Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Créée en 2017, cette société s’est spécialisée dans la fabrication des bornes électroniques multiservices destinées à la vente sur les marchés d’Afrique subsaharienne. Semoa veut également s’imposer dans le payement mobile.

    À la tête de Semoa (Service mobile for Africa), Edem Adjamagbo. Ce Togolais s’est donné pour objectif, avec d’autres collaborateurs, de dématérialiser des moyens de paiement en Afrique subsaharienne. En réalité, la sous-région reste encore dominée par le payement comptant. « Seulement 23 % de la population dispose d’un compte en banque, et le taux de pénétration de la carte bancaire n’est aujourd’hui que de 7 % », explique Edem Adjamagbo.

    Pour ce diplômé en informatique à Polytech Nantes, en Afrique subsaharienne, « régler une facture d’électricité ou renouveler son crédit de téléphone mobile se fait généralement en espèces, avec souvent des files d’attente très longues aux guichets. Cette situation freine aussi considérablement le développement du e-commerce ». Autant dire que le marché est vaste et inoccupé.

    Différents services

    Comme solution, l’entreprise d’Edem Adjamagbo propose aux populations l’utilisation de téléphones mobiles. Il faut dire que le transfert mobile est déjà présent dans les pays de la sous-région. Mais Semoa compte installer dans des centres de commerce des bornes électroniques indoor sécurisées. Grâce à ces bornes, les populations vont bénéficier d’un système pouvant leur permettre de payer leur achat sur des sites e-commerce. Selon Edem Adjamagbo, ce système appelé « Cashpay » peut être déployé sur des sites de ventre en ligne.

    À travers ses bornes, Semoa gagnera une commission de 8 % sur les transactions effectuées par les utilisateurs. « Lorsqu’un internaute effectue une commande, il reçoit sur son portable un code qu’il peut ensuite rentrer sur nos bornes, avant de régler alors son achat par cash, au moyen du lecteur de billets », précise le responsable de Semoa. Avant d’ajouter que les populations peuvent aussi acheter des crédits de téléphonie mobile ou effectuer du transfert d’argent grâce aux bornes de Semoa.

    Installation

    Pour parvenir au lancement de cette « solution Semoa », Edem Adjamagbo et ses collaborateurs mobilisent des fonds. Ils ont déjà rassemblé près de 60 000 euros et comptent atteindre environ 1,5 million d’euros durant l’année. Ces fonds vont permettre à Semoa de recruter sept personnes à Nantes où l’entreprise est incubée par Village by CA du Crédit Agricole. Une douzaine de personnes devrait également être recrutée au Togo où Edem Adjamagbo souhaite pérenniser la fabrication et la maintenance des bornes, mais également le développement logiciel ».

    Semoa a remporté en janvier dernier à Casablanca le prix « Fintech Africa of the Year 2018 ». Avant le lancement de sa solution au Togo, l’entreprise a déployé dans le pays quelques terminaux pour le compte de quelques opérateurs. Jusqu’en 2020, Semoa ambitionne déployer plus de cent terminaux dans le pays. Année à laquelle Edem Adjamagbo compte lancer les services de son entreprise en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le « PayPal de l’Afrique » devrait tout de même s’installer au Bénin un an avant.

  • Maroc: Rania Belkahia [29 ans], CEO de l’Amazon africain  

    Maroc: Rania Belkahia [29 ans], CEO de l’Amazon africain  

    Pour cette entrepreneure, il ne s’agissait pas de solutionner un problème africain en misant uniquement sur le continent. Rania Belkahia, 29 ans, a également compté sur la diaspora africaine pour implanter depuis 2014 Afrimarket, un grand réseau de commerce en ligne en Afrique. Et si beaucoup tentent de comparer son initiative à Amazon, cette Marocaine préfère se concentrer sur ce qu’elle fait.

    Passionnée de science, elle a suivi une formation d’ingénieur télécom. Après des stages de fin de formation et un travail dans les secteurs des télécommunications, Rania Belkahia est prise par l’ambition d’entreprendre. Pour cela, l’entrepreneure explique s’être formée en management. Vient ensuite le grand pas. Elle fonde Afrimarket avec son associé Jérémy Stoss et organise des levées de fonds.

    L’objectif pour l’entrepreneure était d’apporter au continent des services à valeur ajoutée. Mais c’est d’abord vers les Africains de la diaspora que Afrimarket se tourne. La plateforme de commerce en ligne donne la possibilité à ses derniers d’acheter « des produits locaux de qualité ». Lancée en Côte d’Ivoire et au Sénégal, Afrimarket est désormais présente au Mali, au Cameroun et au Bénin. Pour Rania Belkahia, la plateforme est leader de l’e-commerce dans la sous-région grâce à sa logistique intégrée.

    Livraison express

    Rania Belkahia rappelle que Afrimarket dispose des véhicules de livraisons et d’entrepôts pour les produits commandés. Outre cet avantage, l’entrepreneure a également bénéficié du soutien de certains investisseurs. Des apports qui permettent à la Marocaine de positionner sa plateforme dans différents secteurs pour réponse au besoin du continent. Afrimarket dispose en effet d’une offre très large avec un service de livraison express en moins de 24 heures, disponible depuis l’année passée. « Nous sommes obligés d’avoir un catalogue étendu pour répondre à tous les besoins, du mouton vivant à l’iPhone », justifie l’entrepreneure.

    Mais il reste des défis que l’entrepreneure entend relever. Entre autres, le contournement des difficultés liées au manque d’infrastructures dans des endroits reculés et les réalités d’une bancarisation faible sur le continent. Si Rania Belkahia peut compter sur le payement mobile, elle se réjouit également d’avoir une avance par rapport à d’autres concurrents sur le marché du commerce en ligne en Afrique. « Notre spécificité aujourd’hui, c’est de livrer tout, partout », assure-t-elle.

  • Africa CEO Forum: la startup kenyane Twiga Foods récompensée

    Africa CEO Forum: la startup kenyane Twiga Foods récompensée

    Pour la première fois, l’Africa CEO Forum a récompensé la « Most promisisng company » de l’année. L’édition 2018 de cette rencontre économique qui s’est tenue à Abidjan a élu la startup kenyane Twiga Foods comme la startup la plus prometteuse de l’année. Le jury a apprécié les résultats déjà atteints par la startup et s’est réjoui de ses objectifs.

    Il faut dire que depuis cinq ans Twiga Foods travaille pour la satisfaction des producteurs et des revendeurs kenyans. La startup a mis en place une application mobile qui permet aux utilisateurs de se faire livrer des produits agricoles. Avec des services peu couteux, la startup œuvre pour un accès facile aux produits disponibles sur les marchés.

    Pour y arriver, « nous servons d’intermédiaire entre les producteurs et les revendeurs. Notre application nous permet également de servir des kiosques et des points de vente », explique un responsable de la startup. Ce dernier rappelle que Twiga Foods a été créé pour lutter contre les prix élevés des produits sur la chaîne de distribution.

    La startup dispose de tricycles motorisés pour ses services de livraison. « Nous produits de nos agriculteurs. Tout ce qui est produit localement », confie l’équipe dirigeante. Twiga Foods offre également la possibilité à ses clients de tracer les produits depuis les lieux de production jusqu’au marché.

    La startup mise depuis 2013 sur ses services pour contrôler la chaine de distribution des produits sur les marchés kenyans. Twiga Foods s’inscrit également dans une vision continentale. Son ambition est de s’installer dans d’autres pays pour conquérir de nouveaux marchés.

  • Malawi: William Kamkwamba a éclairé seul son village à 14 ans

    Malawi: William Kamkwamba a éclairé seul son village à 14 ans

    Ce Malawite est l’un des esprits les plus brillants de sa génération. Pour preuve, il a connu la célébrité à moins de quinze ans pour son sens de l’innovation. Issu d’une famille pauvre, William Kamkwamba a grandi à Wimbe, une zone rurale. Faute de soutien financier, il abandonne l’école pour se tourner vers l’agriculture. William Kamkwamba crée une petite entreprise pour réparer des radios. Sa passion pour l’électronique l’emmène également à fréquenter régulièrement la bibliothèque du village.

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    Après avoir lu un livre sur l’électronique (Using Energy), il décide qu’il ressent le besoin de trouver une solution au manque d’électricité dans sa maison. À quatorze ans, il construit alors une éolienne pour éclairer la maison familiale et alimenter des appareils électriques. C’est à partir de pièces de bicyclette et de différents matériaux collectés qu’il construit l’éolienne. Peu de temps après, William Kamkwamba construit une autre éolienne pour irriguer les champs de ses parents. Par la suite, le jeune homme installe une pompe solaire dans son village pour exploiter une source d’eau potable dans la région.

    Bourses d’étude

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    Les actions de William Kamkwamba font sensation et attirent l’attention de la presse. William Kamkwamba acquiert une renommée dans son pays et son histoire est racontée par la presse internationale. Le Malawite est alors invité à des rencontres d’entrepreneurs où il présente ses projets. Ses présentations impressionnent. Et plusieurs investisseurs de capital-risque se sont engagés à aider à financer son éducation secondaire.

    William Kamkwamba est devenu un étudiant à l’académie chrétienne d’African Bible College à Lilongwe. Il a ensuite reçu une bourse d’études à l’African Leadership Academy et en 2014 il est diplômé du Dartmouth College à Hanover, New Hampshire.

    Accès à l’eau et à l’électricité

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    En 2013 a été le sujet d’un film documentaire (William and the Windmill) qui a remporté le Grand Prix du jury du meilleur long métrage documentaire au festival du film South By Southwest à Austin, au Texas. La même année, le Malawite a été nommé parmi les 30 entrepreneurs de moins de 30 ans à changer le monde. Élu à la la Sphinx Senior Honor Society l’entrepreneur a également coécrit le livre « The boy who harnessed the wind » avec le journaliste américain Bryan Mealer.

    Depuis, le jeune entrepreneur parcourt le continent et d’autres villes du monde. Son objectif est de convaincre les jeunes à créer. Pour lui, il est important de se baser sur ses difficultés pour innover. L’ingéniosité de William Kamkwamba est toujours en œuvre. Il a par ailleurs construit dans son pays des pompes à eau et des éoliennes. Son obsession est d’offrir aux populations démunies l’accès à l’eau potable et à l’électricité.

  • Le Ghanéen Virgil Abloh nommé directeur artistique chez Louis Vuitton [Portrait]

    Le Ghanéen Virgil Abloh nommé directeur artistique chez Louis Vuitton [Portrait]

    Virgil Abloh, fondateur de la marque de haute surette Off-White et directeur artistique de longue date de l’artiste américian Kanye West, sera le prochain directeur artistique des vêtements pour hommes de Louis Vuitton, l’une des maisons européennes les plus anciennes et les plus puissantes du luxe.

    Virgil Abloh devient le premier directeur artistique afro-américain de Louis Vuitton et l’un des rares designers noirs au sommet d’une maison patrimoniale française.

    « Cette opportunité de réfléchir à ce que le prochain chapitre du design et du luxe signifiera pour une marque qui représente le summum du luxe a toujours été un objectif dans mes rêves les plus fous », a déclaré le designer, qui ajoute qu’il prévoit de déménager avec sa famille à Paris pour prendre le poste chez la plus grande marque de l’écurie LVMH.

    « Virgil est incroyablement bon pour créer des ponts entre le classique et les tendances », a déclaré Michael Burke, directeur général de Louis Vuitton. Les deux hommes se sont rencontrés il y a environ 12 ans lorsque M. Abloh a passé six mois à Fendi chez Kanye West, où M. Burke était alors le directeur général.

    Qui est Virgil Abloh ?

    Virgil Abloh est directeur créatif de Off-White et consultant pour Kanye West.

    A 37 ans, cet américain d’origine ghanéenne de première génération, élevé dans l’Illinois, est largement considéré comme l’un des grands acteurs de mode; un maître de l’utilisation de l’ironie, de la référence et du clin d’œil (plus la célébrité, la musique, le digital et le hype), pour recontextualiser le familier et lui donner une aura de monnaie culturelle.

    En dépit de l’absence d’éducation formelle à la mode, M. Abloh architecte de formation, a fondé Off-White, une référence à sa croyance selon laquelle les vieilles barrières tombent en panne. Une décennie après sa première rencontre avec M. West, Virgil Abloh est devenu son partenaire créatif.

    En 2015, Off-White était finaliste du prix LVMH Young Designers. M. Abloh sera le premier finaliste de LVMH à assumer un rôle majeur dans la conception d’une marque LVMH. L’année dernière, M. Abloh a reçu le prix Urban Luxe lors des British Fashion Awards.

    Champion de la collaboration croisée, M. Abloh a travaillé avec des noms aussi variés que Nike, Jimmy Choo, Moncler et, avec un projet à venir, Ikea. Plus récemment, il a fait équipe avec Takashi Murakami, un collaborateur fréquent de Vuitton, pour un spectacle à la galerie Gagosian à Londres. «D’une certaine manière, tout mon travail a consisté à me convaincre d’assumer un rôle comme celui-ci», a déclaré M. Abloh.

    Il est vraisemblable que M. Abloh pourrait être l’homme qui rendra les vêtements pour hommes de Louis Vuitton plus pertinents pour la génération du millénaire.

    Abloh a également déclaré qu’il allait se concentrer sur la façon dont la marque communiquait avec ses consommateurs, notamment la sortie des produits, le défilé et la façon dont elle interagissait avec l’atmosphère politique mondiale.

    Certainement, Vuitton lui donnera une plateforme plus grande que celle qu’il a eue. Les vêtements pour hommes ne sont actuellement vendus que dans environ 150 des 450 magasins Vuitton dans le monde, bien que l’entreprise prévoie de les augmenter de 25 à 28 magasins. Il y a également 13 magasins pour ‘’hommes autonomes’’, et six autres sont prévus cette année, selon M. Burke.

    Bien que LVMH n’étale pas la performance spécifique de la marque, M. Burke a déclaré que le secteur des vêtements pour hommes avait connu une croissance à deux chiffres et «connu une excellente année 2017».

    Toutefois, M. Abloh va continuer à diriger Off-White. « Off-White, c’est 17 ans de moi-même, alors que Vuitton est pour la 37e année », at-il confié.

  • À la rencontre de Yemi Alade, l’épitomé du 4e art africain

    À la rencontre de Yemi Alade, l’épitomé du 4e art africain

    2017 a été une gloire pour la superstar nigériane Yemi Alade. D’une tournée mondiale à la sortie d’un nouvel album, l’année dernière n’a eu que de bonnes choses pour l’artiste de vingt-neuf ans, pourtant découverte il y a juste quelques années.

    Entre ses nombreuses réussites sur les scènes et sur YouTube, tourner sa nouvelle vidéo musicale et participer à la production de la version nigériane de l’émission de télé à succès The Voice, Yemi Eberechi Alade traverse une période d’apogée.

    Tant d’opportunités incroyables sont arrivées à la Nigériane de moins de 30 ans, si bien que selon elle, les énumérer est une tâche en soi. « J’ai fait ma toute première tournée [internationale] l’année dernière. Ce fut définitivement un énorme point de repère pour moi », commence-t-elle.

    2017 de succès

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    En avril dernier, Yemi était devenue la première artiste africaine à se produire sur la scène de Le Trianon à Paris, devant un public francophone que ses compatriotes comme P-Square ou encore Wizkid semblent zapper. Suite à cela, Yemi Aladé a travaillé avec cinq autres artistes internationaux sur l’initiative Gravity Light de Shell, comme  Jennifer Hudson et Steve Aoki (États-Unis), Luan Santana (Brésil), Pixie Lott (Royaume-Uni), Tan WeiWei (Chine). Un projet qui a sans doute élargi son attrait international.

    En 2017 également, Yemi était l’artiste choisie pour représenter l’Afrique dans une campagne vue par des millions de personnes à travers le monde. « C’était un énorme projet », se souvient-elle. «L’idée était de rejoindre les gens qui ont des idées innovantes sur la façon de fournir une énergie verte, propre et durable sans aucune substance toxique. J’étais très excitée de faire partie de celui-là », confie-t-elle.

    «L’année dernière, j’ai été la femme africaine la plus regardée en ligne», confie Yemi avec enthousiasme. Actuellement, elle a plus de 87 millions de vues pour Johnny, beaucoup plus 6 millions que la vidéo la plus regardée qui soit pour Personally de P Square.

    Le portfolio Eberechi

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    En effet, l’ascension de Yemi a été progressive. Après avoir remporté un spectacle de talent dans son pays natal en 2009, elle a publié un certain nombre de chansons, qui ont connu un succès modéré.  C’était sa vie d’avant 2013, année où elle sort le tube à succès Johnny.

    Johnny, c’est le meilleur titre, le plus joué en une année dans plus de 5 pays africains. Sa formule gagnante est un mélange d’Afro-pop, avec un soupçon d’âme, une « High Life » et tout ce qui va avec.

    De ses vidéos à son sens du style, Yemi est fièrement africaine. Même ses paroles dépeignent habituellement des dialogues quotidiens qui ont lieu en Afrique. Là où la plupart des artistes africains ont choisi de tourner leurs clips musicaux à l’étranger pour le rendre plus attrayant pour un public plus diversifié, Yemi a été une véritable championne du made in Africa, choisissant de tourner ses vidéos principalement dans un contexte autochtone. C’est une formule qui lui a bien servi. Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des artistes africains les plus authentiques sur la scène. « Se produire à Lagos, c’est une atmosphère différente que de se produire à New York », dit-elle.

    Après ces moments, Yemi se rappelle souvent aussi du tournage de la vidéo Tumbum de son album Mama Africa. Intéressant, amusant, excitant… Les adjectifs pour qualifier ce moment ne souffrent d’aucune incompréhension. Et il y a en réalité plus de raisons d’être excité. Après la sortie de l’album Mama Africa (sorti en 6 langues, dont le portugais, le swahili et le français), sa chanson Tumbum accompagnera Rihanna et Katy Perry dans le jeu Just Dance…

    Black Magic, le dernier bébé

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    À vouloir mieux comprendre son dernier album Black Magic, Yemi commence d’abord un peu tout flou. « C’est la version intrépide de quiconque », dit-elle. « La magie est la manifestation de l’incroyable. J’ai mis du noir devant ce mot, parce qu’il a été utilisé si négativement. Le mot noir ne signifie pas toujours quelque chose de gentil. Mais je vois tellement de beauté en noir. Black Magic est un potentiel brut et non coupé » détaille la superstar.

    Cet album, son auteure le veut comme un lien entre elle et mes fans. « J’ai mis tellement d’émotions là-dedans; ma douleur, ma lutte et ma réalité. J’ai essayé de peindre un reflet de chaque émotion que je ressentais à chaque chanson. Vous ne pouvez pas dire non à la bonne musique. C’est exactement ce que cet album est. C’est bon pour l’âme et pour le corps, » conseille la Nigériane.

    Yemi Alade considère sa mère comme l’une de ses plus grandes sources d’inspiration, même si elle prend pour modèle l’Américaine Beyonce.

    Mais avec une si haute préséance déjà établie, qu’apportera une autre année ? « J’espère vraiment être en vie », lâche-t-elle. « J’espère que les chansons de mon album seront les meilleures. J’aimerais l’opportunité d’explorer d’autres genres musicaux. Je fais toujours de mon mieux pour traduire et inclure les stimuli que je reçois de mon environnement dans ma musique. Je veux faire plus d’efforts pour m’assurer que cette représentation n’est pas perdue. En fin de compte, je veux aussi être plus impliquée dans les organismes de bienfaisance » confie Yemi qui ne compte pas se contenter que des succès que l’année écoulée lui a présentés. « Je prie aussi pour avoir plus d’entreprises. J’aimerais travailler sur de super collaborations internationales et être plus haut que ce que je suis en ce moment », conclut-elle.

  • Nigeria: il quitte son métier de banquier pour servir les enfants défavorisés

    Nigeria: il quitte son métier de banquier pour servir les enfants défavorisés

    Pour le jeune entrepreneur nigérian Otto Orondaam, donner aux enfants une bonne éducation vaut plus que de gagner des millions.

    L’histoire de Orondaam Otto est celle d’un jeune nigérian promis à un destin fort opulent, qui a finalement renoncé à être un médecin et un banquier pour suivre son cœur. « J’allais devenir médecin, mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement par la médecine que l’on pouvait avoir un impact sur la société », confie M. Orondaam.

    L’entrepreneur social âgé de 30 ans est le fondateur de Slum2School Africa, une initiative sociale qui fournit des services d’éducation et de santé aux enfants défavorisés. « J’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de problèmes qui nous affectaient. Je ne me sentais pas à l’aise de voir et de me plaindre de ces réalités sans rien y faire », dit-il.

    De la banque aux rues nigérianes

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    Après avoir obtenu son premier diplôme en anatomie humaine à l’Université de Port Harcourt au Nigeria, Otto Orondaam a poursuivi avec une maîtrise en gestion de projet du SCFP, au Royaume-Uni. Il a également obtenu un certificat en changement social, innovation et entrepreneuriat social de l’Université pour la paix, mandatée par les Nations Unies, au Costa Rica. Mais, c’est en travaillant dans une grande institution financière qu’Otto a découvert son amour pour l’entrepreneuriat social.

    « J’avais regardé un documentaire sur la BBC intitulé » Welcome to Lagos « et il représentait le Nigeria d’une manière négative, ce qui me faisait tellement mal. Je me suis demandé : “Pourquoi la BBC ferait-elle un documentaire sur Lagos et le seul endroit qui leur convenait était un bidonville à Makoko ?” se demande Otto.

    Mais c’est en se rendant dans cette localité que le Nigérian se rend à l’évidence des difficultés dans cette zone. “J’ai vu des élèves sans vêtements et la plupart des enfants n’allaient pas à l’école et c’était une journée d’école”, décrit-il.

    En effet, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Nigéria compte environ 10,5 millions d’enfants non scolarisés, soit le nombre le plus élevé au monde. Le pays compte également 71 % de la population qui vit avec moins d’un dollar par jour. Otto savait qu’il devait prendre des mesures drastiques.

    L’entrepreneur décide alors de démissionner de son travail et de prendre ce fléau à bras le corps. Depuis, il a travaillé avec plus de 3000 jeunes dans plus de 25 pays et a pu fournir des bourses d’études à 650 jeunes et plusieurs autres programmes de soutien médical et psychosocial à plus de 4000 élèves.

    L’année dernière, la startup a lancé une campagne de collecte de fonds, le #1000Dreams, afin de soutenir les enfants déjà inscrits pour les garder à l’école et veiller à ce qu’ils reçoivent une éducation de bonne qualité. L’objectif poursuivi est de scolariser chaque année environ 1000 élèves.

    Slum2School a commencé avec 118 enfants dans sa première année, soutenue avec des économies propres de l’initiateur du projet.

    Depuis le lancement de Slum2School Africa en 2012, l’organisation a remporté plus de 15 prix nationaux pour ses stratégies novatrices, son orientation vers le développement communautaire, son style de leadership, sa motivation pour les jeunes et son impact social.  Slum2School a aussi obtenu environ 5 000 bénévoles.

    L’initiative a déjà valu à Otto d’être reconnu par l’ancien gouverneur de l’État de Lagos, Babatunde Fashola, comme le membre le plus remarquable du corps de l’État de Lagos pour l’impact social créé dans l’État en 2011/2012.

    Toutefois, l’entrepreneur ne veut pas encore appeler cela un succès. « Le succès pour moi n’est pas une destination, mais le voyage lui-même. Cela fait que la vie de quelqu’un d’autre vaut la peine d’être vécue tous les jours », soutient-il.

  • L’Égypte lance son réseau social  EgFace pour concurrencer Facebook

    L’Égypte lance son réseau social  EgFace pour concurrencer Facebook

    L’Égypte a pris des mesures concrètes pour établir un « Facebook égyptien ». Ceci, dans le cadre d’un plan pour être un partenaire actif dans le domaine des médias sociaux à l’international, a fait savoir il y a une semaine le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information, Yasser El-Kady.

    Près de 10 jours après cette annonce, les autorités ont présenté le fruit des travaux aboutissant à la création du réseau social nommé EgFace. Les utilisateurs d’Egypt Face peuvent accéder à la plateforme en trois langues principales: l’arabe, l’anglais américain et le français.

    Le site regroupe les statistiques des utilisateurs, notamment le pays, la région, la ville, l’adresse IP ou le système d’exploitation utilisé et le navigateur.

    Comme Facebook, les membres peuvent partager des posts, télécharger des photos, des vidéos, des fichiers audio entre autres.

    Enjeu: préservation des données

    Dans des déclarations faites lors d’un atelier organisé le 12 mars par le ministère égyptien de la Justice pour faire face à l’extrémisme et aux moyens de le combattre, El-Kady a déclaré que le pays devrait être actif en termes de médias sociaux. Et ce, même si le pays arrive en tête du nombre d’utilisateurs de Facebook arabes selon les statistiques en 2017, avec environ 34,5 millions de comptes actifs, soit 23% de tous les utilisateurs arabes de Facebook.

    El-Kady pense que la préservation de l’information et des données est extrêmement importante à un moment où l’Égypte a développé ses capacités à protéger l’information et à préserver la vie privée des citoyens égyptiens en ligne. Celui-ci explique que Facebook et Google faisaient des millions de dollars à partir de publicités sur leurs sites Web, qui sont utilisés par des millions d’Égyptiens tout en n’étant pas soumis à des taxes ou des frais sur ces produits.

    Depuis 2014, l’Égypte a fait des plans pour fermer Facebook et d’autres pages de médias sociaux qui incitent à la violence contre les institutions étatiques et les forces de sécurité. Le ministère de l’Intérieur a officiellement lancé un programme de surveillance des médias sociaux en septembre 2014 pour suivre les menaces à la sécurité telles que le terrorisme.

    Il faut aussi noter que la création de cette plateforme intervient à une période où Facebook fait face à la crise de vente des données personnelles de ses utilisateurs à Cambridge Analytica. D’ores et déjà, nombre d’internautes pensent que l’initiative est une manœuvre du gouvernement et des agences de renseignement pour recueillir des informations sur les utilisateurs et surveiller leurs comptes, à quelques jours de la tenue des élections, dont le premier tour aura lieu du 26 au 28 mars 2018.

  • Afrique du Sud: le premier film western sera sur les écrans en avril

    Afrique du Sud: le premier film western sera sur les écrans en avril

    En Afrique du Sud, les cinéphiles ont hâte de voir à l’écran le premier film western produit localement, Five Fingers for Marseilles. « Il va redéfinir ce que peut être le cinéma africain », pensent-ils. La sortie est prévue sur le 6 avril prochain.

    Après le succès de « Black Panther » de Marvel qui a mis en lumière le besoin mondial de héros noirs, les critiques et le bouche-à-oreille positif ont contribué à entretenir le buzz autour du film. Et le sentiment est que cela augure bien pour le premier Western de l’Afrique du Sud, « Five Fingers for Marseille ».

    Vuyo Dabula, qui dirige le film avec son rôle de hors-la-loi qui rentre chez lui après 20 ans, a déclaré qu’« il est plus important que jamais pour l’industrie cinématographique de raconter des histoires qui sont enracinées dans la culture des “’gens de couleur”’, ce que l’industrie dans son ensemble a négligé de faire. Nos auditoires ont besoin de voir des histoires de personnages noirs forts, courageux et héroïques. “Five Fingers” est une histoire africaine puissante introduisant un nouveau type de héros africain »

    grâce à une bonne narration et un contenu original, « Five Fingers » a reçu des critiques élogieuses lors de divers festivals à travers le monde. Il a été décrit par un critique américain comme l’un des débuts les plus marquants de ces dernières années et cité comme faisant partie d’une « vague qui redéfinira complètement la perception internationale de ce que peut être le cinéma africain ».

    Le film a également été rendu possible grâce au soutien de la National Film & Video Foundation d’Afrique du Sud et du ministère du Commerce et de l’Industrie, avec le soutien supplémentaire de Dupa Films.

    « Les personnages sont durs, complexes et fiers. Principalement au Sesotho, c’est un conte d’un hors-la-loi inspiré de l’Occident qui rentre chez lui après des années de fuite et trouve une chance de rédemption. Il défie les stéréotypes et met en vedette de puissants héros noirs dans le contexte d’un paysage africain époustouflant », a ajouté le réalisateur Michael Matthews.

    Five Fingers

    Près de la ville coloniale de Marseille, dans le Cap-Oriental d’Afrique du Sud, un groupe d’amis rebelles surnommé les Cinq Doigts utilise des œufs et des lance-pierres bien placés pour chasser la force de police oppressive. Mais quand les flics s’emparent de l’amour d’enfance de Tau, tempéré, il passe de jeter des œufs à des balles tirées.

    Peur de la capture ou pire, Tau s’enfuit, revenant 20 ans plus tard dans une ville, et des amis, transformés par la violence provoquée ce jour-là. Avec les policiers tordus maintenant remplacés par un gang caustique, Tau doit rassembler ce qui reste des Fingers pour défendre une fois de plus leur maison.

    En effet, imprégné de la tradition occidentale, Five Fingers for Marseilles subvertit le genre en plaçant l’histoire au sein de la communauté indigène, avec les colons et les divisions provoqués par le colonialisme.

    Magnifiquement tourné, le film honore les « ancêtres » cinématographiques tout en explorant de nouveaux territoires. Après des années de consultation avec la communauté locale, Five Fingers représente un nouveau style de production cinématographique pour l’Afrique du Sud tout en émergeant comme l’un des meilleurs westerns de l’année et l’un des premiers films les plus convaincants qui sort bientôt.

    D’ici là, les producteurs espèrent que Five Fingers, sera sanctionné du même succès que Black Panther. Sinon presque.

     

  • Coupe du monde 2026: le Maroc, ce pays qu’il faut soutenir

    Coupe du monde 2026: le Maroc, ce pays qu’il faut soutenir

    Après l’Afrique du Sud en 2010, c’est au tour du Maroc de rêver de l’organisation d’une coupe du monde. Alors que le royaume se confronte à des concurrents sérieux, il y a de quoi nourrir les espoirs.

    Le 13 juin prochain, le nom du (des) pays hôte (s) de la Coupe du monde 2026 sera annoncé par la Fédération internationale de football (FIFA). La candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du monde 2026 a été officiellement présentée en mars. Depuis, tout le Royaume s’est mobilisé pour que ce rêve devienne réalité. En effet, pour ce pays nord-africain de 35 millions d’habitants, c’est la cinquième tentative de remporter l’organisation d’une Coupe du monde. Après les échecs de 1994, 1998, 2006 et 2010, le Maroc espère enfin devenir la deuxième nation africaine à accueillir ce championnat.

    La grande concurrence

    L’offre du Maroc se heurte au bloc des États-Unis, du Mexique et du Canada. Dans le royaume, les autorités sont convaincues : il faudra beaucoup de travail pour tâcher de convaincre les 207 fédérations internationales afin d’obtenir des votes. Cependant, contrairement aux tentatives précédentes, le Maroc fera tout pour éviter de répéter les mêmes erreurs qui l’ont empêché d’accueillir des événements passés.

    Malgré la forte concurrence, la candidature marocaine a plusieurs atouts. Cette fois, plus que jamais auparavant, l’effort marocain est fort et présente toutes les caractéristiques pour ramener l’épreuve de la Coupe du Monde en Afrique en 2026.

    Stratégies

    Les autorités marocaines estiment que leur offre reste un projet fort grâce à la position géographique du royaume, au cœur de la carte du monde. Sa sécurité par rapport aux pays de la région, et l’expérience accumulée dans l’organisation des compétitions internationales vont prouver qu’ils sont prêts. « Le Maroc se trouve à 14 kilomètres de l’Europe et le fuseau horaire joue en sa faveur. Les fans de football découvriront un pays tolérant, authentique et passionné de football », a déclaré Moulay Hafid Elalamy, président du comité d’organisation.

    Le royaume chérifien peut également tabler sur un aspect important : s’il venait à abriter la compétition, les pays européens, asiatiques et africains pourront regarder quatre matches par jour, ce qui représente plus de 50% des revenus des droits TV.

    Mais au-delà de cet aspect, le Maroc est revenu au premier plan avec le changement de présidence à la tête de la Fédération marocaine de football. Le nouveau dirigeant de la fédération, Faouzi Lekjaa est très proche du numéro 1 de la CAF, le malgache Ahmad Ahmad, désireux lui aussi de mettre l’Afrique au sommet de l’affiche du football mondial. Il voit en le Maroc, l’ambassadeur parfait. Mais pas que.

    Le Marco a aussi positionné tant de stars africaines comme ambassadeurs de sa candidature, notamment Samuel Eto’o et Didier Drogba. « De 1930 à 2030, le continent africain n’a organisé qu’une seule fois la Coupe du Monde. Il ne doit pas rester dans la marge », a lancé Faouzi Lekjaa.

    Le président du comité de candidature du Maroc pour l’organisation de la Coupe du Monde 2026, Moulay Hafid Elalamy, a expliqué lors d’une réunion à Casablanca que le Royaume est « un pays qui respecte les règles du jeu » et qui mènera sa campagne « selon les règles ».

    Actuellement, le Maroc travaille à l’agrandissement et à la rénovation de cinq stades situés à Marrakech, Agadir, Fès, Tanger et Rabat, en plus de la construction de quatre nouveaux stades: deux à Casablanca, Oujda et Tétouan. Il y aura également cinq stades modulaires à construire à Ouarzazate, Meknès, El Jadida, Nador et Marrakech II. Tous, conformes aux exigences de la FIFA. Le choix des villes, toutes situées à moins de 550 kilomètres de Casablanca et idéalement reliées au transport.

    Par ailleurs, les autorités marocaines ont aussi annoncé la construction de 21 hôpitaux aux normes internationales et 130 sites de formation, pour un total de 110 mille emplois.

    Dès lors, les responsables marocains sont convaincus que la popularité du football et la stabilité politique feront la différence.