Catégorie : Société

  • Nigeria: rencontre avec l’enseignante des mathématiques en Igbo

    Nigeria: rencontre avec l’enseignante des mathématiques en Igbo

    Au Nigeria, une enseignante a décidé de devancer le gouvernement pour enseigner les maths dans sa langue maternelle.

    En juin 2017, le ministre nigérian des Sciences et de la Technologie, M. Ogbonnaya Onu, avait indiqué que des projets étaient en cours pour enseigner les matières scientifiques, technologiques, techniques et mathématiques (STEM) dans les langues maternelles, compte tenu du faible niveau d’adoption des carrières techniques au Nigeria. Si l’idée parait encore difficile, c’est bien parce que les parties prenantes ont regretté que le manque d’enseignants de sciences capables de parler leurs langues maternelles et la diversité des origines ethniques des étudiants soient des obstacles.

    Mais avant même que le gouvernement ne fasse cette annonce, une enseignante de mathématiques à Port Harcourt, dans l’État de Rivers, avait déjà adopté la langue locale pour son enseignement. Cynthia Onwuchuruba Bryte-Chinule enseigne à ses élèves les mathématiques en pidgin nigérian et Igbo depuis un moment.

    L’obstacle anglais

    Dans une interview accordée à un média local, l’enseignante affirme avoir a été inspirée par ses étudiants dans la prison de Port Harcourt et quelques 40 autres enfants qu’elle enseigne gratuitement.

    « La plupart d’entre eux sont des décrocheurs scolaires qui ne comprennent pas la langue anglaise… Je pensais que cette langue ne devrait pas être un obstacle à l’apprentissage des mathématiques. J’ai donc essayé une méthode différente. Je leur ai donné les questions de maths dans le pidgin nigérian et les concepts avec lesquels ils pouvaient s’identifier », a-t-elle expliqué.

    Pour elle, il est une évidence que l’enseignement en anglais était une perte de temps. « La plupart ne savent pas ce que signifie “’addition”’, alors vous devez leur dire “’joignez-vous ensemble”’ », dit-elle. Ainsi, pour faire en sorte que les matières STEM soient largement acceptées et comprises au Nigéria, il faut utiliser des supports linguistiques faciles à comprendre pour les étudiants.

    Les chiffres comme au quotidien

    Cynthia est diplômée en mathématiques de l’Université Nnamdi Azikiwe de l’État d’Anambra. Elle est la fondatrice de PEEL Initiative, une organisation à but non lucratif qui œuvre pour l’amélioration de l’éducation en Afrique en particulier les mathématiques. Son organisation veut aussi avoir un impact sur la vie des enfants défavorisés par l’éducation. Et c’est dans cette perspective que se logent la plupart des actions de la Nigériane.

    Par ailleurs, l’enseignante dirige le programme Maths Afrique qui relie les tuteurs aux étudiants à un prix qui aide à financer son initiative. Elle a reconnu sa difficulté à obtenir des fonds auprès des donateurs pour soutenir les programmes, mais elle a exprimé sa détermination à faire avancer les choses, peu importe les circonstances.

    Mais dans son parcours, Cynthia est confrontée à un obstacle redouté par les autorités nigérianes dans leur politique d’intégration des langues maternelles dans l’enseignement des matières scientifiques : la diversité des origines ethniques. Mais pour tenter de pallier cette difficulté, Cynthia a fait de courts tutoriels vidéo sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et YouTube en Igbo et pidgin nigérian… Résultat, satisfaisant. « Je vois beaucoup d’intérêts suscités et c’est la seule essence de l’exercice ; montrer aux gens que les maths ne sont pas si difficiles. J’ai fait des versions de vidéos et de didacticiels Igbo et Pidgin sur les mathématiques, mais j’ai découvert que ceux en langue Igbo étaient plus largement acceptés ».

    Toutefois, Cynthia est convaincue que le chemin est encore long pour son initiative, dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

  • Afrique : ces footballeurs qui misent sur l’éducation dans leur pays

    Afrique : ces footballeurs qui misent sur l’éducation dans leur pays

    En Afrique, les footballeurs, surtout internationaux, sont souvent impliqués dans des actions caritatives. Si ce n’est pour l’amélioration du système de soins et de santé, la construction des écoles de foot, des infrastructures sociales, alors ils sont présents dans le domaine de l’éducation.

    S’il faut souligner que dans l’ensemble ces actions ne sont pas assez importantes pour porter tout un développement national, elles sont néanmoins d’une grande utilité pour les communautés bénéficiaires.

    Asamoah Gyan (Ghana)

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    En 2017, Asamoah Gyan, footballeur professionnel ghanéen, a inauguré un complexe sportif au sein de son ancienne école, Accra Academy au Ghana. Le projet aurait coûté près de 155. 000 dollars. Une façon à lui de « redonner à son ancienne école, ce dont il avait bénéficié ». Le projet consiste à révéler des étudiants qui ont des talents en football.

    Asamoah Gyan, capitaine de l’équipe nationale du Ghana, joue actuellement en tant qu’attaquant au Kayserispor FC, un club turc.

    Samuel Eto’o (Cameroun)

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    Outre la construction d’un centre pédiatrique pour réduire le taux de mortalité infantile à Douala, au Cameroun, l’année dernière, Samuel Eto’o a annoncé son intention de construire une école dans la région nord du Cameroun avec le soutien de donateurs. La fondation de l’ancien capitaine des Lions Indomptables a également fourni 100 bourses aux filles dans une école en Sierra Leone.

    Samuel Eto’ o est un footballeur professionnel camerounais qui joue en tant qu’attaquant pour le club turc d’Antalyaspor. Notamment passé par le club espagnol Barcelone FC, Eto’o est à ce jour le joueur africain au palmarès le plus garni de tous les temps, ayant remporté le titre de Joueur africain de l’année à quatre reprises.

     

    Didier Drogba (Côte d’Ivoire)

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    Didier Drogba, ancienne star ivoirienne du football, a récemment créé, en Côte d’Ivoire, une école destinée à permettre aux enfants d’une communauté rurale d’accéder à une éducation de qualité. L’école aurait été partiellement financée par Nestlé et l’International Cocoa Initiative. L’installation comprend des salles de classe, un jardin d’enfants, une cantine, des latrines, un terrain de football et des installations d’hébergement pour les enseignants.

    Didier Drogba, 40 ans, ancien capitaine des Éléphants, évolue désormais au sein du club American Phoenix Rising.

  • Au Ghana, la télémédecine pour révolutionner la politique sanitaire

    Au Ghana, la télémédecine pour révolutionner la politique sanitaire

    Au Ghana, la Fondation Novartis et le Ghana Health Service ont annoncé la réussite de l’intégration et de l’extension d’un programme de télémédecine, avec une couverture nationale prévue pour 2019.

    Le Ghana a amorcé un processus de développement il y a une décennie qui impressionne en Afrique. Pour couronner cette croissance fulgurante, le pays mène à intérieur une politique de concurrence palpable en matière de technologies à l’endroit les grandes puissances comme l’Afrique du Sud. Notamment, en télémédecine.

    Dans cette logique, le Ghana a entrepris un certain nombre de démarches dans le domaine. En effet, dans ce pays le service de télémédecine a débuté comme modèle pilote dans le district d’Amansie Ouest de la région d’Ashanti en 2011, couvrant 30 communautés d’environ 35 000 personnes. Sur ce, la Fondation Novartis travaille avec divers partenaires locaux et internationaux, dont le ministère ghanéen de la Santé.

    En clair, ce programme utilise la technologie mobile pour connecter les agents de santé communautaires avec des professionnels de la santé spécialisés via des centres de téléconsultation ouverts 24 heures sur 24. Les médecins, les infirmières et les sages-femmes des centres de téléconsultation encadrent les agents de santé communautaires et conseillent sur le traitement de leurs patients, en particulier dans les soins d’urgence. Une politique qui renforce la capacité de soins de santé et responsabilise les agents de santé communautaires, tout en améliorant la qualité des soins. Selon les premiers responsables, cette mesure est conçue pour également éviter les renvois inutiles, en réduisant les temps de transport et les coûts pour les patients.

    De fait, en 2016, plus de la moitié des téléconsultations ont pu être résolues directement par téléphone, dont 31% ont évité les renvois.

    Sur les pas de la télémédecine

    Basé sur le succès du modèle de télémédecine, le Service de santé du Ghana a maintenant choisi pour la mise en œuvre à travers le pays dans le cadre de sa stratégie nationale de santé en ligne pour utiliser les TIC pour améliorer la prestation des soins de santé.

    En collaboration avec la Fondation Novartis sur une feuille de route pour la mise à l’échelle, le Service de santé du Ghana et le ministère de la Santé ont maintenant mis en place au total six centres de téléconsultation à travers le pays. La couverture nationale complète des services de télémédecine devrait être possible à l’échéance 2019.

    Pour le directeur général du Ghana Health Service, le Dr Anthony Nsiah,  il s’agit d’assurer à tous les Ghanéens des soins de santé abordables et de qualité d’ici 2020. La télémédecine n’est donc plus, à ses yeux, que la prochaine étape vers la couverture sanitaire universelle au Ghana.

    L’intégration des services de télémédecine dans la politique nationale ghanéenne de santé marque en réalité un changement radical pour les partenariats multisectoriels qui permettent d’étendre les programmes percutants. C’est d’ailleurs ce que pense le Dr Ann Aerts, responsable de la Fondation Novartis. Selon lui, travailler avec les décideurs politiques pour intégrer des initiatives comme la télémédecine dans les systèmes de santé est l’objectif ultime pour le pays. Parce qu’en réalité, de telles initiatives peuvent continuer à transformer les soins de santé pour les années à venir.

  • Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Au Ghana, les rappeurs allient rimes et « punchlines » à l’activisme pour prendre le lead sur les questions de la protection de l’environnement.

    Au cours des 4 dernières décennies, le Ghana a été confronté à des défis environnementaux complexes. Ces défis incluent un problème crucial qu’est la pollution toxique, engendrée par la mauvaise gestion des matières résiduelles. En effet, dans ce pays, le système de gestion des déchets est encore très insuffisant. Selon les chiffres, seuls 67 % des déchets sont collectés et le pays manque toujours d’infrastructures pour les gérer, malgré les efforts de l’Agence de protection de l’environnement du Ghana (EPA). Et pour l’instant, ce pays qui réalise une croissance économique enviable est contraint de brûler ses déchets électroniques. La pratique n’est pas restée sans conséquences environnementales importantes.

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    En un premier temps, sous les yeux de l’ancien chef d’État John Dramani Mahama, et désormais de Nana Akufo-Addo, Accra est devenue une ville noyée dans les déchets plastiques. Le système de caniveaux en bordure de route de la ville, destiné à endiguer les fortes pluies et les inondations pendant les saisons pluvieuses, envoie l’eau en excès dans une lagune qui se déverse dans le golfe de Guinée. Mais les tas d’ordures endommagent souvent les caniveaux dans les quartiers les plus pauvres du Ghana et les rendent vulnérables aux inondations.

    En 2015, le colmatage des déchets plastiques accumulés et les inondations qui en ont résulté ont forcé des dizaines de personnes à fuir les zones concernées.

    Dans un contexte plutôt difficile à gérer, les rappeurs s’engagent dorénavant à prendre les terreaux par les cornes.

    Les vers de l’environnement

    Dans le clip de sa chanson Gold Coast sorti l’année dernière, le rappeur ghanéen ELi se tient sur la plage de Labadi à Accra, alors que des vagues et des bouteilles en plastique s’écrasent contre ses pieds. Il marche pieds nus sur un tapis de bouteilles et de sacs en plastique, avec seulement des pointes de sable. Dans une autre scène, le même rappeur se tient au garde-à-vous, sa poitrine saillit, son menton relevé, ses pieds et ses chevilles enfoncés dans un tas de plastique et de déchets.

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    ELi, dont le nom complet est Edward Elikplim Ayikoe, appartient à une communauté naissante de musiciens ghanéens qui utilisent leur travail pour « évaluer » la stature du Ghana comme une « démocratie modèle », pour reprendre les mots de l’ancien président américain Barack Obama. Ces artistes veulent attirer l’attention non pas sur les thèmes traditionnels de la réussite financière, de l’amour et du style de vie, mais sur d’autres problèmes qui peuvent « étouffer » une démocratie, comme le flot de bouteilles et de sacs en plastique répandus dans les quartiers de la capitale ghanéenne.

    Les rappeurs considèrent leur musique et leurs plateformes comme essentielles pour sensibiliser la population sur la crise.

    Environnement, une cause démocratique

    Le hip-hop a longtemps été un cadre artistique dominant permettant aux rappeurs d’exprimer leurs frustrations. Au Ghana, la paix relative et la liberté dans les expressions ont permis aux artistes d’explorer des sujets tels que l’environnement, le sexisme, le chômage et même la domination du christianisme, faisant d’eux des questionnaires musicaux incisifs du statu quo.

    Wanlov, qui a réalisé la vidéo d’ELi, est un Ghanéen métis. Son vrai nom est Emmanuel Owusu-Bonsu, et il est connu pour n’avoir pas porté de chaussures depuis 10 ans. « Quand vous venez au Ghana et vous demandez qui est la personne la plus gênante, quand il s’agit de questions sociales, de problèmes gouvernementaux et de corruption, ils disent mon nom », se targue Wanlov.

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    En 2014, c’est cet homme qui a organisé une compétition de musiques écologiques appelée « Eco Rave ». Dans la chanson lauréate du concours dont le titre est Keep Ghana Clean, Efo Chameleon, 27 ans, a levé la voix sur les gouttières bouchées, la puanteur et la négligence généralisée qui est venue définir la vie dans la capitale du Ghana. L’artiste donne également des instructions étape par étape sur la façon de se débarrasser des plastiques. Mais à côté de cela, les médias sociaux et les services de streaming Internet ont donné à des artistes comme Efo et ELi, ainsi que Akan, Worlasi, Azizaa, Kwame Write et Mensa, collaboratrice de Wanlov dans le groupe FOKN Bois, l’occasion d’être politique sans avoir besoin d’être à la mode.

    Toutefois, ces musiciens ont traditionnellement du mal à s’introduire dans l’industrie dite de « payola », où les artistes et les labels doivent souvent payer aux DJs et aux médias pour faire jouer leurs musiques. L’été dernier, un groupe de jeunes entrepreneurs musicaux dirigé par Selorm Jay a lancé le site « Yoyo Tinz » pour célébrer et promouvoir les artistes hip-hop politiquement et socialement engagés au Ghana, et qui sont souvent exclus par le système payola.

    A claire, ce qui différencie ces artistes du hip-hop ghanéen des autres artistes des pays voisins, c’est que le champ d’action des premiers ne se limite pas à la politique. Leur vision d’une nation libre est celle où le gouvernement est responsable, mais aussi où l’environnement est pris en charge. Et pour arriver à ce point, tous les moyens sont bons. Des beaux vers aux punchlines.

  • L’Éthiopie interdit l’adoption des enfants par les étrangers

    L’Éthiopie interdit l’adoption des enfants par les étrangers

     C’est une décision majeure. Dans le pays, elle est accueillie comme une avancée pour la protection des enfants. En effet, le parlement éthiopien a mis fin à l’adoption internationale par des étrangers dans le but de protéger les enfants contre d’éventuels abus de la part de leurs nouveaux parents. Cette possibilité a été mise en évidence en 2012 lorsque, dans un sinistre procès, un couple américain a été emprisonné pour la mort de leur fille éthiopienne de 13 ans. On a découvert que le couple avait battu et affamé la fille, qu’ils avaient adoptée en 2008. La fille avait perdu la vie en 2011.

    Les adoptions internationales en Éthiopie et ailleurs en Afrique sont de longue date, mais elles semblent avoir gagné en popularité en tant que célébrités principales, y compris Hollywood et les stars Mary-Louise Parker, Angelina Jolie et Madonna, une vétérane de la pop, qui a adopté des enfants africains. Mais la popularité des adoptions a également soulevé des craintes sur la possibilité d’exploiter le processus de traite des êtres humains. En 2016, le Danemark a interdit les adoptions en Éthiopie, affirmant qu’un manque de données sur les origines des enfants adoptés dans le pays pourrait faciliter la traite.

    Prise en charge par l’État

    Certains autres pays ont également mis en place des règles plus strictes pour le processus d’adoption internationale. Les États-Unis ont également suspendu les adoptions d’Éthiopie en mars dernier. Au lieu de laisser les étrangers les adopter, le parlement éthiopien dit que les enfants vulnérables devraient être pris en charge par les services aux enfants de l’État. Cependant, il existe des doutes sur la durabilité de cet arrangement. Beaucoup s’interrogent aussi la capacité d’accueil des services de l’État.

    Les interdictions d’adoption ont eu des conséquences néfastes pour les agences d’adoption américaines qui traitent des milliers de demandes d’adoption. Entre 1999 et 2016, un total de 15 317 enfants éthiopiens ont été adoptés aux États-Unis, selon les données du département d’État américain. Mais avec le ralentissement des affaires, certaines agences ont dû fermer boutique. Les opposants au vote du parlement estiment qu’une meilleure réglementation du processus d’adoption serait un avantage.

  • L’Amérique honore un soldat immigrant et héros ghanéen

    L’Amérique honore un soldat immigrant et héros ghanéen

    L’ambassade des États-Unis à Accra a rendu hommage début janvier à un soldat d’origine ghanéenne qui est mort en sauvant des victimes de l’enfer du Bronx.

    C’est un acte courageux et héroïque qui est récompensé. En décembre dernier, le soldat américain d’origine ghanéenne Emmanuel Mensah a perdu la vie dans un appartement de New York, alors qu’il tentait de sauver des personnes prises au piège par un incendie. Quelques semaines après ce décès tragique, l’ambassade des États-Unis à Accra a décidé d’honorer la mémoire du Ghanéen. Un hommage a été rendu à Emmanuel Mensah en présence de sa famille.

    Âgé de 28 ans, Emmanuel Mensah passait en effet ses vacances avec ses amis dans l’appartement qui a pris feu. Il a « sauvé la vie d’une demi-douzaine de personnes ». Les autorités de la ville de New York ont indiqué que douze personnes, dont quatre enfants, ont également perdu la vie dans l’incendie.

    Immigrant et héros

    L’ambassade des États-Unis à Accra a exprimé ses « plus sincères condoléances à tous ceux qui ont été touchés par l’incendie de l’appartement du Bronx ». « Nous honorons le sacrifice d’Emmanuel Mensah, qui est entré plusieurs fois dans le bâtiment en flammes pour en sauver d’autres. Que lui et toutes les victimes de ce feu tragique reposent en paix », a déclaré l’ambassade.

    Le maire de New York, Bill de Blasio, avait auparavant déclaré que le soldat Mensah, un soldat de la garde nationale de l’armée, était un héros qui avait risqué sa vie pour aider les autres. « Le soldat Emmanuel Mensah était un immigrant de première génération, un soldat et un New Yorkais. Il a donné sa vie en sauvant ses voisins dans le feu du Bronx. Son héroïsme illustre le meilleur de notre ville. Repose en paix », avait écrit Bil de Blasio sur son compte Tweeter.

     

  • Au Togo, le chômage chez les jeunes crée des exilés 

    Au Togo, le chômage chez les jeunes crée des exilés 

    Au Togo, la question du chômage des jeunes est l’une qui sous-tend les revendications actuelles de l’opposition. Autant la problématique est importante, autant les courroux en l’encontre des autorités, voire l’envie de renverser la tendance est quasi irrésistible.

    Dans une généralité presque écrasante, surtout caractéristique des pays francophones, l’épineuse question du chômage des jeunes est la source de beaucoup de maux sociétaux. Au Togo, les statiques (rarement actualisées) le prouvent assez facilement.

    Situation délicate

    En 2011, selon certaines enquêtes, le chômage au Togo touchait 6,5 % de la population active et le taux de sous-emploi visible était de 22,8 %. Selon la tendance, beaucoup plus de jeunes femmes sont en situation de sous-emploi que les jeunes hommes de la même tranche d’âge avec des taux respectifs de 22,9 % contre 17,73 %. Et selon les prévisions qui en sont découlées, chaque année, en moyenne 40 000 nouveaux demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail. Depuis, la mise en place des plateformes de concertation entre l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le chômage des jeunes, avec pour ambition de trouver les meilleures solutions… presque en vain.

    Dans un plus récent rapport publié par la Banque Mondiale, au tout début de l’année 2014 sur la situation de l’emploi des jeunes en Afrique Subsaharienne, on y note que le chômage des jeunes n’est que de 3 %. La situation sous régional semble meilleure comparativement à celle du Togo où le taux de chômage s’évalue à 6,5 %. Mais cette situation va être de plus en plus inquiétante, si rien n’est fait par rapport à l’augmentation de la population jeune.

    La question est d’autant plus préoccupante que la tranche d’âge concernée, entre 15 à 35 ans, représente plus du tiers de la population togolaise, soit un peu plus de 2 millions de personnes selon les statistiques. Une situation qui pousse bien de jeunes Togolais à migrer vers les pays voisins, ou encore les États-Unis et l’Europe pour un mieux-être.

    Exilés économiques

    Cette situation du chômage ne saurait être dissociée des raisons de la forte mobilisation des jeunes au cours des manifestations organisées par l’opposition politique au Togo depuis août 2017. En effet bien de jeunes sont beaucoup plus motivés par la situation de précarités, de pauvreté et de chômage, que par des raisons politiques. Un analyste politique confie que peu de personnes dans la rue assimilent la question constitutionnelle, mais l’engouement autour des évènements du groupe des 14 est favorisé par un ras-le-bol général. Un besoin d’alternance, lueur d’espoir de changement.

    Mais ce problème se manifeste autrement aussi, surtout par la migration vers d’autres pays de la sous-région, notamment le Ghana.

    En réalité, le Ghana, pays où l’économie a décollé il y a désormais près d’une décennie est l’une des destinations des jeunes togolais chômeurs. S’il est vrai que la vie y est relativement chère, l’on n’y souffre moins de problème de pauvreté, car, explique un jeune expatrié togolais, « on peut y gagner sa vie juste en étant artisan ». Sans doute pas faux. Selon les sondages, près de 40 % des travailleurs en artisanat au Ghana principalement à Accra proviennent du Togo et environ 70 % d’entre eux sont prêts à rentrer au Togo en cas de changement de régime politique. À en croire Kwasi, un tisserand d’origine togolaise établi dans le pays voisin depuis bientôt 5 ans, le marché artisanal ghanéen est plus « intéressant » que celui togolais. « On écoule beaucoup plus facilement les produits au Ghana qu’au Togo. Et ce critère est très déterminant dans la vie d’un artisan », ajoute celui-ci.

    Entre formations, népotisme et tribalisme, l’administration publique inaccessible

    Dans une analyse faite pas l’économiste et conseiller du Chef de l’État togolais Koffi Sodokin, cette situation peut s’expliquer par le fait que tous les jeunes qui ne sont pas en emploi ne sont malheureusement pas pour autant en éducation ou en formation. Selon celui-ci, nombreux sont ceux qui sont au chômage, voire inactifs, une catégorie qui est en situation de grande précarité et rencontre les plus grandes difficultés d’insertion dans l’emploi.

    En dehors cette cause, bien de spécialistes pointent du doigt la question de l’inadéquation entre les formations proposées et le marché dynamique et sans cesse soumis aux principes de l’innovation de l’emploi. D’autres font également allusion à la disponibilité des formations pour ces métiers innovants, conduisant à une nécessité des réformes éducatives au Togo. Mais le problème ne se résume pas là. Il est également souligné au sein de l’administration togolaise, un tribalisme et un népotisme qui atteignent le paroxysme. Cause d’une administration hermétique aux méritants. Et pour les concours d’entrée en fonctions publiques, dans la grande majorité des cas, les dés sont pipés à l’avance.

    Et s’il est vrai que l’État togolais a mis sur pied un certain nombre de mesures pour régler la difficile équation de l’emploi des jeunes, il faut également souligner que ces mesures sont loin d’éradiquer le mal. Et les mesures d’immigrations comme le programme de loterie visa des États-Unis sont une « aubaine » pour une grande partie de jeunes désirant quitter le pays. En vrai, des jeunes en quête de ces opportunités sont légion…

     

  • Voyage: le Ghana, nouvelle capitale africaine de la fraude au visa

    Voyage: le Ghana, nouvelle capitale africaine de la fraude au visa

    La fraude au visa est fréquente au Ghana. La pratique est même en hausse. Au point où ces dernières années, des Ghanéens ont été appréhendés alors qu’ils voyageaient avec des « passeports loués ». Du fait des ressemblances, les fraudeurs offrent parfois contre payement (1 300 $) des visas à des voyageurs. « Il suffit tout simplement que la personne sur la photo du visa ressemble un peu à celui qui doit voyager », explique un détective qui a longtemps enquêté sur cette fraude organisée. En 2016, le Centre d’expertise en matière de fraude documentaire du Ghana a examiné 274 cas. Des cas ont été envoyés par le service de l’immigration et les ambassades.

    Selon, Seth Sewornu, chef de l’unité des visas et des documents frauduleux de la police ghanéenne, cette fraude est orchestrée par un réseau de gens qui se proposent de « faciliter les démarches aux demandeurs ». Comme c’est parfois le cas à l’aéroport international de Kotoka à Accra où des fraudeurs promettent aux voyageurs de leur garantir un passage sans encombre.

    Dans le service de certains fraudeurs, les enquêteurs ont découvert des piles de dossiers contenant des demandes de visa remontant à une dizaine d’années. Il avait trois armoires étiquetées «demandes d’ambassade du Canada», «demandes d’ambassades britanniques», «demandes d’ambassades américaines» », selon les détectives. La fraude au visa peut être incroyablement lucrative pour les fraudeurs. Des personnes ont en effet payé jusqu’à 30 000 $ pour disposer de leur visa. Cette situation oblige parfois certains demandeurs à s’endetter ou à vendre leurs maisons.

    Dénonciation

    Selon d’autres enquêteurs, si le Ghana est devenu une plaque tournante régionale pour la fraude en matière de visas, c’est en partie dû aux faibles sanctions que l’on inflige aux fraudeurs. Au cours des dernières décennies, les fraudeurs de visa ghanéens ont acquis une expertise. Il y a aussi la demande: un nombre croissant de Ghanéens cherchent à partir à l’étranger – temporairement ou de façon permanente – pour des opportunités économiques, et sont prêts à dépenser de l’argent pour les visas. « Tout élément de ce qui nécessite de la documentation peut être truqué », a déclaré Muzaffar Chishti, directeur du bureau de l’Institut de politique migratoire à la faculté de droit de l’Université de New York. « Pas étonnant qu’il y ait des quantités importantes de fraude ».

    Même les politiciens se font prendre dans la fraude de visa. Plus tôt cette année, le Haut-Commissaire britannique a accusé trois parlementaires ghanéens d’avoir aidé à la fraude de visa en utilisant leurs passeports diplomatiques. « Le Parlement ghanéen ne devrait pas être un lieu où les agents des visas non enregistrés approchent les honorables parlementaires et les incitent à participer à la fraude en matière de visas », avait dénoncé le Haut-Commissaire.

    Malgré cela, l’industrie de la fraude de visa ne montre aucun signe de ralentissement. La dernière version est la fraude d’identité à grande échelle. Ceci cible les personnes bien établies avec une longue histoire de voyage. En septembre, le gouvernement du Ghana a annoncé qu’un nouveau système de demande de passeport en ligne avait été inondé de demandes incomplètes et de falsification de données. Ils ont également constaté qu’environ 10 000 nouveaux passeports n’avaient pas été ramassés.

  • Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    En collaboration avec l’UNESCO, l’entreprise britannique Computer Aid International a mis en place à Chipinge au Zimbabwe un laboratoire informatique alimenté à l’énergie solaire. L’initiative qui s’est révélée être une grande réussite a déjà permis d’apprendre à des élèves d’écoles rurales l’utilisation d’un ordinateur. Au total 150 étudiants ont été premièrement formés après le lancement du laboratoire il y a moins d’un an.

    Pour Qelani Jiho , professeur d’informatique, « l’effectif a doublé ». « Nous attendons à ce qu’il continue d’augmenter », prévoit-elle. Plusieurs observateurs expliquent que ce laboratoire informatique permet de combler le fossé entre les élèves d’établissements ruraux et urbains. Autre avantage, ce laboratoire informatique peut être utilisé quotidiennement. Il s’agit en effet d’un système fonctionnant à l’énergie solaire. Le laboratoire ne souffre donc pas de problème de coupure de courant.

    Transformation

    L’installation de ce laboratoire participe aussi à la formation d’autres enseignants. Plus encore, l’école arrive désormais à imprimer ses propres documents d’examen. « C’est idéal pour une école rurale parce que nos membres du personnel et les étudiants font maintenant partie de la société technologique mondiale », se réjouit un membre de la direction.

    Les responsables du Réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (RéSEAU), estiment de leur côté qu’il est temps pour le Zimbabwe d’installer des laboratoires solaires similaires dans tout le pays. « Il est vital que les communautés marginalisées adoptent les TIC », ajoute-t-il. L’UNESCO avait déjà invité l’État zimbabwéen à adopter des sources d’énergies renouvelables pour « transformer des vies dans les zones rurales » en matière d’éducation.

  • Zimbabawe: une application mobile pour lutter contre les violations des droits de l’homme

    Zimbabawe: une application mobile pour lutter contre les violations des droits de l’homme

    L’International Bar Association (IBA) a lancé au Zimbabwe une application mobile qui capture des images vérifiables. L’application va contribuer à la poursuite des personnes coupables de violations de droits de l’homme.

    L’application lancée par l’IBA est dénommée « eyeWitness to Atrocities ». Elle utilise LexisNexis Legal & amp, la technologie professionnelle pour stocker en toute sécurité les preuves recevables. Depuis son lancement, « eyeWitness to Atrocities » a été saluée comme un nouvel outil pour documenter et signaler les atrocités des droits de l’homme d’une manière sûre et vérifiable afin que l’information puisse être utilisée comme preuve devant un tribunal. Sur le continent, les médias sociaux font de plus en plus partie du quotidien des populations. C’est ainsi que de nombreuses images mises en ligne ont fait prendre conscience des atrocités commises dans le monde entier. Mais ces images n’ont pas l’attribution ou l’information nécessaire pour être utilisées comme preuve devant un tribunal.

    Grâce à cette nouvelle technologie, des Zimbabwéens disposant d’un téléphone intelligent compatible avec Android – y compris les défenseurs des droits humains, les journalistes et les enquêteurs – téléchargent l’application eyeWitness to Atrocities dans le but de traduire en justice les auteurs d’atrocités telles que génocide, crimes contre l’humanité, torture et guerre crimes.

    Activistes habiles

    Selon Mark Ellis, directeur exécutif de l’IBA, l’application « eyeWitness to Atrocities » est un outil de transformation dans la lutte pour les droits de l’homme, apportant une solution aux défis de preuve entourant les séquences de téléphone mobile. Jusqu’à présent, il a été extrêmement difficile de vérifier l’authenticité de ces images et de protéger la sécurité des personnes suffisamment courageuses pour les enregistrer. En tant que défenseur des sans voix, l’International Bar Association se consacre à habiliter les activistes sur le terrain qui sont témoins de ces atrocités avec la capacité de traduire les criminels en justice.

    La conception de l’application est basée sur des recherches approfondies sur les règles de preuves qui peuvent être montrées devant les tribunaux internationaux, régionaux et nationaux. « eyeWitness to Atrocities » comprend plusieurs fonctionnalités pour garantir l’authenticité, faciliter la vérification et protéger la confidentialité en permettant à l’utilisateur de décider s’il veut ou non être anonyme.

    Le vice-président directeur et avocat général de LexisNexis Legal & amp, Ian McDougall, estime de son côté que le fait de « mettre l’information et la technologie entre les mains des citoyens du monde entier a un rôle important à jouer pour faire progresser la primauté du droit ». LexisNexis Legal & amp fournit à l’IBA une technologie pour assurer la protection des preuves et la confidentialité des activistes sur le terrain.

    Fonctionnement  

    Lorsqu’un activiste ou tout utilisateur enregistre une atrocité, l’application recueille automatiquement et incorpore dans le fichier vidéo les coordonnées GPS, la date et l’heure, les données du capteur de l’appareil et les objets environnants tels que les réseaux Bluetooth et Wi-Fi. L’utilisateur a également la possibilité d’ajouter des informations d’identification supplémentaires sur l’image.

    Ces métadonnées fourniront des informations intégrales pour vérifier et contextualiser les images. Les images et les données d’accompagnement sont cryptées et stockées de manière sécurisée dans l’application. L’application intègre également un enregistrement de chaîne de contrôle pour vérifier que la vidéo n’a pas été modifiée ou manipulée numériquement.

    L’activiste envoie après toutes ces informations depuis son application vers une base de données gérée par l’organisation eyeWitness. Une fois la vidéo transmise, elle est stockée dans un référentiel sécurisé qui fonctionne comme un casier de preuves virtuel protégeant les images originales cryptées pour les enquêtes et procédures judiciaires futures.

    Les séquences soumises ne sont accessibles que par un groupe d’experts juridiques de eyeWitness qui analyse les images et identifie les autorités compétentes, y compris les tribunaux internationaux, régionaux ou nationaux, pour poursuivre les cas pertinents. L’IBA a annoncé sa décision de mettre l’application à la disposition d’autres organisations de défense des droits de l’homme. « eyeWitness to Atrocities » peut par exemple être utilisé dans les zones de conflit dans le monde.