Catégorie : Politique

  • Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    La capitaine Jamila Malafa, de la marine nigériane, est devenue en décembre la première femme du nord du pays à accéder au grade de Commodore. Le poste de Commodore est équivalent à celui de général de brigade dans l’armée. Un commodore est un officier de marine commandé qui se classe au-dessus d’un capitaine et au-dessous d’un contre-amiral; le plus bas grade d’amiral.

    Âgée de 55 ans et originaire du nord-est de l’État d’Adamawa, Jamila Malafa été décorée lors d’un événement à Abuja la capitale nigériane, fin décembre. La cérémonie a eu lieu en présence des plus hautes autorités du pays, notamment le vice-président Yemi Osinbajo. Jamila Malafa s’est dite heureuse d’obtenir cette promotion. Cela va selon elle l’inspirer à être plus fidèle et dévoué dans mes fonctions à la marine et au Nigeria.

    Près de trente ans de service

    Désormais générale, Jamila Malafa a déjà passé près de trente ans dans la marine. C’est en 1988 que cette « femme battante » a rejoint le corps de la marine de son pays, avant d’être promue au rang d’aspirante deux ans plus tard. Prompte à bien assumer ses tâches, Jamila Malafa a depuis gravi différents échelons. Elle a ainsi été promue à plusieurs reprises. Lors de la cérémonie le consacrant au grade de général, un de ses collègues de la marine a indiqué que Jamila Malafa faisait partie des rares femmes à atteindre ce niveau au cours de leur service.

     

  • Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

    Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

     

    Pour plusieurs personnes, gagner la loterie des visas américains reste le rêve ultime. Au Ghana, le rêve américain est présent dans plusieurs esprits. Plus que tout autre pays dans le monde, les citoyens ghanéens sont ceux qui jouent le plus à la loterie visa. Il y a deux ans, le pays enregistrait 1,73 million de personnes candidates au programme de visa de diversité américain, également connu sous le nom de « loterie verte ». Près de 10% des 25 millions d’habitants que compte le Ghana jouent ainsi à la loterie visa.

    Il faut dire que les pays les plus peuplés comme le Bangladesh et le Nigéria ont généralement représenté le plus grand nombre de candidats à ce programme pendant plusieurs années. Mais les citoyens des deux pays sont devenus inadmissibles en 2013 et 2015 respectivement en raison de l’une des règles du programme. Une fois qu’au moins 50 000 ressortissants de n’importe quel pays ont réussi à immigrer aux États-Unis sur une période de cinq ans, les citoyens de ce pays deviennent inadmissibles au programme.

    Faible croissance

    En 2013 et 2014, le Ghana comptait également le plus grand nombre de candidats derrière le Nigeria. En comparaison, le total du Nigéria en 2014 représentait un peu plus de 1% de sa population. Le nombre de personnes qui cherchent à quitter le Ghana est probablement lié aux luttes économiques du pays ces dernières années. Malgré une stabilité politique relative, l’économie ghanéenne, affectée par l’effondrement des cours mondiaux des produits de base, a connu son plus faible taux de croissance en plus de deux décennies sous l’ancien président John Dramani Mahama.

    Cependant, l’appétit du Ghana pour les visas américains a permis aux entreprises de visa illégal de prospérer. Rappelons qu’une fausse ambassade américaine qui opérait trois fois par semaine pendant dix ans à Accra avait déjà été fermée il y a près d’un an. L’ambassade établissait aux victimes de faux visas, des passeports et autres documents de voyage.

     

  • George Weah: dieu des stades, chef d’État [Portrait]

    George Weah: dieu des stades, chef d’État [Portrait]

    Après deux échecs au scrutin présidentiel, George Weah a finalement été élu en décembre président du Libéria. Dans un pays qui garde encore les séquelles de la guerre civile, l’ancienne vedette des terrains de football devra poursuivre la politique de changement amorcée par son prédécesseur Ellen Johnson Sirleaf.

    George Weah est désormais président. Le nouveau chef de l’État du Libéria a été élu avec plus de 60% des voix. Battant ainsi son adversaire l’ancien vice-président Joseph Boakai. À 51 ans, son élection a été accueillie avec satisfaction dans le pays.

    À Monrovia la capitale, ses partisans ont expliqué que cette victoire vient combler le vide créé par les défaites de 2005 et 2011. De son côté, le nouveau locataire de Mansion House a remercié « le peuple libérien ». Il a dit mesurer « l’importance et la responsabilité de la tâche immense » qu’il embrasse.

    George Weah a reçu les félicitations de plusieurs de ses pairs africains. Le Togolais Faure Gnassingbé lui a adressé ses « vives félicitations et celles de la conférence des chefs d’État de la CEDEAO ». L’actuel président en exercice de la CEDEAO a affirmé la disponibilité de l’institution sous-régionale « à accompagner le Libéria dans ce nouveau tournant de son histoire ». D’autres chefs d’État comme le Namibien Hague Geingob, le Ghanéen Nana Akufo-Addo et le Français Emmanuel Macron ont également félicité George Weah.

    Des bidonvilles de Monrovia au Mansion House

    Ancien joueur du Tonnerre de Yaoundé, George Weah a eu une belle carrière en Europe. Très polyvalent, il a joué au à Monaco, au PSG et à Marseille. En Italie, c’est avec le Milan AC qu’il a fait trembler les défenses. Son physique et son intelligence dans le jeu lui ont aussi permis d’évoluer en Angleterre. King George a joué à Chelsea et à Manchester City.

    Durant sa carrière, celui qui a été sacré meilleur joueur africain en 1989 et en 1994 a disputé 567 matches en club et a inscrit 266 buts. George Weah a passé vingt ans en équipe nationale du Libéria (60 sélections, 22 buts). Il a notamment participé à la Coupe d’Afrique des Nations en 1996 et en 2002.

    L’attaquant avait d’ailleurs été désigné en 1999 « meilleur joueur africain du siècle » par la Fédération internationale de football d’histoires et de statistiques. Près de vingt ans après sa retraite internationale, le natif de Clara Town, bidonville de Monrovia, s’était lancé dans l’humanitaire, les affaires puis la politique lorsqu’il crée en 2004 le Congrès pour le changement démocratique (CDC), son parti politique.

    À la suite de son élection, des stars de football à l’instar de Didier Drogba et Anthony Baffoe ont félicité George Weah pour le rêve réalisé. Seul Africain à avoir gagné le Ballon d’or en 1995, George Weah va désormais faire ses premiers pas à la tête du Libéria. Élu sénateur en 2014, l’ancien joueur du Paris Saint-Germain compte surprendre par sa politique alors que ses adversaires lui ont souvent reproché durant la campagne « sa faible maîtrise des rouages politiques ».

    La tâche s’annonce un peu compliquée pour « Mister George ». Ce dernier devra renforcer la réconciliation dans le pays et satisfaire une jeunesse désœuvrée. « Le changement est sûr », a-t-il rassuré après son élection. Selon plusieurs spécialistes, ses études aux États-Unis et ses conseillers politiques devront lui être un atout dans la gestion de son pays.

     

  • L’avenir de l’Afrique s’annonce plus radieux en 2018

    L’avenir de l’Afrique s’annonce plus radieux en 2018

    L’aventure d’une Afrique positive continue. Il y a quelques mois, lorsque nous démarrions nous promettions de relever un défi de taille : celui de servir à nos lecteurs des informations sur une Afrique qui bouge, qui se transforme et qui se développe. Notre objectif n’a pas changé. À l’heure où la presse en ligne s’impose sur notre continent, la dynamique équipe d’Afrotribune juge important la production d’informations par les Africains et pour les Africains. Ce sont les succès d’Afrique que nous vous ferons souvent découvrir.

    L’année 2017 appartient désormais à l’histoire. Mais comment ne pas revenir sur des succès enregistrés sur notre continent pendant douze mois ? Ils sont légion. À Afrotribune nous avons particulièrement été séduits par quelques initiatives privées et l’évolution remarquable de certaines startups. La Nigériane Aerial Industries est l’une d’entre elles. Cette startup récemment créée s’est illustrée par la fabrication de drones de haute performance pour la pulvérisation des cultures. Son apport est déjà utile dans les exploitations agricoles sur le plan local. Aerial Industries a d’ailleurs été sélectionné par l’accélérateur de startup Airbus BizLab du géant de l’aéronautique pour bénéficier d’une formation dans le domaine de l’industrie aérospatiale.

    En Afrique de l’Est, vous aimerez certainement le projet Majik Water initié par la Kenyane Beth Koigi. Cette dernière a eu l’idée de mettre en place des générateurs d’eau atmosphériques alimentés par des panneaux solaires pour transformer l’humidité de l’air en eau. Quand on sait que l’accès à l’eau potable reste un grand défi pour nos États, on ne peut qu’encourager Beth Koigi qui sauve des vies en empêchant grâce à son projet la propagation de certaines maladies.

    La startup Lono de la Côte d’Ivoire a démontré que les déchets organiques sont une source d’énergie inépuisable encore négligée sur le continent. Lono transforme des déchets organiques en biogaz pour le combustible de cuisson et en biométhane pour la production d’électricité. Dans nos pays, la réduction de la fracture numérique traîne. Mais on peut déjà se réjouir qu’une entreprise comme Eduair du Cameroun décide de commercialiser des boxes numériques qui facilitent l’accès à du contenu digital sans connexion internet.

    Évolution

    L’Afrique se développe. Mais l’endettement reste encore un frein pour la prospérité de nos économies. En décembre, lors d’une tournée sur le continent, Christine Lagarde a expliqué ce qui pourrait faciliter « un développement sérieux » qui doit faire avancer les économies de nos États. Comme voie salutaire pour l’Afrique, la présidente du FMI a évoqué, le développement du secteur agricole, l’industrialisation, le financement des initiatives technologiques.

    Gageons que cela soit entendu et que de différents plans de développement élaborés par les dirigeants sont mis en œuvre pour le bien de nos pays. De la politique dépend la stabilité des pays. Et sur ce plan, l’Afrique a connu bien d’heureux rebondissements l’année écoulée. Les Gambiens se sont très tôt illustrés par un vote historique qui a fait tourner les pages sombres de Yaya Jammeh.

    Depuis, le président Adama Barrow continue tant bien que mal de poser les jalons d’une démocratie en Gambie. Il y a eu également « l’épisode zimbabwéen » qui a soldé la fin du règne de Robert Mugabé. Cela peut être salué dans la mesure où il s’est déroulé avec tact et sans morts. De 2017, peut-être devrons aussi nous réjouir de la réussite des scrutins au Libéria avec l’élection de George Weah, archétype d’une réussite africaine qui voudrait dire que l’on peut ne partir de rien pour devenir quelqu’un si on le veut.

    Osons et faisons confiance à George Weah. En espérant que l’ancien footballeur replace définitivement le Libéria sur les rails de la réconciliation et du développement.

    Attente

    Dans l’élan de positivité de l’Afrique, il y a encore des points noirs. Les récents morts enregistrés à Kinshasa durant une marche pacifique rappellent que certains États restent fidèles à leurs vieux démons. Le régime du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré il y a un an commet l’erreur de braquer la population. Le président Kabila joue la montre en se maintenant au pouvoir. Différents scénarii peuvent se dessiner au cours des prochains mois, notamment le déclenchement d’une série de marches de protestation. À moins que le chef de l’État ne fasse une sortie médiatique pour tout calmer : convoquer une élection présidentielle à laquelle il ne peut plus participer. Le Cameroun est lui rongé par un mal auquel il faudra trouver un remède. Jusqu’à présent le pouvoir ne se donne pas tous les moyens pour régler le « problème anglophone ». Cela fragilise le pays qui s’est également lancé dans une guerre contre Boko Haram. Et même une réélection de Paul Biya qui semble garantie n’est pas la clé pour que le Cameroun retrouve sa stabilité.

    Au Togo, depuis août, de milliers de manifestants, de l’opposition réclame le retour à la constitution de 1992 et le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. Alors qu’un dialogue n’est toujours pas convoqué, il serait difficile de prédire le dénouement de cette crise. Mais comme toujours, il appartient à celui qui gouverne de prendre ses responsabilités. Les cartes ont été redistribuées sur l’échiquier togolais et l’année 2018 pourrait être remplie d’incertitudes pour le régime togolais. Quant à nous, nous publierons des articles pour tout faire comprendre. Telle est la mission d’Afrotribune. En attendant, nous souhaitons à tous nos lecteurs une bonne et heureuse année 2018.

  • Afrique: l’offensive diplomatique du Roi Mohammed VI [Décryptage]

    Afrique: l’offensive diplomatique du Roi Mohammed VI [Décryptage]

    L’approche du Maroc sur le continent africain en matière de diplomatie et de coopération est sans précédent. Après sa réintégration au sein de l’Union africaine, le royaume chérifien poursuit sa grande conquête du territoire. Objectif : damer le pion aux grandes puissances européennes et la Chine, pour devenir le partenaire N1 du reste de l’Afrique.

    Lors du Forum Maroco-Ivoirien organisé en 2013 à Abidjan, le roi Mohammed VI du Maroc avait fait une déclaration qui résume aujourd’hui l’essentiel de sa politique et de sa vision sur le continent. « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique, » avait-il soutenu. Dans cette mission de conquête, le Maroc a effectivement de quoi séduire. Le royaume a, après le Nigéria et l’Afrique du Sud, la meilleure économie du continent.

    Depuis l’annonce de sa réintégration en juillet 2016, le Maroc ne fait que multiplier les partenariats et les accords, même avec des pays qui étaient restés jusque-là à l’écart de la politique de Rabat, à cause des alliances avec le front Polisario. Le Roi a signé en moins de deux ans pas moins de 150 accords et le royaume est loin de s’en lasser. Au cœur des offres marocaines, six secteurs prédominent : l’agriculture, la banque, les énergies renouvelables, les mines, le tourisme et la logistique. Au sein de la diplomatie marocaine, le langage tenu est unanime et sans équivoque : l’expérience de ce pays est désormais assez riche pour être reproduite dans d’autres pays africains.

    En Afrique de l’Ouest précisément, la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est réduite à une zone de confort du royaume alaouite. Le roi a foulé un grand nombre de pays, ou rencontré les Chefs d’État dans la communauté. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire précisément, le Maroc a même mis en place des Groupes d’impulsion économique (GIE) qui gèrent directement tous les accords entre les patrons d’entreprises.

    En effet, la coopération entre le Maroc et cette partie de l’Afrique se fait à tous les étages de l’administration. Comme pour conclure une longue démarche de charme et de séduction, ce pays du nord de l’Afrique a fait part à la CEDEAO de son ambition d’intégrer la communauté. Et, encore plus d’adopter une éventuelle monnaie unique de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest, si ce projet venait à aboutir. Pour le premier, actuellement, un accord de principe a été trouvé tandis que pour le second, le projet tarde à être effectif.

    Le big 3

    En effet, le Maroc s’est, depuis quelques années fait apôtre de la coopération sud sud. Mohammed VI ne le cache pas ; le roi a fait de cette coopération, un véritable cheval de bataille avec une amplification de ses relations particulièrement avec l’Afrique subsaharienne, avec laquelle il développe d’énormes ambitions commerciales. Dans cette vision portée par les responsables du royaume, le Nigeria et l’Afrique du Sud s’y inscrivent favorablement pour une coopération intra-africaine. Lors de sa récente visite à la nation arc-en-ciel, Mohammed VI et le président sud-africain, Jacob Zuma s’est mis d’accord pour maintenir « un contact direct », dans une perspective, disent-ils, « de se lancer dans un partenariat économique et politique, et de dépasser l’état qui caractérisait les relations bilatérales ».

    Premier résultat de cette rencontre : Rabat va envoyer un ambassadeur de haut niveau à Pretoria, treize ans après l’avoir rappelé suite au soutien du président sud-africain Thabo Mbeki aux indépendantistes du Sahara occidental. « Le Maroc est une nation africaine, il est normal d’avoir des relations diplomatiques avec eux » s’est justifié le président Jacob Zuma. Avec le Nigeria et l’Afrique du Sud, le Maroc souhaite prendre le lead de l’Afrique.

    Sommet UE-UA, la vision marocaine

    Lors du sommet Union Africaine – Union Européenne, le roi a marqué la rencontre de la vision marocaine qu’il a, en fin de compte, imprimée à tout le continent. Dans son discours et en sa qualité de « Leader de l’Union africaine sur la Migration », Mohammed VI s’est appesanti principalement sur la question migratoire, « urgence de l’heure ».

    Pour celui-ci, la politique européenne en matière de migration doit évoluer alors qu’au même moment, les pays africains doivent, dit-il, passer à l’action. « Si nous mesurons les défis que pose l’immigration, nous n’ignorons pas pour autant ses aspects positifs », a-t-il soulevé.

    Mohammed VI a profité pour rappeler l’apport des migrants africains dans la reconstruction de l’Europe d’après-guerre, en interdisant de donner toute tournure « idéologique, passionnelle, voire xénophobe » à cette question. Le roi voudrait qu’aujourd’hui, une nouvelle vision s’impose. « Il s’agit de faire de l’immigration un sujet de débat apaisé et d’échange constructif. Au Nord comme au Sud, nous en tirerons tous des avantages » a affirmé le roi qui a espéré donner le ton d’une coopération nouvelle, en se proposant également après ses leçons, la mission de rapatrier les migrants avec ses avions dans leurs pays respectifs. L’opération charme a bien réussi pour le roi.

  • Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Lors de sa toute première tournée en Afrique, Macron a fait au dernier jour, une escale à Accra, dans la capitale ghanéenne, une première pour un chef d’État français. Mais le sol ghanéen n’a pas tout à fait été hospitalier pour le Français. À Accra, le chef de l’État ghanéen a dit tout haut ce que ses homologues francophones pensent tout bas.

    À Accra, Macron ne s’est sans doute pas senti comme dans les capitales francophones, notamment à Ouagadougou. Dans la capitale ghanéenne, le président a été accueilli comme un inconnu, comparé aux honneurs qui sont souvent réservés aux premières autorités françaises en visite en Afrique. Arrivée en provenance de la Côte d’Ivoire, l’hôte du Président ghanéen a tout de même eu l’occasion de faire la connaissance de certains lieux historiques tels que la place de l’indépendance.

    Il faut préciser, le passage de Macron à Accra a été dans la presse ghanéenne, presque un non-évènement, même si les médias étrangers insistent sur le caractère particulier de la visite, en mettant en avant le fait que ce soit la première visite d’un Président français dans ce pays anglophone.

    Macron et Akufo-Addo ont abordé plusieurs sujets, principalement sur l’économie et la démocratie. En matière des Droits de l’homme, le président Akufo-Ado a assuré son soutien à la France pour sa promotion sur le continent.

    De son côté, Macron a salué le leadership de son hôte.

    Ghana, mission échouée

    Au Ghana où Macron était à une mission de séduction, les yeux doux du premier responsable français n’ont pas flatté. Le président Akufo-Addo s’est exprimé devant le président Macron avec une légèreté et une aisance que les adeptes de la rupture franco-africaine reprochent souvent aux dirigeants francophones.


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    Si le président Addo est connu pour sa francophilie, il n’a pas hésité à dire au président français des vérités dont, selon certains observateurs, seul un Anglophone pouvait avoir le courage de faire sortir. Du reste, Addo savait glissant le terrain sur lequel il s’aventurait, même si à l’évidence, le Ghana n’attend rien (ou presque) de la France.

    Cette indépendance de gouvernance propre aux anglophones leur est a été d’une grande utilité pour la démocratie. À cet effet, le Chef d’État ghanéen a prévenu son auditoire d’entrée. « J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle », a-t-il dit, à côté d’Emmanuel Macron. Avant de lâcher sans demi-mot, « nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide de occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas. Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. »


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    Le Ghanéen s’est tout autant montré favorable à une amitié avec la France, en précisant que malgré tout, l’Afrique ne rejettera pas les apports de l’État français, à travers son gouvernement.

    En ce qui concerne le volet économique, le Président ghanéen a été un peut plus clair devant Macron, pourtant venu séduire un pays qui a actuellement l’une des meilleures croissances économiques sur le continent. Il a signifié à son hôte que le Ghana compte abandonner la vieille méthode économique, caractérisée par une dépendance de la production et de l’exportation des matières premières. Il a souligné que son pays veut « construire une économie industrialisée à valeur ajoutée avec une modernisation de l’agriculture, qui n’est ni victime ni pion de l’ordre économique mondial », alors qu’on le sait, Macron est, au rang international, le nouvel apôtre de la mondialisation.

    Tout autant qu’il a tenu à situer les responsabilités, Akufo Addo a reconnu aussi le rôle des États africains dans le phénomène migratoire. Il a ainsi déclaré que les jeunes qui quittent l’Afrique le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir. Dans cette perspective, le numéro 1 ghanéen a encore taclé la France, en demandant à ses pairs africains de ne pas demander ce que l’ancienne métropole fera pour le continent. « La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, “tant mieux” comme on dira en Français », a-t-il ironisé.

    Pour ne rien lâcher, il continue en affirmant : « notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. » seule condition, selon celui-ci, de parler d’une indépendance « réelle et effective ». « Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes », a-t-il finalement lancé envers le Français, non sans ovation de l’assistance.

    Ci-dessous l’intégralité du discours du président ghanéen Akufo-Addo


    J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle. Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide des Occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas ! 

    Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen. Au stade où nous sommes, nous devions être capables de financer nous-mêmes nous besoins de base.

    Nous allons considérer les 60 années à venir comme une période de transition où nous pourrons être capables de voler de nos propres ailes. Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

    Cependant, malgré tout ce qu’il a subi, ce continent reste celui qui détient 30 % de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin. Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour traverser le Sahara et la méditerranée.

    Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent. Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implémentons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu’ils sont l’espoir, qu’il y a des opportunités ici en Afrique. Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux, c’est aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le le fait que les gens qui quittent le chez eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

    Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’Italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie. Aujourd’hui, vous n’entendez plus parler de cette immigration-là. Les jeunes Italiens et Irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes Africains restent aussi en Afrique (applaudissements). Pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assisté.

    Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France ferra pour nous (La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, » tant mieux » comme on dira en Français) Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders des personnes responsables de leurs actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leurs propres intérêts.

    Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, C’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays (Macron mal à l’aise secoue la tête et se dissimule) Nous avons des ressources énormes sur ce continent.

    Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit. Nous nous demanderons chaque fois que comment se fait-il que la Corée Singapour, la Malaisie qui ont, eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde ? On nous a appris qu’à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander).

    Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre part de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe. Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays.

    Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assisté. Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’Africain et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.

    J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement. C’est pourquoi le slogan de mandat est : nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le president, voilà contribution que je peux apporter.


     

  • Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Après s’être rendu au Burkina Faso le 28 novembre pour rencontrer son homologue et s’adresser aux étudiants de l’université de Ouagadougou, Emmanuel Macron a participé au sommet UA-UE à Abidjan pour finalement chuter à Accra, dans la capitale ghanéenne. Si cet exercice presque inévitable pour les Chefs d’État français a été accompli par Macron avec aisance, cela n’a toujours pas été le cas pour ses prédécesseurs.

    C’est n’est pas la première fois que Macron donne le ton de sa vision franco-africaine. Mais son passage en Afrique, continent qui a avec la France un cordon difficile à couper, reste une étape importante aux yeux des Africains. En effet, sur le continent noir, depuis le soir de son élection les Africains ont attendu l’opportunité de le voir dire des « vérités ». En quelque sorte, l’Afrique a été servie.

    D’abord, dans son discours de 1 h 40 min tenu à Ouagadougou suivi d’un échange avec des étudiants burkinabés dans la salle Kadhafi de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Macron avait déjà abordé l’essentiel de ses ambitions pour le continent. Il s’était agi avant tout d’une opération séduction, où les phrases étaient bien pensées. « Ce public n’a pas forcément une bonne image de la France », reconnaît-il, en faisant allusion à la chute de Blaise Compaoré que la France a exfiltré vers la Côte d’Ivoire après son départ du pouvoir en 2014. Mais le pays des hommes intègres attend aussi de l’ancienne métropole, l’extradition du frère de l’ex-président, François Compaoré, objet d’un mandat d’arrêt international pour l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

    La France, malgré tout partenaire naturel de l’Afrique, s’est vue réduits ses échanges avec le continent où sa part s’est considérablement cassée ces quinze dernières années, ne représentant plus que 4 %. Au même moment, la Chine qui a grimpé à 22 %, a le vent en poupe. À cet effet, la visite du président s’est inscrite aussi dans un contexte très économique. Ce qui justifie son passage au Ghana, pays anglophone, mais dont l’économie est de plus en plus florissante dans la sous-région. Mais pas que. La politique était bien évidemment au rendez-vous.

    À Ouagadougou, Macron a axé son discours sur le leadership de la jeunesse africaine. Dans la capitale burkinabè où l’esprit sankariste est le mieux partagé, et où il y a trois ans la population a dû reprendre son destin longtemps confisqué par Blaise Compaoré, Macron a dû tailler ses mots entre éloges et appel à vigilance. Le jeune Chef d’État n’a pas caché son hostilité envers les régimes politiques qui s’opposent à l’alternance en Afrique. Mais la question libyenne fut également abordée, de long en large.

    Interrogé à Ouagadougou, Macron a fait la précision selon laquelle ceux qui organisent les trafics humains en Libye sont aussi des Africains. Néanmoins, il avait annoncé que des mesures urgentes devraient être prises. À Abidjan, Jupiter s’est entretenu avec ses homologues africains, notamment le professeur Alpha Condé, Chef d’État guinéen et président en exercice de l’Union africaine. Il a été décidé de mener des opérations d’évacuation d’urgence dans les prochaines semaines des migrants en Libye. De même, l’UE, l’UA et les Nations unies ont décidé d’un soutien à l’Office international des migrations pour aider au retour des Africains qui le souhaitent vers leur pays d’origine.

    Sur la question portant sur le franc CFA, Macron aura laissé une impression presque neutre, pour ceux qui attendaient de cette tournée un signal fort pour l’avenir de cette monnaie « coloniale » de laquelle certaines populations veulent se libérer. Selon celui-ci, le franc CFA, c’est un choix des États membres de la zone CFA. « Si le président burkinabé décide de ne plus y être, il n’y est plus.

    Ce sont les États africains qui sont les maîtres de leur destin. N’ayez pas ce discours de revendication postcolonial, il n’y a pas de joug, il n’y a pas de Français qui utilise l’or du Burkina Faso. » Et d’ajouter ensuite, « j’accompagnerai la solution portée par l’ensemble des pays de la zone franc. Je suis favorable au changement de périmètre et au changement de nom. C’est les pays qui décident. C’est pour la France un non-sujet, mais pour vos dirigeants un vrai sujet. »

    Mais il ne s’est pas empêché de revenir sur la question à polémique en Afrique concernant le nombre d’enfants pas femmes. « Partout où vous avez 7-8-9 enfants par femme, êtes-vous bien sûr que c’est le choix de ces jeunes filles ? » s’était-il interrogé, en précisant que c’était une conviction profonde qui l’a poussé à faire de l’égalité femmes-hommes « la grande cause » de son mandat.

     Afrique, la grande épreuve des présidents français

    En Afrique où les chefs d’États français sont jugés à défaut afrophobes, c’est lors de l’inévitable passage sur le continent que bien d’acteurs leur collent les vraies étiquettes. Macron, lors de sa campagne électorale, imprimait déjà sa marque devant une candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen qui n’a pas une bonne cote sur le continent. Si le président français a fait l’effort de garder une neutralité et de chercher une grande familiarité avec les étudiants burkinabés, il a beau le ressasser ne pas venir donner de leçons aux Africains, mais le ton parfois autoritaire et condescendant sur certaines questions, du reste peu réfléchies, lui donne tort. Pour beaucoup, Macron est venu donner une leçon aux Africains, comme l’ont souvent fait ses prédécesseurs, notamment Nicolas Sarkozy, sans son discours à Dakar en juillet 2007.

     Nicolas Sarkozy s’était toujours attribué ce qu’on peut appeler l’abolition de la FranceAfrique… sans jamais réussir ni dans le fond ni dans la forme. Son intervention en Libye est un exemple, une erreur que Macron a avant tout, regretté devant les étudiants burkinabés. En 2007 deux éléments principaux ont écorné l’image de Sarkozy, et par ricochet celle de la France : la politique d’immigration du président et la « reconnaissance » en 2005 du rôle positif de la colonisation.

    Dans son discours de Dakar précisément, écrit par Henri Guaino, dans lequel il avance que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance… » Sarkozy aura commis une erreur fatale aux yeux du parterre d’intellectuels africains présents au sein de l’Université Cheik Anta Diop ce 24 juillet 2007. Henri Guaino, auteur du discours fera ensuite l’effort de préciser tirer son inspiration de Sedar Senghor, qui avait écrit : « Laissez les peuples noirs entrer sur la grande scène de l’Histoire », mais c’était déjà trop tard. L’image Sarkozy est déjà maculée.

    En 1990, alors que le Mur de Berlin venait de tomber il y a juste 1 an, Mitterrand s’était déterminé à participer à la construction de la démocratie sur le continent. Pour celui-ci, plus question de soutenir économiquement des dictatures, a-t-il affirmé lors du 16e sommet franco-africain. Mitterrand s’était déclaré froid à ces régimes qui abondent le continent. Mais celui-ci s’était également entaché dans l’assassinat de Sankara au Burkina Faso en 1987.

    En août 1958, alors que la plupart des pays se battaient pour une indépendance, de Gaulle n’était arrivé au pouvoir que 3 mois qu’il a amorcé son périple de 20.000 kilomètres en Afrique. En réalité, il était en réalité question d’une tournée électorale dont l’objectif est de convaincre les peuples de l’Union de voter oui au référendum sur la nouvelle Constitution. Cette constitution prévoyait, entre autres, le remplacement de l’Union par une « Communauté » où chaque pays jouira d’une autonomie politique. « Il est naturel et légitime que les peuples africains accèdent à ce degré politique où ils auront la responsabilité entière de leurs affaires intérieures, où il leur appartiendra d’en décider eux-mêmes. » En fin de compte, seule la Guinée de Sekou Touré votera non, exigeant une souveraineté immédiate. Quatorze autres pays suivront plus tard. L’indépendance envers la France venait d’être acquise. Peut-être, juste dans la forme.

  • Sommet d’Abidjan : l’UA et l’UE face à de nouveaux défis

    Sommet d’Abidjan : l’UA et l’UE face à de nouveaux défis

    Abidjan accueille du 29 au 30 novembre les travaux du 5e Sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE). La rencontre devrait permettre aux deux continents de repartir sur de nouvelles bases.

    Le Sommet d’Abidjan entre l’Union africaine et l’Union européenne porte sur le thème : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». Jugé comme une question d’actualité, ce thème devrait être l’objet essentiel des discussions entre les chefs d’État et de gouvernement durant deux jours. Le Sommet d’Abidjan devrait voir la participation de plus de 5000 participants et de nombreux chefs d’État et de gouvernement. Les représentants d’organisations internationales devront également participer à ces travaux qu’accueille pour la première fois l’Afrique subsaharienne. Des responsables de la Commission de l’UA ont expliqué que la rencontre d’Abidjan va servir de cadre de renforcement de relations politiques et économiques entre les deux Unions. Outre les questions liées à la jeunesse et au développement de l’Afrique et de l’Europe, les échanges vont porter sur les questions de paix, de sécurité, de gouvernance et de migrations.

    Sujet brûlant de l’actualité, la situation qui prévaut en Libye va meubler les discussions. L’Union européenne qui lutte contre l’immigration illégale devrait décider avec l’Union africaine des actions à poser pour dissuader les jeunes Africains de quitter leurs pays. « C’est la seule façon de mettre fin au drame auquel on assiste en terre libyenne », justifie-t-on à la Commission de l’UE. Pour plusieurs experts, Abidjan devrait être un nouveau départ pour l’Afrique et l’Europe. « Les deux continents devront harmoniser leur accord de coopération et se fixer des objectifs pour répondre à différents défis, notamment celui de la migration », explique un ancien fonctionnaire de l’Union africaine.

    Relever de nouveaux défis

    A l’heure où le chômage touche une bonne partie de la jeunesse africaine, l’UA compte obtenir de ses partenaires européens un accompagnement dans ses politiques de développement. « Il s’agit aujourd’hui d’œuvrer pour un développement inclusif et offrir à la jeunesse des emplois décents », reconnaît un ministre ivoirien. Les questions portant sur la jeunesse du continent peuvent être réglées si l’Afrique investit avec l’appui de l’UE dans l’éducation de qualité, les technologies et l’environnement. A ce titre, certains participants ont souhaité que les précédentes décisions prises par les deux Unions soient une fois encore analysées. La Commission de l’UA a confirmé que les travaux du sommet vont aussi porter sur les avancées constatées dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action 2014-2017 adopté lors du dernier Sommet tenu à Bruxelles. Cela va permettre de « définir une nouvelle stratégie commune pour relever les nouveaux défis auxquels font face l’UA et l’UE », rappelle une source.

    Tous les moyens ont été réunis pour la réussite des travaux avec la présence de tous les États invités. Un acteur la société civile congolaise qui participera aux travaux trouve que l’essentiel pour les dirigeants de l’UA et de l’UE sera de prendre des décisions qui peuvent favoriser le développement de « nos deux continents ». « Que ce ne soit pas un Sommet de plus. Les populations veulent après des actes concrets », rappelle-t-il. Comme lui, d’autres voix plaident pour un traitement d’égal à égal entre l’UA et l’UE. « L’UA a besoin de l’Europe. L’UE a besoin de réorganiser sa présence en Afrique », analyse un spécialiste de l’UA. Mais pour y arriver, rappelle l’expert, les deux continents doivent se parler « sincèrement » et aborder parfois les sujets qui fâchent, notamment la démocratie en Afrique ou les réalités de certaines entreprises européennes en Afrique. Après les travaux d’Abidjan, beaucoup souhaitent d’ailleurs une réforme de l’UA pour lui permettre de mieux peser dans les futures rencontres. « L’Afrique doit arriver à parler d’une seule voie sur les questions essentielles portant sur son développement. Ce n’est pas encore le cas », déplore un membre de l’International Crisis Group.

  • Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Le Chef d’Etat français, Emmanuel Macron, en tournée africaine, a prononcé un discours devant des étudiants burkinabés ce mardi. De la situation libyenne à aux questions sur l’éducation des jeunes filles, Macron n’a pas oublié l’un des piliers considérés comme fondamental pour le développement de l’Afrique : l’entrepreneuriat.

    C’est face à quelque 800 étudiants burkinabés issus de différentes universités que Emmanuel Macron a prononcé son premier discours à l’endroit des Africains. Pour une allocution de plus de 1 h 40 min, les sujets abordés ont été divers. Si le discours du président français a évidemment été axé sur la jeunesse africaine, principalement celle Burkinabé qu’il a saluée pour ses luttes pour la démocratie, en faisant cas de la révolution de 2014, Emmanuel Macron a aussi parlé de l’entrepreneuriat.

    « Le changement, le renouveau générationnel sur un continent dont 70 % a moins de 30 ans. C’est n’est pas une option, c’est une loi mathématique » a déclamé le jeune Président français.

    « Je serai au côté de ceux qui font le choix de la responsabilité et pas celui du déni » a laissé entendre le président français, et d’ajouter ensuite « partout où j’aurais de tels partenaires, je travaillerai avec eux sans calcul. La France ne se privera pas d’un lien avec la jeunesse. »

    450 millions d’emplois

    En effet, Emmanuel Macron a annoncé, pour dit-il faciliter l’innovation en Afrique, la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour aider le continent à créer 450 millions d’emplois d’ici 2025.

    « Ce fonds que nous allons créer permettra de faire même plus qu’un milliard d’euros, multiplier par dix cet objectif pour avoir une enveloppe qui permettra de financer des projets, des entrepreneurs africains dans les domaines du numérique, de l’agriculture » a principalement exprimé celui qui a eu par après des échanges directs avec les étudiants.

    Mais le Chef d’Etat français qui croit que la croissance du monde se jouera en Afrique ne s’est pas arrêté sur ce volet. Il a également fait d’autres annonces bien accueillies par l’auditoire. Pour le président Macron, la France n’investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement. « Elle n’investira plus pour que des grands groupes participent à des opérations de corruption organisée ». Selon celui, les investissements qui seront désormais faits en Afrique devraient directement bénéficier à la jeunesse.

    Macron a aussi informé d’une saison des cultures africaines en France en 2020 pour, dit-il, aider au parachèvement d’une histoire d’Afrique écrite par les Africains.

    Aussi, a-t-il dit, en vue des Jeux olympiques de 2024 qui se tiendront à Paris, un plan d’envergure européenne sera en mis en œuvre pour permettre « aux sportifs africains de venir s’installer en France et avoir les meilleures installations ». Avant d’ajouter, « j’aimerais que les sportifs africains disposent aussi d’installations durables.

    Toutefois, Macron a aussi émis le vœu de voir les Africains diplômés en France de revenir pour relever les défis du continent. Le président a aussi annoncé des investissements dans le domaine de l’éducation en Afrique, tout comme des bourses d’études qu’il a promises, avec un accent particulier sur les jeunes filles. Une annonce longuement applaudie par les étudiants.

  • Mugabe a versé les larmes avant de signer sa lettre [Reuters]

    Mugabe a versé les larmes avant de signer sa lettre [Reuters]

    Lorsque Robert Mugabe signait sa démission le 21 novembre après quelques jours de détentions et de pressions de la part de l’armée, le geste n’a pas été sans émotion. Selon un prêtre à Hararé proche du président Mugabe, le vieil homme de 93 ans aurait même versé quelques larmes.

    Robert Mugabe a connu une fin tout sauf dramatique. Les 37 années passées à la tête de l’État zimbabwéen lui sera désormais nostalgique. Le père Fidelis Mukonori, un prêtre jésuite et ami proche de Mugabe a témoigné des derniers moments et la signature de la démission par l’ancien président Mugabe.

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    Selon ce prêtre qui s’est confié à un journal local, le président Robert Mugabe s’était en un premier temps déclaré « soulagé » lorsqu’il a accepté de quitter son poste de président du Zimbabwe sous la pression de l’armée et de son parti, le Zanu PF. Ensuite, Robert Mugabe aurait pleuré et déploré la trahison par des lieutenants proches de lui. « Les gens sont des caméléons », aurait affirmé celui à qui sont attribuées les citations les plus grotesques sur la toile. Sa lettre de démission signée a été lue mardi, alors que le parlement a entendu une motion pour le destituer.

    « Quand il a terminé sa signature, son visage a simplement brillé, pas de larmes à moins qu’il y ait des anges pleurant quelque part », a ironisé Mukonori. « Pour moi, c’était un signe qu’il acceptait que “ah c’est fait”, il est soulagé, pas qu’il soit lésé, mais soulagé, » a-t-il ajouté.

    Selon toujours ce prêtre jésuite, Mugabe a réalisé que la fin était proche quand il avait vu environ 60 000 Zimbabwéens protester et exiger qu’il démissionne. Le président de 93 ans a finalement accepté la défaite seulement après avoir été limogé par son parti ZANU-PF et confronté à « ‘l’ignominie »’ de la destitutio

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    Des sources ont déclaré que Mugabe était provocant quand il a rencontré les hauts gradés de l’armée le 16 novembre, ce qui était le début d’un affrontement de cinq jours. Selon Mukonori, Mugabe aurait voulu une transition graduelle et sans heurt du pouvoir à Mnangagwa, qu’il avait limogé, un plan finalement contrecarré par le fait que Mnangagwa ne soit pas revenu immédiatement d’exil en Afrique du Sud.

    Zimbabwe nouveau

    Lors de sa cérémonie de prestation de serment, Mnangagwa a déclaré qu’il appréciait la démocratie, la tolérance et la primauté du droit et qu’il s’attaquerait à la corruption. Il a également exhorté les citoyens à ne pas entreprendre de « vengeance ». Toutefois, le nouveau gouvernement est déjà prêt à traduire en justice certains des proches de Mugabe et de sa femme. L’ancien ministre des Finances, Ignatius Chombo, a déjà affronté des magistrats samedi pour des accusations de corruption. Il n’a pas plaidé coupable.

    En effet, la chute de Mugabe après 37 années au pouvoir a été stimulée par une bataille pour lui succéder qui a opposé son ancien bras droit Emmerson Mnangagwa, qui l’avait soutenu pendant 52 ans, et l’épouse de Mugabe, Grace, qui a 52 ans.