Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Dans les coulisses de  Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    Dans les coulisses de Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    À Lomé, dans la capitale togolaise, se positionne une marque de vente du batik, moyen d’un retour au tissu traditionnel et de valorisation de l’artisanat.

    À la tête de cette marque Ayoko et Ayélé Gabiam, deux sœurs aux parcours différents. Nahêni (grandeur d’âme en Akposso, une langue parlée à l’ouest du Togo) créé en 2016 a démarré ses activités l’année passée. « Quand ma sœur et moi avions eu l’idée de créer cette marque pour valoriser le pagne batik authentique togolais, le nom qu’elle devrait porter était une évidence. Pour nous c’était important de mettre les femmes au sein de cette aventure », raconte Ayoko Gabiam, 27 ans. Puis d’une voix posée, celle pour qui entreprendre est devenu « si naturel » explique avec la gestuelle adéquate : « Nahêni, c’est le prénom de notre grande mère maternelle. Elle était une femme de cœur, mais de très fort caractère. N’ayant eu qu’un seul enfant, elle en a adopté une cinquantaine. C’est grâce à elle que nous sommes aujourd’hui des femmes conscientes de notre valeur et de nos capacités à réaliser nos rêves ».

    Cette « présence » de leur grand-mère, les deux sœurs la conjuguent avec détermination depuis qu’elles ont décidé de lancer leur marque. Leurs diplômes en poche, elles effectuent un voyage touristique à travers le Togo et tombent, disent-elles, sous le charme de ce tissu vivant, 100 % coton, fait main, authentique Togolais qu’elles ne connaissaient pas : le Batik. Elles s’assignent alors une mission. « Quand tu redécouvres ton pays pour la première fois et que tu tombes sous le charme de son textile fait main surtout le BATIK, qui est original, en colorie variée et unique, mais méconnue, tu prends l’engagement de le vulgariser dans ton pays ainsi que dans le monde », résument-elles.

    Craft women

    Après sa création Nahêni suit une période d’incubation d’un an à Innov’up Togo, un incubateur dédié aux femmes. Depuis huit mois, l’entreprise peut également compter sur l’accélérateur Youth CDC qui lui a offert un financement en fonds propres d’un million de FCFA avec une levée de fonds en préparation. Les deux responsables se sont entourées d’une équipe de vingt personnes parmi lesquelles on trouve essentiellement de femmes membres de coopératives d’artisans.

    Ayoko, la plus jeune a plutôt un parcours « atypique ». Passion pour l’artisanat depuis la tendre enfance, ingénieure de conception en Réseaux Télécommunication, business développer depuis bientôt quatre ans. Mais aussi diplômée en langue et culture chinoise. Cette touche-à-tout qui parle couramment l’anglais affirme : « Moi je suis plus axée sur le côté marketing, vente, développement et gestion de nos plateformes en ligne ». Quant à la création des modèles, des motifs et des colories appropriées, c’est Ayélé, la sœur ainée, styliste de formation qui s’en charge.

    Du batik, du bio… de la valorisation

    Mais dans un secteur qui reste encore à développer, Ayoko Gabiam soulève de réelles contraintes, notamment « quand on est femme ». « Être jeune entrepreneure est un premier défi en soi parce que les gens n’ont pas automatiquement confiance en ce que tu fais », confie-t-elle. « Vous pouvez imaginer qu’en ce jour où nos voisins frontaliers ont pris acte de valoriser leur textile, le Togo est encore à l’étape de découverte », clarifie pour sa part Ayélé Gabiam. Les deux sœurs s’attèlent donc à faire connaître ce qu’elles font. « La majorité des Togolais qui nous contactent veulent d’abord savoir ce qu’est le Batik », affirment-elles.

    Le batik togolais est d’une qualité enviable dans la sous-région. Contrairement au batik ghanéen marqué par des symboles Adrinké, le tissu togolais utilise des représentations d’animaux comme motifs. Nahêni insiste sur l’authenticité. « Notre batik diffère dans le processus de fabrication. Nous utilisons des produits bio, des colorants à base d’écorces d’arbre. Le batik togolais dégage une authenticité plus marquée sur les valeurs », explique Ayélé Gabiam.

    La dernière collection homme et femme de Nahêni a été lancée il y a quelques mois. Dénommé SEN’KA (visionnaire), elle valorise des motifs et des colories qui décrivent « le contraste de mondialisation de la mode et l’importance de valoriser notre héritage artisanal », fait savoir Ayoko Gabiam.

    Afrikrea

    Il faut dire que depuis son lancement, la marque propose du pagne batik unique à partir de deux yards. Nahêni offre surtout des T-shirts originaux, du prêt-à-porter homme femme, mais aussi des accessoires. Des produits dont les prix d’achat sont fixés de 2500 à 50000 FCFA. Quand elles ne sont pas en l’intérieur du pays, les deux sœurs occupent différemment leur journée. Entre autres, des réunions avec collaborateurs ou des ventes et livraisons de commande. Pour le moment, Nahêni vend ses produits en ligne grâce à sa boutique Afrikrea. Les deux entrepreneures misent également sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Pinterest, Twitter) et sur du bouche-à-oreille.

    En 2017, Nahêni a reçu des commandes de l’Amérique et de l’Europe. L’entreprise a vendu près de 600 articles et compte cette année vendre plus de 4000. Mais aussi, la marque envisage de mieux se faire connaître au plan local pour deux raisons. Mieux faire face à une concurrence qui paraît « inexistante » et convaincre une population qui préfère encore les tissus importés qui coûtent moins chers.

    En attendant, les sœurs Gabiam travaillent sur l’ouverture de leur première boutique physique au Togo. « Nous voulons qu’elle représente nos valeurs sociales et l’identité de Nahêni », annoncent-elles. Nahêni gravira alors un nouvel échelon qui devrait l’aider à s’implanter dans des capitales étrangères. Le couronnement pour cette marque qui se veut particulièrement africaine.

     

  • Funke Opeke, la femme qui contrôle l’internet en Afrique de l’ouest

    Funke Opeke, la femme qui contrôle l’internet en Afrique de l’ouest

    Cette Nigériane est l’une des personnalités les plus connues du secteur de la Data économie dans le monde. La cinquantaine, Funke Opeke a fondé MainOne, une société de fourniture de solutions de connectivité et Datacenter qu’elle dirige. Diplômée de l’université de Columbia, elle a fait des études en génie électrique.

    La carrière de cette brillante cheffe d’entreprise a commencé aux États-Unis où elle a travaillé pendant une vingtaine d’années en tant que directrice générale, consultante et ingénieure dans différentes entreprises. Lorsqu’elle décide de rentrer au Nigéria, Funke Opeke occupe d’abord les fonctions de directrice technique chez MTN Nigéria avant de faire ses preuves à la direction de l’exploitation de la société nationale de télécommunication, Nitel.

    Mais Funke Opeke entreprend rapidement de révolutionner le secteur. Elle décide donc de créer MainOne. Pour parvenir à cet objectif, Funke Opeke a mobilisé des fonds nécessaires pour construire le premier câble sous-marin privé. Le câble sous-marin qui s’étend du Portugal est construit sur une distance de 7 000 kilomètres. Estimés à plus de 200 millions de dollars, les travaux de construction permettent désormais à MainOne de fournir plusieurs opérateurs de téléphonie du pays, notamment MTN et Airtel. L’avantage de MainOne est de fournir à sa clientèle une bonne connexion internet.

    Depuis, son entreprise fait ses preuves. Réussissant en dix ans à se positionner comme un leader dans le secteur de Data economy dans la sous-région ouest-africaine. Funke Opeke est considérée comme l’un des chefs d’entreprises les plus influents du continent. L’entrepreneure confie pour sa part ne s’être jamais découragée et avoir surmonté des difficultés pour atteindre ses objectifs. « Il faut persister pour réaliser une vision », affirme-t-elle.

  • Thierry Nyamen: ex-vendeur de bouillie, concurrent de Nestlé au Cameroun

    Thierry Nyamen: ex-vendeur de bouillie, concurrent de Nestlé au Cameroun

    Au Cameroun, NTFoods vend dans presque toutes les rues, comme du lait du Nestlé pour le petit déjeuner.

    Si son chiffre d’affaires est encore loin derrière les multinationales qui sont dans le même domaine que lui, Thierry Nyamen ne s’en frustre pas pour autant. Il sait que la bataille pour avoir le monopole du marché camerounais ne sera pas éphémère. Le NTFoods, entreprise spécialisée dans la transformation des produits locaux et la production de céréales infantiles, se porte bien, et son président-directeur général s’en félicite auprès de qui veut l’entendre.

    NTFoods, c’est la marque Tanty déclinée en une vingtaine de produits, visibles dans plus de 1 500 points de vente, des boutiques aux pharmacies en passant par des supermarchés. Son produit phare, qui constitue à près de 80 % son chiffre d’affaires, reste les céréales infantiles au soja.

    Tanty commercialise des croquettes, des chips, des caramels, des cacahuètes, des huiles végétales, faits à base de produits issus à « 100 % » des plantations du Cameroun telles que le maïs, le plantain, la noix de coco, le soja, l’arachide, et les fruits.

    Métamorphose

    Image result for Thierry Nyamen,

    Dans une première vie, Thierry Nyamen était beaucoup plus animé par la peur que par le défi.

    Après un parcours académique édifiant sanctionné par un doctorat en mécanisation agricole à l’université de Kharkov en Ukraine, Thierry Nyamen, décide de rentrer mettre son expertise au service du développement du Cameroun.

    Alors qu’il rêvait d’un emploi bien rémunéré, celui-ci va être désillusionné très tôt, quand il verra que les courriers de demande d’emploi envoyés n’ont abouti à rien, même pas « un stage gratuit ». Thierry Nyamen avait pourtant envoyé pas moins de 750 demandes. Il en conclu, après calomnie de ses amis qui lui reprochent d’être retourné au Cameroun, qu’il devra prendre son destin en main. Il devient alors vendeur ambulant de riz et sauce d’arachide au départ, ensuite de bouillie.

    Le Camerounais transformait lui-même sa bouillie à travers une de ses inventions. Il profite pour ficeler petit à petit son projet d’entreprise. Avec un capital départ de 150 000 FCFA, Thierry Nyamen lance son entreprise. Sa bouillie en poudre gagne du terrain et en 2003, il gagne le prix spécial du président de la République pour son innovation et il empoche 10 000 000 FCFA. Aujourd’hui, son capital n’est pas moins de 500 millions de FCFA.

    Mais son innovation lui a permis également de glaner plusieurs autres récompenses, dont le prix de la meilleure invention de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).

    Fervent défenseur de la consommation des produits locaux, leader de sa génération, son parcours reste un exemple pour nombre de jeunes Camerounais.

    Désormais animé par l’unique désir de concurrencer Nestlé au Cameroun, le jeune entrepreneur est conscient de la tâche, mais reste déterminé. « Vous avez suivi la guerre du Vietnam ? Vous connaissez l’histoire de David contre Goliath dans la Bible ? Je peux vous dire que les personnes qui réussissent ne font pas des choses différentes. Ils ont une manière différente de faire des choses », croit-il.

  • Pamela Nkeng, la jeune architecte qui veut rebâtir le Cameroun

    Pamela Nkeng, la jeune architecte qui veut rebâtir le Cameroun

    Au Cameroun, quoique novice dans un domaine très rêvé par tous les jeunes et surtout dominé par les hommes, Pamela Nkeng compte pas mal de réalisations à son actif déjà. Et elle s’enorgueillit chaque fois.

    C’est dans son pays natal,  le Cameroun que la jeune cheffe d’entreprise passe son enfance où elle effectue ses études primaires et secondaires. Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée Joss de Douala, Pamela Nkeng s’est envolée vers la ville française de Lille, où elle a étudié l’architecture et le génie civil.

    Pamela Nkeng enchaîne avec un Master en génie civil et en ingénierie des projets immobiliers à IST de Valenciennes. Consciente qu’elle ne pourrait se passer du management, elle poursuit dans la foulée un master en administration des entreprises.

    Une fois diplômée, Pamela a commencé à travailler dans la ville française dans le cadre d’un programme d’amélioration du logement. Cependant, ce ne sera jamais qu’une position à court terme, car elle admet qu’elle a toujours eu l’intention de retourner dans son pays d’origine, le Cameroun.

    Déjà enfant, elle accompagnait son père sur les chantiers de construction. Sa future carrière était donc presque évidente.

    6 années de construction

    C’était en 2012 que la diplômée est retournée dans son pays. Elle est accueillie au sein de l’entreprise familiale de Bak’s Engineering, spécialisée dans le génie civil et la construction.

    « Professionnellement, je dois admettre qu’il n’est pas toujours facile de s’implanter dans un domaine dominé par les hommes, comme le génie civil, et c’est encore plus difficile quand on est jeune. Votre point de vue est toujours remis en question, votre autorité mise en question, etc », affirme-t-elle. Mais rien de tout cela ne l’a dissuadée. Au contraire, cela l’a juste rendue plus motivée.

    Elle a donc soumis son offre après son premier grand succès: la construction d’une station-service pour Tradex, spécialisée dans la commercialisation de produits pétroliers au Cameroun. Dans environ 8 mois, elle a livré très fièrement l’installation achevée.

    Elle a ensuite paraphé un contrat pour la construction des magasins pour le géant du téléphone Huawei, sans compter des villas et immeubles… « Quand je me rends à un endroit pour voir le design d’intérieur, mes yeux d’ingénieur civil m’aident à m’assurer que les travaux de construction ont été menés avec succès, ce qui est très rassurant pour mes clients, sachant que bon nombre d’entre eux comprendre cette activité », confie Pamela Nkeng.

    La Camerounaise semble avoir trouvé la bonne formule pour composer avec l’environnement camerounais. Passionnée de la décoration intérieure, elle ne manque pas d’inspiration pour offrir les décors féeriques à ses clients.

  • Gestion & Finance : cette jeune entrepreneure contrôle le marché sud-africain

    Gestion & Finance : cette jeune entrepreneure contrôle le marché sud-africain

    Créer une entreprise est un pas important. Mais parvenir à bien gérer financièrement le fonctionnement de son entreprise est un autre défi. En Afrique du Sud, Hlobisile Shoba s’est engagée à apporter une aide aux entreprises naissantes. Cette entrepreneure a fondé sa société dénommée Mafisa Chartered Accountants.

    Elle s’est ensuite entourée d’une équipe de professionnels expérimentés composée de comptables, de conseillers fiscaux et de spécialistes en fiscalité. Hlobisile Shoba aide ainsi les petites entreprises à se développer en comprenant mieux leurs finances. « Nous offrons des services de comptabilité, de comptabilité, de fiscalité, de gestion financière et de conseil aux entreprises », explique-t-elle.

    Son instinct d’entrepreneur, elle estime l’avoir acquis chez ses parents. Son père qui était enseignant avait un magasin dans lequel se vendaient des bonbons et bien d’autres choses. Quant à sa maman, elle vendait des vestes qui étaient des commerçants. Petite, Hlobisile Shoba travaillait dans le magasin de son père. « Je pense que c’est là que tout a commencé, le fait que j’ai étudié le commerce a également ajouté à l’amour que j’ai pour l’entrepreneuriat. Je suis toujours à la recherche d’opportunités et mon esprit bourdonne d’idées », affirme-t-elle avec sourire.

    Gestion

    Avant de lancer Mafisa Chartered Accountants, l’entrepreneure confie avoir observé plusieurs entreprises peiner à se développer malgré le bon déroulement de leurs activités. En échangeant avec ces entrepreneurs, « j’ai remarqué qu’ils ont habituellement du mal à obtenir du financement, car ils ne tiennent pas de registre financier pour montrer les chiffres », fait savoir Hlobisile Shoba qui ajoute que de nombreux entrepreneurs ne maîtrisent pas les chiffres.

    « Je veux leur permettre d’être en contrôle des chiffres tels que les marges brutes, le chiffre d’affaires, les bénéfices, les coûts fixes de trésorerie, les coûts variables, ce que chaque numéro signifie et comment cela affecte l’entreprise », déclare celle qui veut aider les entrepreneurs à utiliser les informations financières comme un outil de croissance. Hlobisile Shoba aide également ses clients à tenir des livres comptables.

    Services de qualité

    Pour garder sa clientèle, Mafisa Chartered Accountants a bâti sa réputation sur des services de qualité. « Lorsque nous vous remettons vos comptes de gestion mensuels, nous nous assurons que vous comprenez clairement où va votre entreprise financièrement », assure un membre de l’équipe de Mafisa Chartered Accountants.

    Plusieurs mois après le début de ses activités, l’entrepreneur envisage se concentrer sur le conseil en matière de gouvernance pour les PME, la gestion financière et le travail avec les entreprises pour les aider à se développer. « La maîtrise des finances, que ce soit dans les affaires ou dans votre vie personnelle, est un outil secret pour la croissance », rappelle-t-elle.

  • Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Après des années d’expérience dans les secteurs du commerce, de l’hôtellerie et du divertissement, cette Nigériane a choisi d’entreprendre.

    Titilope Adewusi a créé 9ijakids, une plateforme de divertissement en ligne qui apprend aux enfants à connaître le Nigéria. « J’ai commencé à développer une passion pour le Nigeria et à aider nos enfants à mieux connaître notre pays. Ils en savent moins sur notre pays parce qu’ils sont plus exposés à l’éducation occidentale que nous ne l’étions en grandissant », explique l’entrepreneure. Grâce à 9ijakids, les enfants sont également formés sur les avantages de l’entrepreneuriat. La Nigériane ajoute que les enfants sont des apprenants visuels et que les jeux sont un moyen de leur apprendre beaucoup de choses.

    Si Titilope Adewusi se consacre surtout aux affaires commerciales de son entreprise, elle peut compter sur le savoir-faire de l’une de ses sœurs, diplômée en génie informatique et qui est développeur en chef de 9ijakids. Une seconde sœur est responsable de la gestion extérieure de la plateforme, notamment en Grande-Bretagne où 9ijakids est très bien accueilli.

    Pour développer un jeu sur la plateforme en ligne, Titilope Adewusi confie utiliser un logiciel qui nécessite un codage minime. « Une fois que nous trouvons une idée pour un jeu, nous développons du contenu autour de celui-ci, choisissons un cadre et construisons le jeu, un processus qui prend entre une et deux semaines. Mes enfants, mes sœurs et mes amis sont nos sujets de test », détaille l’entrepreneure.

    Relever des défis

    Related image

    Depuis la création de 9ijakids, la réception des jeux par le public a été bonne. La plateforme est utilisée par des écoles et même des églises. Titilope Adewusi envisage créer autant de jeu que possible, notamment des jeux traditionnels pour permettre aux enfants de mieux apprendre sur le Nigéria. L’année passée, « notre thème était l’indépendance du Nigeria et nous avons donc développé environ huit nouveaux jeux pour enseigner aux enfants notre riche histoire et notre culture », se rappelle-t-elle.

    Grâce à son expérience, Titilope Adewusi dispose d’un large réseau de personnes à qui elle peut avoir accès pour promouvoir sa plateforme. Mais elle déplore le coût élevé des données mobiles dans le pays. Outre la disponibilité des jeux en ligne, certains utilisateurs souhaitent qu’ils soient téléchargeables.

    Afin de ne pas trop exposer les enfants à Internet, 9ijakids a lancé une application mobile. Mais le grand défi est d’emmener les Nigérians à préférer des jeux made in Nigeria. « Mais je ne suis pas inquiet puisque notre produit est encore nouveau; Je suis confiant qu’il sera accepté parce qu’il répond à un besoin, même pour moi en tant que parent », assure-t-elle.

  • Hamidou Msaidie, un Comorien « magicien » au Real Madrid

    Hamidou Msaidie, un Comorien « magicien » au Real Madrid

    18 avril 2017, en Champion’s League européen, le Real Madrid affronte le Bayern Munich, match retour de la manche des quarts de finale. On joue alors la 112e minute quand le jeune espagnol Marco Asensio vient de marquer le quatrième but des Merengues. Sur le banc, l’entraineur Zinedine Zidane célèbre le but avec son adjoint David Bettoni, puis un autre… Hamidou Msaidie, un membre du staff madrilène dont bien de supporters ignorait jusque-là l’existence, encore moins le rôle.

    Difficile connexion… même à Usain Bolt

    A Madrid et dans son pays, Hamidou Msaidie est d’une discrétion légendaire. Très peu savent de lui, et il est connu pour ne pas faire bon ménage avec les médias. La presse ne connaît pas son âge. Tout juste, soupçonne-t-on qu’il aurait collaboré avec la Fédération française de football. Pourtant, Hamidou est une fierté comorienne, un sportif de haut niveau qui a pu se hisser dans le staff de l’un des meilleurs clubs au monde. « Il faut toujours parler au conditionnel avec lui » rassurent ses proches.

    « Je le connais de nom. J’étais venu l’année dernière pour Real Madrid-Manchester City. On voulait le voir par courtoisie… On n’a pas pu » explique Amir Abdou, le sélectionneur national des Comores.

    La situation a été pareille avec la journaliste Élie-Dine Djouma. La rédactrice du quotidien comorien Al-Watwan n’a jamais réussi à approcher l’adjoint de Zidane. « J’ai déjà écrit plusieurs articles sur lui malgré la difficulté à recueillir des infos le concernant » confie-t-elle.

    « Il est tellement méconnu que, lors de la dernière finale de la Ligue des champions, il était à côté de Zidane au bord de la pelouse et certains l’avaient pris pour un ramasseur de balles », raconte Moussa Fayssoil, directeur de la communication de la Fédération comorienne de football.

    Plus encore, Usain Bolt a cédé face à lui après au moins six années de demandes répétées. Hamidou Msaidie n’a toujours pas accepté. Dans le travail, Msaidie sait préserver ses secrets. C’est peut-être son premier atout.

    Un spécialiste de la réathlétisation

    S’il est moins connu que son collègue David Bettoni, une petite enquête révèle que ce Comorien originaire de Mitsamiouli est en fait un compagnon de route de Zidane depuis la Castilla, l’équipe réserve du Real.

    Dans les documents officiels comme sur le site du club, Hamidou Msaidie est présenté simplement comme un « adjoint », au même titre que Bettoni, et ce, même si dans les faits, son rôle est légèrement différent. En effet, Hamidou est essentiellement axé sur la réathlétisation des joueurs. En clair, il aide les blessés à revenir en forme.

    Toutefois, une vidéo sur Internet de Msaidi le présente comme un expert de la fasciathérapie. «Le principe est de se faire soigner même quand ça va », s’amuse-t-il dans cette interview. Le traitement consiste à détendre, à assouplir les fascias, les tissus, qui sont parfois tendus, parfois trop courts, parfois trop durs. Une technique nouvelle qui permet aux joueurs de mieux et vite récupérer.

    Sur le chemin de Madrid

    Selon Élie-Dine Djouma, à la base, Hamidou était un kiné de formation qui avait son cabinet en Ile-de-France. Sa rencontre avec Zidane remonte  en 1998, quand le joueur français en compagnie de quelques amis avait sollicité son service. Intervention appréciée, Zidane enverra vers lui plus tard l’un de ses fils.

    «Msaidie a assuré et Zizou est tombé sous le charme. Définitivement », rassure la journaliste. Ce succès sera le principal critère sur lequel Zidane se basera pour le sélectionner, une fois que l’ancien numéro 10 de l’Équipe de France va atterrir à Castilla, la formation jeune des clubs de Madrid. Puis, Hamidou va grimper les échelons, au même rythme que l’entraîneur français.

    Hamidou Msadié assure son poste aux côtés du champion du monde 1998 avec David Battoni. Il a intégré la formation A sous la houlette de Zinedine Zidane. L’ancien meneur de jeu des galactiques a été officiellement nommé entraineur du club le 4 janvier dernier 2016 à la place de Rafael Benitez. « C’était après la nomination de Zizou que le Français a fait appel à son kinésithérapeute personnel », rappelle Fayssoile Moussa, chargé de communication de la Fédération de football comorien.

    Depuis qu’il travaille à Madrid, Zidane lui fait confiance. Les résultats de l’équipe lui donnent sans doute raison.

    Vie privée, black-out

    Chez lui à Mitsamihuli au nord de Ngazidja, son père, Mohamed Msaidié, un ancien militaire de l’armée française, a fêté le succès de son fils pendant plus de vingt-quatre heures, quand le Real Madrid a gagné pour la douzième fois la Ligue des Champions en 2017.

    Hamidou est le tout premier Comorien qui progresse en Liga, championnat professionnel espagnol. Dans son pays, les Comores, il reste une référence et une source d’inspiration pour nombre de jeunes joueurs qui rêvent encore d’atterrir à la Maison-Blanche.

     

     

     

  • ‘Les pays africains doivent ouvrir leurs marchés scientifique et technologique’

    ‘Les pays africains doivent ouvrir leurs marchés scientifique et technologique’

    Macky Sall, président du Sénégal, a exhorté les gouvernements africains à supprimer les restrictions dans leurs écosystèmes scientifiques et technologiques.

    S’exprimant lors du rassemblement mondial 2018 du Next Einstein Forum (NEF) qui s’est tenu récemment à Kigali, le chef d’État sénégalais a annoncé que son gouvernement révisait la législation qui constitue des obstacles scientifiques aux étrangers et aux experts techniques afin d’enseigner et de mener des recherches dans les universités du pays. « L’Afrique doit changer les lois qui entraînent différents types de limitations: la science n’est pas restreinte, elle est très mobile et nous devrions prendre des dispositions légales pour la mobilité des scientifiques africains, car aucune science n’est limitée à quelque chose », a-t-il convié.

    Sall a également révélé les divers efforts que le Sénégal a déployés ces derniers temps pour stimuler la science et la technologie dans le pays, notamment l’initiative « Un ordinateur portable par enfant » et le projet de l’Université virtuelle.

    Le projet de l’Université virtuelle est financé par un prêt de 5,2 millions de dollars américains annoncé par la Banque africaine de développement (BAD) en 2014. Ce projet est un volet d’un réseau d’universités virtuelles africaines réunissant la Zambie, le Sénégal, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar et le Mozambique. Son objectif est de fournir aux étudiants africains un meilleur accès à l’enseignement supérieur.

    L’UA favorable

    Le président du Rwanda et chef de l’Union africaine, Paul Kagame, a ajouté que des efforts sont en cours au niveau de l’UA pour s’attaquer aux diverses barrières qui restreignent la libre circulation des scientifiques à travers l’Afrique. Pour le numéro du l’Union Africaine, ce concept est similaire au marché africain du libre-échange récemment lancé en Afrique qui vise à créer un marché africain. « Nous avons des comités qui travaillent à trouver des moyens d’y parvenir dans l’espace scientifique et technologique », a déclaré Paul Kagame.

    En effet, le Rwanda a mis de côté 42% de son budget pour l’éducation, a en croire les annonces du président rwandais. Celui a recommandé aux pays africains d’investir davantage dans le développement de la main-d’œuvre intellectuelle pour aider le paysage technologique et scientifique du continent à atteindre ses objectifs.

     

  • Top 5 des meilleurs sites touristiques en Afrique favorables au budget

    Top 5 des meilleurs sites touristiques en Afrique favorables au budget

    En Afrique où les sites touristiques sont réputés très agréables, les moyens de relaxation sont parfois chers ou difficiles à trouver. Toutefois, il y a beaucoup d’endroits magnifiques et peu coûteux à explorer sur le continent. Nous mettons en évidence 5 emplacements touristiques à la fois passionnants et abordables.

    Les pyramides d’Égypte, Égypte

    Image result for Les pyramides d’Égypte, Égypte

    Les pyramides d’Égypte, en particulier les grandes pyramides de Gizeh, sont parmi les plus magnifiques structures artificielles de l’histoire. Les Égyptiens ont construit les pyramides comme des tombes pour leurs pharaons, et inclus des cadeaux et toutes sortes de fournitures dont ils estimaient utiles pour le roi dans l’au-delà.

    Les grandes pyramides de Gizeh sont situées sur un plateau sur la rive ouest du Nil, à la périphérie du Caire moderne. La plus ancienne et la plus grande des trois pyramides de Gizeh, connue sous le nom de Grande Pyramide, est la seule structure survivante des sept merveilles célèbres du monde antique. Il a été construit sur une période de vingt ans, et a pris le travail d’environ 20 000 hommes. Les billets pour les pyramides vont de l’entrée gratuite jusqu’à 50 $, selon celui que vous choisissez de visiter.

    Kachikally Crocodile Pool, Gambie

    Related image

    L’attraction touristique la plus populaire dans la ville touristique de Bakau en Gambie est une ancienne piscine d’eau douce située sur un site de 9 acres dans la section sud de la ville. Selon les croyances des populations autochtones, cette piscine a des pouvoirs surnaturels de guérison, et est considérée comme un dernier recours pour les femmes qui souhaitent concevoir. Il est ouvert de 7 h à 19 h tous les jours. Les visiteurs sont facturés aussi bas que 1,5 dollar pour entrer dans la piscine et le musée dans ses locaux.

    La piscine Kachikally a été découverte il y a des centaines d’années par les natifs de Bakau, à 14 km de la capitale Banjul, et abrite plus de 100 crocodiles dociles qui se laissent toucher au dos ou à la queue.

    Djmaa El Fna, Maroc

    Image result for Djemaa El Fna, Maroc serpent

    Djemaa el Fna à Marrakech est la place la plus célèbre du Maroc, et attire des voyageurs du monde entier. Pour les habitants, il est simplement appelé « le lieu », ou « la mosquée au bout du monde » ; mais d’autres significations lui ont été attribuées, comme « une assemblée des morts », parce que c’était autrefois un site d’exécutions ;

    Pendant la journée, la place est occupée par des charmeurs de serpents, des vendeurs de jus et d’autres vendeurs qui donnent au touriste un avant-goût de la culture marocaine. Cependant, la scène change au fur et à mesure que le crépuscule approche, incluant des conteurs, des acrobates, des musiciens et des artistes. Place reconnue par l’UNESCO, Djemaa el Fna, plonge le touriste dans un monde de bazars mystérieux au milieu des anciens remparts de la médina de Marrakech.

    L’orphelinat des éléphants, Kenya

    Image result for orphelinat éléphants nairobi

    Le David Sheldrick Wildlife Trust, également connu sous le nom de l’orphelinat des éléphants, a été mis en place pour sauver les éléphanteaux qui sont devenus orphelins à cause des attaques des braconniers. L’orphelinat est situé à Nairobi, au Kenya.

    Pour accéder aux locaux, vous payez des frais de don de 5 $. Les touristes peuvent voir les éléphants vers 11 h et 12 h, quand les gardiens les sortent pour se nourrir et jouer avec eux. Il est possible d’adopter un bébé éléphant pour 50 dollars (5000 shillings) par an. Comme ils sont trop énormes pour être ramenés chez vous, les frais annuels servent à l’entretien de votre éléphant d’adoption.

    Dunes de Sossusvlei, Namibie

    Image result for Dunes de Sossusvlei, Namibie

    Probablement l’endroit le plus spectaculaire de la Namibie, la zone de conservation de Sossuvlei est caractérisée par les grandes dunes rouges qui l’entourent. À près de 400 mètres, les dunes de cette région sont parmi les plus hautes du monde et ont entre 60 et 80 millions d’années.

    Sossusvlei est une grande destination touristique toute l’année. Le meilleur moment pour voir Sossusvlei est le lever et le coucher du soleil, car les couleurs sont fortes et en constante évolution, présentant ainsi de grandes opportunités pour les amateurs de photographie. Le trajet depuis la capitale namibienne, Windhoek, jusqu’à cet endroit prend 4,5 heures. Le permis d’entrée à travers le parc Namib Naukluft est moins de 6 $ pour les touristes étrangers.

     

  • Cacao: le Ghana et la Côte d’Ivoire veulent maîtriser le marché mondial

    Cacao: le Ghana et la Côte d’Ivoire veulent maîtriser le marché mondial

    Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont décidé de relever les défis du secteur du cacao, dans le cadre de la mise en œuvre d’un accord de partenariat stratégique qui lie les deux pays, en signant la « Déclaration d’Abidjan ».

    Les deux chefs d’État du Ghana et de la Côte d’Ivoire ont tenu une réunion en début de semaine consacrée à l’économie de cacao, produit agricole dont les deux pays assurent 60% de la production mondiale. À l’issue de cette réunion, Nana Akufo-Addo et Alassane Ouattara ont signé la « Déclaration d’Abidjan ».

    Cet accord vise à « mieux défendre les intérêts des producteurs de cacao et des économies des deux pays », selon les termes d’Alan Kyerematen, ministre ghanéen du Commerce et de l’Industrie. En clair, l’accord veut améliorer le prix d’achat de la fève aux producteurs et lutter contre la contrebande.

    Principalement, Accra et Abidjan se sont engagés à harmoniser leur politique de commercialisation du cacao et se sont convenu d’annoncer chaque année de manière concomitante et avant le début de la campagne, le prix au producteur.

    Réguler pour mieux régner

    Cette déclaration intervient à un moment où des millions de cacaoculteurs des deux pays ont connu des pertes significatives l’année dernière, causée par une chute d’environ 20% des prix de ces produits qui participent d’une partie importante aux PIB des deux plus grands producteurs.  Cette perte a donc pesé sur les recettes budgétaires des deux pays.

    En effet, il faut considérer que la contrebande est souvent alimentée par la différence des prix du cacao entre ces deux pays limitrophes. En termes d’exemple, pour la saison 2017-2018, la tonne du cacao a coûté 1 735 dollars au Ghana contre 1 270 dollars en Côte d’Ivoire.

    En outre, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont également convenu d’intensifier la collaboration dans le domaine de la recherche scientifique pour la production de plants de cacao, l’amélioration des variétés végétales. Ils vont mettre en œuvre un programme régional de lutte contre la pousse.

    Akufo-Addo et Alassane Ouattara veulent aussi désormais promouvoir conjointement la consommation de cacao sur les marchés locaux, régionaux et émergents et sont convenus que les consultations entre le Ghana et la Côte d’Ivoire sur la gestion de leurs filières cacaoyères devraient être faites sur une base régulière.

    L’engagement des deux pays à transformer une grande partie du cacao et l’invitation du secteur privé, notamment du secteur privé africain, à investir massivement dans la transformation du cacao en Afrique ont également été réitérés.