Catégorie : Energie & Mines

  • RDC: Découverte du plus grand puits de carbone au monde

    RDC: Découverte du plus grand puits de carbone au monde

    C’est une grande découverte. Une grande tourbière. C’est dans la région de la Cuvette-Centrale située entre la République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville que des chercheurs britanniques ont fait la découverte de ce grand stock de carbone. Selon les informations, la quantité du stock de carbone découvert est comparable à des émissions d’énergies fossiles d’une durée de trois ans. La découverte a été faite par des chercheurs de l’université de Leeds en collaboration avec Greenpeace.

    Le stock de carbone s’est formé il y a plus de 10000 ans forme une couche épaisse de 2,4 mètres en moyenne. Sa surface est de 145500 km2, ce qui fait d’elle la plus grande tourbière du monde. « Cette tourbière couvre une surface colossale. Elle est 16 fois plus large que les précédentes estimations, c’est la plus grande jamais trouvée sous les tropiques. Nous y avons trouvé 30,6 gigatonnes de carbone, jusqu’alors ignorées de tous », a expliqué l’un des chercheurs.

    Un enjeu climatique

    Mais déjà, les spécialistes appellent à une protection de ce stock de carbone qui constitue un grand atout pour les pays de la région. « La protection de cette tourbière, ainsi que celle des forêts, pourrait constituer la plus grande contribution de l’Afrique centrale au problème mondial du changement climatique », affirme un enseignant chercheur de l’université Marien Ngouabi. Le chercheur ajoute que cette découverte devrait appeler à un sens de responsabilité de la part des États, notamment les deux Congo. Au risque de se précipiter sur ce carbone et dégrader aussi la biodiversité de la Cuvette-Centrale. En effet, on trouve dans cette région de l’Afrique centrale des éléphants et des gorilles, des espèces menacées.

    « Cette zone joue un double rôle. La forêt stocke le carbone et la tourbe aussi. Or il n’y a pas de tourbe sans la forêt. Ce qui veut dire que si vous rasez cette zone, vous émettez doublement du CO2 dans la nature », rappelle Corneille Ewango, botaniste à l’université de Kisangani. Les populations qui exploitent les forêts du bassin du Congo devront dans ce cas arrêter leurs activités qui risquent de faire disparaitre la zone de la tourbière.

    Des négociations seront ouvertes pour permettre à l’État d’avoir une compensation au « sacrifice des riverains ». Les chercheurs indiquent en effet que continuer par cultiver les terres de la zone peut accélérer le réchauffement climatique.

  • Le Cap-Vert va passer à 100% d’énergies renouvelables en 2025

    Le Cap-Vert va passer à 100% d’énergies renouvelables en 2025

    Tout en faisant un geste à l’endroit de l’environnement, les îles du Cap-Vert veulent miser sur le vent et le soleil pour réduire leur facture énergétique. Dans le cadre de son programme «Énergie durable pour tous», ce pays s’est engagé à obtenir 100% de son électricité à partir de ressources renouvelables à l’horizon 2025.

    Énergie, la dose capverdienne

    Le Cap-Vert, petit archipel insulaire situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique à environ 600 km à l’ouest du Sénégal, s’est fixé comme objectif ambitieux de ne tourner plus que sur les énergies renouvelables.

    En effet, alors que la majeure partie de son électricité est produite par des groupes électrogènes, le Cap-Vert a commencé par diversifier son portefeuille énergétique.

    Puisque selon les estimations, entre 2015 et 2020, les îles doubleront presque la consommation annuelle d’électricité à 670 GWh, contre 360 ​​GWh actuellement. Mais la situation est telle que, sur ces territoires, même si presque tous les 550 000 habitants ont accès à l’électricité, environ un tiers compte encore sur le bois de chauffage et le charbon de bois pour cuisiner. Le Cap-Vert n’envie néanmoins pas le reste du continent.Related image

    En réalité, la consommation d’électricité par habitant sur ces îles qui est de 727 kWh par personne par an, est nettement supérieure à la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne, située à 488 kWh par personne par an. Toutefois, les prix de l’électricité y sont élevés.

    Désormais, grâce à de nouvelles technologies et à des pratiques commerciales innovantes, le Cap-Vert peut atteindre son objectif d’énergie 100% renouvelable de manière rentable.

    Ambitieux

    Le Cap-Vert vise loin. Avec des technologies de pointe et des pratiques commerciales innovantes, cet État peut atteindre son objectif d’énergie 100% renouvelable selon les experts. Et ce, d’une manière rentable et équitable.

    Récemment, une équipe de recherche a suggéré qu’un système basé sur le stockage solaire, éolien et énergétique pourrait répondre à leurs objectifs du Cap-Vert. Selon les chercheurs, ces îles ont un large éventail d’options pour y arriver. Le Cap-Vert, dépourvu de grandes ressources hydroélectriques, pourrait être unique dans la réalisation de l’énergie 100% renouvelable avec un mélange de ressources diverses.

    Diversité

    Comme ses voisins africains, le Cap-Vert dispose d’une variété de ressources et de technologies. « Le pays possède des ressources éoliennes comme le Maroc, le potentiel solaire du Sahel, des ressources géothermiques comme le Kenya et une énergie marine comparable à celle de nombreux pays côtiers. Les alizés du nord-est du Cap-Vert sont considérés comme excellents pour la production d’énergie éolienne » estime Erik Nordman, enseignant chercheur à l’Université de Grand Valley State.

    Et si selon ce dernier, un parc éolien nécessite généralement des vitesses de vent d’au moins 6,4 m/s à 50 m du sol, les vitesses moyennes annuelles du vent au Cap-Vert dépassent 9,0 m/s dans le parc éolien.

    En plus, déjà trois des îles, y compris les deux plus peuplées, produisent environ 25% de leur électricité à partir d’énergies éoliennes.

    Il faut rappeler que le Cap-Vert a déjà connu un énorme succès en intégrant l’énergie éolienne et solaire dans son système énergétique. En adoptant des technologies de pointe et des pratiques commerciales innovantes, son rêve sera à portée de main.

  • Ten Mérina renforce la capacité électrique du Sénégal de 30 MW

    Ten Mérina renforce la capacité électrique du Sénégal de 30 MW

    Le Sénégal enregistre encore une avancée vers l’indépendance énergétique. Le pays a inauguré le 15 janvier dernier une nouvelle centrale solaire dénommée Ten Mérina. Située dans la région de Thiès à une centaine de kilomètres au nord-est de Dakar, l’infrastructure énergétique dispose d’une puissance de 30 MW. Son inauguration a été effectuée par l’actuel chef du gouvernement Mahammed Dionne.

    Le financement total des travaux de la centrale solaire Ten Mérina est estimé à 43 millions d’euros. Les travaux se sont inscrits dans le cadre d’un projet piloté par Meridiam la société française d’investissement et Solairedirect et Eiffage, deux autres entreprises de l’Etat français. Les trois sociétés ont effectué des travaux de construction sur plusieurs mois grâce à un prêt de près de 35 millions d’euros de la Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement (BIO) et Proparco. « Ces nouveaux panneaux solaires couvriront les besoins en électricité de plus de 225 000 habitants à un coût plus compétitif que celui des centrales thermiques du pays et permettront d’éviter l’émission de 33 300 tonnes de CO2 par an en remplaçant directement des unités de production à base de fioul », ont expliqué les responsables du projet.

    Diversifier les sources d’énergie

    Le Sénégal compte désormais quatre centraux solaires répartis sur le territoire. Parmi elles, celle de Malicounda qui dispose d’une capacité de 22 MW. Il y a également à Santhiou-Mékhé, la centrale de Senergy dont la capacité énergétique est estimée à 30 MW. Mais aussi la centrale de Senergy II installée à Bokhol qui a un apport énergétique de 20 MW. L’État prévoit construire d’autres infrastructures dans d’autres régions. Des unités photovoltaïques devront être installées à Kahone et à Sakal.

    L’objectif pour les autorités sénégalaises est de diversifier les sources d’énergie pour le pays. Le pays a jusqu’à présent recouru aux énergies fossiles. L’implantation des centrales photovoltaïques devrait permettre à une grande partie de la population d’avoir accès à l’électricité. Dans le même temps, le pays compte honorer ses engagements pris dans le cadre de la COP21 et atteindre aussi ses objectifs sur le plan énergétique comme prévu dans le Plan Sénégal émergent (PSE).

     

     

  • Afrique de l’Ouest: la plus grande centrale solaire aura 129600 panneaux

    Afrique de l’Ouest: la plus grande centrale solaire aura 129600 panneaux

    Le Burkina Faso dispose désormais de la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest. L’infrastructure devrait permettre au pays de combler son déficit énergétique.

    C’est à Zagtouli au Burkina Faso à plus de vingt kilomètres de Ouagadougou qu’a été construite la plus grande centrale solaire de la sous-région ouest-africaine. La centrale est construite sur une surface de 55 hectares. Elle est constituée de 129600 panneaux qui produisent chacun 260 watts. L’infrastructure dispose d’une capacité énergétique de 33 mégawatts. Depuis la fin des travaux, la centrale a été mise en phase d’essai avec une production de 14 mégawatts. Selon Stéphane Nosserau qui a supervisé les travaux de construction, la centrale solaire devrait sous réserve du niveau d’ensoleillement atteindre durant le mois de décembre une production de 33 Mégawatts.

    Le ministère en charge de l’Énergie a annoncé que la nouvelle infrastructure va contribuer à l’augmentation de la production de la Société nationale d’électrification (Sonabel). L’apport énergétique de la centrale est estimé à « 56 gigawatts, soit 5 % de la production actuelle, issue des centrales à fioul ». Le Burkina Faso a toujours importé de l’énergie de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Depuis quelques années, le pays exporte près de 30% de son électricité chez les deux pays. Désormais il va diminuer sa demande auprès de ces États voisins.

    Réduction des coûts

    La centrale solaire de Zagtouli a été financée par l’Agence française de développement et l’Union européenne. Les deux institutions ont participé à la réalisation des travaux avec respectivement 22,5 millions d’euros et 25 millions d’euros. Pour Daniel Sermé, « Zagtouli va contribuer à la réduction des coûts de kilowatt pour les populations ». Alors que l’électricité produite par les centrales thermiques coûte 145 francs CFA par kilowatt/heure, celle produite par la centrale solaire reviendrait aux populations à 45 francs CFA le kilowatt/heure. « Cette centrale pilote va permettre aussi à la Sonabel d’avoir de l’expertise en terme de technologie solaire photovoltaïque, de créer des emplois et de jeter les bases pour aller vers les énergies renouvelables, avec une source de production fiable », précise Daniel Sermé.

    Selon les autorités burkinabés, d’autres centrales solaires seront construites, notamment à Koudougou (20 MW) et à Kaya (10 MW). Elles permettront de renforcer l’indépendance énergétique du pays. Il faut préciser que de nombreux Burkinabés n’ont toujours pas accès à l’électricité. Les autorités envisagent avec du solaire couvrir 30% de ce besoin au plus tard en 2030.

  • Énergie éolienne: point sur les grands chantiers chinois en Afrique

    Énergie éolienne: point sur les grands chantiers chinois en Afrique

    En Afrique où les pays essaient de jouer leur partition face aux défis du changement climatique, les entreprises chinoises ont une position privilégiée en ce qui concerne les contrats en matière d’énergies.

    Autrefois considérées comme un luxe, la Chine a rendu abordable dans le monde les énergies éoliennes. Sur le continent africain, le pays investi une grande fortune pour fructifier cette technologie.

    En Afrique, les problèmes liés à l’électricité sont devenus des casse-têtes ces dernières années. Selon le PNUE, Programme des Nations unies pour l’environnement, l’Afrique est l’un des marchés les plus prometteurs pour les énergies renouvelables au cours des 10 à 20 prochaines années.

    Raisons évoquées : ses ressources potentielles abondantes en termes d’ensoleillement, d’énergie géothermique, de vent, etc. En 2015 par exemple, l’Afrique de l’Est était la zone de toutes les convoitises. Le Kenya avait attiré des investissements de 316 millions de dollars, l’Ouganda de 134 millions de dollars et l’Éthiopie n’avait pas moins de 100 millions de dollars.

    Sur le continent, nombre d’experts pensent que les pays doivent développer des politiques fortes permettant d’adopter l’énergie solaire. Un fait qui n’échappe pas à la Chine qui compte étendre son hégémonie sur le continent africain.

    En effet, depuis 2014, année où les capitaux engagés dans les énergies vertes ont augmenté de 16 % après deux années de baisse, la Chine s’est perchée en position du pionnier, en dépassant principalement les États-Unis. Poursuivant ses objectifs visant à se libérer d’une dépendance du charbon, l’empire du Milieu a consacré 89,5 milliards de dollars l’an dernier aux énergies vertes, enregistrant ainsi une hausse spectaculaire de 32 % sur un an. Et l’Afrique en a également bénéficié.

    Aujourd’hui, cinq des six plus grandes entreprises de fabrication de modules solaires à travers le monde sont chinoises. Ces entreprises ont de manière significative commencé par s’intéresser à l’Afrique, surtout sub-subsaharienne en 2012 via l’Afrique du Sud où JinkoSolar a investi dans une usine photovoltaïque d’une capacité annuelle de 120 MW.

    Depuis, les projets de ce genre sont légion dans ce pays ; en 2016, notamment en Afrique du Sud avec la centrale solaire de 150 MW réalisée par GCL-Poly, ou encore le projet de centrale solaire au Northern Cape remporté par JA Solar, ou celui annoncé au Sénégal en novembre dernier pour CGN, la Chine se prépare activement à renforcer sa présence dans le domaine de l’énergie en Afrique en particulier.

    En effet, ce 17 novembre encore, le projet d’énergie éolienne Longyuan Mulilo De Aar, centrale éolienne d’Afrique à investissements chinois ayant bénéficié d’un financement total de 2,5 milliards de Yuans (377 millions de dollars) a été mis en service. Construit par Longyuan South Africa, une entreprise dépendant de China Guodian Cooperation (CGC), ce projet en cours d’exécution prévoit construire une centrale en deux phases dans la région de Northern Cape, en Afrique du Sud.

    Cette nouvelle centrale aura une capacité installée totale de 244,5 MW. Selon Zhang Guohou, vice-président exécutif de la CGC, le projet permettra, tout en économisant 215 800 tonnes de charbon standard et en réduisant la quantité de dioxyde de carbone de 619 900 tonnes, de générer chaque année 644 millions de kWh d’énergie verte pour l’Afrique du Sud. Il devrait répondre à la demande d’électricité de 85 000 ménages de la région.

    L’Afrique, une terre fertile à la Chine

    S’il est vrai que le continent est absent des 5 premières destinations des investissements chinois à l’étranger dans le domaine des énergies renouvelables entre 2002 et 2015, l’Afrique devient de plus en plus présente à partir des années 2010 ; une période qui a coïncidé avec la multiplication des plans nationaux d’énergie renouvelable dans nombre de pays. Selon le dernier rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 13 milliards de dollars de contrats ont été réalisés en Afrique l’année dernière et les entreprises chinoises construisent actuellement 30 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne, soit plus de deux cents projets entre 2010 et 2020.

    Les deux tiers de ces investissements sont dirigés vers le sud et l’est de l’Afrique, contre 26 % pour l’Afrique de l’Ouest et seulement 8 % pour l’Afrique centrale. Pour résumer, David Bénazéraf, responsable du programme Chine à l’IEA et auteur dudit rapport a déclaré qu’un mégawatt sur deux est chinois. « Si on met à part les investissements réalisés en Afrique du Sud, c’est même 46 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne qui sont construites par des entreprises chinoises avec une large place faite aux barrages », a-t-il ajouté.

    En effet, avec près de 90 milliards de dollars consacrés aux énergies renouvelables chaque année depuis 2014, la Chine domine le classement des plus gros investisseurs dans les filières renouvelables, et dirige une large part de ses fonds vers les pays africains. La majorité des projets en cours sont prévus pour alimenter le réseau électrique national. La Chine joue donc également un rôle important dans l’électrification des pays africains. Selon les statistiques, près de 635 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Avec ces projets réalisés par la Chine, ce sont 120 millions de personnes qui auront accès à l’énergie, selon les chiffres avancés par les responsables chinois.

    Aussi, depuis que le pays le plus peuplé au monde a débarqué en Afrique, près de 60 % de ses projets chinois sont financés par l’Exim bank of China. La banque chinoise apporte des prêts bonifiés et confessionnels et propose des offres intégrées avantageuses pour des pays en manque cruel de liquidités. Conséquence, les groupes publics chinois sont plus attrayants et remportent de nombreux contrats sur le continent.

    Cependant, la Chine n’est pas la seule puissance à investir en Afrique. D’autres pays comme la France, l’Italie ou la Suisse sont également présents, mais peinent à concurrencer la puissance asiatique, en raison de la taille des financements des entreprises chinoises dans des infrastructures hydrauliques généralement très onéreuses.

     

  • Ouganda: la production pétrolière annoncée pour 2020

    Ouganda: la production pétrolière annoncée pour 2020

    Le président Yoweri Museveni a posé le 11 novembre la première pierre d’un pipeline qui va permettre à l’Ouganda de produire du pétrole.

    Le futur pipeline de l’Ouganda sera construit sur plus de 1000 Kilomètres. Le pipeline chauffé sera le plus long du monde à la fin de sa construction. Les travaux vont durer près de trois ans. Si le projet est réalisé, l’Ouganda devrait dès 2020 extraire du pétrole dans le lac Albert dans la région de l’Albertine. Ce sera en collaboration avec la Tanzanie avec lequel l’Ouganda entretient « de bons rapports de coopération », explique un spécialiste de la région.

    C’est le port de Tanga situé en Tanzanie qui va servir de canal pour l’exportation de l’or noir. La production du pétrole va contribuer à l’essor économique de l’Ouganda et de la Tanzanie. Mais pour le moment, c’est à une parfaite réussite du projet que les pays s’attachent. Dans ce cadre, le président Yoweri Museveni et son homologue tanzanien ont indiqué vouloir tout mettre en œuvre. La réalisation du projet rencontre tout de même quelques difficultés. « Nous espérons respecter le calendrier fixé », tempère un membre de l’exécutif ougandais.

    Plus de deux milliards de gain par an

    Même si les deux pays sont décidés à réaliser le projet, il n’en demeure pas moins qu’il existe encore des tâtonnements. A Hoima où des travaux de construction auront lieu, les routes d’accès à la région se trouvent en mauvais état. Un financement devra être consacré à la réhabilitation de plusieurs voies. D’autres infrastructures qui doivent faciliter la production du pétrole vont aussi être construites. « Il se pose aussi un problème de terres », soulève-t-on du côté ougandais. En réponse, l’État compte racheter des terres auprès de la population pour le début des travaux de construction.

    Lors de la pose de la première pierre des travaux de construction du pipeline, le président Yoweri Museveni avait insisté sur l’engagement de l’État à ne lésiner sur aucun aspect de la réalisation du projet. L’État compte d’ailleurs modifier la Constitution pour régler « les différends fonciers » et avoir accès rapidement aux terres. La production du pétrole peut permettre à l’Ouganda « d’intégrer le club des pays aux revenus intermédiaires », selon un économiste de la Banque mondiale. Avant de préciser que le pays pourrait à partir de 2020 gagner plus de 2 milliards par an dans la production pétrolière.

  • Kenya: vers l’accès universel à l’énergie en 2020

    Kenya: vers l’accès universel à l’énergie en 2020

    Le Kenya envisage atteindre en 2020 l’accès universel à l’énergie. Le pays a signé début novembre deux accords de financements avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

    Les deux accords de financement signé entre le Kenya, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement sont estimés à 30 milliards de shillings kényans, soit plus de 289 millions de dollars. Selon les autorités kenyanes, ces accords s’inscrivent dans le cadre de la phase II du programme d’électrification rurale « Last Mile Connectivity ». Ken Tarus, directeur exécutif de la Kenya Power, a affirmé que le projet Last Mile Connectivity devrait permettre de réduire le coût élevé de l’extension du réseau de fourniture électrique, principalement dans les zones rurales et les régions défavorisées.

    Grâce au financement de la Banque mondiale, le Kenya va se lancer dans l’électrification de 312 500 ménages. Il sera implanté près de 1000 transformateurs. Les autorités kenyanes ont indiqué que le financement de la BAD va servir au raccordement de 314 200 clients. 5320 transformateurs dans le réseau électrique devront également être mis en place. Le gouvernement s’est lancé dans l’électrification de plusieurs localités du pays. L’État envisage atteindre dans trois ans donner à tous les Kenyans l’accès à l’électricité. Dans sa phase I, le projet Last Mile Connectivity a permis d’électrifier près de deux millions de ménages.

    Atteindre l’accès universel à l’énergie

    A ce jour, le taux d’électrification du Kenya est de 70,3 %, soit près de 7 millions de Kenyans. Les différents projets d’électrification on fait augmenté ce taux qui était jusqu’en 2013 estimé à 23 %. Parmi ces projets, on peut citer le Kenya Off-grid Solar (KOSAP). Lancé en septembre, ce projet vise à électrifier les localités rurales, les régions les plus éloignées du Kenya. Selon le ministère en charge du secteur, des installations solaires off-grid se feront dans les régions non électrifiées.

    Près de 700 ménages bénéficient du KOSAP qui reçoit l’appui financier de la Banque mondiale estimé à 150 millions de dollars. Des avancées qui doivent permettre au pays d’atteindre dans quelques années l’accès universel à l’énergie. « Étant donné les progrès obtenus jusqu’à présent, nous sommes convaincus que nous atteindrons l’accès universel à l’électricité d’ici la fin de l’année 2020 », justifie Ken Tarus.

     

     

     

  • Togo: 12.300 ménages ruraux seront électrifiés à partir de 2018      

    Togo: 12.300 ménages ruraux seront électrifiés à partir de 2018    

    Le pays a inauguré le 10 novembre dernier une centrale solaire photovoltaïque pour renforcer l’éclairage public dans des zones rurales sur le territoire. Cela permet aussi au pays d’accroître sa capacité énergétique.

    La nouvelle centrale solaire s’inscrit dans le développement des énergies renouvelables dans le pays. Le Togo compte améliorer son efficacité énergétique à travers le Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (PRODERE). Plus de 2 milliards ont été consacrés par l’État dans l’électrification de 22 localités par un système solaire photovoltaïque.

    Une vingtaine de mini systèmes d’adductions d’eau potable ont été également installés dans trois régions du pays. La centrale photovoltaïque inaugurée début novembre à Bavou dans la préfecture de l’Ogou va permettre de desservir plusieurs zones rurales. La centrale dispose d’une capacité de 150 KWc avec un réseau de distribution de basse tension de 5 km. À Bavou près de 65 lampadaires d’éclairage public et des compteurs de branchements ont été installés. Les populations vont ainsi avoir accès à l’électricité grâce à une énergie renouvelable.

    D’autres centrales seront aussi implémentées dans trois autres localités du pays. À Takpapiéni dans la préfecture de l’Oti, une centrale solaire photovoltaïque de 100 KWc avec un réseau de distribution basse tension de 8 Km sera construite. Les populations bénéficieront de près de 80 lampadaires d’éclairage public et des compteurs de branchements. Par contre, c’est une centrale de 100 KWc avec un réseau de distribution de 3 km qui sera implémentée à Koutoum dans la préfecture de Bassar. « 38 lampadaires d’éclairage public et des compteurs de branchements des clients seront mis à la disposition des populations », confie une source du ministère des Mines et de l’Énergie.

    Électrifier 12 300 ménages

    L’État prévoit aussi installer une centrale de 250 KWc à Assoukoko dans la préfecture de Blitta. L’ouvrage qui aura un réseau de distribution de basse tension couvrira plus de 8 Km. 115 lampadaires d’éclairage public seront mis à la disposition de la population. Par ailleurs, trois mini adductions d’eau potable de capacité 20 min 3 s chacune devront également être construites dans la localité. Grâce au PRODERE le Togo s’assure « d’augmenter le taux d’accès à l’électricité dans les zones rurales », selon Abli Bidamon, ministre des Mines et de l’Énergie.

    Pour disposer d’une grande capacité énergétique, le pays devra redoubler d’effort. À ce jour les efforts d’électrification restent faibles. Cela, même si le taux d’électrification est passé de 18 % à 30 % en dix ans. En milieu rural, le taux d’électrification est passé de 2 % à 6 % sur la même période. L’État compte malgré tout mettre de l’électricité à la disposition de 12 300 ménages ruraux à partir de 2018. Ce sera grâce à des centrales photovoltaïques à base du solaire, rappelle Abli Bidamon.

  • La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    Début novembre, la Côte d’Ivoire a inauguré le barrage hydroélectrique de Soubré censé augmenter de 10% la capacité énergétique du pays.

    Le nouveau barrage de Soubré est désormais le plus important du pays. Le coût des travaux est estimé à plus de 300 milliards de francs CFA. Les travaux de construction ont duré près de quatre ans. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un projet énergétique financé à plus de 80% par la Chine à travers l’Exim Bank. Construite sur le fleuve Sassandra, l’infrastructure hydroélectrique va contribuer au renforcement énergétique de la Côte d’Ivoire. Le pays envisage doubler sa capacité énergétique en 2020, soit 2000 mégawatts.

    En février 2013, le chef de l’Etat ivoirien évoquait l’importance pour le pays d’avoir une importance énergétique. Il nous faut suffisamment d’énergie pour illuminer nos foyers, nos villes et villages, pour faire fonctionner nos industries, nos hôpitaux, nos écoles, nos universités », avait déclaré Alassane Ouattara. Le secteur énergétique de la Côte d’Ivoire est dépendant à 80% de la production de centrale thermique au gaz naturel. L’Etat mise donc sur de nouveaux projets énergétiques pour électrifier les villages de plus de 500 habitants.

    Indépendance énergétique

    Thierry Tanoh, ministre du pétrole de l’énergie et du développement, s’est félicité de la coopération sino-ivoirienne à l’origine de la réalisation de ce projet énergétique. La ville de Soubré qui abrite ce barrage hydroélectrique a par ailleurs vu « sa capacité en eau potable triplée », selon le ministre. Il a également indiqué que le barrage va permettre d’électrifier plus de dix villages. Des forages seront également construits.

    Pour renforcer son indépendance énergétique, la Côte d’Ivoire envisage construire d’autres barrages hydroélectriques. Ces dernières devront permettre au pays d’augmenter la part de l’hydraulique dans la fourniture d’électricité qui est estimé à ce jour à moins de 50%. Alassane Ouattara a déjà à cet effet lancé les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Gribo Popoli. Située à 7 km en aval de la ville de Soubré, la localité de Gribo Popoli devrait abriter en 2020, après plusieurs mois de travaux, un barrage d’une puissance de 112 mégawatts. Les travaux seront financés par la Chine à hauteur de 173 milliards de francs CFA. Deux autres chantiers devraient ensuite être lancés, confie-t-on au ministère du pétrole de l’énergie et du développement.

  • Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    L’exploitation du phosphate se fait dans plusieurs localités du pays. Mais les conditions de travail restent à améliorer. Reportage à Kpomé-Akadjamé, localités du sud-est Togo, qui abrite un site d’extraction.
    A une quarantaine de kilomètres au Nord-est de Lomé la capitale, se situe Kpomé, une zone de production de phosphate.

    « Il y a quelques années, une partie de ma famille a déménagé d’ici parce qu’on devait extraire du phosphate sur le sol. Ils étaient obligés de quitter », confie Agbéko, jeune conducteur de taxi moto de la localité. Cette situation, plusieurs familles l’ont vécue. Mais il faut dire qu’une fois déplacée, ces familles sont réinstallées sur d’autres sols. « C’est à Kpomé Tansi qu’ils habitent maintenant avec d’autres familles. On leur à construit une maison, un marché ».

    Mais à Dagbati, Apéyémé et Zéglé, la situation n’a pas été la même. Les populations ont dans certaines de ces localités refusé de quitter leur sol avant de céder. Ceux qui ont voulu résister disent « avoir reçu des menaces ». Ces populations déplacées n’ont pas toujours aussi été mises dans de bonnes conditions. « Elles ont été logées. On leur a fait des promesses qu’on peine toujours à réaliser », selon Agbeko.A Kpomé- Akadjamé, près du site d’extraction de Kpogamé, monsieur Attisso, 73 ans, qui a longtemps travaillé sur le site d’extraction minier confie :


    « Une fois que la décision de l’exploitation de votre sol est prise, l’entreprise vient avec ses géomètres pour les mesures nécessaires. On nous paie en fonction de la superficie de nos sols ».


    Le vieillard qui souffre aujourd’hui de problèmes d’audition avoue recevoir chaque trois mois une somme en contrepartie de son « sol récupéré ». Mais pour lui, de sérieux problèmes persistent.

    Des besoins prioritaires

    A Kpomé Akadjamé, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo contribue t-elle au développement de la communauté locale ? « Nous demandons depuis à avoir une pompe d’eau mais ce n’est toujours pas le cas. L’électricité aussi, nous avons souffert avant de l’avoir », déclare monsieur Attisso. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer cette situation d’autant plus que leurs besoins sont élémentaires. Un moyen d’approvisionnement en eau de bonne qualité et des WC bien construits. A ce jour, les habitants n’ont à leur disposition qu’un puits pour leur besoin en eau. La localité est électrifiée depuis quelques années avec un CEG et un dispensaire.

    Mis à part ces besoins urgents que sentent les habitants d’Akadjamé, ces derniers pensent surtout à leur progéniture. Mme Atama, revendeuse, s’interroge sur ce qui restera comme héritage aux futures générations. « On nous déplace de nos sols quand on veut, qu’aurons-nous à laisser à nos enfants ?». A Akadjamé, l’on a surtout l’impression de dilapider tout un héritage quand on « loue son sol pour l’extraction du phosphate ». Le fait est que ces sols pour la plupart, ne sont pas restaurés après l’extraction du minerai. Résultat, de grands trous béants restent présents sur les sites. Des collines de sables et même des déchets peuvent être perçus près des lieux d’extraction. « C’est incompréhensible. Sur le site de Hahotoé, ils ont l’habitude de remblayer les trous. Ici ils ont commencé par le faire. Mais entre temps, ils ont cessé », confirme Henri, ouvrier habitant à Akadjamé.

    Difficiles conditions de travail

    Pour le déplacement de ses ouvriers, la SNPT a mis à leur disposition ses pick-up et aussi des bus loués. Des moyens de transport qui « ne sont pas toujours en bon état », selon les ouvriers. Tout près du site d’extraction, des bruits assourdissants de machines se font ressentir. « C’est comme ça tous les jours. Cela dérange beaucoup. Mais nous ne pouvons rien », confie Monsieur Mensah, délégué des ouvriers. Avant de relever un autre problème sur le lieu de travail : la poussière.

    « C’est parce qu’il a plu cette semaine qu’elle a un peu diminué. La poussière rend parfois la vision floue sur le site. Il arrive même qu’à une dizaine de mètres, tu ne vois pas ton prochain. La poussière agit beaucoup sur notre santé. Avant, je ne portais pas des verres. Ce n’est plus le cas maintenant puisque ma vue à depuis un bon bout de temps, quelques problèmes ». Ce dernier poursuit : « par exemple, il y a risque qu’un engin vous renverse quand la vision sur le site n’est pas au top ou que des accidents de travail soient fréquents. Nous travaillons beaucoup. Nous méritons de meilleures conditions.»

    Les conditions de sécurité sur le site ne seraient-ils pas bien réunies ? Pour le délégué des ouvriers, « un effort reste à faire ». « L’entreprise a quand même fait un pas positif en nous assurant à 80%», laisse-t-il entendre.

    Une lutte organisée ?

    Au nombre de 1581, les ouvriers de Kpogamé déplorent le manque de tenue de travail, de chaussures de sécurité. « Nos textes le disent. Après chaque 18 mois, notre employeur devrait nous doter de tous ces matériels », affirme Fréderic, ouvrier compteur-pelle depuis plus de dix ans. Pour ce quadragénaire, les conditions de travail sont « difficiles ». « Les conditions que nous vivons nous tuent peu à peu. Quand je suis au travail, je me sens inquiet. C’est quand je suis au repos ou en congé chez moi à la maison que je me sens à l’aise ». Les ouvriers ont, en effet, chaque semaine un jour de repos et dans l’année, un mois de congé. Frédéric évoque même certains de ses amis ouvriers qui ont abandonné. « Ils ont raccroché. Certains, parce qu’ils ne pouvaient plus. D’autres, parce qu’ils avaient trouvé mieux ailleurs. »

    En 2003, quand Henri a commencé par travailler comme ouvrier occasionnel sur le site minier, il recevait 15000 francs CFA comme salaire à chaque fin de mois. Actuellement, il touche moins de 200000 francs CFA. Un salaire qu’il estime infime, comparé au travail qu’il fournit tous les jours. Des ouvriers qui pensent la même chose que lui sont légion. Pour eux, leurs responsables de syndicat « ne défendent pas bien leurs droits auprès des autorités». Un avis que ne partage pas le délégué Mensah qui affirme faire avec ses autres collègues le maximum d’effort qu’il faut.

    En octobre dernier, le syndicat des travailleurs a observé une grève de 48 heures pour différentes revendications. Il estime ne plus avoir confiance en la direction générale de la SNPT.