Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Akua Obenewaa Donkor, pionnière du chocolat artisanal au Ghana

    Akua Obenewaa Donkor, pionnière du chocolat artisanal au Ghana

    Au Ghana, cette entrepreneure est très connue sous le nom de Chocolate Lady. Akua Obenewaa Donkor dirige une chocolaterie à Ashongman, dans la banlieue d’Accra. Depuis plus de cinq ans, cette trentenaire fabrique des chocolats faits à la main.

    Son entreprise est dénommée « Decokraft » avec un capital de 1000 dollars.
    À base de liqueur de cacao, plus de 300 kg de chocolat sont fabriqués par Decokraft chaque mois. L’entrepreneure s’approvisionne auprès des cultivateurs du pays et d’autres sociétés spécialisées.

    La Ghanéenne explique s’être intéressée à la production du chocolat après avoir lu un magazine contenant des informations sur les chocolatiers, les différents types de chocolat. Akua Obenewaa Donkor a suivi des cours en ligne pour devenir chocolatière. L’entrepreneure a également été formée par la Cocoa Processing Company (CPC) du Ghana.

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    Les produits sont après vendus dans des boutiques en ligne et durant des grands événements comme les fêtes d’anniversaires, les mariages ou les festivités au sein des entreprises. Chocolate Lady est diplômée en Communication Design (Design Graphique) de l’Université des Sciences et Technologies Kwame Nkrumah (KNUST).

    Elle mise ainsi sur des touches personnelles comme les techniques de fabrication à la maison, l’image de marque, la finition et l’emballage pour mieux faire connaître son produit. La Food and Drugs Authority (FDA) a d’ailleurs certifié les produits de Akua Obenewaa Donkor.
    Grâce au succès de son entreprise, la jeune entrepreneure a déjà formé près de cinquante personnes dans la fabrication de chocolat.

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  • Numida: la startup de gestion financière pour les PME ougandaises

    Numida: la startup de gestion financière pour les PME ougandaises

    Fondé par trois entrepreneurs cette startup ougandaise veut contribuer à un service de trésorerie de qualité dans les entreprises africaines. Depuis sa création, Numida a lancé une application gratuite de gestion financière pour les PME ougandaises. L’application offre surtout aux chefs d’entreprises un crédit non garanti.

    « Nous utilisons des données sur les flux de trésorerie et des données comportementales sur la gestion financière pour débloquer des crédits pratiques et équitables pour les entrepreneurs ougandais », explique Mina Shahid, l’un des responsables de la startup. L’entrepreneure confie avoir travaillé pendant plusieurs années sur l’accès au crédit pour les PME africaines.

    Avec Ben Best et Catherine Denis, les deux autres responsables de Numida, Mina Shahid affirme que leur startup s’attèle à construire les produits dont les PME africaines ont besoin. « La plupart des responsables de PME ont des dossiers financiers pauvres médiocres. Cela rend très difficile la détermination de la capacité des entreprises à rembourser un prêt », considèrent-ils.

    Les trois entrepreneurs misent sur leurs expériences pour réussir dans leur projet. Ils ont déjà été à la tête de startups au Rwanda et au Ghana. « Nous avons plus de 15 ans d’expérience dans les domaines de la pauvreté et du développement en Afrique, en Haïti et en Colombie », soutiennent-ils.

    Numida construit une suite de produits numériques pour rendre les entrepreneurs ougandais plus productifs. En plus de la gestion financière et le crédit non garanti déjà disponible, la startup compte lancer au cours de l’année un produit de gestion des stocks pour les détaillants. À cet effet, les responsables misent sur une levée de fonds et des partenariats avec des investisseurs.

  • Akin Alabi: l’ex-vendeur de poulets au Nigéria, devenu PDG grâce au sport

    Akin Alabi: l’ex-vendeur de poulets au Nigéria, devenu PDG grâce au sport

    Cet entrepreneur nigérian est le premier à faire fortune dans les partis sportifs en ligne dans la sous-région ouest-africaine. Spécialiste en marketing, Akin Alabi dirige a fini par créer NairaBet, sa société de pari sportif. Son objectif était de réussir et gagner de l’argent. Petit, « je voulais juste être aussi riche que légalement possible », explique-t-il. « Je m’en fous si je devais être un médecin riche, un riche vendeur ou un riche. Je voulais juste être riche », se disait-il.

    Akin Alabi n’a pourtant pas réussi ses études comme il le souhaitait, manquant à plusieurs reprises de s’inscrire à l’université. Autodidacte, Akin Alabi s’est formé grâce aux livres et à ses lectures. « J’ai consommé beaucoup de connaissances, que ce soit à partir de livres, de matériel audio, de sessions de formation et de séminaires », se rappelle-t-il.

    Puis il se lance dans les affaires. Il vend du poulet dans les rues d’Ibadan et fais ses premiers pas dans l’exportation et l’importation de cultures commerciales et d’autres matériaux. Ses connaissances lui ont permis de finalement préparer une maîtrise en marketing à l’université de Liverpool.

    Touche-à-tout

    En 2002, il se tourne vers Internet et le marketing de l’information. « Je n’avais pas besoin de trop de capital pour lancer mes affaires », affirme-t-il. L’entrepreneur crée alors son premier produit d’information, un programme d’immigration canadien, qu’il met en vente sur Internet. Akin Alabi lance surtout d’autres produits d’information dans le marketing d’affiliation, des séminaires et l’enregistrement d’un nom d’entreprise.

    Akin Alabi rappelle avoir misé sur les campagnes de publicité en ligne. « J’avais aussi commencé à publier des articles en ligne sur le marketing de l’information et à publier les opportunités d’affaires. J’ai dirigé une entreprise d’édition sportive qui a finalement échoué aussi. Cela ne m’a pas empêché d’essayer plusieurs autres choses », confie l’entrepreneur.

    Depuis la création de NairaBet, l’entrepreneur estime avoir réalisé ses rêves. Mais son ambition est désormais de créer de l’emploi, de contribuer au développement de l’économie de son pays. « Je veux surtout toucher les vies », avoue-t-il.

  • AfroLandTV: l’Afrique que les médias ne vous montreront jamais

    AfroLandTV: l’Afrique que les médias ne vous montreront jamais

    Michael Maponga n’est pas nouveau dans le monde des écrans. Acteur, ce Zimbabwéen a déjà été dans l’industrie cinématographique pendant plus d’une décennie, connu de Bollywood à Hollywood. Avec la prise de conscience que les Africains n’ont pas d’industrie cinématographique spécifique et que les histoires africaines ne sont pas racontées d’un point de vue purement africain, Michael Maponga a lancé AfroLandTV.

    « Nous avons tellement d’histoires originales inédites que le monde apprécierait des guerriers zoulous, des tribus royales, les combattants de la liberté comme Patrice Lumumba. En tant qu’Africains, nous avons une voix inouïe, avec AfroLandTV nous donnons à nos cinéastes une plate-forme pour projeter cela » explique le concepteur. Et d’ajouter, « les hubs de films aux États-Unis, en Inde, en Asie et au Royaume-Uni sont florissants, car ils créent un contenu de qualité et fournissent à leurs propres cinéastes des plateformes leur permettant de distribuer leur contenu à un public digne ».

    Faire « africainement »

    En effet, AfroLandTV est une chaine de streaming qui propose du contenu africain dans les catégories Film, Web et Documentaires. Selon le fondateur de la chaine, AfroLandTV vise à révolutionner l’industrie cinématographique africaine via Internet. Plus largement, avoir une bibliothèque très diversifiée de films de tous les pays d’Afrique.

    Fondé pour cet objectif, Michael a investi dans la technologie qui permet aux téléspectateurs de diffuser facilement du contenu sur le continent africain. Cible principale, la génération millénaire, spécifiquement les 18-34 ans, les Africains aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, au Nigeria et au Ghana.

    AfroLandTV se distingue par la haute qualité du contenu qu’elle propose avec des films primés et des documentaires mettant en vedette le meilleur travail des Africains avec chaque film ou série sur le site web trié sur le volet. La plateforme a mis en ligne plusieurs vidéos telles que « Tjitji la Fille Himba, une histoire originale sur une fille Himba (tribu) avec des aspirations pour devenir la prochaine Oprah, Katutura, un drame d’action acclamé filmé en Namibie, Diembe, une comédie drôle sur un garçon kenyan migrant vers Royaume-Uni et les stéréotypes qui viennent avec, et la série web Daughters in America environ quatre femmes africaines instruites vivant aux États-Unis », cite le concepteur.

    À en croire Michael, ce qui en ressort est le fait qu’il y a une retombée positive sur tout le contenu. À cet effet, tout ce qui met en évidence les aspects et les perceptions négatifs sur l’Afrique n’est pas pris en compte.

    Depuis le lancement d’AfroLandTV, sa croissance a été incroyable. La mission n’a pas changé. « Devenir la plus grande plateforme panafricaine de télévision en ligne », déclare Michael.

    L’un des points forts de la plateforme a été la multitude de cinéastes primés qui se sont joints à lui et, depuis 2016, Michael a conclu un accord avec une autre start-up, Stream TV, dirigée par Banele Damane. Avec cet accord, AfroLand TV est hébergé sur le lancement de l’application Android de Stream TV depuis 2017.

  • BeSpecular: l’application qui prête des yeux aux malvoyants africains

    BeSpecular: l’application qui prête des yeux aux malvoyants africains

    Il y a deux ans, Chris Venter, un Sud-Africain, a perdu la vue à cause d’un virus contracté lors d’un voyage.

    Ancien chef, il était déterminé à continuer à cuisiner. Pour ce faire, il a dû réapprendre à naviguer dans une cuisine et même à couper des oignons. S’il veut verser du lait, il a un appareil qui émet un bip lorsque le verre est presque plein. Mais il y a encore des obstacles, comme voir la couleur de l’oignon, ou la date d’expiration du lait. C’est en cela que l’application BeSpecular se montre utile.

    En effet, BeSpecular relie cet utilisateur à des bénévoles du monde entier qui veulent prêter leurs yeux aux aveugles. « La première fois que je l’ai utilisé, j’étais sur le point de couper un oignon et j’étais incertain si c’était un oignon blanc ou rouge que j’avais pris, alors j’ai pris une photo », a témoigné le blogueur de 43 ans. Ensuite, une fois la demande soumise, une poignée de volontaires, appelés « sightlings », reçoivent une notification sur leur smartphone. « Il m’a juste fallu environ 30 secondes avant que j’aie la première réponse » ajoute l’utilisateur.

    Réduire le poids de la cécité

    Dans le monde, l’Organisation du monde pour la santé estime à 285 millions le nombre de personnes  malvoyantes. Parmi ceux-ci, 39 millions sont aveugles et 246 millions ont une basse vision. Pis, environ 90% de ceux-ci vivent dans des pays à faible revenu ou dans les pays en développement. Un vaste champ de personnes ayant besoin d’aides.

    BeSpecular, lancé à l’occasion de la Journée mondiale de la vue le 13 octobre 2016, compte jusqu’à présent environ 15 000 abonnés, avec une répartition à peu près égale entre les malvoyants et les bénévoles, selon l’entreprise basée à Johannesburg, en Afrique du Sud.

    L’idée de l’application a été conçue à l’Université de Stanford en 2014, où le PDG Stephanie Cowper et le directeur technique Giacomo Parmeggiani étaient des camarades de classe. «Nous voulions avoir un impact important sur la vie des gens en utilisant la technologie», explique M. Cowper.

    Selon les concepteurs, l’application utilise un algorithme pour connecter les bonnes personnes, un peu comme une application de rencontres. Les demandes sont envoyées à des bénévoles d’âge et d’emplacement physique similaires aux malvoyants, explique M. Cowper.

    Si BeSpecular n’est pas la seule application qui aide les malvoyants, elle est actuellement la seule basée en Afrique. Du Japon à la Finlande en passant par le Mexique, BeSpecular a des utilisateurs dans plus de 50 pays à travers le monde, selon la société.

  • Nigéria: espoir pour les langues africaines menacées de disparition

    Nigéria: espoir pour les langues africaines menacées de disparition

    C’est un apport considérable dans la protection des langues africaines. Alors que ces langues sont de moins en moins parlées selon une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), une dynamique équipe de l’université d’Ilorin au Nigéria vient d’innover dans le but d’éviter l’extinction des langues maternelles. Elle est composée de Kolawole Felix Oyerinde, de Olanrewaju Doyin, de Adebayo Abolaji et de Olowonirejuaro Oreoluwa.

    Ces quatre sont des ingénieurs en logiciels, des spécialistes des données, des spécialistes du marketing et d’analystes. Installée dans l’État de Kwara, l’équipe a en effet construit un système de discours basé sur le Web dénommé Linguo. Malgré qu’il fonctionne pour le moment en version bêta, le système est capable de parler et de lire les langues nigérianes (Yoruba, Igbo) ainsi que plusieurs autres du continent. Les concepteurs prévoient améliorer Linguo pour lancer sa version optimale en mai prochain.

    Système plurilingue

    Sur l’actuelle version du système Linguo, les voix sont toutes les mêmes indépendamment de la préférence de genre, et les accents ne sont pas représentatifs des langues sélectionnées. « Linguo a un syllabicateur de langue qui va diviser l’entrée en syllabes correctes. Par exemple, Chukwuma deviendra Chu Kwu Ma. Les seules choses qui peuvent avoir besoin d’être enregistrées sont des syllabes valides comme ‘ba’ et ‘zu’ », explique Felix Kolawole Oyerinde, membre de l’équipe.

    Les jeunes concepteurs prévoient aussi enregistrer les syllabes des langues nigéro-congolaises. Ils comptent également sur des collaborations avec des universités nigérianes et du continent pour travailler sur les intonations et les accents appropriés aux langues. Cette collaboration va nous permettre d’« identifier les voix masculines et féminines appropriées », affirme l’équipe.

    Révolution

    « Lorsqu’il sera entièrement fonctionnel, Linguo aura trois produits. Une API pour les développeurs, un plug-in pour les sites Web et une application web et mobile pour les utilisateurs », rassure Felix Kolawole Oyeride.

    Avec ses camarades, ce dernier envisage se servir de l’informatique pour garantir la survie des langues maternelles sur le continent. Des textes ont été enregistrés dans les langues étrangères mot pour mot et « il n’y a aucune raison que nous ne puissions pas faire cela pour les langues africaines », déclarent-ils confiants.

  • Diplômée de biochimie en Écosse, elle devient maître chocolatière au Nigeria

    Diplômée de biochimie en Écosse, elle devient maître chocolatière au Nigeria

    Après des études en biochimie en Écosse, cette Nigériane a travaillé dans le domaine de la confiserie et du maquillage avant de finalement renoncer à son dernier emploi aux ressources humaines dans une organisation. Femi Oyedipe déclare avoir cédé à son « esprit d’entreprise ». « J’ai toujours rêvé avoir ma propre entreprise, avoir une carrière réussie en tant que diva corporative intelligente », souligne Femi Oyedipe. Il y a trois ans, lorsque Femi Oyedipe décide d’entreprendre, elle est d’abord guidée par la volonté de faire rayonner son pays et son continent. La jeune entrepreneure explique s’être intéressée à la production du cacao.

    Très vite, « j’ai été surpris par les réalités du secteur », commente-t-elle. « Nous n’avons pas de chocolatiers locaux. La majeure partie de notre cacao est exportée et nous importons ensuite des chocolats », explique Femi Oyedipe. Avant d’ajouter : « Savoir que mon pays et d’autres de la sous-région sont les plus grands producteurs est une fierté. Mais se rendre compte que ce sont les pays étrangers qui tirent plus de profit de cette industrie est inquiétant ».

    Production locale

    La Nigériane dirige depuis 2015 LoshesChocolate. Son objectif est de produire du chocolat de bonne qualité. L’entrepreneure s’est surtout engagée à faire confiance à ses compatriotes producteurs. Elle achète essentiellement des fèves de cacao produit dans des régions du Nigéria, notamment dans les États d’Oyo et d’Ondo.

    Après sa création, les premiers produits de LoshesChocolate ont été offerts. En retour, Femi Oyedipe a tenu compte des remarques et des commentaires des « potentiels clients ». LoshesChocolate a d’ailleurs eu ses premiers clients sur les réseaux sociaux grâce à des photos de chocolats que Femi Oyedipe a partagées sur Facebook, Twitter et Instagram. « Les médias sociaux nous ont aidés à faire connaître la marque avant que nous commencions à explorer d’autres canaux de marketing », souligne-t-elle.

    Augmenter la production

    « Nous nous sommes concentrés sur la création d’une marque et l’entrée dans le marché, nous avons donc dû modifier un grand nombre de nos processus », confie l’entrepreneure. Depuis trois ans, LoshesChocolate maîtrise la torréfaction de toutes les fèves qu’elle reçoit. L’entreprise améliore régulièrement son emballage.

    Femi Oyedipe ambitionne augmenter sa production. L’entrepreneure veut à cet effet disposer de moyens pour broyer des fèves de 36 à 48 heures dans son entreprise. Alors qu’elle ne dispose pas encore d’une main-d’œuvre qualifiée, l’entreprise manque également de machines de fabrication. Pour autant, Femi Oyedipe ne se décourage pas. « Nous prévoyons de créer plus de choses en utilisant des chocolats. Notre objectif est de présenter le Nigeria comme un pays chocolaté », affirme-t-elle.

  • Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Lauréat au dernier Next Einstein Fellow #NEF de l’Institut Africain des Sciences Mathématiques tenu en fin du mois dernier à Kigali, dans la capitale rwandaise, Abdoulaye Banire Diallo a séduit par la qualité de ses recherches dans le domaine de la bio-informatique. Ce scientifique travaille sur les apports des big data à la génomique, et en particulier sur la prédiction des mutations génétiques des microbes.

    Si en Afrique il est peu connu, le professeur Abdoulaye fait partie d’une génération restreinte de scientifiques, recherché ailleurs pour sa maîtrise de l’informatique et de l’intelligence artificielle.

    Directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ce Guinéen est également cofondateur et scientifique en chef de My Intelligent Machines (MIMs), une start-up intégrant la Génomique, la Bio-informatique et l’Intelligence Artificielle (IA).  La technologie MIMs a été classée 8e sur plus de 250 au Canada en 2017. « L’outil met en contexte toutes les données publiques, y compris celles des bio banques. L’idée est de fournir une plate-forme de données à destination de la santé de précision » explique-t-il.

    Parti étudier l’informatique à Montréal en 2000 avant de poursuivre par une thèse à l’université de McGill, Abdoulaye Banire Diallo pu y développer des techniques d’apprentissage permettant de prédire l’évolution des génomes ancestraux des mammifères. Puis de fil en aiguille, celui du génome humain.

    Il s’intéresse aussi aux plus petits génomes du vivant, celui des virus et des bactéries. « J’ai conçu des modèles statistique permettant de décoder l’évolution du génome des microbes », a confié celui qui est devenu professeur d’université à seulement… 26 ans.

    Vie de chercheur

    Dans un passé récent, Abdoulaye Banire Diallo a occupé un poste de chercheur à l’Université du Québec à Montréal, à l’Université McGill, au Broad Institute du MIT / Harvard et au Laboratoire d’informatique du MIT.

    Le chercheur a la particularité d’exploiter la bio-informatique et l’IA pour accélérer les solutions génomiques éclairées en médecine personnalisée, en biovigilance, en surveillance, etc.

    Avec plus de 60 publications et divulgations d’invention à son actif, Abdoulaye Banire Diallo a donné plus de 30 conférences aux MIT, Oxford, UCSF, Institut Pasteur, IRESSEF…  Il a reçu plus de 20 prix de recherche. En Afrique, il dirige plusieurs projets dont une plateforme des pathogènes en Afrique de l’Ouest, le Acces Omic Sénégal.

    En été dernier, le professeur et son stagiaire postdoctoral, Wajdi Dhifli, avaient remporté le Prix du meilleur article et de la meilleure présentation décernés dans le cadre de la conférence internationale en apprentissage automatique et fouille de données (International Conference on Machine Learning and Data Mining), qui avait lieu à New York.

    En effet, le professeur Diallo et son stagiaire ont proposé un nouvel algorithme de classification, nommé « Galaxy-X », qui solutionne bien de  problèmes. «Contrairement aux algorithmes de classification existants, Galaxy-X se base sur l’hypothèse d’un ‘’ensemble ouvert’’, dans lequel la présence de classes qui n’ont pas été vues durant l’apprentissage est possible. Notre approche représente chaque classe par une hyper sphère. Par conséquent, l’espace de données d’apprentissage se transforme en une galaxie de classes dans un univers ouvert de possibilités, d’où le nom de l’approche » a expliqué le chercheur. Et d’ajouter que « l’’efficacité de Galaxy-X a été démontrée dans plusieurs domaines d’application comme la reconnaissance faciale, l’écriture manuscrite et les classifications fonctionnelles de protéines en bio-informatique », a-t-il conclu.

  • 50 ans après sa mort, que reste de Martin Luther King en Afrique?

    50 ans après sa mort, que reste de Martin Luther King en Afrique?

    Assassiné le 4 avril 1968, à seulement 39 ans, Martin Luther King restera un des plus braves leaders que ce monde aura connus. En Afrique, on célèbre toujours ce militant non violent pour les droits civiques des Noirs, un pasteur afro-américain pétri de ferveur et d’engagement.

    Un pont au Burkina Faso, une école pour les enfants pauvres ayant comme devise, « I have a Dream », empruntant une ligne de l’un des discours les plus célèbres de King…. En Afrique, le nom du révérend Martin Luther King Jr. peut être trouvé à travers tout le continent, une mesure de l’influence mondiale du leader américain des droits civiques qui a été abattu il y a 50 ans après avoir dénoncé les injustices au pays et à l’étranger.

    Dans les régions rurales du Libéria, la nation fondée par des esclaves américains affranchis, Martin Luther King reste un héros dont l’écho résonne à travers ses combats. En effet, les luttes africaines qui reflétaient le propre mouvement de King pour l’égalité raciale en Amérique ont attiré l’attention et le soutien du leader des droits civiques.

    King et l’Afrique : les héros ne meurent pas

    Martin Luther King a mis les pieds sur le continent africain en mars 1957 pour assister aux célébrations marquant l’indépendance du Ghana. Ensuite, en novembre 1960 pour assister à l’investiture de Nnamdi Azikiwe, premier gouverneur nigérian. Martin Luther King avait déclaré lors de cette cérémonie que les dirigeants africains lui avaient dit sans ambiguïté que « le racisme et le colonialisme devaient disparaître », voyant les deux comme basés sur le même principe.

    Les parallèles entre les efforts de King et la quête d’indépendance des Africains étaient peut-être plus forts en Afrique du Sud de l’apartheid, où les lois racistes ont opprimé la communauté noire majoritaire pendant des décennies. En décembre 1965, King prononça un discours à New York dénonçant les dirigeants blancs de l’Afrique du Sud comme des « sauvages et des brutes spectaculaires » et appelant les États-Unis et l’Europe à boycotter la nation, une stratégie adoptée par l’Occident.

    Par la suite, King n’a pas pu se rendre en Afrique du Sud après s’être vu refuser un visa. Mais des années plus tard, un buste de King a été glissé secrètement, par une valise diplomatique, dans une Afrique du Sud toujours en proie à l’apartheid.

    Le sculpteur américain Zenos Frudakis a déclaré que le gouvernement américain l’avait approché de la création d’un buste qui serait installé en Afrique du Sud pour « l’impact politique ». Comme le gouvernement de l’Afrique du Sud interdisait de l’exposer dans un espace public, la sculpture a été inaugurée en 1989 à l’ambassade des États-Unis, visible aux personnes extérieures à la clôture de l’ambassade.

    Aujourd’hui, le buste de King reste exposé dans une Afrique du Sud très différente, qui a été transformée après la libération de l’activiste anti-apartheid Nelson Mandela en 1990 et l’élection du premier président noir du pays quatre ans plus tard.

    Mandela était très conscient de la contribution de King à l’égalité des droits et l’a mentionnée en acceptant le prix Nobel de la paix avec le dernier président de l’Afrique du Sud de l’apartheid, Fréderic de Klerk, en 1993. « Que les efforts de nous tous prouvent que Martin Luther King Jr. avait raison quand il a dit que l’humanité ne peut plus être tragiquement liée à la nuit sans étoiles du racisme et de la guerre », avait déclaré Mandela.

    Les discours inspirants de King sur l’amour et la justice, ainsi que son insistance sur la résistance non violente, continuent de résonner parmi certains intellectuels et militants politiques en Afrique, où de nombreux pays sont maintenant gouvernés par des hommes forts ou la démocratie est en déclin. Martin Luther King aura peut-être laissé le plus grand héritage.

  • Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Après ses études supérieures, c’est dans l’assistance administrative que Theodora Isola décroche son premier emploi. Diplômée de l’université de Port Harcourt, cette Nigériane a également exercé dans des entreprises en tant que gestionnaire administratif et responsable des ressources humaines. Mais il y a deux ans, elle décide d’entreprendre et se tourne vers la technologie. Theodora Isola a créé en 2016 Tiva Creatives, une société qui offre des services d’assistant virtuel et une automatisation du marketing de croissance pour les startups et les petites entreprises.

    Elle explique avoir entrepris dans ce domaine grâce à sa passion et pour répondre à la nécessité de soutenir les petites entreprises. « J’ai été initié au monde virtuel lorsque je me suis inscrit à l’Université de Liverpool pour un programme de maîtrise en ligne sur les systèmes d’information et la technologie », justifie-t-elle. Theodora Isola précise avoir travaillé sur plusieurs projets avec des gens dans d’autres parties du monde sans les rencontrer, « ce qui m’a aidé à développer de solides compétences en communication ».

    Marketing et conseils

    Tiva Creatives s’illustre également dans la gestion de crise au sein des entreprises. La société aide également sa clientèle dans la définition de nouvelles perspectives. « Nous aidons ainsi les entreprises à gérer les processus de travail, à gérer les tâches de routine et les programmes de marketing en utilisant la technologie pour une excellente représentation, une visibilité accrue et des ventes », confie Theodora Isola qui est également analyste.

    Deux ans après le début de ses activités, Tiva Creatives compte des clients au Nigéria et à l’extérieur, notamment dans la sous-région ouest-africaine. Cependant, « de nombreux Nigérians ne comprennent pas encore comment fonctionnent les services d’assistance virtuelle », souligne Theodora Isola. L’entrepreneure estime que « s’ils comprennent comment cela fonctionne, ils réaliseront à quel point c’est rentable ».

    Sensibilisation et formation

    Depuis quelques mois, une communication est faite autour de Tiva Creatives pour sensibiliser les propriétaires d’entreprise. « Je forme également des clients qui ont besoin d’aide pour réaliser ces services, en particulier dans les tâches d’administration et de soutien à la clientèle, la gestion des médias sociaux, le marketing par courriel et la gestion de sites Web et de blogs », déclare Theodora Isola.

    L’entrepreneure veut surtout inciter les femmes à s’intéresser à la technologie. En septembre 2017, Theodora Isola a ainsi organisé une rencontre sur les femmes et la technologie. L’objectif selon elle est de leur montrer que la technologie ne se limite pas au codage et à la programmation. En parallèle, l’entrepreneure forme également de jeunes filles en programmation. « J’ai l’intention de former plus de femmes dans le domaine de l’aide virtuelle afin que nous puissions avoir plus de gens qui soutiennent les entreprises », annonce-t-elle.