Catégorie : Afrique de l’Est

  • Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Après s’être rendu au Burkina Faso le 28 novembre pour rencontrer son homologue et s’adresser aux étudiants de l’université de Ouagadougou, Emmanuel Macron a participé au sommet UA-UE à Abidjan pour finalement chuter à Accra, dans la capitale ghanéenne. Si cet exercice presque inévitable pour les Chefs d’État français a été accompli par Macron avec aisance, cela n’a toujours pas été le cas pour ses prédécesseurs.

    C’est n’est pas la première fois que Macron donne le ton de sa vision franco-africaine. Mais son passage en Afrique, continent qui a avec la France un cordon difficile à couper, reste une étape importante aux yeux des Africains. En effet, sur le continent noir, depuis le soir de son élection les Africains ont attendu l’opportunité de le voir dire des « vérités ». En quelque sorte, l’Afrique a été servie.

    D’abord, dans son discours de 1 h 40 min tenu à Ouagadougou suivi d’un échange avec des étudiants burkinabés dans la salle Kadhafi de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Macron avait déjà abordé l’essentiel de ses ambitions pour le continent. Il s’était agi avant tout d’une opération séduction, où les phrases étaient bien pensées. « Ce public n’a pas forcément une bonne image de la France », reconnaît-il, en faisant allusion à la chute de Blaise Compaoré que la France a exfiltré vers la Côte d’Ivoire après son départ du pouvoir en 2014. Mais le pays des hommes intègres attend aussi de l’ancienne métropole, l’extradition du frère de l’ex-président, François Compaoré, objet d’un mandat d’arrêt international pour l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

    La France, malgré tout partenaire naturel de l’Afrique, s’est vue réduits ses échanges avec le continent où sa part s’est considérablement cassée ces quinze dernières années, ne représentant plus que 4 %. Au même moment, la Chine qui a grimpé à 22 %, a le vent en poupe. À cet effet, la visite du président s’est inscrite aussi dans un contexte très économique. Ce qui justifie son passage au Ghana, pays anglophone, mais dont l’économie est de plus en plus florissante dans la sous-région. Mais pas que. La politique était bien évidemment au rendez-vous.

    À Ouagadougou, Macron a axé son discours sur le leadership de la jeunesse africaine. Dans la capitale burkinabè où l’esprit sankariste est le mieux partagé, et où il y a trois ans la population a dû reprendre son destin longtemps confisqué par Blaise Compaoré, Macron a dû tailler ses mots entre éloges et appel à vigilance. Le jeune Chef d’État n’a pas caché son hostilité envers les régimes politiques qui s’opposent à l’alternance en Afrique. Mais la question libyenne fut également abordée, de long en large.

    Interrogé à Ouagadougou, Macron a fait la précision selon laquelle ceux qui organisent les trafics humains en Libye sont aussi des Africains. Néanmoins, il avait annoncé que des mesures urgentes devraient être prises. À Abidjan, Jupiter s’est entretenu avec ses homologues africains, notamment le professeur Alpha Condé, Chef d’État guinéen et président en exercice de l’Union africaine. Il a été décidé de mener des opérations d’évacuation d’urgence dans les prochaines semaines des migrants en Libye. De même, l’UE, l’UA et les Nations unies ont décidé d’un soutien à l’Office international des migrations pour aider au retour des Africains qui le souhaitent vers leur pays d’origine.

    Sur la question portant sur le franc CFA, Macron aura laissé une impression presque neutre, pour ceux qui attendaient de cette tournée un signal fort pour l’avenir de cette monnaie « coloniale » de laquelle certaines populations veulent se libérer. Selon celui-ci, le franc CFA, c’est un choix des États membres de la zone CFA. « Si le président burkinabé décide de ne plus y être, il n’y est plus.

    Ce sont les États africains qui sont les maîtres de leur destin. N’ayez pas ce discours de revendication postcolonial, il n’y a pas de joug, il n’y a pas de Français qui utilise l’or du Burkina Faso. » Et d’ajouter ensuite, « j’accompagnerai la solution portée par l’ensemble des pays de la zone franc. Je suis favorable au changement de périmètre et au changement de nom. C’est les pays qui décident. C’est pour la France un non-sujet, mais pour vos dirigeants un vrai sujet. »

    Mais il ne s’est pas empêché de revenir sur la question à polémique en Afrique concernant le nombre d’enfants pas femmes. « Partout où vous avez 7-8-9 enfants par femme, êtes-vous bien sûr que c’est le choix de ces jeunes filles ? » s’était-il interrogé, en précisant que c’était une conviction profonde qui l’a poussé à faire de l’égalité femmes-hommes « la grande cause » de son mandat.

     Afrique, la grande épreuve des présidents français

    En Afrique où les chefs d’États français sont jugés à défaut afrophobes, c’est lors de l’inévitable passage sur le continent que bien d’acteurs leur collent les vraies étiquettes. Macron, lors de sa campagne électorale, imprimait déjà sa marque devant une candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen qui n’a pas une bonne cote sur le continent. Si le président français a fait l’effort de garder une neutralité et de chercher une grande familiarité avec les étudiants burkinabés, il a beau le ressasser ne pas venir donner de leçons aux Africains, mais le ton parfois autoritaire et condescendant sur certaines questions, du reste peu réfléchies, lui donne tort. Pour beaucoup, Macron est venu donner une leçon aux Africains, comme l’ont souvent fait ses prédécesseurs, notamment Nicolas Sarkozy, sans son discours à Dakar en juillet 2007.

     Nicolas Sarkozy s’était toujours attribué ce qu’on peut appeler l’abolition de la FranceAfrique… sans jamais réussir ni dans le fond ni dans la forme. Son intervention en Libye est un exemple, une erreur que Macron a avant tout, regretté devant les étudiants burkinabés. En 2007 deux éléments principaux ont écorné l’image de Sarkozy, et par ricochet celle de la France : la politique d’immigration du président et la « reconnaissance » en 2005 du rôle positif de la colonisation.

    Dans son discours de Dakar précisément, écrit par Henri Guaino, dans lequel il avance que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance… » Sarkozy aura commis une erreur fatale aux yeux du parterre d’intellectuels africains présents au sein de l’Université Cheik Anta Diop ce 24 juillet 2007. Henri Guaino, auteur du discours fera ensuite l’effort de préciser tirer son inspiration de Sedar Senghor, qui avait écrit : « Laissez les peuples noirs entrer sur la grande scène de l’Histoire », mais c’était déjà trop tard. L’image Sarkozy est déjà maculée.

    En 1990, alors que le Mur de Berlin venait de tomber il y a juste 1 an, Mitterrand s’était déterminé à participer à la construction de la démocratie sur le continent. Pour celui-ci, plus question de soutenir économiquement des dictatures, a-t-il affirmé lors du 16e sommet franco-africain. Mitterrand s’était déclaré froid à ces régimes qui abondent le continent. Mais celui-ci s’était également entaché dans l’assassinat de Sankara au Burkina Faso en 1987.

    En août 1958, alors que la plupart des pays se battaient pour une indépendance, de Gaulle n’était arrivé au pouvoir que 3 mois qu’il a amorcé son périple de 20.000 kilomètres en Afrique. En réalité, il était en réalité question d’une tournée électorale dont l’objectif est de convaincre les peuples de l’Union de voter oui au référendum sur la nouvelle Constitution. Cette constitution prévoyait, entre autres, le remplacement de l’Union par une « Communauté » où chaque pays jouira d’une autonomie politique. « Il est naturel et légitime que les peuples africains accèdent à ce degré politique où ils auront la responsabilité entière de leurs affaires intérieures, où il leur appartiendra d’en décider eux-mêmes. » En fin de compte, seule la Guinée de Sekou Touré votera non, exigeant une souveraineté immédiate. Quatorze autres pays suivront plus tard. L’indépendance envers la France venait d’être acquise. Peut-être, juste dans la forme.

  • Nairobi: Twende Twende, une application qui sauve 300.000 automobilistes

    Nairobi: Twende Twende, une application qui sauve 300.000 automobilistes

    Face aux fréquents embouteillages dans les villes africaines, des solutions sont imaginées pour éviter les longues attentes aux automobilistes. Cela va des applications mobiles aux sites d’informations sur le trafic routier.

    Dans les capitales et grandes Africaines, le boom démographique est suivi depuis quelques années par des embouteillages dans les rues aux heures de pointe. Dans la plupart des cas, les automobilistes se voient obligés de subir. Mais ce n’est pas toujours le cas dans certaines villes comme Nairobi où une application de messagerie « vient au secours des automobilistes ».

    Appelée Twende Twende (« allons-y, allons-y » en swahili), l’application permet à ses utilisateurs d’informer les automobilistes sur leurs situations et le trafic. Les automobilistes peuvent donc sur leurs recommandations emprunter des voies indiquées pour éviter les embouteillages et retrouver leurs clients.

    Lancée il y a plus d’un an, Twende Twende a été conçue par IBM Research Africa. Twende Twende est générée par ordinateur et est à ce jour disponible sur deux réseaux de télécommunications mobiles du pays. Il s’agit de Safaricom et Airtel. Uyi Stewart, expert d’IBM explique que l’application fournit aux utilisateurs des informations sur l’état du trafic sur des routes stratégiques. « Les conducteurs, ainsi que les usagers de la route, initient la demande en envoyant à notre serveur un message SMS indiquant la route sur laquelle ils veulent des informations en matière de circulation », ajoute-t-il.

    Avant de préciser que « le serveur réagit alors en renvoyant au conducteur l’information demandée ». Depuis son lancement, les experts estiment à près de 600 000 dollars US le manque à gagner évité « en contournant les embouteillages ». Dans une capitale de 3 millions d’habitants et qui fait 696 kilomètres carrés avec plus de 300 000 automobiles, l’initiative est appréciée par la population.

    Améliorer la mobilité urbaine

    En Afrique de l’Ouest, des entrepreneurs et de jeunes start-upeurs se mobilisent également. Certains usagers réfléchissent aussi à des solutions pour éviter « des longues heures d’attente sur des routes congestionnées ». Certaines solutions sont par ailleurs trouvées dans quelques villes.

    C’est le cas de la capitale ghanéenne Accra. Jamless un service d’information sur le trafic permet depuis quatre ans à des automobilistes d’éviter les embouteillages. Le service emploie des indics qui passent leurs journées dans les artères de la ville. Les indics sont chargés de fournir des informations aux automobilistes et à d’autres usagers de la route. L’apport de Jamless reste pour le moment satisfaisant, constate Guillaume Boniface, fondateur du service d’information.

    À Lagos le phénomène fruste plus d’un. La circulation dans la ville nigériane est souvent ralentie par des files interminables de voitures contraintes de rouler doucement. Mais Giditraffic aide pour le moment certains automobilistes. La plateforme partage avec ses followers sur Twitter des informations sur le trafic routier. Des conducteurs évitent ainsi des embouteillages dans cette mégalopole africaine. À des milliers de kilomètres, Abidjan est également l’une des villes où l’on constate des embouteillages des heures de pointe. Comme solution, le site web Civroute fournit des informations aux usagers de la route.

    Mais c’est à Dakar que la solution envisagée pour désengorger la capitale et mettre fin aux bouchons est tout autre. Les autorités ont lancé des travaux de construction d’une nouvelle ville à Diamniadio située à une vingtaine de kilomètres de Dakar. Cela va décongestionner les routes et éviter de « fatigantes attentes aux Dakarois à des heures de pointe », justifie-t-on à l’Agence de promotion des investissements et grands travaux (Apix). La même source indique que c’était la meilleure option pour améliorer la mobilité urbaine.

  • DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    À Lomé comme dans d’autres villes d’Afrique et d’ailleurs, les développeurs se préparent pour débuter  un festival mondial de Google de deux jours orientés vers les Tech-entrepreneurs. Sur le continent, le géant américain tente une révolution Tech malgré les difficultés multiples.

    Le DevFest ou « Festival des Développeurs » est un événement de grande envergure organisé chaque année à travers le monde par les communautés locales de développeurs en collaboration avec Google. Les DevFests sont des événements de développement gérés par la communauté qui se déroulent dans le monde entier, axés sur la création de communautés et l’apprentissage des technologies de Google. Le Togo qui connait de plus en plus de centres de formation de codage n’est pas à l’abri de cet événement.

    Au Togo, selon les organisateurs, l’édition de cette année réunira près de 300 personnes issues du monde du développement, de la sécurité informatique, des réseaux et télécommunications, de l’administration des systèmes, etc. Mais pas que. L’évènement rassemble également des écoles universitaires, des entreprises et organisations œuvrant pour la promotion des TIC au Togo.

    Cette année, l’évènement sera consacré au partage des dernières technologies de développement web et mobile avec tous les participants. Les échanges toucheront presque tous les domaines : le web, Android, cloud, firebase, le design UX…

    Google en position d’attaque

    En Afrique, le géant californien Google est sur tous les fronts. Sur ce continent où la démographie devient de plus en plus importante et le taux de pénétrations ne cesse d’intéresser, Google est conscient d’une chose : il y aura 500 millions d’internautes en Afrique d’ici à 2020, quand ils n’étaient que 100 millions fin 2010. Et c’est cet état de choses qui réconforte cette entreprise comme bien d’autres pour investir dans les Tech startups.

    Au Nigeria, Google et Facebook ont annoncé quelques semaines déjà vouloir s’installer au Nigeria, plus peuplé pays d’Afrique. Dans ce vaste pays aux économies galopantes, le groupe de Mountain View a bien une intention : stimuler les start-ups technologiques africaines et développer une croissance africaine unique.

    Le mois dernier, Google a lancé Google Launchpad et Google Play Afrique du Sud. Les deux initiatives qui seront entièrement basées en Afrique, précisément en Afrique du Sud et au Nigeria, veulent offrir aux entrepreneurs et aux concepteurs technologiques tant en herbe qu’expérimentés, un accès pratique et direct à la confiance intellectuelle de Google. Les candidatures sont ouvertes aux start-ups technologiques avec leurs propres fonds de démarrage du Ghana, du Kenya, du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et de l’Ouganda. Les structures choisies pour participer au programme de trois mois recevront plus de 3 millions de dollars en soutien sans fonds propres, espace de travail, voyages et relations publiques, ainsi qu’un accès aux experts en technologies de la Silicon Valley durant trois ans.

    Le directeur régional de Google pour l’Afrique subsaharienne, Andy Volk, a déclaré que Google cherchait des moyens de s’impliquer davantage dans les entreprises technologiques africaines depuis plusieurs années. Avec un climat d’affaires technologique de plus en plus favorable et une vague d’idées technologiques uniques en provenance du continent, il était temps de commencer à établir des relations d’affaires. « Toute personne qui passe du temps dans l’espace technologique africain sait que le continent abrite des innovations passionnantes », se convainc celui-ci.

    Toutefois, le constat manifestement le plus frappant et qui agace en Afrique francophone, c’est que les plus grandes startups sont dans les pays anglophones.

    Le difficile climat pour les Tech startups en Afrique

    En Afrique, hormis quelques pays qu’on peut facilement localiser comme ayant un climat favorable à l’éclosion des startups à l’instar de l’Éthiopie, Kenya, l’Afrique du Sud, le Maroc… la tendance générale n’est pas convenable à ces petites entreprises. Le financement est un problème qui tue les startups dès la naissance.

    Pour la Ghanéenne Dorothy Gordon qui dirige l’Institut de technologie avancée et d’informations d’Accra, la taille réduite du marché économique de l’Afrique francophone est également un obstacle à l’essor des start-ups. « En raison de la taille du marché, il est difficile d’attirer des investisseurs étrangers. Et les gouvernements locaux ne font pas assez pour aider les jeunes start-ups à se développer », a-t-elle confié dans un entretien à Forbes Afrique.

    Sur le continent, on évalue les besoins de financement des jeunes structures à quelque 140 milliards de dollars par an, alors que les banques sont de nature hostiles aux risques, et la durée de vie des startups est souvent courte. Les stratégies mises en place par les pays pour accompagner ces entreprises se révèlent dans la plupart des cas inefficaces. Mais le tout ne se limite pas là. Un manque d’encadrement parait parfois comme une difficulté fondamentale. Surtout pour les Tech entrepreneurs, la disponibilité de la connexion internet reste un élément déterminant. La coupure de connexion pendant 93 jours dans la partie anglophone du Cameroun en début d’année 2017 a constitué un grand frein dans l’évolution des startups de la Silicon Moutain. Mais l’étroitesse du marché des consommations pose dans certains, cas une autre difficulté.

    En effet, si la progression du taux de pénétration d’Internet impressionne sur le continent, il faut aussi rappeler que cette croissance est principalement portée par quelques pays seulement, comme le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouganda ou encore l’Afrique du Sud. Au Maroc par exemple, plus de 58,3 % de la population à accès à Internet, contre quelques 2,1 % au Niger. Le premier obstacle pour les entrepreneurs africains spécialisés dans le secteur digital est donc cet accès restreint au réseau mondial pour ces populations.

    Mais pour certains, grâce aux nouvelles technologies les prochaines années vont marquer un point d’inflexion dans les méthodes de financement des startups. Le nano crédit, initiative qui permet à des entrepreneurs d’avoir de la trésorerie au quotidien a déjà fait ses preuves au Kenya, avec commercial Bank of Africa (CBA) et Safaricom. En Afrique francophone, l’initiative peut également être au bénéfice des Tech entrepreneurs.

     

  • L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    L’Afrique compte désormais plus de 15 000 chercheuses agricoles 

    En Afrique, le rôle des femmes dans la sécurité alimentaire est crucial. Elles participent en grande partie à la production agricole et à la transformation des produits, et occupent une place essentielle dans la sécurité alimentaire. Toutefois, très peu d’entre elles sont formées dans les sciences agricoles.

    Dans la plupart des pays africains, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes en ce qui concerne la propriété terrienne. Les disparités sont grandes de pays en pays. Au Mali par exemple, la propriété foncière revient aux hommes pour 86.7 % des cas, à en croire Tacko Ndiaye, spécialiste des questions du genre, de l’égalité et du développement rural à la FAO.

    En décembre 2016, consciente de cet état de choses, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait organisé une réunion à son siège à Rome portant sur le thème : « remettre les femmes au centre de l’agriculture africaine ». Aussi, dans un récent rapport, l’organisation a déploré le fait que les femmes reçoivent en général « une partie très faible de la terre, du crédit, de la formation ou de l’information agricoles ».

    Selon les chiffres avancés par la FAO, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30 % les rendements des exploitations agricoles.

    Souffle nouveau

    Ce n’est plus un secret : pour redynamiser l’agriculture africaine, les femmes devront être sur un pied d’égalité que les hommes. La même chose doit également se produire loin des champs, dans les institutions de recherche agricole consacrées à relever les défis et fournir des solutions aux agriculteurs. En effet, comparées aux hommes, très peu de femmes sont formées et employées dans les sciences agricoles. Ce fait affaiblit gravement le rôle des femmes dans les processus politiques et décisionnels.

    Toutefois, dans un nouveau document de recherche « Agriculture and Food Security » rendu public dans les émissions du Journal of Gender, il pourrait enfin y avoir de bonnes nouvelles. En utilisant des données recueillies dans 40 pays africains, le document montre que l’écart entre les sexes dans la recherche agricole africaine a continué à se réduire depuis 2008. Le nombre total de chercheuses est passé de moins de 9 000 en l’an 2000 à plus de 15 000 en 2014. Soit une évolution de 24 %.

    Dans cette évolution significative, les pays d’Afrique australe s’illustrent positivement. Dans cette partie d’Afrique, les pays comme le Lesotho et la Namibie se rapprochant de la parité entre les sexes. L’Érythrée, l’Éthiopie et le Tchad ont été les moins bien classés sur la liste. Par ailleurs, aucun des neuf chercheurs en Guinée Bissau n’était une femme en 2011, la dernière année pour laquelle des données étaient disponibles.

    Nienke Beintema, l’auteur de l’étude à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, affirme que les chercheuses offrent différentes perspectives à leurs homologues masculins, et leur contribution fournit une perspective importante pour répondre aux défis uniques et pressants des agricultrices. Elle ajoute par ailleurs que l’embauche et la promotion de plus de femmes africaines améliorent la qualité et la compétitivité de la recherche et de l’innovation. Une situation particulièrement critique sur un continent où la majorité des gens tire ses moyens de subsistance de l’agriculture, mais où le manque de données, la mauvaise infrastructure et la mauvaise élaboration des politiques entravent le plein potentiel de l’industrie.

  • Sommet d’Abidjan : l’UA et l’UE face à de nouveaux défis

    Sommet d’Abidjan : l’UA et l’UE face à de nouveaux défis

    Abidjan accueille du 29 au 30 novembre les travaux du 5e Sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE). La rencontre devrait permettre aux deux continents de repartir sur de nouvelles bases.

    Le Sommet d’Abidjan entre l’Union africaine et l’Union européenne porte sur le thème : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». Jugé comme une question d’actualité, ce thème devrait être l’objet essentiel des discussions entre les chefs d’État et de gouvernement durant deux jours. Le Sommet d’Abidjan devrait voir la participation de plus de 5000 participants et de nombreux chefs d’État et de gouvernement. Les représentants d’organisations internationales devront également participer à ces travaux qu’accueille pour la première fois l’Afrique subsaharienne. Des responsables de la Commission de l’UA ont expliqué que la rencontre d’Abidjan va servir de cadre de renforcement de relations politiques et économiques entre les deux Unions. Outre les questions liées à la jeunesse et au développement de l’Afrique et de l’Europe, les échanges vont porter sur les questions de paix, de sécurité, de gouvernance et de migrations.

    Sujet brûlant de l’actualité, la situation qui prévaut en Libye va meubler les discussions. L’Union européenne qui lutte contre l’immigration illégale devrait décider avec l’Union africaine des actions à poser pour dissuader les jeunes Africains de quitter leurs pays. « C’est la seule façon de mettre fin au drame auquel on assiste en terre libyenne », justifie-t-on à la Commission de l’UE. Pour plusieurs experts, Abidjan devrait être un nouveau départ pour l’Afrique et l’Europe. « Les deux continents devront harmoniser leur accord de coopération et se fixer des objectifs pour répondre à différents défis, notamment celui de la migration », explique un ancien fonctionnaire de l’Union africaine.

    Relever de nouveaux défis

    A l’heure où le chômage touche une bonne partie de la jeunesse africaine, l’UA compte obtenir de ses partenaires européens un accompagnement dans ses politiques de développement. « Il s’agit aujourd’hui d’œuvrer pour un développement inclusif et offrir à la jeunesse des emplois décents », reconnaît un ministre ivoirien. Les questions portant sur la jeunesse du continent peuvent être réglées si l’Afrique investit avec l’appui de l’UE dans l’éducation de qualité, les technologies et l’environnement. A ce titre, certains participants ont souhaité que les précédentes décisions prises par les deux Unions soient une fois encore analysées. La Commission de l’UA a confirmé que les travaux du sommet vont aussi porter sur les avancées constatées dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action 2014-2017 adopté lors du dernier Sommet tenu à Bruxelles. Cela va permettre de « définir une nouvelle stratégie commune pour relever les nouveaux défis auxquels font face l’UA et l’UE », rappelle une source.

    Tous les moyens ont été réunis pour la réussite des travaux avec la présence de tous les États invités. Un acteur la société civile congolaise qui participera aux travaux trouve que l’essentiel pour les dirigeants de l’UA et de l’UE sera de prendre des décisions qui peuvent favoriser le développement de « nos deux continents ». « Que ce ne soit pas un Sommet de plus. Les populations veulent après des actes concrets », rappelle-t-il. Comme lui, d’autres voix plaident pour un traitement d’égal à égal entre l’UA et l’UE. « L’UA a besoin de l’Europe. L’UE a besoin de réorganiser sa présence en Afrique », analyse un spécialiste de l’UA. Mais pour y arriver, rappelle l’expert, les deux continents doivent se parler « sincèrement » et aborder parfois les sujets qui fâchent, notamment la démocratie en Afrique ou les réalités de certaines entreprises européennes en Afrique. Après les travaux d’Abidjan, beaucoup souhaitent d’ailleurs une réforme de l’UA pour lui permettre de mieux peser dans les futures rencontres. « L’Afrique doit arriver à parler d’une seule voie sur les questions essentielles portant sur son développement. Ce n’est pas encore le cas », déplore un membre de l’International Crisis Group.

  • Zanzibar: des drones pour localiser les foyers de moustiques

    Zanzibar: des drones pour localiser les foyers de moustiques

    Zanzibar est un archipel tanzanien au large des côtes de l’Afrique de l’Est souvent menacé par le paludisme. À l’échelle mondiale, la maladie infecte plus de 200 millions de personnes chaque année et est responsable de la mort d’environ 500 000 personnes chaque année. Pour combattre ce fléau, des scientifiques utilisent des drones pour localiser les forts foyers de moustiques.

    Au Zanzibar, les agences de voyages n’hésitent en tout cas pas de prévenir les touristes. Sur cet archipel de deux îles situé en Tanzanie, dans l’océan Indien, à une quarantaine de kilomètres au large de la Tanzanie continentale, les moustiques ne pardonnent pas. Au Zanzibar comme en Afrique, le paludisme reste la première cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans.

    De par son climat et ses nombreuses zones d’eau stagnante, le Zanzibar présente les conditions favorables à la reproduction des moustiques. En effet, dès les années 1920, des études ont état d’un taux de prévalence de 68 % parmi la population zanzibarite et surtout de 14 % parmi les enfants de 1 à 6 ans. Les programmes d’éradication de la malaria à base d’insecticides lancés par l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1958 n’auront pas réglé le problème, de même que de nombreuses d’autres tentatives, mais le taux de prévalence ne faiblit pas.

    Paludisme, la difficile lutte

    Les objectifs du Millénaire pour le développement ont suscité un certain nombre de campagnes à grande échelle en Afrique subsaharienne pour lutter contre le paludisme. Des millions de moustiquaires ont été distribuées. L’insecticide a été fourni pour pulvériser dans les maisons des collectivités. L’objectif était d’empêcher les gens de se faire piquer, interrompant ainsi le cycle de transmission. Une initiative qui a connu une réussite, conduisant à une diminution notable de la prévalence de la maladie. Certaines zones de Zanzibar ont vu les niveaux de prévalence tomber de 40 % de la population ayant le paludisme à moins de 1 %.

    Depuis quelque temps, à Stonetown, la capitale de Zanzibar, on peut désormais apercevoir des drones planer sur la ville. Objectif : cartographier les habitats du paludisme aquatique. Ces masses d’eaux peu profondes éclairées par le soleil abondent en larves de moustiques. En quelques jours, les larves émergent en tant que moustiques adultes à la recherche d’un repas de sang.

    Des drones pour géo localiser les moustiques

    Aujourd’hui, les épidémiologistes et les responsables de la santé publique cherchent à compléter les moustiquaires d’intérieur et à pulvériser des solutions extérieures. En effet, ils prennent la bataille contre les moustiques. Et les drones constituent des outils importants de leur arsenal. L’un des principaux défis pour les gestionnaires de la maladie est de trouver de petits plans d’eau que les moustiques utilisent pour se reproduire. C’est là que les drones entrent en jeu. Des images de drones capturées sur de grandes surfaces sont alors utilisées pour créer des cartes précises

    « Les autorités de santé publique doivent être en mesure de localiser et de cartographier ces plans d’eau afin qu’ils puissent être traités à l’aide d’un larvicide comme le DDT » a déclaré un membre de l’équipe de pilotage de drones. Ce processus est connu sous le nom de gestion des sources larvaires et a été utilisé avec succès au Brésil et en Italie il y a plusieurs décennies.

    Aujourd’hui, des substituts beaucoup plus sûrs et à faible toxicité ont été développés. Le problème est qu’ils ont un coût. Des ressources sont également nécessaires pour disséminer le larvicide et localiser les plans d’eau qui abritent les œufs et les larves de moustiques. Certains de ces refuges sont difficiles à trouver à pied, et si les plans d’eau sont cartographiés avec précision, une campagne de larvicide pourrait finir par être une perte de temps.

    Déroulement

    En 20 minutes, un seul drone peut arpenter une rizière de 30 hectares. Cette imagerie peut être traitée et analyser le même juste après pour localiser et cartographier les plans d’eau. Cela s’est révélé très précis et efficace. Tout cela en utilisant l’un des drones les plus populaires, le Phantom 3 de DJI.

    « Nous avons commencé à travailler sur des sites de test à travers Zanzibar, mais maintenant, avec le soutien du Innovative Vector Control Consortium, un partenariat sans but lucratif visant à créer de nouvelles solutions pour prévenir la transmission de maladies, nous élargissons notre gamme pour explorer cette technologie. Cela ne s’arrête pas là. Nous prévoyons d’intégrer l’imagerie des drones dans la technologie des téléphones intelligents afin de guider les équipes de pulvérisation de larvicides vers les plans d’eau au sol et de suivre leurs progrès et leur couverture. Il y a aussi une tendance passionnante à diffuser automatiquement le larvicide des drones eux-mêmes. » a déclaré Andy Hardy, chargé de cours en télédétection à Aberystwyth University.

    Toutefois, les opérateurs sont conscients du côté négatif de leur opération à base des drones : invasion de la vie privée ; les collisions avec des aéronefs et des oiseaux ; ou encore problèmes de sécurité.

     

  • Forfaits Internet: l’Afrique bat les records [Tendances]

    Forfaits Internet: l’Afrique bat les records [Tendances]

    Plus cher qu’en Asie, aux États-Unis ou en Europe, le prix de l’Internet en Afrique est l’un des plus élevés du monde. Il bat tous les records quand, on essaie de le rapporter au niveau de vie des populations. En Afrique, s’il est vrai que le taux de pénétration de l’internet a décuplé depuis les années 2006, la connexion haute débit reste parmi les plus onéreux au monde. Dans certaines localités du continent, le constat et le contraste sont frappants. Les forfaits mensuels aux connexions dites « haut débit » coûtent plus cher que le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).

    Au Nigeria, par exemple, le coût moyen des forfaits haut débit mensuels de 80 $ est presque le double du salaire minimum national de 50 $ (18 000 nairas), selon les données du tableau des prix compilés par Cable.co.uk. Sur les 36 pays africains analysés, seuls sept pays disposaient de forfaits haut débit mensuels moins chers que 50 dollars. Il s’agit de l’Égypte (12.33 $), la Tunisie (19.69 $), La Réunion (30.37 $), l’Algérie (32.23 $), le Maroc (39,57 $) et La Mayotte (46.08 $).

    Ce tableau des prix a été compilé et analysé par Cable.co.uk en utilisant le coût de plus de 3 000 forfaits haut débit individuels dans le monde, sur une période de huit semaines entre le mois d’août et d’octobre.

    Tendances

    Les pays côtiers bénéficient beaucoup d’une bonne connexion et les données y coûtent moins. Pour preuve, tous les dix premiers pays africains qui ont des hauts débits les moins chers en Afrique sont des pays côtiers. Une explication à cela est que la proximité des stations d’atterrissage par câble reste un obstacle à l’accès à Internet dans la plupart des pays sans littoral. Ainsi, les prix d’accès à Internet connaissent une hausse due aux frais non négligeables d’infrastructures supplémentaires encourus par le fournisseur. Toutefois, même dans les pays côtiers, les zones rurales éloignées de la côte sont souvent confrontées à un problème similaire. Mais le tout ne se limite pas là.

    Comme les coûts, la vitesse d’Internet reste autre un problème inquiétant. Une grande partie du continent connaît encore des vitesses inférieures à la norme minimale mondiale. Alors que la recherche pour la grille de prix se concentre sur le haut débit fixe, les connexions Internet mobiles s’avèrent beaucoup plus populaires en Afrique, en grande partie grâce à l’adoption croissante des smartphones. En réalité, les prix de l’Internet mobile sont en baisse dans certains pays et il n’est pas rare de voir les jeunes exploiter des plans d’internet mobile bon marché en utilisant leurs smartphones comme terminal pour se connecter via des ordinateurs, par des systèmes de partage de connexion.

    Mais pour les grandes organisations, comme les écoles, les entreprises et les organismes gouvernementaux, qui nécessitent plusieurs utilisateurs en ligne instantanément, les plans d’Internet mobile ne peuvent pas servir aussi bien. Ainsi, malgré l’explosion des téléphones intelligents et de l’Internet mobile, dans certains cas, l’Internet à large bande est toujours important pour servir de moyen plus efficace et rentable de se connecter.

  • Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Le Chef d’Etat français, Emmanuel Macron, en tournée africaine, a prononcé un discours devant des étudiants burkinabés ce mardi. De la situation libyenne à aux questions sur l’éducation des jeunes filles, Macron n’a pas oublié l’un des piliers considérés comme fondamental pour le développement de l’Afrique : l’entrepreneuriat.

    C’est face à quelque 800 étudiants burkinabés issus de différentes universités que Emmanuel Macron a prononcé son premier discours à l’endroit des Africains. Pour une allocution de plus de 1 h 40 min, les sujets abordés ont été divers. Si le discours du président français a évidemment été axé sur la jeunesse africaine, principalement celle Burkinabé qu’il a saluée pour ses luttes pour la démocratie, en faisant cas de la révolution de 2014, Emmanuel Macron a aussi parlé de l’entrepreneuriat.

    « Le changement, le renouveau générationnel sur un continent dont 70 % a moins de 30 ans. C’est n’est pas une option, c’est une loi mathématique » a déclamé le jeune Président français.

    « Je serai au côté de ceux qui font le choix de la responsabilité et pas celui du déni » a laissé entendre le président français, et d’ajouter ensuite « partout où j’aurais de tels partenaires, je travaillerai avec eux sans calcul. La France ne se privera pas d’un lien avec la jeunesse. »

    450 millions d’emplois

    En effet, Emmanuel Macron a annoncé, pour dit-il faciliter l’innovation en Afrique, la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour aider le continent à créer 450 millions d’emplois d’ici 2025.

    « Ce fonds que nous allons créer permettra de faire même plus qu’un milliard d’euros, multiplier par dix cet objectif pour avoir une enveloppe qui permettra de financer des projets, des entrepreneurs africains dans les domaines du numérique, de l’agriculture » a principalement exprimé celui qui a eu par après des échanges directs avec les étudiants.

    Mais le Chef d’Etat français qui croit que la croissance du monde se jouera en Afrique ne s’est pas arrêté sur ce volet. Il a également fait d’autres annonces bien accueillies par l’auditoire. Pour le président Macron, la France n’investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement. « Elle n’investira plus pour que des grands groupes participent à des opérations de corruption organisée ». Selon celui, les investissements qui seront désormais faits en Afrique devraient directement bénéficier à la jeunesse.

    Macron a aussi informé d’une saison des cultures africaines en France en 2020 pour, dit-il, aider au parachèvement d’une histoire d’Afrique écrite par les Africains.

    Aussi, a-t-il dit, en vue des Jeux olympiques de 2024 qui se tiendront à Paris, un plan d’envergure européenne sera en mis en œuvre pour permettre « aux sportifs africains de venir s’installer en France et avoir les meilleures installations ». Avant d’ajouter, « j’aimerais que les sportifs africains disposent aussi d’installations durables.

    Toutefois, Macron a aussi émis le vœu de voir les Africains diplômés en France de revenir pour relever les défis du continent. Le président a aussi annoncé des investissements dans le domaine de l’éducation en Afrique, tout comme des bourses d’études qu’il a promises, avec un accent particulier sur les jeunes filles. Une annonce longuement applaudie par les étudiants.

  • Ouganda: la technologie réduit la mortalité infantile

    Ouganda: la technologie réduit la mortalité infantile

    En Afrique, la consultation prénatale est un processus souvent négligé par des femmes enceintes, surtout dans les zones rurales. Pour emmener les femmes à s’intéresser à cette pratique médicalement importante, Bridge to Health montre des images d’échographie aux femmes enceintes.

    Dans les zones rurales, certaines femmes ne mesurent pas l’importance de se rendre dans une clinique avant d’accoucher. Beaucoup estiment que la consultation des guérisseurs traditionnels est largement suffisante. Pendant la grossesse, les femmes devraient recevoir en moyenne des soins de santé 8 fois, selon l’OMS.

    Faire entrer les femmes dans les soins médicaux lorsqu’elles ne sont enceintes que de quelques mois est une priorité pour les responsables de la santé publique, car de simples interventions sauvent souvent la vie de la mère et de l’enfant.

    Bridge to Health au front

    Une étude de Bridge to Health Medical et Dental a mis en application le dispositif dans les hautes terres du sud-ouest de l’Ouganda en 2014. Cette étude, publiée par PLOS One cette année, a révélé que quand les médecins installent des cliniques temporaires dans les villages ruraux, six fois plus de femmes enceintes visitent lorsque des échosondeurs gratuits sont annoncés.

    Désormais, un groupe de médecins canadiens est à l’avant-garde de ce qui semble être un moyen très efficace d’inciter les femmes enceintes en zones rurales à visiter des cliniques bien avant leurs dates d’échéance. C’est ainsi que dans le sud-ouest de l’Ouganda, un technicien de Bridge to Health, une organisation caritative médicale canadienne, avec une échographe parcourent les villages.

    Ils offrent aux femmes enceintes des aperçus de leurs fœtus pour les encourager à se faire examiner. « C’est magique de pouvoir regarder votre bébé à naître », a déclaré le Dr Michael S. Silverman, spécialiste des maladies infectieuses à la Western University de London, au Canada, et coauteur de l’étude.

    Selon l’organisation Bridge to Health, le traitement précoce du VIH, de la syphilis et de l’hypertension artérielle, ainsi que des vaccins comme le tétanos et des vitamines comme l’acide folique, peuvent faire d’énormes différences dans la survie de la mère et du bébé à la naissance.

    Les dispositifs de l’étude ont coûté entre 2 500 et 10 000 dollars, a déclaré le Dr William Cherniak, directeur exécutif de Bridge to Health et autre co-auteur. Ils sont alimentés par batterie, font 40 balayages par charge. Le groupe espère tester de nouveaux des scanners peu coûteux qui se branchent directement sur les smartphones ; Ainsi, le technicien peut voir le fœtus sur le téléphone et transmettre l’image à un radiologue n’importe où dans le monde, a déclaré le Dr Cherniak. En réalité, jusqu’ici les femmes de l’étude ne pouvaient voir leurs fœtus que sur des moniteurs, mais Bridge to Health a depuis ajouté une imprimante pour que les femmes puissent prendre des photos à la maison.

    « Nous avons même diagnostiqué une appendicite aiguë chez une femme âgée qui est arrivée même si elle n’était pas enceinte », a déclaré le Dr Cherniak. « Ces machines ont beaucoup d’utilisations » se satisfait-il, en espérant ajouter très bientôt des améliorations.

  • Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Bolloré, le groupe français dirigé par Vincent Bolloré entend poursuivre sa conquête du continent africain. Le groupe veut créer au moins 50 salles de spectacles sur le continent, déployer la fibre optique et poursuivre son implantation dans le vaste marché de la TNT. Grâce à ses diverses activités en Afrique, le groupe français affiche un chiffre d’affaires en hausse de 5 % au troisième trimestre 2017.

    A périmètre et taux de change constants, le chiffre d’affaires du groupe Bolloré (transport, logistique, médias, stockage d’électricité) progresse de 4,9 %, selon un communiqué diffusé jeudi soir. Cette évolution, le Groupe français la justifie par les résultats satisfaisants enregistrés dans divers domaines d’activités dans lesquels il intervient. Il s’agit principalement de la croissance de 10 % de l’activité transport et logistique qui bénéficie de la hausse des taux de fret et des volumes, et des bonnes performances des terminaux portuaires notamment en Afrique. A cela s’ajoute la progression de 10 % de l’activité logistique pétrolière consécutive à l’augmentation des prix des produits pétroliers, ainsi que la progression des activités communication (+2 %) et la hausse du stockage d’électricité et solutions (+2 %)

    En Afrique où le groupe français n’est plus à présenter, Bolloré affiche une santé de fer. Son PDG, Vincent Bolloré veut surfer sur la vague numérique qui inonde le continent africain. Depuis plusieurs mois, Vivendi et Canal+ multiplient les projets à destination d’une classe moyenne grandissante et de plus en plus connectée en Afrique, où la révolution numérique est constamment prometteuse. Cette forme du groupe français semble imputable à l’intégration de Vivendi dans ses comptes, et la stabilisation de l’activité de Canal+, qui était en recul l’an dernier.

    Dans cette « réforme » du groupe qui vise à conquérir le territoire africain de plus en plus démographiquement grand, la télévision payante. Depuis 2016, la chaîne cryptée propose des offres disponibles sur la télévision numérique terrestre (TNT) dans certains pays comme la République démocratique du Congo (Kinshasa et Lubumbashi) et au Congo Brazzaville (Pointe-Noire). Et en 2017, Canal+ vise la Côte d’Ivoire. « La TNT nous permet d’aller chercher des clients moins fortunés avec des tarifs d’abonnement de 4.000 francs CFA (environ 6 euros) pour 30 chaînes, précise David Mignot, le Directeur général de Canal+ Afrique. C’est une technologie de transition en attendant l’essor de l’ADSL, la fibre optique, la 4G et la 5G ». Et Canal+ compte bien accélérer cette transition.

    3 millions d’abonnés

    Autre projet impulsé depuis la reprise en main de Vincent Bolloré : la construction de 50 à 100 salles de cinéma et de spectacles en Afrique subsaharienne dans les prochaines années. La première a ouvert ses portes en juin 2016 à Yaoundé (Cameroun), s’en est suivies d’autres dans certaines capitales comme la salle de Lomé inaugurée octobre 2017. Accra (Ghana) et surtout Lagos (Nigeria), la plus grande ville du continent avec ses 22 millions d’habitants, sont dans la mire. Ce projet baptisé Canal Olympia est dédié à la projection de films, mais aussi à l’organisation de concerts d’artistes africains et étrangers, ainsi qu’à l’accueil de stand-up d’humoristes. « Chaque salle doit permettre de détecter des talents locaux, de les faire connaître et valoriser ainsi la culture africaine » selon David Mignot.

    Canal+, qui a aussi lancé en octobre 2014 la chaîne de divertissement 100 % africaine, A+, a fait depuis 2011 du continent un axe majeur de son développement à l’international. La branche du groupe en charge de l’Afrique est ainsi passée en six ans de 300 à environ 1.500 salariés. En 2011, le média avait 400.000 abonnés en Afrique, précise David Mignot. Aujourd’hui il ne compte pas moins de 2,5 millions d’abonnés actifs.

    Un succès qui s’explique notamment par la multiplication des offres proposées par Canal+. La chaîne a par exemple signé des accords de diffusion avec Walt Disney et la Fédération ivoirienne de football. Depuis, Canal+ dispose presque saine en Afrique. Des émissions dédiées au continent, à l’instar de The Voice, l’Afrique a un incroyable talent font les choux gras du groupe de médias.

    En position d’attaque

    Lorsque Vincent Bolloré reprend en main la chaîne en 2015, il demande à ses équipes de favoriser les synergies entre Vivendi et Canal+. L’un de ces rapprochements vise à construire un réseau de fibres optiques en Afrique subsaharienne. L’idée est de déployer la fibre en aérien, le long des poteaux électriques.

    Une technique jugée moins coûteuse que le creusement de tranchées pour enfouir la fibre dans le sol. L’industriel breton s’appuie notamment sur le succès de GVT, l’ex-filiale de Vivendi revendue à prix d’or au groupe espagnol Telefonica (7,5 milliards d’euros) en 2015 et connu pour avoir bâti un réseau haut débit de qualité au Brésil.

    L’empire Bolloré en Afrique

    Vincent Bolloré a développé son empire comme personne d’autre. Françafrique, influence politique, propagande, censure, tout y passe. En Afrique et en France, l’influence du milliardaire est connue. Bolloré Africa Logistics est incontournable sur le continent. Il est présent dans une quarantaine de pays africains.

    Il contrôle la manutention, seul ou en partenariat avec d’autres sociétés, de 14 ports en Afrique ainsi que 23 ports secs. Parfois, Bolloré Africa Logistics contrôle également le réseau ferroviaire et routier. Dans certaines régions d’Afrique, on peut même parler d’omniprésence de Bolloré qui jouit par exemple d’un quasi-monopole sur les ports du golfe de Guinée.

    En 2016, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption avaient soupçonné le groupe Bolloré d’avoir utilisé Havas, son bras publicitaire, pour obtenir des concessions. Deux ports avaient été pointés du doigt : Conakry et Lomé. En Guinée, Havas s’est occupée en 2010 de la campagne électorale d’Alpha Condé. En 2011, le président fraîchement élu débarquait Getma, la compagnie qui gérait le port depuis 2008 pour confier la concession à Bolloré.

    Même scénario au Togo. En 2010, le groupe Bolloré obtient la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour 35 ans. La même année, Faure Gnassingbé, conseillé par Havas, était réélu.

    Bolloré est présent en Afrique dans les activités logistiques depuis les années 1980. Mais c’est dans les années 1990, quand la Banque mondiale et le FMI incitent les pays africains à privatiser les concessions portuaires, qu’il se taille la part du lion.

    Entre-temps, le groupe Bolloré a diversifié ses activités sur le continent. Outre le rail, Bolloré assure aussi la logistique pour des groupes pétroliers comme Total en Angola. Le groupe possède également des plantations d’hévéa et de palmiers à huile, à travers sa filiale Socfin présente au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Libéria ou encore en RDC.

    Le secret de la réussite du groupe, selon Olivier de Noray, directeur des ports et terminaux chez Bolloré Africa Logistics : une stratégie entièrement centrée sur l’Afrique.