Catégorie : Social

  • Sanndya Soazara [33 ans], la Malgache qui rêve de la solidarité africaine

    Sanndya Soazara [33 ans], la Malgache qui rêve de la solidarité africaine

     À 33 ans, la Malgache Sanndya Soazara ne nourrit qu’un rêve : favoriser toutes démarches et initiatives concrètes en faveur du développement et de la citoyenneté du Madagascar et de l’Afrique.

     Cette vie au service d’une cause commune et fort noble, Sanndya l’a choisie librement. Amoureuse des sciences sociales, la Malgache est nantie d’un diplôme français en Études politiques et sociales et s’est offert une orientation en Master professionnel Gouvernance de Projet de Développement en Afrique.

    Actuellement assistante de service social œuvrant dans le secteur médico-social en France, c’est en janvier 2014 que Sanndya a créé l’association SAVE, Solidaires et Actifs auprès des plus vulnérables et des Enfants. Association à but non lucratif, SAVE veut favoriser toutes démarches et initiatives concrètes en faveur du développement et de la citoyenneté.

    L’association dont le siège est à Sevran en Seine-Saint Denis a pour objet de promouvoir les idées de solidarité, de tolérance et de liberté. Elle œuvre pour tout projet ou microprojet lié au développement dans les domaines économique, sanitaire, social, environnemental, éducatif, humanitaire et culturel en France et à Madagascar dans le respect entre les peuples.

    Développer Madagascar

     SAVE a été créée en France à l’initiative de jeunes et étudiants malgaches désireux de contribuer au développement de leur pays d’origine par des initiatives locales, la promotion d’activités génératrices de revenus et de l’entrepreneuriat social.

    « Le constat commun des membres étant que Madagascar a besoin de la mobilisation de ses expatriés pour avancer. Ce fut l’élément fédérateur de l’association SAVE » confie Sanndya Soazara.

    Mais l’objectif n’est pas unique. D’autres problématiques ont été posées. Comme, le besoin de solidarité au sein même de la société française. Avant SAVE, les membres fondateurs participaient à des activités bénévoles, des actions sur Paris, pour aider par exemple les SDF en période de grand froid, maraudes, cafés solidaires.

    Enfin, l’inexistence d’association dite issue de l’immigration malgache dans le Département de siège social de l’association a été un dernier paramètre qui a motivé sa création, afin de constituer un lieu d’échange et de rencontre entre les membres de la diaspora.

    Save dispose d’une boutique solidaire entièrement gérée par des bénévoles. Cette boutique propose des articles divers d’artisanat malgache dont les bénéfices reviennent directement aux artisans grâce au respect d’un circuit de vente court, avec toujours comme optique la promotion de Madagascar et du ‘’Fait à Madagascar’’.

    Actuellement, SAVE prépare un grand projet qui sera la création d’un Centre social dans la ville de Diego-Suarez au nord de Madagascar. Ce centre constituera non seulement un lieu de coordination et de concertation contribuant au développement social local, mais aussi un lieu qui favorise la participation des jeunes et de tous les habitants, à la vie sociale. Le centre social mettra en œuvre des projets d’accompagnement social, d’accompagnement socio-éducatif et de création d’activités ludiques.

    SAVE ambitionne aussi créer une agence de voyages pour l’organisation de voyages et des missions solidaires qui permettront à des volontaires de France (en premier lieu) d’apporter leurs savoir-faire et leurs compétences diverses aux associations locales qui gèreront ces projets.

    Unir l’Afrique

     Les promoteurs de SAVE ont au fond d’eux, un grain de panafricanisme et d’afroptimisme. Et ce n’est pas Sanndya Soazara qui dira le contraire.

    « Le poids démographique et économique de la diaspora africaine, associé aux liens étroits entretenus avec les pays d’origine de chacun peuvent faire que cette diaspora soit une manne financière capable de grands changements économiques sur le continent, à condition d’être exploitée intelligemment », croit fermement cette dernière.

    Mais qu’à cela ne tienne, Sanndya pense qu’une union de l’Afrique est importante. Non seulement parce que les pays africains ont une histoire et un passé communs, mais surtout parce que cette union est gage d’un développement au sens large, c’est-à-dire la gestion des problèmes sanitaires, la gestion pacifique des crises régionales, la bonne gouvernance politique, et bonne gouvernance économique.

  • Nomfundo Mcoyi, 43 ans, contrôle l’industrie funéraire en Afrique du Sud

    Nomfundo Mcoyi, 43 ans, contrôle l’industrie funéraire en Afrique du Sud

    Nomfundo Mcoyi est connue dans son pays comme l’une des principales femmes d’affaires dans le secteur funéraire, réalisant un chiffre d’affaires annuel de plus de 50 millions de rands. En 2004, elle a démissionné de son poste d’enseignante pour se concentrer sur une activité de traiteur. Cinq ans après, cette mère de cinq enfants divorce. Elle décide par la même occasion de créer son entreprise, Icebolethu Funeral Services, avec seulement cinq employés. « Je ne pouvais pas laisser tomber mes enfants, je devais travailler et les soutenir», explique-t-elle.

    L’entrepreneure se rappelait avoir éprouvé de difficultés au début. Sans voiture et sans morgue, elle a misé sur la location d’espace de stockage dans un autre salon funéraire. « Je louais aussi leurs véhicules pour des funérailles », précise-t-elle. En neuf ans, Nomfundo Mcoyi a élargi son entreprise en sept divisions pour en faire un guichet unique offrant des services funéraires, des services de restauration, des bouquets de fleurs et des funérailles. Aujourd’hui, l’entreprise emploie environ 500 personnes et dispose d’un centre d’appel ultramoderne à Durban.

    Réussite

    Avec une cinquantaine de succursales sur le territoire, Icebolethu s’est aussi installé à l’étranger. L’entreprise a ouvert un bureau au Royaume-Uni. Des Sud-africains morts à l’étranger sont ainsi rapatriés grâce au service de Icebolethu Funeral Services. « Nous collaborons également avec un fournisseur de services funéraires au Zimbabwe », ajoute la responsable.

    « Je ne veux rien faire en dehors de mon activité principale de funérailles. Je crois que mon entreprise est unique parce que nous sommes un guichet unique; vous trouvez tout avec le groupe Icebolethu », dit-elle. Chaque semaine, son entreprise facilite l’organisation de plus de 40 enterrements. « Notre image de marque unique, combinée à une offre de service toujours excellente, nous a permis de capturer une grande partie d’un marché sud-africain hautement concurrentiel », justifie-t-elle.

    Modèle

    Malgré son succès, l’entrepreneure insiste : « Pour moi, il ne s’agit pas de gagner de l’argent, mais de résoudre les problèmes des gens et de donner des funérailles dignes ». Nomfundo Mcoyi a été finaliste aux Premier Business Awards nationaux d’Afrique du Sud dans la catégorie Women in Business en 2013. En 2016, Nomfundo Mcoyi a remporté le prix de l’entreprise funéraire de l’année 2016 dans le secteur financier.

    La Sud-africaine a été également sacrée entrepreneure de l’année 2017 dans la catégorie « moyennes entreprises ». Passionnée par le mentorat des jeunes, et en particulier des filles, l’entrepreneure leur vient en aide. Nomfundo Mcoyi a également mis en place un programme de mentorat, Rhoda Girls, qui permet à des filles d’être encadrées par des coaches pour les aider à réaliser leur potentiel.

     

     

  • Qui est Marguerite Barankitse, la mère de 20.000 Burundais?

    Qui est Marguerite Barankitse, la mère de 20.000 Burundais?

    Si Maggy ou l’ange de l’Afrique, de son vrai nom Marguerite Barankitse, n’a toujours pas eu de prix Nobel de la paix comme espéré par nombre d’observateurs, aux yeux de ses compatriotes, cette femme de 61 ans n’a plus rien à prouver au monde.

    A 61 ans justement, quoique les rides aient commencé par prendre possession de son visage, ceux qui l’ont rencontrée pourront attester que son énergie et sa détermination de fer n’ont rien perdu au fil des années. Maggy Barankitse est une figure emblématique burundaise, un monument animé, une salvatrice et un refuge des orphelins burundais. Elle est, aux côtés de Sœur Emmanuelle, Rosa Parks ou encore Geneviève de Gaulle-Anthonioz qu’elle a toutes rencontrées, une grande militante contemporaine.

    Surnommée la mère de 20 000 enfants, dont elle en a sauvé beaucoup plus, Maggy a commencé son travail auprès des orphelins en 1972.

    Genèse

    En 1993, le Burundi a été pris dans une guerre civile tristement historique. Les Hutus et les Tutsis ont fait des ravages et plus de 300 000 personnes ont été tuées.  Maggy avait 36 ​​ans lorsque la guerre civile a éclaté et elle vivait près de Ruyigi dans le sud-est du pays, non loin de la frontière tanzanienne où les rebelles s’étaient réfugiés. Elle avait déjà adopté sept enfants, un mélange d’Hutus et de Tutsis.

    Pendant une attaque qui prend pour cible son village, Maggy a été attachée à une chaise, dépouillée de ses vêtements, et forcée de regarder ses amis être violemment assassinés. La ville détruite, elle est allée à la chapelle en quête de réconfort, irritée et frustrée par les violences qui ont éclaté dans son pays et les milliers d’enfants, jusqu’à 700 000, qui sont devenus orphelins pendant la guerre qui a duré plus d’une décennie .

    «J’ai pleuré, j’étais en colère. Pourquoi les frères et sœurs s’entretuent-ils? », s’était-elle questionnée. Si la réponse à cette question tardait à venir, Maguy a au moins décidé d’agir…  Elle venait d’être animée par l’idée de construire la Maison Shalom, qui signifie Maison de la Paix.

    Mission salvatrice

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    Ce qui a commencé comme un lieu de refuge pour un peu plus de deux douzaines d’enfants s’est transformé très tôt en un village entier, avec un centre de loisirs, une ferme, une école, un logement, un hôpital et même une auberge.

    L’initiative a changé, non seulement la vie des orphelins, mais aussi l’ensemble de la communauté qui bénéficie désormais de l’accès aux services. Son succès, dit Maggy, est dans l’approche. À la Maison Shalom, c’est une approche holistique centrée sur la communauté. « La meilleure façon d’aider les enfants, efficacement et durablement, c’est de développer la communauté dans laquelle ils vivent », en a-t-elle fait son maitre-mot.

    Alors que les services sont disponibles pour toute la communauté, l’accent est mis sur les enfants, dont certains sont derrière les barreaux. Dans cette dernière catégorie, ils sont plus de 400 sous l’aile de Maguy, tous âgés de moins de 16 ans. Certains d’entre eux sont nés là-bas, tandis que d’autres restent enfermés pendant des mois inconscients de leurs droits légaux. C’est ce qui a motivé l’un des projets les plus récents de la Maison Shalom, «Un coup de main pour les enfants», qui a déjà aidé des dizaines d’enfants.

    Depuis 2005, dans sa communauté, des groupes ont été formés en menuiserie, en maçonnerie, en mécanique automobile, en fabrication de savon et en plomberie. Ceux qui choisissent de  se concentrer sur l’agriculture et l’élevage restent souvent à la ferme de la Maison Shalom.

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    Barankitse a été reconnue pour son travail au Burundi en tant que récipiendaire du prestigieux prix de la Fondation «L’Ange de l’Afrique». Créée par Barry Segal en 2004, la fondation soutient des organisations de base, comme la Maison Shalom de Barankitse, et a accordé des subventions à des dizaines de personnes travaillant à travers l’Afrique. Mais pas que. Elle a reçu plusieurs autres distinctions, telles que le prix des Enfants du monde, le prix de la solidarité, prix pour la défense des personnes déplacées,  le prix Nansen pour les réfugiés, etc.

    Toutefois, la Burundaise reste humble. « Ce n’est pas moi, c’est Dieu. Nous sommes sur le bateau et il est le capitaine », raconte la bienfaitrice à qui veut l’écouter. D’ailleurs, dit-elle, son travail est loin d’être terminé. Elle veut aider des milliers d’autres. « Je suis en mission », confie Maguy.

    Mais ce travail a déjà inspiré d’autres pays voisins, avec des villages similaires établis dans d’autres parties de la région. Sa plus grande joie reste cependant la réconciliation entre les Hutus et ces Tutsis.

     

     

  • Qui est Dr Hawa Abdi [71 ans], la Mère Teresa de Mogadiscio?

    Qui est Dr Hawa Abdi [71 ans], la Mère Teresa de Mogadiscio?

    En Somalie, le courage a un nom. C’est d’ailleurs une affaire de famille: Dr Hawa Abdi, aux côtés de ses filles, Amina et Deqo Mohamed, se sont investies dans une mission sociale dont leur rôle est partagé à parts égales entre celui de Mère Teresa et d’Hercule.

    Dans ce pays de la corne, la crise humanitaire a atteint son paroxysme. Chaque journée apporte de nouvelles violences alors que des bandes de rebelles partent sans contrôle. Ce territoire reste celui que l’ONU doigte en parlant de l’une des pires crises humanitaires dans le monde. Le système de santé, comme la majeure partie du pays, a été démoli. Il reste très peu d’hôpitaux fonctionnels. Le gouvernement ne contrôle que quelques pâtés de maisons dans cette capitale Mogadiscio déchirée par la guerre.

    Dans cette atmosphère non vivable, émerge une femme qui incarne l’abnégation et essaie tant que faire se peut, de redonner du sourire dans cet abîme de détresse.

    « Je ne peux pas m’enfuir pour me sauver »

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    Elle, c’est la docteure Hawa Abdi Diblaawe, première obstétricienne et gynécologue somalienne. Née en 1947 à Mogadiscio, Hawa est l’aînée d’une famille de cinq frères et sœurs.  Déjà à l’âge de 12 ans, elle a été témoin de la mort de sa mère pendant l’accouchement. Cela l’a conduit à très vite s’émanciper afin de pouvoir prendre soin de ses sœurs. C’est également ce phénomène malheureux qui l’a inspirée à devenir médecin pour, dit-elle, « sauver d’autres mères ».

    Dans les années 1960, à seulement 17 ans, l’adolescente somalienne gagne une bourse soviétique pour étudier la médecine à Kiev, en Ukraine, et devint très jeune obstétricienne. Après avoir obtenu un diplôme en droit à l’Université nationale somalienne, elle ouvre une clinique d’une pièce en 1983 sur les terres agricoles ancestrales de sa famille près de la ville d’Afgooye, à 25 km à l’ouest de Mogadiscio.

    Zone de sécurité

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    Lorsque la guerre civile a éclaté en 1991, la Somalie s’est finalement effondrée pour devenir une terre non gouvernée et frappée par la famine. Mais l’esprit de la Dr Hawa est resté intact. Elle a commencé à héberger des gens sur ses terres agricoles, car c’était une « zone de sécurité », et l’endroit le plus proche de Mogadiscio pour obtenir de l’eau potable.

    Dr Hawa a nourri et soigné les blessés, les malades et les mal-nourris. Sa bonne grâce fait écho au-delà de son territoire. La terre est rapidement devenue un refuge pour des milliers de personnes au milieu de la guerre.

    Près de trois décennies plus tard, les terres agricoles sont un camp de réfugiés qui abritent environ 100 000 personnes déplacées par la guerre civile principalement des femmes et des enfants de toutes les tribus, tandis que la clinique est devenue l’hôpital Hawa Abdi, un centre de 400 lits qui propose des soins gratuits.

    Cette clinique a 3 salles d’opération, une dizaine de médecins, 45 infirmières. À côté, Hawa a construit une école d’environ 1000 élèves et un centre d’éducation des adultes qui apprend aux femmes à cuisiner et à faire des vêtements.

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    Sur son territoire, elle organise des familles pour gérer des fermes et a acheté une petite flotte de bateaux de pêche pour aider à nourrir le camp.

    Alors que le Dr Hawa Abdi a reçu de l’aide, de nombreux organismes de bienfaisance refusent d’entrer en Somalie. « C’est le pays le plus dangereux », déclare Kati Marton, membre du conseil d’administration de Human Rights Watch. « Dr Abdi est à peu près la seule à faire quoi que ce soit », complète Kati Marton.

    À 71 ans et de plus en plus affaiblie, le plus grand soutien de Hawa reste deux de ses filles, Deqo et Amina,  toutes médecins qui travaillent souvent avec elle. Malgré les conditions sombres, Dr Abdi voit une lueur d’espoir. « Les femmes peuvent construire la stabilité », croit-elle.

  • Afrique du Sud: Urban-Think Tank va sauver 7,5 millions SDF

    Afrique du Sud: Urban-Think Tank va sauver 7,5 millions SDF

     En Afrique du Sud, le projet « Empower Shack » d’Urban-Think Tank vise à transformer les bidonvilles en logements abordables et en aménagement des rues pour les populations pauvres.

    Les bidonvilles d’Afrique du Sud ont augmenté en taille et en nombre ces dernières années. On estime que 7,5 millions de personnes n’ont pas accès à un logement officiel en raison d’une crise du logement qui dure depuis des décennies et qui pousse les plus grandes villes à leurs limites.

    Selon certains chiffres, un quart des résidents du Cap sont exclus du marché immobilier officiel, bien que le droit d’accès à un logement adéquat ait été inscrit dans la Constitution post-apartheid du pays. Et s’il est vrai que les régimes de logement du gouvernement existent, ils ont été incapables de répondre à la demande croissante.

    Face à ce problème, le projet « Empower Shack » propose une solution : développer des logements abordables dans les bidonvilles.

    En effet, Empower Shack est un projet de développement interdisciplinaire dirigé par Urban-Think Tank (UTT), une entreprise spécialisée dans les pratiques de design dédiées aux projets axés sur l’architecture sociale, en collaboration avec d’autres partenaires.

    À Khayelitsha, le projet prend forme

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    Khayelitsha est le deuxième plus grand canton du Cap. Il est connu pour ses logements de mauvaise qualité. Urban-Think Tank a conçu quatre prototypes de logements solides et abordables qui seront placés dans ce canton qui traine la mauvaise réputation de  l’un des bidonvilles les plus notoires d’Afrique du Sud.

    Cette année, Urban-Think Tank a ajouté 16 autres unités dans le cadre de son objectif plus large de démontrer une méthode adaptable de conception de logements sécuritaires et accessibles dans les plans urbains. Cette initiative répond surtout à la nécessité de garantir à tous les résidents le droit de « rester sur place », à en croire les responsables.

    Selon ceux-ci, chaque maison est pensée en rapport au bénéficiaire, afin qu’il puisse faire des contributions financières équitables. Pour son prototype initial et ses propositions pour la conception, Urban-Think Tank a été retenu pour le prix international Riba 2018, un concours bisannuel qui récompense les meilleurs nouveaux bâtiments au monde qui profitent aux communautés environnantes.

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    Dispositions

    Les logements sont disposés autour d’un noyau d’assainissement, fournissant de l’eau et des toilettes sur le site. Un deuxième étage ou même un troisième peut être ajouté si nécessaire, pour accommoder différentes tailles de familles. De fait, les membres de la communauté qui vivent dans l’Empower Shack deviennent des acteurs à long terme du projet.

    Pour les habitations, les unités sont disponibles en six tailles allant de 38 mètres carrés à 84 mètres carrés et sont tarifées en conséquence, avec un coût de construction moyen de 160 000 rands. Ce prix correspond à une subvention offerte par le gouvernement en une somme forfaitaire aux ménages admissibles. Les résidents paient alors une moyenne nette de 14 pour cent du coût de la construction grâce à un programme de microfinance.

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    En outre, UTT a également développé un logiciel qui peut facilement modéliser différentes configurations urbaines pour les cabanes Empower à construire. Décrit par l’équipe comme une option de « ville préférentielle », l’utilisateur peut saisir les besoins individuels et communautaires ainsi que les cadres de planification municipaux. Différents scénarios d’aménagement urbain ajustables sont ensuite reproduits automatiquement.

    Le logiciel produit également un modèle 3D en ligne auquel les résidents peuvent avoir accès pour visualiser les mises en page potentielles et enregistrer leurs commentaires.

    À long terme, Urban-Think Tank espère que son projet influencera la politique du logement du gouvernement et donnera accès à divers logements pour le marché d’écart de l’Afrique du Sud.

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  • L’Éthiopie interdit l’adoption des enfants par les étrangers

    L’Éthiopie interdit l’adoption des enfants par les étrangers

     C’est une décision majeure. Dans le pays, elle est accueillie comme une avancée pour la protection des enfants. En effet, le parlement éthiopien a mis fin à l’adoption internationale par des étrangers dans le but de protéger les enfants contre d’éventuels abus de la part de leurs nouveaux parents. Cette possibilité a été mise en évidence en 2012 lorsque, dans un sinistre procès, un couple américain a été emprisonné pour la mort de leur fille éthiopienne de 13 ans. On a découvert que le couple avait battu et affamé la fille, qu’ils avaient adoptée en 2008. La fille avait perdu la vie en 2011.

    Les adoptions internationales en Éthiopie et ailleurs en Afrique sont de longue date, mais elles semblent avoir gagné en popularité en tant que célébrités principales, y compris Hollywood et les stars Mary-Louise Parker, Angelina Jolie et Madonna, une vétérane de la pop, qui a adopté des enfants africains. Mais la popularité des adoptions a également soulevé des craintes sur la possibilité d’exploiter le processus de traite des êtres humains. En 2016, le Danemark a interdit les adoptions en Éthiopie, affirmant qu’un manque de données sur les origines des enfants adoptés dans le pays pourrait faciliter la traite.

    Prise en charge par l’État

    Certains autres pays ont également mis en place des règles plus strictes pour le processus d’adoption internationale. Les États-Unis ont également suspendu les adoptions d’Éthiopie en mars dernier. Au lieu de laisser les étrangers les adopter, le parlement éthiopien dit que les enfants vulnérables devraient être pris en charge par les services aux enfants de l’État. Cependant, il existe des doutes sur la durabilité de cet arrangement. Beaucoup s’interrogent aussi la capacité d’accueil des services de l’État.

    Les interdictions d’adoption ont eu des conséquences néfastes pour les agences d’adoption américaines qui traitent des milliers de demandes d’adoption. Entre 1999 et 2016, un total de 15 317 enfants éthiopiens ont été adoptés aux États-Unis, selon les données du département d’État américain. Mais avec le ralentissement des affaires, certaines agences ont dû fermer boutique. Les opposants au vote du parlement estiment qu’une meilleure réglementation du processus d’adoption serait un avantage.

  • Au Togo, le chômage chez les jeunes crée des exilés 

    Au Togo, le chômage chez les jeunes crée des exilés 

    Au Togo, la question du chômage des jeunes est l’une qui sous-tend les revendications actuelles de l’opposition. Autant la problématique est importante, autant les courroux en l’encontre des autorités, voire l’envie de renverser la tendance est quasi irrésistible.

    Dans une généralité presque écrasante, surtout caractéristique des pays francophones, l’épineuse question du chômage des jeunes est la source de beaucoup de maux sociétaux. Au Togo, les statiques (rarement actualisées) le prouvent assez facilement.

    Situation délicate

    En 2011, selon certaines enquêtes, le chômage au Togo touchait 6,5 % de la population active et le taux de sous-emploi visible était de 22,8 %. Selon la tendance, beaucoup plus de jeunes femmes sont en situation de sous-emploi que les jeunes hommes de la même tranche d’âge avec des taux respectifs de 22,9 % contre 17,73 %. Et selon les prévisions qui en sont découlées, chaque année, en moyenne 40 000 nouveaux demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail. Depuis, la mise en place des plateformes de concertation entre l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le chômage des jeunes, avec pour ambition de trouver les meilleures solutions… presque en vain.

    Dans un plus récent rapport publié par la Banque Mondiale, au tout début de l’année 2014 sur la situation de l’emploi des jeunes en Afrique Subsaharienne, on y note que le chômage des jeunes n’est que de 3 %. La situation sous régional semble meilleure comparativement à celle du Togo où le taux de chômage s’évalue à 6,5 %. Mais cette situation va être de plus en plus inquiétante, si rien n’est fait par rapport à l’augmentation de la population jeune.

    La question est d’autant plus préoccupante que la tranche d’âge concernée, entre 15 à 35 ans, représente plus du tiers de la population togolaise, soit un peu plus de 2 millions de personnes selon les statistiques. Une situation qui pousse bien de jeunes Togolais à migrer vers les pays voisins, ou encore les États-Unis et l’Europe pour un mieux-être.

    Exilés économiques

    Cette situation du chômage ne saurait être dissociée des raisons de la forte mobilisation des jeunes au cours des manifestations organisées par l’opposition politique au Togo depuis août 2017. En effet bien de jeunes sont beaucoup plus motivés par la situation de précarités, de pauvreté et de chômage, que par des raisons politiques. Un analyste politique confie que peu de personnes dans la rue assimilent la question constitutionnelle, mais l’engouement autour des évènements du groupe des 14 est favorisé par un ras-le-bol général. Un besoin d’alternance, lueur d’espoir de changement.

    Mais ce problème se manifeste autrement aussi, surtout par la migration vers d’autres pays de la sous-région, notamment le Ghana.

    En réalité, le Ghana, pays où l’économie a décollé il y a désormais près d’une décennie est l’une des destinations des jeunes togolais chômeurs. S’il est vrai que la vie y est relativement chère, l’on n’y souffre moins de problème de pauvreté, car, explique un jeune expatrié togolais, « on peut y gagner sa vie juste en étant artisan ». Sans doute pas faux. Selon les sondages, près de 40 % des travailleurs en artisanat au Ghana principalement à Accra proviennent du Togo et environ 70 % d’entre eux sont prêts à rentrer au Togo en cas de changement de régime politique. À en croire Kwasi, un tisserand d’origine togolaise établi dans le pays voisin depuis bientôt 5 ans, le marché artisanal ghanéen est plus « intéressant » que celui togolais. « On écoule beaucoup plus facilement les produits au Ghana qu’au Togo. Et ce critère est très déterminant dans la vie d’un artisan », ajoute celui-ci.

    Entre formations, népotisme et tribalisme, l’administration publique inaccessible

    Dans une analyse faite pas l’économiste et conseiller du Chef de l’État togolais Koffi Sodokin, cette situation peut s’expliquer par le fait que tous les jeunes qui ne sont pas en emploi ne sont malheureusement pas pour autant en éducation ou en formation. Selon celui-ci, nombreux sont ceux qui sont au chômage, voire inactifs, une catégorie qui est en situation de grande précarité et rencontre les plus grandes difficultés d’insertion dans l’emploi.

    En dehors cette cause, bien de spécialistes pointent du doigt la question de l’inadéquation entre les formations proposées et le marché dynamique et sans cesse soumis aux principes de l’innovation de l’emploi. D’autres font également allusion à la disponibilité des formations pour ces métiers innovants, conduisant à une nécessité des réformes éducatives au Togo. Mais le problème ne se résume pas là. Il est également souligné au sein de l’administration togolaise, un tribalisme et un népotisme qui atteignent le paroxysme. Cause d’une administration hermétique aux méritants. Et pour les concours d’entrée en fonctions publiques, dans la grande majorité des cas, les dés sont pipés à l’avance.

    Et s’il est vrai que l’État togolais a mis sur pied un certain nombre de mesures pour régler la difficile équation de l’emploi des jeunes, il faut également souligner que ces mesures sont loin d’éradiquer le mal. Et les mesures d’immigrations comme le programme de loterie visa des États-Unis sont une « aubaine » pour une grande partie de jeunes désirant quitter le pays. En vrai, des jeunes en quête de ces opportunités sont légion…

     

  • RDC: qui est Denis Mukwege, le médecin qui a ‘réparé’ 50.000 femmes

    RDC: qui est Denis Mukwege, le médecin qui a ‘réparé’ 50.000 femmes

    Société, santé, politique celui qui est considéré au Congo comme le « réparateur des femmes » est un héros rare sur un continent hérissé d’injustices. Toujours menacé dans son pays, le docteur Denis Mukwege a reçu de multiples récompenses (prix Olof Palme et prix des Droits de l’homme des Nations Unies [ONU] en 2008, prix Sakharov en 2014) et son nom est régulièrement proposé pour le prix Nobel de la paix.

    Dans son Congo natal, il est très célèbre, surtout auprès des femmes. C’est celui qui essaie tant qu’il le peut, de redonner lueur d’espoir aux victimes « abimées » par le viol. À Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), plus de 50 000 femmes violées ont été soignées par lui depuis 1999. Dans ce pays où cette pratique est une arme de guerre et très répandue, le docteur Denis Mukwege est un symbole vivant pour les femmes ayant été des cibles de ce fléau. Ces quinze dernières années, on estime qu’un demi-million de femmes ont été violées en RDC.

    Inlassablement, Denis Mukwege, gynécologue, soigne, opère, répare. Des femmes violées et souvent aussi mutilées. Un travail à la mesure de l’horreur à laquelle il est confronté au quotidien. Denis Mukwege sait aussi, bien malgré lui, identifier cliniquement les auteurs de ces violences. Les bandes armées, miliciens ou soldats réguliers, qui ravagent cette région de l’est du Congo et qui rivalisent de cruauté.

    Des bourreaux qui laissent, dans la chair et le ventre des femmes suppliciées, la signature de leur torture. À coup de machettes, de pieux ou d’armes à feu. Depuis, ce médecin a un hymne : « Parce que le viol détruit tout autant, même s’il laisse les personnes en vie. Parce que c’est un déni d’humanité, un recul des acquis de la civilisation. Et parce qu’il faut tracer une ligne rouge absolue. »

    En octobre 1996, alors qu’il est médecin-chef à l’hôpital de Lemera, au Sud-Kivu. Des bandes armées venues du Rwanda voisin sèment la terreur dans la région. Le gynécologue part accompagner un expatrié occidental qui doit être évacué pour des raisons sanitaires. Leur convoi échappe de peu à une attaque. Le lendemain, son hôpital est pris d’assaut, les patients et le personnel massacrés.

    Ces victimes hantent encore Mukwege. « Ici, l’horreur se répète de génération en génération. » dit-il. Denis Mukwege s’est emparé de sa colère sourde de chirurgien pour la porter par-delà les frontières de son pays. Porter son indignation aux grands de ce monde : ONU, Parlement européen, France. Le docteur a saisi toutes les tribunes qui lui ont été offertes.

    « Si je n’étais pas gynécologue-obstétricien et n’avais donc un accès privilégié aux femmes qui me parlent en confiance et peuvent me montrer leurs blessures. C’est à ce titre que j’ai vu et entendu des choses qui dépassent l’entendement. Des souffrances inouïes causées par des viols massifs et organisés, des lésions corporelles souvent irréparables, des traumatismes profonds transmis aux enfants, toutes sortes d’abjections, » raconte-t-il souvent.

    « Mon père priera et moi je soignerai »

    Cette vocation d’aider son prochain, cette philanthropie, c’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, l’a héritée. « Quand il partait à la rencontre des malades, quand il prêchait en tant que pasteur, je l’accompagnais, car j’aimais le voir en action », explique le chirurgien dans Panzi, livre sorti en juin 2014. Dans ce livre, il raconte notamment ce jour où son père fut appelé au chevet d’un bébé mourant. Impuissant, le pasteur ne pût qu’offrir ses prières à la famille et à l’enfant tandis que son fils pensait : « Il faut que je sois médecin, ainsi mon père priera et moi je soignerai ». Sa vocation était née. Denis Mukwege avait alors huit ans.

    Après des études de médecine au Burundi, à Bujumbura, à partir de 1978, un premier poste à l’hôpital de Lemera, en RDC, il débarque en France, à Angers, pour se spécialiser en gynécologie. Il y apprendra une technique révolutionnaire à l’époque, la laparoscopie, modèle de chirurgie peu invasive qui se révélera précieuse, avec l’aide du spécialiste belge Guy-Bernard Cadière, dans le traitement des lésions chez ses patientes de Panzi.

    Il quitte Angers pour la RDC en 1989. Suivent des années de guerre, les conséquences du génocide au Rwanda, les conséquences au Kivu puis la fondation de sa clinique, avec l’aide d’associations suédoises et britanniques et de l’Union européenne. Quelques habitations en pisé d’abord, avant des locaux en dur. Puis la première victime de viol, en 1999. « Cette femme avait été violée à 500 mètres de l’hôpital », se souvient-il : « À l’époque, j’ignorais que ce serait le début d’une série de plus de 50 000 victimes. »

     « Notre pays est malade, mais nous allons le soigner »

     « Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme ; chaque mère violée à ma mère et chaque enfant violé à mes enfants. Comment me taire quand nous savons que ces crimes contre l’humanité sont planifiés avec un mobile bassement économique ? », s’interrogeait Denis Mukwege, quand il recevait le prix Sakharov en novembre 2014, prix qui récompense une action exceptionnelle dans le domaine de la défense des droits de l’homme, la liberté d’expression, la défense du droit des minorités.

    « Quel est cet être humain doué de conscience qui se tairait quand on lui emmène un bébé de six mois dont le vagin a été détruit soit par la pénétration brutale, soit par des objets contondants, soit par des produits chimiques ? », avait-il dit devant les députés européens, en réclamant un règlement européen au sujet de l’approvisionnement en minerais.

    « Médecin dans le Kivu, en RDC, je suis donc devenu militant. Impossible de me taire et de me contenter de soigner ces femmes le mieux que je peux. Impossible de ne pas sortir de mon hôpital pour interpeller le monde, saisir toutes les tribunes possibles pour dénoncer ce qui est une arme de guerre au même titre que les autres, » a-t-il déclaré.

    Depuis qu’il a compris qu’il fallait s’attaquer aux causes de l’injustice plutôt que s’intéresser uniquement aux effets, sa vie est en danger au Congo. Selon lui, « derrière ces viols de guerre, derrière cette arme de destruction massive, il y a de l’argent sale ».

    En 2012, il a été attaqué. Cette attaque s’est passé le soir du 25 octobre 2012, ses enfants étaient pris en otage. « Quand je suis arrivé, mon ami Joseph, qui a voulu me protéger quand ces messieurs voulaient tirer sur moi, malheureusement c’est lui qui a pris la balle. Nous sommes tous les deux tombés et ils sont partis. Il a perdu sa vie en essayant de me sauver, »  regrette-t-il.

    Et aujourd’hui, pour sa sécurité, l’homme vit l’hôpital, avec sa famille et les malades. Depuis, sa protection est assurée par les forces des Nations unies. En avril dernier, un autre gynécologue congolais, le docteur Gildo Byamungu, a été assassiné à son domicile d’Uvira, toujours au sud Kivu.

    Au Congo, la situation est restée comme celle qu’a vécu le « réparateur » en 2012 : rien n’est fait. Dans son livre Plaidoyer pour la vie paru l’an dernier, il a écrit : « Je sais que je suis plus que jamais exposé. Je ne quitte plus l’hôpital de Panzi. Combien de temps devrons-nous vivre ainsi comme dans une prison ? Mon seul espoir ce sont les prochaines élections présidentielles et parlementaires ».

    Toutefois, l’homme tient à éclairer : « je ne suis pas politicien ». Il ne se réclame qu’une chose : « sentinelle par rapport aux politiciens. » Et pour ça, l’homme se prononce en faveur d’une alternance politique chez lui au Congo, au plus vite. Comme un grand opposant.

  • La vie au Somaliland, le seul pays africain officiellement inexistant

    La vie au Somaliland, le seul pays africain officiellement inexistant

    Depuis près de trente ans, ce pays africain non reconnu par la Communauté internationale suscite la curiosité pour sa stabilité et sa démocratie exemplaire.

    Le Somaliland est un pays qui n’existe pas officiellement, mais qui dispose de toutes les caractéristiques d’un État. Cette région autonome du nord de la Somalie dispose en effet d’un drapeau, d’une monnaie et d’une constitution. Le pays qui s’est autoproclamé indépendant depuis plus de vingt ans vit dans un climat de paix à côté de la Somalie qui connaît depuis plusieurs années un climat instable marqué par de fréquents attentats terroristes. Avec une population de près de 4 millions d’habitants, le pays s’illustre dans la région comme un exemple.

    S’il n’est pas encore reconnu par la Communauté internationale, le Somaliland entretient malgré tout des relations de coopération et d’entretien avec des pays du Golfe. Ces derniers financent de nombreux projets de développement dans le pays. Le Koweït a par exemple financé la modernisation de l’aéroport d’Hargeisa. Quant à l’Arabie saoudite, elle a contribué à l’extension du port de Berbera, deuxième ville. Jusqu’à présent les autorités font plutôt preuve de « bonne gestion », considère un spécialiste de la région. Le 13 novembre dernier, les populations étaient dans les urnes pour élire un nouveau président. Le sortant Ahmed Mohamud Silaanyo qui terminait son premier mandat à préférer « respecter la constitution ». Laissant le champ libre à Muse Bihi du parti au pouvoir Kulmiye, aux opposants Abdirahman Iro et Feysal Ali Warabe de se représenter. Depuis son indépendance en 1991, Le pays a déjà connu trois présidents. Le vote électronique a été introduit durant les élections cette année.

    Exclu des circuits financiers

    Les populations vivent dans un strict respect de la loi. Dans une région où l’islam reste très influent. En attendant la proclamation des résultats des élections, les autorités ont par exemple décidé de fermer tous les réseaux sociaux pour éviter que de fausses informations soient partagées. Un membre de la commission électorale explique que la fermeture d’une dizaine de réseaux sociaux, dont Facebook, Twitter et WhatsApp, était réfléchie. « Il nous fallait contrer les forces extérieures qui relaient des informations tribales et haineuses », ajoute un autre représentant de la commission. Le Somaliland essuie donc des critiques de la part de quelques organisations internationales. Elles reprochent aux autorités somalilandaises de violer le droit des populations d’avoir accès à internet. Humant Right Watch craint que le pays qui s’est jusqu’à présent comporté en démocratie exemplaire ne tombe dans « la restriction des libertés individuelles ».

    Le pays est riche en ressources minières et pétrolières. L’exportation de bétail représente une part importante de l’économie. Malgré une croissance économique durable, le pays ne répond pas toujours aux besoins de la population composée majoritairement de jeunes. Ces derniers sont souvent en chômage. La création des emplois et l’amélioration des conditions de vie des habitants restent un défi pour l’État. Cela même si des infrastructures de base sont construites et que 60% des enfants ont accès à l’éducation. Il faut dire que l’absence d’aide internationale, l’exclusion du pays des circuits financiers mondiaux ne facilitent pas la tâche aux dirigeants.

     

  • Homosexualité: malgré les efforts, l’Afrique reste toujours inaccessible

    Homosexualité: malgré les efforts, l’Afrique reste toujours inaccessible

    Vouloir parler de l’homosexualité sur une terre qui se targue d’être fort attachée à la morale parait démesuré. Cependant, il est difficile de nier d’une manière ou d’une autre la présence de l’homosexualité en Afrique, même si on préfère en parler avec un mépris provocateur sur le continent.

    Le cliché d’un homme tenant la main d’un autre ou d’une femme trop collée à une autre est mal apprécié. Il est question d’une pratique qui n’est pas en odeur de sainteté en Afrique. Parler de l’homosexualité sur le continent comme une pratique de jouissance peut sembler en amont débile. Beaucoup la présente comme un mal à évincer du continent noir tel l’impérialisme. Le débat sur cette pratique qui consiste à sceller une union entre deux personnes du même sexe fait couler beaucoup d’encre et donc, suscite beaucoup d’émotions. En Afrique, quand on est homosexuel, on l’assume et on la subit, ou on le tait jusqu’à jamais. Au point où, l’homophobie est un sentiment partagé.

    Absence de virilité des hommes, sorcellerie, mauvais esprit, passage obligé pour devenir riche ou pour avoir beaucoup de pouvoirs, tous les stéréotypes y passent dans ces sociétés où, le moindre acte taché d’un strict minimum d’anormalité est souvent d’ordre spirituel. Chez certains chrétiens, du fait que les relations sexuelles entre deux hommes soient aussi considérées dans la Bible comme immorales incite les évangélistes à scruter l’homosexualité comme un comportement purement satanique.

    D’autres voient en l’homosexualité, un malaise introduit dans les sociétés africaines par les médias, surtout la télé. Mais pour nombre de chercheurs, l’origine de l’homosexualité en Afrique ou ailleurs, n’est pas un phénomène nouveau. Elle a toujours existé. Elle a pour autant connu une propension fulgurante dans les centres carcéraux et les couvents.

    « Pure Abomination »

    Dans beaucoup de pays africains, la loi contre l’homosexualité est rédigée presque avec les mêmes mots.

    Considérée alors comme résidu du colonialisme, l’homosexualité est traitée comme un délit voire un crime. Entre cause maléfique et biologique, les homosexuels sont parfois vus en Afrique en rapport avec une volonté des Occidentaux de réduire le taux de natalité.

    En effet, les gouvernements postcoloniaux se sont appuyés sur cet héritage pour consolider la criminalisation de l’homosexualité en Afrique. Ainsi, au Sénégal par exemple, l’article 319 du Code pénal adopté le 21 juillet 1965 condamne à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 à 1 000 000 de francs CFA (de 150 à 1 500 euros) les personnes présumées homosexuelles ; tant, il faut le préciser, si la vie privée peut être du ressort de la famille, la morale publique est du ressort de l’État. Cette interdiction s’exprime de façon explicite, soit par un biais plus implicite : la condamnation de la sodomie.

    Selon l’association Africagay, 38 des 84 pays ayant des législations interdisant des rapports sexuels entre personnes de mêmes sexes sont africains.

    Au Zimbabwe par exemple, un gay encourt une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans de travaux forcés. Même situation en Ouganda, où l’actuel Chef d’État, Yoweri Museveni a demandé publiquement en 1999 à la police l’emprisonnement de tous les gays. Au Nigeria, précisément dans les 12 États du Nord, la situation est encore plus difficile du fait de l’application de la loi coranique qui prévoit la peine de mort. Tout comme en Ouganda.

    Frein à l’aide publique des pays récalcitrants

    Entre homophobie et discrimination raciale qu’ont connue les États-Unis par le passé, l’ancien président américain, Barack Obama avait trouvé juste comparaison, quand son successeur, Donald Trump lui, parait de ce point de vue beaucoup plus « humaniste » aux yeux des Africains, en s’affichant contre le mariage pour tous.

    Mais, alors que l’homosexualité ne semble pas avoir un avenir clair en Afrique, légalement bien-sûr, la pression des puissances occidentales n’est pas à négliger. En effet, l’homosexualité reste un point de discorde entre les dirigeants africains et les puissances pourvoyeuses du continent noir. Alors que la majorité des pays africains répriment l’homosexualité, les États-Unis affirment toujours leur volonté de faire fléchir l’Afrique en utilisant comme arme, les incontournables institutions de Brettons Woods. De ce fait, associant la pénalisation de l’homosexualité au non-respect des Droits de l’homme, nombre d’aides se refusent aux pays africains.

    Homosexualité, halte ?

    Beaucoup de religions voient d’un mauvais œil le « mariage pour tous ». En juillet 2015, après la tournée du président américain Barack Obama au Kenya au cours de laquelle celui-ci a réclamé l’égalité des droits pour les homosexuels, l’épiscopat africain s’est montré rébarbatif face aux vœux d’Obama. Des camouflets et des semonces ont alimenté la riposte. Il y était allé de qualifier la proposition du président américain tantôt d’« anti-humain » ou encore « d’impérialisme culturel ».

    Si d’une part, les religions en Afrique condamnent à l’unisson l’homosexualité, d’autre part, il est aussi question des conséquences qui en découlent comme l’adoption d’enfants. En effet, l’église juge qu’il est quasi impossible aux homosexuels d’élever un enfant pour qu’il soit responsable dans la société.

    « Nous vivons dans un monde où ces choses sont maintenant devenues presque acceptables. Cependant, ce n’est pas parce qu’elles sont acceptables qu’elles sont justes. », a signifié le Cardinal John Onaiyekan, l’archevêque d’Abuja lors d’une interview accordée à la News Agency of Nigeria.

    Même son de cloche chez les prêtres traditionnels. Ceux-ci la prennent également comme non conforme aux valeurs religieuses et donc, passible de « courroux des dieux ». Un prêtre avait expliqué qu’en réalité, l’homosexualité affaiblit et « tue » les dieux de fécondité.

    Cependant, il n’y a pas que la morale religieuse qui attaque l’homosexualité. Barack Obama, au nom de la liberté, a clamé la situation des homosexuels en Afrique. « Quand vous commencez par traiter les gens différemment parce qu’ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s’érode », avait-il déjà déclaré en 2015, lors de sa venue dans son Kenya natal. Mais ce postulat ne semble pas préoccuper les dirigeants africains.

    Lors de cette tournée, le président hôte Uhuru Kenyatta n’avait pas prêté attention à la proposition du président américain. Il n’en a guère fait un sujet, puisque selon lui, « il y a des choses que nous ne partageons pas, que nos cultures et nos sociétés n’acceptent pas. » Bien avant, le président zimbabwéen Robert Mugabe avait alors quant à lui ironisé la situation aux dépens de l’homosexualité en déclarant qu’il est nécessaire qu’il se rende à Washington, qu’il se mette à genou pour « demander la main » d’Obama.

    L’île Maurice et l’Afrique du Sud, les bons élèves

    Sur le continent, il n’y a pas que les institutions étrangères qui luttent pour la liberté des homosexuels. Contre vents et marées, des associations de défenses des droits des homosexuels naissent également, principalement à Maurice, en Afrique du Sud ou encore au Zimbabwe. En 2007, suite à un atelier à Ouagadougou, l’association française AIDES crée l’Africagay, une association visant à informer sur le droit des homos. Dans certains pays, ces genres d’associations sont légion. En Côte d’Ivoire, après la crise de septembre 2002, la capitale était devenue une ville où les homosexuels peuvent s’afficher sans grande crainte.

    Dans cet état d’interdiction presque généralisée, l’Afrique du Sud est l’un des rares pays du Sud, avec les îles Maurice, à célébrer la Gay pride, journée de la fierté homosexuelle. Toutefois, le chemin est encore long.