Catégorie : Economie

  • Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Transport aérien: l’Afrique va ouvrir son ciel, les enjeux!

    Souvent caractérisés par de longs retards et des annulations, des liaisons limitées,  ou encore des avions ou pistes délabrés, les vols à travers l’Afrique sont parfois embarrassants.

    Le problème lié au transport aérien en Afrique est compliqué par les réglementations restrictives et le protectionnisme. Des politiques qui entravent les voyages intranationaux, conduisant les compagnies aériennes africaines à perdre, selon les données de la Banque mondiale, environ 800 millions de dollars en 2016. Désormais, certains de ces problèmes devraient entrer dans l’histoire lorsque le Marché unique du transport aérien africain (SAATM) sera lancé par l’Union africaine (UA) à la fin du mois de janvier.

    En tant que l’un des projets phares de l’Agenda 2063 panafricain de l’UA, ce plan vise à améliorer la connectivité aérienne en Afrique et à utiliser le transport aérien comme moteur de croissance économique, de création d’emplois et d’intégration.

    L’idée repose sur la Décision de Yamoussoukro de 1999, lorsque les ministres africains responsables de l’aviation civile ont accepté un certain nombre de mesures visant à déréglementer les services aériens, à mettre en place des mécanismes de concurrence loyale, de règlement des différends et de libéraliser les fréquences et les tarifs.

    Dans le cadre de cet accord en effet, les pays devraient également libéraliser l’exercice des droits de cinquième liberté pour les passagers et les services aériens de fret, permettant à un transporteur de voyager entre deux pays sur un vol en provenance ou à destination de son propre pays.

    Fédérer les marchés

    En mettant en œuvre ce plan, les pays africains espèrent imiter et développer les marchés uniques de l’aviation dans des pays comme l’Europe et l’Amérique latine. L’UA espère également encourager l’investissement et l’innovation transfrontaliers, améliorer les opérations et l’efficacité des entreprises, accroître la concurrence sur les lignes. Mais pas que. Cette politique de l’institution entend aussi abaisser les tarifs, créer plus d’emplois, ou encore aider les compagnies aériennes à se développer pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

    Jusqu’à présent, 21 pays qui contrôlent plus de 670 millions de la population du continent se sont engagés à ce plan. Ceux-ci comprennent le Bénin, le Nigeria et la Sierra Leone dans la région ouest-africaine; Le Kenya et le Rwanda à l’est; Le Zimbabwe et l’Afrique du Sud dans le sud; et l’Egypte au Nord.

    Le marché unique accueille également huit des dix aéroports les plus fréquentés d’Afrique, notamment l’aéroport international de Bole en Éthiopie et OR Tambo à Johannesburg, en Afrique du Sud. Jusqu’à 15 transporteurs, qui représentent plus de 70% du trafic aérien intra-africain, ont également signé pour le marché commun, y compris Ethiopian Airlines, Kenya Airways, South African Express et Egypt Air.

    Par ailleurs, ce mouvement de libéralisation du transport aérien coïncide avec une pression des gouvernements africains pour ouvrir plus de frontières et encourager le commerce et le tourisme interrégional. L’année dernière, les Africains ont voyagé plus facilement à travers le continent, et des pays comme le Kenya, la Namibie et le Ghana ont annoncé l’élimination des restrictions de visa ou l’octroi de visas à l’arrivée. Le tourisme local au Kenya, en Tunisie et en Afrique du Sud a également stimulé les voyages aériens intérieurs, entraînant la croissance budgétaire des transporteurs.

    Pourtant, malgré les meilleures intentions du plan, le voyage aérien en Afrique a encore beaucoup de chemin à faire. Des transporteurs comme Kenya Airways ou Arik Air du Nigeria ont eu du mal à faire des profits ces dernières années, en proie à la dette ou aux résultats d’une stratégie d’expansion mal cadencée.

    Et à moins que de nouveaux pays ne s’ouvrent, les restrictions gouvernementales sur les visas et l’établissement de lignes aériennes continueront à empêcher un potentiel de cinq millions d’Africains de voyager sur le continent, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les voyages aériens dans des pays comme la Somalie ont aussi un long chemin à parcourir avant de pouvoir s’intégrer pleinement avec le reste: après 27 ans sous le contrôle des Nations Unies, le pays a repris le contrôle de son espace aérien en décembre 2017.

  • En Afrique du Sud, MTN va déployer la technologie 5 G

    En Afrique du Sud, MTN va déployer la technologie 5 G

    MTN, le groupe multinational sud-africain a mené le premier essai de technologie et d’applications de la 5G en Afrique à son siège social à Johannesburg.

    Alors que la plupart des pays africains peine encore à s’offrir la 4G, le Sud-Africain MTN compte déployer prochainement en Afrique du Sud la très haute connexion de génération 5. Un essai a récemment été mené en partenariat avec Ericsson et fait partie de la démonstration 5G prévue par les entreprises. « Cet essai fait suite à la signature par les deux sociétés d’un protocole d’accord pour collaborer au déploiement des technologies 5G en Afrique du Sud », a communiqué MTN.

    Déploiement

    Ce test révèle un débit de plus de 20 Gb/s avec moins de 5 ms de latence dans l’essai 5G, ce qui est « le plus haut atteint sur un réseau mobile en Afrique », selon MTN. Un communiqué publié par le groupe rappelle que l’essai 5G est basé sur du matériel en bande de bases disponible dans le commerce.

    Les tests effectués devront conduire au déploiement commercial des technologies 5G dans un proche avenir. Actuellement, MTN et ses partenaires continuent d’identifier les cas d’utilisation et les applications de la 5G pour la transformation numérique des industries.

    Le groupe a affirmé que la 5 G offre un nouveau monde de potentiel pour l’Afrique du Sud. « Avec la 5G, les soins à distance via des robots connectés pourraient offrir une chirurgie de classe mondiale dans les régions les plus reculées du continent et du monde. Les voitures autonomes pourraient changer les donnes actuelles de la sécurité routière, ainsi que l’agriculture intelligente, l’exploitation minière intelligente et les villes intelligentes », ont-ils projeté.

    Notons que la 5 G est la convergence des technologies de réseautage basées sur IP, notamment IoT/M2M, multimédia, virtualisation de fonctions réseau, MEC (Mobile Edge Computing), réseaux satellitaires et haut débit fixe, selon les explications du professeur Thomas Magadanz de l’Institut Fraunhofer FOKUS.

    La 5 G en question

    Le pas vers un réseau de connexion de 5e génération est presque inévitable. Les professionnels des télécommunications reconnaissent que la convergence de plusieurs technologies influentes et un progrès par rapport aux prédécesseurs 4G et LTE devraient améliorer les processus dans des secteurs clés comme l’éducation et la santé.

    En effet, parmi les avantages attendus de l’évolution de la 5G et de son déploiement, il y a non seulement le haut débit mobile amélioré, mais aussi une révolution et la communication critique de machine à machine à grande échelle dans l’industrie.

    Selon le constructeur finlandais de téléphone Nokia, le chemin vers la 5G permettra d’augmenter considérablement la capacité, la couverture et la vitesse LTE là où et quand ils sont nécessaires, en fournissant jusqu’à dix fois la vitesse des réseaux 4 G initiaux.

    Mais s’il est vrai que les pays d’Afrique australe ont déjà des capacités 3G et 4 G et qu’il y a une possibilité d’évoluer vers la 5G, cela est limité aux zones métropolitaines.

    Un autre défi auquel le continent est confronté est le manque d’infrastructure de base pour soutenir la technologie sans fil et à fibre. Mais d’ici là, l’Afrique du Sud devra donner l’exemple.

     

  • Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donné le feu vert pour la construction de la première phase de l’épine dorsale nationale de fibres optiques, d’une longueur de 2 001 km du Burkina Faso. Le projet, entrepris par la multinationale Huawei, a débuté à Gaoua, dans la région de Bafuji.

    « Le gouvernement est fermement déterminé à faire en sorte que nos régions soient interconnectées et que nos collectivités soient interconnectées », a déclaré le chef de l’État burkinabé, Roc Marc Kaboré en fin d’année 2017.

    Pour ces travaux, c’est le groupe français d’ingénierie Tactis qui est chargé de superviser l’avancement du projet. Le groupe a déjà confirmé que la première phase serait achevée dans un an.

    La première phase devrait coûter 50 milliards de FCFA (environ 90 millions de dollars) et sera financée par une facilité de crédit de 12 ans, dont 60 % ont été fournis par la Banque de Chine, les 40 % restants étant fournis par BNP Paribas. Le prêt comprend une période de grâce de 3 ans, ce qui signifie que le pays a 15 ans pour rembourser sa dette.

    Hadja Fatimata Ouattara, ministre du Développement de l’économie numérique et des postes depuis février 2017, a déclaré que l’épine dorsale nationale de 2 001 km sera ajoutée aux 307 km du projet d’interconnexion Afrique de l’Ouest et aux 650 km de fibre.

    À terme, le Burkina Faso devra disposer d’un total de 2 957 km d’infrastructures en fibre optique et, au cours de la deuxième phase, 8 000 km supplémentaires d’infrastructures en fibre optique seront déployés.

    Le projet d’épine dorsale nationale reliera les 45 provinces du pays, ainsi que ses principales zones urbaines, à un coût estimé à 100 milliards FCFA (environ 180 millions de dollars).

  • Vol historique de Ethiopian Airlines avec un équipage féminin

    Vol historique de Ethiopian Airlines avec un équipage féminin

    Après 2015, la compagnie aérienne a organisé mi-décembre un vol dirigé uniquement par des femmes.

    Le vol Addis-Abeba vers Lagos de ce 16 décembre est historique. La direction de la compagnie aérienne a annoncé que son équipage est uniquement composé de femmes. Outre les pilotes, l’équipage de cabine, les opérations de la rampe de vol et la répartition de vol au sol sont assurés par des femmes. Ethiopian Airlines a estimé qu’il s’agit de montrer de que les femmes peuvent réaliser tout ce qu’elles veulent dans l’industrie aéronautique.

    En 2015, la compagnie éthiopienne avait déjà offert ce vol spécial à ces passagers. Ethiopian Airlines a transporté des passagers du continent africain vers l’Asie. Le vol a quitté Addis-Abeba la capitale éthiopienne pour rallier en toute sécurité Bangkok en Thaïlande. La capitaine Amsale Gualu et son copilote, Selam Tesfaye, avaient d’ailleurs suscité l’admiration de l’équipage et des passagers. Selam Tesfaye avait d’ailleurs qualifié le vol de « légendaire ».

    Notoriété sur le continent

    Ces types de vol renforcent sur le continent la visibilité d’Ethiopian Airlines. La compagnie nationale éthiopienne dessert à ce jour plus d’une cinquantaine de villes en Afrique. Ethiopian Airlines est même le premier transporteur à disposer d’un Boeing 787-9 dreamliner pour transporter ses passagers. Le transporteur offre aussi à ses passagers un processus numérique pour leur faciliter les démarches de voyage. Un Wifi gratuit est surtout mis à la disposition des voyageurs qui utilisent l’aéroport international de Bole à Addis-Abeba, hub principal d’Ethiopian Airlines.

    Des avancées qui permettent au transporteur d’avoir une notoriété en termes d’efficacité et de succès opérationnels. Ethiopian Airlines continue également de multiplier les lignes et d’acheter différents appareils, notamment l’Airbus A350-900. La flotte de la compagnie est désormais composée d’une centaine d’avions. Ethiopian Airlines s’inscrit surtout dans une Vision 2025 qui doit lui permettre d’améliorer ses performances, selon Yared Bertra, directeur régional.

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  • La Côte d’Ivoire va produire des téléphones Android en 2018

    La Côte d’Ivoire va produire des téléphones Android en 2018

    Sociam, le groupe ivoiro-libanais spécialisé dans la fabrication et la distribution des produits électroménagers a annoncé, avec son partenaire Samsung, la commercialisation de son smartphone Nasco. Une gamme de téléphones Android sous sa propre marque.

    En Côte d’Ivoire, Sociam accélère son implantation et l’entreprise est ambitieuse dans la conquête du marché africain. Jusqu’ici essentiellement consacrée à la fabrication et la distribution des produits électroménagers, dont des réfrigérateurs, des machines à laver, des climatiseurs, téléviseurs et autres, l’entreprise veut explorer une autre option en pleine croissance sur le continent : la téléphonie. En effet, le représentant exclusif du géant sud-coréen Samsung Electronics en Côte d’Ivoire a annoncé le lancement de la marque de Smartphones baptisée : « Nasco ».

    Selon les informations, plus de 30 000 exemplaires de ce smartphone viennent d’être mis sur le marché ivoirien par Sociam. Ces téléphones intelligents ont été fabriqués dans les usines du partenaire sud-coréen Samsung, avec les mêmes innovations technologiques Android et caractéristiques que le S8 de Galaxy.

    Pour le moment, les propriétaires, les frères Ali Pixie et Nasser Séklaoui veulent écouler toute la marchandise mise sur le marché avant cette fin d’année.  Pour atteindre l’objectif, ils misent sur leur réseau direct de 200 points de vente à Abidjan. Selon Nasser Séklaoui, le PDG du groupe, le projet était préparé minutieusement depuis des années. Toutefois, cette nouvelle aventure dans le domaine du mobile ne détournera pas le groupe de son activité première.

    Conquête

    Actuellement, le groupe fait une opération marketing pour cibler d’autres marchés d’écoulement. Sur ce, il devrait s’installer dans quatre nouveaux pays d’Afrique de l’Ouest en 2018, dont le Sénégal et le Nigéria, où les rivalités sur le secteur de la téléphonie mobile sont rudes, avec des grandes marques étrangères comme Infinix ou Tecno. Pour ce faire, Sociam veut croire en la différence avec la qualité et les prix raisonnables de ses appareils.

    Cette société qui emploie 2500 personnes en Afrique dont environ 1600 en Côte d’Ivoire ambitionne d’ouvrir plusieurs grandes surfaces Nasco (2 000 m²) dans le pays, où il présentera exclusivement les produits de sa marque. Sociam veut également poursuivre l’extension de son réseau au niveau national pour le porter à 300 showrooms, comme celui qu’il a ouvert fin 2016 au sein du centre Abidjan Mall, dans le quartier Riviéra-Bonoumin, à Cocody.

    Le groupe souhaite croitre le nombre de ses magasins à l’étranger, notamment son premier marché extérieur, le Ghana. Enfin, il est aussi prévu d’ouvrir une usine de fabrication de téléviseurs, de climatiseurs et téléphones Nasco à Abidjan si l’amélioration du cadre fiscal et douanier le lui permet dans cinq ans.

    Il faut noter c’est en 1984 que le groupe Sociam a été créé. Il s’est forgé au fil du temps un piédestal et se revendique aujourd’hui 65% de parts de marchés dans l’électroménager sur tout le continent, encore loin devant Whirlpool et Panasonic, seul le Sud-Coréen LG lui résistant encore. Actuellement, le groupe est présent en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Liberia, au Bénin, au Gabon, au Cameroun et en RD Congo.

  • Angosat 1, l’Angola s’invite à la conquête spatiale

    Angosat 1, l’Angola s’invite à la conquête spatiale

     En cette fin d’année, la concurrence en Afrique en matière de technologie spatiale a  produit bien de résultats. L’Angola s’est désormais lui aussi invité dans cette course.

    Fruit d’un partenariat entre l’Angola et la Russie, Angosat 1, premier satellite de ce pays, a été mis en orbite depuis mardi dernier. Le projet conjoint qui a débuté en 2009 a coûté environ 300 millions de dollars et financé par un crédit des banques d’État russes, selon les informations du gouvernement angolais. Pesant 55 kilogrammes, Angosat a été construit par un consortium d’Etat russe et a été lancé avec la fusée ukrainienne Zenit-3SLB, ainsi qu’avec Roscosmo, une compagnie spatiale russe. Il sera placé sur l’équateur à une altitude de 36 000 kilomètres. La Russie supervisera le fonctionnement du satellite à partir d’un centre de contrôle construit près de Luanda.

    En effet, la construction de ce satellite dont le lancement a été retardé plusieurs fois a débuté en 2013. Angosat-1, qui sera dans une période d’essai jusqu’en mars, est destiné à fournir des services de télécommunications, de télévision, d’Internet et de gouvernance électronique à l’Angola et restera en orbite pendant au moins 15 ans. Mais pas que. Spécialement, AngoSat-1 jouera aussi un rôle crucial dans la prolifération de la télémédecine, un moyen de fournir des soins cliniques à distance en utilisant les télécommunications.

    Le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information, Carvalho da Rocha, a déclaré que 40% de la capacité du satellite avait déjà été réservée pour des objectifs commerciaux. Le gouvernement estime qu’il récupérera son investissement en deux ans au minimum.

    La conquête de l’espace en Afrique subsaharienne

    Plus tôt cette année, l’Angola avait rendu public son plan à long terme pour son programme spatial, qui prévoit une expansion régulière dans les années à venir. Avec le lancement ce mardi, l’Angola devient l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne dans la course pour une conquête spatiale.

    Le Nigeria, le Ghana et l’Afrique du Sud ont déjà plusieurs satellites en orbite, allant plus loin que les télécommunications de base. L’Afrique du Sud par exemple, utilise son engin spatial pour collecter des données sur les catastrophes environnementales potentielles telles que les inondations et les incendies. Le Ghana quant à lui utilise le cubesat, un petit satellite construit par l’Université des Nations Unies, pour surveiller son littoral et à des fins éducatives. Pendant ce temps, le Nigeria n’a pas seulement utilisé ses satellites pour surveiller les élections, mais même pour suivre les mouvements de Boko Haram, le groupe armé responsable des attaques meurtrières dans le nord-est du pays.

    Cependant, le Nigeria veut aller encore plus loin. D’ici 2030, il espère pouvoir envoyer son premier astronaute dans l’espace, un plan qui pourrait être à portée de main, grâce à des entreprises privées comme SpaceX et Blue Origin qui ouvriront des espaces dans les années à venir.

    Mais d’autres pays subsahariens regardent également vers le ciel. L’Éthiopie et le Kenya ont leurs propres programmes spatiaux.

    En 2016, l’Union africaine avait élaboré une politique et une stratégie spatiales africaines. Avec ce cadre, l’Union africaine espère œuvrer en faveur d’un programme spatial résilient qui profite à l’ensemble du continent dans les décennies à venir.

  • Burkina: la télévision numérique terrestre en 5 points

    Burkina: la télévision numérique terrestre en 5 points

    Le Burkina Faso est devenu le premier pays ouest-africain à lancer officiellement le passage à la télévision numérique terrestre (TNT). La mise en service de cette infrastructure est une grande aubaine pour les médias dans le pays. Le projet en 5 points.

    Périple

    Avant de connaitre une phase d’aboutissement ce 28 décembre 2017, la télévision numérique au Burkina aura fait un long chemin. Lancée sous Blaise Compaoré puis validée en un premier temps sous la Transition, ensuite sous Roch Marc Christian Kabore, la télévision numérique est enfin une réalité au Burkina. Le projet avait raté le délai initial de juin 2015, en partie à cause des difficultés de mobilisation des ressources et surtout à la crise politique qui a secouait encore le pays.

    Investissement

    Le projet mis en service par le haut représentant du chef de l’État Shérif Sy, aura exigé un investissement de 45 milliards de francs CFA (69 millions d’euros). La moitié de cet investissement été apportée par un pool bancaire, dont la branche Burkina de Bank of Africa.

    Travaux

    Actuellement, quatorze chaînes nationales, dont la télévision publique, la RTB ou encore BF1, Burkina Info, 3 TV, Omega TV, sont donc accessibles. Les travaux effectués par l’entreprise espagnole BTesa, sont déjà achevés à 70 %. La mise en service de la TNT couvre au moins vingt villes. Mais selon les prévisions, une trentaine de villes est prise en compte. Le reste sera donc couvert progressivement à partir de février 2018.

    Technique

    Fin mai 2017, l’opérateur public en charge de la TNT au Burkina, la Société burkinabè de télédiffusion (SBT), avait finalisé un accord pluriannuel pour l’utilisation du satellite Eutelsat 3B, en vue d’alimenter 35 émetteurs numériques terrestres et mailler l’ensemble du territoire national. En effet, le signal satellitaire qui comprend une vingtaine de chaînes de télévision est désormais rediffusé par les émetteurs terrestres de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora ou encore Manga, auprès des foyers burkinabè équipés d’un décodeur numérique ou d’un téléviseur adapté.

    Attentes

    Si le paysage audiovisuel burkinabè est composé aujourd’hui, d’une dizaine de chaînes de télévision : Al Houda TV, CVKa, Impact TV, TV Maria, TVZ, Canal3, SMTV, Burkina Info et la Radiotélévision du Burkina (RTB – publique), il faut dire que plusieurs chaînes privées attendaient incessamment l’arrivée de la TNT pour en lancer de nouvelles. Certaines d’entre elles ont des projets déjà avancés dans le domaine. Parmi celles-ci, Omega TV, qui appartient au ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, patron d’Oméga FM, une chaîne radio très écoutée par les Ouagalais. D’autres médias numériques verront également bientôt le jour.

  • Afrique de l’Ouest : comment les économies se sont comportées en 2017?

    Afrique de l’Ouest : comment les économies se sont comportées en 2017?

    Durant l’année 2017, les États de la sous-région ont continué leur politique de développement pour renforcer leurs économies. Certains d’entre eux ont cependant rencontré des difficultés. D’autres par contre ont attiré l’attention d’investisseurs intéressés par les énergies renouvelables et le secteur manufacturier.

    La Côte d’Ivoire par exemple n’a pas pu conserver son avance en tant qu’économie connaissant la croissance la plus rapide après avoir été dépassée par le boom de l’Éthiopie. En 2017, les estimations de croissance annuelle du pays ont oscillé autour de 8 %, mais la confiance des investisseurs a été ébranlée par la menace de la mutinerie des soldats.

    Les autorités n’ont pas eu toute la latitude de mettre en œuvre le plan national de développement qui devait aider le pays à achever de grands projets d’infrastructure et à diversifier son économie. Une grande partie du plan était l’ambition d’aller du plus grand exportateur mondial de cacao cru à la fabrication et à la commercialisation de son propre chocolat. Alors que certains progrès ont été réalisés, les prix du cacao ont chuté et les agriculteurs craignent des mois de décembre et janvier exceptionnellement chauds qui pourraient nuire à leurs récoltes, montrant que la Côte d’Ivoire ne s’est pas encore sevrée d’être un exportateur de matières premières.

    Le Sénégal a quant à lui vu son économie progresser de 7,1 % durant le troisième trimestre de l’année écoulée. En fin d’année, le pays a même inauguré un nouvel aéroport qui doit lui permettre de desservir près de trois millions de passagers. Avec le Plan Sénégal émergent, le pays devrait atteindre une croissance de 7 % durant l’année 2018. Avec Patrice Talon, l’économie s’est consolidée durant 2017 avec le plan « Révéler le Bénin ».

    Ce vaste programme devra permettre au pays de développer le secteur de l’agriculture, les infrastructures et l’industrie touristique. Les efforts du Bénin ont été renforcés par le FMI qui a accordé au pays en avril 2017 plus de 150 millions de dollars. L’année précédente, le Bénin a enregistré une croissance économique de 5,4 % (une progression de 1,4 %)/En visite dans le pays en décembre dernier, Christine Lagarde a annoncé une croissance de 6 % pour 2018.

    Du Togo et du Nigéria

    Le Togo avait commencé l’année 2017 avec un plan clair pour stimuler son économie. Il s’agissait pour les autorités de renforcer le développement du pays avec de grandes réalisations. Au cœur de ces réalisations se trouve le port de Lomé, un port naturel en eau profonde qui pourrait desservir l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

    Mais fin août les manifestations contre Faure Gnassingbé ont troublé l’élan économique du pays. Elles ont conduit à des affrontements meurtriers et à des coupures d’internet. Une issue n’est toujours pas trouvée à la crise. Les partis d’opposition continuent de protester. Difficile de faire une prédiction économique pour le pays. L’incertitude qui plane sur le Togo peut « chasser » des investisseurs.

    Après une année pleine de croissance négative en 2016, le Nigeria a commencé l’année 2017 avec une économie agitée. La chute du prix du pétrole, principale exportation nigériane, ainsi que le sabotage des principales installations pétrolières ont été largement imputés à l’effondrement de l’économie du pays. La crise du dollar a frappé durement les entreprises locales et la classe moyenne du pays.

    Le premier trimestre de 2017 a donné le ton pour le reste de l’année. L’économie a terminé sa première récession en plus de deux décennies et a commencé à rebondir grâce à une augmentation de la production et des revenus pétroliers. Le maintien de cette croissance en 2018 dépendra à nouveau de la production et des prix du pétrole alors que la Banque mondiale prévoit pour le pays une croissance maigre de 1 % en 2018.

  • En Tanzanie, Fahad Awadh se fait champion de la noix de cajou

    En Tanzanie, Fahad Awadh se fait champion de la noix de cajou

    Deux ans après le début de son activité, Fahad Awadh a été nommé l’un des 30 entrepreneurs à surveiller en Afrique par le magazine Forbes, et a également reçu une subvention de 500.000 USD du Africa Enterprise Challenge Fund. En Tanzanie où il est connu pour son intérêt pour les noix cajou, le jeune a une entreprise plutôt prospère.

    En 2014, Awadh a commencé à rechercher une activité dans laquelle il pourrait investir. « Je suis tombé sur la noix de cajou en constatant que la Tanzanie en produit beaucoup et de bonnes qualités », dit Awadh, dont la première grande initiative privée, étaient une entreprise de vêtements qu’il a fondée avec des amis. En effet, la Tanzanie est l’un des plus grands producteurs de noix de cajou au monde. Environ 90 % de ses noix de cajou sont exportées en Inde et au Vietnam et réexportées vers les marchés développés.

    Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette industrie, Awadh a quitté le Canada pour la Tanzanie afin d’y mener des recherches. Il voulait, selon ses dires, comprendre l’offre sur le marché intérieur et le commerce mondial de la noix de cajou. Awadh s’est également rendu au Vietnam, l’un des plus gros exportateurs de noix de cajou au monde. Dans ce pays, il a visité des fabricants d’équipements de traitement et l’usine d’un producteur de noix de cajou de réputation. Ces visites l’ont exposé aux meilleures pratiques mondiales, qu’il a plus tard mises en œuvre dans sa propre entreprise.

    Pour Awadh, comprendre le marché mondial et ce que veulent les consommateurs a été important pour prendre des décisions éclairer sur la façon dont il devrait traiter ces noix de cajou. « Je savais que si je devais traiter en Tanzanie, il fallait qu’il soit mécanisé, automatisé et efficace. Je me suis rendu compte que si je voulais être le meilleur transformateur, je devais mécaniser le processus et opérer selon les normes les plus rigoureuses en assurant la salubrité et la traçabilité des aliments et en donnant de la valeur à l’agriculteur » rassure l’entrepreneur.

    C’est au bout de ces différentes étapes que Awadh décide enfin de créer YYTZ Agro-Processing, une société de production de noix de cajou qui se concentre sur l’exportation de noix de qualité supérieure de Tanzanie, tout en travaillant étroitement avec les agriculteurs locaux pour s’assurer qu’ils sont suffisamment inclus dans la chaîne de valeur.

    Défis de financement

    Alors qu’il était finalement satisfait des connaissances qu’il avait acquises, Awadh écrit un plan d’affaires complet et a commencé à demander des prêts auprès de banques en Tanzanie pour financer l’équipement de traitement. Malheureusement, la réponse par défaut à ses demandes était : « Non, nous ne soutenons pas les nouvelles entreprises ». « Les banques ont toujours été négatives parce qu’elles pensaient que c’était impossible. Ils ne posaient pas les bonnes questions et les mois passaient », se souvient-il.

    Pour donc éviter les retards, Awadh s’est associé avec son père, un pilote commercial retraité, pour acheter l’équipement initial pour installer YYTZ sur l’île de Zanzibar (une région semi-autonome de Tanzanie), avec l’espoir qu’une fois que les banques verront une usine pour se lancer dans les affaires, ils auront plus de confiance pour le soutenir. Mais alors que cette lutte se poursuivait, YYTZ a obtenu un coup de pouce important en remportant une subvention de l’Africa Enterprise Challenge Fund en 2016, un an après l’enregistrement de l’entreprise par Awadh.

    Des partenariats gagnant-gagnant

    L’entreprise construit déjà une autre usine à Mtwara (sud de la Tanzanie) qui permettra aux agriculteurs d’avoir accès à des installations de stockage, à une machine à décorticage automatique et à des équipements de vaporisation qui leur permettront d’enlever leurs coquilles. De cette façon, l’entreprise peut acheter le produit à un prix plus élevé auprès des agriculteurs.

    « À l’heure actuelle, les noix de cajou de Tanzanie sont exportées en Inde et au Vietnam en tant que produit brut. En aidant les agriculteurs à ajouter de la valeur à leur récolte, nous sommes non seulement en mesure de leur payer plus d’argent et de les aider à obtenir plus de revenus, nous allons également augmenter les revenus du pays », rassure Awadh.

    Dans la logique de celui-ci, les agriculteurs sont des clients importants. « Vous constaterez que dans de nombreux pays comme la Tanzanie, les agriculteurs sont souvent exploités et ils n’ont rien à montrer pour le travail qu’ils ont fait. Nous, nous voulons nous assurer que toute activité que nous menons avec les agriculteurs est en mesure d’augmenter leurs moyens de subsistance. C’est important pour nous parce que sans les agriculteurs, il n’y a pas de commerce, » croit-il.

  • Algérie: les choses importantes à savoir sur le satellite Alcomsat-1

    Algérie: les choses importantes à savoir sur le satellite Alcomsat-1

    La fusée chinoise Longue Marche 3B a mis en orbite ce 10 décembre, le premier satellite de télécommunications algérien, Alcomsat-1.

    En la matière, l’Algérie n’est pas à son coup d’essai. Alcomsat-1 est le cinquième satellite algérien, et le premier en matière de télécommunications. Ce satellite qui devra atteindre son orbite de destination après 6 jours de la date du lancement a été envoyé dans l’espace dimanche depuis Sichuan, en Chine. Sa mission : permettre la multiplication de chaînes de radio et de télévision, mais aussi optimiser la qualité du signal des satellites de géolocalisation.

    Construit par la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), Alcomsat-1 permettra la diffusion de 200 à 300 chaînes de télévisions et du même nombre de radios numériques. Il a également pour mission d’améliorer certains services tels que la formation en ligne, la télémédecine et la visioconférence grâce à la diffusion de l’Internet à un très haut débit sur l’ensemble du territoire algérien.

    Technique

    Selon les autorités algériennes, Alcomsat-1 va optimiser la qualité du signal des satellites de géolocalisation (GPS, GLONASS, Galileo). Ce qui permettra aux services algériens de surveillance de bénéficier eux aussi de ce satellite grâce à des communications radio plus flexibles et qui pourront se faire au-delà des frontières. Ce satellite sera également utile à l’armée qui pourra piloter des drones sur de plus longues distances.

    En effet, pour contrôler le satellite, deux postes de commandement ont été installés, chargés de son activation, de sa surveillance et de son contrôle. Ces deux postes installés à Boughezoul (Médéa) et Bouchaoui (Alger) seront supervisés par des ingénieurs de l’Agence spatiale algérienne (ASAL), des agents formés en Chine.

    L’Algérie à la quête de l’espace

    Sur ce champ, l’Algérie est enviable sur le continent africain où la possession de satellites se trouve encore être un luxe réservé à quelques pays. Au Total, c’est désormais 5 satellites algériens qui se trouvent en orbite autour de la Terre.

    En effet, le lancement de ce 5e satellite algérien s’inscrit dans la mise en œuvre du programme spatial national de l’Algérie. Ce programme adopté par le gouvernement a pour but de renforcer les capacités algériennes dans le domaine spatial à l’horizon 2020. Ce chapitre a commencé d’abord avec le lancement en 2002 du Alsat-1, premier satellite d’observation à moyenne résolution.

    Mission déguisée ?

    La mise en orbite de ce satellite ne s’analyse pas sans allusion au voisin marocain qui a envoyé son premier satellite le Mohammed VI-A, il y a juste 1 mois. Le Mohammed VI-A, satellite doté d’une très haute définition, est un outil de surveillance d’une grande performance que le Maroc reste pour l’instant le seul pays africain à détenir.

    Si pour l’heure, les informations disponibles présentent l’Alcom Sat 1 comme un satellite de communication, avec pour objectif principal d’améliorer l’accès à internet dans le pays, en permettant la couverture des zones enclavées et en permettant à l’Algérie de se prémunir de toute coupure susceptible de toucher les câbles physiques de liaisons internet, d’aucuns lui prêtent bien d’autres intentions. Certains médias locaux soutiennent que le satellite en question ne devrait pas être seulement à usage civil, mais bien beaucoup plus militaire. L’Alcom Sat 1 doit, à en croire ceux-ci, en premier lieu répondre aux besoins stratégiques de l’Algérie, notamment en matière de sécurité. D’autres préfèrent carrément parler de « satellite-espion ».

    Il faut toutefois noter que la volonté de l’Algérie de se doter d’un satellite de communication date de plusieurs mois. En avril dernier, des officiels locaux en avaient même fait l’annonce publiquement, en prophétisant une mise en orbite de l’engin avant la fin de l’année 2017. Au sein du gouvernement algérien, ce n’est donc qu’un pari réussi.

    Selon les spécialistes, les caractéristiques de l’Alcom Sat1 incluent des transpondeurs de bandes X, EHF et UHF. Des bandes qui sont souvent utilisées pour les besoins de l’armée et des secteurs stratégiques et sécuritaires de l’État. De ce point de vue, il suffirait de quelques modifications pour que le satellite réponde à d’autres exigences, comme l’interception de signaux transmis par d’autres satellites, par exemple.