Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Ce 7 décembre, à 47 km de la capitale sénégalaise Dakar, l’aéroport international Blaise Diagne ouvrait ses portes, après dix ans de travaux souvent interrompus. Retour sur ce nouvel aéroport sénégalais qui veut se veut beaucoup meilleur que l’aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar.

    Émergence

    Quand ce jeudi, à midi, l’avion du président Macky Sall venait de se poser sur le tarmac flambant neuf de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), au Sénégal et principalement au sein du gouvernement, ce n’est pas qu’une simple inauguration ; c’est plutôt un tournant crucial, un « accélérateur de développement », un fleuron du plan Sénégal émergent, comme le veut-on. Changement d’entreprise chargée d’exécuter le projet, investissements discontinus, chantier enlisé, plaintes des concessionnaires, les embûches n’ont pas été absentes sur le chemin.

    Blaise Diagne 

    Le nouvel aéroport international a été baptisé Blaise Diagne, du nom du premier député africain noir élu au Parlement français en 1914. En réalité, jusqu’à cette date, les précédents députés noirs au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Le Sénégalais né sur l’île de Gorée en 1872 a également été le premier Africain sous-secrétaire d’État aux Colonies. Il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales qu’une fois ces dernières installées. Son important rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales est aussi à relever.

    Espace

    L’AIDB s’étend sur 4 500 hectares. Mais seuls 2 500 sont aujourd’hui utilisés. Il a une capacité de 2 millions de passagers annuels, contre 1,9 million pour l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan désormais principal concurrent dans la sous-région. Actuellement, l’AIBD est capable d’accueillir le plus grand avion de ligne du monde, l’Airbus, l’A380, tout comme l’aéroport d’Abidjan. Afin de traiter jusqu’à 10 millions de passagers à l’horizon 2035, dans un avenir proche il est prévu que de nouveaux terminaux voient le jour.

    Coût

    Quand il inaugurait ce joyau, le président Macky Sall a bien une idée. Permettre au Sénégal de « rester dans le temps de l’action d’un monde globalisé où le progrès des nations se doit de relever les défis de compétitivité, de précision et de vitesse ». L’enjeu est clair : « devenir le hub aérien d’Afrique de l’Ouest ». Et cela un a coût. Estimés au départ il y a 10 ans à 200 milliards de francs CFA (305 millions d’euros), les investissements ont plus que doublé finalement pour atteindre 424 milliards de francs CFA (646 millions d’euros), à en croire les chiffres annoncés par Maïmouna Ndoye Seck, la ministre des Transports aériens ce 4 décembre.

    Évolution

    Après la pose de la première pierre en 2007 par le président Abdoulaye Wade, en 2012, date d’échéance initiale pour la livraison du projet, le taux d’exécution des travaux n’en était qu’à 12 %. « Le chantier était presque à l’arrêt en 2013 », se rappelle Abdoulaye Mbodj, directeur de l’aéroport. D’abord confié au le Bin Ladin Group, l’entreprise saoudienne de BTP, le projet ne sera finalement achevé qu’avec les Turcs de Summa-Limak, ayant pris maitrise des travaux en 2015.

    Obstacles

    Pour réaliser ce projet, trois villages ont été expropriés de leurs terres. Il s’agit de Mbadat, Kathialick et Kessoukhatt, faisant au total 2 500 habitants en tout. Mais ce processus de dépossession des terres aux habitants de ces villages n’a pas été simple. Alors que les résidents des deux premiers (Mbadat, Kathialick) acceptent d’être recasés à 6 km du site de l’aéroport, ceux de Kessoukhatt n’ont pas été favorables au délogement. Pour cause, dans les villages de recasement, les bénéficiaires dénoncent des engagements non tenus par les autorités. Pas de marchés construits pour les villages ni d’aires de jeux pour les jeunes, comme cela avait été promis.

    Opacité

    L’ouverture de ce nouvel aéroport a aussi fait des mécontents à l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor en service depuis 70 ans. En effet, les entreprises sénégalaises opérant au sein de l’ancien aéroport ont fermé leurs portes ce jeudi, tout comme les pistes qui seront consacrées désormais aux fins militaires. Comme accusation, ces sociétés doigtent le consortium d’exploitation sénégalo-turc de les avoir écartées du transfert vers AIBD, au profit de structures étrangères.

    Ils dénoncent dans cette affaire un manque de transparence et l’absence d’appel d’offres pour la concession des lounges mais aussi pour le magasin duty free accordé désormais au français Lagardère. Si du côté de l’AIBD on estime que les entreprises sénégalaises ont bien postulé, mais le mieux offrant a été retenu, l’Union des prestataires et opérateurs du Sénégal (UPOAS) et le Conseil national du patronat (CNP) restent néanmoins toujours derrière les protestataires pour dénoncer une opacité dans l’attribution des marchés.

    Couacs

    Ce 7 décembre, les premiers passagers des vols commerciaux ont commencé par dénoncer quelques couacs. Selon une passagère, « les employés n’ont pas encore été bien formés », confie-t-elle. Et d’ajouter, « il manque quelques préparations. J’espère qu’avec le temps tout sera en ordre. On peut comprendre que pour certains, ce sont les premiers jours ». Un autre a dû conclure en quelques mots tout ce qu’il a déduit de ce premier voyage : « les équipements changent, mais les pratiques restent. »

    Ambitions

    Si Macky Sall se félicite de cette nouvelle initiative, il ne compte pas rester là. Prochaine étape de ses ambitions aériennes, faire renaître la compagnie Air Sénégal. Cette compagnie devrait, selon les autorités sénégalaises, effectuer ses premiers vols commerciaux très bientôt. Certains évoquent l’échéance janvier 2018. Et son directeur n’est pas inconnu dans le monde aéroportuaire en Afrique. Il s’git du français Philippe Bohn. Il lui colle souvent l’étiquette d’ancien « Monsieur Afrique » d’Airbus. Sa mission est lourde. Il devra faire beaucoup mieux pour faire oublier ses prédécesseurs, dont les directions ont été marquées par les faillites successives subies par Air Afrique en 2002 et Sénégal Airlines en 2016.

  • Niger: la télé-irrigation révolutionne l’agriculture et l’élevage

    Niger: la télé-irrigation révolutionne l’agriculture et l’élevage

    Depuis  2013 Tech-Innov vient en aide à de nombreux agriculteurs nigériens dans la gestion de l’irrigation de leur culture.

    Quatre ans après son lancement, plus de 200 exploitations bénéficient de cette technologie. Des agriculteurs ont vu la superficie de leur exploitation augmentée. L’application Tech-Innov a été conçue par l’entrepreneur Abdou Mamane Kane qui s’est donné pour mission de fournir aux agriculteurs et aux éleveurs des moyens de gestion de l’eau. Il explique que l’irrigation constitue un facteur important dans la réussite des cultures locales.

    Concrètement, Tech-Innov se base sur un système d’irrigation à distance basé sur une autonomie. Dans les exploitations équipées, il existe des ressources d’eau comme des puits. Ces derniers sont dans la plupart des cas dotés d’un système de pompage tourné grâce à l’énergie solaire ou éolienne. Puis un réseau d’irrigation est installé dans les exploitations agricoles et les fermes d’élevage avec à la clé une station météo.

    Les agriculteurs utilisent donc à distance des téléphones pour déclencher le système d’irrigation en temps voulu. Pour le concepteur de Tech-Innov, l’application permet surtout de livrer régulièrement aux agriculteurs des données météorologiques en rapport avec la température, la pluviométrie, le taux d’humidité, le vent ou l’ensoleillement.

    « Les exploitations sont donc irriguées normalement et en fonction des données analysées avec l’appui de l’université de Niamey ». A une quarantaine de kilomètres de la capitale Niamey, des agricultrices de Goubé trouvent le système d’irrigation « très aidant ». « Nous irriguons avec de l’eau potable grâce à un système de filtrage au rayon UV. Tout cela à distance », confient-elles avec satisfaction. Il faut dire que Tech-Innov leur a déjà permis d’agrandir leur surface et d’augmenter leur rendement.

    Rendre le kit plus accessible

    L’initiative de Abdou Mamane Kane lui a permis de recevoir en 2015 le prix du concours de l’Entrepreneur social en Afrique. Au ministère des Postes, des Télécommunications et du Numérique, on se félicite de l’existence de cette innovation technologique qui « révolutionne l’irrigation dans le pays ».

    De plus en plus d’exploitations agricoles sont cultivées et les structures d’élevage sont abreuvées avec un gain de temps et peu d’efforts physiques. Pour les agriculteurs analphabètes, la startup a mis en place une autre version de l’application qui permet de déclencher vocalement le système d’irrigation. Il s’agit de rendre accessible l’application à de nombreux agriculteurs et d’éviter à certains « des manipulations complexes », selon Abdou Mamane Kane.

    Avec ses résultats encourageants, la startup nigérienne envisage conquérir le marché ouest-africain et le bassin méditerranéen au plus tard en 2021. Mais pour le moment, le kit d’irrigation coûte cher et les agriculteurs sont parfois obligés de s’endetter pour les payer. La startup compte sur des partenariats avec des microfinances pour venir en aide aux agriculteurs.

    Abdou Mamane Kane estime par ailleurs que la mise en place d’une unité de production des kits au Niger va permettre à Tech-Innov de diminuer les prix. Grâce à un programme de recherche et de développement, Tech-Innov s’emploie également à inventer d’autres kits qui pourraient faciliter la tâche aux agriculteurs, aux éleveurs et même aux pêcheurs. Tout le bien pour un pays où l’agriculture représente avec l’élevage presque la moitié du Produit intérieur brut.

  • EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    Lauréat de la 2e édition de Digital Africa tenue à Abidjan le 29 novembre dernier, Ethicphone, le premier opérateur de paiement mobile international pour la diaspora africaine créé en 2015, a bien le vent en poupe.

    Le contexte africain, surtout dans la zone subsaharienne, est en effet difficile à l’éclosion de la bancarisation. Une situation qui est plutôt favorable au mobile Monet, moyen de transfert d’argent de plus en plus utilisé sur le continent. C’est en effet le succès de cette technologie qui a inspiré le projet Ethicphone.

    En 2015, en créant sa startup, Mouhamed Diakité avait une idée en tête : proposer une solution qui permet d’appeler, de transférer de l’argent vers l’Afrique et de réaliser des achats à partir du mobile. Pari réussi. Ethicphone a été créée afin de simplifier les échanges entre l’Europe et l’Afrique par l’entrepreneur d’origine ivoirienne, au vu de la forte diaspora africaine en Europe.

    En effet, en 2014, selon les chiffres du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la diaspora africaine en France aurait transféré 10,5 milliards de dollars vers l’Afrique, et environ 45 % de ce montant aurait été envoyé en passant par une tierce personne, et donc de manière « informelle ».

    Mouhamed Diakité veut donc rendre l’informel, formel, pour, dit-il, offrir un service moins cher et capable d’atteindre, grâce au mobile, les zones rurales les plus reculées.

    Cet opérateur de téléphonie mobile virtuel est le premier en France qui offre les services de transfert d’argent international et de téléphonie mobile. La cible première : les diasporas africaines, mais pas que. L’application est aussi disponible pour toutes les populations non bancarisées d’Europe qui représentent 30 millions de personnes ; et 1 milliard de personnes dans le monde.

    Genèse

    Mouhamed Diakité mise sur la bancarisation du continent grâce au mobile, tout comme bien de services de téléphonie l’a compris aujourd’hui en Afrique. L’application disponible sur IOS et Android a été inspirée, selon le porteur du projet, par une « l’économie solidaire » qui, croit-il, oscille entre le souhait de remplir une mission d’intérêt général par les pouvoirs publics et le fait qu’elle doive devenir rapidement rentable, dans des secteurs très concurrentiels comme la téléphonie mobile et le transfert d’argent.

    Le concepteur raconte ses débuts. « C’est à mon arrivée en France en 1994 que j’ai été confronté pour la première fois au transfert d’argent international. Trois mois après mon arrivée, j’ai fait un transfert d’argent à ma famille en Côte d’Ivoire. Depuis cette date, chaque mois en fonction de mes moyens, je fais des transferts d’argent et toujours selon le même parcours client avec une commission très élevée, 12 % du montant transféré. Et pourtant, depuis 1994, l’Afrique est devenue le continent le plus doté en téléphonie mobile et chaque personne en Côte d’Ivoire peut facilement et gratuitement ouvrir un compte mobile qu’elle soit en zone urbaine ou rurale. »

    D’abord, c’est au sein de l’incubateur Nord/Sud Bond’innov à Bondy (Seine-Saint-Denis) que Mohamed a choisi de développer son projet. Pour lancer l’application sur smartphone, il a fallu d’abord la tester. Cette phase d’expérimentation financée par BpiFrance et la Région Ile de France avait duré un an.

    Aujourd’hui, 500 personnes utilisent EthicPhone Money en partenariat avec Moov Côte d’Ivoire. L’entreprise a récemment lancé sa Carte de paiement Multi devises (dollar américain, livre sterling, euro et Francs CFA).

    Pour rentabiliser son projet, le diplômé d’un double Master en stratégie d’intelligence économique et en finance compte facturer à de 2 euros de commission pour chaque transfert inférieur à 100 euros et 3 euros au-delà.

    Aujourd’hui lauréat de Startup of Africa 2017, Ethicphone a un certes un cours passé, mais déjà riche. En 2016 déjà, le projet a été primé au BpiFrance 2016 et de Scientipôle en 2015. Présent dans plus de 40 pays, Ethicphone a déjà levé plus de 300.000 euros de fonds. Il a également intégré la Station F, réputé pour être le plus grand campus de Startup au monde.

     

  • Tony Elumelu, le promoteur de 10000 startups africains honoré à New York

    Tony Elumelu, le promoteur de 10000 startups africains honoré à New York

    Le Président du Groupe UBA, M. Tony O. Elumelu, s’est vu décerner, le lundi 04 décembre, le prix mondial de l’entrepreneuriat « Dwight D. Eisenhower Global Entrepreneurship Award » pour reconnaissance de ses efforts dans la promotion de l’entrepreneuriat en Afrique et dans le monde. La cérémonie de remise des prix et le gala ont eu lieu à New York.

    Sur le vaste chantier de l’entrepreneuriat en Afrique, Tony Elumelu n’est pas du tout un inconnu. Certaines jeunes pousses de son programme ne le cachent pas. « Tony, c’est le faiseur des entrepreneurs ». Au sein des alumnats dudit programme dédié aux startups, on s’accorde à dire que le Nigérian a une vision noble et plus pragmatique du développement du continent dont il se fait, sans le clamer, un important artisan.

    Et pour preuve, lui-même serial entrepreneur, Tony Elumelu, à travers sa Fondation qui porte son nom, a déjà financé à ce jour plus de 3 000 entrepreneurs africains. A long terme, les chiffres dont il est ambitieux sont impressionnants.  100 millions de dollars en faveur de 10 000 entrepreneurs sur une période de 10 ans. Ceci, dans le but de permettre à ces entrepreneurs de créer un million de nouveaux emplois et plus de 10 milliards de dollars de revenus.

    Il est à relever en effet que c’est la philosophie d’Africapitalisme d’Elumelu, fondateur du concept, qui stipule que le secteur privé africain doit jouer un rôle de premier plan dans le développement et la croissance du continent africain alors que les gouvernements et le secteur privé se réunissent pour y parvenir.

    Ce 4 décembre, quand le Conseil économique pour l’entente internationale (BCIU), une association commerciale américaine à but non lucratif dédiée à l’établissement de relations et à la promotion du dialogue entre les entreprises et les gouvernements du monde entier, décernait le prix à Tony Elumelu, c’est certes un premier pour un Africain, mais le milliardaire nigérian n’est pas son premier essai.

    Lors du gala, l’ancien président américain George W. Bush a tenu à féliciter le banquier pour son travail. Celui-ci a reconnu les efforts de l’entrepreneur africain en disant : « Je suis impressionné par les initiatives philanthropiques de Tony qui stimulent la création d’emplois et l’entrepreneuriat dans une région [Afrique, ndlr] très chère à Laura et moi. Recevoir un prix fondé par le président Eisenhower, a ajouté un sens. Eisenhower a fourni un exemple de leadership, dont nous pouvons tous tirer des leçons. De plus, sa conviction de promouvoir la compréhension internationale est une responsabilité d’une importance vitale. »

    « Les Africains ont besoin d’un leadership puissant » 

    Le PDG de BCIU, Peter Tichansky, a, de son côté déclaré que « l’approche audacieuse de M. Elumelu et son état d’esprit volontariste sont des caractéristiques exemplaires d’un entrepreneur visionnaire. » Celui-ci ne s’est pas empêché, dans son speech, de donner les raisons pour lesquelles l’entrepreneur africain a été sélectionné comme lauréat du prix. Selon celui-ci, Tony Olumelu incarne l’idée que les entreprises doivent prendre l’initiative de rapprocher les entreprises et la société. « Son plaidoyer prouve que les entreprises, agissant comme des entreprises et non des donateurs charitables, sont la force la plus puissante pour relever les défis sociaux et réaliser le développement économique », a jouté le PDG de BCIU.

    Dans son discours de remerciement, le PDG de la banque UBA a déclaré qu’être reconnu aujourd’hui comme le récipiendaire du prix inaugural de l’entrepreneuriat mondial est un honneur qui trouve écho auprès de tant de personnes en Afrique. « Ce dont nos entrepreneurs africains ont besoin, c’est d’un leadership puissant pour les dynamiser, les encourager et les motiver à transformer le continent ». Et d’ajouter, « j’espère que cela stimulera davantage les autres Africains et amis de l’Afrique, pour s’assurer que nous travaillons ensemble pour une prospérité inclusive ».

    Il faut dire que Tony est un grand visionnaire. Il l’a toujours dit haut et fort, et même devant moult palais présidentiels qu’il a déjà parcourus : « personne ne va développer l’Afrique à notre place ». Et celui croit dure comme fer dans une prophétie selon laquelle le XXIe siècle sera celui de l’Afrique. Sans doute, l’Africapitalisme aidant.

  • L’Afrique positive que nous voulons!

    L’Afrique positive que nous voulons!

    Le paysage médiatique sur le continent est caractérisé par une pluralité. La presse papier, la radio et la télévision font partie du quotidien de nombreux Africains. Mais la presse en ligne reste encore un univers pas suffisamment exploré. Elle est en réalité un terreau où peut être bâtie « l’Afrique positive » tant souhaitée.

    Au moment où elle construit sa renommée sur le continent, Afrotribune, votre nouveau média, veut redéfinir à sa façon le traitement des informations sur l’Afrique. Il ne s’agit pas de progresser dans les sentiers battus ou d’opter pour un mimétisme adaptatif. Notre site web n’envisage pas faire dans l’idéologie ou relayer des réalités négatives du continent à l’heure où des histoires positives et des avancées sont constatées en Afrique.

    Après plusieurs décennies, il est important que la page d’une histoire souvent écrite par des médias inféodés aux puissances occidentales soit tournée. Parce qu’en Afrique, il y a des politiques de développement qui sont enclenchées, des dictatures qui s’écroulent, les libertés humaines qui sont acquises et des initiatives locales qui s’inscrivent dans l’amélioration des conditions de vie des populations.

    C’est cette Afrique-là que votre nouveau média en ligne Afrotribune vous fera découvrir. L’équipe qui entend accomplir cette tâche est composée de jeunes dynamiques formés aux exigences du monde médiatique, soucieux de contribuer au développement du continent et fiers de participer à la genèse de la presse en ligne en Afrique.

    Avec ardeur, l’équipe entend offrir à ses lecteurs des contenus de qualité sur l’Afrique. Sur votre site, vous pourrez lire des décryptages, des enquêtes et des analyses de nos rédacteurs. Ce n’est pas tout. À l’heure où prolifèrent de fausses informations, il ne s’agit pas pour Afrotribune de servir de l’approximatif. Des sujets originaux seront traités et les différentes faces de l’Afrique en pleine transformation vous seront présentées.

    Des jeunes entrepreneurs qui transforment le quotidien des communautés, aux nombreuses startups qui se créent sur le continent africain, votre nouveau portail d’informations vous les fera découvrir à travers des reportages et des interviews.

    C’est comme cela que vous arriverez à nous faire confiance. Nous en sommes conscients. Notre vision est de nous imposer et de jouer notre rôle d’éducateur et d’influence. Nous espérons meilleure l’aventure que nous entamons avec des universitaires, des juristes, des ingénieurs, des économistes et des éditorialistes. C’est pourquoi l’équipe s’est entourée de personnes ressources compétentes. Avec eux, Afrotribune proposera des contenus sur les choix importants qui doivent être faits pour l’avancée du continent.

    L’Afrique, continent de l’avenir, a besoin d’un empire médiatique à ses côtés. Afrotribune jouera ce rôle. Avec son équipe, la richesse du continent, ses success-stories, ses héros et ses cultures seront présentés autrement à des milliers de lecteurs pour reprendre une place longtemps occupée par des médias occidentaux. De Lomé à Lubumbashi, de Tunis à Johannesburg, de Kampala à Freetown, de Kigali à Windhoek, nous allons célébrer l’Afrique et ses acquis. Il est question d’une information produite par des Africains pour les Africains.

     

  • Des vétérans américains  en Afrique pour traquer les braconniers

    Des vétérans américains  en Afrique pour traquer les braconniers

    La recrudescence du braconnage sur le continent oblige certains États à faire appel à des vétérans américains pour former leurs rangers. Désormais c’est avec des méthodes militaires que ces « soldats de la faute » luttent contre les braconniers.

    Depuis près de cinq ans, des voix s’élèvent pour dénoncer l’extinction de certaines espèces dans la savane africaine. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) continue d’exprimer sa préoccupation sur la menace de disparition qui plane sur le pangolin, le rhinocéros, la girafe et le guépard. Leur disparition est liée à des activités humaines, notamment le braconnage illégal. Mais depuis quatre ans, sur le continent, une bataille de longue haleine est en cours dans les faunes. Elle oppose des braconniers qui chassent des animaux dans les faunes et les rangers qui se donnent pour tâche de protéger les animaux.

    Mais la protection des rangers n’est pas toujours totale. Le braconnage illégal étant devenu une crise si grave que les braconniers passent souvent entre les mailles des rangers. Depuis plusieurs mois, des parcs animaliers sur le continent se tournent de plus en plus vers les soldats actifs. Les responsables en charge de la gestion des parcs font appel à des vétérans qui utilisent des technologies militaires pour protéger la faune. C’est le cas du Malawi. Pour la protection de ces parcs, le pays a fait appel à des soldats britanniques. Ces derniers enseignent aux rangers comment combattre les braconniers à kalachnikov. Cette aide des soldats britanniques s’inscrit dans le cadre d’un programme soutenu par le prince Harry.

    De leur côté, les rangers kényans utilisent du matériel de qualité militaire pour traquer les braconniers avec l’aide du Fonds mondial pour la nature. L’organisation a également essayé de déployer des drones en Namibie. Pour Ryan Tate, fondateur de VETPAW (Veterans Empowered to Protect African Wildlife), un organisme à but non lucratif américain lancé en 2013, le personnel militaire est bien équipé pour aider les gardes forestiers à faire face à la crise du braconnage. Le patron du VETPAW estime que les vétérans disposent de compétences pour dissuader les braconniers. Le VETPAW forme depuis quatre ans des équipes de vétérans américains qui doivent venir en appui aux rangers africains. La formation porte sur des tactiques militaires et sur comment patrouiller sur de vastes zones ou mener des opérations nocturnes.

    Approche critiquée

    « Au lieu de les envoyer chercher une aiguille dans une botte de foin, si nous pouvions leur apprendre à prendre des informations et à réduire les points de braconnage où les braconniers entrent et sortent des réserves, et comment ils le font, si nous pouvions apprenez-leur ces tactiques, nous pourrions réellement renverser la vapeur dans cette crise », résume Ryan Tate. Le VETPAW qui est financé par des dons compte actuellement sur le continent six vétérans.

    Outre la lutte contre le braconnage, les vétérans travaillent également avec des écologistes locaux pour comprendre comment gérer les animaux et le terrain. Cependant, la relation entre le personnel militaire, les anciens combattants et les rangers n’est pas sans reproche. Une équipe de chercheurs de l’université de Sheffield s’est récemment opposée à de telles tactiques. « Cette image d’une écoarmée bienveillante détourne l’attention de poser d’autres questions importantes comme ce qui motive le braconnage en premier lieu [et] quel rôle joue la pauvreté », ont écrit les chercheurs.

    L’article des chercheurs se rapportait à une déclaration publiée en avril par l’Association des Rangers d’Afrique sur l’utilisation de «personnel et tactiques militaires et de sécurité» pour entraîner les gardes-chasse. Parmi les préoccupations de l’association: le manque de coordination, le manque de contrôle approprié et le manque d’appréciation de l’environnement politique et culturel dans lequel évoluent les rangers. Selon les chercheurs de l’université de Sheffield, l’engagement de la communauté et le travail pour éradiquer la demande de produits de la faune sont une approche plus efficace.

    Ryan Tate affirme apprécier en partie la position des chercheurs. Il réitère toutefois que les rangers ont besoin de ce type de formation pour répondre aux tactiques sophistiquées des braconniers. Le fondateur de VETPAW critique également le fait que les chercheurs passent sous silence les efforts de la communauté et du renseignement déployés par les anciens soldats et les soldats actifs, efforts qu’il dit aider les gardes forestiers à trouver et à appréhender en toute sécurité les braconniers.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Ces 10 entrepreneurs africains aux débuts étonnants

    Ces 10 entrepreneurs africains aux débuts étonnants

    Il existe de nombreux jeunes entrepreneurs sur le continent qui désirent se lancer dans des projets privés. Entreprendre devient un rêve qu’on peine parfois à réaliser. La plupart de ces potentiels entrepreneurs évoquent « l’insuffisance de capital pour démarrer leurs activités ». En plus, les banques ne prêtent pas toujours et « les taux d’intérêt sont trop élevés », expliquent-ils.

    Les histoires de réussites existent pourtant. L’absence de capital, apport important pour la réussite d’une entreprise, n’est pas considérée par certains comme une excuse. De grands entrepreneurs africains continuent de faire prospérer leurs entreprises alors qu’ils avaient démarré sans grand soutien. Afrotribune vous présente dix d’entre eux.

     Aliko Dangote

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    Le Nigérian est actuellement l’homme le plus riche d’Afrique. Il vaut près de 18,3 milliards de dollars et est un modèle pour les entrepreneurs du continent. Alors que ses intérêts commerciaux s’étendent actuellement à travers l’Afrique, la fortune impressionnante de Dangote a été construite à partir de très modestes débuts. Il a commencé son activité en 1978 avec 500 000 nairas empruntés à son grand-père. Il a remboursé le prêt en seulement six mois.

    Au cours des premières années, Dangote s’est concentré sur l’importation de produits non transformés, notamment du riz, du poisson congelé, du sucre et des aliments pour bébés au Nigeria. Aujourd’hui, ses intérêts commerciaux se sont étendus à la production locale de ciment, de sel, de farine et, très récemment, de raffinage du pétrole. Son expansion agressive et ses efforts de diversification ont conduit à d’énormes investissements au Nigeria, au Bénin, au Cameroun, au Ghana, en Afrique du Sud, au Togo, en Tanzanie et en Zambie.

    Fomba Trawally

    Image result for Fomba TrawallyIl n’avait pas grand-chose. Mais Fomba Trawally a décidé de réussir. En 1989 lorsqu’il quitte son pays le Libéria victime d’une guerre civile il fait le choix de se réfugier en Gambie. Deux ans après, il retourne au Libéria où il démarre avec 200 dollars US des activités de vente de pantoufles en caoutchouc. Cet investissement initial dans les pantoufles en caoutchouc a fait des retours rapides et l’entreprise a augmenté régulièrement.

    En 2005, cet entrepreneur multimillionnaire autodidacte possédait trois magasins de détail à Monrovia, vendant des articles tels que des produits en papier et des cosmétiques importés du monde entier. Il y a sept ans, Fomba Trawally a fait la transition d’un importateur à un fabricant. Il a créé National Toiletries Incorporated, la première entreprise de fabrication de papier et de produits de toilette au Liberia. Depuis, les ventes annuelles de ses usines ont franchi la barre du million de dollars et il prévoit bientôt doubler sa capacité de production.

    Bethléhem Tilahun Alemu

    Image result for Bethlehem Tilahun AlemuNée à Addis-Abeba, Bethlehem Alemu a grandi dans une banlieue de la capitale éthiopienne. Son entreprise — SoleRebels — est l’une des marques de chaussures africaines les plus populaires et les plus dynamiques au monde. Sa collection de chaussures écologiques fabriquées à partir de matériaux recyclés a été vendue dans plus de 50 pays à travers le monde, notamment aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Suisse.

    En 2004, c’est avec un capital de 10 000 dollars US recueilli auprès de ses proches qu’il a lancé son entreprise. Plus de dix ans après, SoleRebels génère des revenus annuels de plus de 1 million de dollars. Bethlehem Alemu est une femme active. Celle que le magazine Forbes a décrit comme « l’une des femmes les plus puissantes au monde » est également la fondatrice de Republic of Leather, une entreprise qui commercialise des produits en cuir de luxe comme des sacs, des ceintures et d’autres accessoires en cuir non-chaussures.

    Jason Njoku

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    Jason Njoku est le cofondateur et PDG d’IrokoTV, une plateforme de divertissement mobile et de télévision sur Internet qui est particulièrement populaire pour son impressionnant catalogue de films africains « Nollywood ».

    La croissance de cette activité a été très remarquable. À ce jour, IrokoTV a attiré jusqu’à 40 millions de dollars en financement d’investissement auprès d’investisseurs étrangers. Ce Nigérian a pourtant rencontré plusieurs difficultés avant de lancer son entreprise. Après quelques tentatives infructueuses dans des entreprises précédentes au Royaume-Uni, Jason est retourné au Nigeria en 2010 pour établir des relations locales et acheter des droits de contenu pour sa nouvelle entreprise, IrokoTV.

    Adii Pienaar

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    Adii Pienaar est cofondateur de WooThemes, une société de technologie basée en Afrique du Sud qui a été rachetée par Automattic, un géant américain de la technologie en ligne, pour 30 millions de dollars.

    Le jeune entrepreneur sud-africain a lancé WooThemes en 2008, à l’âge de 23 ans alors qu’il était encore à l’université. Adii travaillait à temps partiel en tant que pigiste en ligne et consultant sur le côté alors qu’il continuait à travailler sur WooThemes, en utilisant ses économies et ses revenus à l’époque pour soutenir l’entreprise.

    Patrick Ngowi

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    C’est à 19 ans que Patrick Ngowi s’est lancé dans les affaires. Ce Tanzanien vendait des à l’époque des téléphones mobiles fabriqués en Chine. A ce jour, il possède l’une des sociétés d’énergie solaire les plus prospères d’Afrique de l’Est — Helvetic Solar Contractors. L’entrepreneur a lancé sa société grâce à un prêt de 1800 dollars US contracté chez ses proches qui l’ont d’ailleurs aidé à partir en Chine. Il y a quatre ans, le chiffre d’affaires de son entreprise dépassait les 5 millions de dollars et l’entreprise était évaluée (en 2014) par KPMG East Africa à 15 millions de dollars.

    Présenté par Forbes comme l’un des « 10 jeunes millionnaires africains à suivre », Patrick Ngowi a également créé sa fondation Lumière pour la vie qui s’investit dans la fourniture d’énergie renouvelable aux communautés. Son entreprise Helvetic Solar Contractors a déjà installé plus de 6 000 petits systèmes solaires sur les toits en Tanzanie et dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, dont le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

    Anna Phosa

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    Anna Phosa est l’un des éleveurs de porcs les plus prospères d’Afrique. Elle est souvent qualifiée de « fermière porcine célèbre ». Cette Sud-africaine a décidé en 2004 de construire sa ferme porcine à Soweto après avoir visité celle d’une de ses amies. C’est avec 100 dollars US et 4 petits cochons qu’elle a démarré ses activités.

    En 2008, Anna Phosa a été engagée par Pick « n Pay, la chaîne de supermarchés sud-africaine, pour approvisionner ses magasins avec 10 porcs par semaine. La demande a rapidement augmenté à 20 porcs par semaine. En 2010, elle a signé un énorme contrat avec Pick’n Pay pour fournir 100 porcs au cours des cinq prochaines années dans le cadre d’une entente de 25 millions de Rand, soit près de 2,5 millions de dollars. Avec un contrat en main, l’entrepreneure a reçu des fonds de la banque ABSA et de l’USAID pour acheter une propriété agricole de 350 hectares. Elle emploie à ce jour une vingtaine de personnes qui élèvent près de 4000 porcs.

    Fred Deegbe

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    Fred Deegbe est le cerveau derrière Heel The World, une marque de chaussures de luxe entièrement fabriquée à la main par des artisans qualifiés au Ghana. En 2011, ce Ghanéen a décidé de quitter son emploi de banque pour fonder son enteprise. C’est avec ses économies réalisées grâce à son travail bancaire et à l’aide de son partenaire commercial, Vijay Manu qu’il a acheté des machines à chaussures et de l’équipement et embauché le premier groupe de travailleurs.

    Aujourd’hui, Heel The World propose une gamme impressionnante de chaussures — des chaussures Richelieu rétro aux mocassins élégants, en passant par les pantoufles élégantes et les Oxford accrocheurs.

    Desmond Mabuza

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    Desmond Mabuza est le premier noir en Afrique du Sud à posséder et exploiter avec succès une entreprise de restauration gastronomique qui sert les riches et célèbres personnes de son pays. Né et élevé dans un quartier pauvre de Soweto, et formé en tant qu’ingénieur civil aux États-Unis, Desmond est retourné en Afrique du Sud avant la fin de l’ère de l’apartheid pour créer une petite entreprise de génie civil.

    Après quelques années, il a abandonné sa pratique de l’ingénierie et a investi l’argent qu’il avait fait dans le secteur de la restauration gastronomique. Il a ouvert son premier restaurant en 2001 (à l’âge de 28 ans) et possède actuellement deux restaurants remarquablement rentables et bien gérés — Signature et Wall Street — tous deux situés à Johannesburg. Il a également ouvert en 2014 un restaurant (Signature) à Abuja et envisage s’installer dans d’autres pays sur le continent.

    Lorna Rutto

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    En 2010, la Kenyane Lorna Rutto a quitté son emploi bancaire pour démarrer une activité de recyclage des déchets. Son entreprise, EcoPost, collecte et recycle les déchets plastiques en poteaux esthétiques, durables et respectueux de l’environnement, un matériau alternatif au bois. Grâce à ces efforts, elle a énormément contribué à la conservation des forêts, emploie des centaines de Kenyans et devrait créer 100 000 nouveaux postes au cours des 15 prochaines années.

    Son activité et ses réalisations remarquables ont reçu l’appui financier des ONG internationales et locales. En 2010, elle a remporté un prix SEED de 6 000 $ qui a servi de capital de démarrage pour son entreprise. La même année, elle a reçu un prix de 12 700 dollars de la part de la Fondation Enablis Energy Globe-Safaricom. Elle a également remporté un concours de plan d’affaires organisé par Cartier Women’s Initiative et a reçu un prix de près de 12 000 $. EcoPost a attiré un investissement en capital de la Blue Haven Initiative et de la Fondation Opus pour un montant de 495 000 USD. Son entreprise s’est surtout dotée d’une grande usine de fabrication équipée de machines de recyclage de pointe.

  • Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Lors de sa toute première tournée en Afrique, Macron a fait au dernier jour, une escale à Accra, dans la capitale ghanéenne, une première pour un chef d’État français. Mais le sol ghanéen n’a pas tout à fait été hospitalier pour le Français. À Accra, le chef de l’État ghanéen a dit tout haut ce que ses homologues francophones pensent tout bas.

    À Accra, Macron ne s’est sans doute pas senti comme dans les capitales francophones, notamment à Ouagadougou. Dans la capitale ghanéenne, le président a été accueilli comme un inconnu, comparé aux honneurs qui sont souvent réservés aux premières autorités françaises en visite en Afrique. Arrivée en provenance de la Côte d’Ivoire, l’hôte du Président ghanéen a tout de même eu l’occasion de faire la connaissance de certains lieux historiques tels que la place de l’indépendance.

    Il faut préciser, le passage de Macron à Accra a été dans la presse ghanéenne, presque un non-évènement, même si les médias étrangers insistent sur le caractère particulier de la visite, en mettant en avant le fait que ce soit la première visite d’un Président français dans ce pays anglophone.

    Macron et Akufo-Addo ont abordé plusieurs sujets, principalement sur l’économie et la démocratie. En matière des Droits de l’homme, le président Akufo-Ado a assuré son soutien à la France pour sa promotion sur le continent.

    De son côté, Macron a salué le leadership de son hôte.

    Ghana, mission échouée

    Au Ghana où Macron était à une mission de séduction, les yeux doux du premier responsable français n’ont pas flatté. Le président Akufo-Addo s’est exprimé devant le président Macron avec une légèreté et une aisance que les adeptes de la rupture franco-africaine reprochent souvent aux dirigeants francophones.


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    Si le président Addo est connu pour sa francophilie, il n’a pas hésité à dire au président français des vérités dont, selon certains observateurs, seul un Anglophone pouvait avoir le courage de faire sortir. Du reste, Addo savait glissant le terrain sur lequel il s’aventurait, même si à l’évidence, le Ghana n’attend rien (ou presque) de la France.

    Cette indépendance de gouvernance propre aux anglophones leur est a été d’une grande utilité pour la démocratie. À cet effet, le Chef d’État ghanéen a prévenu son auditoire d’entrée. « J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle », a-t-il dit, à côté d’Emmanuel Macron. Avant de lâcher sans demi-mot, « nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide de occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas. Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. »


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    Le Ghanéen s’est tout autant montré favorable à une amitié avec la France, en précisant que malgré tout, l’Afrique ne rejettera pas les apports de l’État français, à travers son gouvernement.

    En ce qui concerne le volet économique, le Président ghanéen a été un peut plus clair devant Macron, pourtant venu séduire un pays qui a actuellement l’une des meilleures croissances économiques sur le continent. Il a signifié à son hôte que le Ghana compte abandonner la vieille méthode économique, caractérisée par une dépendance de la production et de l’exportation des matières premières. Il a souligné que son pays veut « construire une économie industrialisée à valeur ajoutée avec une modernisation de l’agriculture, qui n’est ni victime ni pion de l’ordre économique mondial », alors qu’on le sait, Macron est, au rang international, le nouvel apôtre de la mondialisation.

    Tout autant qu’il a tenu à situer les responsabilités, Akufo Addo a reconnu aussi le rôle des États africains dans le phénomène migratoire. Il a ainsi déclaré que les jeunes qui quittent l’Afrique le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir. Dans cette perspective, le numéro 1 ghanéen a encore taclé la France, en demandant à ses pairs africains de ne pas demander ce que l’ancienne métropole fera pour le continent. « La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, “tant mieux” comme on dira en Français », a-t-il ironisé.

    Pour ne rien lâcher, il continue en affirmant : « notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. » seule condition, selon celui-ci, de parler d’une indépendance « réelle et effective ». « Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes », a-t-il finalement lancé envers le Français, non sans ovation de l’assistance.

    Ci-dessous l’intégralité du discours du président ghanéen Akufo-Addo


    J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle. Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide des Occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas ! 

    Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen. Au stade où nous sommes, nous devions être capables de financer nous-mêmes nous besoins de base.

    Nous allons considérer les 60 années à venir comme une période de transition où nous pourrons être capables de voler de nos propres ailes. Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

    Cependant, malgré tout ce qu’il a subi, ce continent reste celui qui détient 30 % de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin. Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour traverser le Sahara et la méditerranée.

    Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent. Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implémentons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu’ils sont l’espoir, qu’il y a des opportunités ici en Afrique. Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux, c’est aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le le fait que les gens qui quittent le chez eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

    Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’Italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie. Aujourd’hui, vous n’entendez plus parler de cette immigration-là. Les jeunes Italiens et Irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes Africains restent aussi en Afrique (applaudissements). Pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assisté.

    Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France ferra pour nous (La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, » tant mieux » comme on dira en Français) Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders des personnes responsables de leurs actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leurs propres intérêts.

    Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, C’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays (Macron mal à l’aise secoue la tête et se dissimule) Nous avons des ressources énormes sur ce continent.

    Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit. Nous nous demanderons chaque fois que comment se fait-il que la Corée Singapour, la Malaisie qui ont, eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde ? On nous a appris qu’à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander).

    Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre part de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe. Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays.

    Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assisté. Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’Africain et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.

    J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement. C’est pourquoi le slogan de mandat est : nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le president, voilà contribution que je peux apporter.


     

  • Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Après s’être rendu au Burkina Faso le 28 novembre pour rencontrer son homologue et s’adresser aux étudiants de l’université de Ouagadougou, Emmanuel Macron a participé au sommet UA-UE à Abidjan pour finalement chuter à Accra, dans la capitale ghanéenne. Si cet exercice presque inévitable pour les Chefs d’État français a été accompli par Macron avec aisance, cela n’a toujours pas été le cas pour ses prédécesseurs.

    C’est n’est pas la première fois que Macron donne le ton de sa vision franco-africaine. Mais son passage en Afrique, continent qui a avec la France un cordon difficile à couper, reste une étape importante aux yeux des Africains. En effet, sur le continent noir, depuis le soir de son élection les Africains ont attendu l’opportunité de le voir dire des « vérités ». En quelque sorte, l’Afrique a été servie.

    D’abord, dans son discours de 1 h 40 min tenu à Ouagadougou suivi d’un échange avec des étudiants burkinabés dans la salle Kadhafi de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Macron avait déjà abordé l’essentiel de ses ambitions pour le continent. Il s’était agi avant tout d’une opération séduction, où les phrases étaient bien pensées. « Ce public n’a pas forcément une bonne image de la France », reconnaît-il, en faisant allusion à la chute de Blaise Compaoré que la France a exfiltré vers la Côte d’Ivoire après son départ du pouvoir en 2014. Mais le pays des hommes intègres attend aussi de l’ancienne métropole, l’extradition du frère de l’ex-président, François Compaoré, objet d’un mandat d’arrêt international pour l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

    La France, malgré tout partenaire naturel de l’Afrique, s’est vue réduits ses échanges avec le continent où sa part s’est considérablement cassée ces quinze dernières années, ne représentant plus que 4 %. Au même moment, la Chine qui a grimpé à 22 %, a le vent en poupe. À cet effet, la visite du président s’est inscrite aussi dans un contexte très économique. Ce qui justifie son passage au Ghana, pays anglophone, mais dont l’économie est de plus en plus florissante dans la sous-région. Mais pas que. La politique était bien évidemment au rendez-vous.

    À Ouagadougou, Macron a axé son discours sur le leadership de la jeunesse africaine. Dans la capitale burkinabè où l’esprit sankariste est le mieux partagé, et où il y a trois ans la population a dû reprendre son destin longtemps confisqué par Blaise Compaoré, Macron a dû tailler ses mots entre éloges et appel à vigilance. Le jeune Chef d’État n’a pas caché son hostilité envers les régimes politiques qui s’opposent à l’alternance en Afrique. Mais la question libyenne fut également abordée, de long en large.

    Interrogé à Ouagadougou, Macron a fait la précision selon laquelle ceux qui organisent les trafics humains en Libye sont aussi des Africains. Néanmoins, il avait annoncé que des mesures urgentes devraient être prises. À Abidjan, Jupiter s’est entretenu avec ses homologues africains, notamment le professeur Alpha Condé, Chef d’État guinéen et président en exercice de l’Union africaine. Il a été décidé de mener des opérations d’évacuation d’urgence dans les prochaines semaines des migrants en Libye. De même, l’UE, l’UA et les Nations unies ont décidé d’un soutien à l’Office international des migrations pour aider au retour des Africains qui le souhaitent vers leur pays d’origine.

    Sur la question portant sur le franc CFA, Macron aura laissé une impression presque neutre, pour ceux qui attendaient de cette tournée un signal fort pour l’avenir de cette monnaie « coloniale » de laquelle certaines populations veulent se libérer. Selon celui-ci, le franc CFA, c’est un choix des États membres de la zone CFA. « Si le président burkinabé décide de ne plus y être, il n’y est plus.

    Ce sont les États africains qui sont les maîtres de leur destin. N’ayez pas ce discours de revendication postcolonial, il n’y a pas de joug, il n’y a pas de Français qui utilise l’or du Burkina Faso. » Et d’ajouter ensuite, « j’accompagnerai la solution portée par l’ensemble des pays de la zone franc. Je suis favorable au changement de périmètre et au changement de nom. C’est les pays qui décident. C’est pour la France un non-sujet, mais pour vos dirigeants un vrai sujet. »

    Mais il ne s’est pas empêché de revenir sur la question à polémique en Afrique concernant le nombre d’enfants pas femmes. « Partout où vous avez 7-8-9 enfants par femme, êtes-vous bien sûr que c’est le choix de ces jeunes filles ? » s’était-il interrogé, en précisant que c’était une conviction profonde qui l’a poussé à faire de l’égalité femmes-hommes « la grande cause » de son mandat.

     Afrique, la grande épreuve des présidents français

    En Afrique où les chefs d’États français sont jugés à défaut afrophobes, c’est lors de l’inévitable passage sur le continent que bien d’acteurs leur collent les vraies étiquettes. Macron, lors de sa campagne électorale, imprimait déjà sa marque devant une candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen qui n’a pas une bonne cote sur le continent. Si le président français a fait l’effort de garder une neutralité et de chercher une grande familiarité avec les étudiants burkinabés, il a beau le ressasser ne pas venir donner de leçons aux Africains, mais le ton parfois autoritaire et condescendant sur certaines questions, du reste peu réfléchies, lui donne tort. Pour beaucoup, Macron est venu donner une leçon aux Africains, comme l’ont souvent fait ses prédécesseurs, notamment Nicolas Sarkozy, sans son discours à Dakar en juillet 2007.

     Nicolas Sarkozy s’était toujours attribué ce qu’on peut appeler l’abolition de la FranceAfrique… sans jamais réussir ni dans le fond ni dans la forme. Son intervention en Libye est un exemple, une erreur que Macron a avant tout, regretté devant les étudiants burkinabés. En 2007 deux éléments principaux ont écorné l’image de Sarkozy, et par ricochet celle de la France : la politique d’immigration du président et la « reconnaissance » en 2005 du rôle positif de la colonisation.

    Dans son discours de Dakar précisément, écrit par Henri Guaino, dans lequel il avance que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance… » Sarkozy aura commis une erreur fatale aux yeux du parterre d’intellectuels africains présents au sein de l’Université Cheik Anta Diop ce 24 juillet 2007. Henri Guaino, auteur du discours fera ensuite l’effort de préciser tirer son inspiration de Sedar Senghor, qui avait écrit : « Laissez les peuples noirs entrer sur la grande scène de l’Histoire », mais c’était déjà trop tard. L’image Sarkozy est déjà maculée.

    En 1990, alors que le Mur de Berlin venait de tomber il y a juste 1 an, Mitterrand s’était déterminé à participer à la construction de la démocratie sur le continent. Pour celui-ci, plus question de soutenir économiquement des dictatures, a-t-il affirmé lors du 16e sommet franco-africain. Mitterrand s’était déclaré froid à ces régimes qui abondent le continent. Mais celui-ci s’était également entaché dans l’assassinat de Sankara au Burkina Faso en 1987.

    En août 1958, alors que la plupart des pays se battaient pour une indépendance, de Gaulle n’était arrivé au pouvoir que 3 mois qu’il a amorcé son périple de 20.000 kilomètres en Afrique. En réalité, il était en réalité question d’une tournée électorale dont l’objectif est de convaincre les peuples de l’Union de voter oui au référendum sur la nouvelle Constitution. Cette constitution prévoyait, entre autres, le remplacement de l’Union par une « Communauté » où chaque pays jouira d’une autonomie politique. « Il est naturel et légitime que les peuples africains accèdent à ce degré politique où ils auront la responsabilité entière de leurs affaires intérieures, où il leur appartiendra d’en décider eux-mêmes. » En fin de compte, seule la Guinée de Sekou Touré votera non, exigeant une souveraineté immédiate. Quatorze autres pays suivront plus tard. L’indépendance envers la France venait d’être acquise. Peut-être, juste dans la forme.

  • Sida: vers la fin de l’épidémie en Afrique de l’Ouest

    Sida: vers la fin de l’épidémie en Afrique de l’Ouest

    Près d’un million de morts sont enregistrés chaque année pour cause de VIH/Sida. En Afrique de l’Ouest, les États s’organisent pour prévenir l’épidémie et prendre en charge les séropositifs.

    Près de deux millions de personnes ont été infectées dans le monde en 2016 par le virus du Sida. L’Afrique reste le continent le plus touché. Mais certains États du continent poursuivent leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés par l’ONUSIDA.

    Dans trois ans l’organisation onusienne voudrait que 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, que 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH et dépistées reçoivent un traitement, et que 90 % des malades sous traitement présentent une charge virale indétectable. La plus grande réussite du continent reste pour le moment l’Afrique du Sud. Avec ses 17 millions de personnes vivants avec le VIH, le pays a annoncé que près de 86 % d’entre elles connaissent leur statut sérologique. A cela s’ajoute la mise sous traitement antirétroviral de plus de 4 millions de séropositifs.

    Dans la sous-région ouest-africaine, les évolutions sont aussi constatées. En dix ans, le nombre de décès a diminué et des dispositions sont prises pour faire « connaître la maladie et la prévenir ». La difficulté reste la stigmatisation dont sont victimes les personnes séropositives. Le Ghana a par exemple décidé de criminaliser toute forme de discrimination à l’encontre des malades. En juillet dernier, le pays a d’ailleurs voté près de 200 000 dollars US destinés à la lutte contre la maladie. Agyeman-Manu, ministre de la Santé, a expliqué la volonté du Ghana de soutenir l’ONUSIDA dans l’éradication du Sida d’ici à 2030.

    Réduction des infections

    Au Togo, une politique nationale de lutte contre le Sida a été développée. Le pays a élaboré et mis en œuvre trois plans stratégiques nationaux de lutte contre le Sida sous la coordination du Conseil national de lutte contre le Sida et qui lui ont permis d’obtenir des résultats significatifs dans lutte contre le VIH. Un nouveau plan devrait permettre au Togo d’améliorer ces résultats.

    Dans un pays où la prévalence de l’infection par le VIH est de 2,5 % dans la population générale âgée de 15 à 49 ans, les autorités envisagent amplifier la réduction de nouvelle infection et accélérer la prise en charge globale des Personnes  vivant avec le  VIH (PVVIH). Le nombre de PVVIH est de 110.000 dans le pays dont près de 81 % se retrouvent dans les régions Maritime (37,5 %), Lomé Commune (22,8 %) et des Plateaux (20,2 %). Le nouveau plan est estimé à près de 89 milliards FCFA et va contribuer à la prévention et à la réduction de nouvelle infection en 2020, selon Vincent Pitché, président du programme national de lutte contre le Sida.

    Au Bénin, outre les sensibilisations, Patrice Talon a décidé de s’impliquer personnellement dans la lutte contre le Sida. Le chef de l’État a réorganisé le Conseil national de lutte contre le Sida installé en mars dernier. Le pays ne compte pas un grand nombre de séropositifs. Les responsables du Cnls veulent donc mettre en œuvre une nouvelle politique pour « maîtriser des données sur le plan sanitaire ». En Côte d’Ivoire près de 150 000 personnes vivent avec le virus. La transmission du virus mère-enfant a baissé en cinq ans et est de 1,4 % avec près de 8000 enfants infectés qui suivent un traitement antiviral. Les autorités ont maintenu leurs efforts. En deux ans, la Côte d’Ivoire a considérablement augmenté son budget consacré à la lutte contre le sida.

    Il est passé de 4 à 21 milliards de FCFA. Jusqu’en 2020, le pays va mettre en œuvre un plan stratégique estimé à 556 milliards de FCFA. Il faut dire que la Côte d’Ivoire s’est donné les moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. Le pays compte à ce jour plus de 100 laboratoires consacrés à la lutte contre le VIH/Sida. Mais également 1743 centres de dépistage sur toute l’étendue du territoire et près de 100 centres de distributions des antiviraux (ARV). Pour Raymonde Goudou, ministre de la Santé, tout est mis en place pour lutter contre la maladie et une prise en charge des personnes déjà infectées. Selon un expert de l’ONUSIDA, l’Afrique de l’Ouest réalise des efforts malgré quelques insuffisances. « La sensibilisation doit être renforcée avec l’adoption de plans stratégiques bien définis », conseille-t-il.