Catégorie : Industrie & Transport

  • GoMetro, la startup qui a révolutionné le transport commun en Afrique du Sud

    GoMetro, la startup qui a révolutionné le transport commun en Afrique du Sud

    Fondée en septembre 2012 par Justin Coetzee et située à Cape Town en Afrique du Sud, GoMetro est une start-up membre de la Silicon Cape Initiative dont la vocation est d’améliorer la mobilité des utilisateurs et de faciliter l’utilisation des transports en commun par les 19 millions d’habitants concernés. Depuis, l’entreprise fait florès.

    Quand le Sud-Africain Justin Coetzee lançait en 2012 son premier système d’information sur les transports publics en temps réel en Afrique du Sud, Go Metro n’était qu’une startup comme ces centaines d’autres, hébergées à la Silicon Cape.

    « Toute personne qui dépend des transports en commun a probablement connu cette période où, vous êtes là, à la gare, vous ennuyant, regardant une horloge pour vérifier l’heure » se rappelle Justin Coetzee, période qui avait précédé l’apparition de son application.

    C’était en 2011, quand il a commencé à utiliser les transports en commun au Cap pour se rendre au travail. « Les trains de MetroRail [le plus grand système de transport formel en Afrique du Sud, NDLR], connaissaient des retards de service chroniques et un frappant problème de communications, menant à des  manifestations d’humeurs » ajoute l’entrepreneur, Ingénieur des transports de formation. De là, nait l’idée de réguler la situation avec son application Go Metro.

    Définit par son concepteur, Go Metro est une société très ‘green’ qui vise à faciliter la prise de décision pour ses utilisateurs, en trouvant une solution au problème de communication et d’accès aux données autour des transports en commun, en particulier de MetroRail.

    En effet, le principal but de l’application est de résoudre les nombreux problèmes de mobilité en Afrique du Sud par le biais notamment d’une application et de nouvelles plateformes d’échange d’information en temps réel comme la  GoMetro TV par exemple. Le  système d’information sur le transport public basé sur le mobile fournit aux  ‘’navetteurs’’ des mises à jour en temps réel sur les retards, afin qu’ils puissent choisir de prendre d’autres moyens de transport ou prendre d’autres dispositions.

    Cette plateforme interactive donne un aperçu rapide de l’état de la circulation, des horaires et retards des trains et des bus, avec en prime, la possibilité de calculer le prix des déplacements ou encore d’envoyer un message pour prévenir d’un éventuel retard à un rendez-vous déterminé d’avance. L’application a su connecter les villes de façon beaucoup plus efficace.

    En début d’année 2017, la startup  s’est jointe à PitchDrive pour entreprendre une tournée de financement de capital-risque en Europe, qui comprenait des présentations à Londres, Amsterdam, Berlin, Zurich et Paris. Une tournée qui a visiblement porté ses fruits.

    Succès

    Le service a été approuvé et accepté par Metrorail, qui exploite des services de trains de banlieue dans les principales zones urbaines d’Afrique du Sud, et s’est rapidement développé pour desservir des millions de navetteurs réguliers. Mais bien encore, la firme a reçu le soutien d’investisseurs de renom tels que Michael Jordan, Michael Pfaff, Derek Prout-Jones et Kevin Harris.

    En 2014, l’entreprise a été lauréat du prestigieux prix du ‘’Best Innovation in a Growth Market” au San Francisco Mobile Global Forum pour son application Metrorail. L’année suivante, GoMetro fait encore apparition sur les grands podiums en remportant le prix “Global Best Practice Award in Transportation Value Added Services” du « Frost & Sullivan », pour sa capacité à appréhender les changements et à toujours proposer de nouvelles solutions à ses 300 000 utilisateurs mensuels.

    En fin d’année 2017 d’ailleurs, GoMetro a été choisie comme l’une des rares startups de transport à rejoindre le programme d’accélérateur Intelligent Mobility du Royaume-Uni, qui vise à « réviser radicalement » les systèmes de transport mondiaux. Un accélérateur qui est conçu pour « attirer des start-ups à fort potentiel de croissance dans la chaîne d’approvisionnement du transport au Royaume-Uni, tout en les aidant à devenir des entreprises de premier plan », peut-on lire sur leur site Internet.

    Le programme vise à améliorer les transports, en intégrant des thématiques telles que l’open data, l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes.

    Ce énième succès constitue pour la startup, un « carburant de fusée » s’en est réjoui le promoteur Justin Coetzee.

  • Transport aérien: comprendre le marché unique lancé par l’Union Africaine

    Transport aérien: comprendre le marché unique lancé par l’Union Africaine

    C’est une des résolutions du 30e sommet des Chefs d’États africains qui intéresse le monde aéroportuaire en Afrique. Près de trois décennies après sa première proposition, les pays africains ont finalement fait un pas important vers la création de marchés uniques.

    Le marché unique africain du transport aérien (SAATM) est le premier projet phare de l’Agenda 2063 de l’UA, visant à créer un marché unique et unifié du transport aérien en Afrique pour libéraliser l’aviation. L’initiative qui repose largement sur les accords de la Décision de Yamoussoukro de 1999, veut également faire avancer le programme d’intégration économique de l’Afrique.

    Pourquoi ouvrir le ciel?

    L’Association du transport aérien international (IATA) a déclaré que le SAATM stimulerait la demande, améliorerait la compétitivité de l’industrie du transport aérien en Afrique et rendrait ce marché plus accessible. Une étude de l’IATA montre que si seulement 12 pays africains clés ouvraient leurs marchés et augmentaient leur connectivité, 155 000 emplois supplémentaires et 1,3 milliard de dollars de produit intérieur brut annuel seraient créés dans ces pays.

    A ce jour, c’est 23 pays africains qui ont lancé l’initiative du marché. Aussi, selon les experts, un avantage immédiat du marché unique aérien sera une connectivité accrue entre les pays africains et une réduction des prix des billets d’avion.

    En conséquence, cela devrait se traduire par des vols directs plus réguliers entre les pays africains plutôt que par des voyages qui impliquaient, comme avant, des escales au Moyen-Orient ou en Europe.

    Elan

    Le lancement du marché unique aérien se révèle comme une suite aux initiatives de plusieurs pays africains visant à assouplir les règles de visa pour les ressortissants africains. En outre, ce projet devrait stimuler le potentiel longtemps espéré du tourisme intra-africain.  Puisque l’année dernière, un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement a montré qu’entre 1995 et 2014, alors que le nombre total d’arrivées de touristes internationaux en Afrique avait plus que doublé, les Africains ne représentaient que quatre visiteurs sur dix. Principal problème doigté, la cherté du transport aérien. Un problème qui sera bientôt résolu.

    Toutefois, Rapahel Kuuchi, vice-président de l’IATA pour l’Afrique, affirme que ses retombées ne se concrétiseront pas, à moins d’une « mise en œuvre effective » du projet par les pays signataires et d’une adoption future par les pays restants.

  • Les Ghanéens vont bientôt payer les « tro-tro » par voie électronique

    Les Ghanéens vont bientôt payer les « tro-tro » par voie électronique

    Les Ghanéens pourront bientôt régler leur frais de transport par voie numérique aux conducteurs de véhicules commerciaux communément appelés dans le pays « Tro-tro ». Ce mode de paiement qui va constituer une avancée pour le secteur des transports est en étude. Un projet de loi a été élaboré et devrait être adopté dans ce cadre. Le système de paiement va être instauré en collaboration avec la Banque du Ghana. Le vice-gouverneur de la Banque, Maxwell Opokou Afari, explique que ce mode de paiement va permettre d’éviter les malentendus et les incompréhensions entre passagers et conducteurs à propos de reliquats ou de changements de Cedis.

    « Si vous prenez un Tro-tro, il vous suffira de demander le numéro du compte mobile du conducteur. Après vous n’aurez qu’à transférer sur son compte votre frais de déplacement », affirme Maxwell Opokou Afari. Pour le vice-gouverneur de la Banque du Ghana, son institution s’est jointe au projet dans le but de répondre à la volonté du public d’utiliser les technologies pour faire des affaires

    remplacer les paiements traditionnels.

    Il faut dire que ce projet des autorités ghanéennes pour le secteur des transports s’inscrit dans une dynamique d’adoption des paiements numériques en remplacement des paiements « traditionnels ». La loi en étude porte sur les directives de gestion électronique et les systèmes de paiement. Un élu du Parlement indique que le texte vise à promouvoir la disponibilité et l’acceptation de la monnaie électronique et d’autres formes de services de paiement en tant que moyen de paiement de détail.

    Le Ghana va ainsi disposer d’un cadre réglementaire propice à des mécanismes de paiement de détail et de transfert de fonds commodes efficaces. « Nous voulons surtout atténuer les risques associés aux activités de monnaie électronique et aux autres services de paiement », rappelle de son côté un membre du gouvernement.

     

  • Le plus grand actionnaire d’UBER veut quitter l’Afrique

    Le plus grand actionnaire d’UBER veut quitter l’Afrique

    Uber pourrait bientôt se retirer de certains marchés internationaux, y compris 15 villes africaines, si son nouvel actionnaire majoritaire parvient à ses fins. Un nouvel investissement de 8 milliards de dollars par un consortium dirigé par SoftBank, le géant japonais de la technologie, a permis au groupe d’acquérir 17,5 % du capital d’Uber. La part de 15 % de SoftBank fait de l’entreprise japonaise la plus grande actionnaire d’Uber. Les responsables d’Uber espèrent que l’investissement permettra à l’entreprise de « doubler » en fournissant son service « à plus de gens dans plus d’endroits autour du monde ».

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    Les objectifs actuels d’Uber sur le continent africain semblent en contradiction avec la vision de SoftBank. Rajeev Misra, directeur du conseil d’administration de SoftBank, pense que cette entreprise a de meilleures chances de succès et de rentabilité si elle se concentre uniquement sur des marchés clés tels que les États-Unis, l’Europe, l’Amérique latine et l’Australie. Rajeev Misra devrait rejoindre le conseil d’Uber dans le cadre de l’accord. Softbank détient des participations significatives (paywall) dans certaines des plus grandes sociétés du monde, y compris les sociétés indiennes Ola et chinoise Didi. Il n’est donc pas surprenant qu’elle veuille que la société californienne se concentre sur les marchés clés.

     Uber et l’Afrique  

    Depuis son lancement sur le marché africain en 2013, Uber s’est rapidement développé pour opérer dans huit pays dont l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, la Tanzanie, l’Ouganda, le Ghana, l’Égypte et le Maroc. Cette expansion est survenue en dépit d’une forte opposition de la part de rivaux tels que Little Ride de Safaricom à Nairobi et le service de taxi estonien Taxify sur la plupart des marchés africains. Taxify est en partie financé par Didi, le rival mondial d’Uber, la société chinoise de ride-hailing. Au cours de ses quatre années en Afrique, Uber a connu des progrès significatifs sur le continent.

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    L’Égypte est l’un de ses marchés à la croissance la plus rapide dans le monde et au cours de ses 16 premiers mois à Lagos, Uber a fourni 30 % de manèges de plus que lors de ses 16 premiers mois à Londres. Au Ghana, Uber s’est associé avec le ministère des Transports pour développer un cadre réglementaire pour la technologie de covoiturage, en veillant essentiellement à ce que l’entreprise ne soit pas confrontée à des problèmes de réglementation similaires à ceux rencontrés sur d’autres marchés. En octobre 2017, son application UberEATS avait été téléchargée plus d’un demi-million de fois en Afrique du Sud, où se trouve le plus grand marché africain d’Uber.

    Cependant, comme sur certains de ses autres marchés, les syndicats de taxis s’opposent aux opérations d’Uber dans des pays africains. Ils affirment que le modèle de l’entreprise de transport routier est préjudiciable à leurs activités. Mais parfois, Uber a eu l’opposition de ses propres conducteurs qui ont protesté contre de bas salaires en faisant grève à Abuja et en rejoignant un syndicat en Afrique du Sud. Pendant ce temps, à Lagos, les conducteurs ont intenté un procès pour obtenir le statut d’employé alors que d’autres ont tenté de contrer les faibles frais d’Uber en employant une fausse application GPS pour gonfler artificiellement les tarifs des passagers.

  • Volkswagen va désormais  assembler des voitures au Rwanda

    Volkswagen va désormais  assembler des voitures au Rwanda

    En mai prochain, Volkswagen va commencer par assembler des voitures au Rwanda. Le constructeur allemand prévoit assembler trois de ses modèles dans le pays. Ce début d’assemblage va également marquer l’expérimentation d’un service d’autopartage du constructeur. Trois phases sont prévues dans la cadre de l’installation de la marque au Rwanda. On  note en premier la construction d’une usine dans la zone économique spéciale de Kigali. Le coût de cet investissement est estimé à 20 millions de dollars.

    Volkswagen devrait également mettre en place une plateforme de location et d’autopartage dans le pays, qui sera géré par une compagnie rwandaise. Une entreprise locale va de son côté s’occuper de la conception de l’application pour ce service familier à Uber adopté dans différents pays européens. Le constructeur allemand va surtout s’atteler à la formation de ses futurs employés. Il s’agit de leur donner les connaissances nécessaires afin qu’ils puissent bien remplir leurs tâches. Volkswagen compte créer près de 1000 emplois. Une fois opérationnelle, l’usine va produire près de 5000 véhicules par an.

    Véhicules hybrides

    L’usine rwandaise de Volkswagen va assembler des véhicules hybrides. Les trois modèles qui seront assemblés sont la citadine Polo, la berline Passat et la voiture de sport Teramont. Le choix du Rwanda s’explique d’abord par la stabilité politique que vit le pays. Pour Thomas Schaefer, directeur général de Volkswagen Afrique du Sud, le climat de paix qui règne au Rwanda a motivé le constructeur. À cela s’ajoute le niveau de développement remarquable porté par des réformes économiques engagées par l’État. Rappelons que le Rwanda enregistre régulièrement une forte croissance économique et s’est engagé dans une lutte efficace contre la corruption.

    En s’installant au Rwanda, Volkswagen continue de mettre en œuvre son projet de conquête du continent africain. Volkswagen assemble déjà des véhicules au Nigéria, en Afrique du Sud et depuis quelques mois au Kenya. Selon les informations, l’Algérie devrait être le prochain pays à accueillir les usines d’assemblages de Volkswagen.

  • Le Kenya ouvrira la deuxième académie de drones africaine

    Le Kenya ouvrira la deuxième académie de drones africaine

    Le Kenya est sur le point d’avoir sa première académie de drones après que l’autorité de l’aviation civile a annoncé qu’elle approuverait la demande de licence d’école de la société de logistique Astral Aviation.

    Ceci est la première initiative depuis la publication de la réglementation de l’an dernier pour les « ’véhicules aériens sans pilote »’ (UAV). Le Kenya n’a pas de pilote de drone ni d’établissement de formation pour les opérateurs d’UAV. Toutefois, s’il est approuvé, le Kenya deviendra le deuxième pays sur le continent après l’Afrique du Sud à avoir une telle formation.

    Bonne voie

    En effet, l’Autorité de l’aviation civile du Kenya (KCAA), le régulateur du secteur, a confirmé avoir reçu la demande d’Astral. Selon les responsables de la KCAA, la demande est actuellement en cours d’évaluation. « Nous avons reçu leur demande et il est dans le processus d’examen. Nous allons certainement l’approuver parce que nous avons besoin de plus d’écoles de formation de drones pour créer des capacités locales », a déclaré le directeur général de la KCAA, Gilbert Kibe.

    Le directeur général d’Astral, Sanjeev Gadhia, a quant à lui, affirmé avoir identifié Lukenya et Limuru comme de possibles sites scolaires « car ils sont loin d’un aéroport, ce qui est l’une des conditions fixées par le régulateur ».

    Actuellement, Astral travaille sur les options d’obtention des instructeurs d’Afrique du Sud, selon le PDG. « Nous avons été en contact avec les instructeurs d’Afrique du Sud et nous sommes prêts à les amener pour la formation de nos pilotes de drones locaux une fois que nous aurons l’approbation de la KCA », a-t-il confié.

    Toujours selon celui-ci, pour ses premiers jours, l’académie utilisera le programme d’études sud-africain, en attendant qu’un programme local soit développé, a-t-il dit, ajoutant que l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) prévoit un programme d’études standard. A cet effet, le cours d’Astral aura une formation commerciale, un pilotage de base et avancé. La structure a fixé les frais de formation commerciale à 30 900 shillings (300 dollars), la formation de base des pilotes de drones se situera entre 250 000 et 500 000 shillings tandis que les cours avancés coûteront 500 000 shillings et plus.

    Mais selon les déclarations de Gadhia, le coût finira par baisser après que le pays aura formé ses instructeurs locaux. Pour rappel, les drones sont utilisés pour la photographie, le transport de marchandises légères et la gestion du trafic. Mais pas que. Ils sont également utiles en médecine par exemple pour un le transport du… sang.

     

  • Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Souvent caractérisés par de longs retards et des annulations, des liaisons limitées,  ou encore des avions ou pistes délabrés, les vols à travers l’Afrique sont parfois embarrassants.

    Le problème lié au transport aérien en Afrique est compliqué par les réglementations restrictives et le protectionnisme. Des politiques qui entravent les voyages intranationaux, conduisant les compagnies aériennes africaines à perdre, selon les données de la Banque mondiale, environ 800 millions de dollars en 2016. Désormais, certains de ces problèmes devraient entrer dans l’histoire lorsque le Marché unique du transport aérien africain (SAATM) sera lancé par l’Union africaine (UA) à la fin du mois de janvier.

    En tant que l’un des projets phares de l’Agenda 2063 panafricain de l’UA, ce plan vise à améliorer la connectivité aérienne en Afrique et à utiliser le transport aérien comme moteur de croissance économique, de création d’emplois et d’intégration.

    L’idée repose sur la Décision de Yamoussoukro de 1999, lorsque les ministres africains responsables de l’aviation civile ont accepté un certain nombre de mesures visant à déréglementer les services aériens, à mettre en place des mécanismes de concurrence loyale, de règlement des différends et de libéraliser les fréquences et les tarifs.

    Dans le cadre de cet accord en effet, les pays devraient également libéraliser l’exercice des droits de cinquième liberté pour les passagers et les services aériens de fret, permettant à un transporteur de voyager entre deux pays sur un vol en provenance ou à destination de son propre pays.

    Fédérer les marchés

    En mettant en œuvre ce plan, les pays africains espèrent imiter et développer les marchés uniques de l’aviation dans des pays comme l’Europe et l’Amérique latine. L’UA espère également encourager l’investissement et l’innovation transfrontaliers, améliorer les opérations et l’efficacité des entreprises, accroître la concurrence sur les lignes. Mais pas que. Cette politique de l’institution entend aussi abaisser les tarifs, créer plus d’emplois, ou encore aider les compagnies aériennes à se développer pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

    Jusqu’à présent, 21 pays qui contrôlent plus de 670 millions de la population du continent se sont engagés à ce plan. Ceux-ci comprennent le Bénin, le Nigeria et la Sierra Leone dans la région ouest-africaine; Le Kenya et le Rwanda à l’est; Le Zimbabwe et l’Afrique du Sud dans le sud; et l’Egypte au Nord.

    Le marché unique accueille également huit des dix aéroports les plus fréquentés d’Afrique, notamment l’aéroport international de Bole en Éthiopie et OR Tambo à Johannesburg, en Afrique du Sud. Jusqu’à 15 transporteurs, qui représentent plus de 70% du trafic aérien intra-africain, ont également signé pour le marché commun, y compris Ethiopian Airlines, Kenya Airways, South African Express et Egypt Air.

    Par ailleurs, ce mouvement de libéralisation du transport aérien coïncide avec une pression des gouvernements africains pour ouvrir plus de frontières et encourager le commerce et le tourisme interrégional. L’année dernière, les Africains ont voyagé plus facilement à travers le continent, et des pays comme le Kenya, la Namibie et le Ghana ont annoncé l’élimination des restrictions de visa ou l’octroi de visas à l’arrivée. Le tourisme local au Kenya, en Tunisie et en Afrique du Sud a également stimulé les voyages aériens intérieurs, entraînant la croissance budgétaire des transporteurs.

    Pourtant, malgré les meilleures intentions du plan, le voyage aérien en Afrique a encore beaucoup de chemin à faire. Des transporteurs comme Kenya Airways ou Arik Air du Nigeria ont eu du mal à faire des profits ces dernières années, en proie à la dette ou aux résultats d’une stratégie d’expansion mal cadencée.

    Et à moins que de nouveaux pays ne s’ouvrent, les restrictions gouvernementales sur les visas et l’établissement de lignes aériennes continueront à empêcher un potentiel de cinq millions d’Africains de voyager sur le continent, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les voyages aériens dans des pays comme la Somalie ont aussi un long chemin à parcourir avant de pouvoir s’intégrer pleinement avec le reste: après 27 ans sous le contrôle des Nations Unies, le pays a repris le contrôle de son espace aérien en décembre 2017.

  • Vol historique de Ethiopian Airlines avec un équipage féminin

    Vol historique de Ethiopian Airlines avec un équipage féminin

    Après 2015, la compagnie aérienne a organisé mi-décembre un vol dirigé uniquement par des femmes.

    Le vol Addis-Abeba vers Lagos de ce 16 décembre est historique. La direction de la compagnie aérienne a annoncé que son équipage est uniquement composé de femmes. Outre les pilotes, l’équipage de cabine, les opérations de la rampe de vol et la répartition de vol au sol sont assurés par des femmes. Ethiopian Airlines a estimé qu’il s’agit de montrer de que les femmes peuvent réaliser tout ce qu’elles veulent dans l’industrie aéronautique.

    En 2015, la compagnie éthiopienne avait déjà offert ce vol spécial à ces passagers. Ethiopian Airlines a transporté des passagers du continent africain vers l’Asie. Le vol a quitté Addis-Abeba la capitale éthiopienne pour rallier en toute sécurité Bangkok en Thaïlande. La capitaine Amsale Gualu et son copilote, Selam Tesfaye, avaient d’ailleurs suscité l’admiration de l’équipage et des passagers. Selam Tesfaye avait d’ailleurs qualifié le vol de « légendaire ».

    Notoriété sur le continent

    Ces types de vol renforcent sur le continent la visibilité d’Ethiopian Airlines. La compagnie nationale éthiopienne dessert à ce jour plus d’une cinquantaine de villes en Afrique. Ethiopian Airlines est même le premier transporteur à disposer d’un Boeing 787-9 dreamliner pour transporter ses passagers. Le transporteur offre aussi à ses passagers un processus numérique pour leur faciliter les démarches de voyage. Un Wifi gratuit est surtout mis à la disposition des voyageurs qui utilisent l’aéroport international de Bole à Addis-Abeba, hub principal d’Ethiopian Airlines.

    Des avancées qui permettent au transporteur d’avoir une notoriété en termes d’efficacité et de succès opérationnels. Ethiopian Airlines continue également de multiplier les lignes et d’acheter différents appareils, notamment l’Airbus A350-900. La flotte de la compagnie est désormais composée d’une centaine d’avions. Ethiopian Airlines s’inscrit surtout dans une Vision 2025 qui doit lui permettre d’améliorer ses performances, selon Yared Bertra, directeur régional.

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  • Casablanca prévoit la construction d’une deuxième ligne de tramway

    Casablanca prévoit la construction d’une deuxième ligne de tramway

    Fin 2018, la ville de Casablanca disposera de deux lignes de tramway après plusieurs mois de travaux.

    La Banque européenne d’investissement (BEI) va soutenir les travaux de construction de la deuxième ligne de tramway de Casablanca. L’institution financière européenne a accordé début décembre un financement de 60 millions d’euros à la société de développement local en charge de la mobilité à Casablanca. La deuxième ligne de tramway de Casablanca va faire une quinzaine de kilomètres. Elle se situe entre Anoual et Ain Sebou. Le financement de la BEI va également servir à l’extension de la première ligne de tramway de 2 kilomètres. Elle va conduire vers Lissasfa.

    Les travaux de construction des lignes de tramway s’inscrivent dans le cadre du Plan de Développement de la ville de Casablanca. Depuis 2014, ce plan voulu par Sa Majesté le Roi Mohamed VI doit permettre au pays d’améliorer la mobilité urbaine et la durabilité du développement économique de la ville. Cela passe par « la mise en place d’un réseau de transport en commun représentant 40 % des déplacements motorisés à l’horizon 2030 ». Pour Youssef Draiss, directeur général de Casablanca Transport SA, le financement de la BEI va permettre à Casablanca de construire des lignes de 17 km avec 22 stations. Au total, « 9 arrondissements de plus de 1 million d’habitants devront être desservis ».

    Réduire l’émission de CO2

    Le vice-président de la BEI, Roman Esclano, a réitéré l’engagement de la banque européenne à venir en aide au Maroc dans la réussite de ce projet de transport. Il a ensuite expliqué que la construction de cette deuxième ligne va permettre aux populations de se déplacer de façon sûre et confortable. Rappelons que les travaux de la première ligne de tramway ont débuté depuis janvier 2016. Youssef Drais estime pour sa part que le Plan de développement de la ville de Casablanca a des impacts économiques pour la ville. Outre l’amélioration de la mobilité urbaine, on peut noter un meilleur accès des jeunes à l’emploi, un service de qualité et un haut niveau de sécurité aux femmes.

    Précisons que Casablanca envisage faire augmenter de 30 % la fréquentation de son tramway. La métropole compte réduire l’émission de C02/an et contribuer également à la protection de l’environnement. Casablanca s’est en effet engagé à « contribuer à la réussite de l’accord de Paris sur le climat ». « La conception du tramway, intégrée dans la ville, permettra aussi d’améliorer l’environnement urbain, de limiter la pollution et d’offrir un haut niveau de service à ses usagers », selon les responsables de Casablanca Transport SA.

     

  • Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Ce 7 décembre, à 47 km de la capitale sénégalaise Dakar, l’aéroport international Blaise Diagne ouvrait ses portes, après dix ans de travaux souvent interrompus. Retour sur ce nouvel aéroport sénégalais qui veut se veut beaucoup meilleur que l’aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar.

    Émergence

    Quand ce jeudi, à midi, l’avion du président Macky Sall venait de se poser sur le tarmac flambant neuf de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), au Sénégal et principalement au sein du gouvernement, ce n’est pas qu’une simple inauguration ; c’est plutôt un tournant crucial, un « accélérateur de développement », un fleuron du plan Sénégal émergent, comme le veut-on. Changement d’entreprise chargée d’exécuter le projet, investissements discontinus, chantier enlisé, plaintes des concessionnaires, les embûches n’ont pas été absentes sur le chemin.

    Blaise Diagne 

    Le nouvel aéroport international a été baptisé Blaise Diagne, du nom du premier député africain noir élu au Parlement français en 1914. En réalité, jusqu’à cette date, les précédents députés noirs au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Le Sénégalais né sur l’île de Gorée en 1872 a également été le premier Africain sous-secrétaire d’État aux Colonies. Il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales qu’une fois ces dernières installées. Son important rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales est aussi à relever.

    Espace

    L’AIDB s’étend sur 4 500 hectares. Mais seuls 2 500 sont aujourd’hui utilisés. Il a une capacité de 2 millions de passagers annuels, contre 1,9 million pour l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan désormais principal concurrent dans la sous-région. Actuellement, l’AIBD est capable d’accueillir le plus grand avion de ligne du monde, l’Airbus, l’A380, tout comme l’aéroport d’Abidjan. Afin de traiter jusqu’à 10 millions de passagers à l’horizon 2035, dans un avenir proche il est prévu que de nouveaux terminaux voient le jour.

    Coût

    Quand il inaugurait ce joyau, le président Macky Sall a bien une idée. Permettre au Sénégal de « rester dans le temps de l’action d’un monde globalisé où le progrès des nations se doit de relever les défis de compétitivité, de précision et de vitesse ». L’enjeu est clair : « devenir le hub aérien d’Afrique de l’Ouest ». Et cela un a coût. Estimés au départ il y a 10 ans à 200 milliards de francs CFA (305 millions d’euros), les investissements ont plus que doublé finalement pour atteindre 424 milliards de francs CFA (646 millions d’euros), à en croire les chiffres annoncés par Maïmouna Ndoye Seck, la ministre des Transports aériens ce 4 décembre.

    Évolution

    Après la pose de la première pierre en 2007 par le président Abdoulaye Wade, en 2012, date d’échéance initiale pour la livraison du projet, le taux d’exécution des travaux n’en était qu’à 12 %. « Le chantier était presque à l’arrêt en 2013 », se rappelle Abdoulaye Mbodj, directeur de l’aéroport. D’abord confié au le Bin Ladin Group, l’entreprise saoudienne de BTP, le projet ne sera finalement achevé qu’avec les Turcs de Summa-Limak, ayant pris maitrise des travaux en 2015.

    Obstacles

    Pour réaliser ce projet, trois villages ont été expropriés de leurs terres. Il s’agit de Mbadat, Kathialick et Kessoukhatt, faisant au total 2 500 habitants en tout. Mais ce processus de dépossession des terres aux habitants de ces villages n’a pas été simple. Alors que les résidents des deux premiers (Mbadat, Kathialick) acceptent d’être recasés à 6 km du site de l’aéroport, ceux de Kessoukhatt n’ont pas été favorables au délogement. Pour cause, dans les villages de recasement, les bénéficiaires dénoncent des engagements non tenus par les autorités. Pas de marchés construits pour les villages ni d’aires de jeux pour les jeunes, comme cela avait été promis.

    Opacité

    L’ouverture de ce nouvel aéroport a aussi fait des mécontents à l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor en service depuis 70 ans. En effet, les entreprises sénégalaises opérant au sein de l’ancien aéroport ont fermé leurs portes ce jeudi, tout comme les pistes qui seront consacrées désormais aux fins militaires. Comme accusation, ces sociétés doigtent le consortium d’exploitation sénégalo-turc de les avoir écartées du transfert vers AIBD, au profit de structures étrangères.

    Ils dénoncent dans cette affaire un manque de transparence et l’absence d’appel d’offres pour la concession des lounges mais aussi pour le magasin duty free accordé désormais au français Lagardère. Si du côté de l’AIBD on estime que les entreprises sénégalaises ont bien postulé, mais le mieux offrant a été retenu, l’Union des prestataires et opérateurs du Sénégal (UPOAS) et le Conseil national du patronat (CNP) restent néanmoins toujours derrière les protestataires pour dénoncer une opacité dans l’attribution des marchés.

    Couacs

    Ce 7 décembre, les premiers passagers des vols commerciaux ont commencé par dénoncer quelques couacs. Selon une passagère, « les employés n’ont pas encore été bien formés », confie-t-elle. Et d’ajouter, « il manque quelques préparations. J’espère qu’avec le temps tout sera en ordre. On peut comprendre que pour certains, ce sont les premiers jours ». Un autre a dû conclure en quelques mots tout ce qu’il a déduit de ce premier voyage : « les équipements changent, mais les pratiques restent. »

    Ambitions

    Si Macky Sall se félicite de cette nouvelle initiative, il ne compte pas rester là. Prochaine étape de ses ambitions aériennes, faire renaître la compagnie Air Sénégal. Cette compagnie devrait, selon les autorités sénégalaises, effectuer ses premiers vols commerciaux très bientôt. Certains évoquent l’échéance janvier 2018. Et son directeur n’est pas inconnu dans le monde aéroportuaire en Afrique. Il s’git du français Philippe Bohn. Il lui colle souvent l’étiquette d’ancien « Monsieur Afrique » d’Airbus. Sa mission est lourde. Il devra faire beaucoup mieux pour faire oublier ses prédécesseurs, dont les directions ont été marquées par les faillites successives subies par Air Afrique en 2002 et Sénégal Airlines en 2016.