de traiter également des statistiques, des réseaux arithmétiques et les codes correcteurs.

    Selon toujours l’auteur, Simula comporte près de 120.000 lignes de codes. « Il permet de faire directement des exercices de statistiques, de calcul des limites et des calculs de grandes puissances », présente Michel Seck qui est spécialiste de la « la cryptographie, l’algèbre et ses applications ». À l’Université Cheik Anta Diop, Prof Sow s’enorgueillit. « C’est une grande innovation en Afrique. À ma connaissance, c’est le premier logiciel conçu en Afrique. Il permet de simuler et de faire des mathématiques en ligne », a-t-il déclaré.

    En concevant son application, Michel Seck avait une ambition principale : trouver une solution au problème de l’accès aux Tic pour le plus grand nombre d’apprenants et d’enseignants. « Il m’a fallu aller à l’université pour utiliser les logiciels afin de faire les mathématiques. Je veux que ce logiciel soit librement accessible, qu’on l’utilise aussi bien dans les lycées que dans les universités. Ainsi, on pourra l’utiliser du secondaire jusqu’au niveau universitaire », souhaite-t-il.

    En effet, Michel Seck a, pour commencer, catalogué les différentes difficultés liées à l’enseignement des mathématiques au Sénégal. Il en a ensuite déduit que ces contraintes n’ont pas favorisé la simplification des échanges de connaissances dans cette matière. Voilà pourquoi, pense-t-il à travers son application, encourager beaucoup de jeunes à s’inscrire dans les filières scientifiques, notamment les mathématiques. On comprendra pourquoi, contrairement aux autres logiciels, l’utilisateur n’aura pas besoin d’une formation pour utiliser Simula.

    Adoption

    Au Sénégal, le processus devant aboutir à l’autorisation du nouveau produit au sein des écoles a été enclenché. Un accord de principe aurait été déjà trouvé avec le Comité national de l’enseignement des mathématiques. Si le processus aboutit tôt, l’outil sera introduit dans l’enseignement à partir de cette année.

    « Jusqu’ici, il n’y a pas de Travaux pratiques (TP) en mathématiques dans les universités. Or les TP sont organisés en France. Aujourd’hui, ce logiciel rend possible l’organisation des TP. Nous envisageons d’introduire les TP en Licence 1, Licence 2 et Licence 3 à la Faculté des Sciences et techniques », avance le concepteur. Ce logiciel que le fabricant veut comme une calculatrice améliorée peut bientôt être accepté partout.