Catégorie : Ghana

  • Au Ghana, la télémédecine pour révolutionner la politique sanitaire

    Au Ghana, la télémédecine pour révolutionner la politique sanitaire

    Au Ghana, la Fondation Novartis et le Ghana Health Service ont annoncé la réussite de l’intégration et de l’extension d’un programme de télémédecine, avec une couverture nationale prévue pour 2019.

    Le Ghana a amorcé un processus de développement il y a une décennie qui impressionne en Afrique. Pour couronner cette croissance fulgurante, le pays mène à intérieur une politique de concurrence palpable en matière de technologies à l’endroit les grandes puissances comme l’Afrique du Sud. Notamment, en télémédecine.

    Dans cette logique, le Ghana a entrepris un certain nombre de démarches dans le domaine. En effet, dans ce pays le service de télémédecine a débuté comme modèle pilote dans le district d’Amansie Ouest de la région d’Ashanti en 2011, couvrant 30 communautés d’environ 35 000 personnes. Sur ce, la Fondation Novartis travaille avec divers partenaires locaux et internationaux, dont le ministère ghanéen de la Santé.

    En clair, ce programme utilise la technologie mobile pour connecter les agents de santé communautaires avec des professionnels de la santé spécialisés via des centres de téléconsultation ouverts 24 heures sur 24. Les médecins, les infirmières et les sages-femmes des centres de téléconsultation encadrent les agents de santé communautaires et conseillent sur le traitement de leurs patients, en particulier dans les soins d’urgence. Une politique qui renforce la capacité de soins de santé et responsabilise les agents de santé communautaires, tout en améliorant la qualité des soins. Selon les premiers responsables, cette mesure est conçue pour également éviter les renvois inutiles, en réduisant les temps de transport et les coûts pour les patients.

    De fait, en 2016, plus de la moitié des téléconsultations ont pu être résolues directement par téléphone, dont 31% ont évité les renvois.

    Sur les pas de la télémédecine

    Basé sur le succès du modèle de télémédecine, le Service de santé du Ghana a maintenant choisi pour la mise en œuvre à travers le pays dans le cadre de sa stratégie nationale de santé en ligne pour utiliser les TIC pour améliorer la prestation des soins de santé.

    En collaboration avec la Fondation Novartis sur une feuille de route pour la mise à l’échelle, le Service de santé du Ghana et le ministère de la Santé ont maintenant mis en place au total six centres de téléconsultation à travers le pays. La couverture nationale complète des services de télémédecine devrait être possible à l’échéance 2019.

    Pour le directeur général du Ghana Health Service, le Dr Anthony Nsiah,  il s’agit d’assurer à tous les Ghanéens des soins de santé abordables et de qualité d’ici 2020. La télémédecine n’est donc plus, à ses yeux, que la prochaine étape vers la couverture sanitaire universelle au Ghana.

    L’intégration des services de télémédecine dans la politique nationale ghanéenne de santé marque en réalité un changement radical pour les partenariats multisectoriels qui permettent d’étendre les programmes percutants. C’est d’ailleurs ce que pense le Dr Ann Aerts, responsable de la Fondation Novartis. Selon lui, travailler avec les décideurs politiques pour intégrer des initiatives comme la télémédecine dans les systèmes de santé est l’objectif ultime pour le pays. Parce qu’en réalité, de telles initiatives peuvent continuer à transformer les soins de santé pour les années à venir.

  • Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Au Ghana, les rappeurs allient rimes et « punchlines » à l’activisme pour prendre le lead sur les questions de la protection de l’environnement.

    Au cours des 4 dernières décennies, le Ghana a été confronté à des défis environnementaux complexes. Ces défis incluent un problème crucial qu’est la pollution toxique, engendrée par la mauvaise gestion des matières résiduelles. En effet, dans ce pays, le système de gestion des déchets est encore très insuffisant. Selon les chiffres, seuls 67 % des déchets sont collectés et le pays manque toujours d’infrastructures pour les gérer, malgré les efforts de l’Agence de protection de l’environnement du Ghana (EPA). Et pour l’instant, ce pays qui réalise une croissance économique enviable est contraint de brûler ses déchets électroniques. La pratique n’est pas restée sans conséquences environnementales importantes.

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    En un premier temps, sous les yeux de l’ancien chef d’État John Dramani Mahama, et désormais de Nana Akufo-Addo, Accra est devenue une ville noyée dans les déchets plastiques. Le système de caniveaux en bordure de route de la ville, destiné à endiguer les fortes pluies et les inondations pendant les saisons pluvieuses, envoie l’eau en excès dans une lagune qui se déverse dans le golfe de Guinée. Mais les tas d’ordures endommagent souvent les caniveaux dans les quartiers les plus pauvres du Ghana et les rendent vulnérables aux inondations.

    En 2015, le colmatage des déchets plastiques accumulés et les inondations qui en ont résulté ont forcé des dizaines de personnes à fuir les zones concernées.

    Dans un contexte plutôt difficile à gérer, les rappeurs s’engagent dorénavant à prendre les terreaux par les cornes.

    Les vers de l’environnement

    Dans le clip de sa chanson Gold Coast sorti l’année dernière, le rappeur ghanéen ELi se tient sur la plage de Labadi à Accra, alors que des vagues et des bouteilles en plastique s’écrasent contre ses pieds. Il marche pieds nus sur un tapis de bouteilles et de sacs en plastique, avec seulement des pointes de sable. Dans une autre scène, le même rappeur se tient au garde-à-vous, sa poitrine saillit, son menton relevé, ses pieds et ses chevilles enfoncés dans un tas de plastique et de déchets.

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    ELi, dont le nom complet est Edward Elikplim Ayikoe, appartient à une communauté naissante de musiciens ghanéens qui utilisent leur travail pour « évaluer » la stature du Ghana comme une « démocratie modèle », pour reprendre les mots de l’ancien président américain Barack Obama. Ces artistes veulent attirer l’attention non pas sur les thèmes traditionnels de la réussite financière, de l’amour et du style de vie, mais sur d’autres problèmes qui peuvent « étouffer » une démocratie, comme le flot de bouteilles et de sacs en plastique répandus dans les quartiers de la capitale ghanéenne.

    Les rappeurs considèrent leur musique et leurs plateformes comme essentielles pour sensibiliser la population sur la crise.

    Environnement, une cause démocratique

    Le hip-hop a longtemps été un cadre artistique dominant permettant aux rappeurs d’exprimer leurs frustrations. Au Ghana, la paix relative et la liberté dans les expressions ont permis aux artistes d’explorer des sujets tels que l’environnement, le sexisme, le chômage et même la domination du christianisme, faisant d’eux des questionnaires musicaux incisifs du statu quo.

    Wanlov, qui a réalisé la vidéo d’ELi, est un Ghanéen métis. Son vrai nom est Emmanuel Owusu-Bonsu, et il est connu pour n’avoir pas porté de chaussures depuis 10 ans. « Quand vous venez au Ghana et vous demandez qui est la personne la plus gênante, quand il s’agit de questions sociales, de problèmes gouvernementaux et de corruption, ils disent mon nom », se targue Wanlov.

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    En 2014, c’est cet homme qui a organisé une compétition de musiques écologiques appelée « Eco Rave ». Dans la chanson lauréate du concours dont le titre est Keep Ghana Clean, Efo Chameleon, 27 ans, a levé la voix sur les gouttières bouchées, la puanteur et la négligence généralisée qui est venue définir la vie dans la capitale du Ghana. L’artiste donne également des instructions étape par étape sur la façon de se débarrasser des plastiques. Mais à côté de cela, les médias sociaux et les services de streaming Internet ont donné à des artistes comme Efo et ELi, ainsi que Akan, Worlasi, Azizaa, Kwame Write et Mensa, collaboratrice de Wanlov dans le groupe FOKN Bois, l’occasion d’être politique sans avoir besoin d’être à la mode.

    Toutefois, ces musiciens ont traditionnellement du mal à s’introduire dans l’industrie dite de « payola », où les artistes et les labels doivent souvent payer aux DJs et aux médias pour faire jouer leurs musiques. L’été dernier, un groupe de jeunes entrepreneurs musicaux dirigé par Selorm Jay a lancé le site « Yoyo Tinz » pour célébrer et promouvoir les artistes hip-hop politiquement et socialement engagés au Ghana, et qui sont souvent exclus par le système payola.

    A claire, ce qui différencie ces artistes du hip-hop ghanéen des autres artistes des pays voisins, c’est que le champ d’action des premiers ne se limite pas à la politique. Leur vision d’une nation libre est celle où le gouvernement est responsable, mais aussi où l’environnement est pris en charge. Et pour arriver à ce point, tous les moyens sont bons. Des beaux vers aux punchlines.

  • L’Amérique honore un soldat immigrant et héros ghanéen

    L’Amérique honore un soldat immigrant et héros ghanéen

    L’ambassade des États-Unis à Accra a rendu hommage début janvier à un soldat d’origine ghanéenne qui est mort en sauvant des victimes de l’enfer du Bronx.

    C’est un acte courageux et héroïque qui est récompensé. En décembre dernier, le soldat américain d’origine ghanéenne Emmanuel Mensah a perdu la vie dans un appartement de New York, alors qu’il tentait de sauver des personnes prises au piège par un incendie. Quelques semaines après ce décès tragique, l’ambassade des États-Unis à Accra a décidé d’honorer la mémoire du Ghanéen. Un hommage a été rendu à Emmanuel Mensah en présence de sa famille.

    Âgé de 28 ans, Emmanuel Mensah passait en effet ses vacances avec ses amis dans l’appartement qui a pris feu. Il a « sauvé la vie d’une demi-douzaine de personnes ». Les autorités de la ville de New York ont indiqué que douze personnes, dont quatre enfants, ont également perdu la vie dans l’incendie.

    Immigrant et héros

    L’ambassade des États-Unis à Accra a exprimé ses « plus sincères condoléances à tous ceux qui ont été touchés par l’incendie de l’appartement du Bronx ». « Nous honorons le sacrifice d’Emmanuel Mensah, qui est entré plusieurs fois dans le bâtiment en flammes pour en sauver d’autres. Que lui et toutes les victimes de ce feu tragique reposent en paix », a déclaré l’ambassade.

    Le maire de New York, Bill de Blasio, avait auparavant déclaré que le soldat Mensah, un soldat de la garde nationale de l’armée, était un héros qui avait risqué sa vie pour aider les autres. « Le soldat Emmanuel Mensah était un immigrant de première génération, un soldat et un New Yorkais. Il a donné sa vie en sauvant ses voisins dans le feu du Bronx. Son héroïsme illustre le meilleur de notre ville. Repose en paix », avait écrit Bil de Blasio sur son compte Tweeter.

     

  • Voyage: le Ghana, nouvelle capitale africaine de la fraude au visa

    Voyage: le Ghana, nouvelle capitale africaine de la fraude au visa

    La fraude au visa est fréquente au Ghana. La pratique est même en hausse. Au point où ces dernières années, des Ghanéens ont été appréhendés alors qu’ils voyageaient avec des « passeports loués ». Du fait des ressemblances, les fraudeurs offrent parfois contre payement (1 300 $) des visas à des voyageurs. « Il suffit tout simplement que la personne sur la photo du visa ressemble un peu à celui qui doit voyager », explique un détective qui a longtemps enquêté sur cette fraude organisée. En 2016, le Centre d’expertise en matière de fraude documentaire du Ghana a examiné 274 cas. Des cas ont été envoyés par le service de l’immigration et les ambassades.

    Selon, Seth Sewornu, chef de l’unité des visas et des documents frauduleux de la police ghanéenne, cette fraude est orchestrée par un réseau de gens qui se proposent de « faciliter les démarches aux demandeurs ». Comme c’est parfois le cas à l’aéroport international de Kotoka à Accra où des fraudeurs promettent aux voyageurs de leur garantir un passage sans encombre.

    Dans le service de certains fraudeurs, les enquêteurs ont découvert des piles de dossiers contenant des demandes de visa remontant à une dizaine d’années. Il avait trois armoires étiquetées «demandes d’ambassade du Canada», «demandes d’ambassades britanniques», «demandes d’ambassades américaines» », selon les détectives. La fraude au visa peut être incroyablement lucrative pour les fraudeurs. Des personnes ont en effet payé jusqu’à 30 000 $ pour disposer de leur visa. Cette situation oblige parfois certains demandeurs à s’endetter ou à vendre leurs maisons.

    Dénonciation

    Selon d’autres enquêteurs, si le Ghana est devenu une plaque tournante régionale pour la fraude en matière de visas, c’est en partie dû aux faibles sanctions que l’on inflige aux fraudeurs. Au cours des dernières décennies, les fraudeurs de visa ghanéens ont acquis une expertise. Il y a aussi la demande: un nombre croissant de Ghanéens cherchent à partir à l’étranger – temporairement ou de façon permanente – pour des opportunités économiques, et sont prêts à dépenser de l’argent pour les visas. « Tout élément de ce qui nécessite de la documentation peut être truqué », a déclaré Muzaffar Chishti, directeur du bureau de l’Institut de politique migratoire à la faculté de droit de l’Université de New York. « Pas étonnant qu’il y ait des quantités importantes de fraude ».

    Même les politiciens se font prendre dans la fraude de visa. Plus tôt cette année, le Haut-Commissaire britannique a accusé trois parlementaires ghanéens d’avoir aidé à la fraude de visa en utilisant leurs passeports diplomatiques. « Le Parlement ghanéen ne devrait pas être un lieu où les agents des visas non enregistrés approchent les honorables parlementaires et les incitent à participer à la fraude en matière de visas », avait dénoncé le Haut-Commissaire.

    Malgré cela, l’industrie de la fraude de visa ne montre aucun signe de ralentissement. La dernière version est la fraude d’identité à grande échelle. Ceci cible les personnes bien établies avec une longue histoire de voyage. En septembre, le gouvernement du Ghana a annoncé qu’un nouveau système de demande de passeport en ligne avait été inondé de demandes incomplètes et de falsification de données. Ils ont également constaté qu’environ 10 000 nouveaux passeports n’avaient pas été ramassés.

  • Patinage : À 17 ans, une Ghanéenne devient la première femme noire de l’équipe des USA

    Patinage : À 17 ans, une Ghanéenne devient la première femme noire de l’équipe des USA

    C’est historique. La patineuse de vitesse Maame Biney est devenue mi-décembre là première femme noire à faire partie de l’équipe olympique américaine. Âgée de 17 ans, cette Ghanéenne d’origine est devenue la grande attraction des médias depuis son intégration à l’équipe olympique de patinage de son pays d’adoption.

    Pour rentrer dans l’histoire l’athlète s’est en effet montrée à son meilleur niveau au cours d’une compétition de qualification organisée dans l’Utah. Maame Biney a terminé en tête de sa course, se débarrassant ainsi trois autres concurrents immédiats. Sur une épreuve de 500 mètres, la jeune athlète dressée sur ses patins à emballer le public présent. Maame Biney a mis un rythme effréné en prenant une avance précoce qui s’est élargie au fur et à mesure de la course. Elle a ainsi franchi la ligne d’arrivée sur la patinoire. Impressionnée par sa propre performance, Mame Biney s’est dite très heureuse. L’athlète a également confié avoir rêvé « de ce moment depuis juin ». « Je suis tellement contente », a-t-elle ajouté.

    Avec son brillant résultat et sa sélection dans l’équipe olympique américaine, la Ghanéenne d’origine va représenter les États-Unis aux prochains Jeux olympiques d’hiver. Ces derniers se tiendront en 2018 en Corée du Sud. Maame Biney n’avait pourtant pas rêvé de ce parcours. Après sa naissance au Ghana, c’est très tôt qu’elle rejoint son père installé aux États-Unis, à Rockville dans le Maryland. Elle n’avait que cinq ans. Douze ans après, celle qui est désormais considérée comme une grande star en devenir rappelle l’appui de son père qu’elle considère comme « le plus grand motivateur ». « Mon père me suit tous les jours. Il me donne des conseils. Je l’aime pour ça », a-t-elle confié au site teamusa.org.

    Talent prometteur

    « Quand j’ai réalisé que je faisais partie de l’équipe olympique, j’ai commencé à m’énerver comme une folle, puis j’ai fait une chute épique », commente la jeune athlète. Si l’athlète est rentrée dans l’histoire en tant que première femme noire dans l’équipe olympique, elle reste le deuxième patineur de vitesse noir à représenter les États-Unis aux Jeux olympiques. Le premier noir étant Shani Davis. En 2002, ce dernier avait aussi intégré l’équipe olympique de son pays. L’Afro-Américaine confie avoir essayé le patinage artistique quand elle était petite. C’est d’ailleurs son père qui l’inscrit à des cours de patinage artistique à Reston, en Virginie, alors qu’elle avait six ans. Un de ses entraîneurs avait alors suggéré qu’elle passe au patinage de vitesse parce qu’elle « allait trop vite pour être une patineuse artistique ».

    Malgré son jeune âge, Maame Biney montre une grande maîtrise dans ses courses de 500 mètres. Elle a déjà remporté une médaille de bronze aux championnats du monde juniors. Cela fait d’elle la deuxième femme américaine depuis 1996 à remporter une médaille aux championnats du monde juniors. Désormais, tous les regards sont tournés vers les prochains jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud. Beaucoup espèrent que la jeune ghanéenne décroche sa première médaille olympique.

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  • Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

    Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

     

    Pour plusieurs personnes, gagner la loterie des visas américains reste le rêve ultime. Au Ghana, le rêve américain est présent dans plusieurs esprits. Plus que tout autre pays dans le monde, les citoyens ghanéens sont ceux qui jouent le plus à la loterie visa. Il y a deux ans, le pays enregistrait 1,73 million de personnes candidates au programme de visa de diversité américain, également connu sous le nom de « loterie verte ». Près de 10% des 25 millions d’habitants que compte le Ghana jouent ainsi à la loterie visa.

    Il faut dire que les pays les plus peuplés comme le Bangladesh et le Nigéria ont généralement représenté le plus grand nombre de candidats à ce programme pendant plusieurs années. Mais les citoyens des deux pays sont devenus inadmissibles en 2013 et 2015 respectivement en raison de l’une des règles du programme. Une fois qu’au moins 50 000 ressortissants de n’importe quel pays ont réussi à immigrer aux États-Unis sur une période de cinq ans, les citoyens de ce pays deviennent inadmissibles au programme.

    Faible croissance

    En 2013 et 2014, le Ghana comptait également le plus grand nombre de candidats derrière le Nigeria. En comparaison, le total du Nigéria en 2014 représentait un peu plus de 1% de sa population. Le nombre de personnes qui cherchent à quitter le Ghana est probablement lié aux luttes économiques du pays ces dernières années. Malgré une stabilité politique relative, l’économie ghanéenne, affectée par l’effondrement des cours mondiaux des produits de base, a connu son plus faible taux de croissance en plus de deux décennies sous l’ancien président John Dramani Mahama.

    Cependant, l’appétit du Ghana pour les visas américains a permis aux entreprises de visa illégal de prospérer. Rappelons qu’une fausse ambassade américaine qui opérait trois fois par semaine pendant dix ans à Accra avait déjà été fermée il y a près d’un an. L’ambassade établissait aux victimes de faux visas, des passeports et autres documents de voyage.

     

  • Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Lors de sa toute première tournée en Afrique, Macron a fait au dernier jour, une escale à Accra, dans la capitale ghanéenne, une première pour un chef d’État français. Mais le sol ghanéen n’a pas tout à fait été hospitalier pour le Français. À Accra, le chef de l’État ghanéen a dit tout haut ce que ses homologues francophones pensent tout bas.

    À Accra, Macron ne s’est sans doute pas senti comme dans les capitales francophones, notamment à Ouagadougou. Dans la capitale ghanéenne, le président a été accueilli comme un inconnu, comparé aux honneurs qui sont souvent réservés aux premières autorités françaises en visite en Afrique. Arrivée en provenance de la Côte d’Ivoire, l’hôte du Président ghanéen a tout de même eu l’occasion de faire la connaissance de certains lieux historiques tels que la place de l’indépendance.

    Il faut préciser, le passage de Macron à Accra a été dans la presse ghanéenne, presque un non-évènement, même si les médias étrangers insistent sur le caractère particulier de la visite, en mettant en avant le fait que ce soit la première visite d’un Président français dans ce pays anglophone.

    Macron et Akufo-Addo ont abordé plusieurs sujets, principalement sur l’économie et la démocratie. En matière des Droits de l’homme, le président Akufo-Ado a assuré son soutien à la France pour sa promotion sur le continent.

    De son côté, Macron a salué le leadership de son hôte.

    Ghana, mission échouée

    Au Ghana où Macron était à une mission de séduction, les yeux doux du premier responsable français n’ont pas flatté. Le président Akufo-Addo s’est exprimé devant le président Macron avec une légèreté et une aisance que les adeptes de la rupture franco-africaine reprochent souvent aux dirigeants francophones.


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    Si le président Addo est connu pour sa francophilie, il n’a pas hésité à dire au président français des vérités dont, selon certains observateurs, seul un Anglophone pouvait avoir le courage de faire sortir. Du reste, Addo savait glissant le terrain sur lequel il s’aventurait, même si à l’évidence, le Ghana n’attend rien (ou presque) de la France.

    Cette indépendance de gouvernance propre aux anglophones leur est a été d’une grande utilité pour la démocratie. À cet effet, le Chef d’État ghanéen a prévenu son auditoire d’entrée. « J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle », a-t-il dit, à côté d’Emmanuel Macron. Avant de lâcher sans demi-mot, « nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide de occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas. Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. »


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    Le Ghanéen s’est tout autant montré favorable à une amitié avec la France, en précisant que malgré tout, l’Afrique ne rejettera pas les apports de l’État français, à travers son gouvernement.

    En ce qui concerne le volet économique, le Président ghanéen a été un peut plus clair devant Macron, pourtant venu séduire un pays qui a actuellement l’une des meilleures croissances économiques sur le continent. Il a signifié à son hôte que le Ghana compte abandonner la vieille méthode économique, caractérisée par une dépendance de la production et de l’exportation des matières premières. Il a souligné que son pays veut « construire une économie industrialisée à valeur ajoutée avec une modernisation de l’agriculture, qui n’est ni victime ni pion de l’ordre économique mondial », alors qu’on le sait, Macron est, au rang international, le nouvel apôtre de la mondialisation.

    Tout autant qu’il a tenu à situer les responsabilités, Akufo Addo a reconnu aussi le rôle des États africains dans le phénomène migratoire. Il a ainsi déclaré que les jeunes qui quittent l’Afrique le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir. Dans cette perspective, le numéro 1 ghanéen a encore taclé la France, en demandant à ses pairs africains de ne pas demander ce que l’ancienne métropole fera pour le continent. « La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, “tant mieux” comme on dira en Français », a-t-il ironisé.

    Pour ne rien lâcher, il continue en affirmant : « notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. » seule condition, selon celui-ci, de parler d’une indépendance « réelle et effective ». « Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes », a-t-il finalement lancé envers le Français, non sans ovation de l’assistance.

    Ci-dessous l’intégralité du discours du président ghanéen Akufo-Addo


    J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle. Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide des Occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas ! 

    Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen. Au stade où nous sommes, nous devions être capables de financer nous-mêmes nous besoins de base.

    Nous allons considérer les 60 années à venir comme une période de transition où nous pourrons être capables de voler de nos propres ailes. Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

    Cependant, malgré tout ce qu’il a subi, ce continent reste celui qui détient 30 % de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin. Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour traverser le Sahara et la méditerranée.

    Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent. Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implémentons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu’ils sont l’espoir, qu’il y a des opportunités ici en Afrique. Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux, c’est aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le le fait que les gens qui quittent le chez eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

    Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’Italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie. Aujourd’hui, vous n’entendez plus parler de cette immigration-là. Les jeunes Italiens et Irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes Africains restent aussi en Afrique (applaudissements). Pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assisté.

    Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France ferra pour nous (La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, » tant mieux » comme on dira en Français) Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders des personnes responsables de leurs actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leurs propres intérêts.

    Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, C’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays (Macron mal à l’aise secoue la tête et se dissimule) Nous avons des ressources énormes sur ce continent.

    Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit. Nous nous demanderons chaque fois que comment se fait-il que la Corée Singapour, la Malaisie qui ont, eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde ? On nous a appris qu’à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander).

    Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre part de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe. Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays.

    Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assisté. Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’Africain et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.

    J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement. C’est pourquoi le slogan de mandat est : nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le president, voilà contribution que je peux apporter.


     

  • Ghana: la nouvelle terre promise des homosexuels?

    Ghana: la nouvelle terre promise des homosexuels?

    Fin novembre, les déclarations de Nana Akufo-Addo sur une possible dépénalisation de l’homosexualité ont ravivé le débat sur la question.

    Se dirige-t-on vers une reconnaissance des droits des homosexuels au Ghana ? La réponse reste floue. D’autant plus que Nana Akufo-Addo lors d’une interview à Al Jazeera n’a pas dit non à toutes les éventualités. Le chef de l’État a déclaré que le Ghana n’est pas encore prêt pour légaliser l’homosexualité. Durant son interview le président de la République a indiqué que la légalisation de l’homosexualité n’était pas à l’ordre du jour dans son pays. Cependant, le numéro 1 ghanéen s’est justifié en estimant qu’il n’y a pas encore des revendications sur la question qui puissent impacter l’opinion publique. Élu en début d’année, celui qui est avocat de formation n’a donc pas dit non à une légalisation de l’homosexualité dans le futur, rappelant que les réponses à certaines questions sont évolutives dans toutes les sociétés. Dans le pays, la déclaration non tranchée du président inquiet. Beaucoup lui reprochent d’être resté vague sur la question.

    Dans le pays, les questions liées à l’homosexualité ne sont pas souvent abordées. La pratique est considérée par une grande majorité de la population comme étrangère à la société ghanéenne. Les partisans de la non-légalisation de l’homosexualité évoquent une pratique qui va à l’encontre des « enseignements socioculturels, communautaires et religieux ». Les rares voies qui se sont déjà élevées pour appeler à une protection des homosexuels ont été critiquées. Il y a cinq ans, l’ancien président John Evans Atta Mills avait sèchement répondu à David Cameroun qui invitait les pays africains à reconnaître les droits des homosexuels au risque de voir leurs aides réduites. John Atta Mills avait déclaré que le Royaume-Uni n’avait pas à imposer ses « valeurs au Ghana ».

    Vif débat

    Suite aux déclarations du président de la République, le Conseil chrétien a appelé Nana Akufo-Addo à ne pas faire bouger les lignes sur la question. Il a expliqué que le chef de l’État ne devrait pas céder aux pressions pour dépénaliser l’homosexualité. Opuni Frimpong, secrétaire général du Conseil, a affirmé que les déclarations du président de la République étaient de nature à encourager les homosexuels à s’organiser pour faire du lobbying. « Les homosexuels pourraient faire pression sur l’État pour obtenir une légalisation », a-t-il prévenu. Avant d’affirmer que Nana Akufo-Addo aurait dû être catégorique sur le sujet. Un autre membre du Conseil a estimé pour sa part qu’il n’est pas tard que le chef de l’État déclare que le Ghana ne légalisera jamais l’homosexualité.

    Le Conseil national des gays a de son côté indiqué qu’une légalisation rapide de l’homosexualité n’était pas souhaitable. Le porte-parole de la communauté gay, Philcollins Agbedanu-Kröger, a fait savoir que les homosexuels ne sont pas encore prêts à assumer les conséquences. Les gays se plaisent dans l’état actuel du statu quo juridique, a-t-il insisté. Pour Kwesi Ohene, sociologue, les déclarations du Conseil national des gays ne sont pas surprenantes. Selon le chercheur, la légalisation de l’homosexualité devrait d’abord commencer par « un changement de mentalité ». « La société ghanéenne n’est pas pour le moment prête à accepter une dépénalisation de l’homosexualité », diagnostique Kwesi Ohene. Une précipitation de l’État pourrait exposer les homosexuels à des représailles.

  • Ghana: deux adolescents produisent l’électricité grâce au manioc

    Ghana: deux adolescents produisent l’électricité grâce au manioc

    La nouvelle génération de jeunes entrepreneurs ghanéens s’illustre dans différents secteurs de développement avec des innovations remarquables.

    Au Ghana, un soutien proactif est apporté à l’entrepreneuriat depuis quelques années. Cela a facilité la naissance de nouvelles entreprises. Les inventions sont également constatées dans plusieurs secteurs. Parmi elles, on peut citer une voiture trois places ou un appareil qui génère de l’électricité grâce au manioc.

    Deux jeunes ont en effet mis en place un appareil d’une tension de 12 volts capable d’alimenter une dizaine d’ampoules à économie d’énergie et un poste de radio. Pour faire fonctionner l’appareil, du manioc mélangé est mis dans un réservoir d’un litre. « Les tuyaux dans le dispositif absorberont alors le manioc mélangé du réservoir et l’utiliseront ensuite pour produire de l’électricité », expliquent-ils.

    Ce prototype peut être mieux développé. Les jeunes inventeurs envisagent avoir du financement pour concevoir un appareil capable de générer une puissance élevée avec un plus grand réservoir. Sur ce plan, les autorités ghanéennes ont créé un environnement propice pour stimuler les investissements dans l’entrepreneuriat. L’État facilite ainsi l’accès au financement des micro — , petites et moyennes entreprises. L’initiative n’a pas encore comblé toutes les attentes. Cependant elle a déjà permis à des entrepreneurs de continuer la réalisation de leurs projets.

    Innovation

    Pour promouvoir la création d’entreprises, l’État a mis en place durant un an un programme universitaire appuyé par la Banque mondiale. Il s’agit du projet eGhana qui a permis à des jeunes entrepreneurs comme Peter Paul Akanko, PDG de la société Kente Master, qui fait du tissu traditionnel un produit chic et jeune.

    Sa société fabrique à partir du tissu Kente des cravates, des tongs, des chaussures, des cartables, mais aussi des étoles pour les cérémonies de remise de diplôme. D’autres programmes de pépinière d’entreprise sont aussi mis en place. Et le pays s’illustre par les réalisations de ses entrepreneurs.

    Sulley Amin Abubakar a par exemple créé Zaacoal qui produit du charbon à base de coques de noix de coco. Sa jeune compatriote Bernice Dapaah a réalisé un projet écologique impressionnant. L’entrepreneure a en effet fabriqué des bicyclettes en bambou. « Ces vélos n’ont pas besoin d’être remplacés tout le temps. Et s’il faut les réparer, les matériaux, les outils et les compétences sont sur place », explique la fondatrice de Ghana Bamboo Bikes qui a déjà créé des emplois.

    Dans le secteur du numérique, trois jeunes ont fondé il y a quatre ans MeQasa, un site d’immobilier et de petites annonces qui aide la population. Bright Simons a de son côté lancé MPedigree, une application mobile qui permet déceler les faux médicaments. D’autres espaces de travail comme Hub Accra ou ISpace Ghana encouragent également l’idée d’entrepreneuriat technologique.

    À côté de ce « Ghana qui bouge », l’État a décidé de conquérir l’espace. Le Ghana a lancé en juillet dernier son premier satellite, GhanaSat-1, qui va faciliter la surveillance dans la recherche scientifique et la surveillance des côtes du pays. Le satellite a été construit par des ingénieurs ghanéens de l’université All Nation de Koforidua. Un deuxième satellite devrait également être lancé pour contrôler l’exploitation illégale des minerais ou la déforestation dans le pays.

  • Ghana: 100 millions de dollars pour encourager les startups

    Ghana: 100 millions de dollars pour encourager les startups

    Pour redresser son économie, le nouvel exécutif mise sur le renforcement du secteur privé et un soutien aux entrepreneurs.

    Le Ghana veut améliorer la compétitivité et les niveaux d’emploi de ses micro — , petites et moyennes entreprises. « Nous sommes une économie portée par le secteur privé », explique Mohammed Awal, ministre du Développement des entreprises. Membre de l’équipe gouvernementale du président Nana Akufo-Addo, il est l’un des acteurs clés de la revitalisation de l’économie ghanéenne. Son rôle est de travailler à la consolidation des entreprises. En réalité, l’État mise sur une génération d’entrepreneurs ghanéens bien formés qui disposeraient surtout d’un soutien financier pour réussir. Selon une source proche de la présidence ghanéenne, l’Etat s’active à orienter l’investissement public vers le secteur privé pour stimuler l’esprit entrepreneurial au sein de la couche juvénile.

    L’appui financier au secteur privé constitue une priorité pour l’État, selon Mohamed Awal. Le ministre justifie que dans les quatre prochaines années, 100 millions de dollars seront investis dans la formation des entrepreneurs. « Il y a de l’argent au Ghana, nous devons simplement réorienter les dépenses. Nous colmatons les brèches pour mobiliser ces fonds et  nous allons les investir. La bonne volonté est là pour que le Ghana se développe. » En parallèle, l’État encourage les entrepreneurs à innover dans de nouveaux secteurs. Convaincu que cela va contribuer à la création de milliers d’emplois.

    Efforts soutenus

    Les efforts du gouvernement à l’endroit du secteur privé vont permettre de renforcer sa croissance économique. Ils sont soutenus par les acteurs de la finance qui veulent un secteur « plus solide et plus sophistiqué ». Ernest Addison explique que des mesures vont être prises pour soutenir l’intermédiation financière et l’offre de crédit pour renforcer la croissance. La Banque du Ghana a déjà déployé un plan de réforme du secteur financier afin de développer, de renforcer et de repositionner le secteur comme moteur essentiel de la croissance

    Le nouvel exécutif promeut aussi une inclusion financière. Un projet micro-finance vise à faciliter l’accès à de petits prêts financier à toute personne ou groupe souhaitant se lancer dans une activité génératrice de revenus ou une petite entreprise. Les mesures déjà prises visent à soutenir le secteur privé, mais également à faire entrer les PME dans le secteur formel.

    Mais le Ghana peut aussi compter sur l’appui de quelques partenaires, notamment la BAD avec laquelle il a finalisé un Document de stratégie par pays (CSP) pour la période 2017-2021. L’institution financière va aider le pays à développer ses filières de l’énergie pour faciliter l’industrialisation. Le CSP considère également l’agriculture comme un secteur clé dans la transformation de l’économie rurale et l’amélioration de la sécurité alimentaire.